| CELEX | 52018AR2389 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mardi 9 octobre 2018 |
| 21.12.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 461/70 |
Avis du Comité européen des régions — Le train de mesures relatives au cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027
(2018/C 461/10)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la protection du budget de l’Union en cas de défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre
[COM(2018) 324 final]
Amendement 1
Article 2, point c)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Il convient que toutes les autorités et entités organisationnelles des collectivités locales et régionales élues au suffrage direct soient exclues du champ d’application du règlement.
Amendement 2
Article 3, paragraphe 1, point f)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Une fois qu’il aura été créé, les dispositions en rapport avec le Parquet européen ne pourront s’appliquer qu’aux États membres qui y participent.
Amendement 3
Article 4, paragraphe 1, point b) 1)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
Suspendre l’approbation d’un ou de plusieurs programmes ou de leur modification n’aboutira pas à une sanction financière directe pour l’État membre concerné. En revanche, les effets sur les budgets nationaux seraient prégnants si l’on interrompt les engagements ou les paiements tout en maintenant l’obligation, pour les entités nationales, de mettre les programmes en œuvre et d’effectuer les versements aux destinataires ou bénéficiaires finaux, en vertu de l’article 4, paragraphe 2, du règlement proposé. En outre, la levée de cette suspension de l’approbation d’un ou de plusieurs programmes ou de leur modification entraînerait des retards considérables dans leur mise en œuvre, étant donné que toutes les procédures ultérieures seraient elles aussi bloquées.
Amendement 4
Article 5, paragraphe 6
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| 6. Lorsque la Commission considère que la défaillance généralisée de l’état de droit est établie, elle soumet au Conseil une proposition d’acte d’exécution arrêtant les mesures appropriées. | 6. Lorsque la Commission considère que la défaillance généralisée de l’état de droit est établie, elle soumet au Conseil une proposition d’acte d’exécution arrêtant les mesures appropriées. Elle y annexe, pour la composante du budget de l’Union européenne concernée par la mesure proposée, une programmation financière indicative, qui porte sur les années suivantes et structurée par catégorie de dépenses, domaine politique et ligne budgétaire et sert de base pour une analyse d’impact des incidences financières sur le budget national de l’État membre concerné et ceux de ses entités infranationales. |
Exposé des motifs
La Commission européenne devrait évaluer les incidences financières qu’une réduction des financements de l’Union européenne peut avoir pour les budgets nationaux de l’État membre concerné et ceux de ses collectivités territoriales, en prenant dûment en compte le principe de proportionnalité et celui de la non-discrimination.
Amendement 5
Article 6, paragraphe 2
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| 2. La Commission évalue la situation dans l’État membre concerné. Lorsque la défaillance généralisée de l’état de droit qui a fondé l’adoption des mesures appropriées, a complètement ou partiellement disparu, la Commission soumet au Conseil une proposition de décision portant levée totale ou partielle de ces mesures. La procédure prévue par l’article 5, paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 est applicable. | 2. La Commission évalue la situation dans l’État membre concerné. Lorsque la défaillance généralisée de l’état de droit qui a fondé l’adoption des mesures appropriées, a complètement ou partiellement disparu, la Commission soumet au Conseil une proposition de décision portant levée totale ou partielle de ces mesures. La procédure prévue par l’article 5, paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 est applicable. Afin de recueillir des éléments de preuve significatifs pour la levée des mesures, la Cours des comptes, suivant une procédure rapide, publie un rapport spécial sur la question concernée, en application du paragraphe 4, deuxième alinéa, de l’article 287 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. |
Exposé des motifs
La levée des mesures doit s’accompagner de la fourniture, en temps utile, d’éléments probants solides, impartiaux, afin qu’il soit possible de poursuivre la mise en œuvre des programmes sans retards superflus.
Amendement 6
Article 6, paragraphe 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| 3. Lorsque les mesures concernant la suspension de l’approbation d’un ou de plusieurs programmes ou de leur modification visée à l’article 4, paragraphe 2, point b) i), ou concernant la suspension des engagements visée à l’article 4, paragraphe 2, point b) ii), sont levées, les montants correspondant aux engagements suspendus sont inscrits au budget, sous réserve de l’article 7 du règlement (UE, Euratom) xx/xx du Conseil (règlement CFP). Les engagements suspendus de l’exercice n ne peuvent pas être inscrits au budget au-delà de l’exercice n + 2 . | 3. Lorsque les mesures concernant la suspension de l’approbation d’un ou de plusieurs programmes ou de leur modification visée à l’article 4, paragraphe 2, point b) i), ou concernant la suspension des engagements visée à l’article 4, paragraphe 2, point b) ii), sont levées, les montants correspondant aux engagements suspendus sont inscrits au budget, sous réserve de l’article 7 du règlement (UE, Euratom) xx/xx du Conseil (règlement CFP). Les engagements suspendus de l’exercice n ne peuvent pas être inscrits au budget au-delà de l’exercice n + 3 . |
Exposé des motifs
Une telle solution accroît les possibilités d’utiliser les montants débloqués à l’issue de la procédure de suspension et n’entraîne pas la perte de ces montants.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations générales
| 1. | accueille favorablement la proposition de la Commission relative au cadre financier pluriannuel (CFP) pour l’après-2020, comme étant une base solide pour les négociations, compte tenu tant de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne que d’autres défis internes et externes. Tout en portant une appréciation positive sur le travail accompli, le Comité juge qu’avant d’être adoptée, la proposition devrait encore être affinée et améliorée, afin de pouvoir satisfaire les attentes des citoyens de l’Union européenne et les besoins des collectivités locales et régionales; |
| 2. | constate qu’aucune stratégie n’a été nettement définie pour succéder à Europe 2020, de sorte que les objectifs stratégiques des différents programmes ne sont pas cernés avec une clarté suffisante et que le cadre financier pluriannuel ne s’articule pas comme il le faudrait avec les objectifs de développement durable. En conséquence, le Comité demande à la Commission que dans le contexte du débat sur la proposition de cadre financier pluriannuel, elle entreprenne de définir, pour chaque politique de l’Union européenne, des objectifs stratégiques et de déterminer les effets qui en sont attendus. Pour ce faire, il est nécessaire d’adopter au niveau national, régional et local une approche structurée qui établisse un lien clair entre les acteurs et les initiatives des communes et des régions, d’une part, et les objectifs européens communs, d’autre part; |
| 3. | est au regret de faire observer que la proposition de la Commission manque d’ambition, étant donné le hiatus qui existe entre, d’une part, les obligations découlant des objectifs fixés par le traité et les problématiques d’aujourd’hui et de demain et, d’autre part, l’ampleur même du futur cadre financier pluriannuel. Le Comité rappelle une fois de plus avoir pris position antérieurement pour que ce futur cadre financier pluriannuel soit fixé à un niveau d’au moins 1,3 % du revenu national brut, comme le Parlement européen l’a lui aussi demandé. Il répète constater avec inquiétude que dans les versions précédentes de ce cadre, son montant final a été inférieur à celui proposé par la Commission européenne et que si elle devait se réitérer, cette situation aurait pour conséquence que les politiques publiques de l’Union produiraient au final des effets encore moindres; |
| 4. | juge inacceptable que le financement de priorités supplémentaires de l’Union se fasse au détriment de politiques existantes dont la valeur européenne est avérée, comme c’est le cas de celle de cohésion et de la politique agricole commune, ou, en particulier, de celle de développement rural. Les réductions de crédits qui sont proposées ne constituent pas la bonne voie pour parvenir à résoudre la question du financement des priorités et problématiques supplémentaires; |
| 5. | salue la proposition de la Commission visant à renforcer la cohérence de la réglementation ainsi qu’à réduire de manière draconienne la charge administrative pour les bénéficiaires et les autorités gestionnaires, afin de faciliter la participation aux programmes de l’Union et d’accélérer leur mise en œuvre; |
| 6. | reproche à la Commission un manque de transparence en ce qui concerne la comparaison des montants prévus dans le futur cadre financier pluriannuel et ceux figurant dans celui qui est en cours et salue à cet égard les efforts déployés par le service de recherche du Parlement européen pour élaborer une analyse financière comparative de ces deux cadres financiers; |
| 7. | prend acte de l’approche axée sur les résultats de la nouvelle proposition relative à la structure du CFP, qui ambitionne de répondre aux besoins sur le terrain et de dégager une plus grande valeur ajoutée européenne. Le Comité est hostile à la suppression de la ligne budgétaire commune pour la cohésion économique, sociale et territoriale, qui témoigne d’une nouvelle détérioration de la place que la politique de cohésion occupe dans le cadre financier pluriannuel et ouvre la voie vers l’hypothèse que le fonds FSE+ soit retiré du périmètre de la politique de cohésion. Si tel était le cas, cela distendrait encore ces synergies et liens entre les différentes sources de financement, qui revêtent une importance toute particulière aux yeux des collectivités régionales et locales; |
| 8. | s’alarme de constater que la proposition de la Commission a tendance à renforcer la place réservée aux programmes en gestion directe ou indirecte, au détriment de ceux dont l’administration s’effectue de manière partagée entre elle et les États membres, de sorte que sur le long terme, la mise en œuvre des politiques de l’Union au niveau local et régional perdra en visibilité. Le Comité souligne qu’il s’impose de respecter pleinement et de mettre en œuvre le principe du partenariat et celui de la gouvernance à niveaux multiples si l’on veut assurer que les communes et les régions soient associées à toutes les étapes pertinentes, de la conception à la mise en œuvre des politiques de l’Union européenne; |
| 9. | déplore le décalage entre l’adoption d’un 8e programme d’action de l’Union européenne pour l’environnement (PAE) et le CFP pour l’après-2020. Le processus de prise de décision des futurs PAE et la durée des programmes devraient être alignés sur le calendrier du CFP, de manière que le financement alloué reflète bien les priorités et les objectifs en matière de durabilité; |
| 10. | se dit inquiet face aux incertitudes qui affectent l’élaboration du cadre financier pluriannuel, au cas où un accord clair et solide ne peut être conclu en temps utile avec le Royaume-Uni concernant sa sortie de l’Union européenne; |
| 11. | soutient la proposition de la Commission visant à établir des liens plus étroits entre les fonds régionaux et le semestre européen pour peu qu’une perspective régionale soit ajoutée à ce dernier. Il s’agit en effet du seul moyen viable de créer des liens clairs et significatifs entre eux; |
Réforme du système des ressources propres
| 12. | se félicite que la Commission propose d’établir trois nouvelles filières de ressources propres, mais déplore qu’elle n’en ait retenu que deux parmi celles que le groupe de travail de haut niveau sur les ressources propres avait suggéré d’ajouter et estime que sur ce point, elle aurait dû se montrer plus ambitieuse dans sa proposition; dans ce contexte, réclame que soient poursuivis de toute urgence les travaux liés à la recherche de nouvelles sources de financement du budget; |
| 13. | salue les efforts consentis par la Commission pour simplifier le volet des recettes dans le budget, et en particulier sa proposition d’éliminer progressivement tous les rabais consentis aux États membres et de rendre plus simple le calcul des rentrées assises sur la TVA; |
| 14. | déplore de devoir observer que la Commission européenne a omis de soumettre sa proposition sur l’instauration de nouvelles sources de revenus propres à un examen satisfaisant au regard du principe de subsidiarité, ainsi que d’en évaluer les répercussions éventuelles sur la situation financière des collectivités régionales et locales; |
| 15. | relève que l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés qui est proposée recèle un fort potentiel pour augmenter la part que représentent les ressources propres, pour autant qu’elle soit rendue obligatoire pour un nombre élevé d’entreprises, ce paramètre restant encore indéterminé pour l’instant, tout comme l’on ignore la date à laquelle on peut escompter que cette source de revenus se concrétisera. Le Comité exprime son inquiétude quant aux ressources propres qui seront tirées des déchets d’emballages plastiques non recyclés, étant donné que l’un des principaux objectifs de l’Union européenne consiste à les supprimer complètement et aura donc pour conséquence que cette source de revenus est appelée à se tarir, introduisant ainsi une plus grande instabilité dans les rentrées budgétaires; |
| 16. | est favorable à la proposition de réduire les indemnités accordées aux États membres pour leurs frais de perception des ressources propres traditionnelles, mais appelle la Commission à aller plus loin dans ce sens et, au lieu du taux de 10 % qu’elle propose, de ne compenser ces dépenses de recouvrement qu’en fonction de leur coût réel; |
État de droit, flexibilité et stabilité
| 17. | juge que le respect de l’état de droit constitue une condition sine qua non pour une saine gestion financière et pour une utilisation efficace du budget de l’Union. Sur ce point, le Comité salue les efforts déployés par la Commission afin d’appliquer de manière adéquate des mécanismes garantissant qu’il soit bien respecté, que la sécurité juridique soit d’application dans les États membres et que la fraude et la corruption soient efficacement combattues; |
| 18. | adhère à l’avis de la Cour des comptes européenne quand elle estime que le mécanisme proposé pour le respect de l’état de droit va plus loin que l’article 7 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et peut être enclenché plus rapidement; |
| 19. | se félicite que la Commission européenne s’attelle à garantir que les destinataires finaux des dispositifs de l’Union européenne bénéficient d’un financement sans heurt, en faisant obligation aux États membres d’assumer les engagements financiers qu’ils ont envers eux-mêmes dans le cas où des mécanismes de sauvegarde destinés à préserver les intérêts financiers de l’Union auront été activés. Le Comité escompte qu’elle développera encore d’autres moyens de protéger les droits de ces bénéficiaires; |
| 20. | recommande à la Commission d’envisager d’instaurer, pour protéger les intérêts financiers de l’Union, des mécanismes supplémentaires, qui auraient une incidence plus équilibrée sur l’ensemble des États membres, par exemple sous la forme de sanctions forfaitaires; |
| 21. | considère, vu l’avis émis par la Cour des comptes, que la configuration réglementaire actuelle confère à la Commission une marge d’appréciation excessive pour décider de l’ouverture d’une procédure et recommande que ladite Commission élabore des critères clairs sur la base desquels il sera possible de définir le contenu qu’il faut donner à la notion de défaillance généralisée de l’état de droit nuisant à la bonne gestion financière; |
| 22. | suggère de renforcer le rôle de la Cour des comptes dans la mise en œuvre du mécanisme proposé, conformément à l’article 287 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; |
| 23. | salue les propositions avancées par la Commission pour donner au cadre financier pluriannuel une plus grande souplesse, qui sera assurément bienvenue pour relever en temps utile les défis nouveaux ou imprévus. Dans le même temps, le Comité souligne qu’une flexibilité accrue dans l’utilisation des fonds ne peut aller à l’encontre de la prévisibilité à long terme et de l’orientation stratégique des programmes, en particulier lorsqu’ils sont mis en œuvre sous le régime de la gestion partagée. Aussi demande-t-il que l’on examine si en ce qui concerne l’augmentation des pouvoirs de la Commission européenne en rapport avec la réaffectation de fonds, cette souplesse supplémentaire ne constitue pas une atteinte au principe de subsidiarité et de la gouvernance à niveaux multiples. Par ailleurs, il réclame que les collectivités locales et régionales soient associées à la prise de décision lorsque des fonds en gestion partagée doivent être réaffectés; |
Concernant les diverses rubriques du budget
| 24. | accueille favorablement la proposition d’augmenter les ressources affectées aux domaines d’intervention en rapport avec de nouveaux grands défis, comme les migrations et la gestion des frontières, ainsi que d’introduire dans le budget une rubrique spécifiquement consacrée à la sécurité et la défense; |
| 25. | se félicite qu’il soit proposé d’augmenter les moyens alloués à la recherche et l’innovation, de poursuivre la mise en œuvre et le développement de l’actuel Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), d’accroître les ressources du programme Erasmus+ et d’investir encore davantage dans la lutte contre les changements climatiques à travers tous les domaines d’intervention de l’Union européenne. Le Comité fait néanmoins observer, une fois encore, que les augmentations ainsi prévues ne peuvent s’effectuer en entamant l’enveloppe de la politique de cohésion et de la politique de développement rural; |
| 26. | s’élève avec force contre la proposition de réduire de 10 % le budget de la politique de cohésion, notamment en ce qui concerne le Fonds de cohésion, dont on envisage de diminuer les ressources jusqu’à 45 %. De même, il juge inacceptable qu’il soit proposé de soumettre le budget de la politique agricole commune à des réductions, en particulier pour ce qui concerne les baisses de 28 % pour le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et de 13 % pour le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Dans des domaines qui font régulièrement la preuve de leur valeur ajoutée européenne et constituent les politiques européennes les plus visibles pour les citoyens européens, des baisses d’une telle ampleur produiraient des effets extrêmement dommageables à long terme pour la croissance et le développement des régions européennes; |
| 27. | demande au contraire, dans la continuité de la déclaration sur le développement rural adoptée à Cork en septembre 2016, de renforcer le soutien financier global de l’Union européenne au développement rural au-delà de 5 % du budget de l’Union européenne au bénéfice des zones rurales et intermédiaires, qui représentent plus de 90 % du territoire de l’Union, et qui hébergent 58 % de sa population et 56 % de ses emplois; |
| 28. | souligne que la réduction des ressources octroyées à la politique de cohésion porterait atteinte à la réalisation de l’un des objectifs les plus importants définis par le traité, à savoir la cohésion économique, sociale et territoriale. Pareille approche aurait pour conséquence d’accroître encore les disparités entre les régions européennes, et ce creusement affecterait particulièrement celles qui sont moins développées ou se trouvent confrontées à des handicaps structurels et démographiques particulièrement importants. En outre, cette démarche méconnaît l’importante contribution que la politique de cohésion fournit d’ores et déjà dans des domaines comme l’innovation, la numérisation et le changement climatique. Le Comité tient à signaler que réduire les crédits alloués aux programmes de coopération territoriale fait peser une menace sur l’amélioration de la coopération territoriale et sur ses mécanismes de grande importance que sont, par exemple, les groupements européens de coopération territoriale (GECT) et les stratégies macrorégionales; |
| 29. | regrette la diminution prévue, en termes réels, de l’enveloppe budgétaire allouée la coopération transfrontalière, en dépit de sa valeur ajoutée européenne avérée, et alors que plus d’un tiers de la population de l’Union européenne vit dans des régions frontalières et que ces régions sont confrontées à de nombreux défis de nature territoriale; |
| 30. | attire l’attention sur les effets particulièrement négatifs que la proposition de cadre financier pluriannuel à l’examen produira pour les agriculteurs et les citoyens vivant dans des zones rurales. Si la baisse qu’il est proposé d’opérer dans les crédits du second pilier devait être adoptée, la politique de développement rural ne serait plus en mesure de remplir ses missions, notamment s’agissant de réduire l’écart de niveau de vie entre les campagnes et les villes. Le Comité demande en outre que le Fonds européen agricole pour le développement rural continue de relever de la structure de gestion ressortissant au règlement portant dispositions communes, de manière à maintenir la bonne cohérence entre les différentes sources de financement et à renforcer la dimension territoriale de la politique agricole commune; |
| 31. | s’oppose en particulier à la proposition de réduction des crédits du programme POSEI, consacré aux régions ultrapériphériques, qui remet en cause son objectif d’apporter une réponse ciblée aux problèmes particuliers de l’agriculture de chaque région, par le biais de son rôle d’instrument financier de soutien direct aux agriculteurs; |
| 32. | déplore que les crédits en faveur du Fonds social européen Plus (FSE+) n’aient pas augmenté, alors qu’il devra assumer des missions supplémentaires, notamment l’intégration des citoyens de pays tiers; rappelle que le FSE (voir l’avis du CdR sur le FSE+ (1)) doit rester ancré dans la politique de cohésion, principal instrument de l’Union européenne pour investir dans les personnes et le capital humain, promouvoir l’égalité entre hommes et femmes et améliorer la vie de millions de citoyens européens; |
| 33. | constate que le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM), malgré les chevauchements et les arbitrages existant avec le FSE+, n’a pas été incorporé à ce dernier; estime que pour produire une valeur ajoutée, les mesures financées par le FEM doivent être complétées par des processus de conversion et de restructuration mis en œuvre grâce à des programmes de développement régional à long terme, en particulier des mesures d’anticipation du type de celles prévues par le FSE+; |
| 34. | ne souscrit pas à l’instauration de la règle N+2, au lieu de N+3, comme délai à respecter pour l’utilisation des montants annuels alloués, étant donné qu’un risque important existe que la réglementation afférente ne soit adoptée trop tardivement et, qu’en conséquence, la possibilité d’exploiter les enveloppes allouées ne soit compromise du fait de l’application de ce principe du N+2; |
| 35. | est résolument opposé aux pistes proposées, qui aggravent encore la situation des collectivités locales et régionales par rapport à aujourd’hui, en ce qui concerne les délais d’utilisation des dotations annuelles allouées par les programmes de l’Union européenne, ainsi que le taux de préfinancement et, en particulier, de cofinancement des projets, étant donné que bien des collectivités locales et régionales ne possèdent pas l’assise financière nécessaire pour dégager en propre les ressources voulues; |
| 36. | demande à la Commission que la répartition des ressources de la politique de cohésion entre les États membres soit calculée sur la base de leur subdivision la plus récente en régions NUTS-2, pour laquelle Eurostat est capable de fournir les données voulues, le but étant d’assurer ainsi la meilleure concordance possible entre les perspectives socio-économiques desdites régions et le calcul des dotations nationales; |
| 37. | demande en outre à la Commission européenne que la modulation des critères de cofinancement et d’affectation des fonds de la politique de cohésion tienne compte d’autres indicateurs au-delà du PIB par habitant, étant donné que celui-ci ne mesure pas avec précision la capacité d’une société à gérer des problématiques qui l’affectent, telles que l’évolution démographique, et demande que soient prévus des indices à l’échelle internationale, nationale, locale et régionale à même de mesurer le progrès au-delà du PIB. Concernant le défi démographique, il est proposé de prendre en considération les critères suivants: évolution de la population (perte importante et continue), dispersion sur le territoire, vieillissement, survieillissement, émigration des jeunes et des adultes et chute de la natalité qui en découle; |
| 38. | exprime son opposition à la réduction des crédits destinés au financement des infrastructures de transport dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, notamment dans le contexte de la réduction dépourvue de toute justification du budget du Fonds de cohésion, considérant que la diminution projetée est infondée au regard des objectifs poursuivis et des besoins constatés pour assurer un système de transport qui soit propre d’un point de vue environnemental, sûr et doté d’une bonne connectivité; |
| 39. | estime que le budget proposé pour le nouveau mécanisme européen de stabilisation des investissements, sous forme de ligne budgétaire au sein du budget de l’Union européenne, permettant jusqu’à 30 milliards d’EUR de prêts pour garantir une réaction adéquate si de nouveaux chocs économiques et financiers devaient survenir sur le marché et toucher les États membres faisant partie de la zone euro et ceux participant au mécanisme de taux de change européen (MCE II), est trop étriqué. Le Comité préconise en conséquence d’accroître substantiellement la dotation prévue dans ce domaine, afin de protéger le potentiel d’investissement de l’Union européenne et de la comptabiliser en dehors du budget de l’Union européenne; |
| 40. | fait part de ses inquiétudes concernant la proposition de programme d’appui aux réformes structurelles. En effet, étant donné que la proposition repose sur l’article 175 du traité qui porte sur la cohésion, le programme devrait être circonscrit à des réformes renforçant la cohésion économique, sociale et territoriale et comportant une valeur ajoutée européenne. Le programme devrait également s’inscrire dans le cadre d’une nouvelle stratégie de développement à long terme de l’Union européenne succédant à la stratégie Europe 2020 et articulée autour des objectifs de développement durable. Par ailleurs, les mêmes exigences que pour les Fonds structurels et d’investissement en matière de partenariat et d’implication des collectivités locales et régionales dans le processus de planification et de mise en œuvre de ces réformes devraient être d’application. Enfin, le Comité s’oppose à la possibilité prévue dans le règlement-cadre sur les Fonds structurels et d’investissement de transférer jusqu’à 5 % des enveloppes vers des fonds et des instruments financiers de l’Union qui sont sans rapport avec les objectifs de cohésion et, qui plus est, sont pour la plupart en gestion directe sans implication des collectivités territoriales; |
| 41. | souligne que les coupes opérées dans la politique de cohésion, dans celle de développement rural et dans la politique agricole commune produiront des effets néfastes de grande ampleur pour la réalisation des objectifs en matière de cohésion territoriale et de protection de l’environnement. Même si le montant des ressources affectées au programme LIFE a été augmenté de près de 60 %, le budget consacré à la politique climatique et à l’ajustement énergétique sera, globalement parlant, en moins bonne posture que dans les perspectives actuelles. Au lieu de tirer parti de tout le potentiel que la politique agricole et, plus encore, celle de cohésion présentent pour encourager des investissements produisant des effets positifs pour l’environnement et la lutte contre les changements climatiques, l’actuelle proposition de cadre financier pluriannuel met en péril la réalisation des objectifs environnementaux de l’Union, en réduisant les enveloppes consacrées à ces deux politiques; |
| 42. | prend note de la proposition d’augmentation du financement du programme LIFE (voir l’avis du CdR sur le Programme LIFE (2)), qui revêt une importance cruciale pour les autorités locales et régionales afin de les aider à lutter contre la perte de biodiversité, à développer une solution d’infrastructure verte et à promouvoir la durabilité; regrette toutefois que l’augmentation proposée soit en partie atténuée par l’inclusion de mesures précédemment financées par Horizon 2020 sur la transition vers l’énergie propre; exige donc que le financement global du programme LIFE soit augmenté du montant correspondant et réclame par ailleurs que les actions de renforcement des capacités en faveur de la transition vers l’énergie propre conservent le même taux de cofinancement que dans le programme Horizon 2020; |
| 43. | relève qu’il n’apparaît pas que l’intention affichée d’arriver à ce que 25 % des dépenses du budget de l’Union européenne contribuent à réaliser les objectifs climatiques puisse donner la possibilité de parvenir aux buts fixés par l’accord de Paris. La proposition concernant les prochaines perspectives financières devrait viser à permettre de porter ces engagements à un niveau de plus de 30 %, grâce auquel ils contribueraient à la décarbonation dans le domaine de l’énergie, de l’industrie et du système de transport, ainsi qu’à la transition vers une économie circulaire; |
| 44. | se félicite que les ressources affectées à la sous-rubrique Horizon Europe aient été augmentées par rapport aux montants actuels et recommande par ailleurs d’établir un encadrement des possibilités de transférer vers Horizon Europe des ressources venant des autres instruments ressortissant au cadre financier pluriannuel, en respectant notamment la liberté d’initiative de l’autorité de gestion concernée, une coconstruction des actions ainsi cofinancées, et un retour des fonds sur le territoire de l’autorité de gestion; |
| 45. | salue la création d’une rubrique spécifiquement consacrée à la migration et à la gestion des frontières, ainsi que l’augmentation substantielle des ressources destinées à mettre ces activités en œuvre. Le Comité regrette que l’accent porte bien davantage sur la question de la sécurité des frontières que sur d’autres problématiques en rapport avec la question migratoire, qu’il s’agisse, par exemple, d’assurer protection et asile pour les migrants ou de fournir un appui en matière de migration légale et d’efforts pour l’intégration. Il demande donc que les ressources financières consacrées au Fonds «Asile et Migration» (voir l’avis du CdR sur le Fonds «Asile et Migration» (3)) soient augmentées du même pourcentage (240 %) que celles consacrées à la protection des frontières extérieures, afin de garantir qu’elles seront suffisantes pour apporter une réponse adéquate aux défis à relever pour parvenir à cette insertion dans la société; |
| 46. | souligne, eu égard au manque d’ambition que l’on relève en ce qui concerne le montant global du cadre financier pluriannuel, qui restreint encore plus sévèrement la marge d’action de l’Union dans ce domaine d’une importance exceptionnelle pour sa stabilité politique, sécuritaire et sociale, que cela est particulièrement important pour les collectivités locales et régionales qui sont responsables d’un grand nombre de ces mesures; insiste, également dans ce contexte, pour que les moyens financiers du FSE+, qui devraient couvrir les mesures d’intégration à long terme pour les migrants, soient augmentés en conséquence pour couvrir la nouvelle tâche; |
| 47. | attire également l’attention sur le fait que le nouveau programme «Droits et valeurs», qui devrait couvrir la protection des droits et valeurs fondamentaux de l’Union européenne et encourager la citoyenneté européenne active, revêt une grande importance pour les collectivités locales et régionales dans ces domaines. Le Comité propose dès lors d’augmenter la base générale de ce programme pour répondre aux énormes défis à cet égard; |
| 48. | approuve la simplification concernant les instruments d’action extérieure, ainsi que leur budget global, car elle devrait avoir pour effet de rendre plus efficaces et opérantes cette politique de l’Union européenne et celle qu’elle mène en matière de développement. À cet égard, le Comité insiste sur le rôle de poids que les collectivités locales et régionales jouent en faveur du renforcement de la coopération avec les pays tiers et de la réalisation du programme de développement durable à l’horizon 2030 dans son ensemble; plaide pour que ce rôle soit pris en compte de manière plus explicite dans le cadre du CFP, de préférence sous la forme d’un budget directement alloué; |
| 49. | estime qu’une administration publique européenne solide, efficace et de qualité est indispensable pour exécuter les politiques de l’Union ainsi que pour restaurer la confiance dans la valeur ajoutée de celle-ci et renforcer le dialogue avec les citoyens à tous les niveaux; insiste à cet égard sur le rôle des institutions constituées de membres démocratiquement élus; |
| 50. | appelle toutes les institutions européennes à dégager rapidement un accord sur le prochain cadre financier pluriannuel afin de garantir l’adoption des programmes de l’Union en temps voulu, avant que les perspectives financières suivantes ne soient lancées. |
Bruxelles, le 9 octobre 2018.
Le président du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
(1) Avis du CdR 3597/2018, en cours d’élaboration.
(2) Avis du CdR 3653/2018.
(3) Avis du CdR 4007/2018.
Avis institutionnel — 52018AB0058
21/12/2018
Avis de la Banque centrale européenne du 14 décembre 2018 sur le fonctionnement du point de contact central des comptes et contrats financiers (CON/2018/57)
14/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur la proposition de directive du Conseil établissant les règles d'imposition des sociétés ayant une présence numérique significative (COM(2018)0147 — C8-0138/2018 — 2018/0072(CNS))
13/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, d’une modification de l’accord entre les États-Unis d’Amérique et la Communauté européenne relatif à la coopération dans le domaine de la réglementation de la sécurité de l’aviation civile (07482/2018 — C8-0157/2018 — 2016/0343(NLE))
13/12/2018