| CELEX | 52019AE2616 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 25 septembre 2019 |
| 15.1.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 14/87 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une prise de décision plus efficace en matière de politique sociale: renforcer le passage au vote à la majorité qualifiée dans certains domaines»
[COM(2019) 186 final]
(2020/C 14/13)
Rapporteur: Christian BÄUMLER
| Consultation | Commission européenne, 3.6.2019 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 10.9.2019 |
| Adoption en session plénière | 25.9.2019 |
| Session plénière no | 546 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 83/32/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) souligne qu’en ces temps de mutations rapides, il est capital que l’Union européenne soit capable, aux côtés de ses États membres, de prendre des mesures politiques efficaces et performantes dans tous les domaines d’action pertinents, en fonction des compétences qui leur sont reconnues. Cette approche devrait inclure une réflexion appropriée sur les besoins d’action au niveau européen, dans le respect rigoureux du principe de subsidiarité. |
| 1.2. | Le CESE estime que la participation du Parlement européen à un haut niveau du processus législatif, conformément aux dispositions du traité, revêt une grande importance et s’impose particulièrement dans le domaine de la politique sociale, étant donné que les questions d’ordre social touchent également à la cohésion de la société et à une économie sociale de marché hautement compétitive, selon les objectifs inscrits à l’article 3 du TUE. |
| 1.3. | Sachant que, dans des avis antérieurs (1), le CESE a déjà plaidé pour une révision des exigences en matière d’unanimité au sein de l’UE, et qu’il s’est encore récemment prononcé en ce sens, en particulier dans le domaine de la politique fiscale (2), il se félicite que la Commission poursuive le débat sur les obstacles réglementaires existants et qu’elle ait ouvert une discussion, au moyen de la communication à l’examen, sur les possibilités d’un recours accru au vote à la majorité qualifiée, y compris dans le domaine de la politique sociale. Dans le même temps, le CESE souligne que le rôle de l’Union en matière de politique sociale, tel que défini dans le traité, consiste à soutenir et à compléter les activités des États membres dans les domaines définis à l’article 153, paragraphe 1, du TFUE. Cette disposition reflète la diversité des traditions et systèmes sociaux nationaux et donne aux États membres le premier rôle dans la conception et la mise en œuvre de leurs politiques relatives au domaine social et aux marchés du travail. La procédure de vote à la majorité qualifiée se fonde sur une culture du compromis. |
| 1.4. | Selon le CESE, il ne fait aucun doute que, même lorsque l’UE recourt à l’instrument du vote à la majorité qualifiée, elle reste tenue au respect du principe de subsidiarité et se concentre, dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, sur les secteurs dans lesquels les objectifs communs ne peuvent être atteints de manière plus efficace au niveau national, régional ou local. Il en est de même pour le principe de proportionnalité, selon lequel le contenu et la forme de l’action de l’Union ne peuvent aller au-delà des objectifs définis dans les traités. |
| 1.5. | L’article 151 du TFUE définit comme objectif de la politique sociale «la promotion de l’emploi [et] l’amélioration des conditions de vie et de travail […] dans le progrès». Le CESE fait valoir qu’au titre de l’article 153, paragraphe 2, du TFUE, cet objectif doit être atteint grâce à des directives établissant des prescriptions minimales tout en tenant compte des conditions nationales, et que celles-ci ne doivent pas contrarier la création et le développement des petites et moyennes entreprises. Il ajoute que, conformément à l’article 153, paragraphe 4, du TFUE, ces dispositions ne sauraient porter atteinte ni au droit des États membres de s’engager, lors de la mise en œuvre, à assurer un niveau de protection national plus élevé, ni à leur faculté de définir les principes fondamentaux de leur système de sécurité sociale, quel que soit le régime de prise de décision. |
| 1.6. | Le CESE souligne que les accords des partenaires sociaux mis en œuvre à l’échelon de l’Union jouent un rôle significatif dans le développement de l’acquis de la politique sociale de l’UE. À la lumière des discussions sur l’éventuel passage de la procédure de vote à l’unanimité à celle de vote à la majorité qualifiée, il demande des garanties pour que se poursuive la participation pleine et entière des partenaires sociaux à l’élaboration des politiques, y compris en matière sociale, et pour que leur autonomie quant à la mise en œuvre et à la révision éventuelle de leurs accords autonomes soit respectée. |
| 1.7. | Le CESE constate qu’à l’heure actuelle, dans un seul et même domaine d’action, les décisions sont soumises soit au vote à l’unanimité, soit au vote à la majorité qualifiée. Cette situation engendre des déséquilibres dans le développement des normes sociales ainsi que des écarts en matière de protection sociale. Par conséquent, le Comité approuve le passage intégral au vote à la majorité qualifiée, tout au moins pour la réglementation relative à la non-discrimination ainsi que pour les recommandations en matière de sécurité sociale et de protection des travailleurs. |
| 1.8. | Le CESE rappelle que l’UE a mis en place des mesures visant à protéger les travailleurs vulnérables, tels que les femmes enceintes ou les travailleurs à temps partiel, en cas de résiliation de leur contrat de travail. Il s’ensuit qu’il conviendrait de garantir un minimum de droits de procédure et de droits de protection uniformes à l’échelle de l’Union et de passer à la procédure de vote à la majorité qualifiée. |
| 1.9. | Le CESE souligne que la représentation et la défense collective des intérêts des employeurs et des travailleurs sont essentielles à la cohésion sociale, au maintien et à la création d’emplois de qualité, ainsi qu’à la compétitivité des entreprises au sein de l’Union. À cet égard également, l’UE doit, si cela est objectivement nécessaire, examiner dans quelle mesure la procédure de vote à la majorité qualifiée peut renforcer la possibilité de développer davantage le partenariat social à l’avenir. |
| 1.10. | Le CESE recommande le passage au vote à la majorité qualifiée en ce qui concerne les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers qui se trouvent en séjour régulier dans l’Union, afin d’éviter les inégalités de traitement et de renforcer la cohésion sociale. |
| 1.11. | Dans le contexte du débat en cours sur le passage au vote à la majorité qualifiée, le CESE marque son accord avec les considérations de la Commission relatives au choix de la clause passerelle générale prévue à l’article 48, paragraphe 7, du TUE, dans les cas où l’on applique le vote à la majorité qualifiée, étant donné que cette solution implique à la fois une décision du Conseil européen à l’unanimité et un soutien de tous les parlements nationaux ainsi que l’approbation du Parlement européen, et qu’elle garantirait une large légitimité démocratique. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel l’Union et tous ses États membres sont confrontés à des défis communs en ce qui concerne les incidences des nouvelles technologies, la pression concurrentielle croissante dans une économie mondialisée, les nouvelles formes de travail et l’évolution démographique. La préservation du modèle social européen pour les générations futures et la poursuite de son développement requièrent une action à l’échelle européenne et nationale dans un large éventail de domaines, selon les compétences reconnues à chacun. À cet égard, il importe de prendre des mesures visant à renforcer la cohésion et l’inclusion sociales, ainsi qu’à lutter contre la discrimination. |
| 2.2. | Le CESE souligne qu’en ces temps de mutations rapides, il est capital que l’Union européenne soit capable, aux côtés de ses États membres, de prendre des mesures politiques efficaces et performantes. Cette approche devrait inclure une réflexion appropriée sur les besoins et niveaux d’action, dans le respect rigoureux du principe de subsidiarité, ainsi que sur le choix d’instruments appropriés et de processus décisionnels efficaces, permettant à l’Union de soutenir et de compléter les politiques nationales. Il s’agit d’analyser en profondeur les répercussions sur l’économie, les finances publiques et le rôle des partenaires sociaux dans chacun des États membres. Ces derniers doivent tous disposer, à tout moment, de suffisamment de possibilités de participer au processus décisionnel. L’objectif commun devrait être d’obtenir de bons résultats, tant au niveau de l’UE que dans les différents États membres. |
| 2.3. | Le CESE affirme que l’Union a besoin d’un processus décisionnel efficace et souple pour veiller à ce que la législation et les instruments non contraignants, tels que les cadres de coordination et les recommandations, puissent suivre le rythme des transformations économiques et sociétales. Sachant que, dans des avis antérieurs, le CESE a déjà plaidé pour une révision des exigences enmatière d’unanimité concernant la législation de l’UE (3), il se félicite que la Commission poursuive le débat sur les obstacles réglementaires existant sur le plan politique et qu’elle ait engagé une discussion, au moyen de la communication à l’examen, sur les possibilités d’un recours accru au vote à la majorité qualifiée, y compris dans le domaine de la politique sociale. Dans le même temps, le CESE souligne que le rôle de l’Union en matière de politique sociale, tel que défini dans le traité, consiste à soutenir et à compléter les activités des États membres dans les domaines définis à l’article 153, paragraphe 1, du TFUE. Cette disposition reflète la diversité des traditions et systèmes sociaux nationaux et donne aux États membres le premier rôle dans la conception et la mise en œuvre de leurs politiques relatives au domaine social et aux marchés du travail. |
| 2.4. | Le CESE estime que le rôle que confère le traité à l’Union consiste à soutenir les activités menées par les États membres sur son territoire et à les compléter dans les domaines définis à l’article 153, paragraphe 1, du TFUE. Cette disposition reflète la diversité des traditions et systèmes sociaux nationaux et accorde aux États membres un rôle de premier plan ainsi qu’un degré élevé de souveraineté en matière de coopération européenne dans la conception et la mise en œuvre de leurs politiques relatives au domaine social et aux marchés du travail. |
| 2.5. | Le CESE fait valoir que la législation européenne en matière de politique sociale a été en majeure partie adoptée à la suite de votes à la majorité qualifiée et dans le cadre de la procédure législative ordinaire. |
| 2.6. | Le CESE fait observer qu’en revanche, un certain nombre de domaines de la politique sociale nécessitent toujours, conformément au traité, un vote à l’unanimité du Conseil, à savoir: la non-discrimination (article 19, paragraphe 1, du TFUE); la sécurité sociale et la protection sociale des travailleurs (sauf aux fins de la libre circulation des travailleurs) [article 153, paragraphe 1, point c), du TFUE]; la protection des travailleurs en cas de résiliation de leur contrat de travail [article 153, paragraphe 1, point d), du TFUE]; la représentation et la défense collective des intérêts des travailleurs et des employeurs [article 153, paragraphe 1, point f), du TFUE]; ainsi que les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers se trouvant en séjour régulier sur le territoire de l’Union [article 153, paragraphe 1, point g), du TFUE]. Alors que l’article 19 du TFUE prévoit l’approbation du Parlement européen, ce n’est pas le cas de l’article 153, paragraphe 1, points c), d), f) et g). |
| 2.7. | Le CESE estime que la participation du Parlement européen à un haut niveau du processus législatif, conformément aux dispositions du traité, revêt une grande importance et s’impose particulièrement dans le domaine de la politique sociale, étant donné que les questions d’ordre social impliquent toujours des décisions intéressant de près les citoyens et touchent également à la cohésion de la société et à une économie sociale de marché hautement compétitive, selon les objectifs inscrits à l’article 3 du TUE. |
| 2.8. | De même que pour la politique fiscale (4) notamment, le CESE se félicite que la Commission ait engagé une discussion, par l’intermédiaire de la communication à l’examen, sur le fait d’étendre le recours au vote à la majorité qualifiée également au domaine de la politique sociale. La procédure de vote à la majorité qualifiée se fonde sur une culture du compromis. Elle suppose un débat et permet d’obtenir des résultats pragmatiques pouvant tenir compte des intérêts de l’Union dans son ensemble. La perspective d’un vote à la majorité qualifiée agit comme un catalyseur qui pousse l’ensemble des acteurs à trouver des compromis et à parvenir à une solution acceptable pour tous. |
| 2.9. | Le CESE rappelle que dans son nouveau programme stratégique 2019-2024, l’Union européenne s’est prononcée en faveur de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux tant à son niveau qu’à celui des États membres. À cet égard, il convient de tenir dûment compte des compétences respectives de chacun de ces deux échelons. |
| 2.10. | Selon le CESE, il est primordial que, lorsque l’UE recourt à l’instrument du vote à la majorité qualifiée, elle reste tenue au respect du principe de subsidiarité et se concentre, dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, sur les secteurs dans lesquels les objectifs communs ne peuvent être atteints de manière plus efficace au niveau national, régional ou local. Il en est de même pour le principe de proportionnalité, selon lequel le contenu et la forme de l’action de l’Union ne peuvent aller au-delà des objectifs définis dans les traités. Il conviendrait de clarifier ces principes lors des discussions sur le vote à la majorité qualifiée. |
| 2.11. | L’article 151 du TFUE définit comme objectif de la politique sociale «la promotion de l’emploi [et] l’amélioration des conditions de vie et de travail […] dans le progrès». Le CESE souligne que l’article 153, paragraphe 2, du TFUE fixe des critères que l’Union est tenue de respecter lorsqu’elle adopte à cette fin des mesures de politique sociale. Ainsi, les directives contiennent principalement des prescriptions minimales tout en tenant compte des conditions nationales, et elles ne doivent pas contrarier la création et le développement des petites et moyennes entreprises. Le CESE fait valoir qu’elles ne doivent porter atteinte ni au droit des États membres de s’engager, lors de la mise en œuvre, à assurer un niveau de protection national plus élevé, ni à leur faculté de définir les principes fondamentaux de leur système de sécurité sociale, quel que soit le régime de prise de décision. |
| 2.12. | Le CESE note également que la Commission, le Parlement et le Conseil ont confirmé, au paragraphe 17 du préambule du socle européen des droits sociaux, le respect de la diversité des systèmes nationaux, notamment le rôle des partenaires sociaux, et au paragraphe 19, le respect de l’identité nationale des États membres, ainsi que la souveraineté dont ils disposent pour définir juridiquement les fondements des systèmes de sécurité sociale. |
| 2.13. | Le CESE souligne que les accords des partenaires sociaux mis en œuvre à l’échelon de l’Union en vertu de l’article 155 du TFUE jouent un rôle significatif dans le développement de l’acquis de la politique sociale de l’UE. Il se félicite que, selon la communication de la Commission, les résultats obtenus par le dialogue social soient traités sur un pied d’égalité avec les directives quant à leur adoption. Concernant l’éventuel passage de la procédure de vote à l’unanimité à celle de vote à la majorité qualifiée, le CESE demande des garanties pour que se poursuive la participation pleine et entière des partenaires sociaux à l’élaboration des politiques, y compris en matière sociale, et pour que leur autonomie quant à la mise en œuvre et à la révision éventuelle de leurs accords autonomes soit respectée. Le dialogue social joue un rôle important dans la protection sociale. Par l’intermédiaire d’une réglementation autonome, il assure également le progrès social dans l’Union européenne. |
| 2.14. | Le CESE partage l’avis de la Commission et ne voit pas d’alternative au vote à la majorité qualifiée dans l’instrument que constitue la coopération renforcée. Ce dernier peut entraîner, précisément pour les questions de politique sociale, une fragmentation du marché unique ainsi que des différences de traitement entre les citoyens de l’Union en fonction de l’État membre dans lequel ils vivent. |
| 2.15. | D’un autre côté, le CESE estime que le Semestre européen constitue un autre instrument utile et approprié pour accroître et améliorer la convergence ainsi que pour accomplir des progrès sur la voie des réformes nationales, avec le soutien et les recommandations des États membres et des partenaires sociaux, notamment dans le cadre d’un «apprentissage mutuel». Cette approche respecte aussi en ce sens la lettre et l’esprit de l’article 156 du TFUE. Le Comité met en avant les efforts déployés, dans le cadre du Semestre européen, en vue d’améliorer les méthodes de coordination et de réforme des politiques nationales en matière d’emploi et de protection sociale, tout en associant utilement les partenaires sociaux nationaux aux travaux européens. Le socle européen des droits sociaux, en tant que ligne directrice des réformes, contribuerait donc à l’élaboration d’une feuille de route pour améliorer la convergence et renforcer la cohésion entre les États membres. |
3. Observations particulières
| 3.1. | Le CESE constate qu’à l’heure actuelle, dans un seul et même domaine d’action, les décisions sont soumises soit au vote à l’unanimité, soit au vote à la majorité qualifiée. Cette situation engendre des déséquilibres dans le développement des normes sociales ainsi que des écarts en matière de protection sociale. |
| 3.2. | Le CESE fait observer que l’Union s’est dotée de dispositions juridiques étendues sur l’égalité des chances entre les femmes et les hommes ainsi que sur l’égalité de traitement sur la base, entre autres, de l’origine raciale ou ethnique. Cette réussite majeure de l’Union constitue une référence en la matière, y compris sur la scène internationale. Dans le même temps, le droit de l’Union ne défend l’égalité de traitement par rapport à la religion ou aux convictions, au handicap, à l’âge ou à l’orientation sexuelle que pour les questions d’emploi et de travail. Une directive interdisant complètement la discrimination au sein de l’Union serait extrêmement complexe et, partant, difficilement réalisable dans le contexte d’une prise de décision à l’unanimité. Or, l’Union s’est engagée à agir en ce sens dans le cadre du programme de développement durable à l’horizon 2030. Le nouveau programme stratégique pour la période 2019-2024 a confirmé cet objectif. Le CESE approuve le passage intégral au vote à la majorité qualifiée pour la réglementation relative à la non-discrimination. |
| 3.3. | Le CESE attire l’attention sur le fait que l’article 48 du TFUE habilite l’Union à adopter, dans le domaine de la sécurité sociale, les mesures nécessaires pour l’établissement de la libre circulation des travailleurs à la majorité qualifiée. En revanche, les recommandations en matière de sécurité sociale et de protection des travailleurs doivent être prises à l’unanimité. Un passage au vote à la majorité qualifiée serait cohérent et justifié. La question se pose également de savoir pourquoi la Commission vise seulement à formuler des recommandations et n’a pas envisagé d’instruments juridiques plus poussés. |
| 3.4. | Le CESE reconnaît que la protection des travailleurs en cas de licenciement a toujours été une composante centrale des droits du travail nationaux. Il constate cependant que l’UE a entre-temps mis en place des mesures visant à protéger les travailleurs vulnérables, tels que les femmes enceintes ou les travailleurs à temps partiel. Il s’ensuit qu’il conviendrait de garantir ne serait-ce qu’un minimum de droits de procédure et de droits de protection uniformes à l’échelle de l’Union, afin que ces mécanismes de protection ne restent pas sans effet. Le socle européen des droits sociaux prévoit des droits d’information pour les travailleurs licenciés ainsi que l’accès à des systèmes de règlement des litiges efficaces et impartiaux, un droit de recours et, le cas échéant, des compensations. Cela plaide en faveur d’un passage au vote à la majorité qualifiée, de façon à faciliter la mise en œuvre d’une directive en la matière. |
| 3.5. | Le CESE souligne qu’un cadre juridique solide en matière de représentation et de défense collective des intérêts des employeurs et des travailleurs est essentiel à la cohésion sociale, à la création d’emplois de qualité et à la compétitivité des entreprises dans l’Union. Au sein du marché intérieur, les entreprises coopèrent de manière toujours plus étroite par-delà les frontières. La directive relative aux comités d’entreprise européens, adoptée selon la procédure législative ordinaire, s’applique aux entreprises et groupes d’entreprises établis dans l’Union. Dans d’autres domaines de la législation européenne relative à la participation des travailleurs, l’unanimité reste en revanche requise. À cet égard également, l’UE doit, si cela est objectivement nécessaire, examiner dans quelle mesure la procédure de vote à la majorité qualifiée peut ouvrir de nouvelles possibilités pour façonner le partenariat social à l’avenir. |
| 3.6. | Le CESE recommande le passage au vote à la majorité qualifiée en ce qui concerne les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers qui se trouvent en séjour régulier dans l’Union. Les conditions d’emploi des citoyens de l’Union et celles des ressortissants de pays tiers doivent concorder de manière à ne pas mettre en péril la cohésion sociale. |
| 3.7. | Dans le contexte du débat en cours sur le passage au vote à la majorité qualifiée, le CESE marque son accord avec les considérations de la Commission relatives au choix de la clause passerelle générale prévue à l’article 48, paragraphe 7, du TUE, dans les cas où l’on applique le vote à la majorité qualifiée, étant donné que cette solution implique à la fois une décision du Conseil européen à l’unanimité et un soutien de tous les parlements nationaux ainsi que l’approbation du Parlement européen. Cette démarche assurerait une large légitimité démocratique et serait conforme aux prescriptions constitutionnelles au niveau national, ce qui ne serait pas le cas si l’on recourait à l’article 153 du TFUE. |
| 3.8. | Le CESE note qu’une question reste en suspens dans la communication de la Commission. Il n’est pas établi clairement si la décision de passer du vote à l’unanimité au vote à la majorité qualifiée pour une certaine base juridique serait prise une fois pour toutes ou au cas par cas. Le CESE demande à la Commission de préciser si l’utilisation de la clause passerelle générale figurant à l’article 48, paragraphe 7, du TUE induirait un passage généralisé au vote à la majorité qualifiée ou une prise de décision au cas par cas. De l’avis du Comité, il importe de veiller, quoi qu’il en soit, à ce que le recours à la clause passerelle améliore l’efficacité de la prise de décision, sans créer d’autres obstacles. |
Bruxelles, le 25 septembre 2019.
Le président
du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) Voir les avis du CESE suivants: JO C 230 du 14.7.2015, p. 24; JO C 434 du 15.12.2017, p. 18; JO C 271 du 19.9.2013, p. 23; JO C 332 du 8.10.2015, p. 8.
(2) Avis du CESE «Fiscalité — Le vote à la majorité qualifiée» (JO C 353, 18.10.2019, p 90).
(3) Voir la note de bas de page no 2.
(4) Voir la note de bas de page no 1.
ANNEXE
Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 59, paragraphe 3, du règlement intérieur):
1. Paragraphe 2.8
Modifier comme suit:
De même que pour la politique fiscale (1) notamment, le Le CESE se félicite que, par l’intermédiaire de la communication à l’examen, la Commission ait pris l’initiative d’ouvrir le débat et d’expliquer comment un passage engagé une discussion, par l’intermédiaire de la communication à l’examen, sur le fait d’étendre le recours au vote à la majorité qualifiée dans le également au domaine de la politique sociale pourrait s’opérer sans propositions hâtives. La procédure de vote à la majorité qualifiée se fonde sur une culture du compromis. Elle suppose un débat et permet d’obtenir des résultats pragmatiques pouvant tenir compte des intérêts de l’Union dans son ensemble. La perspective d’un vote à la majorité qualifiée agit comme un catalyseur qui pousse l’ensemble des acteurs à trouver des compromis et à parvenir à une solution acceptable pour tous.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 36 |
| Voix contre | : | 74 |
| Abstentions | : | 2 |
2. Nouveau paragraphe après le paragraphe 2.8
Ajouter un nouveau paragraphe après le paragraphe 2.8:
D’un autre côté, le vote à l’unanimité au sein du processus décisionnel a pour fondement la nécessité de préserver un contrôle national sur les dispositions pertinentes de la politique sociale énoncées dans le TUE et de prévenir toute ingérence dans des aspects essentiels des systèmes sociaux nationaux, dont les États membres, aux côtés des partenaires sociaux, sont responsables en premier ressort.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 31 |
| Voix contre | : | 82 |
| Abstentions | : | 3 |
3. Paragraphe 3.1
Modifier comme suit:
Le CESE constate qu’à l’heure actuelle, dans un seul et même domaine d’action, les décisions sont soumises soit au vote à l’unanimité, soit au vote à la majorité qualifiée. Le Comité estime que la répartition entre le vote à la majorité qualifiée et le vote à l’unanimité prévue dans le chapitre social du traité sur l’Union européenne conserve sa pertinence, car elle reflète la diversité et l’hétérogénéité des systèmes sociaux nationaux des États membres, par exemple en ce qui concerne la protection sociale, la mission des partenaires sociaux et le rôle du droit du travail et des conventions collectives. Cette situation engendre des déséquilibres dans le développement des normes sociales ainsi que des écarts en matière de protection sociale.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 32 |
| Voix contre | : | 74 |
| Abstentions | : | 3 |
4. Paragraphe 3.2
Modifier comme suit:
Le CESE fait observer que l’Union s’est dotée de dispositions juridiques étendues sur l’égalité des chances entre les femmes et les hommes ainsi que sur l’égalité de traitement sur la base, entre autres, de l’origine raciale ou ethnique. Cette réussite majeure de l’Union constitue une référence en la matière, y compris sur la scène internationale. Dans le même temps, le droit de l’Union ne défend l’égalité de traitement par rapport à la religion ou aux convictions, au handicap, à l’âge ou à l’orientation sexuelle que pour les questions d’emploi et de travail. Les directives en question ont été adoptées à l’unanimité. Une directive interdisant complètement la discrimination au sein de l’Union serait extrêmement complexe, ce qui explique la longueur de la procédure et la lenteur des progrès accomplis et, partant, difficilement réalisable dans le contexte d’une prise de décision à l’unanimité. Or, l’Union s’est engagée à agir en ce sens dans le cadre du programme de développement durable à l’horizon 2030. Le nouveau programme stratégique pour la période 2019-2024 a confirmé cet objectif. Le CESE approuve le passage intégral au vote à la majorité qualifiée pour la réglementation relative à la non-discrimination.
Résultat du vote:
| Voix pour | : | 31 |
| Voix contre | : | 78 |
| Abstentions | : | 2 |
5. Paragraphe 3.4
Supprimer comme suit:
Le CESE reconnaît que la protection des travailleurs en cas de licenciement a toujours été une composante centrale des droits du travail nationaux. Il constate cependant que l’UE a entre-temps mis en place des mesures visant à protéger les travailleurs vulnérables, tels que les femmes enceintes ou les travailleurs à temps partiel. Il s’ensuit qu’il conviendrait de garantir ne serait-ce qu’un minimum de droits de procédure et de droits de protection uniformes à l’échelle de l’Union, afin que ces mécanismes de protection ne restent pas sans effet. Le socle européen des droits sociaux prévoit des droits d’information pour les travailleurs licenciés ainsi que l’accès à des systèmes de règlement des litiges efficaces et impartiaux, un droit de recours et, le cas échéant, des compensations. Cela plaide en faveur d’un passage au vote à la majorité qualifiée, de façon à faciliter la mise en œuvre d’une directive en la matière.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 35 |
| Voix contre | : | 77 |
| Abstentions | : | 2 |
6. Paragraphe 3.5
Supprimer comme suit:
Le CESE souligne qu’un cadre juridique solide en matière de représentation et de défense collective des intérêts des employeurs et des travailleurs est essentiel à la cohésion sociale, à la création d’emplois de qualité et à la compétitivité des entreprises dans l’Union. Au sein du marché intérieur, les entreprises coopèrent de manière toujours plus étroite par-delà les frontières. La directive relative aux comités d’entreprise européens, adoptée selon la procédure législative ordinaire, s’applique aux entreprises et groupes d’entreprises établis dans l’Union. Dans d’autres domaines de la législation européenne relative à la participation des travailleurs, l’unanimité reste en revanche requise. À cet égard également, l’UE doit, si cela est objectivement nécessaire, examiner dans quelle mesure la procédure de vote à la majorité qualifiée peut ouvrir de nouvelles possibilités pour façonner le partenariat social à l’avenir.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 34 |
| Voix contre | : | 84 |
| Abstentions | : | 2 |
7. Paragraphe 3.6
Supprimer comme suit:
Le CESE recommande le passage au vote à la majorité qualifiée en ce qui concerne les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers qui se trouvent en séjour régulier dans l’Union. Les conditions d’emploi des citoyens de l’Union et celles des ressortissants de pays tiers doivent concorder de manière à ne pas mettre en péril la cohésion sociale.
Résultat du vote:
| Voix pour | : | 30 |
| Voix contre | : | 85 |
| Abstention | : | 1 |
8. Paragraphe 1.7
Modifier comme suit:
Le CESE constate qu’à l’heure actuelle, dans un seul et même domaine d’action, les décisions sont soumises soit au vote à l’unanimité, soit au vote à la majorité qualifiée. Cette situation engendre des déséquilibres dans le développement des normes sociales ainsi que des écarts en matière de protection sociale. Par conséquent, le Comité approuve le passage intégral au vote à la majorité qualifiée, tout au moins pour la réglementation relative à la non-discrimination ainsi que pour les recommandations en matière de sécurité sociale et de protection des travailleurs. Le Comité estime que la répartition entre le vote à la majorité qualifiée et le vote à l’unanimité prévue dans le chapitre social du traité sur l’Union européenne conserve sa pertinence, car elle reflète la diversité et l’hétérogénéité des systèmes sociaux nationaux des États membres, par exemple en ce qui concerne la protection sociale, la mission des partenaires sociaux et le rôle du droit du travail et des conventions collectives.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 32 |
| Voix contre | : | 74 |
| Abstentions | : | 3 |
9. Paragraphe 1.8
Supprimer comme suit:
Le CESE rappelle que l’UE a mis en place des mesures visant à protéger les travailleurs vulnérables, tels que les femmes enceintes ou les travailleurs à temps partiel, en cas de résiliation de leur contrat de travail. Il s’ensuit qu’il conviendrait de garantir un minimum de droits de procédure et de droits de protection uniformes à l’échelle de l’Union et de passer à la procédure de vote à la majorité qualifiée.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 36 |
| Voix contre | : | 81 |
| Abstention | : | 1 |
10. Paragraphe 1.10
Supprimer comme suit:
Le CESE recommande le passage au vote à la majorité qualifiée en ce qui concerne les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers qui se trouvent en séjour régulier dans l’Union, afin d’éviter les inégalités de traitement et de renforcer la cohésion sociale.
Résultat du vote
| Voix pour | : | 30 |
| Voix contre | : | 85 |
| Abstention | : | 1 |
(1) Voir la note de bas de page no 1.
Avis institutionnel — 52019AB0046
30/12/2019
Résolution législative du Parlement européen du 18 décembre 2019 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République de Gambie et du protocole de mise en œuvre dudit accord de partenariat (08974/2019 — C9-0106/2019– 2019/0076(NLE))
18/12/2019
P9_TA(2019)0097 PAC: discipline financière à partir de l’exercice 2021 et flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020 ***I Résolution législative du Parlement européen du 18 décembre 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 1306/2013 en ce qui concerne la discipline financière à partir de l’exercice 2021 et le règlement (UE) n° 1307/2013 en ce qui concerne la flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020 (COM(2019)0580 — C9-0163/2019 — 2019/0253(COD)) P9_TC1-COD(2019)0253 Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 18 décembre 2019 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2020/… du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 1306/2013 en ce qui concerne la discipline financière à partir de l’exercice 2021 et le règlement (UE) n° 1307/2013 en ce qui concerne la flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020
18/12/2019
Résolution législative du Parlement européen du 17 décembre 2019 sur le projet de décision du Conseil relative à l’adhésion des Îles Salomon à l’accord de partenariat intérimaire entre la Communauté européenne, d’une part, et les États du Pacifique, d’autre part (09405/2019 — C9-0010/2019 — 2019/0099(NLE))
17/12/2019