| CELEX | 52018IP0039 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 8 février 2018 |
| 21.12.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 463/44 |
P8_TA(2018)0039
Rapport annuel sur les activités financières de la Banque européenne d’investissement
Résolution du Parlement européen du 8 février 2018 sur le rapport annuel sur les activités financières de la Banque européenne d’investissement (2017/2071(INI))
(2018/C 463/08)
Le Parlement européen,
| — | vu les articles 15, 126, 175, 177, 208, 209, 271, 308 et 309 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) et son protocole no 5 sur les statuts de la Banque européenne d’investissement (BEI), |
| — | vu le plan d’activité 2017-2019 du Groupe BEI, publié sur son site internet, |
| — | vu le rapport d’activité 2016 de la BEI, |
| — | vu le rapport financier 2016 et le rapport statistique 2016 de la BEI, |
| — | vu le rapport de la BEI sur l’évaluation du fonctionnement du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), paru en septembre 2016, |
| — | vu l’accord conclu le 2 mai 2017 par le Parlement européen et la BEI au sujet des informations devant être échangées au sens du règlement (UE) 2015/1017 du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2015 sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques, la plateforme européenne de conseil en investissement et le portail européen de projets d’investissement et modifiant le règlement (UE) no 1291/2013 et le règlement (UE) no 1316/2013 — le Fonds européen pour les investissements stratégiques (1), |
| — | vu le règlement (UE) 2017/2396 du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2017 modifiant les règlements (UE) no 1316/2013 et (UE) 2015/1017 en vue de prolonger la durée d’existence du Fonds européen pour les investissements stratégiques et d’introduire des améliorations techniques concernant ce Fonds et la plateforme européenne de conseil en investissement (2), |
| — | vu la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil modifiant la décision no 466/2014/UE accordant une garantie de l’Union européenne à la Banque européenne d’investissement en cas de pertes résultant d’opérations de financement en faveur de projets menés hors de l’Union (COM(2016)0583), |
| — | vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE, Euratom) no 480/2009 instituant un Fonds de garantie relatif aux actions extérieures (COM(2016)0582), |
| — | vu l’initiative «résilience économique» de la BEI, |
| — | vu la proposition de règlement (UE) 2017/1601 du Parlement européen et du Conseil du 26 septembre 2017 instituant le Fonds européen pour le développement durable (FEDD), la garantie FEDD et le fonds de garantie FEDD (3), |
| — | vu la première réunion du conseil stratégique de l’EFSD, qui s’est tenue à Bruxelles le 28 septembre 2017, |
| — | vu le sommet social pour des emplois et une croissance équitables qui s’est tenu à Göteborg le 17 novembre 2017 et le socle européen des droits sociaux, |
| — | vu la stratégie du Groupe BEI concernant l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation économique des femmes, |
| — | vu le rapport sur la mise en œuvre de la politique de transparence de la BEI en 2015 et le rapport de la BEI sur la gouvernance d’entreprise 2016, |
| — | vu le manuel environnemental et social de la BEI, |
| — | vu la révision en cours du mécanisme de traitement des plaintes de la BEI — Principes, champ d'application et règlement de 2010, |
| — | vu le document intitulé «Politique de la BEI concernant les juridictions insuffisamment réglementées, non coopératives ou non transparentes (politique JNC)» du 15 décembre 2010 et son addendum du 8 avril 2014, |
| — | vu l’approbation par la BEI de la ratification de l’accord de Paris par l’Union européenne le 4 octobre 2016, |
| — | vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable des Nations unies, |
| — | vu le discours du président Juncker sur l’état de l’Union, prononcé le 13 septembre 2017 lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg, |
| — | vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne (traité UE), |
| — | vu l’article 52 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission des budgets ainsi que les avis de la commission des affaires économiques et monétaires et de la commission du développement régional (A8-0013/2018), |
| A. | considérant que la Banque européenne d’investissement est vue comme le «bras financier de l’Union» et comme la principale institution de soutien aux investissements publics et privés au sein de l’Union, tout en jouant un rôle important en dehors de l’Union par ses activités de prêts extérieurs; |
| B. | considérant que les activités financières du Groupe BEI consistent à la fois à octroyer des prêts sur ressources propres et à réaliser les missions qui lui sont confiées avec le soutien du budget de l’Union et de tiers, tels que les États membres de l’Union; |
| C. | considérant qu’il convient d’accorder une attention permanente au développement des bonnes pratiques liées à la politique et à la gestion des performances de la BEI, ainsi qu’à la bonne gouvernance et à la transparence; |
| D. | considérant que la BEI a maintenu une assise financière solide en 2016, conformément aux prévisions pour cette année, avec un excédent annuel net de 2,8 milliards d’euros; |
| E. | considérant que la BEI devrait continuer d’intensifier ses efforts pour développer efficacement ses activités de prêt en apportant une assistance technique et des services de conseil, tout particulièrement dans les régions marquées par un faible niveau d’investissement, afin de remédier aux disparités régionales, tout en allégeant les contraintes administratives imposées aux demandeurs; |
| F. | considérant que la BEI, en tant qu’institution responsable de la gestion du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), devrait maintenir la poursuite d’un portefeuille d’actifs de qualité et équilibré sur le plan géographique, avec des avantages économiques à long terme permettant de générer des emplois de qualité, et qu’elle devrait faire de ceci sa priorité sur l’ensemble du territoire de l’Union; |
| G. | considérant que le Fonds européen d’investissement (FEI) devrait être un élément essentiel pour compléter les interventions de la BEI du fait qu’il constitue l’outil spécifique de l’Union en matière de capital-risque et de garanties, son but premier étant de soutenir les PME et de renforcer ainsi l’intégration européenne et la cohésion économique, sociale et territoriale au sein de l’Union; |
| H. | considérant que les dispositions contractuelles incluses dans les contrats signés entre le Groupe BEI et ses cocontractants comprennent des garanties contre la fraude, y compris la fraude fiscale et le blanchiment d’argent, ainsi que des garanties contre le financement du terrorisme; que le Groupe BEI doit exiger de ses cocontractants qu’ils respectent l’ensemble de la législation en vigueur; que le Groupe BEI devrait, selon les résultats des audits préalables, imposer des dispositions contractuelles supplémentaires relatives à des problèmes spécifiques de transparence et d’intégrité; |
| I. | considérant que le Groupe BEI est tenu par les traités de contribuer à l’intégration européenne ainsi qu’à la cohésion économique et sociale et au développement régional au sein de l’Union grâce à des instruments d’investissement spécifiques tels que des prêts, des fonds, des garanties, des mécanismes de partage des risques et des services de conseil; |
| J. | considérant que le Groupe BEI doit maintenir un degré élevé de solvabilité comme un atout fondamental de son modèle commercial, et un portefeuille d’actifs solide et de haute qualité, qui comprenne de bons projets d’investissement au titre de l’EFSI et de tous les instruments financiers; |
Défis mondiaux et principales politiques
| 1. | souligne que la crise économique a considérablement affaibli la croissance de l’économie européenne et que l’une des principales retombées en est le recul des investissements dans l’Union; souligne que la chute de l’investissement public et privé a atteint des niveaux alarmants dans les pays les plus durement touchés par la crise, comme en témoignent les conclusions d’Eurostat; fait part de ses inquiétudes quant aux déséquilibres macroéconomiques et aux taux de chômage qui restent élevés dans certains États membres; |
| 2. | attend de la BEI qu’elle continue de collaborer avec la Commission européenne et les États membres afin de remédier aux lacunes structurelles qui empêchent certains pays et régions de tirer tout le parti possible des activités financières de la Banque; |
| 3. | se félicite de la volonté du Groupe BEI de renforcer la compétitivité de l’UE, d’apporter un réel soutien à la croissance et à la création d’emplois et de contribuer à résoudre les problèmes socio-économiques à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, en poursuivant ses objectifs généraux de politiques publiques en matière d’innovation, de financement des PME et des entreprises à capitalisation moyenne, d’infrastructures, d’environnement, de cohésion économique et sociale, et de lutte contre le changement climatique; rappelle que ces objectifs nécessitent également la fourniture de biens publics; affirme que pour réaliser les objectifs de la stratégie Europe 2020, les activités du Groupe BEI devraient non seulement s’inscrire dans la durée du point de vue économique, mais également contribuer à une Union européenne plus intelligente, plus écologique et plus solidaire; invite, à cette fin, la BEI à collaborer avec les petits acteurs du marché et les coopératives de proximité en vue de regrouper les projets à petite échelle dans le domaine des énergies renouvelables, afin qu’ils puissent bénéficier des financements de la BEI; souligne la cohérence nécessaire entre les instruments permettant d’atteindre ces objectifs; |
| 4. | se félicite, à cet égard, du volet de travail de la Commission européenne regroupant différentes sources de financement, y compris l’EFSI, les instruments financiers gérés de manière centralisée au niveau de l’Union, les ressources des programmes des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) ainsi que les ressources des États membres et des banques et institutions nationales de développement, ce qui a permis à des projets à plus haut risque et bénéficiant d’un accès limité au financement d’être soutenus, au profit des PME; |
| 5. | se félicite que la BEI ait affirmé son engagement à soutenir la réalisation de l’accord de Paris; estime que la révision des critères énergétiques applicables à l’octroi de prêts de la BEI, prévue pour 2018, sera l’occasion pour la banque de faire le bilan du soutien qu’elle apporte au secteur des combustibles fossiles et de publier l’ensemble des données pertinentes à ce sujet; demande instamment à la banque, dans ce contexte, de publier les plans d’action concrets découlant de sa Stratégie de 2015 en matière d’action pour le climat et de mettre ses activités en cohérence avec l’objectif visant à une augmentation de la température moyenne mondiale de 1,5 degré, conformément à l’accord de Paris, en supprimant progressivement et promptement la totalité des projets relatifs aux combustibles fossiles et en donnant la priorité aux projets d’efficacité énergétique et aux projets impliquant des sources d’énergie renouvelables; salue les conclusions du Conseil du 10 octobre 2017 sur le financement de l’action climatique (4) et souligne qu’il est important de disposer d’un financement suffisant pour les investissements verts et durables, y compris pour le secteur des bio-industries (5); invite la BEI à prolonger son soutien financier aux sources d’énergie durables locales afin de mettre un terme à la grande dépendance énergétique de l’Europe à l’égard de sources extérieures et de sécuriser l’approvisionnement; invite la BEI à envisager d’adopter les marqueurs de Rio de l’OCDE relatifs au climat, qui servent à suivre et à contrôler les dépenses liées à la lutte contre le changement climatique émanant des Fonds ESI, ce qui permettrait de mieux tenir compte des activités de la BEI relatives à la politique de cohésion lors de l’évaluation du rôle des Fonds ESI dans la lutte contre le changement climatique; |
| 6. | fait remarquer que la BEI a affiché des résultats très mitigés en matière d’action pour le climat, bien qu’elle ait tout juste atteint son objectif, fixé à 25 % du total de ses financements; est préoccupé par le fait que, dans 16 États membres, le soutien de la BEI à l’action climatique n’a même pas atteint les 20 % et que l’investissement dans l’action climatique en 2016 était majoritairement le fait des économies les plus robustes de l’Union, 70 % du soutien de l’EFSI à l’énergie renouvelable étant concentré dans un seul pays (la Belgique) et 80 % des investissements en matière d’efficacité énergétique versés par l’intermédiaire de l’EFSI étant destinés à la France, à la Finlande et à l’Allemagne; |
| 7. | se félicite que la BEI ait réagi à la crise par une extension significative de ses activités, y compris dans les pays les plus durement touchés; invite la BEI à soutenir encore davantage les pays de l’Union européenne afin de contribuer à la reprise de leur économie; |
| 8. | rappelle qu’il est urgent de tirer au clair les incidences du Brexit sur le budget actuel de la BEI et ses activités afin que l’institution puisse continuer à assumer son rôle; note que le Royaume-Uni a fourni 16,11 % du capital de la BEI, ce qui correspond à 3,5 milliards d’euros en capital libéré et à 35,7 milliards d’euros du capital appelable de la BEI; souligne qu’il importe de clarifier le montant de la contribution du Royaume-Uni au budget de la BEI ainsi que sa participation économique future; demande aux États membres de faire en sorte que le départ du Royaume-Uni n’engendre pas une diminution de la capacité de la BEI à soutenir l’économie de l’Union; insiste, à cet égard, sur la nécessité d’assurer aussitôt que possible la sécurité juridique des projets en cours cofinancés par la BEI au Royaume-Uni; estime que, bien qu’en matière d’investissement, le Royaume-Uni doive être considéré au même titre que tout autre État membre jusqu’au moment de son retrait officiel de l’Union, la BEI fait valoir des motifs valables pour subordonner les investissements à des conditions visant à garantir le respect des critères d’éligibilité, notamment celui des normes environnementales, pour l’ensemble de la durée de ces investissements; |
| 9. | souligne l’importance des activités de financement de la BEI dans les pays des voisinages oriental et méridional de l’Union, qui soutiennent les pays qui mènent à bien des réformes économiques et démocratiques ardues en vue d’intégrer l’Union; rappelle que les principales activités de financement doivent également viser à répondre à la fois aux besoins urgents et aux défis à plus long terme, tels que la reconstruction des infrastructures, la fourniture de logements adéquats et d’une infrastructure d’intervention d’urgence et la lutte contre le chômage des jeunes; souligne qu’il est nécessaire que la BEI accorde mène les opérations extérieures de manière à ce que ses activités se concentrent surtout sur des domaines de grande importance pour l’Union européenne; met en lumière, à cet égard, l’expansion du mandat de prêt extérieur de la BEI pour accélérer le rythme des activités dans le voisinage méridional, la région méditerranéenne, en Amérique latine et en Asie; met en lumière le fort potentiel des opérations de la BEI quant à l’amélioration de la situation économique dans des régions d’importance géopolitique primordiale, notamment en Ukraine, qui est confrontée à une grande pression économique en raison de la poursuite du conflit armé dans l’est du pays; |
| 10. | estime que la BEI, en tant que «banque de l’Union européenne», régie par les traités et le protocole correspondant, doit se montrer à la hauteur de ce statut spécial, qui lui confère des droits et responsabilités particuliers; observe que la BEI joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre d’un nombre sans cesse croissant d’instruments financiers, qui exercent un effet de levier sur les ressources budgétaires de l’Union; |
| 11. | note que, d’après le plan d’activité de la BEI pour la période 2017-2019, la valeur des prêts signés par la BEI devrait augmenter à nouveau en 2019 (elle devrait atteindre 76 milliards d’euros, après être passée de 77 milliards d’euros en 2014 à 73 milliards d’euros en 2016); souligne que le contexte actuel devrait inciter la banque à adopter des objectifs plus ambitieux et à augmenter les prêts signés par la BEI; rappelle que la BEI devrait jouer un rôle crucial dans la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 par l’intermédiaire d’instruments tels que le programme Horizon 2020 et le mécanisme pour l’interconnexion en Europe; |
| 12. | salue l’engagement de la BEI à lutter contre les causes profondes des flux migratoires et à agir dans les pays particulièrement touchés par la crise migratoire, notamment via le renforcement et l’augmentation de l’action humanitaire, le soutien à la croissance économique, au développement et aux investissements nécessaires pour disposer d’infrastructures modernes et durables dans le domaine des politiques urbaines, de santé, éducatives et sociales, la stimulation de l’activité économique en vue de créer des emplois et la promotion de la coopération transfrontalière entre les États membres et les pays tiers; attend du Groupe BEI, à cette fin, qu’il intensifie ses efforts pour coordonner son initiative «résilience économique» et le mandat de prêt extérieur révisé avec le Fonds européen pour le développement durable (FEDD); appelle à une augmentation de l’aide financière pour les projets qui contribueraient à atténuer les coûts économiques liés à la crise des migrants, tout en ayant une incidence positive sur les citoyens, les réfugiés et les autres migrants dans les États membres qui reçoivent le plus grand nombre de réfugiés et de migrants; |
| 13. | salue, à cet égard, l’initiative «Réponse à la crise et résilience» de la BEI qui vise à augmenter de six milliards d’euros le montant de l’aide apportée aux pays du voisinage méridional de l’Europe et aux Balkans; demande que cette initiative génère une véritable additionnalité quant aux activités actuelles de la BEI dans la région; |
| 14. | prend acte de la proposition de la BEI de créer, au sein du Groupe, une filiale — en utilisant le FEI comme modèle — dédiée aux financements extérieurs à l’Europe; attend d’être informé en temps utile de toute évolution à ce sujet; |
| 15. | salue la stratégie du Groupe BEI concernant l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation économique des femmes, publiée en 2017; estime que toutes les opérations financières du Groupe BEI devraient tenir compte de l’égalité hommes-femmes; compte sur la mise en œuvre prochaine d’un plan d’action sur l’égalité des sexes, qui fixe des objectifs ambitieux et des indicateurs concrets; |
| 16. | salue l’accord conclu sur la prolongation et l’ajustement de l’EFSI, et souhaite que le nouveau fonds ainsi que la version améliorée de la plateforme européenne de conseil en investissement permettent de régler les problèmes mis en évidence dans le système actuel, liés à l’additionnalité, à la durabilité, à l’action climatique, à l’équilibre géographique et aux activités de la plateforme de conseil en investissement; souligne à quel point il importe d’éviter les déséquilibres géographiques dans les activités de prêt de la BEI, l’objectif étant de faire en sorte que davantage de secteurs et de régions bénéficient de prêts, sans que cela compromette la qualité des projets; invite la BEI à intensifier ses travaux avec les banques nationales de développement afin d’en augmenter la portée et de développer davantage les activités de conseil et d’assistance technique dans le but de résoudre ce problème de déséquilibre géographique à long terme; note la large diversité des expériences recueillies dans le cadre des projets financés par l’EFSI; soutient et encourage la poursuite des échanges de bonnes pratiques entre la BEI et les États membres afin d’assurer l’efficacité économique et un effet de levier adéquat du plan Juncker, ce qui aura un impact notable sur la vie des citoyens de l’Union; |
| 17. | constate que dans le secteur social, la BEI octroie un milliard d’euros par an en moyenne de prêts en faveur des projets de logements sociaux (qui ont connu une forte augmentation au cours des dernières années, ainsi qu’une diversification accrue des promoteurs et des emprunteurs), 1,5 milliard d’euros en faveurs des infrastructures de santé, et 2,4 milliards d’euros en faveur des projets d’infrastructures d’enseignement; souligne que la poursuite du développement des financements de la BEI dans ce secteur illustrerait les progrès en cours, en confirmant le socle européen des droits sociaux et en garantissant, conformément aux attentes, que le Groupe BEI accorde la priorité aux projets qui ont la plus forte incidence sur la création d’emplois locaux durables; |
| 18. | se félicite que, conformément à la note d’information du 28 septembre 2017 du département Analyses économiques de la BEI, les placements cumulés approuvés par le Groupe BEI en 2015 et en 2016 ajouteront 2,3 % au PIB de l’Union européenne d’ici à 2020 et créeront 2,25 millions d’emplois, ce qui montre les répercussions macroéconomiques importantes du travail de la BEI; encourage la BEI à élargir sa capacité d’analyse macroéconomique, y compris la recherche sur les répercussions macroéconomiques de ses activités, ainsi que ses travaux généraux d’analyse, ses études sectorielles et la variété d’articles et de publications empiriques, en vue de devenir également une «banque de connaissances»; invite la BEI à continuer d’améliorer l’évaluation de projets en utilisant des indicateurs d’impact enrichis, affinés et plus précis; |
| 19. | reconnaît l’importance du rôle anticyclique que la BEI a joué au cours des dernières années; estime que l’une des priorités essentielles pour la BEI, lorsque l’économie retrouvera les niveaux d’investissement antérieurs à la crise, doit être de se concentrer sur la manière d’aider à combler les lacunes en matière d’investissement dans les domaines dans lesquels les marchés sont défaillants, par exemple en raison de leur perspective à court terme persistante et de leur incapacité à fixer correctement le prix des externalités à long terme, afin d’encourager les investissements durables, le progrès technologique et l’innovation débouchant sur une croissance durable; insiste sur la nécessité d’accorder la priorité à des projets innovateurs qui comportent une valeur ajoutée manifeste pour l’Union ainsi qu’aux projets qui soutiennent le développement régional, comme la revitalisation des zones rurales et d’autres zones moins peuplées, moins accessibles et sous-développées; |
| 20. | souligne que la BEI a joué et continue de jouer un rôle positif en réduisant le déficit d’investissement public; met l’accent sur le fait que les investissements, les réformes structurelles responsables et durables et une politique budgétaire saine doivent faire partie intégrante d’une stratégie globale; appelle de ses vœux la coordination des activités de la BEI dans les États membres avec les activités, les politiques et les objectifs des gouvernements fixés par les programmes nationaux de réforme ainsi que par les recommandations par pays, lorsqu’une telle coordination est possible; |
| 21. | souligne que des raisons structurelles essentielles au niveau de l’Union constituent la cause de l’écart croissant d’investissements entre les États membres; appelle la BEI à renforcer son assistance technique afin de remédier aux faibles capacités de création de projet dans certains États membres; demande à la BEI de fournir des informations plus détaillées sur les emplois directs et indirects créés par chaque projet financé; |
| 22. | souligne que la Banque européenne d’investissement (BEI) est tenue par les traités de contribuer au développement stable et équilibré du marché intérieur grâce à son activité principale de prêt, afin de soutenir des projets visant à développer les régions moins développées ainsi que des projets qui présentent un caractère transnational, en synergie avec les Fonds ESI; insiste par conséquent sur le potentiel offert par le rôle complémentaire important que joue la BEI dans la mise en œuvre de la politique de cohésion, qui devrait toujours rester axée sur les performances et les résultats, y compris par des activités visant à renforcer les capacités de préparation des projets, par des services de conseil et d’analyse, et par des prêts pour le cofinancement national des Fonds ESI; invite la Commission et la BEI à mieux coordonner leurs efforts en vue de promouvoir davantage l’échange des bonnes pratiques et de favoriser la diffusion des possibilités d’investissement dans toutes les régions européennes, y compris celles qui ne relèvent pas du Fonds de cohésion, afin de mieux réaliser les objectifs relatifs à la cohésion économique, sociale et territoriale; |
| 23. | souligne que la BEI, en tant qu’institution financière publique qui finance des projets visant à concrétiser les politiques et les priorités de l’Union, devrait contribuer à la cohésion économique, sociale et territoriale, y compris dans les régions moins développées, conformément aux dispositions du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; constate avec préoccupation, toutefois, que, selon la répartition géographique des prêts par pays dans lesquels les projets sont menés, cinq États membres, qui constituent les plus grandes économies de l’Union, ont reçu 54,11 % du total des prêts accordés en 2016; prie la BEI et la Commission d’en examiner les raisons et de faire rapport au Parlement d’ici à la mi-2018; insiste sur la nécessité d’élargir la répartition territoriale des fonds, y compris en ce qui concerne l’EFSI, qui devrait toujours compléter les Fonds ESI, en vue d’atteindre l’objectif de réduction des disparités régionales; souligne que la BEI doit jouer un rôle accru dans le financement de l’entrepreneuriat social et des jeunes pousses, de l’accélération de la croissance des infrastructures sociales, des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et des projets de l’économie circulaire; rappelle, à cet égard, que la BEI est également un grand investisseur dans les pays tiers; |
| 24. | prend note de l’évaluation à mi-parcours de tous les instruments financiers d’Horizon 2020 (InnovFin) menée par le groupe BEI et des 15 recommandations formulées à cette occasion; attend du Groupe BEI qu’il élabore une stratégie détaillée sur la voie qu’il entend suivre pour mettre en œuvre ces recommandations; |
Conformité
| 25. | affirme à nouveau que le cadre législatif européen, notamment les statuts de la BEI, le règlement sur l’EFSI, les quatre règlements sur la Politique agricole commune (PAC) et les cinq Fonds ESI (le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen, le Fonds de cohésion, le Fonds européen agricole pour le développement rural et le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche) devrait interdire le versement de crédits européens à des bénéficiaires finaux ou à des intermédiaires financiers dont l’implication dans l’évasion fiscale ou la fraude fiscale a été prouvée; |
| 26. | rappelle que la politique de la BEI concernant les juridictions en non conformité (JNC) doit être ambitieuse; fait observer que le fait de s’appuyer sur la liste commune de l’Union des juridictions des pays tiers qui ne respectent pas les normes de bonne gouvernance fiscale, qui a été approuvée par le Conseil de l’Union le 5 décembre 2017 et qui primera sur les listes des autres organisations en cas de conflit, constitue une étape positive mais insuffisante, et plaide pour que l’établissement de rapports par pays sans exceptions soit un élément central de la stratégie de la BEI en matière de responsabilité sociale; demande à la BEI de: respecter les normes qui la concernent et la législation applicable en matière de prévention du blanchiment de capitaux ainsi que de lutte contre le terrorisme, la fraude fiscale et l’évasion fiscale; se garder de recourir ou de participer à des structures d’évasion fiscale, notamment à des mécanismes de planification fiscale agressive, ou à des pratiques non conformes aux critères de bonne gouvernance fiscale, tels qu’ils sont énoncés dans les actes juridiques de l’Union, dans les conclusions du Conseil, dans les communications de la Commission ou dans tout avis officiel émanant de cette dernière; mettre fin à ses relations commerciales avec des entités établies dans des pays qui ne coopèrent pas avec l’Union pour l’application des normes fiscales convenues au niveau international en matière de transparence et d’échange d’informations. invite la BEI, à la suite d’une consultation avec la Commission et les parties prenantes, à réviser et à mettre à jour sa politique relative aux JNC compte tenu de l’adoption de la liste des pays et territoires non coopératifs établie par l’Union; demande à la Commission, pour ce qui la concerne, de présenter un rapport au Parlement et au Conseil chaque année sur la mise en œuvre de cette politique; |
| 27. | relève que la Commission a bloqué certains projets présentés par les institutions financières internationales (IFI) (6) par le passé parce que ces projets impliquaient des dispositifs fiscaux d’une complexité injustifiable, exploitant des régimes fiscaux préjudiciables ou absents dans des pays tiers; invite la Commission et la BEI à inclure dans son rapport annuel des informations sur les projets dans lesquels des fonds ont été transférés à des juridictions offshore; insiste sur le fait que les IFI doivent veiller à éviter tout risque que les fonds de l’Union contribuent directement ou indirectement à l’évasion fiscale et à la fraude fiscale; |
| 28. | relève que des inquiétudes ont été soulevées concernant des projets financés par la BEI faisant intervenir des comptes offshore et des juridictions non coopératives; demande à la Commission de produire un rapport public annuel sur l’utilisation des fonds de l’Union en lien avec des comptes offshore ainsi que sur les transferts de capitaux de la BEI et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) vers ces comptes offshore, lequel comprendrait le nombre et la nature des projets bloqués, des commentaires expliquant les raisons du blocage des projets et les mesures de suivi adoptées en vue de garantir que les financements de l’Union n’aident pas directement ou indirectement l’évasion ou la fraude fiscales; |
| 29. | se félicite du fait que la BEI prend davantage en compte l’incidence fiscale dans les pays où les investissements sont réalisés et la manière dont ces investissements contribuent au développement et à la réduction des inégalités; |
| 30. | estime qu’en tant que banque de l’Union européenne, la BEI devrait intensifier ses efforts visant à garantir que les intermédiaires financiers avec lesquels elle traite ne recourent pas et ne participent pas à des structures d’évasion fiscale, notamment à des mécanismes de planification fiscale agressive, ou à des pratiques qui ne respectent pas les principes de bonne gouvernance fiscale, tels qu’énoncés dans la législation de l’Union, y compris dans les recommandations et communications de la Commission; souligne que la BEI devrait également s’assurer que les intermédiaires financiers ne sont pas impliqués dans des affaires de corruption ou de blanchiment de capitaux, ou dans des faits relevant de la criminalité organisée ou du terrorisme; |
| 31. | souligne la nécessité pour la BEI de disposer d’informations fiables et complètes sur la propriété effective des bénéficiaires finals des fonds de la BEI, y compris dans les cas où le financement repose sur des fonds de capital-investissement; exhorte donc la BEI à renforcer sa procédure de diligence raisonnable et sa transparence dans le cas de partenariats avec des intermédiaires financiers; estime que l’utilisation de critères pour la sélection des intermédiaires financiers et la détention d’informations à jour sur les bénéficiaires effectifs des entreprises, y compris pour les fiducies, les fondations et les paradis fiscaux, sont des bonnes pratiques qu’il convient de pérenniser; prend acte du fait que la BEI recense les bénéficiaires effectifs de ces entreprises au cours de la procédure d’audit préalable; invite le Groupe BEI à continuer de renforcer ses conditions contractuelles en y intégrant une clause sur la bonne gouvernance ou une référence à celle-ci afin d’atténuer les risques liés à l’intégrité et à la réputation; souligne combien il est nécessaire que la BEI se dote d’une liste publique rigoureuse des critères de sélection des intermédiaires financiers afin de renforcer l’engagement de l’Union dans la lutte contre les pratiques fiscales abusives et de prévenir de façon plus efficace les risques de corruption et d’infiltration par la criminalité organisée; |
| 32. | se félicite des efforts de diligence du Groupe BEI à l’égard de ses homologues et de ses opérations, y compris dans ses activités de suivi et de contrôle en cours, afin d’éviter que la BEI ne facilite involontairement la corruption, la fraude, les collusions, la contrainte, le blanchiment d’argent, la fraude fiscale, des pratiques fiscales dommageables ou le financement du terrorisme, notamment par la publication de rapports d’activité réguliers du bureau de conformité et par son étroite coopération avec l’inspection générale de la BEI; demande à la BEI de s’aligner sur le nouveau système d’alerte rapide et d’exclusion prévu par la Commission européenne; |
| 33. | se félicite de la coopération et des échanges du Groupe BEI avec les différents services de la Commission sur le train de mesures contre l’évasion fiscale, qui visent à en clarifier le champ d’application et les principaux éléments, mais aussi du rôle et de l’engagement du Groupe BEI, et de sa participation au dialogue avec les organisations de la société civile sur ces questions, tant au niveau de son conseil d’administration que de ses services, comme le bureau de conformité; invite la BEI à prendre davantage en compte l’évasion fiscale lors de ses contrôles préalables; |
Obligation de rendre des comptes
| 34. | estime que le rôle économique renforcé du Groupe BEI, l’augmentation de sa capacité d’investissement et l’utilisation du budget de l’Union pour garantir ses opérations doivent aller de pair avec une transparence et une responsabilité accrues, afin d’assurer un réel contrôle public de ses activités, de la sélection des projets et de ses priorités en matière de financement; |
| 35. | se félicite que la BEI présente trois rapports par an sur ses activités au Parlement européen et que le président et le personnel de la BEI participent régulièrement à des auditions à la demande du Parlement et de ses commissions; rappelle toutefois sa demande d’un meilleur contrôle parlementaire et d’une plus grande transparence de la BEI; demande à nouveau, à cet égard, la signature d’un accord interinstitutionnel entre la BEI et le Parlement sur l’échange d’informations, comprenant la possibilité pour les députés d’adresser des questions écrites au président de la BEI; |
| 36. | rappelle que la transparence lors de la mise en œuvre des politiques de l’Union permet non seulement de renforcer la responsabilité et la crédibilité institutionnelles générales du Groupe BEI, grâce à une bonne vue d’ensemble du type d’intermédiaires financiers et de bénéficiaires finaux, mais aussi d’améliorer l’efficacité et la viabilité des projets financés et d’appliquer une tolérance zéro à l’égard de la fraude et de la corruption au sein de son portefeuille de prêts; |
| 37. | se félicite que la politique de transparence du Groupe BEI repose sur le principe de divulgation des informations et que chacun puisse accéder aux documents et aux informations du Groupe BEI; rappelle sa recommandation de publier sur le site internet du Groupe BEI les documents non confidentiels tels que les accords et les rapports interinstitutionnels, et demande instamment au Groupe BEI de ne pas s’en tenir là, mais de continuer à chercher constamment des axes d’améliorations; |
| 38. | suggère que le Groupe BEI devrait suivre l’exemple de la Société financière internationale (IFC) du groupe de la Banque mondiale et commencer à divulguer des informations sur les sous-projets à risques élevés qu’elle finance par l’intermédiaire des banques commerciales (les principaux intermédiaires ou les instruments financiers utilisés par le Groupe BEI pour financer les PME); |
| 39. | se félicite que tous les documents dont dispose le Groupe BEI et qui sont liés aux projets soient rendus publics sur demande; demande au Groupe BEI de définir des lignes directrices sur la divulgation des informations essentielles et non sensibles en lien avec les demandes qui lui ont été adressées de prendre l’initiative de la diffusion des informations au niveau des projets; |
| 40. | demande que la politique de divulgation des informations du Groupe BEI garantisse un niveau plus élevé de transparence en ce qui concerne les principes régissant sa politique de prix et ses organes de gouvernance; salue, à cet égard, la publication des procès verbaux des réunions du conseil d’administration du Groupe BEI de janvier 2017, du registre public des documents, et la publication des données de projets, par l’intermédiaire de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (7); appelle de ses vœux la publication des procès verbaux des réunions du comité de direction de la BEI; |
| 41. | prend acte de la révision en cours de la politique de signalement du Groupe BEI; demande instamment au Groupe BEI de renforcer l’indépendance, la légitimité, l’accessibilité, la prévisibilité, l’équité et la transparence de son mécanisme de traitement des plaintes, y compris en impliquant des administrateurs et en améliorant la protection des plaignants; estime que de telles mesures servent clairement les intérêts de la BEI, des parties prenantes et des institutions de l’Union; |
| 42. | prend note du fait que, sur les 120 cas signalés à la division d’enquête sur les fraudes de l’inspection générale de la BEI en 2016, 53 % ont été rapportés par le personnel du Groupe BEI; salue le fait que le mécanisme de signalement des actes de fraude sur le site de la BEI soit maintenant disponible en 30 langues (8); est d’avis que la BEI devrait suivre avec attention les travaux en cours sur la protection des lanceurs d’alerte au niveau de l’Union européenne et, partant, poursuivre l’amélioration des moyens de signalement; |
| 43. | demande au Groupe BEI de mettre en permanence l’accent sur l’examen de ses performances au moyen d’évaluations des performances et des effets avérés; l’encourage à continuer à affiner ses indicateurs de suivi, plus précisément ses indicateurs d’additionnalité, afin de mener des analyses d’impact le plus tôt possible lors de la phase d’élaboration des projets, et de fournir au conseil d’administration une quantité suffisante d’informations sur leurs effets attendus, notamment en ce qui concerne la contribution des projets aux politiques européennes, par exemple leur effet sur l’emploi (tant au cours de leur mise en œuvre que de leur exploitation); souligne, par ailleurs, que la performance des financements de Groupe BEI ne peut pas être appréciée sur la base d’une évaluation de leur seule incidence financière, et demande, dès lors, qu’un juste équilibre soit maintenu entre les objectifs opérationnels définis en termes de chiffre d’affaires et les objectifs non financiers du personnel du Groupe BEI; recommande, par exemple, que les évaluations des performances précisent quels objectifs spécifiques dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies sont visés par le projet et dans quelle mesure ce dernier a contribué à les atteindre; estime qu’il est essentiel que la population vivant à proximité des zones concernées par les projets d’infrastructure financés participe activement à leur évaluation; |
| 44. | se félicite que la BEI continue à affiner sa méthode d’élaboration des rapports, de manière par exemple à cerner précisément les investissements mobilisés par les différentes structures de prêts intermédiés et les nouveaux produits; salue les mesures prises en collaboration avec d’autres banques multilatérales de développement pour harmoniser les principaux aspects de l’établissement des rapports d’impact, comme c’est le cas dans le rapport récemment élaboré sur la lutte contre le changement climatique et le rapport en préparation sur l’octroi de prêts dans tous les secteurs; |
| 45. | se félicite que la mesure des résultats (REM+) mène progressivement à un «changement de culture» au sein du Groupe BEI; appelle à l’harmonisation et à la généralisation de cet exercice, en intégrant en plus, autant que possible, les indicateurs d’Addis-Abeba et de Paris; estime que l’ajustement de ces indicateurs, en y intégrant des points de vue locaux, pourrait réduire leur éloignement sans porter atteinte à leur indépendance; |
| 46. | demande à la BEI de tenir compte du contexte local lorsqu’elle investit dans des pays tiers; rappelle que les investissements dans les pays tiers ne peuvent pas seulement reposer sur une approche de maximisation des profits, mais doivent également viser à maintenir une croissance économique durable générée par le secteur privé et réduire la pauvreté grâce à la création d’emplois et à l’amélioration de l’accès aux ressources de production; |
| 47. | fait observer que, dans de nombreux pays où la BEI intervient, les droits de l’homme, en particulier les libertés d’expression, de réunion et d’association, sont menacés de diverses manières: répressions violentes de manifestations, criminalisation de la liberté d’expression, arrestations arbitraires, détention de défenseurs des droits de l’homme et restrictions imposées aux organisations de la société civile; invite la BEI à adopter un plan d’action en faveur des droits de l’homme qui viserait à mettre en œuvre les objectifs du cadre stratégique de l’UE en matière de droits de l’homme et de démocratie, du plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie et des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, afin de prévenir toute incidence négative des projets de la BEI sur les droits de l’homme, de veiller à ce que ces projets contribuent au renforcement et à la concrétisation des droits de l’homme, et de prévoir des voies de recours en cas de violation des droits de l’homme; |
| 48. | salue la publication de la méthodologie applicable au cadre de la mesure des résultats (REM) de la BEI, mais estime que les résultats de ces évaluations devraient être divulgués pour toute opération, notamment pour les évaluations des incidences sociales et environnementales au niveau des projets ou des sous-projets; se félicite de la révision à mi-parcours du mandat de prêt extérieur, en conséquence de quoi la BEI communiquera désormais au Parlement, sur demande, des fiches d’évaluation des résultats pour les projets couverts par la garantie du budget de l’Union; invite toutefois la BEI à publier des fiches d’évaluation des résultats pour chaque projet à l’extérieur de l’Union et des fiches d’évaluation vis-à-vis des trois piliers pour chaque projet à l’intérieur de l’Union, en vue de renforcer sa transparence; |
| 49. | demande à la BEI de publier tous les documents pertinents concernant les prêts octroyés à l’industrie automobile pour le développement de la technologie diesel, notamment le rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et les recommandations que celui-ci a formulées sur les prêts de la BEI à Volkswagen, et, plus généralement, d’expliquer dans quelle mesure des prêts ont été accordés à des constructeurs automobiles dont il a été prouvé qu'ils ont manipulé les valeurs d’émission et d'indiquer quelle proportion de ces prêts a été comptabilisée en tant qu’action en faveur du climat; demande, dans ce contexte, des clarifications sur les garde-fous mis en place pour garantir une démarche véritablement axée sur une technologie propre au regard des accords de prêt récemment signés avec des constructeurs automobiles à l’appui, par exemple, des activités de recherche et développement dans les domaines de la connectivité, des moteurs hybrides essence-électrique efficaces, de l’amélioration de l’autonomie des voitures électriques et des systèmes de pointe d’assistance à la conduite; |
| 50. | salue l’adoption par le Groupe BEI de normes exigeantes en matière de transparence et d’obligation de rendre compte dans le cadre de ses activités de prêt aux PME, et le fait que les rapports obligatoires transmis par les intermédiaires financiers pour chaque PME ayant bénéficié du soutien du Groupe BEI tiendront compte de ces résultats au moment d’envisager des transactions ultérieures avec les mêmes intermédiaires; |
| 51. | souligne que, à la suite de l’entrée en vigueur de la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (9), et du règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la mise en place du Parquet européen (10), le Parquet européen examine les opérations de la BEI dans les États membres chaque fois que les autorités nationales ou l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) ont des raisons de soupçonner qu’une infraction pénale a été commise dans ce contexte; |
| 52. | constate qu’il existe peu d’informations sur l’ampleur de la contribution des activités de prêt de la BEI à la réalisation des objectifs de la politique de cohésion; invite dès lors la BEI à présenter dans son rapport annuel des chapitres spéciaux, s’il y a lieu, consacrés à l’évaluation des retombées des activités de la BEI visant à soutenir la mise en œuvre de la politique de cohésion, notamment les activités liées à l’initiative Interreg, et l’invite également à fournir des informations détaillées sur l’utilisation des prêts dans les projets et programmes de la politique de cohésion, en mentionnant aussi la répartition géographique du soutien, sa contribution effective aux objectifs de la politique de cohésion, y compris les principes horizontaux et les objectifs de la stratégie Europe 2020, et la capacité réelle de mobilisation des investissements privés; souligne, à cet égard, que la BEI est tenue de fournir au Parlement européen, à la Cour des comptes et à d’autres entités des données suffisantes, notamment sur les coûts et la gestion de ses produits, et s’intéresse par ailleurs à la valeur ajoutée des données agrégées au niveau de l’Union portant sur la combinaison des investissements liés à la politique de cohésion et de ceux liés à la BEI; |
Activités financières du Groupe BEI
| 53. | invite le Groupe BEI à collaborer activement avec la Commission pour rationaliser le nombre et les types d’instruments financiers au sein du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et à anticiper le processus en attirant l’attention, dans un premier temps, sur les répétitions ou les doubles emplois, sur la base de sa propre expérience; |
| 54. | estime que les instruments financiers du Groupe BEI devraient servir à des projets sélectionnés sur la base de leurs mérites propres, de leur potentiel à créer de la valeur ajoutée pour l’Union dans son ensemble, et de leur additionnalité effective, en particulier dans les régions où les marchés échouent à financer et à soutenir des projets, en trouvant le juste équilibre entre un profil de risque potentiellement plus élevé et l’impérieuse nécessité de préserver une bonne qualité de crédit; |
| 55. | signale, à cet égard, que les instruments axés sur le marché risquent de détourner l’attention du budget de l’Union des biens publics européens et encourage le Groupe BEI à rendre des comptes à la Commission sur la qualité plutôt que sur la quantité de ses financements dans le contexte des instruments financiers; |
| 56. | constate qu’afin d’exploiter pleinement la capacité de prise de risques supplémentaires, le Groupe BEI a élaboré plusieurs nouveaux produits qui permettront de prendre davantage de risques (par exemple, la dette subordonnée, les participations acquises, le partage du risque avec les banques), et a revu sa politique en matière de risque de crédit et d’admissibilité à des fins de flexibilité accrue; |
| 57. | appelle le Groupe BEI à continuer à développer sa culture du risque afin d’améliorer son efficacité, ainsi que la complémentarité et les synergies entre ses interventions et les différentes politiques de l’UE, notamment en soutenant les entreprises innovantes, les projets d’infrastructures et les PME qui prennent des risques ou qui se trouvent dans des régions économiquement désavantagées, ou des régions qui manquent de stabilité, conformément à l’objectif récurrent et ancien de facilitation de l’accès au financement pour les PME, sans toutefois transiger sur les principes de bonne gestion financière ni compromettre la bonne qualité de crédit de la BEI; rappelle que pour que les instruments de transfert du risque de crédit contribuent au développement économique de l’Union ainsi qu’à la cohésion économique, sociale et territoriale, ils ne peuvent pas être sans risque; souligne que la BEI et ses actionnaires doivent en être pleinement conscients; encourage la BEI à évaluer la possibilité de permettre l’achat direct d’obligations de la BEI; |
| 58. | observe que le soutien du Groupe BEI aux PME et aux entreprises à capitalisation moyenne a atteint un montant record de 33,6 milliards d’euros et permis la création de 4,4 millions d’emplois en 2016; souligne l’importance, pour le Groupe BEI, d’apporter un soutien continu aux PME et aux entreprises à capitalisation moyenne en facilitant leur accès au financement; insiste sur le fait que les PME sont le pilier de l’économie européenne et devraient demeurer la cible principale des activités de prêt du Groupe BEI, grâce au renforcement des instruments financiers à destination des PME et des entreprises à capitalisation moyenne; |
| 59. | rappelle que plus de 90 % des petites et moyennes entreprises (PME) européennes sont des microentreprises, représentant près de 30 % des emplois du secteur privé; souligne que les microentreprises sont plus exposées que les entreprises de plus grande taille aux chocs économiques et peuvent être désavantagées dans l’accès aux crédits, en particulier lorsqu’elles se situent dans une région où le contexte économique et bancaire est défavorable; invite la BEI à élaborer une stratégie pour remédier aux difficultés des PME, dans ces circonstances, à accéder aux financements de projets; |
| 60. | reconnaît que l’accès à la finance représente encore un obstacle important à la croissance des industries culturelles créatives; souligne l’urgente nécessité d’initiatives de financement pour renforcer ces industries; met l’accent sur le potentiel de la BEI et de l’EFSI pour soutenir le secteur créatif, principalement par le financement de PME; invite la BEI à remédier au manque de financements alloués par l’EFSI aux industries culturelles créatives en cherchant des interactions possibles avec le programme Europe créative; |
| 61. | invite le Groupe BEI à s’appuyer davantage sur des intermédiaires démontrant une bonne gestion financière, tels quel les banques et institutions nationales de développement, pour la réalisation de certains types de projets, afin de préserver sa bonne qualité de crédit; |
| 62. | estime qu’un grand nombre de règles de gouvernance du Groupe BEI sont conçues pour préserver sa bonne qualité de crédit, mais que l’on ne dispose que de très peu d’informations sur le risque de voir la notation du Groupe baisser; |
| 63. | souligne que l’audit préalable des projets d’investissement financés par le Groupe BEI devrait être fondé à la fois sur des facteurs liés à la rentabilité financière et des facteurs liés, non pas à la rentabilité financière, mais plutôt à la réalisation d’autres types d’objectifs tels que la contribution du projet à la convergence économique et à la cohésion au sein de l’Union ou à la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020 ou des objectifs de développement durable pour 2030; estime que le Groupe BEI devrait expliquer ces critères non financiers aux investisseurs institutionnels et privés (par exemple, les fonds de pension et les compagnies d’assurance) de manière adaptée, pour que le secteur financier prête davantage attention aux incidences socio-économiques et environnementales des opérations financières; |
| 64. | estime que dans les cas où des conditions difficiles sur les marchés financiers empêcheraient la réalisation d’un projet viable, ou lorsqu’il est nécessaire de faciliter la mise en place de plateformes d’investissement ou le financement de projets dans des secteurs ou des régions confrontées à une importante défaillance du marché ou à un niveau d’investissement trop faible, le Groupe BEI doit mettre en œuvre et documenter les modifications apportées, notamment à la rémunération de la garantie de l’Union à la BEI, pour contribuer à réduire le coût de financement de l’opération supportée par le bénéficiaire des instruments financiers du Groupe BEI, mais aussi pour faciliter la mise en œuvre des projets; estime que des efforts similaires doivent être entrepris, le cas échéant, pour s’assurer que les instruments financiers soutiennent de petits projets et que, lorsque l’utilisation d’intermédiaires locaux ou régionaux permet de réduire le coût de financement des petits projets, cette forme de déploiement devrait également être prise en considération; |
| 65. | salue la stratégie en matière de fonds propres, récemment adoptée, qui exige une évaluation plus poussée des opérations de fonds propres pour rattraper le retard des financements en fonds propres en faveur des priorités de l’Union que sont l’innovation et les infrastructures, en particulier dans deux domaines du marché: les financements indirects en fonds propres (financements en fonds propres dans des fonds d’infrastructures et des programmes de co-investissement) et les prises de participation directes (prêts en quasi-fonds propres aux grandes entreprises ou aux entreprises à capitalisation moyenne) avec une combinaison d’instruments directs et indirects (fonds propres et prêts participatifs); |
| 66. | salue le soutien apporté par le FEI aux plateformes de financement participatif dans le cadre de ses activités existantes, la volonté de continuer à soutenir les plateformes de manière sélective dans le cadre des programmes existants ou à travers l’extension de ces derniers, et les travaux menés conjointement avec la Commission sur un possible projet pilote de financement participatif par la dette et en fond propres; suggère que le FEI trouve les moyens d’identifier les intermédiaires financiers du domaine de la technologie financière qui auraient besoin de soutien et d’entrer en contact avec eux; |
| 67. | invite la Commission à évaluer et suivre avec attention les coûts liés au nombre de mandats accordés à la BEI; rappelle que le coût administratif est susceptible d’avoir une incidence sur sa performance globale compte tenu du niveau actuel des ressources financières et humaines; |
| 68. | souligne que la BEI joue un rôle croissant dans la politique de cohésion, en particulier grâce à l’utilisation accrue d’instruments financiers associée aux subventions; souligne, toutefois, que les bénéficiaires finaux y ont toujours très peu accès, ce qui s’explique, selon les États membres et les régions, par la complexité des procédures, qui sont définies dans le règlement financier et dans le règlement portant dispositions communes, y compris pour ce qui est des coûts et des frais disproportionnés, ainsi que par la concurrence d’instruments nationaux et régionaux plus attractifs; se réjouit, à cet égard, de la création de la plateforme de conseil fi-compass en tant que guichet unique proposant des services de conseil relatifs aux instruments financiers dans le cadre de la politique de cohésion; recommande cependant de poursuivre les efforts en matière d’assistance technique et de simplification des procédures actuelles, ainsi que de mettre davantage l’accent sur le renforcement des capacités par rapport aux intermédiaires financiers, et souligne qu’il est nécessaire de mieux relier les coûts et frais de gestion aux performances du gestionnaire de fonds des instruments financiers relevant des Fonds ESI; rappelle toutefois que les subventions, qui représentent une forme efficace de soutien dans de nombreux domaines de l’intervention publique, doivent être maintenues, car elles constituent l’instrument principal de la politique de cohésion, et que les instruments financiers devraient être concentrés dans les secteurs où ils apportent davantage de valeur ajoutée que les subventions, la décision d’y avoir recours étant laissée à la discrétion des autorités de gestion; souligne qu’il est nécessaire de développer un cadre plus solide de coopération entre la BEI et le Parlement européen, afin de permettre un meilleur contrôle des activités de la BEI; |
Activités de communication et de conseil du Groupe BEI
| 69. | regrette que les bénéficiaires potentiels des financements du Groupe BEI ne soient pas suffisamment informés des produits développés par ce dernier; se demande si la chaîne d’approvisionnement du Groupe BEI est suffisamment diverse et inclusive; |
| 70. | est d’avis que la communication du Groupe BEI, en coopération avec ses partenaires nationaux concernés, devrait être améliorée afin de mieux faire connaître aux PME les possibilités de financement qui s’offrent à elles et de mieux informer les citoyens sur les projets locaux concrets financés par l’Union européenne; |
| 71. | se félicite, à cet égard, des partenariats qui sont en train d’être conclus avec les institutions nationales et internationales afin d’assurer une complémentarité avec les services de conseil de la BEI; |
| 72. | déplore le manque de données disponibles concernant le rôle de la BEI à chaque étape du cycle de mise en œuvre de la politique de cohésion ainsi que le peu d’informations quant à l’ampleur de la contribution des activités de prêt de la BEI aux objectifs de la politique de cohésion; préconise, tout en insistant sur leur caractère nécessaire, davantage d’efforts pour plus de transparence et une meilleure communication en vue de garantir que les informations parviennent aux bénéficiaires finaux au niveau régional et local, ainsi que d’accroître la visibilité des projets; |
| 73. | souhaite que la Commission, le Groupe BEI et les autorités locales, régionales et nationales continuent à travailler et à renforcer leur coopération, dans un esprit de complémentarité, avec les banques et institutions nationales de développement, afin de créer davantage de synergies entre les Fonds ESI et les prêts et instruments financiers de la BEI, de réduire les charges administratives, de simplifier les procédures, d’accroître les capacités administratives, de stimuler le développement et la cohésion des territoires et de mieux faire connaître les Fonds ESI et les financements de la BEI, puisque ces banques et institutions nationales de développement ont une bonne connaissance de leurs territoires respectifs et sont en mesure de mettre en œuvre des instruments financiers adaptés aux spécificités locales; |
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| 74. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la BEI ainsi qu’aux gouvernements et parlements des États membres. |
(1) JO L 128 du 19.5.2017, p. 1.
(2) JO L 345 du 27.12.2017, p. 34.
(3) JO L 249 du 27.9.2017, p. 1.
(4) http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2017/10/10/conclusions-climate-change/pdf
(5) Par exemple, des projets solides et bien cotés qui ne bénéficient pas de financement au titre de l’entreprise commune «Bio-industries».
(6) La Banque européenne d’investissement, le Fonds européen d’investissement et le Fonds mondial pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
(7) Résolution du Parlement européen du 28 avril 2016 sur la Banque européenne d'investissement (BEI) — rapport annuel 2014. Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0200.
(8) http://www.eib.org/attachments/general/reports/ig_fraud_investigations_activity_ report_2016_fr.pdf
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur les conflits d’intérêts et la protection du budget de l’Union européenne en République tchèque (2018/2975(RSP))
13/12/2018
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur l’adéquation de la protection des données à caractère personnel assurée par le Japon (2018/2979(RSP))
13/12/2018
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur l’Égypte, et plus particulièrement sur la situation des défenseurs des droits de l’homme dans le pays (2018/2968(RSP))
13/12/2018
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur l’Iran, en particulier le cas de Nasrin Sotoudeh (2018/2967(RSP))
13/12/2018