COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.9.2018
COM(2018) 653 final
2018/0335(NLE)
Proposition de
DÉCISION D’EXÉCUTION DU CONSEIL
modifiant la décision d'exécution 2013/54/UE autorisant la République de Slovénie à introduire une mesure particulière dérogatoire à l'article 287 de la directive 2006/112/CE relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée
EXPOSÉ DES MOTIFS
En vertu de l’article 395, paragraphe 1, de la directive 2006/112/CE du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée (ci-après la «directive TVA»), le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission, peut autoriser tout État membre à appliquer des mesures particulières dérogatoires aux dispositions de la directive afin de simplifier la procédure de perception de la TVA ou d'éviter certaines formes de fraude ou d'évasion fiscales.
Par lettre enregistrée à la Commission le 22 mai 2018, la Slovénie a demandé l’autorisation de continuer à accorder une franchise de taxe aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 000 EUR. Conformément à l’article 395, paragraphe 2, de la directive TVA, la Commission a informé les autres États membres, par lettres datées du 25 juin 2018, de la demande introduite par la Slovénie. Par lettre du 26 juin 2018, la Commission a notifié à la Slovénie qu'elle disposait de toutes les données utiles pour étudier la demande.
1.CONTEXTE DE LA PROPOSITION
•Justification et objectifs de la proposition
Le titre XII, chapitre 1, de la directive TVA prévoit la possibilité pour les États membres d’appliquer des régimes particuliers aux petites entreprises, et notamment d'octroyer une franchise de taxe aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel se situe en dessous d'un certain seuil. Lorsqu'il bénéficie de cette franchise, l'assujetti n'est pas tenu d'appliquer la TVA sur ses opérations mais il ne peut donc pas non plus déduire la TVA payée sur ses achats en amont.
En vertu de l'article 287, point 15), de la directive TVA, la Slovénie peut accorder une franchise de TVA aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel n’excède pas la contre-valeur en monnaie nationale de 25 000 EUR.
Par la décision d'exécution 2013/54/UE du Conseil, le Conseil a autorisé la Slovénie à accorder une franchise de TVA aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 000 EUR. Ladite décision a été prorogée par la décision d’exécution (UE) 2015/2089 du Conseil jusqu’au 31 décembre 2018. Cette mesure est facultative pour les assujettis, qui peuvent toujours opter pour le régime normal de TVA.
La Slovénie a demandé une prolongation de cette mesure. Il ressort des informations fournies par la Slovénie qu’à la fin de 2017, environ 48 % des personnes immatriculées à la TVA avaient un chiffre d’affaires imposable inférieur à 50 000 EUR, mais généraient 1 % seulement du montant total des recettes de TVA, dont 0,3 % correspondait aux assujettis dont le chiffre d’affaires imposable était inférieur à 25 000 EUR. En outre, le nombre d'assujettis immatriculés à la TVA dont le chiffre d'affaires est compris entre 25 000 EUR et 50 000 EUR a diminué au fil des ans à partir de 2013, ce qui signifie qu'un nombre croissant de petites entreprises ont recours à la mesure de simplification.
Il ressort des informations communiquées par la Slovénie que l'incidence de ladite mesure sur les recettes de TVA perçues au stade de la consommation finale est négligeable.
Il est dès lors proposé de prolonger la dérogation pour une nouvelle période, allant jusqu'au 31 décembre 2021. La Commission a récemment présenté une proposition visant à modifier les articles 281 à 294 de la directive 2006/112/CE régissant le régime particulier des petites entreprises. Par conséquent, il est possible qu’une directive modifiant ces articles entre en vigueur et fixe une date à partir de laquelle les États membres seront tenus d’appliquer les dispositions nationales de mise en œuvre correspondantes. Si cette date est fixée avant l’expiration de la dérogation le 31 décembre 2021, il convient que la présente décision cesse de s’appliquer.
•Cohérence avec les dispositions existantes dans le domaine d’action
Des dérogations similaires ont été accordées à d’autres États membres. Le Luxembourg s'est vu accorder un seuil de 30 000 EUR, la Pologne et l’Estonie un seuil de 40 000 EUR, l’Italie un seuil de 65 000 EUR, la Croatie un seuil de 45 000 EUR, la Lettonie un seuil de 40 000 EUR et la Roumanie un seuil de 88 500 EUR.
Les dérogations à la directive TVA devraient toujours être limitées dans le temps, afin que leurs effets puissent être évalués. En outre, les dispositions des articles 281 à 294 de la directive TVA, relatifs au régime particulier des petites entreprises, sont en cours de réexamen. Comme annoncé dans le plan d’action sur la TVA et dans le programme de travail de la Commission pour 2017, la proposition de la Commission relative au régime des PME a récemment été présentée.
Il est dès lors proposé d’accorder la mesure dérogatoire jusqu’au 31 décembre 2021 ou jusqu’à la date à laquelle les États membres devront appliquer toute disposition nationale qu’ils seront tenus d’adopter dans l’éventualité où une directive modifiant les articles 281 à 294 de la directive 2006/112/CE est adoptée.
•Cohérence avec les autres politiques de l’Union
La mesure est conforme aux objectifs de l’Union pour les petites entreprises, tels qu'ils sont définis dans la communication de la Commission intitulée «“Think Small First”: priorité aux PME – Un “Small Business Act” pour l’Europe», qui invite les États membres à tenir compte des caractéristiques particulières des PME lorsqu’ils élaborent leur législation et, par conséquent, à simplifier l’environnement réglementaire existant.
2.BASE JURIDIQUE, SUBSIDIARITÉ ET PROPORTIONNALITÉ
•Base juridique
Article 395 de la directive TVA.
•Subsidiarité (en cas de compétence non exclusive)
Compte tenu de la disposition de la directive TVA sur laquelle se fonde la proposition, le principe de subsidiarité ne s’applique pas.
•Proportionnalité
La décision porte sur une autorisation accordée à un État membre à sa propre demande et ne constitue pas une obligation.
Compte tenu du champ d’application restreint de la dérogation, la mesure particulière est proportionnée à l’objectif poursuivi, à savoir une simplification pour un nombre supplémentaire de petits assujettis et pour l’administration fiscale.
•Choix de l’instrument
Instrument proposé: décision d'exécution du Conseil.
Conformément à l'article 395 de la directive 2006/112/CE du Conseil, une dérogation aux règles communes en matière de TVA n'est possible qu'avec l'autorisation du Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission. La décision d'exécution du Conseil constitue l’instrument le plus approprié, étant donné qu'elle peut être adressée à un État membre particulier.
3.RÉSULTATS DES ÉVALUATIONS EX POST, DES CONSULTATIONS DES PARTIES INTÉRESSÉES ET DES ANALYSES D'IMPACT
•Consultation des parties intéressées
La présente proposition fait suite à une demande présentée par la Slovénie et elle ne concerne que cet État membre.
•Obtention et utilisation d'expertise
Il n’a pas été nécessaire de faire appel à des experts externes.
•Analyse d'impact
La proposition de décision d'exécution du Conseil vise à prolonger, pour une nouvelle période de trois ans, une mesure de simplification qui dispense d'un grand nombre d’obligations en matière de TVA les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 000 EUR; elle peut donc avoir des effets bénéfiques sur la réduction des charges administratives pour les entreprises et l'administration fiscale sans grande incidence sur le montant total des recettes de TVA. Compte tenu du champ d'application restreint de la dérogation et de son application limitée dans le temps, son incidence sera, en tout état de cause, limitée.
4.INCIDENCE BUDGÉTAIRE
La proposition n'a aucune incidence sur le budget de l'Union européenne étant donné que la Slovénie procédera au calcul d'une compensation conformément aux dispositions de l'article 6 du règlement (CEE, Euratom) nº 1553/89 du Conseil.
5.AUTRES ÉLÉMENTS
La proposition contient une clause de limitation dans le temps; elle expire automatiquement.
2018/0335 (NLE)
Proposition de
DÉCISION D’EXÉCUTION DU CONSEIL
modifiant la décision d'exécution 2013/54/UE autorisant la République de Slovénie à introduire une mesure particulière dérogatoire à l'article 287 de la directive 2006/112/CE relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée
LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne,
vu la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, et notamment son article 395, paragraphe 1,
vu la proposition de la Commission européenne,
considérant ce qui suit:
(1)L'article 287, point 15), de la directive 2006/112/CE autorise la Slovénie à accorder une franchise de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 25 000 EUR.
(2)Par la décision d'exécution 2013/54/UE du Conseil, la Slovénie a été autorisée à accorder une franchise de TVA, jusqu’au 31 décembre 2015 et par dérogation à l'article 287, point 15), de la directive 2006/112/CE, aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 000 EUR. Par la décision d'exécution (UE) 2015/2089 du Conseil, l’application de la décision 2013/54/UE a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2018.
(3)Par lettre enregistrée à la Commission le 22 mai 2018, la Slovénie a demandé l’autorisation de continuer à accorder une franchise de taxe aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 000 EUR.
(4)Conformément à l'article 395, paragraphe 2, deuxième alinéa, de la directive 2006/112/CE, par lettre datée du 25 juin 2018, la Commission a transmis la demande de la Slovénie aux autres États membres. Par lettre du 26 juin 2018, la Commission a notifié à la Slovénie qu'elle disposait de toutes les données utiles pour étudier la demande.
(5)Il ressort des informations fournies par la Slovénie qu’à la fin de 2017, environ 48 % des personnes immatriculées à la TVA avaient un chiffre d’affaires imposable inférieur à 50 000 EUR et qu'elles généraient 1 % seulement du montant total des recettes de TVA, dont 0,3 % correspondait aux assujettis dont le chiffre d’affaires imposable était inférieur à 25 000 EUR.
(6)Étant donné que le relèvement du seuil s'est traduit par moins d'obligations en matière de TVA pour les petites entreprises, celles-ci restant toutefois libres de choisir le régime normal de TVA conformément à l'article 290 de la directive 2006/112/CE, il convient d'autoriser la Slovénie à appliquer la mesure pendant une nouvelle période limitée, jusqu'au 31 décembre 2021.
(7)Étant donné que les articles 281 à 294 de la directive 2006/112/CE régissant le régime particulier des petites entreprises font l’objet d’un réexamen, il est possible qu’une directive modifiant ces articles entre en vigueur et fixe une date à partir de laquelle les États membres devront appliquer les dispositions nationales correspondantes qui soit antérieure à la date d’expiration de la période de validité de la dérogation, à savoir le 31 décembre 2021. Si tel est le cas, la présente décision devrait cesser d’être applicable.
(8)La dérogation n'a aucune incidence négative sur les ressources propres de l'Union provenant de la TVA étant donné que la Slovénie procédera au calcul d'une compensation conformément aux dispositions de l'article 6 du règlement (CEE, Euratom) nº 1553/89 du Conseil.
(9)Il convient dès lors de modifier la décision d'exécution 2013/54/UE en conséquence,
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
À l'article 2 de la décision d'exécution 2013/54/UE, le deuxième alinéa est remplacé par le texte suivant:
«Elle est applicable à partir du 1er janvier 2019 jusqu’à la plus proche des deux dates suivantes:
a) le 31 décembre 2021;
b) la date à partir de laquelle les États membres devront appliquer toute disposition nationale qu’ils seront tenus d’adopter dans l’éventualité où une directive modifiant les articles 281 à 294 de la directive 2006/112/CE régissant le régime particulier des petites entreprises est adoptée.»
Article 2
La République de Slovénie est destinataire de la présente décision.
Fait à Bruxelles, le
Par le Conseil
Le président