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AccueilDroit européen52018IR1664
Initiative législative52018IR1664

Avis du Comité européen des régions — Intégrer le sport dans le programme de l’Union européenne pour l’après-2020

CELEX52018IR1664
TypeInitiative législative
Datemercredi 10 octobre 2018

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions préconise une intégration renforcée du sport dans les politiques de l'Union européenne après 2020, en soulignant son rôle transversal pour la santé, la cohésion sociale et le développement économique local. Il invite à mobiliser les fonds structurels et les programmes européens (notamment Erasmus+ et le futur FSE+) pour soutenir les collectivités territoriales dans la mise en œuvre de projets sportifs inclusifs et durables. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une source d'interprétation utile pour identifier les opportunités de financement et les orientations politiques à prendre en compte dans les dossiers liés au sport et aux politiques régionales.

Texte intégral

21.12.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 461/37


Avis du Comité européen des régions — Intégrer le sport dans le programme de l’Union européenne pour l’après-2020

(2018/C 461/06)

Rapporteur:

Roberto PELLA (Italie, PPE), maire de Valdengo (province de Biella)

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

a l’intention d’analyser, étant donné qu’elles sont indissociables, la dimension économique et humaine et celle d’inclusion sociale que le sport revêt pour l’Union européenne et les collectivités locales et régionales. Conçu comme un continuum qui s’étend de l’activité motrice à celle de type physique, il a, en effet, partie liée avec une multitude de politiques, produits et services qui s’entrecroisent et interagissent avec différentes chaînes de valeur;

2.

fait observer que selon les estimations les plus récentes, le sport constitue pour l’Union européenne un secteur économique d’une importance capitale, si l’on considère qu’il occupe «dans les économies nationales, une part comparable à celle de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche combinées (1)» et qu’il est prévu que son poids va encore s’accroître. En outre, le secteur sportif représente 2 % du produit intérieur brut de l’Union européenne, procurant 7,3 millions de postes de travail à l’échelle du continent, soit 3,5 % du volume total de l’emploi dans l’Union. En ce qui concerne l’industrie touristique, entre 12 et 15 millions de voyages sont organisés chaque année en vue d’une participation à des manifestations sportives ou de la pratique d’une activité de sport. L’une des spécificités du domaine d’activité qu’est le sport est d’être fortement lié avec d’autres secteurs de production, comme le tourisme accessible ou sportif, les technologies, la santé ou la construction et les infrastructures, pour lesquels il contribue, de manière directe ou indirecte, à créer de la valeur ajoutée (2).

3.

relève toutefois que, dans le même temps, une étude menée par SportsEconAustria (SpEA) (3) pour le compte du Parlement européen a montré que l’on sous-estime l’ampleur de l’impact produit par le sport et la portée que revêtent son influence et les orientations qu’elle induit concernant les politiques publiques, surtout si l’on prend en considération certains phénomènes: l’on songe ici au bénévolat, étant donné que la majeure partie des activités sportives se déroulent dans des structures à but non lucratif, ainsi qu’aux retombées annexes des processus d’intégration et d’inclusion sociale qu’il enclenche, ou encore au coût de l’inactivité physique, qui atteint un montant de 80 milliards d’euros par an dans les 28 pays de l’Union européenne (4), chiffre à considérer en combinaison avec la charge que font peser à moyen terme sur les budgets régionaux de santé les maladies dont l’une des causes réside dans l’absence d’exercice ou son insuffisance;

4.

souligne que, bien que l’activité physique soit de plus en plus reconnue comme un enjeu politique majeur, il existe toujours des lacunes importantes dans les connaissances au niveau local en ce qui concerne les avantages plus généraux de l’activité physique, puisque les recherches montrent que les décideurs locaux n’ont pas conscience ni des niveaux d’obésité dans leurs communautés, à raison de 66 % d’entre eux, ni des niveaux de surcharge pondérale, dans une proportion de 84 % (5);

5.

fait observer que le sport ne constitue pas un secteur marginal mais représente au contraire un champ d’investissement prioritaire pour l’Union européenne, étant donné qu’en complément de sa pratique à un niveau de compétition, sa définition actuelle recouvre aussi l’ensemble des domaines de l’activité motrice et physique, lesquels ne contribuent pas seulement à augmenter celle de type sportif mais servent également à promouvoir la santé et l’adoption d’un mode de vie sain. L’approche à adopter en la matière doit consister à offrir un accès aux différentes disciplines qui soit plus équitable, c’est-à-dire fondé sur l’égalité, la parité et l’équivalence, ainsi qu’à éviter l’apparition de pathologies chroniques, en particulier des maladies non transmissibles telles que l’obésité, le diabète de type 2, le risque cardiovasculaire, les maladies mentales, ou d’autres encore;

6.

souligne le rôle essentiel du sport en tant que facteur de préservation de la santé et de bien-être, tel qu’il a été reconnu en particulier par le troisième programme de l’Union européenne en matière de santé et par le suivi de l’activité physique bienfaisante pour la santé (APBS), par le programme 2014-2019 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et par sa base de données sur la nutrition, l’obésité et l’activité physique (NOPA);

7.

rappelle en outre que le programme de développement durable à l’horizon 2030 considère le sport comme un facteur important du développement durable et reconnaît son rôle dans l’amélioration de la santé et de l’éducation, ainsi que sa contribution à la paix, à la promotion de la tolérance, du respect et de l’inclusion sociale, et à l’émancipation des femmes et des jeunes (6);

8.

relève plusieurs des résultats qui se dégagent de la publication de l’Eurobaromètre consacré au sport (7):

—

près de la moitié (46 %) des citoyens européens ne pratiquent aucune activité physique ou sportive, et, au cours des dernières années, ce pourcentage, qui était de 42 % en 2013, a graduellement augmenté à partir de 2009,

—

le taux de participation à des activités sportives ou physiques est moindre chez les personnes dont le niveau d’éducation est plus faible ou qui sont confrontées à des difficultés financières accrues,

—

pour la pratique du sport, les sites «informels», tels que les parcs (40 %), l’environnement domestique (32 %) ou les trajets entre l’école ou le travail et le domicile (23 %) sont plus utilisés que ceux qui sont expressément affectés à cette fin,

—

le principal motif qui incite à entamer une activité physique ou sportive est le souhait d’améliorer son état de santé et de se sentir en forme, tandis que le principal obstacle réside dans le manque de temps,

—

la majeure partie des citoyens européens estiment que des possibilités existent au niveau local pour pratiquer une activité physique, mais beaucoup d’entre eux pensent aussi que les pouvoirs locaux n’en font pas suffisamment à cet égard;

9.

demande de bien noter que dans l’économie et la société d’aujourd’hui, notamment après la crise économique qu’a traversée l’Union européenne, le sport joue un rôle qui produit des retombées bénéfiques pour les collectivités locales et régionales à divers égards, qu’il s’agisse des osmoses entre les secteurs qu’il touche, en enclenchant un effet de levier appréciable, de la compétitivité et du pouvoir d’attraction, ainsi que de la qualité de vie qu’il induit, lorsque les rendez-vous et activités s’y rapportant sont présents en quantité significative et de manière cohérente, ou encore de son potentiel d’emplois, si l’on considère qu’en Europe, les installations où il se déroule sont très souvent détenues par des communes, de même que de l’intégration, dans la mesure où il offre un puissant outil pour communiquer les valeurs partagées dont l’Union européenne se revendique et qui s’expriment bien souvent avec plus de clarté au niveau local (8). En conséquence, dès lors que le secteur sportif est de plus en plus souvent utilisé comme moyen de réaliser des visées socio-économiques, il lui est progressivement demandé d’accroître son efficacité et ses performances, non seulement comme outil de réalisation de buts qui lui sont assignés mais également en tant qu’objectif stratégique en soi;

Le contexte: les initiatives existantes au niveau européen

10.

observe que le livre blanc sur le sport publié en 2007 par la Commission a constitué le premier texte politique consacré à cette thématique;

11.

souhaite faire observer, comme l’explique son avis sur la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent (9), que les manifestations sportives, culturelles et éducatives peuvent fournir un cadre qui fera tomber des obstacles à l’intégration;

12.

souligne que le traité de Lisbonne, entré en vigueur en décembre 2009, a introduit un article spécifique, en l’occurrence l’article 165 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui lui a conféré de nouvelles compétences en faveur du sport, en prévoyant des dispositions pour le promouvoir et en demandant qu’elle agisse pour y développer une dimension européenne. L’article 6, point e), du même traité disposait déjà que l’Union a compétence pour mener des actions destinées à appuyer ou compléter l’action des États membres dans le domaine du sport;

13.

fait observer qu’en 2011, la Commission a adopté une communication intitulée «Développer la dimension européenne du sport» (10), sur la base de laquelle le Conseil a procédé à l’adoption d’une résolution sur un plan de travail de l’Union européenne en faveur du sport 2011-2014, qui a encore voulu resserrer la coopération européenne dans le domaine sportif, en fixant les priorités pour les activités menées à son niveau qui associent ses États membres et ladite Commission. En 2012, le Conseil a adopté des conclusions sur la promotion de l’activité physique bénéfique pour la santé et sur le renforcement des données disponibles en vue de l’élaboration de la politique du sport, en invitant la Commission à publier régulièrement des sondages d’opinion sur le sport et l’activité physique;

14.

rappelle par ailleurs que pour mettre à exécution ce plan, les travaux menés au niveau des experts ont été axés sur la mise en place du questionnaire qui a servi à l’actuelle enquête d’Eurobaromètre;

15.

relève que plus récemment, en 2017, une initiative interrégionale dénommée ClubSport, qui rassemble actuellement dix pays autour de la question du développement économique et de la création de valeur dans le secteur du sport, a été lancée avec le concours de la Plate-forme européenne pour l’innovation dans le sport (EPSI), tandis qu’avec l’initiative dite «ClubSport», qui rassemble actuellement dix pays, ACES Europe s’emploie depuis dix-huit ans à promouvoir les valeurs européennes grâce au prix des capitales et villes européennes du sport;

16.

note qu’en juillet 2017 est entré en vigueur un nouveau plan de travail de l’Union européenne en faveur du sport, définissant les principales questions auxquelles ses États membres devront donner la priorité jusqu’en 2020, parmi lesquelles figurent en premier lieu l’intégrité dans le sport, centrée sur la bonne gouvernance, la protection des mineurs, la lutte contre les matchs truqués et la corruption, la prévention du dopage, la dimension économique du sport, axée tout particulièrement sur l’innovation et sur ses liens avec le marché unique numérique, et, enfin, la thématique du sport et de la société, avec une insistance sur l’inclusion sociale, les entraîneurs, les médias, l’environnement, la santé, l’éducation et la diplomatie sportive;

17.

fait état, enfin, de l’initiative la plus récente de la Commission, l’«appel de Tartu pour un mode de vie sain» (11), feuille de route qui a suscité une dynamique positive de collaboration intersectorielle;

Les objectifs

18.

propose, vu les potentialités et les faiblesses constatées à ce jour, que l’on cherche à relever les défis suivants:

a)

améliorer la capacité à nouer le dialogue entre les projets déjà fonctionnels et les mesures les plus récentes mises en œuvre au niveau des territoires, en encourageant un haut niveau de participation, ainsi que les échanges de bonnes pratiques et les partenariats, avec une extension vers les pays extraeuropéens;

b)

rendre les projets sportifs plus proches des personnes et de la dimension sociale, en leur imprimant comme trait dominant la proximité, l’ancrage local, en fonction des compétences que les collectivités territoriales assument pour les installations et les manifestations touchant au sport;

c)

développer une prise de conscience maximale, à l’échelon général, des avantages que procure l’activité motrice, physique et sportive;

d)

communiquer largement sur les retombées bénéfiques du sport pour l’économie de l’Union européenne et, à cette fin, mieux intégrer la politique sportive dans les secteurs qu’elle recoupe et influence;

e)

intensifier l’innovation technologique et multiplier les entreprises au moyen de dispositifs destinés aux collectivités locales et régionales, en invitant les acteurs du secteur de la recherche, de la technologie et de l’éducation à unir leurs forces avec les autorités de gestion pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie commune, en faisant jouer leurs connexions avec toutes les chaînes de valeur, en amont et en aval du processus productif, et en accordant un maximum d’attention aux gisements d’emplois que recèle le secteur;

f)

considérer le sport comme un véritable droit citoyen, dans la mesure où il constitue un moyen de socialisation et d’intégration, en particulier pour les personnes handicapées, offre la possibilité d’améliorer la qualité de la vie et le bien-être physique et psychologique et recèle un potentiel formatif;

g)

prévoir des formes de soutien visant à rendre les installations sportives pleinement accessibles à tous les citoyens, indépendamment de leur âge, de leur sexe, de leur nationalité et de leurs ressources financières, en leur permettant de les utiliser librement et en élargissant leurs horaires d’ouverture au public;

h)

augmenter le soutien aux compétitions sportives féminines et leur visibilité;

i)

considérer le sport comme un outil privilégié pour faciliter l’intégration sociale et l’égalité;

j)

apporter un soutien budgétaire à la mobilité des sportifs amateurs, dans le cadre de leurs compétitions, surtout lorsqu’ils proviennent de régions éloignées, insulaires ou ultrapériphériques;

Recommandations politiques et propositions

19.

relève que pour «intégrer le sport dans le programme de travail de l’Union européenne pour l’après-2020», il est possible de suggérer des actions et d’adopter des outils grâce aux initiatives suivantes:

Au niveau politique

20.

s’engager de manière significative en faveur de la diplomatie sportive, qui est en mesure de promouvoir les valeurs de l’Europe par le sport et un dialogue constructif, à multiples niveaux, cet engagement devant associer tous les niveaux de gouvernance et les institutions européennes, par exemple le Parlement européen, par le truchement de son intergroupe sur le sport, les directions générales concernées de la Commission européenne, les comités olympiques, nationaux et européen, ou tous les autres acteurs intéressés par une telle démarche, y compris au sein de la société civile, en partant, par exemple, du modèle fourni par des projets pilotes;

21.

développer des relations avec l’extérieur et des projets de coopération internationale hors Europe, pour susciter un nouvel espace de rencontre, grâce à des projets de mobilité et d’échanges de connaissances, d’expériences et de bonnes pratiques, c’est-à-dire des communautés de pratiques;

22.

élaborer au niveau européen des instruments qui confèrent au sport le rôle d’un moteur de croissance pour l’Union européenne, en recourant à des programmes de tutorat et des actions de type non contraignant, en articulation avec le Forum annuel sur le sport ou les Journées d’information, par exemple, et en soutenant l’échange de bonnes pratiques entre les organisations et associations sportives locales et régionales, suivant une approche participative qui parte du terrain, tenant compte de leurs demandes et de leurs besoins;

23.

renforcer le rôle des pouvoirs locaux et régionaux européens, par une démarche qui associe les collectivités territoriales, d’une manière active et plus coordonnée, à la manifestation annuelle constituée par la Semaine européenne du sport, qui a représenté, depuis son lancement, une grande source d’enthousiasme, s’agissant d’enclencher des politiques publiques à moyen et long terme qui aient une incidence prouvée en faveur des styles de vie et des comportements sains, ainsi que d’encourager une participation accrue des citoyens à la vie active, en offrant ainsi la possibilité d’augmenter le professionnalisme du secteur sportif et son potentiel en matière d’emploi;

24.

veiller à ce que l’Union européenne apporte un soutien concret pour que ses États membres mettent intégralement en œuvre la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées en ce qui concerne sa dimension sportive;

Au niveau des programmes

25.

se féliciter de la proposition de la Commission européenne de doubler l’enveloppe allouée à Erasmus dans le prochain budget de l’Union européenne à long terme, pour la période 2021-2027, ainsi que de l’accent mis sur le sport de masse (12); à cet égard, appeler la Commission à privilégier les expériences d’échanges, parmi les entraîneurs, les dirigeants sportifs et les professionnels du sport, jeunes en particulier, qui sont en rapport avec le secteur au sens large, grâce, par exemple, à des activités d’apprentissage par les pairs et des visites d’étude, à la mutualisation de l’expertise et de l’expérience et au renforcement des capacités au sein des villes, des communes et des régions à l’échelon local, afin de développer des approches novatrices pour faire de l’activité physique un élément clé des stratégies municipales ou régionales;

26.

militer, eu égard notamment au sous-investissement qui affecte les infrastructures sportives locales de base, pour que les prochains Fonds structurels et d’investissement européens allouent des fonds spécifiques au sport, en mettant l’accent sur la promotion de l’exercice physique, en particulier dans les zones défavorisées, en assurant l’accès de tous aux activités sportives et en renforçant les compétences et les capacités humaines, en tant qu’elles constituent des facteurs essentiels du développement économique et social;

27.

considérer qu’il est de la plus haute importance d’édicter, dans le programme Erasmus+, des orientations plus explicites concernant la nécessité de renforcer la pratique sportive dès l’âge de la scolarité obligatoire;

28.

inviter, en ce qui concerne les Fonds structurels et d’investissement européens, à soutenir l’emploi, en particulier des jeunes, grâce à de jeunes entreprises et des plates-formes d’innovation technologique appuyant le secteur sportif et à conforter le sport de masse au moyen d’une nouvelle génération d’infrastructures et équipements sportifs à petite échelle et, par ailleurs, promouvoir l’égalité des sexes par le sport, en se servant de politiques sportives plus efficaces pour augmenter les taux de participation. En outre, les Fonds structurels et d’investissement européens pourraient favoriser de nouvelles pistes pour relever les défis particuliers auxquels sont confrontées les régions sur tout le territoire de l’Union européenne, par exemple, en soutenant les sports populaires et traditionnels et en encourageant leur intégration dans les programmes du système d’enseignement public, de manière à mettre en valeur l’Europe et la faire connaître, en préservant dans toute leur vigueur les spécificités et l’identité des collectivités;

29.

promouvoir la santé par l’activité motrice et physique, comme le formule déjà la Charte de Tartu, notamment sur le lieu de travail, en envisageant des mesures qui inciteraient les employeurs, notamment les PME européennes, à pratiquer cette promotion, de manière à améliorer les prestations des employés et leur productivité d’ensemble et, du même coup, à limiter leur absentéisme et leur éviter des maladies;

30.

souligner l’importance de la planification, si possible en collaboration avec des acteurs de la société civile, des activités collectives qui se situent dans des secteurs accessibles et sont aisément réalisables pour les catégories de population plus faibles, notamment celles qui ont des capacités réduites (13), les mères et enfants et les personnes d’âge, ainsi que les groupes exposés à un risque d’exclusion, comme les migrants ou les populations vivant dans des conditions socio-économiques plus précaires, de manière à favoriser une meilleure communication intergénérationnelle et l’intégration des citoyens européens, et planifier par ailleurs des activités collectives pour les personnes en détention. À cet effet, le Comité demande que soit examinée la possibilité de créer, à l’instar de l’initiative WIFI4EU existante, un programme Sport4EU qui soit destiné à promouvoir la santé par l’exercice et l’activité physique et fonctionnerait au niveau des collectivités locales et régionales sur la base de chèques, alloués d’une manière équilibrée d’un point de vue géographique;

31.

mettre en évidence le lien existant entre l’activité physique et un régime alimentaire sain, en particulier à l’école, par l’éducation, mais aussi dans le cadre des objectifs thématiques des programmes agricoles. Il s’agirait par exemple de créer des laboratoires en bonne et due forme qui, sous le nom de «jardins de la santé», pourront dispenser aux enfants, aux adolescents et à leurs familles des informations concrètes sur l’alimentation correcte, les fruits et légumes de saison, les risques inhérents à des modes de vie peu salubres, ou encore l’importance que revêt l’activité sportive et physique;

32.

eu égard à la très grande attention que les institutions européennes portent au futur programme urbain, prévoir les ressources nécessaire pour l’expérimentation et le développement de «villes actives» qui présentent un fort attrait du point de vue du tourisme et de l’innovation et se montrent plus intelligentes face aux besoins exprimés par les populations urbaines;

33.

inviter à intégrer dans le dispositif Interrail des manifestations et sites emblématiques en rapport avec le sport, afin de faire découvrir et connaître plus largement, à commencer en particulier par les générations les plus récentes, les valeurs sportives qui sont promues par l’Union européenne, en encourageant les jeunes à affirmer leur identité;

34.

utiliser les Fonds structurels qui sont disponibles pour augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments et autres infrastructures de nature publique, de manière à contribuer à la durabilité environnementales des installations sportives existantes, notamment en y évitant la propagation des microplatisques, tout en étudiant par ailleurs la possibilité qu’elles soient converties en centres multidisciplinaires, avec l’aide des fonds de l’Union européenne;

35.

enrichir le prochain programme «Horizon Europe» de pistes concernant l’amélioration des instruments de collecte des données et les modèles pour les traiter, dans l’optique de dégager des solutions originales et de nouvelles technologies pour faciliter un échange permanent de connaissances, de manière à répondre aussi aux objectifs exprimés par la future présidence roumaine en rapport avec la stratégie de spécialisation intelligente et le marché unique numérique;

36.

appeler à prendre en considération les initiatives mentionnées ci-dessus dans le contexte des négociations relatives au prochain cadre financier pluriannuel, qui devrait intégrer effectivement le sport dans les priorités de l’Union européenne après 2020, ainsi qu’à mener une réflexion sur l’opportunité de créer à terme un programme consacré au sport;

Subsidiarité et proportionnalité

37.

escompte avoir l’occasion, lors du processus de discussion, puis d’adoption, du prochain cadre financier pluriannuel, de mettre le principe de subsidiarité à l’honneur concernant ce thème, ainsi que d’attirer l’attention de la Commission européenne sur la volonté qu’il a de souligner, dans les circonstances voulues, le rôle décisif que jouent les pouvoirs locaux et régionaux en ce qui concerne la dimension économique et humaine du sport;

38.

réaffirme son propre engagement à voir dans les plans opérationnels régionaux, qui définissent les stratégies d’investissement des Fonds structurels, un instrument supplémentaire, utile et efficace vers lequel il conviendrait d’axer ces efforts. Dans ce cadre, les administrations locales et régionales sont à considérer comme les garantes d’une gouvernance collaborative à niveaux multiples, au sein de laquelle les institutions, les entreprises, les organisations de la société civile et les citoyens peuvent apporter leur contribution pour définir les contours du secteur et assurer son déploiement;

39.

a l’intention de prendre part, avec les institutions européennes, à une réflexion qui traduira le débat et le discours politique en propositions concrètes, conformément au paragraphe 1.2 du programme de travail de sa commission de la politique sociale, de l’éducation, de l’emploi, de la recherche et de la culture (SEDEC), du 21 novembre 2017, ainsi qu’à ses propres priorités politiques;

40.

attend de la Commission qu’elle s’engage pour que l’Union européenne ratifie la convention du Conseil de l’Europe sur la manipulation de compétitions sportives.

Bruxelles, le 10 octobre 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Commission européenne (2014), Sport as a growth engine for EU economy (“Le sport, moteur de croissance pour l’économie de l’Union européenne”), http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-14-432_en.htm

(2) Commission européenne, http://ec.europa.eu/growth/content/sport-growth-engine-eu-economy-0_en

(3) http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2015/563392/IPOL_STU(2015)563392_EN.pdf

(4) Étude ISCA/CEBR 2015, citée dans Narrative review: the state of physical activity in Europe («Examen narratif: situation de l’activité physique en Europe»), p. 37, et projet PASS («Activité physique au service de la société»), http://fr.calameo.com/read/000761585fb41d432c387

(5) Projet PASS: http://fr.calameo.com/read/000761585fb41d432c387

(6) https://sustainabledevelopment.un.org/post2015/transformingourworld

(7) Eurobaromètre (date de publication: 22 mars 2018), https://ec.europa.eu/sport/news/2018/new-eurobarometer-sport-and-physical-activity_fr

(8) Étude sur la contribution du sport au développement régional par le truchement des Fonds structurels: https://ec.europa.eu/sport/news/20161018_regional-development-structural-funds_en

(9) CdR 6329/2015.

(10) CdR 66/2011 fin.

(11) https://ec.europa.eu/sport/sites/sport/files/ewos-tartu-call_en.pdf.

(12) COM(2018) 367 final, proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant «Erasmus», le programme de l’Union pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport, et abrogeant le règlement (UE) no 1288/2013.

(13) CdR 3952/2013 fin.


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