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AccueilDroit européen52018IR0185
Initiative législative52018IR0185

Avis du Comité européen des régions — Le patrimoine culturel en tant que ressource stratégique pour des régions plus cohésives et durables dans l’Union européenne

CELEX52018IR0185
TypeInitiative législative
Datejeudi 17 mai 2018

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions souligne le rôle stratégique du patrimoine culturel comme levier de cohésion territoriale et de développement durable au sein de l'UE. Il préconise une meilleure intégration de ce patrimoine dans les politiques régionales et urbaines, notamment via les fonds structurels, et appelle à renforcer la coopération entre les acteurs locaux et régionaux. Pour un professionnel du droit français, ce texte invite à considérer le patrimoine culturel comme un vecteur transversal de politiques publiques, au-delà de sa seule dimension de conservation.

Texte intégral

5.10.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 361/31


Avis du Comité européen des régions — Le patrimoine culturel en tant que ressource stratégique pour des régions plus cohésives et durables dans l’Union européenne

(2018/C 361/06)

Rapporteure:

Babette WINTER (Allemagne, PSE), secrétaire d’État pour l’Europe et la culture à la chancellerie d’État du Land de Thuringe

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Diversité culturelle et patrimoine européen commun

1.

relève que le patrimoine culturel, dans toute sa diversité, est un précieux atout pour l’Europe: cet instrument susceptible d’exercer un redoutable effet de levier pour améliorer la durabilité et la cohésion des régions de l’Union, qui peut aider à consolider l’identité d’une région comme de toute l’Europe, incarne tout particulièrement la devise de l’Union européenne, «Unie dans la diversité», et vient compléter l’engagement pris par l’Union européenne de respecter la diversité culturelle, tel que l’établit l’article 22 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne;

2.

se réfère, dans le présent avis, aux documents de la Commission européenne (1), (2), du Conseil européen (3) et du Comité européen des régions (CdR) (4) traitant de l’avenir de l’Europe et du renforcement de l’identité européenne par l’éducation et la culture;

3.

souligne l’importance des valeurs de l’Union européenne consacrées dans la charte des droits fondamentaux, à savoir la dignité, la liberté, l’égalité et la solidarité, en vue de réaliser le bien commun, et préconise dès lors de les prendre davantage en considération dans le cadre de la promotion du patrimoine culturel;

4.

souligne l’importance du patrimoine culturel et de l’identité culturelle pour favoriser en Europe la connaissance et la prise de conscience, par les citoyens, de leurs racines culturelles, spirituelles et religieuses communes et imprégnées des valeurs des Lumières, dans toute leur diversité. Le patrimoine culturel et l’identité culturelle permettent de mieux comprendre le changement et l’histoire de la société, et de renforcer la tolérance et l’acceptation des différences, afin de contrecarrer les divisions anti-européennes de plus en plus marquées;

5.

fait observer que c’est justement grâce à la connaissance des interactions séculaires en Europe que la diversité et les différences peuvent être reconnues dans le respect mutuel, et que celles-ci ne doivent en aucune manière servir de prétexte à l’érection de barrières, voire au repli sur soi; refuse par conséquent toute utilisation abusive du patrimoine culturel à des fins de division, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union européenne;

6.

constate que si les citoyens européens, selon une enquête Eurobaromètre (5), considèrent la culture comme le ciment le plus puissant de l’Union européenne — avant même les valeurs européennes et l’état de droit —, plus de 50 % d’entre eux nient l’existence d’une culture européenne commune (6);

7.

estime que ces résultats ne sont contradictoires qu’en apparence, et traduisent plutôt une déclinaison régionale de racines et d’interactions culturelles communes, qui reflète le modèle de l’Union européenne «unie dans la diversité»;

8.

note qu’une responsabilité particulière incombe dès lors surtout au niveau régional, s’agissant de promouvoir la culture en tant que liant social important, en mettant l’accent à la fois sur les particularités régionales et sur les connexions et les échanges au sein de l’Europe, mais aussi au-delà des frontières de l’Union européenne actuelle — l’Union européenne devenant ainsi un point d’ancrage dans l’Europe géographique;

9.

encourage dès lors l’Union européenne à ajouter sa propre identité et ses valeurs partagées aux notions d’appartenance qui ont cours à l’échelon régional et national, afin de promouvoir une citoyenneté à plusieurs niveaux, comme le prévoient la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 2 du traité de Lisbonne;

10.

attire l’attention sur les rapports nationaux relatifs à la mise en œuvre de la convention de l’Unesco (7), à laquelle ont adhéré bon nombre d’États membres de l’Union — mais pas la totalité d’entre eux;

11.

rejoint la Commission européenne (8) lorsqu’elle affirme que l’éducation et la culture relèvent principalement des compétences des États membres aux niveaux national, régional et local. Étant donné qu’en vertu des articles 6 et 167 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, la compétence de l’Union européenne dans le domaine de la culture se limite à appuyer, coordonner ou compléter l’action des États membres, le Comité soutient les initiatives de l’Union européenne relevant de cette compétence qui soulignent l’importance des dimensions transnationale et européenne dans ce domaine d’action;

12.

se réjouit de l’importance accordée, lors d’une réunion informelle du Conseil des ministres de la culture sur le thème «La culture — une valeur d’inclusion de l’Union européenne» ainsi que dans les conclusions du Conseil sur un programme de travail en faveur de la culture (9), à l’accès à la culture, à la préservation du patrimoine culturel, à la mobilité des artistes et au renforcement de l’aide publique;

Le patrimoine culturel et l’offre culturelle en tant qu’éléments d’identification, de cohésion sociale et de développement sociétal

13.

souligne que le patrimoine culturel peut renforcer la perception d’une identité commune au sein d’une région et son lien avec la tradition et l’histoire locales, et appuyer le développement d’effets coopératifs intrarégionaux. Cela peut déboucher sur de nouvelles initiatives culturelles et éducatives, un dialogue interculturel et, partant, une relance de l’activité sociétale;

14.

fait observer que les collectivités locales et régionales disposent de compétences importantes en matière de promotion du dialogue interculturel, notamment grâce à la coordination de réseaux locaux et régionaux multidimensionnels dans le secteur culturel, associant tous les acteurs concernés. Dans ce cadre, il convient de renforcer les partenariats public-privé;

15.

se réjouit de ce que les dirigeants de l’Union européenne, dans la déclaration de Rome (10), reconnaissent la valeur de l’éducation, de la culture et des politiques en faveur de la jeunesse, et se rallie au point de vue selon lequel l’éducation et la culture sont indispensables, non seulement pour la compétitivité, mais aussi pour l’«inclusivité» et la cohésion de nos sociétés;

16.

souligne l’importance de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018 en tant qu’initiative majeure et se félicite que la Commission européenne ait déjà annoncé une évaluation; insiste dans ce contexte sur la nécessité de renforcer encore les effets positifs de l’Année par des mesures de suivi au cours des prochaines années. Cette exigence doit également se refléter dans les différents programmes de soutien du prochain cadre financier pluriannuel, afin de favoriser la diffusion du patrimoine culturel après 2018;

17.

rappelle que la mobilité des artistes contribue à la réussite de l’intégration européenne, notamment grâce au programme «Europe créative», et estime dès lors nécessaire que ce programme soit poursuivi et élargi;

18.

est convaincu que le patrimoine culturel contribue à la cohésion sociale et à la qualité de la vie. Il peut, grâce à ses sites historiques, offrir des possibilités de développement non seulement aux territoires qui sont aujourd’hui favorisés et très fréquentés, mais aussi aux localités et régions qui sont actuellement confrontées à des difficultés particulières, notamment au regard de son énorme potentiel en matière de création d’emplois. C’est notamment le cas pour celles qui sont touchées par l’évolution démographique et le dépeuplement, les régions ultrapériphériques, ainsi que les agglomérations aux prises avec des défis particuliers en matière d’intégration;

19.

souligne que les approches participatives au sein des collectivités locales et régionales peuvent être indiquées pour asseoir le concept de développement culturel sur une large base sociale et obtenir davantage de soutien et d’adhésion aux investissements dans la culture. Le vivre-ensemble et la responsabilité de la société à l’égard du patrimoine culturel local s’en trouveront durablement améliorés;

20.

encourage les collectivités locales et régionales à évaluer et à partager leurs expériences de telles approches participatives;

21.

préconise un échange accru entre divers acteurs sur les différentes approches possibles afin de transformer les bibliothèques, les musées et d’autres lieux culturels en «agoras» ou «troisièmes lieux» pour l’échange et la participation à des discussions sur l’avenir de nos villes et régions. À cet égard, le Comité souligne la possibilité d’utiliser les réseaux d’information générale de l’Union européenne tels qu’Europe Direct;

22.

demande dans le même temps que l’échange d’expériences entre les collectivités locales et régionales et entre représentants d’institutions culturelles de différents États membres et régions bénéficie d’un soutien plus marqué au niveau de l’Union européenne;

23.

constate à cet égard que les barrières linguistiques, en particulier, représentent pour les acteurs locaux un obstacle que l’échelon européen devrait les aider à surmonter;

24.

est également favorable à ce que le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) continue à soutenir les infrastructures de gestion du patrimoine culturel, en mettant particulièrement l’accent sur la cohésion socio-culturelle. En outre, il y a lieu de renforcer les chaînes de production s’inscrivant dans un rapport durable avec le patrimoine culturel et d’encourager les projets de coopération intersectorielle, par exemple entre le patrimoine culturel et l’éducation;

25.

souligne que la culture est une mission partagée par tous les acteurs de la société — des collectivités locales et régionales et des États membres —, qui requiert aussi des formes propres de financement privé et l’engagement de bénévoles et de la société civile;

26.

fait observer que la numérisation, en particulier — celle du patrimoine culturel comme celle des formes de communication —, recèle un potentiel important pour l’avenir, car elle permet de créer de nouveaux modes d’accès, notamment pour les jeunes générations, mais aussi de diffuser les connaissances sur la diversité culturelle au-delà des frontières, dans toute l’Europe. En outre, la numérisation revêt en soi une dimension transnationale; elle constitue un outil extrêmement utile au développement d’un mode de tourisme diversifié et durable;

27.

invite dès lors tous les échelons à soutenir fortement Europeana, en tant qu’espace patrimonial numérique public;

28.

se rallie à Culture Action Europe (11), qui demande de veiller à ce qu’au moins 1 % du prochain CFP soit consacré à la culture, toutes politiques et tous programmes de financement confondus;

Incidence du patrimoine culturel sur le tourisme et le développement économique des régions

29.

insiste sur l’importance du patrimoine culturel pour le développement économique dans les régions, en priorité grâce au tourisme, puisque 26 % des touristes voyageant dans l’Union européenne (12) citent la culture comme un facteur déterminant dans le choix de leur destination; en outre, la culture est également considérée comme un facteur de localisation accessoire en ce qui concerne l’attractivité des emplois;

30.

constate que l’industrie de la culture et de la création représente plus de 3 % du PIB et de l’emploi dans l’Union européenne (13) et que son poids économique ne cesse de croître, en particulier dans les agglomérations;

31.

rappelle que les pouvoirs locaux et régionaux ont intégré avec succès les secteurs de la culture et de la création dans leurs stratégies de développement, ce qui a contribué à relancer l’économie locale, en favorisant notamment l’apparition de nouvelles entreprises de services qualifiés et multisectoriels. Afin de mettre encore davantage à profit le potentiel créatif dans les régions, il serait souhaitable d’élargir les scénarios de financement à tout le spectre économique et culturel;

32.

relève que, outre la priorité accordée à la restauration et à la préservation des monuments culturels, la gestion et le travail de médiation pédagogique des institutions culturelles sont essentiels, et déterminent l’ampleur des retombées touristiques, économiques et sociétales d’un monument culturel;

33.

souligne que l’utilisation créative du patrimoine culturel par les artistes recèle un potentiel particulier et innovant s’agissant de tirer des leçons du passé pour l’avenir de la société;

34.

constate que, outre le manque de ressources financières, la visibilité des ressources culturelles et la sensibilisation politique à ces dernières font parfois défaut, ce qui constitue également un obstacle à la transformation du patrimoine culturel en ressource stratégique d’une région;

35.

se félicite à cet égard de la création du label du patrimoine européen, et invite la Commission européenne à prendre des mesures afin d’accroître sa notoriété;

36.

fait observer que la culture — après les infrastructures et les services publics, tels que le logement, les transports publics et l’éducation scolaire pour les enfants — est un élément décisif de l’attractivité d’un lieu d’implantation. Compte tenu de l’évolution actuelle en matière de migration, de mobilité intrarégionale et extrarégionale et de démographie, cet aspect est de plus en plus important pour les stratégies de développement locales et régionales, afin de mieux retenir la main-d’œuvre dans les régions défavorisées et de créer un équilibre dans les agglomérations;

37.

indique que le patrimoine culturel — assorti d’une offre culturelle contemporaine attrayante — doit être un facteur de tourisme durable particulièrement important au niveau régional. Cela s’applique aussi bien aux attractions phares comme les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco ou les sites labellisés «patrimoine européen» qu’aux nombreux sites du patrimoine culturel local;

38.

remarque que l’étendue géographique du patrimoine culturel permet, grâce à une offre touristique au rayon élargi, de réorienter et de mieux répartir les effets du tourisme culturel. L’on pourrait ainsi désengorger certains lieux menacés de saturation par le grand nombre de visiteurs, qui, s’il continue d’augmenter, risque d’endommager le patrimoine. Le Comité souligne que la valorisation touristique du patrimoine culturel moins connu représente un moyen valable de diversifier l’offre touristique et de fournir un levier de développement durable à des territoires marginaux, d’autant plus si les différents projets de valorisation touristique s’avèrent cohérents par rapport à des plans de développement territorial à plus grande échelle et qu’ils sont intégrés dans l’organisation des services locaux, surtout dans le domaine de la mobilité durable. Cette démarche doit être envisagée à la lumière de la croissance actuelle du tourisme culturel en Europe, qui crée notamment des emplois non délocalisables;

Mesures à prendre pour développer et exploiter le potentiel du patrimoine culturel

39.

déplore que la stratégie «Europe 2020» sur la croissance de l’Union européenne n’accorde aucune place à la culture;

40.

demande dès lors que la culture, eu égard à son importance avérée pour la cohésion de l’Union européenne et le développement socio-économique de nombreuses régions, soit considérée, avec ses institutions et les sites patrimoniaux, comme un domaine stratégique dans la prochaine stratégie ainsi que dans le cadre de la planification politique;

41.

tient à ce que la culture et le patrimoine culturel soient mieux intégrés dans les priorités du prochain CFP, et ce, en prenant systématiquement en compte ces domaines d’action et en établissant un objectif budgétaire supérieur à 2 milliards d’EUR pour le programme qui succédera à celui de l’«Europe créative»;

42.

souligne que des partenariats culturels sont mis en place dans tous les États membres et encourage dans ce contexte une promotion accrue des itinéraires culturels thématiques au-delà des frontières des États membres, notamment dans le cadre du programme Interreg;

43.

demande que la politique de cohésion après 2020 accorde une place importante au soutien des ressources du patrimoine culturel pour le développement régional. L’enveloppe réservée au patrimoine culturel au sens large devrait augmenter et ne doit en aucun cas être revue à la baisse. L’enveloppe réservée au patrimoine culturel au sens large devrait augmenter et ne doit en aucun cas être revue à la baisse. La concentration thématique — à condition que cette règle soit maintenue après 2020 — devrait prendre en compte les questions culturelles;

44.

souligne l’importance pour l’Union européenne de mettre en œuvre une véritable stratégie de diplomatie culturelle. Pour ce faire, il est indispensable de promouvoir les contacts et les échanges artistiques et culturels entre les régions de l’Union européenne — y compris les régions ultrapériphériques — et les pays tiers, notamment en prévoyant des mesures qui facilitent la mobilité des artistes et des œuvres vers les pays tiers et inversement. Le Comité réitère à cet effet son invitation, adressée à la Commission européenne, à veiller en priorité à poursuivre le développement de la diplomatie culturelle, afin de l’intégrer dans l’exercice de la politique étrangère de l’Union européenne (14);

45.

regrette que la Commission européenne ait plafonné à 5 millions d’EUR le budget des projets pour les investissements du Fonds européen de développement régional (FEDER) dans les infrastructures culturelles dans le cadre de la période actuelle de soutien des Fonds structurels et du Fonds de cohésion, ce qui représente un obstacle au développement d’infrastructures culturelles de plus grande envergure;

46.

invite par conséquent la Commission européenne à lever ce plafond arbitraire et à orienter les programmes en fonction de critères matériels et d’objectifs à atteindre — en particulier la valeur ajoutée européenne;

47.

réitère son appel aux parties négociant l’accord de sortie du Royaume-Uni pour qu’elles examinent l’incidence possible du retrait de ce pays des programmes de l’Union européenne dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la jeunesse, et les invite à trouver des solutions appropriées pour permettre l’intégration de pays non membres de l’Union européenne;

48.

estime nécessaire que le Conseil poursuive et développe son programme de travail 2015-2018 en faveur de la culture (15);

49.

soutient l’objectif de la Commission européenne d’établir un plan d’action à long terme de l’Union européenne pour le patrimoine culturel (16), en vue de prolonger les activités de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018;

50.

invite la Commission européenne et le Conseil à associer de manière appropriée et beaucoup plus étroitement aux conférences et initiatives d’apprentissage par les pairs évoquées dans les conclusions du Conseil sur le programme de travail en faveur de la culture les représentants des régions, qui ont une expérience directe en la matière;

51.

soutient le renforcement de la capacité financière du mécanisme de garantie pour les industries culturelles et créatives et insiste pour que son champ d’application soit plus large et intègre les petites et moyennes entreprises (PME), de manière à refléter adéquatement le secteur culturel et créatif;

52.

invite les États membres à renforcer également le soutien aux projets d’infrastructures culturelles, d’éducation, de reconversion professionnelle, d’innovation et de coopération dans le cadre du Fonds européen de développement régional (FEDER);

53.

encourage les collectivités locales et régionales, y compris au sein des groupes de travail Leader, à considérer l’infrastructure culturelle dans les zones rurales comme un facteur important de cohésion sociale, en mettant en place des formes de mobilité durable qui permettent aux visiteurs de jouir du paysage tout en réduisant à son minimum l’impact sur l’environnement, par exemple des pistes cyclables, des sentiers ou des voies d’eau;

54.

invite également les entrepreneurs du secteur culturel et créatif à participer activement au développement de la communauté et de la société, y compris en reproduisant à l’échelle européenne des modèles vertueux d’organisation des réseaux interentreprises, pour aider les PME du secteur à valoriser les atouts historiques et culturels de leur territoire;

55.

encourage une coopération étroite lors du développement d’échanges et d’activités de volontariat sous l’égide du Corps européen de solidarité dans le domaine de la culture et du patrimoine culturel dans le contexte de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018, ainsi qu’avec l’Association européenne des festivals (EFA);

56.

recommande que l’Union européenne, dans son rôle de bailleur de fonds subsidiaire, se concentre davantage sur les actions culturelles, en particulier au niveau régional et interrégional;

57.

critique l’absence d’évaluations comparatives au niveau européen et invite dès lors les États membres et la Commission européenne à commander régulièrement des évaluations et des études techniques en vue d’une comparaison européenne et à prendre leurs résultats en compte dans les débats politiques à tous les niveaux;

58.

s’oppose néanmoins à la collecte régulière de données exhaustives et à des obligations en matière de rapports, qu’il juge trop bureaucratiques;

59.

attire l’attention de la Commission sur le fait que le nombre de régions définissant le patrimoine culturel et la création culturelle comme des facteurs importants du développement régional est bien plus important que ce que laissent supposer les stratégies de spécialisation intelligente;

60.

demande par conséquent que la recherche dans ce domaine soit mieux financée et dépasse le champ restrictif des stratégies de spécialisation intelligente;

61.

invite les régions qui voient dans leur patrimoine culturel une ressource particulièrement importante à en tenir compte dans leur stratégie de spécialisation intelligente;

62.

dans le même ordre d’idées, regrette que l’accès à l’art et à la culture, qui jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale et l’inclusivité, ne soit pas prévu dans le socle européen des droits sociaux (17);

63.

demande que le soutien à la bibliothèque virtuelle Europeana soit poursuivi et renforcé, et s’accompagne d’une intégration des approches nationales de numérisation. Le dixième anniversaire d’Europeana en 2018 offre une occasion idéale pour passer au niveau de développement supérieur;

64.

invite la Commission européenne à augmenter le nombre de prix et de récompenses, indépendamment du fait que des fonds de l’Union européenne aient été alloués ou non aux projets. Les récompenses décernées à des projets innovants améliorent la visibilité de ceux-ci au-delà de la région et de l’État membre concernés, encouragent les échanges européens et favorisent l’émulation dans d’autres régions d’Europe;

65.

réaffirme son soutien sans faille aux Capitales européennes de la culture (2020-2033), et préconise de poursuivre l’initiative au-delà de 2033, de manière à refléter encore davantage tout l’éventail des richesses culturelles de l’Europe et à favoriser le développement à long terme d’un espace culturel européen commun fondé sur la participation du public. Dans ce contexte, le Comité regrette que la Commission européenne ait décidé d’exclure le Royaume-Uni de l’édition 2023. En effet, l’espace culturel européen commun s’étend au-delà des frontières de l’Union européenne;

66.

recommande que le présent avis d’initiative soit présenté à la réunion du Conseil des ministres de la culture des 22 et 23 mai 2018, qui sera consacrée à la définition d’une vision à long terme pour les contenus culturels européens et à la nécessité d’intégrer le patrimoine culturel européen dans toutes les directives;

67.

suggère que ses membres prennent l’initiative d’échanger régulièrement des informations sur des projets et expériences en rapport avec leurs sites de patrimoine culturel.

Bruxelles, le 17 mai 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Livre blanc sur l’avenir de l’Europe. Réflexions et scénarios pour l’EU-27 à l’horizon 2025 [COM(2017) 2025 final].

(2) Communication intitulée «Renforcer l’identité européenne par l’éducation et la culture» — contribution à la réunion des dirigeants du 17 novembre 2017 à Göteborg (Suède) [COM(2017) 673 final].

(3) Programme des dirigeants — Note sur l’éducation et la culture, disponible en anglais à l’adresse http://www.european-council.europa.eu/media/31544/en_leaders-agenda-note-on-education-and-culture.pdf.

(4) RESOL-VI/014, CdR 4785/2016 fin.

(5) Eurobaromètre standard 88.

(6) Eurobaromètre spécial 466.

(7) Convention pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, adoptée par la Conférence générale lors de sa dix-septième session, qui s’est tenue à Paris le 16 novembre 1972.

(8) COM(2017) 673 final.

(9) Conclusions du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur un programme de travail (2015-2018) en faveur de la culture (JO C 463 du 23.12.2014, p. 4).

(10) https://europa.eu/european-union/eu60_fr.

(11) https://cultureactioneurope.org/files/2018/03/CAE-Reflection-paper-Agenda-for-Culture-2018.pdf.

(12) Les préférences des européens à l’égard du tourisme — Flash Eurobaromètre 432 (mars 2016):

http://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/index.cfm/Survey/getSurveyDetail/general/doChangeLocale/locale/fr/curEvent/Survey.getSurveyDetail/instruments/FLASH/surveyKy/2065/http://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/index.cfm/Survey/getSurveyDetail/general/doChangeLocale/locale/fr/curEvent/Survey.getSurveyDetail/instruments/FLASH/surveyKy/2065/.

(13) https://ec.europa.eu/culture/policy/cultural-creative-industries_fr.

(14) CDR 5110/2016.

(15) JO C 463 du 23.12.2014, p. 4.

(16) Ce plan pourrait représenter l’héritage de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018 et être décidé lors des «Assises du patrimoine».

(17) CDR 3141/2017.


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