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AccueilDroit européen52019AE4040
Avis institutionnel52019AE4040

Avis du Comité économique et social européen sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) no 2012/2002 du Conseil afin de fournir une aide financière aux États membres en vue de faire face à la lourde charge financière occasionnée à la suite du retrait du Royaume-Uni de l’Union sans accord»[COM(2019) 399 final — 2019/0183 (COD)]

CELEX52019AE4040
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 25 septembre 2019

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen soutient la proposition de la Commission visant à modifier le règlement sur le Fonds de solidarité de l'Union européenne pour permettre une aide financière aux États membres confrontés à des charges financières exceptionnelles résultant d'un retrait du Royaume-Uni sans accord. Il élargit temporairement le champ d'application du Fonds au-delà des catastrophes naturelles pour couvrir les conséquences économiques et sociales de ce scénario. Pour un professionnel du droit français, ce texte clarifie les conditions d'éligibilité et les modalités de décaissement des fonds européens en cas de « no-deal Brexit ».

Texte intégral

15.1.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 14/84


Avis du Comité économique et social européen sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) no 2012/2002 du Conseil afin de fournir une aide financière aux États membres en vue de faire face à la lourde charge financière occasionnée à la suite du retrait du Royaume-Uni de l’Union sans accord»

[COM(2019) 399 final — 2019/0183 (COD)]

(2020/C 14/12)

Rapporteur général: Ioannis VARDAKASTANIS

Consultation

Conseil de l’Union européenne, 13.9.2019

Parlement européen, 16.9.2019

Base juridique

Article 175, paragraphe 3, et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Décision du bureau

24.9.2019

Adoption en session plénière

25.9.2019

Session plénière no

546

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

144/0/6

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE estime que les principes de solidarité et de subsidiarité sont essentiels au fonctionnement de l’Union européenne. Il importe donc, qu’en cas de sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne, le 31 octobre prochain, tous les États membres restent unis et affrontent ensemble les conséquences et les problèmes découlant de cette décision.

1.2.

Le CESE comprend que la proposition fait partie d’un ensemble de mesures d’urgence prévues dans l’hypothèse d’un retrait du Royaume-Uni sans accord, lesquelles ont été adoptées par la Commission le 4 septembre 2019, à la suite de la demande du Conseil européen que soient étudiées toutes les possibilités de financement au titre des fonds existants pour aider à alléger les charges financières qui pourraient venir peser sur les États membres.

1.3.

Pour autant qu’il s’agisse d’un événement ponctuel n’excédant pas le délai fixé à 2020, le CESE souscrit à l’ajout au règlement instituant le Fonds de solidarité de l’Union européenne, qui dispose que la notion de «catastrophe majeure» couvre les catastrophes naturelles ainsi que les situations dans lesquelles un État membre fait face à une lourde charge financière en conséquence directe du retrait du Royaume-Uni de l’Union sans accord.

1.4.

Le CESE propose à la Commission d’envisager la création d’un instrument de l’Union capable de répondre à l’avenir à des situations politiques et des crises comparables. Toutefois, si un nouvel instrument de ce type devait être mis en place, il ne devrait l’être qu’en cas de situations exceptionnelles et faire l’objet d’une décision formelle, au cas par cas. Il convient de définir clairement les conditions spécifiques dans lesquelles une compensation peut être accordée.

1.5.

Le CESE est fermement convaincu que la Commission devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que l’extension du champ d’application ne va pas aboutir à une situation où serait compromise la capacité du Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE) à réagir aux événements imprévus survenant à la suite de catastrophes naturelles.

1.6.

Le CESE juge trop tardive la date prévue du 30 avril 2020 et invite par conséquent la Commission à accélérer la procédure de décision pour la mobilisation des fonds dans le cas où le Royaume-Uni quitterait l’Union sans accord.

1.7.

Le CESE se félicite du relèvement du niveau actuel des avances de 10 % à 25 %, mais juge que beaucoup reste encore à faire pour que la réponse apportée soit à la fois rapide et efficace.

1.8.

Le CESE estime que la Commission devrait accorder une attention particulière aux petites et moyennes entreprises (PME), qui sont les plus vulnérables aux problèmes consécutifs au Brexit.

2. Observations générales

2.1.

Le Fonds de solidarité de l’Union européenne a été créé en 2002 pour soutenir les États membres et les pays en voie d’adhésion dans des situations de catastrophes majeures causées par des événements naturels comme les inondations, les tempêtes, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les incendies de forêt ou la sécheresse. Il peut être mobilisé à la demande du pays concerné si la catastrophe présente une dimension justifiant une intervention au niveau européen.

2.2.

Le CESE convient que le FSUE est une expression tangible de la solidarité européenne, en vertu de laquelle les États membres restent unis et conviennent de se soutenir mutuellement en mettant à disposition des ressources financières supplémentaires par l’intermédiaire du budget de l’Union.

2.3.

À moins qu’il ne ratifie l’accord de retrait d’ici au 31 octobre 2019 ou qu’il ne demande une troisième prorogation et que celle-ci soit adoptée à l’unanimité par le Conseil européen (article 50), le Royaume-Uni deviendra un pays tiers à compter du 1er novembre 2019.

2.4.

Dans l’hypothèse où le Royaume-Uni quitte l’Union sans accord, le droit primaire et le droit dérivé de l’Union cesseront dès ce moment de s’appliquer à lui. Il n’y aura pas de période de transition aux conditions prévues dans l’accord de retrait. Le préjudice pour les citoyens, les entreprises et les services publics sera considérable et les conséquences économiques et financières seront probablement graves.

2.5.

Le CESE estime qu’au-delà de son caractère d’événement ponctuel, le Brexit sans accord risque de provoquer des effets perturbateurs dont l’ampleur sera celle d’une catastrophe majeure. Bien qu’il soit difficile de l’évaluer de façon exacte, son impact sera significatif sur l’économie, le marché du travail et les finances publiques, surtout à court terme. Par ailleurs, on peut à juste titre supposer que, dans l’éventualité de ce retrait sans accord, certains secteurs, certaines régions ou encore certains États membres seront plus touchés que d’autres. Le CESE estime qu’il serait justifié d’invoquer le principe de solidarité, ainsi que celui de subsidiarité, afin d’en atténuer les effets.

2.6.

Le CESE salue dès lors la proposition visant à modifier le règlement (CE) no 2012/2002 du Conseil du 11 novembre 2002 instituant le Fonds de solidarité de l’Union européenne (1) afin d’étendre son champ d’application à certains types de dépenses publiques supplémentaires et d’élargir la notion de «catastrophes majeures» pour couvrir non seulement les catastrophes naturelles, mais aussi les situations dans lesquelles un État membre fait face à une lourde charge financière en conséquence directe du retrait du Royaume-Uni de l’Union sans accord. Étant donné qu’il s’agit d’une situation ponctuelle, les crédits disponibles pour cette fin doivent être limités à la moitié du montant maximal disponible pour les années 2019 et 2020.

3. Observations particulières

3.1.

Le CESE soutient le FSUE depuis la première proposition le concernant, et il a encouragé la Commission à apporter toutes les modifications nécessaires pour que le Fonds devienne, en cas de catastrophe naturelle, un mécanisme de soutien plus efficace pour les États membres, les pays candidats et les pays voisins.

3.2.

Le CESE approuve l’extension du champ d’application du règlement, tout en alertant sur le fait que cet événement doit bien rester ponctuel. Il propose par conséquent d’envisager la création d’un instrument européen capable de faire face à l’avenir à des situations politiques et des crises comparables.

3.3.

Le CESE considère que la Commission devrait prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que l’extension du champ d’application ne va pas aboutir à une situation où serait compromise la capacité du FSUE à réagir aux événements imprévus survenant à la suite de catastrophes naturelles.

3.4.

Le CESE comprend que le seuil de 1,5 milliard d’EUR aux prix de 2011, ou de 0,3 % de son RNB, pour qu’un État membre puisse demander une aide ait été fixé de telle sorte que les cas concernés soient ceux où l’État membre en question est réputé ne plus être en mesure de faire face seul à la charge financière occasionnée («lourde charge financière»).

3.5.

Le CESE invite la Commission à présenter un projet d’orientations destiné à aider les États membres à calculer ladite lourde charge financière découlant d’un Brexit sans accord.

3.6.

Le CESE invite la Commission à accélérer la procédure de décision pour la mobilisation des fonds. Il estime trop tardive la date prévue du 30 avril 2020.

3.7.

Le CESE est convaincu que le relèvement du niveau actuel des avances de 10 % à 25 % constitue bien une disposition propre à accélérer la procédure, mais il estime que beaucoup reste encore à faire pour que la réponse apportée soit à la fois rapide et efficace.

3.8.

Le CESE demande que des mesures soient prises pour s’assurer que la modification menée en parallèle du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM), en relation avec le Brexit, n’entraîne pas de chevauchements avec les remboursements du FSUE, sachant que des situations de double emploi entre les fonds risquent d’apparaître.

3.9.

Le CESE pense que le coût économique d’un Brexit sans accord sera particulièrement élevé pour les secteurs les plus étroitement liés au Royaume-Uni. Ce pourrait être le cas, par exemple, des exportateurs de produits agroalimentaires ciblant le marché britannique, des entreprises de pêche qui dépendent de l’accès aux eaux britanniques et des entreprises touristiques dans des régions populaires pour les touristes britanniques. Il convient d’être extrêmement attentif à ces problèmes et de mobiliser les moyens nécessaires pour atténuer ces effets.

3.10.

Le CESE estime que la société civile organisée devrait jouer un rôle clé pour apprécier les effets d’un Brexit sans accord. La Commission devrait encourager les États membres à consulter, lors de la préparation des demandes d’aide, les organisations concernées.

Bruxelles, le 25 septembre 2019.

Le président

du Comité économique et social européen

Luca JAHIER


(1) JO L 311 du 14.11.2002, p. 3.


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