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AccueilDroit européen52018IE1470
Initiative législative52018IE1470

Avis du Comité économique et social européen sur «Des indicateurs mieux adaptés pour évaluer les objectifs de développement durable — la contribution de la société civile» (avis d’initiative)

CELEX52018IE1470
TypeInitiative législative
Datemercredi 19 septembre 2018

Résumé IA

Cet avis d'initiative du CESE propose de réviser les indicateurs de suivi des Objectifs de développement durable (ODD) de l'UE, en intégrant davantage la contribution de la société civile. Il critique les indicateurs actuels, jugés trop économiques et insuffisamment participatifs, et recommande des outils plus qualitatifs et territoriaux. Pour un professionnel du droit français, ce texte préfigure une possible évolution des méthodes d'évaluation des politiques publiques et des obligations de reporting en matière de développement durable.

Texte intégral

6.12.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 440/14


Avis du Comité économique et social européen sur «Des indicateurs mieux adaptés pour évaluer les objectifs de développement durable — la contribution de la société civile»

(avis d’initiative)

(2018/C 440/03)

Rapporteure:

Brenda KING

Corapporteur:

Thierry LIBAERT

Décision de l’Assemblée plénière

15.2.2018

Base juridique

Article 29, paragraphe 2, du règlement intérieur

Avis d’initiative

Compétence

Section «Agriculture, développement rural et environnement»

Adoption en section spécialisée

5.9.2018

Adoption en session plénière

19.9.2018

Session plénière no

537

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

194/2/3

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Depuis que les institutions européennes ont adopté en 2015 le programme des Nations unies pour le développement durable à l’horizon 2030, le CESE n’a cessé d’appeler la Commission à élaborer une stratégie globale de l’Union européenne en faveur du développement durable qui soit assortie d’objectifs, de cibles et d’actions à caractère concret, en vue de réaliser les 17 objectifs de développement durable (ODD). Bien que l’Union ait joué un rôle moteur dans l’adoption dudit programme à l’horizon 2030 et que les ODD reflètent les valeurs essentielles de l’Union européenne, qui sont de promouvoir une plus grande harmonie sociale, politique, économique et environnementale, la Commission n’est pas parvenue à élaborer une telle stratégie globale. Le document de réflexion intitulé «Vers une Europe durable d’ici à 2030», dont la publication est prévue à la fin de 2018, constitue l’occasion de souligner toute l’importance d’adopter une telle stratégie européenne globale.

1.2.

L’absence, jusqu’à présent, d’une stratégie européenne de développement durable fait peser un risque sur la cohérence de la mise en œuvre du programme à l’horizon 2030 à l’échelon de l’Union et de ses États membres. Des divergences dans l’approche adoptée en vue de réaliser les ODD sont susceptibles de se produire, sachant que plusieurs États membres sont dès à présent en train d’élaborer leurs stratégies nationales de développement durable alors qu’il n’existe ni cadre stratégique ni lignes directrices de mise en œuvre qui soient communs à l’échelle européenne.

1.3.

Le CESE se félicite du premier rapport annuel de suivi d’Eurostat sur les ODD (1), de 2017, qui repose sur une batterie de cent indicateurs et utilise des critères rigoureux en matière de données. Toutefois, le CESE a relevé un certain nombre de lacunes concernant la palette d’indicateurs actuelle d’Eurostat, dont l’institut statistique devrait tenir compte dans la perspective de la publication des prochaines éditions de son rapport annuel de suivi sur les ODD.

1.4.

Le CESE réclame des indicateurs à même de fournir une base pour la planification et l’élaboration des politiques. La palette d’indicateurs actuelle ne permet pas de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir pour parvenir aux objectifs ou de fournir une évaluation adéquate des progrès accomplis. Il y a lieu d’établir des cibles spécifiques pour l’action de l’Union en faveur des ODD, dont il est indispensable que les indicateurs permettent de suivre la réalisation. En l’absence de telles cibles spécifiques assignées à son action, l’Union pourrait évaluer les résultats obtenus par les États en les comparant à la meilleure performance et à la moyenne.

1.5.

Le CESE relève également en évidence certaines limitations techniques auxquelles il convient de remédier afin de garantir qu’il soit fait recours aux meilleurs indicateurs. Par exemple, l’utilisation d’indicateurs transversaux ne suffit pas à fournir des informations sur les synergies entre les objectifs ou, au contraire, sur les dilemmes qu’ils posent. En outre, il n’est pas pleinement tenu compte des retombées collatérales produites pour le développement durable des pays partenaires, ni du contrôle de la cohérence des politiques entre les grands objectifs d’action externe et interne.

1.6.

Il est nécessaire qu’Eurostat et les instituts nationaux de statistique veillent à appliquer un cadre cohérent d’indicateurs. Il convient d’établir un système exhaustif et intégré d’indicateurs afin d’assurer que l’exercice de suivi de la mise en œuvre des ODD à l’échelon européen et national est fiable.

1.7.

Eurostat et les instituts nationaux de statistique ne disposent que de ressources humaines et financières limitées pour collecter de nouvelles données, si bien qu’il n’est pas toujours possible de produire des indicateurs neufs et plus ciblés. Le CESE demande que des ressources adéquates soient mises à disposition afin qu’il soit possible de surmonter cette limitation de poids.

1.8.

Le CESE réclame que la société civile soit associée, avec un rôle de premier plan, à la définition des indicateurs et à l’évaluation des progrès qu’accomplit l’Union européenne dans la réalisation des objectifs. De par leur nature transversale, les ODD imposent une coopération intégrée pluripartite.

1.9.

Le CESE recommande de compléter la palette d’indicateurs par un rapport parallèle, qui se placerait sous l’angle qualitatif et serait élaboré en conjonction étroite avec les organisations de la société civile afin d’accroître le sentiment d’appropriation des ODD auprès de tous les acteurs intéressés. Des informations portant sur la qualité peuvent mettre en lumière des tendances qu’il n’aurait pas été possible de faire apparaître par des mesures exclusivement quantitatives. Le CESE se propose d’assumer le rôle de chef de file pour la coordination des travaux préparatoires de ce rapport qualitatif complémentaire. Il préconise en outre que la Commission européenne apporte son concours pour l’organisation d’un sommet européen des ODD, qui constituerait un exercice visant à dresser un état des lieux et auquel participeraient tous les acteurs intéressés.

1.10.

La cohérence d’un cadre stratégique requiert aussi que les autres indicateurs de l’Union, comme ceux repris dans le tableau de bord social ou les indicateurs européens de la biodiversité, par exemple, soient cohérents avec le cadre du programme à l’horizon 2030. Une stratégie globale devrait procurer une vue d’ensemble des liens réciproques qui unissent les ODD, les politiques de l’Union et les différentes palettes d’indicateurs.

1.11.

Le CESE demande que le système actuel de gouvernance de l’Union européenne soit remanié, pour s’accorder avec la mise en œuvre du programme à l’horizon 2030. L’établissement d’une stratégie globale de l’Union européenne en faveur du développement durable qui s’inscrirait dans le droit fil du programme à l’horizon 2030, aiderait l’Union à intégrer les ODD dans chacune de ses politiques et fournirait un cadre pour en coordonner et en suivre la mise en œuvre, tant à son niveau qu’à l’échelon national. Par exemple, toute la mécanique du semestre européen devrait suivre la mise en œuvre des ODD et y contribuer. En outre, il conviendrait d’adapter la formulation des politiques européennes et leur évaluation, par exemple dans le cas du programme «Mieux légiférer», afin d’intégrer pleinement les ODD dans le cycle politique. Toute proposition législative ou politique devrait faire l’objet d’un examen de durabilité, qui en estime l’incidence sur les ODD et en détermine la pertinence.

1.12.

Le CESE recommande que la Commission désigne en son sein un vice-président qui serait chargé d’intégrer les ODD dans toutes les politiques de l’Union européenne et disposerait d’une équipe se consacrant spécifiquement à cette tâche, d’un budget propre et d’une structure de travail avec l’ensemble des commissaires et des services de la Commission. En outre, il conviendrait que dans son discours sur l’état de l’Union européenne, le président de la Commission expose les progrès accomplis et définisse les contours des actions supplémentaires nécessaires pour mettre les ODD en application.

1.13.

Enfin, le CESE demande que l’on convienne d’un budget de l’Union européenne qui confère au développement durable le statut d’objectif primordial. Le CESE rappelle que la forme définitive qui sera donnée au cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027 sera symptomatique de la capacité ou de l’incapacité de l’Union européenne à tenir ses engagements au titre du programme à l’horizon 2030. La proposition en la matière formulée en mai 2018 par la Commission constitue assurément un pas dans la bonne direction mais en dernière analyse, elle ne saisit pas l’occasion de donner au programme à l’horizon 2030 le rang de priorité à l’ordre du jour européen.

2. L’absence d’une stratégie de l’Union européenne

2.1.

L’Union européenne devrait faire davantage honneur à son rôle moteur s’agissant de garantir et de promouvoir le développement durable. En effet, le programme des Nations unies en la matière à l’horizon 2030 s’inscrit dans le droit fil de la finalité essentielle de l’Union européenne consistant à promouvoir une plus grande harmonie sociale, politique, économique et environnementale, tant en son sein que sur toute la planète. Toutefois, bien que l’Union européenne et ses États membres aient signé ledit programme mondial, l’Europe reste à la traîne. Jusqu’à présent, ni elle, ni les pays qui la composent ne sont parvenus à mettre en œuvre une stratégie de développement durable pour assurer la réalisation des objectifs en la matière.

2.2.

Si l’on se reporte à son article 3, le traité sur l’Union européenne fait référence au développement durable, lorsqu’il affirme que «dans ses relations avec le reste du monde, l’Union […] contribue […] au développement durable de la planète». Même si des éléments renforcés de durabilité figurent dans plusieurs politiques de l’Union européenne, concernant par exemple la politique industrielle, le transport ou l’énergie, l’ambition continue à faire défaut et les ressources financières restent insuffisantes dans ce domaine. D’une manière générale, le CESE déplore un déficit criant de stratégie, de cohérence des actions et d’intégration dans la démarche de coordination des stratégies générales de l’Union.

2.3.

Au niveau européen, le CESE est la seule institution qui ait placé le développement durable parmi ses priorités majeures. Le Parlement n’a pas de structure fonctionnelle pour traiter de cette question, même si certains de ses groupes politiques font figurer le programme à l’horizon 2030 parmi leurs priorités politiques en vue des élections européennes de mai 2019. De son côté, la Commission a établi la plate-forme pluripartite pour la mise en œuvre des ODD, qui pose un jalon dans la bonne direction, sans qu’il ne soit certain que ladite plate-forme soit maintenue au-delà du mandat de la Commission actuelle. De surcroît, le CESE a plaidé dans le passé en faveur d’un forum de la société civile qui soit plus ambitieux et plus large que celui qui a finalement vu le jour (2).

2.4.

À l’échelon national, les niveaux atteints pour planifier et mettre en œuvre les objectifs de développement durable sont hétérogènes (3). Certains États membres ont déjà adopté de très complètes stratégies nationales de développement durable et dans certains cas, les pouvoirs régionaux et locaux, ainsi que les acteurs intéressés, ont également lancé des initiatives locales de sensibilisation aux ODD. En l’absence d’un cadre européen, le risque existe que les démarches nationales soient incohérentes les unes par rapport aux autres. Le CESE réclame l’intégration du développement durable au sein des politiques nationales, ainsi qu’une participation de plein droit de la société civile organisée à leur conception et leur mise en œuvre, suivant une stratégie d’ensemble de l’Union européenne.

3. Les perspectives

3.1.

Le 13 septembre 2017, le président Juncker a annoncé la publication au cours de l’hiver 2018 d’un document de réflexion intitulé «Vers une Europe durable d’ici à 2030, sur les suites à donner aux objectifs de développement durable des Nations unies, y compris l’accord de Paris sur le changement climatique». Au cours de la phase préparatoire de ce rapport, la Commission examine les positions des membres de la plate-forme pluripartite sur les ODD, lesquels formulent des suggestions concernant les moyens d’améliorer la gouvernance de l’Union dans le contexte des ODD, par exemple par l’adoption d’une stratégie globale, des recommandations d’action, ou encore des réflexions quant à la manière dont la boîte à outils de l’Union européenne devrait évoluer vers la coordination des politiques, le suivi et la responsabilisation.

3.2.

La mise en œuvre des objectifs de développement durable englobe des objectifs économiques, sociaux, politiques et environnementaux qui nécessiteront des changements fondamentaux dans les sociétés européennes et au sein des institutions de l’Union.

3.3.

Les débats menés sur l’avenir de l’Europe dans la perspective des élections européennes en 2019 sont cruciaux pour sensibiliser les citoyens européens au développement durable. Les partis politiques européens doivent prendre position à son propos et aborder le développement durable dans le cadre de leurs programmes électoraux.

3.4.

Par ailleurs, le CESE estime que la Commission et le Parlement européen, qui se trouveront renouvelés à l’issue du scrutin européen de 2019, devraient se donner pour priorité de mieux intégrer les ODD dans les politiques de l’Union. Le CESE presse le Parlement européen d’augmenter sa capacité à suivre et contrôler les progrès concernant la réalisation desdits objectifs, ainsi que de prendre ses responsabilités à leur égard. En ce qui concerne la Commission, on recommandera également de renforcer l’autorité du vice-président chargé du développement durable et de réorganiser les portefeuilles des directions générales afin de faire clairement apparaître, pour chacun des ODD, comment s’organise le partage des responsabilités.

3.5.

La décision finale qui sera prise concernant le cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027 sera révélatrice de la capacité ou de l’incapacité de l’Union européenne à tenir ses engagements au titre du programme à l’horizon 2030. Ce cadre revêt une importance cruciale pour assurer l’intégration des ODD. La proposition de la Commission européenne en la matière, publiée en mai 2018, constitue assurément un pas dans la bonne direction mais elle ne saisit pas l’occasion de donner au programme à l’horizon 2030 le rang de priorité à l’ordre du jour européen. Par-delà la modeste proposition de relever l’objectif ciblé en matière d’intégration des questions climatiques dans l’ensemble des politiques, le nouveau cadre financier pluriannuel devrait également dégager des ressources pécuniaires adéquates pour le développement durable et garantir par ailleurs qu’aucun de ses financements n’entrave la réalisation des ODD. Il convient de mettre des moyens financiers à la disposition des responsables de la mise en œuvre desdits ODD, notamment au niveau des États membres, des collectivités locales, des entreprises et des ONG, aux fins de réaliser des projets novateurs et transposables à d’autres échelles.

3.6.

L’Union européenne traverse une crise politique et institutionnelle majeure et fait face à des défis tels que l’accroissement des inégalités sociales, les problèmes environnementaux et la perte de confiance à son égard et à celui des gouvernements (4). Pour surmonter cette situation, elle doit concevoir un nouveau discours, qui soit à même de fournir des solutions concrètes aux difficultés que nos sociétés affrontent. Les débats en cours sur l’avenir de l’Europe devraient contribuer à cette nouvelle trame, en prenant en compte le programme à l’horizon 2030 et le sixième scénario pour l’Europe (5), de manière à faire de l’Union un moteur du développement durable. Il est indispensable que les chefs d’État européens manifestent davantage leur autorité de dirigeants pour faire des ODD un élément central de leur ligne politique et de leur vision pour l’Europe.

3.7.

Le programme à l’horizon 2030 se fonde sur les valeurs essentielles de l’Europe que sont la démocratie et la participation, la justice sociale, la solidarité et le développement durable et le respect de l’état de droit et des droits humains, tant sur son territoire que dans le reste du monde. Le nouveau discours sur le développement durable devrait donner aux citoyens des réponses quant à la manière dont les administrations publiques et la société civile organisée entendent satisfaire leur aspiration au bien-être économique, social et environnemental.

4. La problématique des indicateurs

4.1.

Le CESE estime que l’approche adoptée concernant les indicateurs de l’Union européenne en matière d’ODD doit sortir du cadre d’une simple évaluation, en contribuant à la formulation et à l’élaboration des politiques, plutôt que de les cantonner dans un rôle d’outils pour l’établissement de rapports. Ils devraient aider les décideurs politiques de l’Union à définir les futures politiques et à prévoir les moyens de mieux réaliser les ODD. Ils doivent également les aider à mettre en évidence les divergences dans les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs et à instaurer en temps opportun les changements de politique nécessaires de manière à les atteindre d’ici à 2030.

4.2.

Du point de vue du CESE, le «Rapport de suivi 2017 des objectifs de développement durable dans le contexte de l’Union européenne» d’Eurostat («2017 Monitoring Report of the Sustainable Development Goals in an EU context») marque à cet égard un bon début mais ménage encore des possibilités d’amélioration. Il est nécessaire de poursuivre sur sa lancée en affinant les indicateurs. En l’absence d’objectifs de l’Union chiffrés, la méthode actuellement utilisée pour évaluer les progrès accomplis, c’est à dire déceler 1 % de changement positif, est susceptible de conduire à des erreurs car elle ne fournit aucune information le chemin qu’il reste à parcourir pour réaliser les ODD, contrairement à d’autres rapports. Ainsi, alors qu’Eurostat conclut à des progrès significatifs en Europe concernant l’ODD 12 (6), d’autres sources telles que l’OCDE parviennent à des conclusions différentes (7). Il faut que le rapport de suivi s’efforce davantage de clarifier le caractère intégré du programme, où tout effort doit venir conforter chacun des objectifs et non compromettre le moindre d’entre eux. Bien que précieux, le recours à des indicateurs transversaux ne suffit pas à fournir des informations sur les synergies entre les objectifs ou sur les dilemmes qu’ils posent. En outre, ce rapport devrait évaluer les retombées collatérales que les actions peuvent avoir pour le développement durable des pays partenaires et contrôler la cohérence des politiques entre les grands objectifs d’action externe et interne. Enfin, il conviendrait que les indicateurs donnent la possibilité de procéder à des comparaisons entre les États européens, de mettre en évidence les disparités en matière de mise en œuvre par les États membres et de réaliser des mises à jour fréquentes, de manière à se fonder sur les données scientifiques, les connaissances et les informations les plus récentes qui soient disponibles.

4.3.

Afin de disposer d’une batterie cohérente d’indicateurs qui fournissent une vue d’ensemble claire de la mise en œuvre des ODD à l’échelon de l’Union, il est crucial de mettre sur pied un système exhaustif de tels indicateurs qui couvre l’échelon européen et national. En premier lieu, il y a lieu d’harmoniser ceux qui sont utilisés actuellement pour les différents domaines de l’action politique menée à l’échelon de l’Union européenne, ou pour le moins de les articuler avec ceux qu’elle utilise en matière d’ODD. Il convient par exemple de relier ces derniers à d’autres palettes d’indicateurs pertinents, tels que le tableau de bord social ou les indicateurs européens de la biodiversité, et de définir clairement les relations qu’ils entretiennent. En second lieu, les stratégies nationales de développement durable devraient recourir à des indicateurs identiques ou pour le moins comparables à ceux de l’Union européenne en matière d’ODD. À défaut, le risque d’incohérence entre les différentes approches adoptées par les États membres est élevé. En troisième lieu, il est nécessaire que l’Union européenne veille à mettre en place une procédure exhaustive afin de faire rapport au Forum politique de haut niveau des Nations unies pour le développement durable. Il conviendrait que la Commission européenne soit à même de fournir une vue d’ensemble claire de la mise en œuvre des ODD à l’échelon de l’Union et au sein de tous ses États membres.

4.4.

Le CESE estime qu’il est nécessaire de remédier à certaines restrictions qui pèsent sur le déroulement de la définition des indicateurs. Eurostat et les instituts nationaux de statistique ne disposent que de ressources humaines et financières limitées pour collecter de nouvelles données, si bien qu’il n’est pas toujours possible de produire des indicateurs neufs et plus ciblés. Selon le rapport annuel pour 2017 du conseil consultatif européen pour la gouvernance statistique auprès du Parlement européen, le coût du système statistique en Europe s’élève à 0,02 % du PIB et, à la suite des coupes qui ont affecté ses ressources humaines dans le contexte d’austérité budgétaire, ses effectifs n’ont pas retrouvé leurs niveaux antérieurs à la crise économique (8). Afin d’améliorer la palette d’indicateurs, il convient d’accorder une priorité accrue à la conception d’indicateurs de développement durable et d’allouer à Eurostat et aux instituts nationaux de la statistique des ressources financières adéquates au titre de ces indicateurs, conformément aux cibles de l’ODD 17. Il sera alors possible d’en ajouter d’autres à la série actuelle, pour lesquels il pourrait être nécessaire de récolter des données supplémentaires.

4.5.

Pour ce qui est de la palette d’indicateurs actuelle d’Eurostat, le CESE y relève un certain nombre de lacunes, qu’il conviendrait de combler, idéalement lorsque l’office statistique européen publiera son «rapport de suivi 2018 sur les progrès réalisés concernant les ODD». Parmi les domaines qui se prêtent à des améliorations figurent les points suivants:

—

adopter une présentation visuelle plus objective des résultats globaux, afin d’éviter de donner l’impression fallacieuse que, dans l’ensemble, l’Europe est sur la bonne voie en ce qui concerne les ODD, et d’entrer ainsi en contradiction tant avec d’autres recherches, qualitatives ou thématiques, qu’avec les perceptions des citoyens,

—

porter une attention accrue aux effets de contagion du modèle de développement actuel de l’Europe, par exemple en poursuivant les travaux existants d’Eurostat en matière d’empreintes, ou que l’aide qu’elle apporte aux pays partenaires afin d’atteindre les objectifs de développement durable,

—

opter pour une approche plus novatrice afin de faire comprendre l’indivisibilité du programme des ODD, au-delà des indicateurs transversaux, qui en soi ne font pas apparaître les déséquilibres et les contradictions entre les différentes dimensions de la durabilité, d’autant que l’on manque, par ailleurs, d’un cadre adéquat pour évaluer la cohérence des politiques,

—

récolter davantage de données sur les résultats obtenus par les entreprises, les autorités locales et les ONG,

—

recueillir de plus amples éléments sur les résultats obtenus par les États membres en ce qui concerne les ODD, sachant que les moyennes ne donnent qu’une vue incomplète. Étant donné que pour nombre d’ODD, les États membres disposent d’une compétence exclusive, il importe également de fournir des informations de l’échelon national,

—

de meilleurs indicateurs en matière de responsabilité pour la réalisation des ODD, dans le fil des ODD 16 (9) et 17 (10), par exemple en ce qui concerne la place de la société civile en Europe (11) et des partenariats novateurs,

—

suivre une méthodologie plus solide pour mesurer les progrès par rapport aux ODD pour lesquels il n’existe pas d’objectif européen, par exemple en comparant la moyenne des résultats obtenus par les États membres avec les meilleurs d’entre eux ou avec des cibles connexes découlant d’autres engagements internationaux ou des travaux de recherche disponibles.

4.6.

Sans négliger l’utilité des séries de données sur le long terme, il conviendrait de revoir et de perfectionner les indicateurs sur la base de l’inventaire des nouveaux enjeux et des progrès des connaissances scientifiques, y compris des nouvelles données. Si les efforts d’Eurostat pour intégrer de nouveaux indicateurs en 2018 vont dans la bonne direction, il est essentiel de clarifier le processus et le calendrier pour l’introduction de ceux qui restent en attente. Par exemple, il conviendrait de prévoir un plan d’action et un calendrier pour l’indicateur, actuellement en attente, qui a été proposé concernant «l’ampleur du sans-abrisme dans l’Union européenne», avec la recommandation de la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA).

4.7.

Il y a lieu de renforcer le rôle que joue la société civile organisée concernant les rapports annuels d’Eurostat, lequel se devrait de la consulter davantage sur la procédure de définition des indicateurs, ainsi que pour évaluer les progrès en ce qui les concerne. D’une manière générale, la consultation de la société civile devrait s’effectuer suffisamment tôt dans le processus pour que ses recommandations soient prises en considération, et il est nécessaire qu’Eurostat explique pour quelles raisons il a été ou n’a pas été tenu compte de ses préconisations.

4.8.

La détermination des points qui seront ou ne seront pas contrôlés et, en particulier, la conception et le choix des indicateurs, a d’importantes incidences politiques (12). Par conséquent, il conviendrait que la procédure par laquelle Eurostat élabore son rapport annuel permette à la société civile d’apporter sa contribution au moyen d’une interprétation qualitative des indicateurs. De fréquentes enquêtes d’Eurobaromètre devraient accompagner cette démarche, en vue d’évaluer la perception qu’ont les citoyens des progrès accomplis.

4.9.

Le CESE a conscience que la société civile ne dispose que de capacités limitées en matière de statistiques pour proposer de nouveaux indicateurs susceptibles de remplir les conditions de validité statistique d’Eurostat. Elle n’en est pas moins capable d’en définir certains, qui ont leur pertinence, en utilisant d’autres sources que les données de l’institut statistique européen: on en donnera pour exemple ceux que le Réseau des solutions pour le développement durable est occupé à développer. Néanmoins, le CESE considère qu’il est nécessaire de prêter assistance aux organisations de la société civile, par des mesures de développement de leurs capacités, afin de garantir qu’elles soient à même de mieux contribuer au débat avec Eurostat.

4.10.

Pour insérer le développement durable dans le discours nouveau et substantiel évoqué précédemment, le CESE demande que des améliorations soient apportées à la manière dont la Commission et Eurostat communiquent sur les progrès concernant les ODD. Le rapport d’Eurostat est d’une lecture qui n’est pas des plus accessibles et il ne bénéficie pas d’une large diffusion; aussi conviendrait-il d’explorer de nouvelles pistes pour mieux le faire connaître auprès des publics de non-spécialistes et des citoyens. Dans le cadre d’une stratégie ambitieuse de sensibilisation, il convient également d’étudier d’autres produits de recherche et de communication. Ainsi, proposer une section «Suivi par la société civile» sur le site internet d’Eurostat consacré aux ODD permettrait une appropriation conjointe et interactive du suivi des objectifs.

4.11.

Le CESE reconnaît que le rapport annuel d’Eurostat n’intègre pas d’informations qualitatives, et qu’il ne pourrait pas le faire. Afin de combler cette lacune, ainsi que de renforcer la participation de la société civile, le CESE propose de compléter le suivi de la mise en œuvre des ODD au moyen d’un rapport parallèle distinct, indépendant et qualitatif, élaboré en étroite collaboration avec les parties intéressées de la société civile. Ce rapport parallèle devrait s’attacher principalement a) à fournir une réflexion sur le rapport d’Eurostat et à l’analyser, b) à le compléter au moyen d’informations qualitatives provenant de la société civile organisée et c) à donner une lecture de la société civile organisée concernant les progrès accomplis dans la mise en œuvre des ODD. À l’heure actuelle, le CESE mène une étude sur la participation de la société civile au suivi des ODD, qui devrait être achevée d’ici novembre 2018 et s’attachera tout spécialement à étudier une approche méthodologique aux fins de l’élaboration du rapport complémentaire du rapport annuel d’Eurostat et à formuler une proposition en la matière.

4.12.

La responsabilité est au cœur du programme des ODD. En ce qui la concerne, un cadre robuste, où la société civile organisée joue un rôle essentiel, doit venir compléter toute stratégie ambitieuse pour la réalisation de ces objectifs. À cette fin, il est nécessaire de mener des actions pour sensibiliser les citoyens sur tout le territoire de l’Union, ainsi que d’effectuer des enquêtes d’opinion et d’instaurer d’autres mécanismes pour collecter des retours d’information auprès de la population. À cet égard, la Commission européenne devrait, en coopération avec le CESE, organiser un «sommet des ODD», c’est-à-dire une manifestation annuelle visant à faire le point de la situation avec les États membres, le Parlement européen, la société civile, les entreprises et les collectivités régionales et locales, ainsi qu’à marquer l’engagement à dialoguer de manière inclusive et régulière avec les acteurs intéressés. Enfin, il y aurait lieu d’encourager l’échange de bonnes pratiques concernant la participation de la société civile à l’évaluation des ODD. Le CESE pourrait jouer un rôle crucial s’agissant d’aider les organisations de la société civile à échanger ces types d’expériences, à susciter des synergies, à accroître les connaissances et la sensibilisation et à favoriser la coopération.

5. L’intégration des ODD dans la gouvernance de l’Union européenne

5.1.

Il convient d’adapter le système actuel de gouvernance de l’Union européenne de manière à ce qu’il contribue à la mise en œuvre du programme à l’horizon 2030. Pour y parvenir, toutes les institutions de l’Union devraient prendre des mesures afin d’assurer la coordination de leurs travaux visant à réaliser les ODD.

5.2.

Malgré les aptitudes à conduire ce mouvement dont fait preuve son vice-président, il est patent que dans plusieurs services de la Commission, le niveau de mobilisation est faible, entravant ainsi les progrès. Il en va de même pour le Parlement, qui doit mettre en place un processus crédible parmi ses commissions pour discuter de la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Enfin, le groupe de travail sur les ODD qui fonctionne au sein du Conseil européen et constitue une initiative bienvenue, doit assurer une intégration adéquate de ces objectifs dans toutes les matières que traite l’institution, par exemple l’avenir de la politique agricole commune (PAC), la politique de cohésion, la politique des transports (13), les relations extérieures (14) ou le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

5.3.

Une future stratégie globale de l’Union européenne en faveur du développement durable devrait jouer un rôle crucial afin d’intégrer les ODD dans chacune de ses politiques et fournir un cadre pour en coordonner et en suivre la mise en œuvre, tant à son niveau qu’à l’échelon national. Comme indiqué, ladite stratégie devrait fixer des objectifs, définir les moyens de les réaliser et définir un éventail cohérent d’indicateurs à utiliser pour mesurer les progrès accomplis. Le CESE rejoint le Conseil pour estimer qu’il est nécessaire de développer un «cadre d’indicateurs de référence» (15).

5.4.

Ainsi qu’il a été mentionné, ce cadre devrait intégrer tous les indicateurs européens pertinents qui sont utilisés actuellement dans les différents domaines d’intervention et définir les rapports mutuels qu’entretiennent les indicateurs existants et ceux des ODD. Par exemple, la Commission européenne devrait assurer un alignement et une cohérence complets entre le tableau de bord social et les indicateurs de l’Union européenne en matière d’ODD. Sur les douze indicateurs du tableau de bord social, huit sont actuellement repris, en tout ou en partie, dans le faisceau d’objectifs de développement durable de l’Union européenne.

5.5.

Comme le CESE y a appelé à de multiples reprises, par exemple dans ses avis NAT/693 (16), NAT/700 (17), SC/047 (18) ou SC/050 (19), il conviendrait que la coordination et le suivi des ODD soient intégrés dans le processus du semestre européen. Cette démarche devrait comprendre une procédure qui examine l’adéquation des stratégies de mise en œuvre des ODD menées à l’échelon des États membres. Les pouvoirs publics nationaux devraient obtenir des lignes directrices communes et faire l’objet d’un suivi, de manière que tous les efforts aillent dans le même sens. Il convient en outre de favoriser les échanges de bonnes pratiques entre les États membres. Le champ du semestre européen devrait se déployer pleinement au-delà de sa dimension économique plus classique et investir de manière exhaustive, en leur conférant le même poids, les dimensions sociale et environnementale, dans le cadre d’une future stratégie globale en faveur du développement durable. En conséquence, les recommandations par pays devraient être cohérentes avec les ODD, ainsi qu’avec l’analyse qui est effectuée dans les rapports nationaux au titre du processus du semestre européen.

5.6.

Le programme d’appui à la réforme structurelle (PARS), de création récente, vise à aider les États membres à mettre en œuvre leurs réformes institutionnelles, structurelles et administratives. Il est prévu qu’il jouera un rôle appréciable durant ces prochaines années. Comme le CESE (20) et le rapport Falkenberg (21) l’avaient déjà souligné, il conviendrait que ce programme ait pour principe directeur que toute réforme qu’il soutient soit en cohérence avec le programme à l’horizon 2030 et avec les ODD.

5.7.

Si l’on veut garantir que les ODD soient bien intégrés dans toutes les politiques de l’Union européenne, il y a lieu d’adapter le programme «Mieux légiférer» pour s’assurer que sa manière d’aborder ces objectifs soit complète et globale. Le CESE considère que les principes qui les fondent devraient être mentionnés explicitement dans les lignes directrices et la boîte à outils de «Mieux légiférer». En outre, il conviendrait de réexaminer les méthodologies de «Mieux légiférer», pour s’assurer qu’elles sont à même d’évaluer des objectifs de long terme et de mesurer le chemin à parcourir pour réaliser les ODD. Enfin, il serait nécessaire de prêter une plus grande attention au rôle que la cohérence des politiques peut jouer comme outil de mise en œuvre de ces objectifs, en recourant, par exemple au cadre de l’OCDE pour la cohérence des politiques au service du développement durable (CPDD).

5.8.

Quand elle propose de nouvelles initiatives législatives ou politiques, la Commission devrait indiquer clairement les ODD qu’elles visent et effectuer un examen de durabilité pour en évaluer l’impact escompté concernant ces objectifs, dans le cadre de la procédure d’évaluation de l’incidence, destinée à évaluer les dimensions économique, sociale et environnementale des propositions. Il y a lieu de cerner quels sont, s’agissant de la mise en œuvre de ces objectifs, les principaux problèmes que l’action proposée vise à traiter. De même, le suivi et l’évaluation des politiques de l’Union européenne en cours doivent être revus, afin qu’ils mesurent les progrès engrangés pour réaliser les ODD et recommandent des modifications des politiques qui ont une incidence plus large pour ce qui est de promouvoir les ODD.

5.9.

Le programme de la Commission pour une réglementation affûtée et performante (REFIT) devrait également s’enrichir d’une dimension consacrée au développement durable. Il conviendrait que les travaux de ce programme de travail donnent l’assurance que toute simplification et modernisation proposée du droit de l’Union européenne soit compatible avec les ODD et contribue à leur réalisation.

Bruxelles, le 19 septembre 2018.

Le président du Comité économique et social européen

Luca JAHIER


(1) «Sustainable Development in the European Union — Monitoring report on progress towards the SDGs in an EU context. 2017 edition» («Le développement durable dans l’Union européenne: rapport de suivi 2017 des objectifs de développement durable dans le contexte de l’Union européenne, édition 2017»).

(2) Avis du CESE sur les «Prochaines étapes pour un avenir européen durable» (JO C 345 du 13.10.2017, p. 91).

Avis du CESE sur «Un Forum de la société civile européenne en faveur du développement durable» (JO C 303 du 19.8.2016, p. 73).

(3) Le CESE prépare un relevé des initiatives en matière de développement durable à l’échelon national. Il publiera sur son site internet une synthèse établie pour chacun des États membres.

(4) Avis du CESE sur «La transition vers un avenir plus durable pour l’Europe — Une stratégie pour 2050», SC/047 (JO C 81 du 13.10.2017, p. 44).

(5) http://www.foeeurope.org/sites/default/files/other/2017/6th_scenario_future_of_europe.pdf

(6) ODD 12. Consommation et production responsables.

(7) Voir par exemple l’OCDE, 2017. Measuring Distance to the SDG Targets: an assessment of where OECD countries stand («Mesurer la distance des États de l’OCDE par rapports aux cibles des ODD — une évaluation par États»).

(8) Rapport annuel pour 2017 du conseil consultatif européen pour la gouvernance statistique, p. 25 et 26.

(9) ODD 16. Paix, justice et institutions efficaces.

(10) ODD 17. Partenariats pour la réalisation des objectifs.

(11) En prolongeant des méthodologies existantes tels que le «CIVICUS monitor», https://civicus.org/index.php/what-we-do/innovate/civicus-monitor

(12) Avis du CESE sur les «Prochaines étapes pour un avenir européen durable», NAT/700 (JO C 345 du 13.10.2017, p. 91).

(13) Avis du CESE sur «Le rôle des transports dans la réalisation des objectifs de développement durable et ses conséquences pour l’élaboration des politiques de l’Union européenne» (JO C 367 du 10.10.2018, p. 9).

(14) Avis du CESE sur «Un partenariat renouvelé avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique», REX/485 (JO C 129 du 11.4.2018, p. 76).

(15) data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-10370-2017-INIT/fr/pdf

(16) Avis du CESE sur «Le développement durable — Recensement des politiques intérieures et extérieures de l’Union européenne», NAT/693 (JO C 487 du 28.12.2016, p. 41).

(17) Avis du CESE sur les «Prochaines étapes pour un avenir européen durable», NAT/700 (JO C 345 du 13.10.2017, p. 91).

(18) Avis du CESE sur «La transition vers un avenir plus durable pour l’Europe — Une stratégie pour 2050», SC/047 (JO C 81 du 2.3.2018, p. 44.

(19) Avis du CESE sur l’«Examen annuel de la croissance 2018», SC/50 (JO C 227 du 28.6.2018, p. 95).

(20) Avis du CESE sur le «Programme d’appui à la réforme structurelle», ECO/398 (JO C 177 du 18.5.2016, p. 47).

(21) Sustainability Now! («La durabilité: maintenant!») EPSC Strategic Notes, numéro 18 (2016), https://www.eesc.europa.eu/sites/default/files/files/rapport_kff.pdf (disponible en anglais uniquement).


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