| CELEX | 52019AE5359 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 10 juin 2020 |
| 18.9.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 311/19 |
Avis du Comité économique et social européen sur «Un marché unique pour tous»
(avis exploratoire)
(2020/C 311/02)
| Rapporteur général: | Antonio LONGO |
| Consultation | Lettre de la présidence croate du Conseil datée du 10.9.2019 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Décision du bureau | 24.9.2019 |
| Adoption en session plénière | 10.6.2020 |
| Session plénière no | 552 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 224/1/2 |
1. Conclusions et recommandations (1)
| 1.1. | Pour le Comité économique et social européen (CESE), le marché unique constitue dans toutes ses dimensions — économique, sociale et environnementale — l’une des pierres angulaires de l’économie sociale de marché. Il représente un élément clé d’une intégration européenne harmonieuse et équilibrée destinée à restaurer la confiance du public dans l’Union européenne, à créer de nouveaux emplois, à engendrer une économie plus compétitive et à renforcer le rôle de l’Europe dans le monde. |
| 1.2. | Le CESE considère que la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe pourrait apporter une contribution décisive au développement du futur marché unique. |
| 1.3. | Le CESE a la conviction qu’il n’est de perspectives d’avenir pour le marché unique que reposant sur le mariage d’une base économique solide et d’une dimension sociale forte, et insiste sur la nécessité d’une convergence vers le haut et d’une politique sociale plus efficace, tant au niveau de l’Union qu’à celui des États membres. |
| 1.4. | Le CESE estime qu’une nouvelle approche du marché unique, intégrée et tournée vers l’avenir, portant sur l’ensemble des politiques concernées et visant la suppression des obstacles injustifiés, sans que de nouveaux ne soient créés, doit nécessairement être axée sur les citoyens, les consommateurs, les travailleurs et les entreprises, pour qu’ils soient des acteurs clés de l’élaboration, de la vérification et du suivi de l’ensemble du processus. |
| 1.5. | Le CESE estime que des efforts importants doivent être consentis pour relever le niveau de la culture numérique et faire mieux comprendre les risques et les possibilités liés à la gestion des données, en permettant aux citoyens de participer à des processus décisionnels tournés vers l’avenir tout en les sensibilisant au potentiel et aux limites de ceux-ci. |
| 1.6. | Il convient d’éviter la surréglementation et l’absence de transposition et de mise en œuvre des directives de l’Union européenne dans certains domaines clés de la réglementation des entreprises, dans la mesure où elles empêchent plus particulièrement les petites entreprises et les microentreprises de tirer pleinement parti des avantages du marché unique, notamment à la lumière du «Small Business Act». |
| 1.7. | Le CESE estime que les infrastructures de gouvernance du marché unique doivent être consolidées en y associant de manière active les organisations qui représentent les citoyens, les consommateurs, les entreprises et, tout particulièrement, les personnes vulnérables ou exposées à un risque de discrimination, l’économie sociale, les microentreprises et petites entreprises, en vue de développer des stratégies harmonisées et faciles à déployer ainsi que d’assurer une mise en œuvre et des applications rapides, transparentes et efficaces. |
| 1.8. | Selon le CESE, il y a lieu d’accentuer la dimension internationale du marché unique dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. La surveillance du marché doit être intensifiée pour empêcher que des produits qui sont illégaux ou contrefaits, ou qui ne respectent pas les normes environnementales, sociales et de sécurité, n’entrent sur le marché européen en provenance de pays tiers par le biais du commerce électronique croissant. Cette mesure mettrait un coup d’arrêt à la concurrence déloyale. |
| 1.9. | Dans la mesure où le système européen de normalisation technique (SSE) est essentiel pour le marché unique et en particulier pour les normes techniques, sociales, environnementales et de sécurité, le CESE demande instamment qu’il soit étoffé de manière à fournir aux citoyens, aux consommateurs et aux entreprises, en particulier aux petites entreprises et aux microentreprises, une vision claire des règles et des procédures et à leur garantir une participation équilibrée et effective au processus de normalisation. |
| 1.10. | Le CESE demande que les intérêts des consommateurs soient respectés dans le cadre du programme REFIT, dans le monde numérique et en matière de sécurité des biens et des services, et que les mesures visant à réduire la précarité énergétique et la pauvreté sous l’angle de la consommation soient renforcées, en garantissant l’accès aux denrées alimentaires, aux médicaments et aux services de base pour tous en Europe. Il convient de soutenir les nouveaux paradigmes des objectifs de développement durable par des mesures d’incitation, aux niveaux européen, national et local. |
| 1.11. | Le CESE souligne l’importance de lancer sur le terrain une vigoureuse campagne de publicité et d’information interactive, avec le concours d’un réseau de plateformes de grande diffusion. |
| 1.12. | Le CESE est d’avis que des conditions équitables doivent être mises en place pour permettre aux travailleurs d’exercer une réelle liberté de circuler, de s’établir et de travailler dans l’ensemble du marché unique, en particulier dans les régions frontalières. Il convient d’améliorer la mise en œuvre de la directive sur la reconnaissance des qualifications et des professions (2) et de consentir un effort commun important sous l’angle des ressources financières et structurelles au niveau européen en faveur de l’éducation et de la formation tout au long de la vie, ainsi que de la formation des ressources humaines dans les nouvelles compétences et qualifications. |
2. Contexte du présent avis
| 2.1. | Le marché unique, dans toutes ses dimensions — économique, sociale et environnementale — est au cœur de l’intégration européenne et constitue l’une des clefs de voûte de l’économie sociale de marché européenne et de la nouvelle stratégie de croissance durable, conformément au nouveau pacte vert pour l’Europe (3). |
| 2.2. | Des efforts constants sont donc nécessaires pour assurer son renforcement. Ce n’est que s’il est pleinement achevé qu’il sera en mesure de rétablir la confiance des citoyens dans le projet européen, de créer de nouveaux emplois, d’engendrer une économie plus compétitive et de permettre à l’Europe de jouer un rôle plus important dans le monde. |
| 2.3. | L’achèvement du marché unique nécessite une approche intégrée permettant de gérer un processus qui fait le lien entre toutes les politiques et toutes les dimensions pertinentes dans le cadre d’une vision à long terme cohérente afin de relever les défis actuels et émergents sur les plans mondial en matière de technologie, de sécurité et de durabilité (4). Le plan d’investissement relatif au pacte vert pour l’Europe sera déterminant à cet égard (5). |
| 2.4. | Les entreprises (notamment les petites entreprises et les microentreprises) et les citoyens doivent être au cœur de ce processus, activement engagés dans la construction d’un marché unique pérenne, doté d’une approche plus centrée sur l’utilisateur et s’appuyant sur une analyse approfondie de la situation et des besoins. Il convient de supprimer la dépendance à l’égard d’un certain nombre de pays tiers à laquelle sont aujourd’hui soumis plusieurs biens de première nécessité et l’approvisionnement en médicaments. |
3. Obstacles à l’achèvement du marché unique
| 3.1. | Les problèmes manifestes auxquels se trouve toujours confronté le processus d’achèvement du marché unique induisent les conditions préalables et les obstacles suivants. |
3.2. Conditions préalables
Pour que le marché unique soit accessible et utilisable dans des conditions égales pour tous, il importe que les conditions préalables suivantes soient remplies:
| a) | la transposition intégrale et en temps utile de la législation relative au marché unique et la suppression des arriérés de transposition, ainsi que l’application uniforme et cohérente des règles de l’Union européenne, ainsi que l’accès facile, transparent et convivial à ces règles, sans excès de réglementation; |
| b) | l’achèvement effectif du marché unique du gaz, de l’électricité, des infrastructures numériques et des transports; |
| c) | l’accessibilité pleine et entière pour chacun à un marché unique fournissant des services et des biens à la portée de tous les citoyens vulnérables ou défavorisés, tels que les personnes handicapées ou menacées de pauvreté; |
| d) | des mécanismes harmonisés de surveillance du marché (par exemple, pour la sécurité des produits chimiques, l’efficacité énergétique et les performances environnementales des produits); |
| e) | le bon fonctionnement et l’harmonisation du marché des matières premières secondaires et des produits circulaires, qui facilitent la circulation des produits en fin de vie; |
| f) | un cadre pleinement mis en œuvre de normes techniques et réglementaires de niveau élevé, en particulier dans les domaines environnemental et social. Il conviendrait de dispenser des formations aux acheteurs publics et aux entreprises intéressées concernant les nouvelles règles au titre du programme du marché unique et de sensibiliser à l’achat local (zéro kilomètre) afin de stabiliser les économies régionales et de réduire les incidences sur l’environnement; |
| g) | des normes communes en matière de marchés publics assorties de critères d’achat cohérents dans l’ensemble de l’Union européenne pour les marchés publics écologiques et socialement inclusifs; |
| h) | un écosystème numérique intégré à l’échelle de l’Union européenne, avec de nouveaux modèles d’entreprise, de distribution et de consommation et de nouvelles relations en matière d’administration en ligne; |
| i) | des marchés des capitaux intégrés et développés avec des services financiers facilement accessibles à tous; |
| j) | une économie fondée sur des données équitables, à même de garantir la disponibilité, l’accessibilité et la mobilité des données au sein du marché unique, tout en préservant la sécurité et le respect de la vie privée des citoyens, des consommateurs et des entreprises; |
| k) | un nuage européen pour la science, qui exploite les données des centres de recherche publics et privés grâce à un soutien financier européen; |
| l) | un marché des services pleinement intégré, y compris pour la logistique et les services de réseau; |
| m) | des mesures de sauvegarde efficaces contre le dumping social et fiscal; |
| n) | en collaboration avec les parties directement concernées, les institutions de l’Union européenne doivent examiner et évaluer attentivement l’incidence des réglementations régissant les entreprises avant de proposer de nouvelles réglementations ou de modifier celles qui existent déjà; |
| o) | la promotion de tous les types d’entrepreneuriat par les politiques et les législations de l’Union européenne afin de stimuler les économies des États membres, y compris la protection des petites entreprises et microentreprises, ainsi que des entreprises de l’économie sociale. |
3.3. Obstacles (6)
| 3.3.1. | Des obstacles importants au fonctionnement du marché unique actuel, aux yeux des citoyens, des consommateurs et des entreprises, ont été mis en évidence en ce qui concerne les aspects suivants:
|
4. Le marché unique, un élément clé du nouveau programme stratégique de l’Union européenne
| 4.1. | Le CESE est convaincu qu’un marché unique au service de tous est un élément clé de l’intégration européenne en vue de restaurer la confiance du public dans l’Union européenne, de créer des emplois, d’engendrer une économie compétitive et de préserver l’influence de l’Europe dans le monde. |
| 4.2. | Le CESE considère que la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe, notamment le nouveau plan d’action en faveur de l’économie circulaire (7) et la stratégie zéro pollution, pourrait apporter une contribution décisive au développement du futur marché unique. |
| 4.3. | Le CESE se félicite que ce processus soit l’une des quatre grandes priorités du programme stratégique 2019-2024 (8) et qu’il ait été «intégré dans le cycle du Semestre pour la première fois» (9). |
| 4.4. | Le CESE considère non seulement qu’il y a lieu d’adopter dans toutes les politiques concernées une nouvelle approche du marché unique, intégrée et tournée vers l’avenir, qui soit nécessairement axée sur les citoyens, les consommateurs, les travailleurs et les entreprises en tant que bénéficiaires des objectifs, mais aussi que ceux-ci doivent jouer un rôle clé dans la conception, la vérification et le suivi de ce processus. Celui-ci doit être fondé sur les besoins réels de ces acteurs, harmonisé, aisément accessible et facile à utiliser. |
| 4.5. | Le CESE souligne la nécessité d’une simplification administrative radicale et met en exergue le problème posé par la proportionnalité. Les PME et les microentreprises doivent faire face à des coûts élevés sans garantie qu’elles se conforment à la législation. La mise en œuvre de la loi sur les petites entreprises («Small Business Act») et du principe «Penser d’abord aux PME» («Think Small First») devrait être une priorité et figurer à l’agenda politique à court terme, par le biais de la stratégie en faveur des PME et des microentreprises. L’examen de l’impact combiné d’une pluralité de réglementations sur les entreprises devrait devenir une réalité dans le processus législatif. |
| 4.6. | Il convient de lancer un processus de soutien en faveur de la numérisation et du renforcement des capacités à l’intention de toutes les parties prenantes. Le marché unique des services devrait lui aussi être ouvert de manière équitable et transparente. |
| 4.7. | Si l’on veut que le marché unique soit tourné vers l’avenir, des efforts importants doivent être consentis pour relever le niveau de culture numérique et améliorer la compréhension des données et de leur gestion, ce qui permettra aux citoyens et aux petites entreprises de participer à ces processus. Il y a lieu de reconnaître l’incertitude et la complexité du contexte, ainsi que de renforcer la résilience individuelle et sociale pour relever ces défis et mieux comprendre le potentiel et les limites des plateformes numériques, des modèles commerciaux et de la gouvernance qui les sous-tendent, afin de prévenir toute manipulation. |
| 4.8. | Il est également nécessaire de disposer d’une infrastructure de gouvernance du marché unique qui, tout en étant fondée sur les outils de gouvernance existants de l’Union européenne (tels que SOLVIT, IMI, L’Europe vous conseille, le tableau de bord du marché unique), soit renforcée au niveau de l’Union européenne et au niveau national par l’inclusion active des organisations représentatives des citoyens, des consommateurs et des entreprises, en vue de mettre au point des approches rationalisées et conviviales. Une mise en œuvre et une application rapides, transparentes et efficaces des règles du marché unique s’impose pour réussir la transition vers une Europe numérisée, efficace, cohérente, équilibrée et durable. |
| 4.9. | Afin de mettre un terme à la concurrence déloyale et d’éviter les risques pour la sécurité et la santé des consommateurs, il convient d’intensifier la surveillance du marché pour empêcher que des produits illégaux ou contrefaits n’entrent sur le marché européen en provenance de pays tiers par le biais du commerce électronique. Il convient de s’employer de toute urgence à sensibiliser les consommateurs à cet égard. |
5. Le marché unique et les citoyens
| 5.1. | Les citoyens doivent être au cœur de l’ensemble du processus de création du futur marché unique, non seulement en tant que principaux bénéficiaires de ses réalisations, mais aussi en tant qu’acteurs proactifs du processus, qui devrait être fondé sur leurs besoins et leurs attentes. |
| 5.2. | Dans un de ses précédents avis (10), le CESE a souligné la nécessité d’un «vaste programme d’éducation et de formation numérique afin de doter tous les citoyens des connaissances nécessaires pour gérer au mieux la transition». |
| 5.3. | La participation de tous les citoyens de l’Union européenne devrait être assurée à tous les stades, en particulier pour les citoyens vulnérables ou les personnes exposées à un risque de discrimination. Il convient de garantir aux personnes handicapées ou exposées au risque de pauvreté l’accès aux services et aux biens, conformément à la directive (UE) 2019/882 (11) et à d’autres instruments juridiques contraignants, tels que la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. |
| 5.4. | Le CESE souligne l’importance de lancer une vigoureuse campagne de publicité et d’information interactive, avec le concours d’un réseau de plateformes de grande diffusion situées dans des pôles intermodaux du marché unique, centraux et périphériques, afin de favoriser la participation active des citoyens en prenant en compte leurs apports, difficultés et solutions, avec le soutien actif de la société civile organisée. |
6. Le marché unique et les travailleurs
| 6.1. | Le CESE est convaincu que le marché unique de demain ne peut être fondé que sur une base économique solide associée à une forte dimension sociale (12) et «n’a cessé de plaider en faveur d’une convergence vers le haut et d’une politique sociale plus efficace, tant au niveau de l’Union qu’à celui des États membres» (13), ainsi que pour «l’élaboration d’une feuille de route claire et coordonnée fixant des priorités pour la mise en œuvre du socle, ainsi que [pour] l’application dans les faits des droits et normes sociaux existants». |
| 6.2. | Le CESE souligne une fois de plus qu’«un nouveau processus de semestre européen devrait réaliser des objectifs sociaux dans le cadre d’un suivi des déséquilibres sociaux, et [qu’]il conviendrait d’introduire de nouveaux indicateurs mesurables, ainsi que des recommandations par pays ciblées dans le domaine social» (14); il faut en outre éviter les différences excessives: bien que celles-ci reflètent des situations nationales spécifiques, elles peuvent donner lieu à un dumping social et fausser les conditions de concurrence sur l’ensemble du marché unique européen. |
| 6.3. | Le CESE est d’avis que des conditions équitables doivent être mises en place pour permettre aux travailleurs d’exercer une réelle liberté de circuler dans l’ensemble du marché unique, en particulier dans les régions frontalières. Il convient d’améliorer la mise en œuvre de la directive sur la reconnaissance des qualifications et des professions (15) et de consentir un effort commun important sous l’angle des ressources financières et structurelles au niveau européen en faveur de l’éducation et de la formation tout au long de la vie, ainsi que de la formation des ressources humaines dans les nouvelles compétences et qualifications. |
| 6.4. | Le CESE souligne une fois encore que «les changements que les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle et les mégadonnées impriment aux processus de production et à l’économie en général transformeront également en profondeur le marché du travail» et combien il est important «que ces processus de mutation se déroulent dans le cadre d’un dialogue social fructueux et dans le respect des droits et de la qualité de vie des travailleurs» (16), en évitant les pièges à l’origine de la pauvreté et de la précarité. |
| 6.5. | Le CESE considère que le développement durable exige un effort commun considérable sous l’angle des ressources financières et structurelles aux niveaux européen, national et local pour l’apprentissage tout au long de la vie et la formation des ressources humaines dans les nouvelles compétences et qualifications vertes et numériques qui répondent à l’évolution des marchés du travail dans le cadre du nouveau pacte vert pour l’Europe. |
7. Le marché unique et les consommateurs
| 7.1. | La politique des consommateurs est un élément essentiel du processus d’achèvement d’un marché unique axé sur les intérêts du public et permettant de favoriser la participation des citoyens au processus d’intégration européenne. Pour le CESE, il faut faire davantage pour assurer une protection efficace des consommateurs lorsque les opérateurs ne respectent pas les règles et aussi longtemps que l’on ne réduit pas le caractère fragmenté de leur application actuelle et les différences qui persistent entre les États membres. |
| 7.2. | Le CESE demande que les intérêts des consommateurs soient respectés dans le cadre du programme REFIT, dans le monde numérique et en matière de sécurité des biens et des services, et que les mesures visant à réduire la précarité énergétique et la pauvreté sous l’angle de la consommation soient renforcées, en améliorant l’accès aux denrées alimentaires, aux médicaments et aux services de base pour tous en Europe. |
| 7.3. | Il faut s’attaquer au problème des différences de traitement entre les consommateurs des différents États membres en matière d’achat direct ou d’achat en ligne, sur le plan des prix et des conditions de vente et de livraison. Le problème du blocage géographique demeure particulièrement important. |
| 7.4. | Le CESE accueille favorablement les informations fournies sur les résultats en matière de protection des consommateurs via la plateforme de règlement en ligne des litiges (17), mais appelle de ses vœux «le renforcement des instruments de règlement extrajudiciaire des litiges, notamment au niveau transfrontière». |
| 7.5. | Le CESE est convaincu que la transparence et la comparabilité des informations sont d’une importance vitale pour permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés, notamment en termes d’impact environnemental et de durabilité. |
8. Le marché unique et les entreprises
| 8.1. | Pour le CESE, les mesures suivantes sont nécessaires pour répondre aux besoins des entreprises désireuses de mettre pleinement en œuvre le marché unique: |
| 8.1.1. | poursuivre l’ouverture et l’intégration des marchés de biens et de services, y compris en matière de logistique et de services en réseau, afin de libérer le plein potentiel économique de l’Union européenne et de jeter des bases solides pour une concurrence mondiale à long terme. Il convient de préserver et de promouvoir la diversité et le pluralisme dans le secteur du commerce de détail (18); |
| 8.1.2. | donner un nouvel élan à la numérisation en tant que facteur clé de la compétitivité européenne, à savoir un cadre facilitant l’introduction des technologies numériques. Les programmes destinés aux PME et aux microentreprises doivent respecter la culture de celles-ci et associer leurs organisations représentatives à l’échelon local; |
| 8.1.3. | prendre davantage de mesures pour fournir aux petites entreprises et microentreprises des compétences numériques intermédiaires et de base, ainsi qu’une gamme de solutions technologiques, et édicter des règles équitables en matière d’accès aux données, de libre circulation des données et de responsabilités au moyen d’une approche politique globale; |
| 8.1.4. | créer un cadre réglementaire et financier propice aux investissements dans les infrastructures, de manière que les infrastructures physiques et numériques soient sensiblement améliorées et rendues interopérables, l’innovation et la flexibilité permettant aux entreprises de s’adapter à un monde en mutation rapide, en favorisant de nouveaux modèles commerciaux, et favoriser la neutralité technologique au moyen d’une législation relative au marché unique qui facilite l’entrée sur le marché en réduisant les obstacles; |
| 8.1.5. | donner la priorité aux principes d’amélioration de la réglementation et de mise en œuvre pratique, de manière que le marché unique soit le meilleur endroit où faire des affaires et travailler. |
| 8.2. | Il convient d’accorder une attention particulière aux différences entre les systèmes fiscaux nationaux. Pour le CESE il est nécessaire de lutter contre le dumping social et fiscal dans le cadre du marché unique, car il fausse la concurrence et entraîne des délocalisations non justifiées par ailleurs; |
| 8.3. | De même, il est essentiel de combler les lacunes en matière d’infrastructure et de réglementation s’agissant de l’interconnexion des marchés locaux du marché unique, en particulier dans des secteurs clés tels que le gaz, l’électricité et les transports. En effet, ces lacunes constituent aussi des obstacles à une concurrence loyale et transparente. |
| 8.4. | Le CESE souligne que le système européen de normalisation doit être étoffé, en particulier en ce qui concerne les normes techniques, sociales, environnementales et de sécurité, de manière à fournir aux entreprises, en particulier aux petites et microentreprises, une vision claire des règles et des procédures à suivre ainsi qu’à garantir à toutes les parties prenantes concernées une participation équilibrée et effective au processus de normalisation. |
Bruxelles, le 10 juin 2020.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) Le 10 mars 2020, la Commission a publié une communication intitulée «Plan d’action à long terme visant à mieux mettre en œuvre et faire respecter les règles du marché unique».
(2) Directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil (JO L 255 du 30.9.2005, p. 22).
(3) COM(2019) 640 final.
(4) 9743/19 COMPET 437 MI 487.
(5) EESC-2020-00463 ECO/505 (rapporteur: M. TRIAS Pintó) (voir page 63 du présent Journal officiel).
(6) Le 10 mars 2020, la Commission a publié une importante communication intitulée «Recenser et identifier les obstacles au marché unique» [COM (2020) 93 final].
(7) COM(2020) 98 final, présenté le 11 mars 2020.
(8) https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2019/06/20/a-new-strategic-agenda-2019-2024/
(9) IP/19/6770, 17 décembre 2019.
(10) JO C 81 du 2.3.2018, p. 102.
(11) JO L 151 du 7.6.2019, p. 70.
(12) JO C 353 du 18.10.2019, p. 23.
(13) JO C 13 du 15.1.2016, p. 40; JO C 81 du 2.3.2018, p. 145; JO C 440 du 6.12.2018, p. 135.
(14) JO C 14 du 15.1.2020, p. 1.
(15) Voir note de bas de page 2.
(16) JO C 353 du 18.10.2019, p. 6.
(17) Plus de 24 000 cas ont été résolus la première année, selon les éléments communiqués par la commissaire Jourová,
Avis institutionnel — 52020AB0037
28/12/2020
Avis institutionnel — 52020AB0036
22/12/2020
Exposé des motifs du Conseil: position (UE) no 17/2020 du Conseil en première lecture en vue de l’adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 en ce qui concerne la coopération avec le Parquet européen et l’efficacité des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude
22/12/2020
Avis institutionnel — 52020AB0034
18/12/2020