| CELEX | 52018IR6433 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 26 juin 2019 |
| 29.11.2019 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 404/24 |
Avis du Comité européen des régions — Une bioéconomie durable pour l’Europe: renforcer les liens entre l’économie, la société et l’environnement
(2019/C 404/05)
| Rapporteur | : | Jácint HORVÁTH (HU/PSE), conseiller municipal de Nagykanizsa |
| Document de référence | : | Une bioéconomie durable pour l’Europe: renforcer les liens entre l’économie, la société et l’environnement COM(2018) 673 final |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Considérations d’ordre général
| 1. | accueille favorablement la communication de la Commission intitulée «Une bioéconomie durable pour l’Europe: renforcer les liens entre l’économie, la société et l’environnement», qui propose un plan d’action pour la mise en œuvre de la stratégie européenne renouvelée en matière de bioéconomie au cours des prochaines années. Il considère pouvoir jouer un rôle clé en tant qu’outil du dialogue avec la Commission européenne; |
| 2. | estime que le plan d’action publié est suffisamment ambitieux et que la mise en œuvre des actions qu’il contient est essentielle au développement de la bioéconomie européenne à un rythme approprié; |
| 3. | considère en outre que le développement de la bioéconomie recèle un très fort potentiel de croissance et d’emplois et fait observer que celui-ci ne pourra être réalisé que si les acteurs régionaux et locaux coopèrent étroitement sur le terrain et poursuivent des objectifs communs. Le CdR insiste également sur l’importance d’une bioéconomie durable pour atteindre les objectifs de développement durable; |
| 4. | est convaincu qu’il convient d’harmoniser les initiatives européennes, nationales, régionales et locales en matière de bioéconomie en tirant parti des effets positifs de la gouvernance à niveaux multiples, de façon à créer des conditions optimales pour son développement en Europe. En matière de bioéconomie également, l’échelon local et régional joue un rôle important dans la promotion de la coopération entre les universités, l’industrie, les pouvoirs publics et la société civile grâce au modèle de la «quadruple hélice»; |
| 5. | souligne les possibilités extraordinaires qu’offre la période 2021-2027 pour le développement de la bioéconomie. Les collectivités locales et régionales sont essentielles à la mise en œuvre de la politique de cohésion de l’Union européenne et d’un grand nombre de stratégies régionales de spécialisation intelligente, qui permettent de cofinancer des programmes et des projets renforçant la bioéconomie; |
| 6. | relève également que la Commission prévoit en outre l’obligation, à partir de 2021, d’élaborer les plans d’action pour la bioéconomie au niveau territorial le plus approprié – ce qui passera par un renforcement du rôle des collectivités locales et régionales – et de gérer les programmes le plus directement possible avec les secteurs et les citoyens concernés, conformément aux principes de subsidiarité et de gouvernance à plusieurs niveaux. Afin de créer une bioéconomie durable et circulaire, il y a lieu d’ancrer solidement les activités au niveau régional et local, étant donné que les populations locales connaissent bien les chaînes de valeur existantes au sein des régions. Les régions investissent dans les services et les capacités de base, de sorte que l’approche locale et régionale est la garantie d’un lien solide avec les particularités et la spécialisation régionales; |
| 7. | juge nécessaire, afin de concrétiser avec succès la vision d’une expansion aussi forte que possible de la bioéconomie, de réexaminer régulièrement le cadre juridique afin de pouvoir lever également les obstacles juridiques à l’investissement; |
| 8. | est convaincu que le développement d’une bioéconomie européenne durable sera créateur d’emplois, en particulier dans les zones côtières et rurales, grâce à la participation accrue des producteurs primaires à la bioéconomie locale. Selon les estimations des secteurs bioéconomiques, un million de nouveaux emplois pourraient y être créés d’ici 2030; |
| 9. | presse tous les pays de l’Union d’élaborer, d’ici à 2021, une stratégie nationale en matière de bioéconomie dans le cadre de la planification du prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027, afin de faciliter les possibilités de coordination des programmes de développement; |
| 10. | encourage toutes les régions d’Europe, en ce qu’elles constituent l’un des échelons territoriaux les plus appropriés pour la mise en œuvre des stratégies bioéconomiques, à se doter, au plus tard pour fin 2024, de plans d’action en matière de bioéconomie ou à prévoir un chapitre distinct consacré à la bioéconomie dans le cadre de leur stratégie globale de développement. Le CdR estime aussi que puisque les limites écologiques de la bioéconomie dépassent les frontières administratives, des stratégies interrégionales devraient également être envisagées afin de renforcer la coopération transfrontière et interrégionale (jumelages, réseaux) avec des régions au profil similaire. Dans le même temps, il y a lieu d’encourager les partenariats bioéconomiques dans le cadre des stratégies macrorégionales et des stratégies de bassin maritime; |
| 11. | souhaite que la croissance des marchés publics écologiques soit aussi forte que possible à l’avenir dans l’Union européenne, et souligne que le développement de la bioéconomie est essentiel à cette fin; souligne à cet égard que les marchés publics constituent un instrument de choix, susceptible d’appuyer le développement des bioproduits et des biofilières et que, pour encourager cette démarche et la rendre possible, il s’avère souvent nécessaire que le niveau européen apporte son appui, sous la forme de prescriptions d’écoconception, de normes, de déclarations concernant le climat ou la valeur environnementale des produits, ou encore de stratégies favorisant des initiatives de développement; |
| 12. | constate avec inquiétude que, selon un récent document du Centre commun de recherche, «au cours de la période 2015-2030, environ 11 % des terres agricoles dans l’Union européenne (à savoir plus de 20 millions d’hectares) seront exposés à un risque potentiel élevé d’abandon en raison de facteurs liés à l’adéquation biophysique de l’utilisation des terres, à la structure des exploitations et à la viabilité de l’agriculture, à la population et aux spécificités régionales» (1). Compte tenu de ce qui précède, le CdR souligne le potentiel considérable que représentent les terres agricoles abandonnées pour l’augmentation de la production de différents types de bioressources, à condition que cette utilisation diversifiée ne mette pas en danger les terres agricoles à haute valeur naturelle (HVN) et n’affaiblisse pas la biodiversité et le potentiel de restauration des habitats et de retour à l’état naturel; |
| 13. | rappelle que dans un précédent avis sur la réforme de la politique agricole commune (2), il avait souligné, à propos de l’environnement et de l’alimentation, la nécessité de doubler, par rapport à 2017, la surface exploitée en agriculture biologique dans les États membres, ou au moins 30 % de la surface agricole utile des États membres; |
| 14. | adhère aux conclusions du rapport sur l’examen à mi-parcours de la stratégie de l’Union européenne pour les forêts, selon lesquelles il conviendrait de coordonner la révision de la stratégie pour les forêts et la réforme de la stratégie bioéconomique. Il faudra veiller à assurer une cohérence entre les différentes politiques de l’Union européenne dans le cadre du développement de la bioéconomie des forêts et de la promotion de l’innovation; |
Renforcer les secteurs bioéconomiques et intensifier leur activité, libérer les investissements et les marchés
| 15. | estime que les innovations dans le domaine de la bioéconomie n’attirent actuellement les investisseurs dans les entreprises que si elles sont associées au développement de produits à forte valeur ajoutée. Il serait nécessaire d’affiner les régimes d’aide afin de développer des technologies en rapport avec des produits biosourcés, présentant une faible valeur marchande mais destinés à remplacer des produits fossiles. S’agissant des ressources bioénergétiques, il est nécessaire de disposer de mécanismes de tarification plus clairs, sans que pour autant l’on fixe par le menu la manière dont elles doivent être utilisées. Une tarification appropriée des sources d’énergie fossiles représente une condition essentielle à respecter si l’on veut que la bioéconomie devienne compétitive; |
| 16. | est d’avis que la mise en place d’un système harmonisé de réglementation des normes relatives aux produits pouvant être fabriqués de manière durable et à leurs déchets, ainsi que la garantie de stabilité de ce système au niveau des États membres, constitueraient une avancée majeure pour les organisations actives dans la recherche, le développement et la fabrication de produits biosourcés; |
| 17. | invite la Commission européenne à soutenir les processus intervenant dans la production et la vente de bioproduits dans les États membres de l’Union et dans la multiplication des technologies dans le domaine de la bioéconomie durable. L’Union européenne devrait se profiler comme le chef de file de cette filière en développant des technologies de pointe dans le domaine de la bioéconomie afin de promouvoir la création d’emplois et de garantir l’approvisionnement en bioproduits de qualité; |
| 18. | fait observer qu’il convient d’éviter que la réglementation applicable ne fasse peser de lourdes contraintes administratives sur les utilisateurs de bioénergies. Actuellement, de telles obligations de faire rapport du point de vue de la durabilité comme au plan financier s’imposent, y compris aux opérateurs économiques, en vertu à la fois des règles sur les aides d’État et de la directive sur les énergies renouvelables (RED-II). Il importe également d’éviter de donner des instructions par trop détaillées sur la manière dont les ressources bioénergétiques doivent être utilisées, dès lors qu’elles respectent les obligations en matière d’atténuation des effets du changement climatique et de durabilité. Dans les installations bioénergétiques, en particulier, les différents flux de ressources sont utilisés à des fins variées, y compris pour produire des biocarburants et biocombustibles; |
| 19. | estime que le développement de la bioéconomie, en particulier dans les régions moins avancées, est lié à des projets concrets, et que la réalisation d’innovations phares permet d’en suivre l’évolution. S’agissant de BIOEAST et des initiatives similaires regroupant plus d’un État membre, le CdR propose que la Commission encourage le renforcement des synergies positives au moyen de programmes et de subventions thématiques. Il importe que l’interconnexion entre les activités de transfert de technologie et les ressources de biomasse des régions permette d’obtenir des résultats démontrables pour la société également, qui prouvent que la bioéconomie durable est le cœur «vert» palpitant de l’économie circulaire; |
| 20. | estime que, pour accélérer la transition énergétique et rendre l’énergie renouvelable plus compétitive sur le marché par rapport aux combustibles fossiles sans que cette intervention soit assimilée à une aide d’État non autorisée, il convient d’envisager une adaptation de la directive sur la taxation de l’énergie et des règles relatives aux aides d’État; |
| 21. | se félicite que la Commission européenne envisage de mettre en place au cours des prochaines années un instrument de soutien des politiques visant à remédier aux déséquilibres territoriaux en matière de bioéconomie, mais souligne la nécessité d’assurer le fonctionnement de cet outil au moins jusqu’à la fin de 2027, afin de réduire effectivement les disparités territoriales apparues précédemment dans ce domaine; |
| 22. | se félicite de l’inclusion de la biotechnologie dans les stratégies de spécialisation intelligente (RIS3) de plusieurs pays de l’Union européenne. Les stratégies de spécialisation intelligente, dont la préparation était une condition ex ante de l’accès aux fonds européens de recherche, de développement et d’innovation (RDI) définis au cours de la période de programmation 2014-2020, sont aussi, en même temps, des instruments d’action politique, qui, en brossant un tableau des caractéristiques régionales et territoriales, des secteurs et des priorités technologiques, constituent des points de repère pour la mise en œuvre des politiques. Le CdR estime en outre que les RIS3 régionales liées à la bioéconomie sont plus efficaces si elles reposent sur des efforts coordonnés, tant entre régions voisines qu’au niveau des États membres, non seulement du point de vue de la durabilité écologique et de la biodiversité mais aussi de l’exploitation du potentiel de la bioéconomie; |
| 23. | estime qu’il est nécessaire de renforcer le soutien à la biotechnologie, tant au niveau des priorités en matière de recherche et d’innovation (R&I) qu’en ce qui concerne les priorités d’investissement. Grâce à sa base de connaissances et à ses instruments, la biotechnologie est en mesure, du fait qu’elle constitue le lien entre les étapes du traitement de la biomasse, non seulement de réduire les incidences négatives sur l’environnement, mais aussi de promouvoir le développement des bio-industries d’une manière durable; |
| 24. | approuve l’action 1.5 du plan d’action, qui prévoit le développement de 300 bioraffineries durables (3). Le CdR propose que lors de la construction d’une nouvelle bioraffinerie, sur la base des données du système unique d’indicateurs et de suivi, l’on aide les régions moins développées en matière de bioéconomie à combler leur retard – conformément aux règles et subventions de la PAC et du 9e programme-cadre. L’introduction d’innovations technologiques couplée au développement des systèmes connexes de transfert des connaissances permettra d’assurer l’exploitation écologiquement rationnelle du potentiel offert par les écosystèmes, laquelle pourra déboucher sur des chaînes de valeur durables de la biomasse; |
| 25. | considère que pour optimiser, convertir et intégrer les chaînes de valeur, il est essentiel d’associer activement les parties prenantes locales et régionales, et en particulier les PME de sorte que l’ensemble de la chaîne d’activité, au-delà des producteurs primaires, soit mobilisée. Il est essentiel de soutenir l’engagement des PME dans leurs processus de conversion de leurs technologies et de leurs activités dans le sens de la bioéconomie; |
Déployer rapidement des bioéconomies locales dans toute l’Europe
| 26. | recommande à la Commission européenne d’accorder une attention particulière à l’information des responsables au sein des administrations des villes et des zones rurales afin qu’ils intègrent les possibilités de production et de transformation de la biomasse dans les processus de planification stratégique et de budgétisation à long terme; |
| 27. | souligne que les consultations entre régions voisines devraient permettre de développer des technologies et des solutions pour l’agriculture biologique circulaire dans le cadre d’une coopération mutuelle; |
| 28. | estime que les villes devraient se transformer en pôles importants de bioéconomie circulaire. La gestion circulaire des matériaux et le recyclage (ou, le cas échéant, la régénération) des déchets, notamment des déchets organiques, dans les villes revêtent une importance majeure, et leur mise en œuvre requiert non seulement des infrastructures et des systèmes de collecte, de traitement et de recyclage (ou de régénération), mais aussi la sensibilisation de la population. Le CdR demande à la Commission européenne de prévoir de manière coordonnée les ressources nécessaires à cette fin, ce qui comprend également le développement conjoint et complémentaire des adaptations technologiques et des systèmes de transfert de connaissances; |
| 29. | estime en particulier que, de fait, ni la stratégie, ni le plan d’action n’abordent les questions de gouvernance. Pour réaliser les processus développés dans le plan d’action, il convient d’attribuer des responsabilités claires aux différents acteurs concernés, dans le plein respect de la gouvernance à plusieurs niveaux, afin de garantir la mise en œuvre efficace et efficiente de chacun des éléments de la stratégie; |
| 30. | juge nécessaire d’harmoniser la législation, étant donné que les 28 États membres appliquent actuellement des règles différentes aux flux de biomasse qui constituent les principales matières premières des chaînes de valeur déterminantes pour la bioéconomie, et aux flux de déchets résultant de leur traitement; |
| 31. | est d’avis que les organisations (telles que le réseau européen des régions de la chimie – ECRN), les plateformes (comme le consortium de bio-industries – BIC) et les organisations de grappes d’entreprises en mesure de maximiser le potentiel des résultats et des connaissances acquises et de conjuguer les initiatives locales et régionales peuvent promouvoir efficacement les processus de la bioéconomie. Il sera particulièrement important, à l’avenir, de les inclure dans les systèmes de transfert des connaissances; |
Comprendre les limites écologiques de la bioéconomie
| 32. | propose que les limites écologiques et les écosystèmes, plutôt que les limites administratives, soient utilisés comme base pour évaluer le potentiel de production de biomasse. Pour atteindre les objectifs du plan d’action, il conviendrait d’évaluer avec précision les quantités de biomasse produites et de les enregistrer dans un système unique. Cela nécessite une coopération coordonnée entre les régions, et il est essentiel d’élaborer et de définir des méthodes normalisées de mesure et de contrôle en vue de cette évaluation; |
| 33. | se réjouit du soutien accordé par la Commission, conformément à l’action 3.2 du plan d’action, au développement de systèmes cartographiques et statistiques pour la surveillance de l’écosystème. Le CdR propose toutefois d’élaborer et de mettre en œuvre un système européen uniforme d’indicateurs pour le suivi de la production de biomasse. Il est essentiel qu’un cadre d’information unique soit mis en place pour l’installation des technologies de traitement en aval et l’optimisation de leur fonctionnement du point de vue de l’efficacité énergétique, de la protection de l’environnement et de la logistique de la biomasse; |
| 34. | propose la mise au point d’un système unique d’indicateurs capable de fournir des informations sur l’activité des régions grâce à des indicateurs de base et des indicateurs spécifiques. S’agissant des indicateurs de base, il est suggéré de surveiller les paramètres suivants: (1) PIB par région (pourcentage par rapport au PIB national); (2) activité internationale de RDI; (3) économies d’énergie fossile; (4) réduction des émissions, notamment d’ammoniac (NH3) et de gaz à effet de serre (GES) significatifs (CO2, CH4); (5) production d’énergie renouvelable (dans ce cas, il est proposé de normaliser la dimension de la mesure). Les indicateurs spécifiques en mesure de caractériser les performances des régions en relation avec le plan d’action de la stratégie bioéconomique seraient les suivants: (1) nombre de nouveaux emplois (en rapport avec le développement de la bioéconomie); (2) rôle de la bioéconomie en ce qui concerne les performances régionales; (3) ampleur des efforts visant à maintenir et à développer la biodiversité (fonds alloués); (4) protection de l’environnement et réduction du volume de déchets; |
| 35. | considère que l’extension des systèmes transfrontaliers d’appui aux processus d’innovation et aux possibilités de coopération soutenant spécifiquement le développement de la bioéconomie contribue efficacement à la coordination transfrontalière des stratégies dans les régions voisines. Des coopérations axées sur des approches écologiques, sociales et économiques similaires peuvent guider une spécialisation des formations au niveau local et avoir également une incidence positive sur les taux d’emploi sectoriels; |
| 36. | recommande de promouvoir des mécanismes permettant de réaliser des compromis entre la biodiversité et la production et de rechercher des synergies entre les différentes politiques. L’accélération du changement climatique entraîne également des mutations au niveau microrégional; |
| 37. | demande l’élaboration d’un cadre de développement global qui contribuerait à la coordination des mesures de politique climatique au niveau de l’Union afin de lutter contre la perte de biodiversité et les atteintes à l’environnement, en préservant et en améliorant les ressources et la fertilité des sols; |
| 38. | se félicite de la création d’une stratégie bioéconomique conforme aux objectifs de durabilité, assortie d’un plan d’action dont la pierre angulaire est la protection des zones de production contre la surexploitation, parallèlement à la valorisation du potentiel de la biomasse. Le CdR se réjouit en outre de la protection des ressources servant de base à la production et invite la Commission à garantir aux régions une meilleure égalité d’accès aux fonds destinés à la sensibilisation; |
Financement de la bioéconomie
| 39. | se réjouit que l’objectif des propositions de la Commission concernant le prochain cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027 soit de donner une forte impulsion à la recherche et à l’innovation systémiques dans les domaines et les secteurs couverts par la bioéconomie: en particulier, il est prévu de consacrer 10 milliards d’EUR (4), soit environ 10 % du budget estimé, au pôle «Alimentation et ressources naturelles» du programme «Horizon Europe» (5). En outre, le CdR se félicite tout particulièrement de l’inclusion des «solutions bioéconomiques durables, inclusives et circulaires» dans les huit domaines de partenariat du programme; |
| 40. | souligne toutefois que le développement de la bioéconomie requiert une approche globale, ce qui signifie aussi que son financement nécessite le recours simultané et coordonné à différentes sources. Le CdR estime nécessaire que la Commission européenne renforce la complémentarité d’un certain nombre d’instruments financiers et qu’elle élabore des outils appropriés pour coordonner les ressources du Fonds européen de développement régional, du Fonds social européen plus, du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, de la politique agricole commune, ainsi que les ressources disponibles pour la RDI et les instruments financiers du programme InvestEU, afin de donner aux États membres et aux régions les moyens de faire pleinement usage des fonds disponibles pour assurer le soutien de la bioéconomie; |
| 41. | insiste sur l’importance qu’il convient de conférer au programme InvestEU en tant que future source de financement de la bioéconomie; demande par conséquent que la bioéconomie reste une zone cible de financement et continue à figurer parmi les domaines financés par le programme InvestEU; |
| 42. | rappelle que l’intention affichée d’arriver à ce que 25 % des dépenses du budget de l’Union européenne contribuent à réaliser les objectifs climatiques ne semble pas suffisante pour atteindre les buts fixés par l’accord de Paris. Le CdR avait déjà indiqué dans son avis sur le train de mesures relatives au cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027 (6) que la proposition concernant les prochaines perspectives financières devrait viser à permettre de porter ces engagements à un niveau de plus de 30 %, grâce auquel ils contribueraient à la décarbonation dans le domaine de l’énergie, de l’industrie et du système de transport, ainsi qu’à la transition vers une économie circulaire. Ces objectifs favorisent le développement de la bioéconomie à un rythme approprié; |
| 43. | répète que la proposition de la Commission européenne relative à un règlement du Parlement européen et du Conseil portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» inclut la justification de mesures spécifiques en faveur des régions ultrapériphériques de l’Union pour ce qui est de leur accès aux programmes horizontaux de l’Union, compte tenu de leur situation structurelle, sociale et économique. Le CdR regrette que cette reconnaissance ne soit pas concrétisée dans le texte proposé, de sorte que le programme ne pourra que difficilement prendre en compte les spécificités de ces régions et les atouts uniques qu’elles possèdent en tant que bancs d’essai de recherche et d’innovation dans des domaines comme celui de la bioéconomie ou du changement climatique, conformément à leurs stratégies de spécialisation intelligente; |
Éducation, formation et sensibilisation à la bioéconomie
| 44. | est préoccupé par les statistiques qui montrent que l’âge moyen des producteurs et des entrepreneurs actifs dans la bioéconomie augmente chaque année. L’on peut affirmer qu’en l’absence de relève de la population vieillissante et de transfert des connaissances, et sans l’acquisition nécessaire de nouvelles compétences et qualifications, l’approvisionnement futur en denrées alimentaires de qualité en quantité suffisante – et croissante – est menacé. Il convient d’accorder la priorité au développement de systèmes appropriés de transfert de connaissances dans les secteurs de la bioéconomie et aux dimensions innovante, sociale, économique et écologique de la connectivité intersectorielle; |
| 45. | estime que la main-d’œuvre nécessaire à des chaînes de valeur biosourcées durables, adaptées à l’écosystème, sera disponible à long terme si l’on s’attache à répondre aux besoins spécifiques en main-d’œuvre des secteurs de la bioéconomie au moyen de modules d’éducation progressifs et cohérents dès les études primaires, et, ultérieurement, de modules de formation et d’apprentissage tout au long de la vie, élaborés par les États membres sur la base de la méthode ouverte de coordination. Le CdR estime que le développement de ces modules est absolument nécessaire dans la mesure où les connaissances relatives à la culture environnementale et à la durabilité doivent être transmises à tous les niveaux des systèmes éducatifs, de formation et d’apprentissage tout au long de la vie. Il invite à cet égard la Commission européenne à aider les États membres à définir et arrêter conjointement des objectifs communs ainsi qu’à déterminer les moyens de les atteindre à l’échelon européen; |
| 46. | souligne que la création d’une demande du marché en produits biosourcés est essentielle au développement de la bioéconomie; attire l’attention sur la nécessité de mener des actions et des activités de sensibilisation, mais aussi de soutenir la demande, ce qui requiert une coopération entre la Commission européenne, les régions et les municipalités. |
Bruxelles, le 26 juin 2019.
Le président
du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
(1) «Agricultural Land Abandonment in the EU within 2015-2030», JRC Policy Insights (octobre 2018), disponible (en anglais uniquement) à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/jrc/sites/jrcsh/files/jrc113718.pdf.
(2) Avis du Comité européen des régions sur la «réforme de la PAC» (COR-2018-03637).
(3) OCDE, Meeting Policy Challenges for a Sustainable Bioeconomy (Relever les défis en vue d’une bioéconomie durable), 2018, ISBN 9789264292345; BIO-TIC, A roadmap to a thriving industrial biotechnology sector in Europe (Feuille de route pour un secteur biotechnologique florissant en Europe), 2015.
(4) COM(2018) 435 du 7.6.2018: Proposition de règlement portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» et définissant ses règles de participation et de diffusion.
(5) COM(2018) 321 final du 2.5.2018: Un budget moderne pour une Union qui protège, qui donne les moyens d’agir et qui défend – Cadre financier pluriannuel 2021-2027.
(6) COR-2018-02389.
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la répression violente des récentes manifestations en Iran (2019/2993(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua (2019/2978(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des Ouïgours en Chine («China Cables») (2019/2945(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la commémoration du trentième anniversaire de la révolution roumaine de décembre 1989 (2019/2989(RSP))
19/12/2019