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AccueilDroit européen52018IR5941
Initiative législative52018IR5941

Avis du Comité européen des régions — Une approche territorialisée de la stratégie de politique industrielle de l’Union européenne

CELEX52018IR5941
TypeInitiative législative
Datemercredi 26 juin 2019

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne la nécessité d'intégrer une dimension territoriale dans la politique industrielle de l'UE, en tenant compte des spécificités locales et régionales. Il préconise une approche ascendante, impliquant les collectivités territoriales dans la conception et la mise en œuvre des stratégies industrielles, afin de renforcer la compétitivité et la cohésion. Cet avis invite les institutions européennes à mieux articuler les fonds structurels avec les objectifs de la politique industrielle pour soutenir les écosystèmes industriels régionaux.

Texte intégral

29.11.2019

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 404/9


Avis du Comité européen des régions — Une approche territorialisée de la stratégie de politique industrielle de l’Union européenne

(2019/C 404/03)

Rapporteure

:

Jeannette BALJEU (NL/ADLE)

Députée provinciale de Hollande méridionale

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Introduction

1.

fait valoir que l’industrie envisagée sous l’angle de la production de biens et de services constitue la pierre angulaire d’une économie innovante, durable et diversifiée à même d’assurer la compétitivité de l’Europe tout comme des emplois de qualité dans l’Union européenne;

2.

réaffirme sa conviction que la Commission européenne et les États membres doivent exploiter toutes les possibilités offertes par le traité sur l’Union européenne en matière de politique industrielle conformément à l’article 173 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, notamment en saisissant l’option de «prendre toute initiative utile pour promouvoir [la] coordination [des États membres en matière de politique industrielle], notamment des initiatives en vue d’établir des orientations et des indicateurs, d’organiser l’échange des meilleures pratiques et de préparer les éléments nécessaires à la surveillance et à l’évaluation périodiques», en collaboration avec des acteurs régionaux;

3.

souligne que l’industrie revêt une importance capitale pour les régions et les villes européennes ainsi que pour les dizaines de millions d’emplois qu’elle crée, et qu’elle opère de par sa nature dans un contexte mondial où le commerce est un important moteur de croissance, porteuse à la fois d’avantages et de défis;

4.

est d’avis qu’il convient de mettre en évidence l’importance particulière des petites et moyennes entreprises pour la création de valeur, l’innovation et l’emploi. Ce sont elles en effet qui contribuent en grande partie à la capacité qu’a l’industrie de s’adapter avec flexibilité aux nouvelles exigences, dans le cadre par exemple de la mondialisation ou de la numérisation. La stratégie de politique industrielle de l’Union doit offrir des modèles adéquats en vue de maintenir ou de créer un environnement qui leur soit favorable à elles aussi;

5.

considère que les défis et les opportunités au sein de l’industrie doivent résider dans sa capacité à être prête pour affronter l’avenir et à maintenir sa contribution déterminante à la prospérité et à l’emploi, ainsi qu’à garantir un développement durable et la mise en place d’une économie circulaire neutre en carbone;

6.

souligne la nécessité d’investir dans toutes les régions d’Europe dans de nouvelles technologies novatrices et dans la numérisation, dans une économie neutre en carbone et circulaire et dans les compétences en rapport afin de renforcer les avantages concurrentiels de l’Europe;

7.

met par conséquent en relief la nécessité d’une vision stratégique enracinée dans une approche territorialisée pour l’industrie européenne, afin de répondre rapidement aux mutations variées de l’économie et de l’industrie et de conserver une place dans la concurrence mondiale;

8.

estime qu’il s’impose d’adopter une approche européenne coordonnée afin de faire en sorte que l’industrie européenne soit en mesure d’affronter la concurrence mondiale, et est d’avis qu’une telle démarche devrait également s’attacher à accroître la cohérence des cadres réglementaires et des normes, à supprimer les charges réglementaires et administratives excessives et inutiles, à favoriser une collaboration et des partenariats paneuropéens, à obtenir des coûts de l’énergie compétitifs et à fournir des instruments adéquats de défense commerciale aussi bien dans des secteurs traditionnels tels que la sidérurgie, le textile, l’industrie chimique, l’agriculture et l’industrie navale que dans les secteurs émergents; il est urgent par exemple d’établir des droits de douane sur les produits sidérurgiques afin de défendre l’industrie sidérurgique européenne;

9.

considère que le rôle de la politique industrielle consiste à mettre en place un cadre propice qui permet à l’industrie de renforcer sa compétitivité, et qui combine un ensemble d’approches territorialisées horizontales et transsectorielles et, le cas échéant, de mesures sectorielles spécifiques dans l’ensemble de la chaîne de valeur;

10.

se félicite de la communication de la Commission «Investir dans une industrie intelligente, innovante et durable – Une stratégie revisitée pour la politique industrielle de l’Union européenne» (1) et de l’accent que celle-ci met sur le partenariat avec les États membres, les régions, les villes et le secteur privé sachant que celui-ci constitue une avancée importante pour obtenir un instrument permettant de stimuler la compétitivité de l’industrie et l’innovation en Europe; accueille favorablement la proposition de la Commission européenne relative à la politique de cohésion pour l’après-2020, qui met l’accent sur le renforcement de la coopération entre les écosystèmes régionaux dans toutes les régions d’Europe, ainsi que sur le renforcement de la dimension internationale et industrielle de la spécialisation intelligente;

11.

constate la nécessité de soutenir l’industrie européenne au moyen d’actions et de mesures aussi bien économiques que non économiques, et dans ce dernier cas, grâce à une politique d’éducation et de formation ou encore en faveur de la recherche et de l’innovation;

12.

se félicite de l’initiative de la Commission de constituer une table ronde des industriels de haut niveau «Industrie 2030», au sein de laquelle le Comité européen des régions jouit du statut d’observateur (2);

13.

approuve l’appel de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil à poursuivre l’élaboration d’une stratégie industrielle globale de l’Union européenne à l’horizon 2030 et au-delà, dotée notamment d’objectifs à moyen et à long termes ainsi que d’indicateurs pour l’industrie et qui devrait être assortie d’un plan d’action prévoyant des mesures concrètes;

14.

fait valoir la nécessité d’une approche de gouvernance à plusieurs niveaux fondée sur le partenariat et le dialogue avec les États membres, les collectivités locales et régionales et les parties prenantes (3);

15.

réclame l’insertion dans ladite stratégie d’une forte dimension territoriale respectueuse du principe de subsidiarité; se déclare disposé à soutenir le Conseil et sa présidence lors de l’élaboration d’une stratégie de politique industrielle qui soit davantage territorialisée;

16.

est convaincu qu’une stratégie industrielle européenne devrait également englober une refonte minutieuse et étayée des règles de l’Union européenne en matière d’aides d’État et de contrôle des concentrations afin de garantir des conditions de concurrence équitables au niveau international, conformément aux politiques commerciales mondiales et aux accords multilatéraux. Dans le même temps, cette stratégie devrait également prendre en compte le potentiel d’investissement et d’innovation qu’offrent les aides d’État ou les opérations de concentration;

17.

se félicite du document publié par le Centre européen de stratégie politique (4), dans lequel celui-ci propose de trouver un nouvel équilibre entre l’ouverture du marché européen et sa protection afin de créer des conditions plus équitables de concurrence à l’échelle mondiale, tout en renforçant l’innovation et la productivité des industries en Europe;

18.

estime que l’industrie devra mettre en œuvre des transformations profondes pour réaliser les objectifs de l’accord de Paris qui vise à répondre à la menace du changement climatique, tout en préservant sa compétitivité (5). L’ampleur des transformations qui guettent aussi bien l’industrie que la société requiert de toutes les parties prenantes et de tous les échelons politiques d’agir de manière urgente, de partager une vision et d’intégrer leurs solutions, car seule une approche à plusieurs niveaux peut garantir l’adhésion des acteurs concernés à des décisions de politique économique d’une telle ampleur;

19.

soutient la politique proposée par la Commission européenne dans le cadre de la politique industrielle pour l’Union qu’elle a présentée, en faveur d’un marché intérieur équitable qui relève le défi d’un monde du travail en pleine mutation dans l’esprit du socle européen des droits sociaux;

Premier message: une industrie européenne compétitive requiert une approche mixte où une politique régionale territorialisée s’accompagne d’une collaboration interrégionale

20.

souligne que les avantages concurrentiels des régions sont étroitement liés aux industries locales, aux atouts géographiques, aux écosystèmes régionaux d’innovation industrielle, aux établissements d’enseignement professionnel et supérieur et à la main d’œuvre et à l’expertise dont elles disposent;

21.

souligne l’importance de la prospection, de l’extraction et de l’exploitation des gisements locaux de matières premières primaires et secondaires pour le développement territorial et les chaînes de valeur industrielles dans les régions. Une approche territorialisée durable doit prendre en considération les spécificités régionales et le potentiel de développement exploitables à cette fin, ainsi que les possibles synergies dans le cadre de regroupements;

22.

considère qu’une approche territorialisée devrait s’appuyer sur le potentiel des entreprises et des écosystèmes d’innovation pour impulser la modernisation industrielle et développer des stratégies territoriales pour l’innovation et l’intégration à l’échelon régional, local, municipal ou transfrontière;

23.

fait observer qu’une telle démarche requiert des réseaux, comme les stratégies macrorégionales, et des grappes de coopération performants qui rassemblent les principaux partenaires; souligne également qu’une coopération interrégionale de ces réseaux et grappes est essentielle pour produire des synergies, des échanges d’expériences, d’apprentissage par les pairs et pour obtenir la masse critique nécessaire de co-investissements afin de déployer l’innovation dans les chaînes de valeur industrielles partout en Europe; le succès de cette approche de coopération interrégionale passe nécessairement par le recours à la numérisation et au partage des informations;

24.

met en exergue le rôle de premier plan que jouent les pouvoirs publics régionaux, locaux et d’autres organisations pour mettre activement en place les nécessaires collaborations interrégionales et transfrontières;

25.

fait valoir qu’une coopération durable entre régions devrait dépasser le cadre d’«initiatives ad hoc» et requiert un cadre structurel de collaboration fondé sur un engagement à long terme, reposant sur les travaux déjà réalisés en vertu des stratégies de spécialisation intelligente, dans le cadre des futurs investissements interrégionaux en faveur de l’innovation;

26.

relève qu’il est primordial d’informer sur les activités des régions dans le domaine de l’innovation, sur les capacités dont elles disposent (infrastructures, expertise) et sur les possibilités de l’économie circulaire. Les données existantes en la matière sont souvent dispersées et fragmentées, ce qui en limite l’utilité pour les régions; par conséquent, encourage la Commission européenne à entreprendre une collecte de données réellement probantes, en prenant en considération la perspective locale et régionale concernant la stratégie de l’Union pour l’industrie;

27.

recommande à la Commission de renforcer son soutien à la collaboration interrégionale et transfrontière, également dans le cadre d’initiatives en place telles que l’initiative Vanguard ou des partenariats thématiques de spécialisation intelligente auxquels participe un nombre croissant de régions, dans le contexte d’une approche territorialisée revisitée, comme le préconise la Commission européenne dans ses propositions relatives à la politique de cohésion pour l’après 2020;

28.

demande, dans le contexte de la période de programmation qui commencera après 2020, que l’Union européenne intensifie son soutien aux grappes et écosystèmes régionaux dans le cadre des investissements interrégionaux en faveur de l’innovation, en s’appuyant sur l’approche de spécialisation intelligente et en étendant et en approfondissant les initiatives existantes telles que la plateforme de spécialisation intelligente sur la modernisation de l’industrie et l’action pilote destinée aux régions en transition industrielle; estime également qu’il importe de concevoir des instruments pour mettre en œuvre des projets collaboratifs interrégionaux d’investissement industriel en étroite collaboration avec les régions et les partenariats de spécialisation intelligente;

29.

souligne que les plateformes thématiques de spécialisation intelligente doivent être convenablement financées, car les régions ne disposent pas toujours des ressources nécessaires pour organiser une participation adéquate à ces plateformes;

30.

demande à la Commission de continuer à développer des instruments d’intermédiation pour mettre en évidence et stimuler activement la collaboration en matière de stratégies de spécialisation intelligente, afin de favoriser un processus continu dans le cadre duquel les régions déterminent les domaines prioritaires dans lesquels il est essentiel de collaborer pour maintenir le leadership européen;

31.

recommande à la Commission d’encourager l’innovation industrielle sur la base des stratégies de spécialisation intelligente dans toutes les régions en favorisant des dispositifs spécifiques de soutien au sein desquels les régions bien développées peuvent collaborer à des projets concrets avec celles qui le sont moins dans leur intérêt mutuel, ainsi qu’à des projets collaboratifs entre régions développées et à des projets d’intérêt mutuel entre régions moins développées;

Deuxième message: étant donné que les principaux défis sociétaux nécessitent souvent une collaboration entre les régions d’Europe, les pouvoirs publics régionaux jouent un rôle déterminant dans les initiatives axées sur la réalisation d’une mission et dans la mise en pratique des politiques sectorielles

32.

estime qu’il est possible de recourir à une approche de l’action politique axée sur la réalisation d’une mission comme d’un instrument pour relever les principaux défis sociétaux et soutenir l’approche de gouvernance à plusieurs niveaux, dans laquelle l’accent mis sur la spécialisation intelligente peut aider à aligner les programmes et les investissements régionaux sur les priorités de l’Union européenne;

33.

souligne que pour relever les défis sociétaux, il est nécessaire d’investir davantage dans la recherche et l’innovation de manière à favoriser l’excellence industrielle et à tirer parti des nouvelles possibilités, et qu’il convient de soutenir l’expérimentation et la prise de risque dans le processus de découverte; invite à faciliter la diffusion des innovations et des nouvelles technologies dans l’industrie;

34.

met en relief le rôle important que jouent les régions pour connecter, développer et soutenir l’écosystème régional d’innovation, en organisant la cartographie des capacités disponibles et en associant divers groupes de parties prenantes dans le cadre d’une véritable approche collaborative tirée par la demande pour fixer des objectifs industriels; plaide dès lors pour que les régions soient représentées dans la gouvernance de l’approche axée sur les missions, y compris au sein des partenariats et des comités de mission;

35.

recommande à la Commission de définir des objectifs clairs à moyen et long termes pour les actions politiques axées sur la réalisation de missions et de les traduire en politiques mises en œuvre dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement, d’Horizon Europe et du programme pour une Europe numérique;

36.

recommande aux collectivités locales et régionales de s’employer activement à prendre la tête de certaines de ces missions et de faire en sorte de susciter une approche interrégionale. Cette démarche doit s’inscrire dans le cadre des instruments européens disponibles, qui doivent également la favoriser; invite dès lors la Commission européenne à garantir la participation active des acteurs régionaux à la gouvernance des missions dans le cadre de la nouvelle stratégie Horizon Europe;

37.

demande à la Commission de promouvoir des projets pilotes au sein de grappes de régions pour permettre des expérimentations, en suivant l’approche de type PIIEC (6) mais à une échelle plus réduite, de manière à promouvoir la coopération interrégionale;

Troisième message: les collectivités locales et régionales devraient assurer la disponibilité de compétences pour faciliter la transition de l’industrie, en favorisant une collaboration entre les institutions éducatives et les industries soutenue par une stratégie européenne

38.

relève que les phénomènes qui connaissent des mutations rapides que sont la transformation des industries, la transition énergétique, la numérisation et l’économie circulaire requièrent le développement de nouvelles compétences interdisciplinaires;

39.

se félicite des efforts déployés pour coordonner différents instruments au niveau européen, comme cela s’est fait dans le cadre de la nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe, du plan d’action en matière d’éducation numérique et de la stratégie en matière de compétences numériques;

40.

souligne la nécessité urgente d’anticiper, de soutenir et de promouvoir en continu le développement des compétences, la reconversion et la requalification de la main d’œuvre actuelle, notamment pour ce qui est des compétences numériques;

41.

reconnaît que la main-d’œuvre de l’industrie européenne comprend un grand nombre de personnes ayant reçu une formation professionnelle;

42.

convient de la nécessité de distribuer largement les bénéfices de la transformation des industries et d’offrir la possibilité à ceux qui risquent d’en être les perdants de s’y adapter et d’être soutenus à cet effet; à cet égard, estime que les initiatives politiques doivent accorder davantage la priorité à offrir aux travailleurs peu qualifiés des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour faire en sorte qu’ils puissent bénéficier d’un accès équitable aux nouvelles compétences technologiques requises par l’industrie;

43.

souligne l’importance d’un développement actif, au cours de leur carrière, des compétences de tous les professionnels dans tous les secteurs de l’industrie; propose à cette fin d’élaborer – en collaboration avec les employeurs et les établissements d’enseignement – des concepts efficaces en matière de partage de nouvelles connaissances, de mise à jour des compétences et de développement de capacités individuelles, destinés à être mis en œuvre à l’échelle européenne;

44.

estime par conséquent qu’il est vital pour la compétitivité future de l’industrie européenne d’adopter une approche paneuropéenne en matière de politique des compétences, et qu’il est nécessaire d’investir dans une bien plus grande mesure dans le capital humain, dans les systèmes d’éducation, de formation professionnelle et de formation permanente, ainsi qu’au sein de l’industrie elle-même;

45.

estime qu’il convient de continuer à soutenir l’éducation à l’entrepreneuriat, la promotion des compétences commerciales, l’apprentissage par les pairs et les échanges de bonnes pratiques, de manière à permettre aux acteurs de l’industrie de s’adapter aux nouveaux modèles d’entreprise et de collaborer efficacement dans le cadre de chaînes de valeurs européennes compétitives;

46.

recommande à la Commission européenne de renforcer les programmes éducatifs transrégionaux tels qu’Erasmus+ en mettant l’accent sur la formation professionnelle et en favorisant la circulation des talents dans toute l’Europe;

47.

demande aux autorités compétentes de fournir des moyens souples pour la requalification à l’échelon régional et non au niveau sectoriel et réitère sa revendication selon laquelle le FSE+ devrait ressortir au règlement portant dispositions communes pour la politique de cohésion après 2021, afin que puissent s’appliquer toutes les exigences relatives au principe de partenariat et à l’association de l’échelon régional à la conception de programmes au titre du FSE+;

48.

recommande aux collectivités régionales et locales de coopérer sur des programmes d’action communs en matière d’éducation et de recherche afin de concrétiser les priorités communes de l’Union européenne en matière de compétences et de soutenir les possibilités d’apprentissage transrégionales;

Quatrième message: l’industrie et les gouvernements européens doivent prendre la tête du mouvement vers davantage de durabilité en agissant

49.

estime que l’Union européenne est à l’avant-garde de la transition mondiale d’une économie neutre en carbone et circulaire. L’industrie européenne doit par conséquent prendre la tête s’agissant de contribuer à l’atténuation du changement climatique, de réaliser les objectifs de l’accord de Paris, de préserver les ressources, de prévenir la dégradation de l’environnement et de répondre aux attentes changeantes des consommateurs dans le cadre de l’économie verte;

50.

souligne que la transition des entreprises vers des modèles économiques plus durables et économes en ressources contribuera tant à agir en faveur de l’environnement qu’à offrir des avantages compétitifs, ce qui suscitera de l’innovation et débouchera sur la création de nouveaux emplois et de nouvelles possibilités d’entreprendre;

51.

souligne qu’il est capital d’informer les industries et les citoyens des avantages que procurent de nouvelles approches telles que les économies circulaire, neutre en carbone et du partage. Ces nouvelles approches nécessitent un changement des comportements de la part tant des consommateurs (à l’égard par exemple de la réutilisation et du recyclage) que de l’industrie, qui doit s’adapter progressivement aux nouvelles demandes dans le cadre d’une planification stratégique à long terme;

52.

estime que pour mener à bien la transition vers une industrie durable, l’Europe doit tirer parti de sa position à la pointe dans tous les secteurs et affronter la concurrence mondiale accrue dans la production verte, la bioéconomie et les technologies d’énergie propre;

53.

fait observer que la transition d’une région vers une économie circulaire et neutre en carbone constitue un projet à long terme qui ne peut réussir que dans le cadre d’une approche progressive voire, dans certains cas, par des mesures de rénovation radicales, encadrées par des objectifs intermédiaires réalisables, qui n’imposent pas une charge excessive à la population et à certains secteurs tels que l’industrie automobile; estime qu’il y a lieu d’accorder un soin particulier à renforcer la résilience des communautés rurales qui courent le risque d’être laissées de côté dans le processus de transition économique;

54.

met en relief l’existence d’obstacles importants qu’il conviendra de surmonter, notamment l’absence de signaux et d’incitations adaptés du marché pour concevoir des produits pour une économie circulaire, les coûts élevés de transition pour les entreprises, les barrières réglementaires, une information inadéquate des consommateurs et le mauvais fonctionnement des marchés de matières premières secondaires;

55.

estime qu’il incombe un rôle important à la collaboration paneuropéenne et interrégionale s’agissant d’aider les régions à concevoir une approche stratégique pour concrétiser les possibilités de l’économie circulaire et neutre en carbone;

56.

approuve l’idée de recourir à une passation stratégique des marchés publics en tant qu’instrument pour stimuler l’innovation, comme l’ait fait valoir en 2015 la Commission européenne dans son plan d’action en faveur de l’économie circulaire (7), ainsi que dans les directives en rapport sur les marchés publics; estime toutefois que la complexité des règles favorise souvent l’aversion au risque de la part des collectivités régionales et locales;

57.

recommande aux pouvoirs publics régionaux et locaux d’adopter une perspective de développement économique multisectoriel et transsectoriel, qui englobe la gestion des déchets et de l’environnement dans le cadre d’une approche intégrée en matière d’économie circulaire;

58.

invite les régions et les villes à exploiter pleinement les possibilités qu’offre la politique de cohésion de l’après-2020 afin de mettre en œuvre des solutions innovantes permettant de lutter contre le changement climatique et de promouvoir l’économie circulaire;

59.

réclame une approche globale et coordonnée de gouvernance à plusieurs niveaux afin de garantir l’indispensable cohérence entre les différents instruments politiques et les différents niveaux d’action; la transition vers une économie circulaire à faibles émissions de carbone devrait englober l’ensemble de la chaîne de valeur et de l’industrie manufacturière au sens large, ainsi que des petites et moyennes entreprises et des jeunes pousses;

60.

demande à la Commission de continuer à soutenir le développement de stratégies conjointes dans des domaines spécifiques, tels que l’hydrogène et les carburants de synthèse, et à soutenir l’adoption par le marché de technologies plus durables;

Cinquième message: des partenariats public-privé stratégiques axés sur l’innovation régionale sont capitaux pour renforcer l’adoption par l’industrie de nouvelles technologies

61.

constate qu’il est difficile d’innover, notamment pour les jeunes pousses et les PME, sachant que l’adoption de nouvelles technologies s’accompagne souvent d’investissements élevés et requiert de l’expertise, et met en relief la persistance d’un fossé entre les secteurs et les régions en Europe en matière de transition numérique;

62.

estime importante une collaboration entre l’industrie, les institutions de recherche et les pouvoirs publics régionaux afin de valoriser les innovations industrielles;

63.

reconnaît tout l’intérêt des pôles d’innovation numérique, des bancs d’essai de la Commission et des infrastructures technologiques, qui sont autant d’exemples de partenariats stratégiques public-privé axés sur l’innovation;

64.

soutient l’accent mis par les stratégies de spécialisation intelligente pour l’après-2020 sur les obstacles à la diffusion des nouvelles idées dans les entreprises;

65.

soutient les 281 pôles d’innovation numérique de l’Union, qui s’inscrivent dans le cadre du programme pour une Europe numérique afin de renforcer la collaboration interrégionale;

66.

souligne la nécessité de mettre en place à l’échelon paneuropéen une collaboration entre ces partenariats public-privé, afin de faire en sorte que l’industrie puisse facilement accéder aux technologies et aux infrastructures de pointe existantes dans toute l’Europe, de même qu’il y a lieu de faire connaître ces ressources et de dégager des moyens financiers pour leur adoption;

67.

estime qu’il est encore besoin d’une stratégie générale coordonnée, tout comme d’une stratégie pour renforcer la collaboration régionale à l’échelon opérationnel;

68.

fait valoir que, dans le but d’accroître l’impact des pôles d’innovation numérique (PIN), ces derniers ne devraient pas être des organismes distincts, opérant en solitaires et en concurrence avec les autres, mais former un nœud à l’intérieur d’un réseau, à la coordination duquel peuvent participer plusieurs parties prenantes telles que les universités, les centres de recherche, les centres d’innovation, etc.;

69.

recommande d’associer les pouvoirs publics régionaux à la sélection et à la mise en œuvre opérationnelle des pôles d’innovation numérique en Europe dans le cadre du futur programme pour une Europe numérique;

70.

recommande aux collectivités locales et régionales de promouvoir le développement durable et l’innovation grâce aux marchés publics, en soutenant les villes intelligentes et d’autres initiatives d’intérêt, et en mettant en contact les différents acteurs issus des mondes de l’industrie, de la recherche et des institutions éducatives;

71.

recommande d’associer les régions à la mise en place d’une approche de collaboration durable entre les partenariats public-privé dans d’autres domaines que la numérisation (y compris pour ce qui est d’autres installations d’expérimentation et de tests). Une telle association devrait prévoir l’établissement d’une vue d’ensemble complète des activités menées dans les régions ainsi qu’une évaluation de leur complémentarité;

72.

souligne la nécessité d’élaborer une stratégie complète en vue de collecter les informations relatives aux infrastructures et aux capacités d’innovation disponibles dans toute l’Europe, de les systématiser et de les diffuser;

73.

souligne l’importance croissante que revêt l’intelligence artificielle (IA) dans la politique industrielle européenne, ainsi que le rôle éminent que joue à cet égard l’Union européenne, qui abrite 32 % des institutions de recherche sur l’IA dans le monde; dans ce contexte, rappelle sa propre position sur l’IA qu’il a exposée dans son avis du 6 février 2019, et souscrit également aux recommandations formulées par le Parlement européen (8);

74.

se félicite que le Conseil européen invite la Commission à présenter d’ici la fin de 2019 une vision à long terme, assortie d’étapes concrètes, du futur industriel de l’Union européenne.

Bruxelles, le 26 juin 2019.

Le président

du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) COM(2017) 479 final.

(2) Décision de la Commission C(2017) 8565 du 15 décembre 2017 établissant la table ronde des industriels de haut niveau «Industrie 2030».

(3) Conclusions 705/17 du Conseil (formation «Compétitivité») du 30 novembre 2017 sur «Une stratégie revisitée pour la politique industrielle de l’Union européenne».

(4) «EU Industrial Policy after Siemens-Alstom: finding a new balance between openness and protection» (La politique industrielle de l’Union européenne après Siemens-Alstom: trouver un nouvel équilibre entre ouverture et protection) (disponible pour l’heure uniquement en anglais), Commission européenne, mars 2019.

(5) Nations unies (2015).

(6) Projets importants d’intérêt européen commun.

(7) «Boucler la boucle – Un plan d’action de l’Union européenne en faveur de l’économie circulaire» [COM(2015) 614 final].

(8) Résolution du Parlement européen du 12 février 2019 sur une politique industrielle européenne globale sur l’intelligence artificielle et la robotique [2018/2088(INI)].


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