| CELEX | 52018AR2906 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 4 juillet 2018 |
| 25.10.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 387/48 |
Avis du Comité européen des régions — Pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire
(2018/C 387/09)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
Amendement 1
Article 1er
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CdR |
| Objet et champ d’application | Objet et champ d’application |
| 1. La présente directive établit une liste minimale de pratiques commerciales déloyales interdites entre acheteurs et fournisseurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire et énonce des règles minimales concernant l’application de ces interdictions ainsi que des dispositions relatives à la coordination entre les autorités d’application. | 1. La présente directive établit une liste minimale de pratiques commerciales déloyales interdites entre acheteurs et fournisseurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire et énonce des règles minimales concernant l’application de ces interdictions ainsi que des dispositions relatives à la coordination entre les autorités d’application. |
| 2. La présente directive s’applique à certaines pratiques commerciales déloyales ayant trait à la vente de denrées alimentaires par un fournisseur qui se trouve être une petite ou moyenne entreprise à un acheteur qui n’appartient pas à cette catégorie . | 2. La présente directive s’applique aux pratiques commerciales déloyales ayant trait à la vente de denrées alimentaires par un fournisseur à un acheteur qui n’est pas une petite ou moyenne entreprise. |
| 3. La présente directive s’applique aux contrats de fourniture conclus après la date d’applicabilité des dispositions transposant la présente directive, visée à l’article 12, paragraphe 1, deuxième alinéa. | 3. La présente directive s’applique aux contrats de fourniture conclus après la date d’applicabilité des dispositions transposant la présente directive, visée à l’article 12, paragraphe 1, deuxième alinéa. |
Exposé des motifs
Restreindre le champ d’application de la directive aurait un impact négatif sur les grandes coopératives ou les organisations de producteurs qui ne répondent pas aux critères des PME, ne permettant pas à ces dernières d’être protégées contre les pratiques commerciales déloyales. Ces OP ou coopératives n’ont certainement pas le même pouvoir de négociation que leurs acheteurs étant donné la concentration à en aval de la chaîne d’approvisionnement. En outre, cette éventualité contrasterait fortement avec les efforts de longue haleine de la Commission pour concentrer l’offre par l’application de l’OCM en pénalisant indirectement les OP qui ne répondent pas à la définition des PME. Enfin les pratiques commerciales déloyales que subirait un fournisseur industriel, par exemple une entreprise de taille intermédiaire vendant des produits à forte composante agricole, de la part d’un distributeur, ne seraient pas non plus concernées par l’interdiction des pratiques commerciales déloyales. Or cela n’a pas de sens économiquement au regard de la protection nécessaire des maillons les plus vulnérables.
Amendement 2
Article 2
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CdR | ||||
| Définitions | Définitions | ||||
| Aux fins de la présente directive, on entend par: | Aux fins de la présente directive, on entend par: | ||||
| «acheteur»: toute personne physique ou morale établie dans l’Union qui achète des denrées alimentaires à titre commercial. Le terme «acheteur» peut englober un groupe de personnes physiques et morales appartenant à cette catégorie; […] |
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Exposé des motifs
| a) | L’objectif de la directive est également d’empêcher la délocalisation des achats sans qu’aucune règle ne s’applique. Il est donc cohérent de considérer les acheteurs basés en Union européenne ou à l’extérieur de l’Union européenne. |
| b) | Il semble important de définir dans la directive, sur un principe suffisamment ouvert, à quoi correspond une pratique commerciale déloyale. |
Amendement 3
Article 3, paragraphe 1
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CdR | ||||||||
| Interdiction de pratiques commerciales déloyales 1. Les États membres veillent à ce que les pratiques commerciales suivantes soient interdites: | Interdiction de pratiques commerciales déloyales 1. Les États membres veillent à ce qu’au moins les pratiques commerciales suivantes soient interdites: | ||||||||
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Exposé des motifs
Les pratiques déloyales concernent et handicapent aussi bien les fournisseurs de denrées périssables que les fournisseurs de denrées non périssables. Le champ de la directive doit donc être élargi.
Les accords interprofessionnels, adoptés à l’unanimité des membres, peuvent éventuellement prévoir des règles différentes de celles incluses dans le projet de directive, notamment concernant les délais de paiement.
| e) | Il est pertinent d’interdire la revente à perte afin de stopper la destruction de valeur à chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. En effet, il s’agit d’éviter le phénomène de guerre des prix où la grande distribution réalise des marges excessives sur certains produits, en particulier les produits agricoles, pour compenser la bataille sur certains produits phares. |
| f) | Dans le même esprit, le prix payé aux producteurs ne doit pas être abusivement bas par rapport au coût de production. Il n’est pas acceptable que des agriculteurs ne soient pas en mesure de vivre de leur métier et soient obligés de vendre à perte. Il est donc important de sanctionner des acheteurs qui achètent à un prix abusivement bas ou qui font acheter à leurs fournisseurs leur matière première agricole à des prix abusivement bas. Une définition précise d’un prix de cession abusivement bas doit être déterminée selon les filières et les territoires. |
| g) | L’objectif est de sanctionner tout paiement qui n’a pas de contrepartie en termes de service rendu au fournisseur ou qui est disproportionné au regard du service rendu. L’enjeu est notamment qu’un paiement à une centrale d’achat européenne soit nécessairement justifié. |
| h) | Le prix indiqué dans un contrat doit être déterminable ou déterminé, c’est-à-dire que les deux parties doivent être en mesure pendant toute la durée du contrat de connaître le prix auquel il sera payé. |
Amendement 4
Article 3, paragraphe 3
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CdR |
| Si l’acheteur exige un paiement dans les situations décrites au paragraphe 2, points b), c) et d), celui-ci présente au fournisseur, sur demande de ce dernier, une estimation des paiements par unité ou globalement, selon le cas, et dans la mesure où les situations décrites au paragraphe 2, points b) et d), sont concernées, également une estimation des coûts et les fondements de cette estimation. | Si l’acheteur exige un paiement strictement lié au service fourni dans les situations décrites au paragraphe 2, points b), c) et d), celui-ci présente au fournisseur une estimation des paiements par unité ou globalement, selon le cas, et dans la mesure où les situations décrites au paragraphe 2, points b) et d), sont concernées, également une estimation des coûts et les fondements de cette estimation. |
Exposé des motifs
Les paiements demandés aux fournisseurs doivent être strictement encadrés et systématiquement justifiés.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
| 1. | considère que les mécanismes de sécurisation du revenu des agriculteurs fondés sur le marché doivent être considérablement renforcés pour réduire les effets négatifs de la forte volatilité des prix agricoles afin de maintenir l’agriculture sur l’ensemble des territoires, accroître sa compétitivité et conserver un tissu rural vivant; |
| 2. | observe que la régulation de la volatilité des prix agricoles et la lutte contre les pratiques commerciales déloyales (PCD) au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire sont étroitement liées, car les fluctuations des marchés avivent les rapports de force pour le partage de la valeur ajoutée au sein des filières et les arbitrages qui en résultent sont le plus souvent défavorables aux producteurs, dont le pouvoir de négociation est limité à cause notamment de la concentration croissante des industries agroalimentaires et surtout de la grande distribution; |
| 3. | salue cette initiative de la Commission consistant à mettre en place une législation européenne destinée à lutter contre les pratiques commerciales déloyales qu’il a appelé de ses vœux dans son avis sur la régulation de la volatilité des prix qui recommandait de créer une réglementation européenne spécifique contre les PCD dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, comme le proposait la résolution du Parlement européen du 7 juin 2016 [2015/2065 (INI)], au motif que: les contrats réalisent un certain partage des risques, mais ne corrigent pas fondamentalement l’inégalité des parties; les dispositions anti-monopole ne sont pas suffisantes pour remédier aux PCD et aux disparités des rapports de force caractéristiques des filières agroalimentaires; les mécanismes d’autoréglementation des acteurs des filières ne sont pas toujours efficaces pour ce qui est d’assurer un comportement équitable sur le marché, notamment parce que les agriculteurs et les transformateurs ont souvent peur de porter plainte, de crainte d’être exclus du marché; une réglementation à l’échelle de l’Union européenne est donc nécessaire pour harmoniser les conditions de concurrence et faire en sorte que les agriculteurs et les consommateurs européens bénéficient de conditions de vente et d’achat équitables; |
| 4. | estime que cette proposition constitue une bonne base de travail mais qu’il est nécessaire d’aller plus loin pour protéger davantage les agriculteurs. Les revenus des agriculteurs sont à l’heure actuelle inférieurs de 40 % au salaire moyen. La valeur d’un produit agricole se répartit à l’heure actuelle de la manière suivante: l’agriculteur perçoit en moyenne 21 %, le transformateur 28 % et le distributeur 51 %. Des actions sont nécessaires pour garantir un meilleur équilibre des relations commerciales et augmenter la valeur revenant à l’agriculture dans les dépenses alimentaires des ménages comme recommandé dans l’avis du CdR sur la PAC post-2020; |
| 5. | estime nécessaire d’inclure dans cette proposition de directive une interdiction de principe des pratiques commerciales déloyales, comme recommandé dans l’analyse d’impact, ce qui pourrait apporter une réponse aux éventuelles pratiques abusives futures; |
| 6. | estime nécessaire, même s’il s’accorde à dire avec la Commission européenne que ce sont les PME qui sont les plus vulnérables face aux pratiques commerciales déloyales, d’élargir le champ d’application de la proposition afin qu’elle ne couvre pas seulement les PME et agriculteurs fournisseurs mais l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, quel que soit leur lieu d’établissement; |
| 7. | estime nécessaire d’élargir l’interdiction des retards de paiement aux produits non périssables; |
| 8. | estime nécessaire d’élargir la liste des pratiques déloyales interdites à la revente à perte et de sanctionner l’achat au-dessous des coûts de production; |
| 9. | estime nécessaire d’interdire les enchères électroniques discriminatoires ou dénuées de transparence; |
| 10. | estime nécessaire de préciser les critères et modalités de détermination du prix, qui devront figurer sur les contrats établis avec les agriculteurs afin que ceux-ci puissent calculer à tout instant le prix auquel ils peuvent prétendre; |
| 11. | estime nécessaire de prévoir, en complément du dispositif national de contrôle et de la bonne prise en compte du contexte, des mesures et des bonnes pratiques au niveau national, un mécanisme européen afin d’éviter que les pratiques commerciales déloyales transnationales ne soient pas couvertes; |
| 12. | recommande, compte tenu du processus d’internationalisation des entreprises, en particulier dans le secteur agricole, d’inclure les transactions impliquant des fournisseurs/acheteurs ayant leur siège dans des pays tiers afin d’éviter d’inciter les PME à acheter en dehors de l’Union européenne et d’assurer la protection des entreprises de l’Union européenne qui vendent à des acheteurs étrangers; |
| 13. | estime par ailleurs que cette directive ne sera pas suffisante pour améliorer la situation des agriculteurs si l’on ne change pas le cadre global dans lequel ils évoluent; |
| 14. | estime nécessaire en complément de cette directive:
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Bruxelles, le 4 juillet 2018.
Le président du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
Avis institutionnel — 52018AB0058
21/12/2018
Avis de la Banque centrale européenne du 14 décembre 2018 sur le fonctionnement du point de contact central des comptes et contrats financiers (CON/2018/57)
14/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur la proposition de directive du Conseil établissant les règles d'imposition des sociétés ayant une présence numérique significative (COM(2018)0147 — C8-0138/2018 — 2018/0072(CNS))
13/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, d’une modification de l’accord entre les États-Unis d’Amérique et la Communauté européenne relatif à la coopération dans le domaine de la réglementation de la sécurité de l’aviation civile (07482/2018 — C8-0157/2018 — 2016/0343(NLE))
13/12/2018