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AccueilDroit européen52018IE4518
Initiative législative52018IE4518

Avis du Comité économique et social européen sur la «Mutation économique, technologique et sociale des services avancés de santé à la personne âgée»(avis d’initiative)

CELEX52018IE4518
TypeInitiative législative
Datemercredi 15 mai 2019

Résumé IA

Cet avis d'initiative du CESE analyse les mutations économiques, technologiques et sociales affectant les services de santé destinés aux personnes âgées. Il souligne la nécessité d'adapter les systèmes de soins pour répondre au vieillissement de la population, en intégrant les innovations numériques et technologiques tout en garantissant un accès équitable et de qualité. Pour un professionnel du droit français, ce texte préfigure des orientations politiques et réglementaires européennes susceptibles d'influencer le cadre national des services à la personne et de la télémédecine.

Texte intégral

16.7.2019

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 240/10


Avis du Comité économique et social européen sur la «Mutation économique, technologique et sociale des services avancés de santé à la personne âgée»

(avis d’initiative)

(2019/C 240/03)

Rapporteur: Marian KRZAKLEWSKI

Corapporteur: Jean-Pierre HABER

Décision de l’Assemblée plénière

12.7.2018

Base juridique

Article 32, paragraphe 2, du règlement intérieur

Avis d’initiative

Compétence

Commission consultative des mutations industrielles (CCMI)

Adoption par la CCMI

26.3.2019

Adoption en session plénière

15.5.2019

Session plénière no

543

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

150/3/6

1. Conclusions et recommandations (1)

1.1.

La problématique du vieillissement sociodémographique en Europe et les réponses éthiques, politiques, économiques et sociales qu’il convient de mettre en œuvre constituent un défi considérable à relever et présentent des opportunités en matière d’emploi, de formation, de développements économiques et d’innovation dans l’Union.

1.2.

Le Comité regrette que les politiques européennes économiques, sociales et de santé n’aient pas anticipé les besoins croissants des seniors. Il souhaite que soit mis en avant le rôle social et économique des aînés ainsi que le bassin d’emploi colossal qu’ils représentent par l’intermédiaire de l’«économie argentée»(«silver economy») et des besoins en matière de soins et de services à la personne âgée (SAPA).

1.3.

Une représentation conforme des réalités sociodémographiques du vieillissement passe par une bonne mesure statistique du phénomène: il serait judicieux, en termes d’économie de la santé, de mesurer le vieillissement démographique de manière dynamique et affinée, notamment en introduisant des variables telles que le genre, l’espérance de vie en bonne santé, l’épidémiologie environnementale, etc. Il conviendrait dès lors de confier à un panel de démographes, de sociologues et de médecins la construction d’un ensemble d’indicateurs dynamiques du vieillissement démographique.

1.4.

La notion de soins et de services à la personne en institution et à domicile devrait être précisée car cette terminologie englobe une diversité d’activités dont la mise en œuvre peut être assurée par des prestataires disposant de statuts très diversifiés.

Compte tenu du large éventail des activités de SAPA, ces services ne sont pas considérés comme un secteur économique cohérent au sein de l’Union européenne. Il conviendrait dès lors d’envisager une définition juridique générale des SAPA dans l’Union européenne.

1.5.

Le CESE recommande que le droit au vieillissement dans la dignité soit reconnu comme un droit fondamental de la personne humaine. Il estime dès lors que tout doit être mis en œuvre pour favoriser l’égalité d’accès à des soins et des services de qualité.

1.6.

Le CESE souhaite que la stratégie numérique de l’Union européenne prenne en compte le maintien de l’utilisation du papier pour faciliter le discernement des seniors quant aux soins qui leur sont prodigués.

1.7.

Le CESE recommande que soient articulées les politiques du logement et les politiques du vieillissement autour de formules d’habitat innovantes (telles que les appartements modulaires, l’habitat groupé, l’habitat intergénérationnel et solidaire, etc.) qui devraient faire l’objet d’une attention soutenue et d’un programme d’aide spécifique issu des Fonds structurels européens.

1.8.

Il conviendrait de suggérer à chaque État membre de mettre en place des observatoires du vieillissement nationaux et régionaux qui travailleraient sur une base collaborative avec les services économiques et sociaux de première ligne pour:

—

faire évoluer les dispositifs juridiques afin de protéger la situation sociale et financière de la personne âgée,

—

développer la mobilité interne (logement) et externe (activités, déplacements, loisirs…) des aînés,

—

organiser la complémentarité entre les services à domicile, les maisons de retraite et toutes les formes alternatives de logement pour les aînés,

—

coordonner les démarches des soignants, des aidants et des SAPA autour d’un parcours de soins des seniors, orchestré par un médecin coordinateur gérontologue et une infirmière.

1.9.

L’Union européenne devrait envisager la création d’une plateforme de coordination des activités des observatoires du vieillissement chargée, entre autres, de proposer des formations continues et de diffuser les bonnes pratiques en développant une banque de données publique des meilleurs produits, dispositifs, équipements et architectures sécurisant la vie quotidienne des aînés. Le CESE souhaite que l’Union européenne soutienne plus activement des programmes de R&D portant sur les facteurs humains et sociaux caractéristiques des personnes âgées et sur l’épigénétique en identifiant les principaux mécanismes moléculaires et biologiques du vieillissement. Il recommande la mise en place d’une plateforme technologique communautaire qui permettrait de mieux orienter la R&D vers des innovations protégeant la santé des seniors et assurant la prévention.

1.10.

Le CESE appelle à une meilleure utilisation des innovations issues des technologies numériques par l’ensemble des parties prenantes du secteur médico-social: télémédecine, capteurs, carte clinique et dossier médical informatisés, domotique et plus généralement la mise en œuvre des techniques d’intelligence artificielle dans l’espace des seniors.

Il souhaite que l’innovation soit stimulée en mettant fin à la fragmentation des marchés et à des approches corporatistes qui constituent de véritables barrières techniques. Il attire l’attention sur le manque de normes et de certifications européennes en matière de matériel et d’équipements destinés aux seniors.

1.11.

Le CESE appelle à une mutualisation dans l’utilisation des nouveaux outils technologiques issus du numérique afin de stimuler un véritable marché couvrant les besoins des seniors et de pérenniser les investissements en Europe.

Il estime que les gains de productivité dégagés par la technologie numérique devraient être utilisés pour améliorer le bien-être des seniors et programmer une revalorisation financière des intervenants sociaux et paramédicaux.

1.12.

La formation professionnelle du secteur doit être fortement soutenue. Les problématiques de la nutrition, des chutes domestiques, de la violence vis-à-vis des aînés et des intervenants, de l’utilisation des technologies numériques à domicile, de l’accompagnement en fin de vie, etc. doivent être intégrées dans des programmes spécifiques. Il conviendrait que les Fonds structurels, en particulier le Fonds social européen, assurent le financement de la formation professionnelle des intervenants dans le secteur des soins et services.

1.12.1.

Considérant la diversité des approches dans l’Union européenne, le CESE recommande de définir un socle commun incluant l’essentiel des formations existantes dans une démarche semblable à celle qui présida à la définition des directives 2005/36/CE du 7 septembre 2005 et 2013/55/UE relatives à la reconnaissance des qualifications professionnelles.

1.13.

Afin de préparer et de renforcer la mobilité des travailleurs et des services aux personnes âgées, il convient de définir un socle européen de formation des infirmiers en gérontologie, des aides-soignants et des auxiliaires de vie non seulement sur le plan technique mais également au niveau social et humain.

1.13.1.

Parallèlement, une revalorisation de la considération sociale et financière du personnel en charge des personnes âgées s’impose. La reconnaissance de la notion d’aidant proche est également indispensable à la construction d’une politique du vieillissement cohérente et efficace.

1.14.

Le CESE demande l’organisation d’une table ronde financière réunissant les principaux acteurs du secteur médico-social, les régulateurs institutionnels des marchés (que sont l’État et les collectivités locales), les caisses de retraite, les assureurs et les fonds de pension pour garantir aux personnes âgées la pérennité des services et des investissements, solvabiliser les emplois et recommander le juste prix des services. Cette table ronde centrale devrait être précédée d’une série de rencontres préparatoires décentralisées, organisées autour des Conseils économiques et sociaux nationaux ainsi que du CESE.

1.15.

Le CESE recommande la mise en place d’une politique de communication européenne visant à développer une plus grande solidarité intergénérationnelle en faveur des aînés, tant sur le plan économique que social.

2. Une politique des aînés concertée et ordonnancée

2.1.

Une représentation conforme des réalités sociodémographiques du vieillissement passe par une bonne mesure statistique couplée à une approche socio-sanitaire du phénomène. Il serait judicieux de:

—

mobiliser sociologues et démographes pour élaborer une analyse fine et prospective des dimensions sociodémographiques du vieillissement (taille et composition des ménages, liens avec les enfants et autres proches, impacts de la séparation et de la recomposition des ménages),

—

mettre en place des outils d’évaluation en Europe afin d’observer et de comparer les politiques des États membres et de transposer les bonnes pratiques.

2.2.

La prévention peut limiter l’impact d’un vieillissement difficile à condition d’en mesurer l’enjeu, d’identifier les composants du bien vieillir (exercice, sociabilité, sérénité, nutrition) et de réorienter les efforts humains et financiers vers cet enjeu majeur, sans alourdir la facture des contribuables et en tenant compte de la variété des régimes financiers.

2.3.

Les recommandations dans ce domaine doivent être étayées par une recherche scientifique qui devrait se concentrer sur l’épigénétique et identifier les principaux mécanismes moléculaires et biologiques du vieillissement susceptibles d’être améliorés par la micronutrition et le rapport entre l’être humain et l’environnement. La production de composés bioactifs de qualité pour lutter contre la dégénérescence cellulaire devrait être mieux contrôlée et certifiée pour assurer une meilleure efficience.

2.4.

Les services à la personne âgée relèvent de deux approches complémentaires: l’approche institutionnelle en maison de retraite médicalisée (MRM) et l’approche domiciliaire. L’efficience de cette complémentarité ne sera assurée que par une objectivation des missions et des contenus de l’une et de l’autre, par une définition précise des profils pris en charge, ainsi que par une meilleure coordination des acteurs et de leurs outils.

2.5.

Il conviendrait de mobiliser et de structurer l’information afin d’évaluer — quantitativement et qualitativement — les besoins actuels en termes de places en MRM sachant que, selon la littérature consultée, le maintien à domicile (même dans des conditions de dépendance lourde) est une demande très majoritaire chez les personnes de 85 ans et plus.

2.6.

La carte clinique et le dossier médical informatisés devraient être généralisés à tous les États membres. Ils permettraient une meilleure appréhension de la réalité sanitaire et faciliteraient la mise en place d’un parcours de soins spécifique aux aînés.

2.7.

Il serait nécessaire d’encourager le décloisonnement et donc le partenariat entre les différents intervenants médicaux et paramédicaux en privilégiant le rôle de médecin coordonnateur gérontologue et d’infirmier principal — dont la fonction devrait être renforcée — et d’établir des passerelles entre services de soins institutionnels, soins et services ambulatoires, médecin de famille et aidants proches. Cela permettrait une meilleure appréhension de la demande en matière d’équipements et d’accueil des aînés.

2.8.

Outre les intervenants professionnels, l’implication des aidants doit être reconnue et valorisée.

Le système japonais Fureai Kippu (FK) est à ce titre intéressant (2).

2.8.1.

L’Union européenne pourrait être à l’initiative d’une expérience pilote de banque du temps intergénérationnelle dans une dizaine de régions et/ou villes européennes, s’inspirant du FK pour ensuite proposer aux États membres — qui souscriraient à cette idée — de généraliser le dispositif s’il se révèle efficace.

3. Une politique du logement raisonnée et efficiente

3.1.

La problématique du logement des aînés est complexe et sensible. Elle doit être envisagée en privilégiant systématiquement le choix de la personne et le dialogue avec la famille et les proches. Une politique raisonnée du logement des seniors doit tenir compte des éléments suivants:

—

les logements vieillissent avec leurs occupants. Les coûts liés à l’occupation d’un logement inadapté peuvent devenir un facteur de paupérisation, de désocialisation et de détérioration de la santé,

—

le choix ne peut plus se faire exclusivement entre le domicile et l’institution. Des formes alternatives d’accueil existent. Il conviendrait d’en évaluer le potentiel social et économique et de définir les structures à créer en fonction des profils et des pathologies (centres de jour, accueils de nuit, centres de proximité axés sur l’autonomie, etc.),

—

il convient de distinguer entre les «troubles cognitifs»et l’incapacité à l’autonomie,

—

la concentration des personnes âgées entre elles ne présente aucun avantage cognitif et la relation entre la santé mentale et la santé physique des seniors est aujourd’hui scientifiquement établie,

—

la concentration et la prise en charge totalisante du senior augmente significativement le risque de renoncement et de résignation. Cela implique inévitablement une médicalisation et une médicamentation croissantes.

3.2.

La politique immobilière destinée aux institutions de placement pour personnes âgées dépendantes devra être raisonnée sous peine d’inefficacité et de coûts difficilement amortissables par les seniors eux-mêmes, tout en tenant compte de l’importance de la localisation géographique. Veiller au respect du choix de la personne quant à son éventuel placement en institution doit rester un impératif catégorique.

3.2.1.

Il est indispensable d’envisager des politiques immobilières et urbanistiques dynamiques et flexibles afin de privilégier l’intermodalité des logements, l’intergénérationnel et l’ouverture sociale.

3.3.

Les avancées technologiques en matière de domotique sont un élément déterminant des politiques de logement à mettre en œuvre. Elles devront être soutenues par une attention particulière à l’accompagnement humain compétent et qualifié.

3.4.

La démarche «ville amie des aînés»(VADA, soutenue par l’OMS) a pour objectif principal de promouvoir un vieillissement actif en optimisant la santé, la participation et la sécurité des citoyens âgés. Une VADA établit un état des lieux, évalue les structures et les services dédiés aux personnes âgées et fixe un plan de mise en œuvre des priorités et des effets sur le terrain.

L’Union européenne pourrait être à l’initiative d’un programme visant à déployer une série d’expériences pilotes de VADA en ciblant des profils urbains hétérogènes, depuis des quartiers de (très) grandes villes jusqu’à des entités semi-rurales.

4. La revalorisation des professionnels et une formation soutenue

4.1.

Dans une société vieillissante, l’accent doit être mis sur la prise en charge des symptômes et leur variabilité. Il faut davantage de professionnels pour développer des systèmes et procédures. Le nombre de personnes appelées à travailler dans la réadaptation et la télémédecine va ainsi augmenter.

Des conventions collectives issues du dialogue social sont souhaitables afin d’éviter la rotation importante des travailleurs du secteur en insistant sur la revalorisation de la considération sociale et des rémunérations des professionnels.

4.2.

Statistiquement et quel que soit le scénario étudié, le métier d’aide à domicile est, potentiellement, la plus grande source de création d’emplois. Les professions relatives aux soins et à l’aide aux personnes fragiles dans leur ensemble, étant relativement moins sensibles à la conjoncture économique, devraient bénéficier d’une forte dynamique de l’emploi. Les aides-soignants, les auxiliaires de vie et les infirmiers comptent également parmi les métiers les plus créateurs d’emplois.

4.3.

Toute la littérature consultée converge vers la même conclusion: les soins et services aux seniors représentent un bassin d’emploi potentiellement gigantesque puisque la tendance lourde est au vieillissement sociodémographique du continent. Le problème central concerne la solvabilisation de ces emplois mal rémunérés eu égard à leur valeur ajoutée, au dévouement du personnel et aux conditions de travail difficiles.

4.4.

La formation des aidants doit aussi être soutenue car leur présence et leurs activités, complémentaires à celles des professionnels, est indissociable du bien-être de la personne âgée. L’Union européenne pourrait être à l’initiative d’une politique volontariste d’aide aux aidants proches en suggérant aux États membres d’adapter leurs législations sociales. Il s’agirait de reconnaître à l’aidant un statut particulier.

4.5.

Le public qui serait visé par les formations professionnelles de SAPA est en général peu (voire pas) qualifié, parce qu’il est peu habitué aux parcours d’apprentissage traditionnels. Néanmoins, il dispose de savoirs empiriques. Il conviendrait dès lors de définir un cadre pour le développement d’expérimentations formatives fondées sur des savoirs atypiques (savoir-faire et savoir-être). Le CESE préconise une approche qui, sans négliger les apprentissages cognitifs, utiliserait une pédagogie fondée sur les acquis pour définir des profils de compétence adéquats.

4.6.

Il conviendrait de faciliter l’accès et les modalités de formation au public cible en rendant plus flexible le passage vers la connaissance technique nécessaire par:

—

des outils ICT (et autres) permettant l’accès à la théorie et à l’information,

—

la mise en place de moments privilégiés d’échange,

—

la désignation d’un mentor permanent,

—

l’organisation de communautés en ligne permettant l’échange de savoirs et de pratiques.

4.7.

Ce qui précède devrait faire l’objet d’une attention spécifique du programme Erasmus+. Par ailleurs, l’autorité budgétaire européenne devrait ouvrir et soutenir la réflexion par une ligne budgétaire «expérimentation».

5. Une politique de financement adéquate

5.1.

Le principe de l’accès universel aux SAPA peut s’inspirer de celui de la plateforme européenne des personnes âgées: être accessible à un prix qui ne compromette ni la qualité de vie, ni la dignité, ni la liberté de choix.

5.2.

La personne vieillissante reste un acteur direct et indirect du tissu social. Lorsqu’elle se retrouve en perte d’autonomie, elle enclenche son rôle social passif: elle crée des emplois directs et indirects nécessaires à l’organisation du réseau de soutien. C’est à ce moment que la société, en retour, peut activer et mettre en œuvre l’ensemble de ses compétences et de ses ressources pour assurer la prise en charge globale de ses aînés.

5.3.

Les SAPA bénéficient généralement d’un large soutien des pouvoirs publics passant par des dispositifs visant à solvabiliser la demande privée des ménages. La marchandisation et la monétisation de ces services font cependant évoluer le rôle des pouvoirs publics et la gouvernance de ces services. De fournisseurs de services auprès des personnes dépendantes, l’État et les collectivités locales tendent à devenir des régulateurs du marché en instaurant des procédures visant à assurer l’efficience du marché et la confiance des bénéficiaires. Cela passe principalement par le contrôle des opérateurs de terrain, la qualité des services et la diffusion d’informations. Le CESE souhaite que la Commission recommande aux États membres la mise en place de la transparence des marchés et des performances qualité dans les activités de SAPA.

5.4.

Afin d’assurer une réelle solvabilité de la demande en matière de SAPA, il conviendrait d’encourager les États membres à favoriser la mise en place d’une assurance autonomie (AA), de préférence incorporée dans le dispositif de sécurité sociale. Cette assurance devrait être inclusive, de manière à financer des services et des équipements permettant une autonomie effective. L’AA devrait couvrir les besoins en soins et services à domicile ainsi que le séjour temporaire ou définitif en institution.

5.5.

Les systèmes de sécurité sociale des États, s’ils doivent intégrer cette donne, ne pourront pas en assumer le financement sur la base unique de l’impôt. Il conviendrait d’envisager ce financement en y associant d’autres sources, publiques et privées, dont les fonds de pension.

Une vaste étude de prospective socio-économique initiée par la Commission et portant sur la solvabilisation des emplois SAPA sur le territoire de l’Union est aujourd’hui souhaitable. Cette étude devrait envisager les différentes modalités de financement public et privé, proposer des mécanismes d’investissements basés sur des partenariats public-privé et suggérer différentes recommandations tant au niveau supranational qu’au niveau des États membres. Les contours d’une telle étude devraient être dessinés dans le cadre d’une table ronde financière réunissant les principaux acteurs responsables de la prise en charge de l’aide aux personnes âgées.

Bruxelles, le 15 mai 2019.

Le président

du Comité économique et social européen

Luca JAHIER


(1) Cet avis est complémentaire à ceux du CESE du 13.12.2012 sur les «Tendances et conséquences des évolutions futures des secteurs des services à la personne, dans les domaines sociaux, médicaux et éducatifs dans l’Union européenne»(JO C 44 du 15.2.2013, p. 16); et du 14.2.2018 sur «Les mutations industrielles dans le secteur de la santé»(JO C 227 du 28.6.2018, p. 11). Il prend également en considération les recommandations de la Commission du 2.7.2008 sur «l’interopérabilité transfrontalière des systèmes de dossiers informatisés de santé»et du 6.2.2019 relative à «un format européen d’échange des dossiers de santé informatisés».

(2) Le Japon (qui est le pays de l’OCDE dans lequel le vieillissement de la population est le plus rapide) a mis en place le système Fureai Kippu, qui est un réseau d’entraide mutuelle au niveau local doublé d’une «banque du temps» permettant de sensibiliser la population au volontariat. Selon le principe de la subsidiarité, il couvre toute aide aux personnes âgées ou invalides qui n’est pas prise en charge par l’assurance maladie.


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