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AccueilDroit européen52018IR0435
Initiative législative52018IR0435

Avis du Comité européen des régions — Mesures incitatives locales et régionales visant à promouvoir des régimes alimentaires sains et durables

CELEX52018IR0435
TypeInitiative législative
Datemercredi 4 juillet 2018

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions propose des mesures incitatives au niveau local et régional pour promouvoir des régimes alimentaires sains et durables. Il souligne le rôle clé des collectivités territoriales dans l'éducation nutritionnelle, l'accès à une alimentation de qualité et la réduction du gaspillage alimentaire. Pour un professionnel du droit français, ce texte invite à une réflexion sur les leviers juridiques et budgétaires mobilisables par les collectivités pour intégrer ces objectifs dans leurs politiques publiques.

Texte intégral

25.10.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 387/21


Avis du Comité européen des régions — Mesures incitatives locales et régionales visant à promouvoir des régimes alimentaires sains et durables

(2018/C 387/05)

Rapporteur:

Nikolaos CHIOTAKIS (Grèce, PPE), conseiller municipal de Kifissia

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

souligne qu’il importe de promouvoir un mode de vie sain et actif à l’échelon de l’Union européenne afin de compléter les politiques nationales et de mettre en œuvre le programme mondial de développement durable à l’horizon 2030, les collectivités locales et régionales devant quant à elles adopter et appliquer, le cas échéant avec le soutien de programmes européens communs, des mesures adéquates, adaptées aux besoins spécifiques de leur population;

2.

prend acte que, conformément aux articles 168 et 169 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’Union européenne joue un rôle capital pour ce qui concerne la santé et la protection des consommateurs, en ce qu’elle soutient et coordonne les politiques des États membres dans leur action en faveur de choix alimentaires sains et durables et combat les pratiques commerciales déloyales telles que celle consistant à fournir de fausses informations aux consommateurs, soit autant d’éléments qui sont consacrés par l’objectif de développement durable no 2 du programme des Nations unies à l’horizon 2030;

3.

constate que le mauvais état de santé lié à des habitudes alimentaires malsaines et à un manque d’activité physique constitue un problème très répandu et coûteux pour la société. Financièrement parlant, il est plus efficace de promouvoir des modèles d’alimentation sains et durables, comme le régime méditerranéen, que de guérir les maladies. Le Comité considère qu’il est extrêmement important de dégager, conformément aux recommandations de l’OMC (1), des mesures incitatives pour encourager des choix qui soient tout à la fois sains et durables, si l’on considère que selon des données récentes, ces dernières décennies ont été marquées par une augmentation de la consommation d’aliments à forte valeur calorique et teneur en graisses saturées, mais aussi de produits alimentaires transformés et riches en sucre, acides gras trans et sel (2);

4.

fait observer qu’en matière de santé, les disparités entre les différents groupes sociaux sont en augmentation. Les problèmes de santé liés, par exemple, à l’obésité sont plus répandus chez les personnes peu qualifiées. Toutefois, il est possible de les prévenir, et leur dimension socio-économique revêt une importance cruciale pour formuler des mesures qui soient fondées sur les besoins et spécificités des différents groupes de population. Des mesures systématiques et de long terme, élaborées conjointement et de manière concertée par de nombreux acteurs, sont à même de créer les conditions propices à des régimes alimentaires sains et durables pour l’ensemble de la population;

5.

estime qu’il convient de recourir à des instruments de gouvernance publique pour promouvoir des habitudes alimentaires saines. Les instruments publics doivent être envisagés au sens large: il peut s’agir d’impôts, de subventions et de dispositions législatives, mais aussi d’éléments liés à l’aménagement du territoire, aux infrastructures, à l’étiquetage et à la reformulation;

6.

rappelle que l’objectif d’une consommation et d’une production durables fait indissociablement partie intégrante de la démarche du programme à l’horizon 2030, qui prévoit un équilibre entre, d’une part, la santé humaine et le bien-être de tous et, d’autre part, les trois dimensions, économique, sociale et environnementale, du développement durable;

7.

rappelle qu’il convient de veiller plus particulièrement à la qualité des produits de bouche et des services alimentaires qui sont fournis, et ce, à tous les stades, de la production à la consommation, qu’il s’agisse, par exemple, des aliments produits par l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, de la transformation industrielle, du commerce ou de la politique de promotion des denrées auprès de leurs destinataires-consommateurs finaux, tout en encourageant des modes de production durables et des modèles de consommation sains, dans le droit fil de l’objectif de développement durable no 12 du programme des Nations unies à l’horizon 2030, à savoir «établir des modes de consommation et de production durables»;

8.

reconnaît que les collectivités locales et régionales constituent une plaque tournante qui met en contact tous les acteurs intéressés, qu’ils soient nationaux, régionaux ou locaux, producteurs, détaillants ou consommateurs, entreprises ou établissements du monde éducatif, comme les écoles, les universités, etc., et que ce sont ces mêmes collectivités qui entretiennent par ailleurs la relation de proximité la plus étroite avec les citoyens, lesquels, bien souvent, les sollicitent lorsqu’ils veulent obtenir des informations concernant leurs droits en tant que consommateurs;

9.

constate que le Conseil a invité à maintes reprises la Commission à développer des actions dans les domaines de la santé, de l’activité physique et de la nutrition;

10.

conscient qu’une grande partie des aliments produits en Europe ne sont pas utilisés et insistant sur l’importance que revêtent les programmes de recherche qui visent à évaluer la politique nutritionnelle dans les différentes analyses publiées à ce propos, invite la Commission à proposer comme modèles des dispositifs qui ont été mis en œuvre par les régions pour réduire le gaspillage alimentaire, conformément à l’objectif no 2 du programme à l’horizon 2030 (3);

11.

souligne que la production locale de denrées alimentaires peut concourir au développement économique et social des régions, en prévenant l’exode rural, ainsi que les pressions démographiques excessives sur les zones urbaines. Les collectivités locales et régionales peuvent jouer un rôle important pour contribuer au développement durable en promouvant les circuits courts d’approvisionnement, l’élaboration de programmes efficaces pour prévenir le gaspillage alimentaire, ainsi que la mise en œuvre d’actions d’information ciblées pour sensibiliser le citoyen, y compris en coopération avec la grande distribution organisée;

12.

invite les collectivités locales et régionales à coordonner les actions menées à leur niveau afin de promouvoir une alimentation saine et durable, en élaborant des plans d’action efficaces en matière alimentaire et dans le domaine de l’activité physique, qui tirent parti de synergies entre les niveaux de pouvoir concernés et les parties intéressées;

13.

est d’avis que toute stratégie ne pourra avoir d’efficacité que dans la mesure où elle est soutenue par des actions et initiatives locales, et estime en conséquence qu’il est légitime que les collectivités territoriales aient part aux activités promues par l’Union européenne, car elles sont au contact le plus direct de ses citoyens;

L’éducation nutritionnelle des enfants et l’alimentation dans les écoles et les crèches

14.

encourage à promouvoir la formation et le développement des compétences au niveau local pour toutes les personnes qui entrent en contact avec les enfants, qu’il s’agisse des puériculteurs dans les crèches et du personnel enseignant des écoles ou des pédiatres, des autorités de surveillance de l’approvisionnement alimentaire, mais aussi de tous les intervenants qui jouent un rôle important dans l’éducation nutritionnelle des enfants, afin de favoriser une alimentation saine dès l’âge de l’introduction des aliments complémentaires, tout en promouvant un environnement scolaire et des mesures de passation de marché qui soient propices à la santé, de manière à contribuer ainsi à la réalisation des objectifs de développement durable nos 4.7 et 12.8 du programme des Nations unies à l’horizon 2030;

15.

estime qu’il est indispensable d’établir des programmes obligatoires d’éducation à la nutrition dans les établissements scolaires, à tous les degrés, en prêtant une attention toute particulière à l’école maternelle et primaire, dont les élèves sont à l’âge où les comportements alimentaires prennent forme. Il est suggéré que lesdits programmes comprennent des cours théoriques, des ateliers éducatifs et des sorties instructives axées sur des thèmes variés, consistant par exemple en des classes de cuisine ou de gestion des aliments, et des visites dans des centres de production, de transformation et de conditionnement de produits alimentaires. Ils auraient pour but d’encourager des habitudes alimentaires saines et d’orienter par ailleurs la nouvelle génération vers les produits frais et locaux, non transformés, de saison et d’origine végétale, au bénéfice de choix alimentaires plus durables;

16.

juge qu’il est de la plus haute importance de fournir aux crèches et aux écoles maternelles et primaires des produits d’excellente qualité, certifiés conformément à des normes de qualité, pour leurs collations scolaires, cantines, cafétérias ou réfectoires et distributeurs automatiques, de manière à garantir des choix sains et nourrissants;

17.

estime que les collectivités locales et régionales, par le contrôle direct qu’elles exercent sur les établissements d’enseignement, peuvent influer sur les pratiques nutritionnelles qui y ont cours, et améliorer ainsi la santé des plus jeunes citoyens de l’Union;

18.

se réjouit de la publication du rapport «Public Procurement of Food for Health — technical report on the school setting» (Marchés publics en matière d’alimentation pour la santé: rapport technique sur le cadre scolaire) et insiste pour que la Commission le fasse traduire dans toutes les langues officielles de l’Union européenne pour que toutes les collectivités locales et régionales qui achètent des produits alimentaires et des services liés à l’alimentation pour les établissements scolaires utilisent ce document de référence afin d’assurer le respect des prescriptions des marchés publics concernant les aliments;

19.

salue les actions, subventionnées par l’Union européenne, que la Commission déploie en faveur des enfants, avec ses dispositifs de distribution de lait et de fruits et légumes dans les crèches et les écoles;

20.

estime que les pouvoirs publics compétents des différents États membres de l’Union européenne devraient reconnaître et traiter l’alimentation et l’offre de régimes alimentaires de caractère sain et durable comme faisant partie intégrante de leur mission d’éducation;

21.

est d’avis qu’il serait opportun de modifier la directive sur les services de médias audiovisuels (directive SMA) dans le sens d’un renforcement des règles encadrant la promotion commerciale et la publicité qui, en ce qui concerne les aliments et les boissons présentant une forte teneur en graisse, en sel et en sucre, sont vus par les enfants et les jeunes, sans se limiter aux seuls programmes dont ils sont les groupes cibles, de manière à diminuer, conformément à l’appel lancé par l’OMS, l’exposition des citoyens adultes de demain aux messages publicitaires de ce type (4);

Information et éducation des adultes

22.

juge important, pour la réalisation de l’objectif de développement durable no 12.8 du programme des Nations unies à l’horizon 2030, que des campagnes d’information à destination de la population soient régulièrement programmées, concernant l’influence positive qu’elle exerce sur sa santé si elle intègre à son alimentation des productions maraîchères et fruitières obtenues par des méthodes culturales durables, et qu’elle réduit sa consommation d’aliments riches en graisses saturées, acides gras trans, sel et sucre, et tout particulièrement de produits transformés qui affichent une haute teneur de ces ingrédients. Les campagnes concernées ont pour effet d’encourager un régime alimentaire sain et de prévenir les maladies, et elles contribuent à l’amélioration de la santé publique. À cet égard, le Comité demande à la Commission européenne de présenter une proposition législative pour l’introduction d’un système d’étiquetage obligatoire de type «feux de circulation» ou «codes de couleur» pour les lipides, les acides gras saturés, le sucre et le sel, et aux collectivités locales et régionales de procéder ensuite à des actions d’information auprès du public afin que le mode d’utilisation de cet étiquetage nutritionnel soit très clair pour les consommateurs;

23.

fait remarquer que l’environnement de travail constituant un lieu idéal pour promouvoir des habitudes alimentaires saines et durables, il est extrêmement important de ne proposer que des produits de qualité supérieure dans les menus de restauration collective, cantines, cafétérias et distributeurs automatiques, au moins dans les services publics où travaillent les employés des collectivités locales et régionales, mais aussi dans toutes les entreprises publiques ou privées où il est possible de le faire, afin de garantir que des choix plus sains et nutritifs soient offerts aux travailleurs;

24.

estime que protéger les consommateurs face aux messages publicitaires trompeurs constitue un enjeu d’importance majeure. À cette fin, les pouvoirs locaux et régionaux devraient organiser des campagnes d’information sur l’étiquetage des denrées alimentaires et les allégations en rapport avec la nutrition et la santé, de manière à former les consommateurs à effectuer des choix plus durables, en encourageant des modèles nutritionnels salubres, comme, entre autres exemples, le régime méditerranéen;

25.

exhorte le Conseil, le Parlement européen et la Commission européenne à profiter de l’occasion qu’offre la révision de la directive sur les services de médias audiovisuels (directive SMA) afin de renforcer les règles relatives à la promotion commerciale et à la publicité concernant les produits alimentaires à forte teneur en graisse, sel et sucre, ainsi que les boissons alcoolisées, et souligne qu’il est urgent qu’elles répondent aux défis inédits que pose la communication commerciale et publicitaire qui s’effectue par les plates-formes internet et les réseaux sociaux, où les messages diffusés sont difficiles à contrôler;

Initiatives de facilitation à l’intention des pouvoirs locaux

26.

tient pour indispensable la coopération avec l’OMS aux fins de dispenser une information concernant le système de suivi en matière nutritionnelle, dans la perspective de l’adoption du prochain programme d’action dans le domaine de la santé;

27.

note que certaines actions subventionnées, comme celles visant à rechercher d’autres sources de protéines (5) peuvent être efficaces pour induire une modification des comportements alimentaires, mais que leur efficacité par rapport à leur coût, ainsi que leur incidence sur les choix des consommateurs sur le long terme, nécessitent d’être étudiées plus avant;

28.

invite la Commission européenne à publier avant la fin 2018 son rapport concernant les répercussions des systèmes novateurs d’étiquetage alimentaire, en analysant des exemples tirés de dispositifs existants de signalétique alimentaire;

29.

demande qu’après examen des systèmes d’étiquetage alimentaire en usage, la Commission propose de créer un mécanisme obligatoire de signalétique unique à l’échelle de toute l’Europe qui, sous la forme de codes de couleur à apposer sur la face antérieure des conditionnements alimentaires dans l’ensemble de l’Union européenne, donnerait au consommateur, pour une portion de 100 grammes du produit concerné, des informations claires sur sa teneur en sucre, sel et matières grasses, de manière à promouvoir des modèles plus sains en matière d’alimentation. Le Comité préconise que cette cote nutritionnelle soit également disponible sur les appareils électroniques, conformément aux impératifs de la technologie moderne;

30.

réclame que des dispositions précises soient édictées en ce qui concerne la teneur maximale en sucre, sel et graisses pour les produits qui, dans leur étiquetage, formulent des allégations en rapport avec la nutrition et la santé. La présence de ces descriptifs devra constituer une condition sine qua non pour qu’une telle affirmation puisse figurer sur leur emballage;

31.

estime qu’il importe de se fixer des objectifs précis, significatifs et efficaces pour réduire la présence de sucre, d’acides gras trans et de sel dans toute une série de catégories d’aliments et de boissons, en établissant dans le même temps des stratégies nationales pour réaliser les buts ainsi visés;

32.

rappelle aux collectivités locales que, de manière prioritaire, elles doivent faire en sorte, grâce aux marchés publics dans le secteur des aliments, que tous les établissements du public, dont les hôpitaux, les établissements de soins pour personnes âgées, les maisons de retraite, les écoles maternelles et primaires, les prisons et leurs cantines respectives, deviennent des exemples à suivre en achetant et en proposant des produits locaux, sains et de saison, qui sont un gage de développement durable, et contribuer ainsi à la réalisation de l’objectif de développement durable no 12.7 du programme des Nations unies à l’horizon 2030, à savoir «promouvoir des pratiques durables dans le cadre de la passation des marchés publics». À cette fin, le Comité recommande de privilégier les producteurs locaux dans le cadre des procédures de passation de marchés publics, afin de favoriser une alimentation saine et le développement de l’économie locale.

33.

souligne qu’il s’impose d’adopter des orientations en la matière, en prenant en considération les exemples que fournissent les stratégies efficaces mises en place par certains pays pour instaurer des modèles nutritionnels plus sains. Il convient de progresser en matière d’accès gratuit à l’eau potable. À titre d’exemple, l’Andalousie travaille sur une législation qui comprend une mesure à cet égard: «Les entreprises responsables de l’installation ou de l’entretien, dans les établissements d’enseignement publics et les lieux de loisirs publics pour enfants, des distributeurs automatiques d’aliments emballés et de boissons y installent et entretiennent une source d’eau potable gratuite, laquelle doit être soit intégrée au distributeur automatique, soit installée à une distance maximale de deux mètres de l’appareil». On citera aussi ici le cas de la Grèce qui, pour que ce bien si précieux qu’est l’eau mais aussi certains autres produits essentiels en matière alimentaire soient disponibles à un prix avantageux par rapport aux boissons et denrées autres, a décrété que dans certains endroits où une mise en concurrence n’est pas réalisable, comme les aéroports, les centres sportifs, les bateaux, les hôpitaux, les établissements d’enseignement, les gares ferroviaires, les musées, les centres de loisir, etc., ils seraient vendus à des prix plafonnés, par exemple à 0,50 EUR pour un demi-litre d’eau embouteillée, aux clients qui les consomment debout dans des points de vente déterminés, tels que cantines, buffets, bars, restaurants et installations sanitaires diverses, distributeurs automatiques, etc.;

34.

demande à la Commission d’établir les profils nutritionnels spécifiques et les conditions, y compris les exemptions, que les denrées alimentaires ou certaines catégories de denrées alimentaires doivent respecter avant de donner lieu à des allégations concernant la nutrition ou la santé;

35.

réitère l’appel qu’il a lancé aux organes institutionnels de l’Union européenne pour que dans l’étiquetage des produits alcoolisés, il soit obligatoire d’en mentionner les ingrédients et les informations nutritionnelles, y compris la valeur calorique. Il faudrait également y inclure des avertissements relatifs à la santé dans le cas des spiritueux et des boissons énergisantes. Plus particulièrement, le Comité demande à la Commission européenne, au Conseil et au Parlement européen d’abroger l’exemption accordée aux boissons alcoolisées dans le cadre du règlement (UE) no 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, de manière que les consommateurs puissent effectuer des choix éclairés;

36.

juge opportun qu’une coopération se noue entre les institutions de l’Union et les associations nationales et européennes qui s’occupent des questions touchant à la nutrition et aux aliments ainsi qu’avec les organismes publics nationaux, dans le but de soutenir des initiatives privées faisant la promotion d’une alimentation saine et durable;

Le stade du processus de production

37.

reconnaît qu’il importe d’assurer la bonne santé et la fertilité des sols, qui constituent des facteurs clés pour garantir la sécurité alimentaire et, partant, préconise les pratiques agricoles et l’utilisation d’engrais et d’amendements de type biologique pour augmenter la teneur des terres en substances organiques, améliorant leur structure et leur capacité d’absorption hydrique;

38.

insiste à nouveau sur la nécessité que les acteurs locaux apportent leur appui aux jeunes agriculteurs, pour qu’il soit réalisable de développer une activité agricole et de conserver la vitalité du tissu rural, ou encore des structures comme l’agriculture à soutien collectif (ASC);

39.

invite à prendre des mesures qui favorisent l’acquisition de compétences et de connaissances techniques et gestionnaires, ainsi que la diffusion des innovations dans les différents domaines d’activité des entreprises afin d’améliorer la gestion durable de la production et de sa transformation en aval, dans le but d’offrir des produits authentiques assortis d’une traçabilité;

40.

recommande que les politiques de l’Union concernées apportent leur soutien pour stimuler le développement et la promotion d’une production alimentaire saine;

41.

invite à encourager les services de conseil en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises grâce à une gestion durable et orientée vers la qualité;

42.

demande que les pouvoirs locaux s’engagent dans des collaborations avec les centres de formation et les institutions universitaires nationales pour encourager la recherche sur des filières alimentaires durables, à tous les stades de la production, de manière à fournir des produits bien identifiables sur le plan de la qualité, aux fins d’une alimentation saine. Le Comité conseille en particulier de se référer à des protocoles de production qui témoignent d’un recours réduit aux engrais chimiques, antibiotiques et pesticides;

43.

souligne qu’il y a lieu de stimuler et soutenir le développement d’un système de production alimentaire qui respecte l’environnement, réduise les emballages et le gaspillage alimentaire, pour parvenir à leur élimination, limite les émissions de CO2 et favorise des pratiques de production durable;

44.

invite à soutenir les agriculteurs proposant des produits agricoles et des denrées alimentaires de qualité et à mener, en collaboration avec les collectivités locales concernées, des campagnes d’information et de publicité consacrées à ces productions;

45.

souligne la nécessité d’investir dans l’innovation en utilisant des technologies respectueuses de l’environnement et axées sur les produits;

46.

propose que l’on examine les possibilités qui existent à l’échelon local pour encourager la participation libre à la promotion de comportements alimentaires sains, par exemple grâce à la participation volontaire à la production d’aliments dans des jardins potagers, etc.;

47.

invite à diversifier l’activité des exploitations agricoles, grâce au développement d’activités touristiques et sociales qui permettront d’élargir l’offre de produits locaux, de renforcer l’ancrage sur le territoire d’une production issue de circuits courts et de promouvoir la consommation de produits authentiques et liés au terroir;

Le stade de la transformation des aliments

48.

invite l’industrie alimentaire à investir dans la reformulation des produits alimentaires existants riches en graisses saturées, sucre et sel et dans la recherche et le développement d’autres, à caractère novateur, qui soient sains et savoureux tout à la fois ainsi que d’aliments pour régimes spécifiques, par exemple sans gluten, sans lactose, etc., qui aient été produits avec des technologies modernes et soient par ailleurs d’un prix abordable, en privilégiant des choix placés sous le signe de la santé et de la durabilité;

49.

encourage les entreprises, conformément à l’objectif no 12.6 du programme à l’horizon 2030, à adopter des pratiques viables et à intégrer dans leurs rapports des informations à ce sujet;

50.

soutient le conditionnement des produits frais à des fins de conservation et les filières courtes pour favoriser la commercialisation de produits locaux et sains;

51.

préconise de réaliser des investissements dans la transformation des productions agricoles, afin de réduire l’impact sur les produits et de rationaliser l’utilisation des conditionnements et emballages, de manière à réduire le volume de déchets qui en résulte et le gaspillage tout en préservant les denrées concernées;

52.

juge important que tous les acteurs concernés coopèrent pour créer, à l’échelle européenne, un dispositif global et obligatoire d’étiquetage alimentaire, qui présente une bonne lisibilité et s’applique à tous les produits, notamment ceux qui en sont actuellement exemptés par la réglementation, dans l’optique d’étendre le contenu de l’information nutritionnelle fournie, afin que les consommateurs puissent choisir en connaissance de cause les aliments qu’ils consomment;

53.

propose de distinguer les produits de montagne au moyen d’un symbole graphique spécifique, qui mettra en valeur leurs particularités, telles que la qualité des sols, de l’air ou de l’eau, ainsi que le volume de production;

54.

estime qu’il importe de créer un système européen unique pour définir la taille des portions, afin qu’il soit possible d’effectuer des comparaisons entre les produits des différents pays;

55.

presse l’industrie de coopérer avec les pouvoirs locaux et régionaux afin d’entreprendre, à l’échelle des pays, des collectivités et des citoyens, des actions qui promeuvent une alimentation saine, dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises;

Acteurs locaux, marchés de producteurs et petits vendeurs

56.

apprécie les actions menées par les collectivités locales pour soutenir des réseaux alimentaires de substitution, comme les marchés publics biologiques, qui offrent des possibilités de se nourrir de manière saine et durable;

57.

se félicite des efforts déployés par les collectivités locales et régionales pour aider à la mise en place de groupes d’étude au sein desquels des professionnels des secteurs de la production et de la transformation échangeront leurs expériences concrètes en matière d’agriculture biologique. Leurs travaux pourraient compléter les programmes d’agriculture classique qui sont dispensés par les centres de formation, les écoles et les universités;

58.

encourage à prendre des mesures qui favorisent la mise en place de services de base locaux et de réseaux visant à renforcer le marché des produits de terroir, l’agrotourisme, ainsi que la protection et la réhabilitation des zones rurales pour stimuler les échanges d’aliments sains et traditionnels;

59.

salue les initiatives privées engagées par des associations locales à but non lucratif qui orientent les choix des consommateurs vers un mode de vie sain, complétant ainsi les actions politiques et législatives prises par les pouvoirs publics au niveau européen et national;

60.

invite les médias locaux, télévision, radio, magazines, internet, journaux ou réseaux sociaux, à participer à des campagnes d’éducation nutritionnelle et à respecter les contraintes réglementaires en matière de publicité pour des denrées alimentaires et boissons qui ne sont pas bonnes pour la santé, conformément à l’appel lancé par l’Organisation mondiale de la santé;

61.

prend position en faveur du développement de réseaux alimentaires, notamment les marchés de producteurs, où les producteurs locaux offrent directement aux consommateurs des aliments sains et de haute qualité à des prix raisonnables, en préservant par ailleurs la culture gastronomique des populations locales et en contribuant à protéger la biodiversité;

62.

fait observer que la planification stratégique et la coopération entre tous les niveaux de pouvoir, avec la participation de tous les acteurs concernés, jouent un rôle stratégique pour promouvoir une alimentation saine et durable;

63.

partage la conviction, largement répandue, que nouer des coopérations fortes avec les collectivités locales est une condition sine qua non du succès des filières durables.

Bruxelles, le 4 juillet 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Alimentation saine, aide-mémoire no 394, information de septembre 2015

(2) http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/7694616/3-14102016-BP-EN.pdf

(3) https://ec.europa.eu/jrc/sites/jrcsh/files/public-procurement-food-health-technical-report.pdf

(4) http://www.hse.ie/eng/about/Who/healthwellbeing/Our-Priority-Programmes/HEAL/HEAL-docs/tackling-food-marketing-to-children-in-a-digital-world-trans-disciplinary-perspectives-WHO-2016.pdf

(5) http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/ELI/?eliuri=eli:dec_impl:2014:424:oj


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