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AccueilDroit européen52018IR2182
Initiative législative52018IR2182

Avis du Comité européen des régions sur le plan d’action: financer la croissance durable

CELEX52018IR2182
TypeInitiative législative
Datejeudi 6 décembre 2018

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions évalue le plan d'action de la Commission européenne visant à financer la croissance durable. Il souligne le rôle crucial des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de la finance durable, notamment pour orienter les investissements vers des projets verts et inclusifs. Le texte appelle à une meilleure coordination entre les niveaux de gouvernance et à des instruments financiers adaptés pour soutenir la transition écologique au niveau local.

Texte intégral

7.3.2019

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 86/24


Avis du Comité européen des régions sur le plan d’action: financer la croissance durable

(2019/C 86/04)

Rapporteur:

Tilo GUNDLACK (DE/PSE), membre du parlement du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

Textes de référence:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, à la Banque centrale européenne, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Plan d’action: financer la croissance durable

COM(2018) 97 final

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables

COM(2018) 353 final

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur la publication d’informations relatives aux investissements durables et aux risques en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2016/2341

COM(2018) 354 final

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2016/1011 en ce qui concerne les indices de référence correspondant à une faible intensité de carbone et les indices de référence correspondant à un bilan carbone positif

COM(2018) 355 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables

[COM(2018) 353 final]

Amendement 1

Considérant 13

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Une classification européenne des activités économiques durables sur le plan environnemental devrait permettre le développement de futures politiques de l’Union, notamment de normes européennes en matière de produits financiers durables sur le plan environnemental, et, à terme, la création de labels qui attesteront formellement le respect de ces normes dans l’ensemble de l’Union. La définition d’exigences juridiques uniformes pour considérer un investissement comme durable sur le plan environnemental, sur la base de critères de durabilité environnementale des activités économiques eux aussi uniformes, est nécessaire pour servir de référence à la future législation de l’Union visant à permettre ces investissements.

Une classification européenne des activités économiques durables sur le plan environnemental devrait permettre le développement de futures politiques de l’Union, notamment de normes européennes en matière de produits financiers durables sur le plan environnemental, et, à terme, la création de labels qui attesteront formellement le respect de ces normes dans l’ensemble de l’Union. La définition d’exigences juridiques uniformes pour considérer un investissement comme durable sur le plan environnemental, sur la base de critères de durabilité environnementale des activités économiques eux aussi uniformes, est nécessaire pour servir de référence à la future législation de l’Union visant à permettre ces investissements. Eu égard aux obligations qui incombent aux investisseurs et aux entreprises en matière de respect des critères de durabilité, il convient d’étendre également ces d’exigences juridiques uniformes aux activités économiques transfrontières et tout le long de leurs chaînes de création de valeur, tout en visant à les intégrer dans le cadre des normes existantes de l’OCDE (principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales).

Exposé des motifs

Les normes de durabilité qui entreront dans vigueur dans toute l’Union pourraient être étendues aux activités économiques transfrontières et devenir des normes de l’OCDE. Il serait ainsi possible d’englober les activités «offshore», qui ne relèvent pas explicitement du champ d’application des réglementations de l’Union européenne.

Amendement 2

Considérant 35

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

L’application du présent règlement devrait être réexaminée à intervalles réguliers, afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise au point de critères d’examen technique pour l’identification des activités durables sur le plan environnemental, l’utilisation de la définition de l’investissement durable sur le plan environnemental, et la question de savoir si le respect des obligations requiert la mise en place d’un mécanisme de vérification. Ce réexamen devrait aussi inclure une évaluation du champ d’application du règlement visant à déterminer s’il devrait être étendu à des objectifs de durabilité sociale .

L’application du présent règlement est réexaminée à intervalles réguliers, afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise au point de critères d’examen technique pour l’identification des activités durables sur le plan environnemental, l’utilisation de la définition de l’investissement durable sur le plan environnemental, et la question de savoir si le respect des obligations requiert la mise en place d’un mécanisme de vérification. Le premier réexamen prévu pour le 31 décembre 2021 au plus tard inclura aussi une évaluation de l’opportunité d’élargir le champ d’application du règlement , ainsi que du moment où il conviendrait d’y procéder, afin de déterminer s’il pourrait être étendu à des objectifs liés aux aspects sociaux des objectifs de développement durable qui ont vocation à devenir la nouvelle stratégie à long terme de l’Union européenne en matière de développement .

Exposé des motifs

Le présent amendement vise à assurer une cohérence avec la clause de réexamen prévue par l’article 17 de la proposition de la Commission.

Amendement 3

Article 13

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les garanties minimales visées à l’article 3, point c) sont des procédures que l’entreprise qui exerce une activité économique met en œuvre pour faire en sorte que soient respectés les principes et les droits fixés par les huit conventions fondamentales citées dans la déclaration de l’Organisation internationale du travail relative aux principes et droits fondamentaux au travail, à savoir: le droit de ne pas être soumis au travail forcé, la liberté d’association, le droit des travailleurs de s’organiser, le droit de négociation collective, l’égalité de rémunération entre la main-d’œuvre masculine et la main-d’œuvre féminine pour un travail de valeur égale, la non-discrimination, en termes de chances et de traitement, en matière d’emploi et de profession, ainsi que le droit des enfants à ne pas être astreints au travail des enfants.

Les garanties minimales visées à l’article 3, point c) sont des procédures que l’entreprise qui exerce une activité économique met en œuvre pour faire en sorte que soient respectés les principes et les droits fixés par le socle européen des droits sociaux et par les huit conventions fondamentales citées dans la déclaration de l’Organisation internationale du travail relative aux principes et droits fondamentaux au travail, à savoir: le droit de ne pas être soumis au travail forcé, la liberté d’association, le droit des travailleurs de s’organiser, le droit de négociation collective, l’égalité de rémunération entre la main-d’œuvre masculine et la main-d’œuvre féminine pour un travail de valeur égale, la non-discrimination, en termes de chances et de traitement, en matière d’emploi et de profession, ainsi que le droit des enfants à ne pas être astreints au travail des enfants.

Exposé des motifs

Il s’agit ici d’adapter le libellé dans le sens du considérant 21 de la proposition de la Commission.

Amendement 4

Article 14

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Exigences applicables aux critères d’examen technique

Exigences applicables aux critères d’examen technique

1. Les critères d’examen technique adoptés conformément à l’article 6, paragraphe 2, à l’article 7, paragraphe 2, à l’article 8, paragraphe 2, à l’article 9, paragraphe 2, à l’article 10, paragraphe 2 et à l’article 11, paragraphe 2:

1. Les critères d’examen technique adoptés conformément à l’article 6, paragraphe 2, à l’article 7, paragraphe 2, à l’article 8, paragraphe 2, à l’article 9, paragraphe 2, à l’article 10, paragraphe 2 et à l’article 11, paragraphe 2:

a)

identifient les contributions potentielles les plus pertinentes à l’objectif environnemental considéré, en tenant compte des incidences à court terme, mais aussi à plus long terme, d’une activité économique donnée;

a)

identifient les contributions potentielles les plus pertinentes à l’objectif environnemental considéré, en tenant compte des incidences en termes de durabilité à court terme, mais aussi à plus long terme, d’une activité économique donnée;

b)

précisent les exigences minimales à respecter pour éviter de causer un préjudice significatif à des objectifs environnementaux pertinents;

b)

précisent les exigences minimales à respecter pour éviter de causer un préjudice significatif à des objectifs environnementaux pertinents;

c)

sont qualitatifs ou quantitatifs, ou les deux à la fois, et comprennent des seuils dans la mesure du possible;

c)

sont qualitatifs ou quantitatifs, ou les deux à la fois, et comprennent des seuils dans la mesure du possible;

d)

s’appuient le cas échéant sur des systèmes d’étiquetage et de certification de l’Union, des méthodes d’évaluation de l’empreinte écologique de l’Union et des classifications statistiques de l’Union, et tiennent compte de tout instrument législatif de l’Union pertinent en vigueur;

d)

s’appuient le cas échéant sur des systèmes d’étiquetage et de certification de l’Union, des méthodes d’évaluation de l’empreinte écologique de l’Union et des classifications statistiques de l’Union, et tiennent compte de tout instrument législatif de l’Union pertinent en vigueur;

e)

sont fondés sur des éléments scientifiques concluants et tiennent compte, le cas échéant, du principe de précaution inscrit à l’article 191 du TFUE;

e)

sont fondés sur des éléments scientifiques concluants et tiennent compte, le cas échéant, du principe de précaution inscrit à l’article 191 du TFUE;

f)

tiennent compte des incidences environnementales de l’activité économique elle-même, ainsi que des produits et services qu’elle fournit, en examinant en particulier leur production, leur utilisation et leur fin de vie;

f)

tiennent compte des incidences environnementales de l’activité économique elle-même, ainsi que des produits et services qu’elle fournit, en examinant en particulier leur production, leur utilisation et leur fin de vie;

g)

tiennent compte de la nature et de l’ampleur de l’activité économique;

g)

tiennent compte de la nature et de l’ampleur de l’activité économique;

h)

tiennent compte des effets potentiels sur la liquidité du marché, du risque que certains actifs deviennent des actifs échoués parce que la transition vers une économie plus durable leur aura faire perdre de la valeur, ainsi que du risque de créer des incitations contradictoires;

h)

couvrent toutes les activités économiques pertinentes au sein d’un secteur donné et font en sorte que ces activités bénéficient d’une égalité de traitement si elles contribuent de manière égale à un ou plusieurs objectifs environnementaux, afin d’éviter toute distorsion de la concurrence sur le marché;

i)

couvrent toutes les activités économiques pertinentes au sein d’un secteur donné et font en sorte que ces activités bénéficient d’une égalité de traitement si elles contribuent de manière égale à un ou plusieurs objectifs environnementaux, afin d’éviter toute distorsion de la concurrence sur le marché;

i)

sont fixés de manière à faciliter autant que possible la vérification de leur respect.

j)

sont fixés de manière à faciliter autant que possible la vérification de leur respect.

Exposé des motifs

En premier lieu, la Commission ne précise pas dans sa proposition la nature des incidences qu’elle examine.

En second lieu, il convient de supprimer la lettre «h», puisque le concept de durabilité environnementale ne se rapporte pas à la notion de liquidité du marché.

Amendement 5

Article 15

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Plateforme sur la finance durable

Plateforme sur la finance durable

1. La Commission crée une plateforme sur la finance durable, composée:

1. La Commission crée une plateforme sur la finance durable, composée:

a)

de représentants:

a)

de représentants:

i)

de l’Agence européenne pour l’environnement;

i)

de l’Agence européenne pour l’environnement;

ii)

des autorités européennes de surveillance;

ii)

des autorités européennes de surveillance;

iii)

de la Banque européenne d’investissement et du Fonds européen d’investissement;

iii)

de la Banque européenne d’investissement et du Fonds européen d’investissement;

iv)

de la «Plateforme pluripartite pour mettre en œuvre les objectifs de développement durable de l’Union européenne»;

b)

d’experts représentant les parties prenantes concernées du secteur privé;

b)

d’experts représentant les parties prenantes concernées du secteur privé;

c)

d’experts nommés à titre personnel et possédant des connaissances et une expérience avérées dans les domaines couverts par le présent règlement.

c)

d’experts nommés à titre personnel et possédant des connaissances et une expérience avérées dans les domaines couverts par le présent règlement.

Amendement 6

Article 17, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Au plus tard le 31 décembre 2021, puis tous les trois ans, la Commission publie un rapport sur l’application du présent règlement. Ledit rapport évalue les éléments suivants:

Au plus tard le 31 décembre 2021, puis tous les trois ans, la Commission publie un rapport sur l’application du présent règlement. Ledit rapport évalue les éléments suivants:

a)

l’avancement de la mise en œuvre du présent règlement en ce qui concerne la mise au point de critères d’examen technique pour l’identification des activités économiques durables sur le plan environnemental;

a)

l’avancement de la mise en œuvre du présent règlement en ce qui concerne la mise au point de critères d’examen technique pour l’identification des activités économiques durables sur le plan environnemental;

b)

la nécessité éventuelle de réviser les critères fixés dans le présent règlement pour considérer qu’une activité économique est durable sur le plan environnemental;

b)

la nécessité éventuelle de réviser les critères fixés dans le présent règlement pour considérer qu’une activité économique est durable sur le plan environnemental;

c)

l’opportunité d’étendre le champ d’application du présent règlement pour qu’il couvre d’autres objectifs de durabilité, notamment des objectifs sociaux;

c)

l’utilisation de la notion d’investissement durable sur le plan environnemental dans la législation de l’Union et au niveau des États membres, y compris l’opportunité de mettre en place un mécanisme de vérification du respect des critères fixés dans le présent règlement;

d)

l’utilisation de la notion d’investissement durable sur le plan environnemental dans la législation de l’Union et au niveau des États membres, y compris l’opportunité de mettre en place un mécanisme de vérification du respect des critères fixés dans le présent règlement.

d)

pour le 31 décembre 2021 au plus tard, la Commission présente une proposition relative à l’extension du champ d’application du présent règlement pour qu’il couvre les objectifs sociaux des objectifs de développement durable .

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur la publication d’informations relatives aux investissements durables et aux risques en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2016/2341

[COM(2018) 354 final]

Amendement 7

Ajouter un nouveau considérant après le considérant 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

L’intégration de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les processus de prise de décision en matière d’investissement, peut procurer des avantages au-delà du cadre des marchés financiers. Il est donc capital que les acteurs des marchés financiers fournissent les informations nécessaires pour permettre de comparer les investissements et de prendre des décisions d’investissement en connaissance de cause. De surcroît, afin de satisfaire à leurs obligations de diligence concernant l’incidence et les risques en matière de durabilité et afin de communiquer des informations pertinentes aux investisseurs finaux, il est nécessaire pour les acteurs des marchés financiers que les sociétés détenues opèrent une publication d’informations qui soit fiable, comparable et harmonisée. Une telle démarche ne peut réussir que si l’on établit des définitions admises sur le plan juridique. Exposé des motifs

Amendement 8

Considérant 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de garantir une application cohérente du présent règlement et l’application cohérente et claire des obligations de publication prévues dans le présent règlement par les acteurs des marchés financiers, il convient d’établir une définition harmonisée de la notion d’«investissements durables».

Afin de garantir une application cohérente du présent règlement et l’application cohérente et claire des obligations de publication prévues dans le présent règlement par les acteurs des marchés financiers, il convient d’établir une définition dépourvue d’ambiguïté et harmonisée de la notion d’«investissements durables» et de celle de «risques en matière de durabilité», qui évite tout chevauchement dans la réglementation dans l’éventualité d’une non-conformité avec les principes de meilleure réglementation et de proportionnalité . La définition des investissements durables assure un degré minimal de cohérence entre les produits et services financiers, et assure également que de tels investissements présentent une incidence nette positive sous l’angle de leurs performances en matière de durabilité. Compte tenu de la multiplicité des aspects que revêt la durabilité — au sens des trois dimensions environnementale, sociale et de gouvernance du développement durable —, des incidences positives dans le cadre de l’une de ces dimensions ne s’accompagne pas toujours d’incidences positives dans une autre, mais il est indispensable que la performance nette en matière de durabilité, telle que mesurée par des indicateurs harmonisés de durabilité, soit toujours fortement positive. Il y a lieu de définir les risques en matière de durabilité afin d’assurer la cohérence des résultats réglementaires, mais une telle définition a également vocation à constituer un outil évolutif et dynamique, capable d’intégrer les risques émergents. Cette définition englobe l’incidence financière et non financière de l’absence de prise en compte des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance. Il convient de mesurer la performance en matière de durabilité en se fondant sur des indicateurs harmonisés de durabilité que la Commission européenne devra définir sans plus attendre et en tirant parti des initiatives européennes et internationales existantes.

Amendement 9

Article 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Définitions

Définitions

Aux fins du présent règlement, on entend par:

Aux fins du présent règlement, on entend par:

[…]

[…]

s)

«conseil en assurance», tout conseil au sens de l’article 2, paragraphe 1, point 15, de la directive (UE) 2016/97.

s)

«conseil en assurance», tout conseil au sens de l’article 2, paragraphe 1, point 15, de la directive (UE) 2016/97;

t)

«risques en matière de durabilité», tout risque financier ou non financier, matériel ou susceptible de se matérialiser, lié aux risques et facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance, là où ceux-ci sont matériels pour une approche donnée d’investissement. Parmi les «risques en matière de durabilité» figurent:

i)

les risques à court et/ou à long terme liés au rendement d’un produit financier ou de retraite, qui découlent de son exposition à des activités économiques susceptibles de présenter une incidence environnementale ou sociale négative, ou encore de son exposition à des entités détenues qui présentent une gouvernance déficiente;

ii)

le risque à court et/ou à long terme lié aux incidences négatives que des activités économiques auxquelles est exposé un produit financier ou de retraite peuvent avoir sur le milieu naturel, sur les travailleurs et sur les communautés ou sur la gouvernance des entités détenues, y compris, mais pas uniquement, lorsqu’il est lié au risque financier visé au point i).

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

est d’avis qu’une finance durable (1) contribue à ce que les décisions d’investissement tiennent compte de considérations environnementales (changement climatique, destruction de l’environnement, perte de diversité biologique et raréfaction des ressources), en sus de considérations sociales (comme par exemple de mauvaises conditions de travail) et de modalités de la gouvernance des entreprises (les «facteurs de gouvernance»);

2.

réaffirme son engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique et de la promotion du développement durable au sens du programme des Nations unies à l’horizon 2030 adopté en 2015 et de ses 17 objectifs de développement durable (ODD);

3.

estime qu’il serait pertinent d’envisager des indicateurs synthétiques de développement en Europe qui incluent suffisamment d’aspects différents liés à ce développement, comme par exemple la durabilité. À cet égard, l’on pourrait prendre comme base l’indice de progrès social régional que la direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne a entrepris d’élaborer pour toutes les régions européennes;

4.

réaffirme son point de vue (2) selon lequel d’énormes investissements sont nécessaires pour affronter les défis du changement climatique, dont la couverture ne peut être assurée par les seuls moyens financiers publics;

5.

est conscient du fait que le changement climatique ne fait que s’ajouter, pour les aggraver, aux problèmes de l’insuffisante capitalisation des banques et de la stabilité des marchés financiers et qu’il entraîne pour le secteur financier des risques nouveaux et supplémentaires d’ordre physique et en lien avec la transition;

6.

se félicite donc vivement du «Plan d’action: financer la croissance durable» publié par la Commission le 8 mars 2018 et souscrit aux objectifs que celui-ci prévoit et à la volonté de permettre au secteur financier et aux investisseurs privés d’apporter leur contribution à la réalisation des objectifs ambitieux et communs en matière d’action climatique et de développement durable;

7.

prie la Commission européenne, lorsqu’elle examinera la faisabilité d’une intégration des risques liés au climat et à d’autres facteurs environnementaux dans les politiques de gestion des risques des établissements, et celle d’un calibrage potentiel des exigences de fonds propres applicables aux banques dans le cadre de la directive et du règlement sur les exigences de fonds propres, de veiller à ne pas établir de trop faibles exigences de fonds propres au regard de critères qu’il conviendra de vérifier de manière objective, dès lors que le risque en matière de durabilité sur le plan de l’environnement ou de responsabilité sociale est certes faible mais que le risque économique est élevé;

8.

demande à la Commission de clarifier la manière dont il est possible de concilier les objectifs parfois contradictoires de son plan d’action, sans compromettre dans le même temps la stabilité financière; fait observer que la promotion d’une finance durable ne saurait intervenir au détriment de la stabilité du marché financier;

9.

est d’avis qu’il convient d’envisager le plan d’action à l’examen, tout comme sa mise en œuvre, dans le double contexte des objectifs de développement durable (ODD) établis par les Nations unies à l’horizon 2030, ainsi que de la volonté déclarée de l’Union européenne de réaliser ces objectifs;

10.

fait état dans ce contexte de l’engagement actif du Comité européen des régions au sein de la plateforme pluripartite qui apporte conseil et appui à la Commission s’agissant de mettre en œuvre le mieux possible les objectifs de développement durable dans l’Union européenne; fait également observer que les recommandations de ladite plateforme manifestent clairement combien il importe de mobiliser les moyens appropriés pour réaliser les objectifs de développement durable, et qu’elles formulent des propositions concrètes en la matière;

11.

s’alarme des effets du changement climatique au sein de l’Union européenne et dans le monde et rappelle que les collectivités locales et régionales sont bien souvent responsables en toute première ligne lorsqu’il s’agit de remédier aux dommages causés par des phénomènes naturels qui ne cessent de gagner en violence et d’investir dans des mesures d’adaptation (3);

12.

fait valoir que les conséquences (4) des catastrophes naturelles causées par le changement climatique touchent immédiatement les collectivités locales et régionales et que par ailleurs, ces dernières tirent parti du maintien de la compétitivité à long terme de l’économie de l’Union européenne et de la création de nouvelles possibilités durables d’investissement et d’emploi;

13.

souligne que les collectivités locales et régionales sont responsables d’une grande partie des investissements dans les infrastructures de transport, de télécommunication, d’énergie, d’eau et de gestion des déchets, qui constituent au sens large des jalons importants sur la voie du développement durable; dans cette perspective, souligne que les collectivités locales et régionales jouent un rôle essentiel pour renforcer la résilience face à des phénomènes naturels préjudiciables liés au climat et dont la fréquence ne cesse de croître;

14.

approuve la démarche de la Commission, lorsque dans le cadre du plan d’investissement pour l’Europe, elle intensifie son soutien financier et technique en faveur des projets durables au moyen du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) et de la plateforme européenne de conseil en investissement, et du portail européen de l’aide à l’investissement, dont les capacités renforcées en matière de conseil dans le domaine écologique et social profiteront à l’échelon régional et local; se félicite également du soutien apporté en parallèle à l’aide du Fonds européen pour le développement durable (FEDD) aux investissements durables dans les pays partenaires, à commencer par l’Afrique et les pays du voisinage de l’Union européenne, dans le cadre du déploiement du plan d’investissement extérieur de l’Union européenne, qui soutient l’agriculture et la connectivité durables, ainsi que la création d’emplois décents;

15.

tient à faire observer qu’il existe un lien entre d’une part, le niveau de vie et de formation des citoyens de l’Union et d’autre part, leur degré de conscience de la nécessité d’un système financier durable et la probabilité que ce dernier, ou les possibilités que les premiers, y participent au moyen de leurs propres investissements dans des produits financiers durables; en tout état de cause, si l’on veut accroître le degré de conscience des citoyens européens quant aux différents aspects liés au développement durable, il est nécessaire d’améliorer l’information à ce sujet;

16.

est d’avis que la mise en œuvre du plan d’action à l’examen devrait promouvoir une orientation plus marquée des activités économiques vers des objectifs de long terme en tenant compte des conséquences sur la société de l’action économique, en Europe et dans le monde;

17.

demande ainsi à la Commission de continuer à viser à limiter le court-termisme si typique des marchés financiers et fait observer que ce court-termisme a des effets aussi manifestes que largement négatifs sur la gouvernance et la stratégie des entreprises, qu’elles soient cotées en bourse ou de plus petite taille;

18.

se félicite du déclenchement rapide du plan d’action à l’examen au moyen des trois premières propositions législatives y afférentes publiées le 24 mai 2018, à savoir la proposition de règlement sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables, la proposition de règlement sur la publication d’informations relatives aux investissements durables et aux risques en matière de durabilité et la proposition de règlement en ce qui concerne les indices de référence correspondant à une faible intensité de carbone et les indices de référence correspondant à un bilan carbone positif, ainsi que de l’ouverture d’une consultation publique sur l’intégration de la durabilité dans les systèmes d’essais d’aptitude;

19.

fait observer que les PME et les entreprises familiales sont davantage en prise directe sur les incidences environnementales et sociales de leurs activités et qu’elles ont une attitude intrinsèquement différente s’agissant du caractère durable et des aspects de gouvernance de ces activités; constate toutefois qu’elles se heurtent souvent à un coût du capital plus élevé et à des difficultés plus importantes à accéder aux marchés financiers;

20.

demande à la Commission de présenter aussi promptement que possible des propositions pour mettre en œuvre les autres objectifs du plan d’action;

21.

déplore que la Commission n’ait pas repris dans son plan d’action, qui indique que le fonds d’investissement unique prévu par le nouveau cadre financier pluriannuel pourrait procurer un tel soutien, la recommandation formulée par le groupe d’experts à haut niveau de créer un mécanisme «Infrastructures durables en Europe», une entité qui servirait à soutenir les projets d’infrastructures durables dans l’ensemble des États membres et qui serait très précieuse notamment pour les collectivités locales et régionales;

22.

fait valoir que certaines collectivités locales et régionales sont elles-mêmes émettrices de produits financiers telles que les obligations vertes des communes ou des régions ou encore les obligations sociales ou durables; il est important de soutenir ces initiatives, tant en développant des pratiques communes en matière d’obligations qu’en améliorant la stabilité financière des émetteurs, par le biais de la coopération et de garanties solidaires et conjointes;

23.

fait état de l’exemple du Pays basque qui a récemment mis sur pied un «cadre pour les obligations pour le développement durable» (5), qui prévoit de pouvoir employer le produit des ventes d’obligations pour financer du logement abordable, l’accès à l’éducation et aux soins médicaux, des projets pour favoriser les énergies renouvelables, la prévention de la pollution de l’environnement et de nombreux autres investissements durables dans différents domaines définis par ledit cadre; un autre bon exemple est celui des émetteurs d’obligations vertes du secteur public des pays nordiques, qui ont publié en 2017 un cadre commun pour la présentation des rapports, une initiative bien accueillie par le marché (6);

24.

réaffirme son soutien à l’instauration dans l’Union européenne d’une taxe sur les transactions financières de grande portée (7); fait valoir que cette taxe, si elle est conçue correctement, peut contribuer à favoriser sur les marchés financiers une culture de la vision à long terme;

25.

souligne qu’en sus d’autres avantages, une taxe sur les transactions financières offrirait la possibilité d’orienter les flux de capitaux vers des investissements durables; l’on pourrait y parvenir en exonérant de ladite taxe, ou en en réduisant le taux qui s’y applique, les transactions en faveur des placements financiers les plus durables au sens du cadre de l’Union européenne pour favoriser les investissements durables;

26.

se félicite que le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) comprenne la proposition publiée par la Commission le 6 juin 2018 du programme InvestEU qui vise également à participer à la mise en place d’un système financier durable dans l’Union européenne et à favoriser la réorientation du capital privé vers des placements financiers durables, lorsque qu’environ 30 % de la garantie budgétaire d’un montant de 38 milliards d’EUR, proposée dans le cadre d’InvestEU, serait employée aux fins des infrastructures durables;

27.

se félicite également que la proposition de la Commission prévoie de soumettre la contribution du programme InvestEU à la réalisation des objectifs de l’Union européenne en matière de climat à une vérification de la durabilité conformément aux orientations en matière d’investissement que devra développer la Commission en coopération avec les partenaires de mise en œuvre dans le cadre du programme InvestEU, et d’utiliser les critères qu’il convient de concevoir dans le cadre de la proposition de règlement sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables;

28.

estime, étant donné que ce sont les PME qui éprouvent le plus de difficultés pour transformer leur activité économique et la rendre plus durable, qu’il convient de doter le volet d’action «PME» du Fonds InvestEU de fortes mesures d’incitation afin de soutenir cette transformation;

29.

fait valoir qu’outre les marchés financiers, le développement durable requiert que soient mises en place les incitations adéquates pour toute la palette des activités économiques; réaffirme qu’un marché efficace d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre, réglementé dans le cadre du système européen y afférent (le SEQE), pourrait jouer un rôle déterminant pour créer les incitations voulues pour lutter contre le changement climatique, pour autant qu’il soit mis en œuvre de pair avec une politique ambitieuse dans les domaines de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables; déplore de ce fait les résultats décevants qu’enregistre le SEQE dans sa configuration actuelle du fait des prix encore trop faibles des quotas d’émission; renvoie à sa revendication qu’une part minime des recettes des ventes aux enchères dans le cadre du SEQE soit administrée directement par les collectivités locales et régionales et soit employée pour investir dans le renforcement de la résilience locale (8);

30.

invite en outre les institutions de l’Union européenne, les États membres et les collectivités locales et régionales à prendre résolument à bras le corps le développement durable et à faire en sorte que l’Union européenne devienne en ce domaine l’acteur principal au plan international, qui tire pleinement parti des possibilités d’innovation et de développement qui découlent d’une transition graduelle vers un nouveau modèle économique et financier;

Proposition présentée par la Commission de règlement sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables

31.

se félicite de la proposition présentée par la Commission de règlement sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables, qui permettrait le développement d’un cadre convenu à l’échelon de l’Union européenne afin d’évaluer le caractère durable et qui constitue un préalable à la réalisation de plusieurs des objectifs concrets que prévoit la Commission dans son plan d’action; dans le prolongement de la proposition de règlement à l’examen, incite la Commission à œuvrer à concevoir un «label écologique» de l’Union pour les produits financiers durables;

32.

se félicite de l’intention qu’a déclarée la Commission dans son plan d’action de présenter en 2019 des propositions aux fins d’une «obligation verte de l’Union européenne» sur la base de critères fixés dans le «règlement-cadre», sachant qu’une telle norme sensibiliserait les investisseurs et renforcerait leur confiance et contribuerait à la mise sur pied d’un marché large et liquide d’actifs financiers durables;

33.

déplore toutefois que dans son plan d’action, la Commission ait mis unilatéralement l’accent sur les aspects environnementaux du développement durable, et ce tout particulièrement dans le «règlement-cadre»; insiste sur le fait que les questions sociales relèvent tout autant du développement durable que les aspects environnementaux, ce qui est également le cas des questions de gouvernance, notamment dans le contexte de l’investissement;

34.

serait favorable à une mise en œuvre accélérée dans un calendrier restreint et demande donc à la Commission d’expliquer dès que possible, et au plus tard à l’occasion de son premier rapport sur l’application du règlement sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables, quand et comment elle proposera l’élargissement du champ d’application dudit règlement aux définitions et critères au moyen desquels les investisseurs peuvent évaluer le caractère durable ou non d’une activité au regard de l’ensemble des objectifs de développement durable;

35.

demande à la Commission de faire également rapport des actions qu’elle a entreprises pour hisser ses approches d’une gestion plus durable du système financier au rang de normes de l’OCDE;

36.

demande l’instauration d’obligations de diligence juridiquement contraignantes pour les investisseurs et les entreprises en matière de respect des droits de l’homme, qui s’appliquent également aux activités étrangères dans le cadre d’un groupe et tout le long des chaînes de création de valeur;

37.

souscrit à l’avis de la Commission (exprimé dans le considérant 36) selon lequel il existe une valeur ajoutée européenne qui réside dans l’instauration à l’échelon de l’Union européenne d’un système uniforme de classification de l’Union européenne concernant les critères afin de déterminer ce qui constitue une activité durable à des fins d’investissement, et qui corresponde ainsi aux obligations et aux objectifs de l’Union européenne en matière de politique de l’environnement et de climat et évite une fragmentation coûteuse du marché. De ce fait, la proposition de règlement satisfait aux exigences du principe de subsidiarité tel que posé par l’article 5 du TUE;

38.

constate que la proposition de règlement est compatible avec le principe de proportionnalité;

Proposition sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables

39.

attache une très grande importance au respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité lorsqu’il s’agit d’élaborer un cadre réglementaire, axé sur des objectifs de développement durable et recouvrant les dispositions relatives à la transparence et aux obligations de publication tout en tenant compte des intérêts des instituts de crédit, connaissant l’importance toute particulière que ceux-ci revêtent pour les entreprises locales et les collectivités locales et régionales, ainsi que pour les instituts de taille petite et moyenne tels que les caisses d’épargne et les banques coopératives, et fait valoir qu’il convient de tenir compte de ceux-ci;

40.

estime que la proposition respecte les principes de subsidiarité et de proportionnalité;

Indices de référence correspondant à une faible intensité de carbone et indices de référence correspondant à un bilan carbone positif

41.

est d’avis que la proposition à l’examen satisfait aux principes de subsidiarité et de proportionnalité.

Bruxelles, le 5 décembre 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Selon le rapport Brundtland, la notion de développement durable peut être définie comme un développement qui permette «de répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire les leurs». S’agissant de la croissance dans l’Union européenne, le développement durable est le principe directeur primordial qui rassemble les aspects liés à l’écologie, l’économie et la responsabilité sociale.

(2) Avis du CdR sur le «Financement de la lutte contre le changement climatique: un outil essentiel pour la mise en œuvre de l’accord de Paris», COR-2017-02108.

(3) Avis du CdR sur le «Financement de la lutte contre le changement climatique: un outil essentiel pour la mise en œuvre de l’accord de Paris», COR-2017-02108.

(4) Le plan d’action à l’examen constate qu’entre 2007 et 2016, la fréquence annuelle des catastrophes liées à des phénomènes météorologiques a augmenté de 46 %, et que les pertes économiques causées de ce fait ont augmenté de 86 % (pour atteindre 117 milliards d’EUR en 2016).

(5) http://www.euskadi.eus/contenidos/informacion/7071/es_2333/Basque%20Government%20Sustainability%20Bond%20Framework_2018.pdf (en anglais).

(6) Nordic Public Sector Issuers: Position Paper on Green Bonds Impact Reporting (Émetteurs du secteur public des pays nordiques: document de synthèse relatif à l’impact des rapports sur les obligations vertes),

https://www.munifin.fi/recents/news/2017/10/24/nordic-issuers-release-guide-on-green-bonds-impact-reporting (en anglais).

(7) Voir l’avis du CdR sur «Un système commun de taxe sur les transactions financières», adopté le 15 février 2012. CdR 332/2011 fin (JO C 113 du 18.4.2012, p. 7).

(8) Avis du CdR sur le «Financement de la lutte contre le changement climatique: un outil essentiel pour la mise en œuvre de l’accord de Paris», COR-2017-02108.


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