| CELEX | 52018IE1308 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 23 janvier 2019 |
| 10.5.2019 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 159/7 |
Avis du Comité économique et social européen sur «Les femmes dans les Balkans occidentaux»
(avis d’initiative)
(2019/C 159/02)
Rapporteure: Dilyana SLAVOVA
| Décision de l’assemblée plénière | 15.2.2018 |
| Base juridique | Article 29, paragraphe 2, du règlement intérieur |
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| Avis d’initiative |
| Compétence | Relations extérieures |
| Adoption en section spécialisée | 19.12.2018 |
| Adoption en session plénière | 23.1.2019 |
| Session plénière no | 540 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 174/1/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | La politique européenne à l’égard des Balkans occidentaux a été relancée, sous l’impulsion de la présidence bulgare du Conseil de l’Union européenne, qui a fait de cette région sa priorité, et de la communication de la Commission intitulée «Une perspective d’élargissement crédible ainsi qu’un engagement de l’Union européenne renforcé pour les Balkans occidentaux», publiée le 6 février 2018. |
| 1.2. | Le sommet de Sofia et les conclusions du Conseil de juin 2018 sur «L’élargissement et le processus de stabilisation et d’association» ont confirmé cet engagement et défini les prochaines étapes de l’intégration européenne de cette région. Plus précisément, il a été annoncé que les négociations d’adhésion avec l’Albanie et l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) pourraient, sous réserve, débuter en juin 2019. L’accent mis sur cette question et les actions entreprises devraient se poursuivre et s’inscrire dans la durée grâce aux prochaines présidences, étant donné que l’Autriche, la Roumanie et la Croatie font partie des États membres qui témoignent d’une sensibilité et d’un engagement particuliers en faveur des Balkans occidentaux. |
| 1.3. | Le CESE est un fervent partisan de cet élargissement, car il est dans l’intérêt des deux parties — les Balkans occidentaux et l’Union européenne. La réussite de la politique d’élargissement est un facteur clé de la position de l’Union sur le plan international et elle est la pierre angulaire de la stabilité et de la prospérité de l’Europe. Par conséquent, le CESE est convaincu que le processus d’adhésion doit être poursuivi avec rigueur et détermination en tant que politique prioritaire de l’Union européenne, dans les conditions claires et strictement encadrées qui sont le fondement de tout processus d’élargissement — ni plus, ni moins. |
| 1.4. | L’égalité entre les hommes et les femmes est un droit fondamental reconnu par les articles 2 et 3 du traité sur l’Union européenne, ainsi que par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Dans le présent avis, le CESE attire l’attention sur le rôle des femmes, qui est un élément moteur capital de la consolidation de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que du progrès économique et social. Cet avis a pour objectif de sensibiliser l’opinion publique au sujet des droits politiques, sociaux et économiques des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les pays des Balkans occidentaux, et de promouvoir ceux-ci. L’intégration de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes ne peut advenir qu’en présence d’une volonté politique forte et de la croyance dans les effets bénéfiques que cette égalité apportera à la société. |
| 1.5. | Les femmes ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la réconciliation comme dans le développement socio-économique de cette région, en particulier dans les conditions de pauvreté et de rupture des liens sociaux que connaissent ces pays où les structures économiques ont été gravement affaiblies, étant donné que les femmes font preuve d’une plus grande flexibilité et d’un plus grand sens de l’initiative lorsqu’il s’agit de restaurer et de renouveler les réseaux sociaux et d’explorer de nouvelles possibilités de travail. En dépit de certaines bonnes pratiques et d’évolutions positives concernant l’émancipation des femmes, et de la mise en place de certains programmes en la matière, celles-ci sont toujours désavantagées du point de vue de leur capacité à exercer pleinement leurs droits politiques, sociaux et économiques et à tirer pleinement profit des possibilités de développement social et économique. Compte tenu de la culture patriarcale qui leur attribue un rôle marginal, les femmes sont confrontées à des préjugés et à des stéréotypes fondés sur leur sexe, à une ségrégation dans l’éducation et sur le marché du travail, ainsi qu’à des risques nettement supérieurs de discrimination et de violence qui entravent leur accession aux postes à responsabilités. |
| 1.6. | Le CESE plaide d’une part en faveur d’une égalité de représentation et de l’insertion des femmes dans la vie sociale, économique et politique à tous les niveaux, et demande d’autre part l’application de lois et de politiques permettant de lutter efficacement contre les comportements discriminatoires et les attitudes patriarcales profondément ancrées envers les femmes, y compris celles issues de minorités (en particulier les Roms et les LGBTIQ), les jeunes, les plus âgées, les femmes vivant dans des zones rurales et les femmes handicapées, ainsi que les femmes et jeunes filles réfugiées qui demandent l’asile dans les pays des Balkans occidentaux. |
| 1.7. | Le CESE insiste sur l’importance de développer une feuille de route sur l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que des mesures qui pourraient aboutir à une répartition plus équitable des pouvoirs et des ressources dans les Balkans occidentaux. Les groupes qui défendent les droits des femmes, les associations professionnelles et les syndicats ont été très actifs pour promouvoir le rôle des femmes dans cette région, et il est nécessaire de continuer de mettre l’accent sur ce sujet et de poursuivre ce travail avec les partenaires civiques et sociaux afin de lutter efficacement en faveur des droits des femmes et pour la défense de ceux-ci. Les institutions européennes devraient s’employer davantage à soutenir financièrement ces organisations et associations en prévoyant des plans et des projets spécifiques au service de l’émancipation des femmes à tous les niveaux, et notamment des programmes et des plans d’action détaillés visant à soutenir les organisations en faveur de l’égalité des sexes. |
| 1.8. | Le CESE invite l’Union européenne et les autorités nationales à coopérer davantage pour démanteler les stéréotypes en matière d’éducation, de manière à assurer aux jeunes filles et aux femmes un accès, pendant toute leur vie, à un enseignement abordable et de qualité, qui les dote des compétences nécessaires et facilite leur carrière et leur accès à des emplois de qualité sur le marché du travail. |
| 1.9. | Étant donné que la violence et les discriminations à l’encontre des femmes constituent l’une des violations les plus graves des droits humains, qui est de plus en plus fréquente dans cette période d’après-guerre, le CESE invite la Commission à encourager une coopération régionale renforcée sur l’échange de bonnes pratiques en ce qui concerne la violence domestique, et à étendre les financements et l’appui d’experts nécessaires à tous les efforts déployés en vue de réduire, et si possible d’éliminer, ce mal social très répandu. |
| 1.10. | Le CESE estime que les autorités nationales devraient consentir des efforts considérables pour améliorer la liberté des médias, notamment en renforçant la législation existante et en la mettant en œuvre de façon cohérente. Ceci devrait, entre autres, contribuer à sensibiliser l’opinion aux questions d’égalité entre les hommes et les femmes, et plaider en faveur d’un environnement médiatique plus sûr dans lequel les stéréotypes fondés sur le sexe puissent être déconstruits par le débat public et où les femmes ne fassent pas l’objet de sexisme, de discours de haine ou de campagnes de dénigrement sur internet. |
| 1.11. | Le CESE rappelle qu’il est nécessaire que nos partenaires des Balkans occidentaux intègrent la perspective de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les programmes pertinents financés par l’instrument d’aide de préadhésion (IAP II), en particulier dans le domaine politique no 3 qui comprend l’emploi, les politiques sociales, l’éducation, la promotion de l’égalité des sexes et le développement des ressources humaines. Il convient de mettre en place des fonds thématiques destinés à lutter contre la violence domestique et à soutenir l’activisme civique et médiatique des femmes. |
| 1.12. | Un engagement clair et constant envers l’égalité entre les hommes et les femmes, en tant que valeur fondatrice de l’Union européenne, devrait être garanti. Le CESE encourage la Commission à inclure des indicateurs essentiels en matière d’égalité des sexes dans le système d’étalonnage qu’elle utilise dans les négociations d’adhésion, développés et contrôlés en étroite collaboration avec les partenaires sociaux et civiques engagés en faveur de l’émancipation des femmes dans cette région comme dans toute l’Union européenne. L’application systématique d’une dimension de genre doit être traitée comme un critère horizontal pour évaluer l’acceptabilité et la qualité du processus législatif dans le cadre des négociations d’adhésion. |
| 1.13. | Le CESE souhaite que les efforts futurs consentis dans les Balkans occidentaux n’aient pas uniquement pour objectif d’aligner la législation relative aux droits fondamentaux des femmes sur l’acquis de l’Union européenne et sur les mécanismes et instruments internationaux pertinents dans ce domaine, mais aussi, et surtout, de combler le fossé entre les lois existantes et leur mise en œuvre effective. Les gouvernements de la région devraient être encouragés à développer des mécanismes de financement public viables consacrés à protéger les femmes contre la violence, la discrimination et l’exploitation économique, et ils devraient être soutenus dans cette démarche. |
| 1.14. | Le CESE invite les États membres et les partenaires des Balkans occidentaux qui n’ont pas encore ratifié la convention d’Istanbul à le faire de toute urgence, étant donné qu’elle représente le cadre stratégique le plus complet pour ce qui est de prévenir la violence domestique, protéger les victimes et poursuivre les auteurs d’infractions. Le CESE invite également les églises, les autres institutions religieuses et les organisations de la société civile de toutes les religions à ne pas violer les droits des femmes et à ne pas interférer dans leurs droits génésiques, qui sont une condition indispensable de l’émancipation sociale et économique des femmes et de leur accès à l’autonomie. |
| 1.15. | Le CESE rappelle l’importance de lier l’élaboration de budgets qui tiennent compte de la problématique de l’égalité des sexes à des mesures générales en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Il demande l’intégration d’une perspective d’égalité dans toutes les politiques et tous les programmes, grâce à une meilleure allocation des ressources qui soit conforme aux besoins spécifiques à chaque sexe. À la lumière de ce qui précède et dans la perspective du prochain CFP, l’Union européenne devrait être plus cohérente dans ses relations avec les Balkans occidentaux en ce qui concerne l’intégration de la dimension d’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines, et devrait insister sur l’élaboration d’un budget qui tienne compte de ces questions d’égalité, ainsi que sur la collecte de données ventilées par sexe, afin de veiller à ce que les principes d’égalité et de respect des droits des femmes soient pris en considération de manière durable. À cette fin, les partenaires des Balkans occidentaux, ainsi que la Commission, sont encouragés à consulter plus fréquemment les militants des droits des femmes et les experts en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans les différents domaines politiques liés à l’élargissement. |
| 1.16. | Le CESE souligne qu’une attention particulière doit être accordée à l’entrepreneuriat féminin, compte tenu du potentiel que celui-ci représente en vue d’accroître sensiblement les perspectives de croissance de la région, et invite les institutions européennes à jouer un rôle à cet égard. Parmi les mesures destinées à soutenir la création de nouvelles entreprises figurent notamment: garantir l’accès aux ressources financières et institutionnelles, proposer une infrastructure optimale aux jeunes entreprises, fournir des informations pertinentes concernant la création d’entreprise, stimuler l’intérêt envers l’entrepreneuriat féminin au moyen de campagnes dans les médias et octroyer des prêts aux jeunes entreprises et aux projets d’expansion. Les femmes entrepreneurs et leurs organisations professionnelles devraient être intégrées de manière systématique dans tous les processus d’élaboration des politiques présentant un intérêt pour la dimension sociale et économique de l’élargissement. |
2. Contexte
| 2.1. | L’égalité entre les hommes et les femmes est un droit fondamental et une valeur commune reconnus par l’Union européenne. Inscrite dans les traités européens et dans les conventions internationales relatives aux droits de l’homme, elle fait partie des conditions d’adhésion que les candidats et candidats potentiels à l’adhésion à l’Union européenne dans les Balkans occidentaux (l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’ancienne République yougoslave de Macédoine, le Kosovo (1), le Monténégro et la Serbie) sont tenus de respecter. Investir dans l’égalité entre les hommes et les femmes est essentiel: celle-ci constitue non seulement une exigence de l’Union européenne, mais aussi l’un des principaux indicateurs d’une société égalitaire et démocratique. |
| 2.2. | Dans le cadre de leurs préparatifs à l’adhésion à l’Union européenne, les pays des Balkans occidentaux ont pris des mesures visant à promouvoir les droits des femmes au cours de ces dernières années. Ils ont notamment adopté de nouvelles dispositions en la matière ou modifié leur législation existante (par exemple la législation antidiscrimination, le droit pénal et le droit du travail), élaboré des stratégies et des plans d’action nationaux, et mis en place des mécanismes institutionnels visant à exécuter les politiques dans ce domaine et à en assurer le suivi. Néanmoins, la promotion de l’égalité entre les sexes se limite souvent à une action superficielle, les mesures prises à cet égard souffrant de l’absence d’une véritable volonté politique et d’un déficit de compétences et de ressources financières, ce qui a pour effet une mise en œuvre limitée et sporadique. |
| 2.3. | Malheureusement, le sommet sur les Balkans occidentaux qui s’est tenu à Londres en juillet 2018 a manqué l’occasion de réaliser des progrès en matière de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans cette région du monde. La proposition de mener une action cohérente, qui avait été examinée au cours de la préparation de ce sommet, devrait donc rapidement faire l’objet d’un accord politique afin de pouvoir être mise en œuvre promptement et de manière durable. |
| 2.4. | L’inégalité entre les hommes et les femmes demeure un problème dans les Balkans occidentaux en raison des structures extrêmement patriarcales qui sont typiques de cette région, et qui se manifestent dans les violences à caractère sexiste, la discrimination et l’exploitation, une double charge chronique pour les femmes qui cumulent travail et responsabilités familiales, de nombreux obstacles tant à la mobilité sociale des femmes qu’à l’égalité salariale, et un accès insuffisant aux services sociaux, aux services de santé génésique et aux instruments financiers. Quelques améliorations ont eu lieu en ce qui concerne la représentation politique des femmes, mais elles ont encore peu d’effet durable sur la redistribution équitable du pouvoir politique entre les femmes et les hommes. Le problème essentiel réside dans la faiblesse de la mise en œuvre des politiques progressistes, qui témoigne d’une absence de réel engagement politique, de financement et d’expertise. |
| 2.5. | Garantir l’égalité entre les femmes et les hommes reste une «tâche inachevée» (2) dans cet espace géographique. Par le présent avis, le CESE souhaite attirer l’attention sur les efforts consentis par les partenaires sociaux et la société civile de l’Union pour promouvoir l’égalité des sexes dans le cadre de la politique d’élargissement de l’Union européenne, et pour en faire un indicateur transversal dans tous les domaines de la société. Il cherche également à répondre à certaines des principales difficultés auxquelles les femmes doivent faire face dans les Balkans occidentaux, comme leur participation plus limitée dans les domaines social, économique et politique, et les violences à caractère sexiste généralisées. |
3. La violence à caractère sexiste
| 3.1. | La violence à caractère sexiste, c’est-à-dire la violence sexuelle, génésique et domestique, demeure un problème répandu dans cette région du monde. Si les actes de violence domestique ne sont pas toujours signalés, le nombre de cas qui font l’objet d’une déclaration n’en demeure pas moins élevé. Les données indiquent qu’en Albanie, 56 % des femmes sont exposées à au moins une forme de violence domestique; au Kosovo, près de 70 % des femmes sont victimes de violences domestiques au cours de leur vie alors qu’en Serbie, au moins vingt-six cas de féminicides ont été enregistrés en 2017 et, dans la plupart de ces cas, l’auteur en était le partenaire de la victime (3). Une analyse des services chargés de s’occuper de la violence domestique dans les pays de cette région a révélé que ceux-ci sont sous-financés, qu’ils manquent de personnel et sont débordés (4), et que les mécanismes de signalement sont généralement très limités. |
| 3.2. | Chacun des partenaires des Balkans occidentaux dispose d’une stratégie nationale de lutte contre les violences domestiques (5). Or, la plupart des femmes ne signalent pas les incidents, en raison des normes d’acceptation, de leur méfiance à l’égard des autorités chargées de la sécurité et de la justice, et de l’absence de réponse institutionnelle même dans les cas où les situations sont déclarées. L’absence de réseaux d’aide solides sur le plan financier, de structures d’accueil et d’institutions pour prendre en charge les victimes qui ont eu le courage de dénoncer la violence contribue à renforcer la victimisation des femmes les plus vulnérables. Il existe également un certain nombre de lacunes en matière de collecte de données comparables dans cette région, auxquelles il y a lieu de remédier. L’objectif recherché est de disposer de politiques bien conçues, financées et contrôlées afin d’assurer la prévention, la protection et les poursuites nécessaires. Cela nécessite la formation appropriée de tous les acteurs impliqués dans le processus, une sensibilisation adéquate et un changement des comportements au sein de la société. Le CESE estime que, comme partout ailleurs, la prévention est de la plus haute importance, et moins coûteuse que des interventions ultérieures. |
| 3.3. | Il est nécessaire de mettre intégralement en œuvre la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul) dans tous les pays de la région des Balkans occidentaux. Étant donné que la majorité des partenaires de cette région ont signé et ratifié cette convention, ceux-ci devraient intensifier leurs efforts pour allouer les financements publics adéquats et assurer la coordination des politiques et la mise en œuvre de mesures concrètes visant à lutter contre toute forme de violence perpétrée contre les femmes. En outre, la Commission est invitée à accorder la priorité à la question de la violence domestique dans le cadre des fonds de préadhésion, tant dans le cas de la société civile que pour les activités de renforcement des capacités institutionnelles. Le CESE demande à la Commission d’encourager le renforcement de la coopération régionale en matière d’échange de bonnes pratiques relatives à la violence domestique, au-delà de la division entre États membres de l’Union européenne et pays de l’élargissement. Dans le cadre de l’élargissement, il est important que les États membres de l’Union présentent un modèle positif à cet égard. Le renforcement de l’engagement et de la coordination de tous les acteurs du secteur public et du secteur privé, ainsi qu’une intégration accrue des ONG et une collaboration entre les services de l’État et les ONG, sont indispensables pour parvenir à mettre en œuvre la législation et l’action politique visant à lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes. |
| 3.4. | La famille et l’école ont un rôle essentiel à jouer. L’éducation des enfants et l’enseignement doivent prendre en compte la question de l’égalité entre les sexes et être axés sur l’éradication de la violence à caractère sexiste exercée à l’encontre des filles et des jeunes femmes en particulier. Établir un cadre qui institue des politiques claires dans les écoles pour lutter contre les violences sexistes permettrait de contribuer à réduire de telles pratiques, de créer ainsi un environnement plus favorable pour les victimes et de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes en tant que principe fondamental qui sous-tend la société. |
4. Les droits fondamentaux
| 4.1. | Les droits fondamentaux des femmes sont systématiquement pris pour cible dans les Balkans occidentaux par des acteurs nationalistes et cléricaux, souvent au nom de dogmes religieux et d’intérêts nationaux, tels que les valeurs familiales patriarcales traditionnelles et le renouveau démographique, qui servent de justification morale pour priver les femmes de leurs libertés, d’égalité et de sécurité. En dépit de l’existence d’une législation globale et généralement protectrice en matière de droits fondamentaux, les mécanismes de mise en œuvre et d’application présentent des lacunes considérables. Le CESE plaide en faveur d’une coopération et d’actions conjointes plus efficaces entre les structures nationales de défense des droits fondamentaux, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics, en vue de promouvoir un programme en matière de droits de l’homme, et afin d’aider les personnes particulièrement vulnérables. |
| 4.2. | Les traditions continuent de prévaloir, qu’il s’agisse de la répartition des rôles entre les femmes et les hommes ou des perceptions à l’égard de la sexualité des femmes. Si les femmes peuvent accéder dans une mesure raisonnable aux soins liés à la maternité, elles choisissent encore souvent de ne pas consulter de médecin. Dans le monde du travail, les femmes subissent souvent des discriminations en matière de droits liés à la maternité, y compris des questions lors d’entretiens d’embauche relatives à leur situation matrimoniale et à leur intention d’avoir des enfants, en dépit du fait que des législations prohibant de telles pratiques ont été mises en place. Des contrôles médicaux réguliers devraient être encouragés et soutenus. Des actions intensives de sensibilisation en ce qui concerne les services de santé génésique sont nécessaires. |
| 4.3. | Le CESE est particulièrement préoccupé du fait que la santé génésique des femmes dans les pays des Balkans occidentaux soit mise en péril en raison de l’augmentation des attaques de la part de groupes d’intérêts ultraconservateurs, étroitement liés aux communautés religieuses dominantes. Une analyse plus approfondie devrait être menée concernant l’incidence du fondamentalisme religieux sur les droits des femmes, et en particulier sur leurs droits en matière de procréation dans cette région. |
| 4.4. | La communauté LGBTIQ mérite une attention particulière, étant donné que ses droits sont loin d’être consolidés. Qui plus est, ces personnes sont soumises à une pression constante de la part de différents groupes sociaux conservateurs. |
5. Les droits sociaux
| 5.1. | Les pays de cette région présentent encore des lacunes en ce qui concerne la garantie et le suivi des droits économiques et sociaux, y compris le droit à la non-discrimination. Cela concerne toutes les femmes sur le marché du travail mais surtout les femmes et les filles appartenant à des groupes vulnérables, notamment les minorités ethniques (principalement les Roms), les personnes déplacées à l’intérieur du territoire, les personnes handicapées, les migrants et les réfugiés. |
| 5.2. | Souvent, les femmes issues de ces groupes défavorisés ne disposent pas de connaissances suffisantes en matière de droits sociaux et d’accès aux services sociaux, à l’éducation, aux soins de santé et au logement. Les institutions juridiquement responsables de ces domaines ne sont pas encore en mesure de fournir à ces personnes une assistance appropriée. Le CESE est d’avis que les parties prenantes telles que les centres d’aide sociale, les collectivités locales et les organisations non gouvernementales devraient améliorer les conditions nécessaires pour garantir aux groupes vulnérables l’égalité en matière de droits sociaux. Il est urgent de revoir la qualité et la viabilité financière des programmes de réforme sociale soutenus par l’Union européenne, par exemple via un mémorandum conjoint axé sur l’insertion sociale, la diversification, la démocratisation et la décentralisation des services sociaux. Il convient d’explorer les possibilités d’appliquer en temps utile le socle européen des droits sociaux au cours du processus d’élargissement. |
| 5.3. | La radicalisation des femmes dans certaines communautés musulmanes et leur participation à l’extrémisme violent constituent un phénomène social préoccupant. De 2012 à 2016, environ 20 % des quelque 1 000 personnes qui ont quitté la région des Balkans occidentaux pour les zones de conflit en Syrie et en Iraq étaient des femmes (6). Les gouvernements, les institutions et les organisations de la société civile n’ont pas suffisamment reconnu publiquement la migration des femmes vers le Moyen-Orient, ni garanti que la dimension hommes-femmes soit intégrée dans les efforts actuels visant à lutter contre l’extrémisme violent. L’adoption d’actes législatifs visant à criminaliser la participation et le soutien matériel à des groupes paramilitaires étrangers, et le recrutement pour leur compte, devrait être suivie de mesures concrètes en faveur de la déradicalisation et de la réinsertion des femmes, qui devraient être en premier lieu reconnues comme victimes de la propagande extrémiste et de son recrutement. |
6. Les femmes sur le marché du travail
| 6.1. | L’exclusion des femmes du marché du travail est répandue dans cette région, où elle est considérablement supérieure à la moyenne de l’Union européenne (7). Près des deux tiers des femmes en âge de travailler y sont soit inactives, soit au chômage. Ces taux sont encore plus élevés dans le cas des femmes roms et des femmes handicapées. Les statistiques montrent que les femmes ont des niveaux d’activité moins élevés que ceux des hommes, et peu de progrès ont été accomplis pour réduire cet écart entre les hommes et les femmes au regard de l’emploi. |
| 6.2. | Cette situation représente non seulement une violation des droits fondamentaux, mais a également un coût économique et social élevé et obère la croissance économique potentielle de la région. Chaque année, les pays des Balkans occidentaux perdent une moyenne de 18 % de leur PIB total en raison des écarts d’activité entre les hommes et les femmes sur le marché du travail (8). Un tiers de cette perte est dû à des distorsions dans le choix d’un emploi entre les hommes et les femmes. Les deux tiers restants correspondent aux coûts associés aux écarts de participation sur le marché du travail. Les pays des Balkans occidentaux devraient être encouragés à faire un usage optimal des ressources humaines existantes qui restent inexploitées, à soutenir et à faciliter la participation des femmes au marché du travail, et à s’attaquer à la question de la proportion importante de femmes qui sont actives dans l’économie informelle. |
| 6.3. | Cet écart entre hommes et femmes s’explique par l’existence de normes figées concernant les rôles familiaux, et par l’insuffisance de la réponse institutionnelle dans le traitement de ce problème. Les responsabilités familiales ont tendance à peser sur les femmes, et les formules souples de travail sont extrêmement limitées. Cela oblige les femmes à choisir entre leur vie familiale et leur vie professionnelle. Les femmes sont nettement moins nombreuses que les hommes à exercer un emploi formel, elles gagnent moins et occupent rarement des postes de haut niveau. Il est important d’inclure les hommes dans le débat et de les encourager à assumer une part plus importante des responsabilités familiales. |
| 6.4. | Afin d’accroître la participation des femmes aux marchés de l’emploi, il est entre autres indispensable au préalable de proposer des services de garde d’enfants abordables et de promouvoir le congé parental pour les pères. Pour ce qui est des femmes qui travaillent, il est également nécessaire de prendre en leur faveur des mesures spécifiques en vue de mieux répondre aux exigences du marché de l’emploi, telles que la fourniture par le secteur public d’une éducation des jeunes enfants en crèches et en écoles maternelles. Parmi d’autres facteurs, les stéréotypes de l’éducation parentale et les perceptions habituelles en matière d’éducation opposant les filles aux garçons, en particulier dans certaines communautés, ainsi que les stéréotypes dans le choix d’une profession typiquement «féminine» ou «masculine», contribuent aux écarts de salaires et de retraites entre les femmes et les hommes. |
| 6.5. | Dans cette région, l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, qui avoisine les 20 % (9), est un problème persistant. Il a une incidence sur l’écart entre les pensions et sur les inégalités entre les hommes et les femmes à l’âge de la retraite. L’éventuelle augmentation du nombre des travailleurs pauvres, dont bon nombre sont des femmes, fait qu’il est de toute évidence nécessaire que les politiques et les actions de l’État, des employeurs et des partenaires sociaux y accordent davantage d’attention, en prenant non seulement des mesures directes liées à la fois au salaire minimum et au salaire minimum vital, à la progressivité de l’impôt, aux prestations liées à l’emploi et à l’assistance sociale, mais aussi, et surtout, des mesures indirectes, telles que des formules de travail plus flexibles, du logement, l’amélioration des compétences et des systèmes de garde d’enfants. |
| 6.6. | La situation économique et l’absence de perspectives d’emploi ont un impact négatif sur les femmes, en particulier les jeunes, qui les oblige à quitter leur pays, ce qui aggrave la fuite des cerveaux dans cette région. Il conviendrait d’élaborer des mesures destinées à exploiter pleinement les talents et les compétences des femmes dans un environnement économique en constante évolution. À cet égard, la mise en place de réseaux d’expertes devrait être envisagée afin de mettre en lumière leurs compétences dans différents domaines. En outre, il conviendrait d’améliorer et de garantir l’accès des femmes à l’apprentissage tout au long de la vie. |
| 6.7. | Briser les stéréotypes dans l’enseignement suppose d’encourager systématiquement les jeunes filles et les femmes à s’engager davantage dans les STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques), dans l’enseignement et la formation professionnels, et dans l’apprentissage. |
7. L’émancipation des femmes
7.1. L’émancipation économique des femmes
| 7.1.1. | Les femmes chefs d’entreprise sont une source inexploitée de création d’entreprises et d’emplois et un moteur de croissance économique important. Ces femmes se heurtent à des problèmes et à des barrières qu’elles sont les seules à rencontrer lorsqu’elles créent et développent leur entreprise, qu’il s’agisse du manque de compétences en gestion et en développement d’entreprise ou des préjugés persistants des banques en matière d’octroi de crédits à des entreprises dirigées par des femmes. L’absence d’une seule et unique définition de l’«entrepreneuriat féminin» entraîne un manque de données sur cette question importante. |
| 7.1.2. | Le changement doit être motivé par les éléments solides attestant de la présence, dans les pays des Balkans occidentaux, de nombreuses femmes hautement qualifiées, qui doit permettre d’étayer tout argument en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes par la règle du mérite et de la préférence plutôt que par la discrimination positive. Cependant, un certain nombre de facteurs empêchent encore les femmes de prendre place en première ligne; il s’agit notamment de l’absence de mesures permettant de concilier la vie professionnelle et la vie familiale, de l’accès limité aux réseaux qui sont déterminants pour parvenir aux positions dirigeantes, ou encore du manque de confiance en soi (10). |
| 7.1.3. | Le CESE recommande en outre que les responsables politiques et les entreprises examinent les points suivants en vue de favoriser l’accès des femmes aux postes d’encadrement supérieur dans les Balkans occidentaux (11):
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| 7.1.4. | Il convient de fournir de la formation et un accès au financement, y compris le microfinancement, dans le cadre d’un train de mesures intégré en faveur des jeunes entreprises et des entreprises en expansion détenues par des femmes (12). Dans cette région, favoriser l’entrepreneuriat féminin permettrait de créer des emplois et de procurer à tous des bénéfices économiques. À cet effet, les instruments tels que les pépinières d’entreprises, les programmes de tutorat, les centres d’innovation, les laboratoires technologiques et d’autres formes de soutien aux femmes chefs d’entreprise devraient être utilisés de manière plus active. |
| 7.1.5. | Les associations de femmes d’affaires devraient participer activement aux processus décisionnels et au dialogue public avec les collectivités locales et régionales et les organisations partenaires. En la matière, des projets menés récemment ont permis de constater que cette question bénéficiait d’un degré d’attention plus important qu’auparavant et que le soutien aux femmes chefs d’entreprise n’en était plus au stade du projet mais de la mise en œuvre concrète. Réaliser de nouveaux progrès substantiels nécessiterait un changement de mentalités. |
| 7.1.6. | Les entreprises de l’économie sociale ont un rôle important à jouer pour rassembler les femmes entrepreneurs, et devraient être encouragées dans l’ensemble de la région pour coordonner les actions et faciliter l’accès au financement. |
| 7.1.7. | L’esprit d’entreprise chez les jeunes à un rôle essentiel à jouer dans cette région et il est nécessaire de disposer d’un nouveau modèle de croissance en vue de parvenir à l’ère numérique. Ce modèle devrait être fondé sur l’innovation et l’esprit d’entreprise de la nouvelle génération du millénaire. Il doit, entre autres, comporter un enseignement sur mesure pour permettre aux jeunes, femmes et hommes, d’entrer sur le nouveau monde du travail, en leur proposant des financements sûrs. |
7.2. L’émancipation politique des femmes
| 7.2.1. | L’ensemble des partenaires de la région des Balkans occidentaux disposent d’un système de quotas fondés sur le sexe et ont adopté des politiques relativement fermes afin d’accroître la représentation des femmes. Le système de quotas mis en place par la plupart d’entre eux oblige les partis politiques à intégrer au moins 30 % de femmes sur leurs listes, sauf en Bosnie-Herzégovine et dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine, où ce taux minimal est de 40 %. |
| 7.2.2. | Bien que les quotas fondés sur le sexe soient en train de se développer et d’apporter des changements positifs dans la région, il n’y a aucune cohérence dans la poursuite de cette politique. Par conséquent, le statut des femmes en politique et leur participation aux processus de prise de décision n’ont pas été sensiblement améliorés et ne sont pas suffisamment pérennes. |
| 7.2.3. | Dans cette région, il existe un phénomène de marginalisation hiérarchique, qui se manifeste par la présence d’un nombre plus important d’hommes que de femmes aux postes élevés de prise de décision. Les femmes ne détiennent toujours pas de postes très élevés de pouvoir. Elles sont très souvent engagées dans les organes politiques traitant d’éducation, de santé, de politique sociale et d’administration, ce qui peut conduire à une ségrégation horizontale dans certains secteurs. Elles sont, en revanche, beaucoup moins représentées dans d’autres organes, qui ont davantage de pouvoir de décision et d’influence sur l’élaboration des politiques ou de la législation des gouvernements. |
| 7.2.4. | Il existe quelques exemples positifs d’émancipation politique des femmes dans cette région. Des organisations locales ont réussi à mobiliser des femmes dans les processus politiques, et l’appui fourni aux femmes dans certains partis politiques a conduit à l’élection de la première femme maire au Kosovo. En Albanie, des partenaires ont pris la tête de la coalition de la société civile qui demandait le respect des quotas fondés sur le sexe au parlement et ainsi permis d’accroître la participation des femmes lors de quelques-unes des récentes élections. De nombreux plans, mécanismes et structures de soutien sont à l’œuvre pour accroître la participation politique des femmes dans la région et des améliorations considérables sont intervenues en la matière (13). |
8. Le rôle des partenaires sociaux et des organisations de la société civile
| 8.1. | Dans les Balkans occidentaux, les partenaires sociaux et les organisations de la société civile ont un rôle important à jouer pour inciter les autorités à prendre des engagements sur les questions liées à l’égalité entre les femmes et les hommes. Ils ont démontré leur capacité à jouer un rôle de catalyseur pour apporter un changement positif et construire des sociétés tolérantes et résilientes. Un certain nombre d’initiatives, projets et plateformes portés par des femmes ont été couronnés de succès, et le CESE soutient vivement les entreprises positives de ce type. |
| 8.2. | Les organisations de femmes, qui font partie des organisations de la société civile, sont particulièrement utiles à cet égard et jouent un rôle essentiel tant pour prévenir la violence à l’égard des femmes que pour œuvrer à la réconciliation aux échelons local et régional. Elles sont un élément essentiel du processus de suivi qui oblige les gouvernements à rendre des comptes en ce qui concerne la mise en œuvre effective de ces politiques. |
| 8.3. | En dépit des mécanismes mis officiellement en place pour permettre la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile aux procédures de consultation, la communication et la coopération avec les gouvernements laisse beaucoup à désirer. Les attitudes récentes plus négatives à l’égard des organisations de la société civile compliquent leur tâche lorsqu’il s’agit de formuler une saine critique et de proposer des mesures pour remédier efficacement aux lacunes actuelles. Le CESE souligne la nécessité de soutenir et de préserver un espace consacré aux droits et à l’émancipation des femmes dans la société civile. |
| 8.4. | Le processus d’élargissement et le processus de Berlin ont contribué à intégrer la société civile dans les initiatives régionales et l’élaboration des politiques. On constate des progrès concernant le statut et la position du secteur dans son ensemble, ce qui a permis d’apporter plusieurs changements à la législation, à l’action politique et aux budgets en tenant compte des vœux des citoyens. |
| 8.5. | Le CESE a élaboré une double approche, à la fois régionale et bilatérale, qui régit ses relations avec les organisations de la société civile des Balkans occidentaux. Il a créé en 2004 son comité de suivi «Balkans occidentaux», qui constitue son principal instrument chargé de coordonner ses activités dans la région et de suivre les évolutions de la situation politique, économique et sociale que connaissent ses partenaires des Balkans occidentaux, ainsi que celles des relations entre ces derniers et l’Union européenne, y compris en ce qui concerne les droits des femmes. Le forum de la société civile des Balkans occidentaux relève des tâches du comité de suivi. La sixième réunion de ce forum, tenue en juillet 2017 à Sarajevo, a permis de discuter puis d’adopter des recommandations en matière de droits et d’émancipation des femmes. |
| 8.6. | La communication publiée par la Commission européenne en 2018 au sujet de l’élargissement invite les autorités nationales, avec l’appui de leur population, à prendre leur destin en main et à produire des résultats concernant les conditions d’adhésion, qui sont parfaitement connues. Un véritable dialogue structuré incluant toutes les parties prenantes au sujet des priorités en matière de réforme, auquel participerait une société civile dotée de moyens d’action, serait déterminant dans une large mesure pour le succès de toute action visant à apporter une transformation. L’Union européenne devrait dès lors s’employer davantage à promouvoir et à faciliter ce dialogue. |
Bruxelles, le 23 janvier 2019.
Le président
du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) Cette désignation est utilisée sans préjudice des positions sur le statut du Kosovo et se conforme à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’à l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.
(2) Service de recherche du Parlement européen (EPRS). Note d’information sur les femmes dans les Balkans occidentaux, juillet 2018.
(3) Civil Society forum (CSF) of the Western Balkans Summit, Gender Issues in the Western Balkans, Policy Brief No. 04, April 2018, http://wb-csf.eu/wp-content/uploads/2018/04/CSF-PB-04-Gender-Issues-in-the-Western-Balkans.pdf [Forum de la société civile du sommet des Balkans occidentaux, Les questions d’égalité entre les hommes et les femmes dans les Balkans occidentaux, dossier politique no 4, avril 2018].
(4) Hughson, 2014, Gender Country Profile of Bosnia and Herzegovina [Profil national de la Bosnie-Herzégovine concernant la situation des femmes]. PNUD.
(5) Petricevic, I. 2012. Les droits des femmes dans les pays des Balkans occidentaux dans le contexte de l’intégration européenne.
(6) Regional Cooperation Council, A Waiting Game: Assessing and Responding to the Threat from Returning Foreign Fighters in the Western Balkans, November 2017, https://www.rcc.int/pubs/54/a-waiting-game-assessing-and-responding-to-the-threat-from-returning-foreign-fighters-in-the-western-balkans [Conseil de coopération régionale: Un jeu d’attente: évaluer la menace que constitue le retour dans les Balkans occidentaux des combattants partis se battre à l’étranger et y répondre, novembre 2017].
(7) Service de recherche du Parlement européen (EPRS). Note d’information sur les femmes dans les Balkans occidentaux, juillet 2018.
(8) http://blogs.worldbank.org/europeandcentralasia/key-unlocking-economic-potential-western-balkans-women.
(9) Projet régional d’ONU Femmes.
(10) Body txtJO C 133 du 9.5.2013, p. 68.
(11) JO C 133 du 9.5.2013, p. 68.
(12) Commission européenne, Indice de réalisation des politiques en faveur des PME, Balkans occidentaux et Turquie 2016, Évaluer la mise en œuvre du «Small Business Act» en Europe.
(13) PNUD, 2016.
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la répression violente des récentes manifestations en Iran (2019/2993(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua (2019/2978(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des Ouïgours en Chine («China Cables») (2019/2945(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la commémoration du trentième anniversaire de la révolution roumaine de décembre 1989 (2019/2989(RSP))
19/12/2019