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AccueilDroit européen52018AR3640
Avis institutionnel52018AR3640

Avis du Comité européen des régions sur «Le programme spatial de l’Union européenne et l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial»

CELEX52018AR3640
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 6 décembre 2018

Résumé IA

Le Comité européen des régions approuve le programme spatial de l'UE pour la période 2021-2027, soulignant l'importance de la participation des collectivités territoriales dans le développement des applications spatiales (Galileo, Copernicus, EGNOS). Il insiste sur la nécessité de renforcer la compétitivité du secteur spatial européen et de garantir l'autonomie stratégique de l'UE, tout en veillant à une répartition équitable des retombées économiques et technologiques entre les régions.

Texte intégral

7.3.2019

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 86/365


Avis du Comité européen des régions sur «Le programme spatial de l’Union européenne et l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial»

(2019/C 86/20)

Rapporteur:

Andres JAADLA (EE/ADLE), membre du conseil municipal de Rakvere

Document de référence:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le programme spatial de l’Union et l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial et abrogeant les règlements (UE) no 912/2010, (UE) no 1285/2013, (UE) no 377/2014 et la décision no 541/2014/UE

COM(2018) 447 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

reconnaît l’importance de l’utilisation de l’espace en tant que technologie habilitante à l’appui des politiques de l’Union européenne dans des domaines tels que les solutions pour des villes intelligentes, l’agriculture, l’environnement, le climat, la réduction des risques de catastrophes et la réaction à celles-ci, les migrations, la sécurité et l’aménagement du territoire, entre autres, et il met en exergue les possibilités qu’offre l’accès à des données de qualité élevée et actualisées pour répondre aux besoins existants et futurs, avec à la clé pour l’Union une compétitivité accrue, des bénéfices socioéconomiques considérables et une sécurité renforcée;

2.

souscrit à la vision de la Commission européenne qui préside à la Stratégie de l’Union européenne pour l’espace, et sa mise en œuvre au moyen de l’établissement du programme spatial européen. Un programme spatial européen unifié et intégré renforcera les synergies entre ses composantes, de même que leur efficience et leur efficacité;

3.

estime que regrouper les activités spatiales de l’Union dans un unique règlement est de nature à fournir un cadre cohérent et une visibilité accrue dans ce domaine stratégique;

4.

voit dans cette réforme de la politique spatiale de l’Union européenne une occasion de réellement «ouvrir le club» et de permettre à un large éventail de secteurs de tirer parti des activités liées à l’espace, au bénéfice d’activités existantes et futures;

5.

relève que pour assurer la bonne mise en œuvre de la politique de l’Union européenne dans le domaine de l’énergie, il importe de tirer parti de synergies entre les questions relevant de ce secteur et celles qui ont trait à l’espace. Les collectivités locales et régionales étant de plus en plus actives dans le domaine énergétique, il s’impose donc d’apporter un soutien dans des problématiques comme la coordination des infrastructures afférentes grâce à l’utilisation des technologies satellitaires;

6.

invite la Commission européenne à mieux clarifier et à préciser le concept et la création des pôles spatiaux et des partenariats pour l’innovation, plus particulièrement en ce qui concerne la gestion financière et les responsabilités des différents acteurs, et souligne que ce type d’initiatives peut être particulièrement pertinent pour les régions, et notamment les régions impliquant plus d’un État membre;

7.

demande à la Commission européenne d’ajouter des propositions plus claires quant à la manière d’aboutir à une utilisation accrue des données et des technologies d’observation de la Terre par les pouvoirs publics nationaux, les collectivités régionales et locales, les petites et moyennes entreprises, les scientifiques, les chercheurs et les réseaux consacrés à la diffusion des données Copernicus, afin que tous ces acteurs sachent et puissent convertir ces données en informations utiles aux citoyens;

8.

prend acte de la référence à la promotion, tout au long de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la participation la plus large et la plus ouverte possible de start-up, de nouveaux entrants, de petites et moyennes entreprises, d’autres opérateurs économiques et de collectivités locales et régionales, et notamment de l’exigence relative à un recours à la sous-traitance par les soumissionnaires. Il souhaiterait néanmoins que soit clarifiée la manière dont le programme spatial est supposé soutenir l’investissement initial pour les collectivités locales et régionales, dans l’introduction de l’utilisation des données satellitaires, pour faire en sorte qu’elles puissent s’acquitter de leurs responsabilités lorsqu’elles sont confrontées à des obstacles liés à un problème d’expertise technique ou financière;

9.

est d’avis que le règlement devrait mieux expliquer quel traitement l’Union européenne entend réserver aux acteurs commerciaux du domaine spatial afin de soutenir l’industrie européenne, dans un secteur particulier à de nombreux égards, en particulier en raison de sa concentration, du double usage qui lui est propre ainsi que des barrières élevées à l’entrée qui le caractérisent, lesquelles découlent des investissements initiaux importants qui sont nécessaires et aux facteurs connexes, et estime que les dispositions sur la manière de garantir un accès sûr et indépendant à l’espace doivent être renforcées;

10.

souligne que l’accent mis dans la proposition sur les procédures de gestion relatives à la coopération entre l’Union européenne, l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial, les États membres et l’Agence spatiale européenne devrait garantir qu’il n’y aura pas de double emploi et que la création de la nouvelle agence n’aboutira pas à une duplication des structures. Il conviendrait que tout transfert de tâches supplémentaires à la nouvelle agence s’effectue non pas à l’initiative de la seule Commission mais exclusivement en concertation avec le Parlement européen et le Conseil;

11.

se félicite que les financements accordés au programme spatial aient été augmentés pour assurer la poursuite et le développement des programmes spatiaux phares de l’Union européenne, Copernicus, Galileo et EGNOS, auxquels viennent s’ajouter désormais deux nouvelles initiatives, à savoir SST et GOVSATCOM;

12.

regrette le manque de financements spécialement alloués à la recherche spatiale dans le cadre du programme «Horizon Europe», car ils auraient pu fournir davantage d’incitations et de sécurité à l’industrie européenne pour qu’elle puisse se développer plus avant dans ce secteur, et garantir les meilleures synergies possibles entre l’industrie et la recherche;

Observations générales et analyse

13.

Le 26 octobre 2016, la Commission européenne a adopté la «Stratégie spatiale pour l’Europe». L’objectif de la stratégie spatiale a été de définir une vision stratégique globale pour les activités de l’Union dans le secteur de l’espace tout en garantissant un niveau adéquat de coordination et de complémentarité avec les activités menées par les États membres et l’Agence spatiale européenne (ESA). Le projet de règlement contribue à la réalisation des objectifs de la stratégie spatiale de l’Union européenne au moyen de mesures spécifiques destinées à renforcer les programmes existants, en créer de nouveaux et allouer un montant de 16 milliards EUR à la politique spatiale.

14.

Le Comité européen des régions soutient l’objectif de la stratégie spatiale de l’Union européenne et reconnaît son importance pour les régions. Le projet de règlement favorise la réalisation de ces objectifs mais, parfois, ne va pas suffisamment loin ou n’est pas suffisamment clair quant aux moyens de parvenir à des résultats. Les citoyens, les entreprises et la communauté scientifique de l’Union sont de plus en plus actifs dans le secteur spatial. Vu le contexte ainsi tracé, il est capital que les applications de données et services fondés sur l’espace entrent dans l’usage et bénéficient d’une promotion, si l’on veut que les avantages qu’elles apportent atteignent le grand public, les niveaux infranationaux de gouvernance et les entreprises. Du fait de la portée stratégique qu’elle revêt pour la politique spatiale de l’Europe, il conviendrait par conséquent que la compétence relative à cette adoption des données et services à base spatiale et à leur promotion fassent l’objet d’une attention particulière de la Commission européenne qui fait régulièrement rapport au Parlement européen et au Conseil sur ses efforts en la matière.

15.

L’importance de l’utilisation des technologies spatiales à l’appui des services sur Terre va croissant. De plus en plus d’entités privées sont actives dans l’espace. L’utilisation de l’espace extra-atmosphérique est devenue une composante de la vie quotidienne, ce qui était inconcevable il y a de cela encore soixante ans, lorsque l’ère spatiale a débuté. Les technologies spatiales sont indispensables à l’économie numérique et un élément essentiel pour renforcer l’efficacité des services publics et ouvrir également de nouvelles opportunités pour la recherche. L’Union européenne a été un important utilisateur des technologies spatiales depuis des décennies et a développé des composantes spatiales essentielles telles que Galileo et Copernicus. L’Union européenne peut réaliser ce qui, pour l’essentiel, ne pourrait pas l’être par un État membre agissant seul, d’où l’importance de la coopération si l’Europe est appelée à jouer un rôle substantiel en matière d’espace.

16.

observe qu’il y a lieu d’insister sur l’importance que revêt une coordination plus étroite entre les programmes scientifiques et spatiaux dans l’Union européenne, tout comme sur le rôle que les régions et les collectivités locales assument pour mieux intégrer les activités relevant de la science et de l’espace dans le monde de l’entreprise. Il conviendrait que l’Union européenne soutienne plus vigoureusement le développement des technologies numériques et de celles qui sont à base spatiale et que les budgets de la recherche et de l’espace fassent l’objet d’une coordination plus étroite, car il est reconnu que ces technologies constituent des moteurs essentiels pour l’innovation dans toute une série de domaines en rapport avec le développement durable, comme la numérisation, l’intelligence artificielle, l’énergie, l’environnement, la gestion des risques de catastrophes et le changement climatique. L’accès aux projets scientifiques à forte intensité de technologies et de savoir est capital pour l’avenir du secteur spatial dans l’Union européenne. Pour renforcer les capacités de l’industrie européenne de l’espace, il importe de continuer, en parallèle aux autres actions, à associer les entreprises et les universités ou instituts de recherche d’Europe aux programmes de l’ASE, afin d’élaborer des technologies de pointe pour les missions et les équipements spatiaux. Il serait opportun de favoriser les retombées positives pour les entreprises en recourant à l’instrument de l’Union européenne pour les PME, afin d’élargir, dans les futurs programmes-cadres, les perspectives qui sont offertes à l’entrepreneuriat et à l’économie en matière de produits et de services à base spatiale.

17.

La proposition consolide les activités spatiales existantes et en crée de nouvelles, comme en matière de surveillance de l’espace (Space Situation Awareness — SSA), qui permettront de prendre des mesures contre les risques existants dans l’espace, notamment les débris, les accidents en orbite, les phénomènes de météorologie spatiale, etc. Il est également envisagé de créer un réseau de télécommunications gouvernementales par satellite (GOVSATCOM) qui permette la communication dans des lieux ou des situations où la communication normale n’est pas possible.

Politique industrielle et marchés publics

18.

Les technologies spatiales sont coûteuses et à forte intensité de savoir, ce qui crée des obstacles considérables à l’entrée dans le secteur pour les entreprises. Dans le même temps, l’on ne mesure pas encore suffisamment bien l’importance de l’espace en tant que technologie habilitante. Les entreprises, de toute envergure et dans toutes les régions, pourraient utiliser l’espace de diverses manières, mais les entreprises plus petites, les régions qui sont davantage éloignées ou les États membres de moindre taille pourraient avoir besoin de plus d’information ou d’aide pour développer leurs idées quant à la manière d’exploiter le potentiel des technologies spatiales.

19.

La mention des pôles spatiaux, des partenariats pour l’innovation et d’autres formes de soutien à l’innovation est un élément positif, et la proposition fait explicitement référence au niveau régional. Il n’y a toutefois aucun détail sur les modalités de mise en œuvre.

20.

En dépit de certaines dispositions contenues dans la proposition, le caractère concurrentiel des marchés de l’Union européenne ainsi que les compétences et les ressources requises pour la participation au programme spatial peuvent conduire à des conditions avantageuses pour les entreprises de plus grande taille. Ce déséquilibre pourrait engendrer des distorsions sur le marché susceptibles de désavantager les start-up, les nouveaux entrants ainsi que les petites et moyennes entreprises et les collectivités locales et régionales s’agissant d’accéder aux opportunités économiques qui pourraient découler du programme spatial de l’Union européenne.

21.

Les petites entreprises peuvent se révéler plus agiles et plus réactives, dès lors qu’elles sont plus proches des utilisateurs, et donc constituer des maillons importants de la chaîne de valeur, et avoir à ce titre un rôle donné à jouer dans le domaine spatial. Les entreprises, dans toutes les régions, pourraient utiliser l’espace de différentes façons et à différents niveaux. Les petites entreprises, les régions éloignées et les petits États membres peuvent contribuer de la même manière au traitement de l’énorme quantité de données générées, et trouver des moyens nouveaux et innovants de les utiliser. Grâce aux instruments financiers disponibles et à leurs actions de promotion, les collectivités régionales peuvent contribuer à susciter un intérêt accru pour l’adaptation des technologies spatiales aux besoins du marché, par exemple en activant des dispositifs de soutien aux pépinières technologiques pour jeunes entreprises actives dans ces domaines.

22.

Concernant les principes en matière de marchés publics énoncés dans le projet de règlement, il est fait mention des petites et moyennes entreprises et d’un large choix géographique ainsi que du recours à plusieurs fournisseurs, de même qu’à la nécessité de faire participer tous les États membres et d’éviter la concentration. Les propositions concernant le soutien de la compétitivité ne sont pas précisées dans le texte du règlement.

23.

Il est nécessaire de sensibiliser aux éventuels effets de marché sur l’industrie européenne et les régions. La procédure de passation de marchés publics de l’Union européenne ne met pas l’accent de la même façon que celle de l’ASE sur la répartition géographique ou le «juste retour». L’incidence d’une transition d’un système de passation des marchés à un autre sur les régions doit être pris en considération, les marchés publics de l’ASE étant d’une grande importance pour de nombreuses régions.

24.

Il n’y a pas dans le domaine spatial de conditions de concurrence équitables, car d’autres pays disposent de secteurs de la défense plus importants qui leur permettent de garantir les investissements et de parrainer des usages civils, sachant que la plupart des activités dans l’espace sont à double usage. L’Europe doit assurer une coopération étroite et faire en sorte que toutes les mesures possibles soient prises pour remédier à l’absence de conditions homogènes et aider les entreprises européennes.

25.

Les collectivités locales et régionales devraient être impliquées dans les pôles liés à l’espace dans un grand nombre de secteurs pour lesquels celui-ci peut fournir des données importantes (en rapport avec l’énergie, les transports, la surveillance de l’environnement, l’agriculture et les solutions pour les villes intelligentes, notamment). Les pôles régionaux, qui comportent plus d’un État membre, peuvent constituer un outil de politique industrielle utile pour la politique spatiale, et contribuer ainsi à accroître la compétitivité de l’Union européenne et à soutenir le développement régional.

26.

Le règlement devrait mieux expliquer quel est le traitement que l’Union européenne entend réserver aux fournisseurs, en particulier dans le contexte des données relatives à la sécurité. Il devrait en général mieux préciser les priorités et les moyens de traiter avec des entités privées et reconnaître les possibilités de passation conjointe de marchés avec celles-ci.

Sensibilisation politique et politique spatiale inclusive

27.

L’utilisation de l’espace peut avoir de nombreuses retombées positives pour les activités de recherche et de développement et, pour autant qu’elle soit bien promue et présentée, elle peut encourager et inspirer de nouvelles générations de chercheurs et de chefs d’entreprise en Europe. Cela est essentiel si l’on veut que l’Europe reste à la pointe des activités spatiales dans un environnement de plus en plus mondialisé. Les collectivités locales et régionales peuvent soutenir, dans le domaine de l’éducation tant formelle qu’informelle, des actions qui sensibilisent plus avant la jeune génération aux avantages découlant de l’exploitation des données spatiales dans l’économie civile et pour la vie quotidienne, s’agissant notamment de gérer la sécurité dans les communes et les régions.

28.

L’Union européenne est bien placée pour soutenir les activités de recherche, les échanges et les initiatives similaires. La proposition n’accorde pas beaucoup d’attention à cet aspect de la politique spatiale. Il pourrait être fait davantage référence à la recherche et au développement, et ce de manière plus précise. En l’état actuel, il semble que la synergie entre l’industrie et la recherche ne soit pas suffisamment soulignée.

29.

Des synergies dans le domaine de la cybersécurité devraient être trouvées, car elle est un enjeu pour tous les aspects des activités spatiales (segment terrestre, satellite, liaison montante/descendante et données).

Galileo et Copernicus

30.

Galileo, le système mondial de radionavigation par satellite de l’Union européenne (GNSS), fournit des données de positionnement gratuites qui confèrent à l’Europe une autonomie stratégique. EGNOS fournit un système européen régional. L’autonomie de l’Europe est essentielle dans l’environnement géopolitique complexe et imprévisible d’aujourd’hui. L’importance des données satellitaires va croissant. Les technologies du futur, telles que les voitures autonomes, n’en sont qu’un exemple. Galileo offre la possibilité de développer de nouveaux services et produits, notamment par les petites et moyennes entreprises et dans tous les États membres. De telles possibilités et les moyens existants de les exploiter doivent être présentés de manière accessible afin d’en encourager une utilisation généralisée.

31.

L’utilisation des données fournies par Copernicus n’est pas aussi répandue qu’elle pourrait l’être, même si les données sont en libre-accès. Des mesures sont nécessaires pour promouvoir l’utilisation des données auprès d’une communauté d’utilisateurs plus large. Le règlement mentionne la chaîne de valeur des données qui pourrait appuyer cet usage plus étendu. Compte tenu du grand nombre d’utilisateurs de données et du volume considérable de ces dernières, un accès sûr et rapide à celles-ci est essentiel. Cela revêt une grande importance pour les régions car les entreprises, en tous lieux, et y compris les PME, peuvent développer de nouveaux services basés sur les données disponibles.

32.

Les mesures proposées pour la fourniture de services d’accès aux données et aux informations (Data and Information Access Services — DIAS) sont opportunes. Il importe de prévoir un soutien plus ciblé de l’Union européenne et de sources nationales pour le développement du secteur en aval concernant les services et les applications satellitaires. La proposition fait valoir la nécessité de promouvoir et de faciliter l’utilisation des données et des technologies d’observation de la Terre par les collectivités locales, les petites et moyennes entreprises, les scientifiques et les chercheurs, les réseaux spécialisés dans la diffusion des données Copernicus ainsi que les organismes nationaux et régionaux mais ne fait pas la clarté sur les moyens d’y parvenir.

SST

33.

La proposition en faveur d’un système de surveillance de l’espace et de suivi des objets en orbite (SST) est un ajout utile, compte tenu de l’utilisation croissante de l’espace.

34.

Dans les dispositions relatives au champ d’application du SST, il y a lieu de clairement établir le principe d’une large participation des parties prenantes dans toutes les régions de l’Union européenne, y compris en recourant aux solutions existantes, qui peuvent inclure des solutions commerciales, et ce dans le but de fournir rapidement et efficacement des services aux utilisateurs de ce système.

GOVSATCOM

35.

GOVSATCOM répondra directement aux besoins des États membres qui n’ont pas eu la capacité nécessaire pour pouvoir développer leurs propres systèmes spatiaux, créant ainsi de la valeur ajoutée directe pour l’action de l’Union européenne.

36.

Pour certaines régions, frontalières par exemple, il peut s’avérer particulièrement indiqué. Il sera mis en place en un premier temps au niveau des États membres. Toutefois, peut-être à la suite de l’évaluation de 2024, les régions pourraient ensuite avoir la possibilité de contribuer directement aux travaux de l’agence.

Accès à l’espace

37.

L’accès à l’espace est important pour des activités comme celles relatives au système global de radionavigation par satellite de l’Union européenne (GNSS) ainsi qu’aux programmes Galileo et Copernicus. L’Europe devrait avoir un accès autonome à l’espace à des fins de viabilité. Il est coûteux et compliqué de se lancer dans des activités de lancement lorsque l’accès à celles-ci est barré par d’importants obstacles à l’entrée; aussi faut-il étudier les moyens de soutenir des infrastructures de lancement modernes, efficaces et souples.

38.

De tels moyens peuvent comprendre, par exemple, l’établissement d’une politique de marché adaptée pour les lancements institutionnels, ainsi qu’une politique cohérente en matière de viabilité des infrastructures critiques. La possibilité de regrouper plusieurs lancements, le développement de technologies de lancement alternatives et le soutien aux infrastructures au sol devraient être clairement mentionnés dans le règlement.

Questions d’organisation

39.

La principale proposition qui touche à l’organisation est d’accroître le rôle de l’Agence du GNSS européen (GSA), de sorte qu’au lieu d’être un organe chargé d’un programme spécifique (Galileo), elle deviendrait une agence spatiale pour l’Union européenne qui serait établie en parallèle avec l’ASE, d’où un risque élevé de redondances dans les tâches et la création de structures faisant double emploi. Il convient de prévenir ce danger en faisant obligation, avant tout transfert de missions à la GSA, de vérifier soigneusement si l’ASE ne dispose pas déjà de compétences éventuelles dans le domaine concerné. La pertinence des politiques de l’Union devrait représenter une valeur ajoutée non seulement par rapport aux activités des États membres mais également en regard des activités de l’Agence spatiale européenne (ASE).

40.

Une grande partie du projet de règlement porte sur les questions d’organisation de l’Agence proposée, pour lesquelles il s’est principalement inspiré du règlement relatif à l’ASE. L’accent mis sur ces questions risque de focaliser exagérément l’attention sur la constitution de structures administratives et, in fine, de priver de ressources humaines et financières suffisantes l’enjeu essentiel, à savoir une politique industrielle spatiale de l’Union européenne plus ambitieuse.

41.

Les petits pays, en particulier, sont aujourd’hui déjà confrontés à des difficultés à trouver les ressources humaines nécessaires pour prendre part à nombre d’activités. De telles difficultés pourraient s’aggraver et aboutir à une accentuation des différences qui existent entre les États membres pour ce qui est de leur capacité à y participer activement. L’utilisation optimale des ressources doit être dûment prise en considération dès lors que les cadres de coopération entre l’Agence spatiale européenne et l’Union européenne sont déjà en place.

42.

La coopération fructueuse qui existe entre les différentes organisations européennes liées à l’espace, notamment EUMETSAT ou le CEPMMT, par exemple, devraient être poursuivie et renforcée. Il convient d’exploiter pleinement le potentiel que représentent les connaissances et les structures existantes.

Budget

43.

La dotation budgétaire est à saluer. Le programme soutient de nombreuses politiques de l’Union européenne, ce qui signifie que le coût n’est pas juste celui d’activités spécifiques mais est à considérer plus globalement comme un moyen de fournir un élément essentiel pour d’autres politiques de l’Union européenne. Sur ce point, il convient de souligner que l’ampleur des moyens financiers prévus pour l’adoption et la promotion des applications à base spatiale devrait être à la mesure de l’engagement croissant des citoyens et des entreprises dans ce domaine. En conséquence, cette enveloppe ne peut être inférieure à celle de la période actuelle: pour Copernicus, par exemple, il faudrait qu’elle atteigne au moins 5 % du budget total de ce programme. Il y aurait lieu que le budget d’EGNOS/Galileo pour les actions en faveur de l’adoption des utilisations n’inclue pas les dépenses liées à la création de nouvelles structures administratives mais s’attache exclusivement à promouvoir ces applications et à développer le marché. Les activités déjà entreprises peuvent, si elles ne sont pas financées de manière adéquate, être vouées à l’échec ou perdre de leur pertinence, ce qui compromettrait les investissements réalisés.

44.

Il est regrettable que le programme «Horizon» ne prévoie pas de financement dédié à l’espace.

45.

Le Comité fait observer que l’introduction des technologies spatiales nécessite un fort investissement initial et recommande que les pouvoirs publics examinent s’il est possible de créer, au profit des petites et moyennes entreprises qui en développent, de nouveaux outils de financement, axés sur le marché et attrayants;

Questions supplémentaires

46.

En ce qui concerne les récentes controverses liées à l’espace comme celle qui porte sur l’utilisation des ressources spatiales (y compris minières), abordées dans la législation de certains États membres tels que le Luxembourg, l’Union européenne peut contribuer à dégager un consensus plus large au niveau international quant au rapport à établir entre une telle législation et le droit international tel que formulé dans de nombreuses conventions.

47.

Pour ce qui est de l’adhésion de l’Union européenne aux conventions spatiales, cette possibilité est mentionnée dans la proposition mais devrait faire l’objet d’une évaluation au cas par cas.

Bruxelles, le 6 décembre 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


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