| CELEX | 52019IP0012 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 15 janvier 2019 |
| 27.11.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 411/27 |
P8_TA(2019)0012
Évaluation de la manière dont le budget de l’Union est utilisé pour la réforme du secteur public
Résolution du Parlement européen du 15 janvier 2019 sur l’évaluation de la manière dont le budget de l’Union est utilisé pour la réforme du secteur public (2018/2086(INI))
(2020/C 411/04)
Le Parlement européen,
| — | vu l’étude intitulée «Réforme du secteur public: comment le budget de l’Union européenne est utilisé pour l’encourager», publiée par sa direction générale des politiques internes en 2016 (1), |
| — | vu la stratégie «Europe 2020», |
| — | vu la période de financement actuelle de l’Union européenne (2014-2020) et la proposition de la Commission relative au nouveau cadre financier pluriannuel (2021-2028), |
| — | vu l’accord conclu en juillet 2018 par les colégislateurs en vue d’augmenter le budget du programme d’appui à la réforme structurelle (PARS), |
| — | vu l’article 197 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu l’article 52 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire et l’avis de la commission du développement régional (A8-0378/2018), |
| A. | considérant que l'administration publique des États membres est fondamentale pour l'exécution du budget de l'Union et qu’elle peut, lorsqu'elle fonctionne de manière efficace, contribuer à la mise en place de systèmes modernes qui améliorent la prospérité et le bien-être dans l’Union; |
| B. | que la nouvelle proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) ne comporte pas d’objectif spécifique pour l’administration publique dans son état actuel; |
| 1. | constate que les compétences relatives à l’administration publique sont réparties entre différents services de la Commission, ce qui complique la coordination efficace des services compétents et des programmes et initiatives financés par l’Union; souhaite une meilleure coordination de l’ensemble des programmes d’assistance technique, afin d’éviter les doublons et le manque d’efficacité des mesures, qui annihilent les efforts déployés par la Commission pour promouvoir la coordination des Fonds en vue de tirer parti des synergies; invite la Commission à améliorer les systèmes d’échange de bonnes pratiques en vue d’aider les États membres à mettre en place des pratiques saines, sans pour autant imposer de politiques de réduction des salaires et de réformes non viables sur le plan social; |
| 2. | invite le prochain président de la Commission à confier à un seul commissaire la responsabilité des questions relatives à l’amélioration de l’administration publique et de la gouvernance; |
| 3. | est d’avis qu’une réforme efficace du secteur public est essentielle pour aider les États membres à s’adapter à l’évolution de la situation, à accroître leur résilience afin de prévenir de futures crises, à développer l’administration en ligne et à améliorer la prestation de services dans l’ensemble de l’Union, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies et les systèmes informatiques, et que cette réforme pourrait contribuer grandement à réduire le gaspillage et l’exposition à celui-ci, ainsi que la perte ou l’utilisation frauduleuse des fonds de l’Union; demande dès lors que le financement des mesures de déploiement de l’administration en ligne soit également prévu dans le cadre des périodes de programmation à venir, en cohérence avec les principes et les priorités énoncés dans le plan d’action européen pour l’administration en ligne; |
| 4. | constate, notamment pour les régions en retard sur ce plan, qu’il est souvent difficile d’avoir accès aux financements et d’utiliser ces derniers, en raison de lourdeurs administratives, de problèmes de capacité administrative ou d’irrégularités; plaide de ce fait pour la mise en œuvre, au sein des États membres, de réformes destinées à appliquer concrètement le principe de bonne administration et à favoriser l’accélération des procédures judiciaires; |
| 5. | observe que le budget de l’Union prévoit quelque 9 milliards d’euros pour soutenir les États membres de l’Union dans la réforme de l’administration publique; encourage la Commission à associer ce soutien financier à un partage ciblé des connaissances, des expériences et des bonnes pratiques entre États membres; |
| 6. | invite la Commission à coopérer plus étroitement avec les États membres pour soutenir les régions en retard, en améliorant leurs capacités et leur gouvernance administrative; |
| 7. | estime qu’il est utile de favoriser la mise en œuvre de programmes visant à soutenir le développement et la mise en œuvre de stratégies de ressources humaines, à travers, notamment, des échanges de bonnes pratiques entre États membres associant des dirigeants et des personnalités exerçant des fonctions de haut niveau; |
| 8. | souligne que des chevauchements ont souvent été constatés à de nombreux égards entre des programmes opérationnels spécifiques et d’autres financements de l’Union, et demande que des propositions d’amélioration soient présentées; espère donc une amélioration de l’aide, de manière à favoriser la coordination, la complémentarité et la simplification; |
| 9. | souligne qu’il importe de s’assurer que les programmes opérationnels soient mis en œuvre de la manière la plus efficace et la plus simple possible; estime essentiel que les États membres s’abstiennent d’ajouter des règles qui compliquent l’utilisation des fonds pour le bénéficiaire; |
| 10. | relève que la Commission ne dispose ni d’un cadre d’évaluation harmonisé et commun de l’administration publique ni d’une méthode de collecte systématique de données; note avec préoccupation qu’en raison de l’absence de ces outils, la Commission élabore des analyses incomplètes des problèmes dans les États membres; propose la réintroduction d’un chapitre consacré à l’administration publique et à la gouvernance dans l’examen annuel de la croissance; |
| 11. | invite la Commission à évaluer au préalable la capacité administrative des structures chargées de la mise en œuvre des politiques de développement afin d’encourager, pour les projets particulièrement stratégiques, le recours à des structures et à des agences nationales capables de définir les programmes et les actions individuelles ainsi que d’en accélérer la réalisation; |
| 12. | estime que le CFP devrait être utilisé pour favoriser les programmes visant à améliorer l’administration publique et la gouvernance, en particulier pour aider les États membres en période de ralentissement économique, en reconnaissant que, dans ces circonstances, des réformes dans le domaine des systèmes d’administration publique peuvent aider les États membres concernés; |
| 13. | se félicite que des propositions aient été présentées dans le cadre du prochain CFP pour éviter tout chevauchement de programmes et encourager une simplification plus poussée; |
| 14. | encourage la Commission à élaborer, en coopération avec les États membres, un cadre d’évaluation spécifique qui tienne compte des aspects quantitatifs et qualitatifs d’une administration publique de qualité, et à renforcer ses propres capacités d’analyse; souligne la nécessité d’évaluer les difficultés de chacun des États membres et de promouvoir, dans la limite des ressources disponibles, des mesures permettant de réduire ces difficultés en renforçant les conditions ex ante et en fixant des objectifs à atteindre; |
| 15. | propose que la Commission renforce le dialogue politique avec les États membres en veillant à la mise en place d’une structure spécifique; |
| 16. | propose de réserver du temps dans son calendrier parlementaire pour un dialogue structuré avec les parlements nationaux sur les questions liées à l’amélioration de l’administration publique dans l’Union; invite l’Union à améliorer le suivi et l’évaluation des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI), conformément à l’objectif thématique 11, en définissant des indicateurs spécifiques afin d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs et des priorités fixés par l’Union pour la réforme de l’administration publique; |
| 17. | se félicite de l’élaboration d’un critère de référence pour évaluer la capacité des administrations publiques des pays candidats à l’adhésion à l’Union d’assumer les responsabilités liées à l’adhésion; souhaite que des réformes visant à rendre encore plus concrète l’application du principe de bonne administration soient encouragées au sein des États membres; |
| 18. | note que le Prix européen du secteur public (EPSA) est cofinancé par la Commission et certains États membres, et qu’il réunit les acteurs les plus performants, les plus innovants et les plus efficaces du secteur public européen; est d’avis que la Commission devrait assurer davantage d’échanges en matière d’apprentissage et d’informations et viser une portée plus large dans toute l’Europe; |
| 19. | estime qu’il convient de promouvoir, au sein des administrations publiques, des procédés innovants qui favorisent la connectivité, la transition numérique et la mise à disposition de services numériques de qualité pour les citoyens, les entreprises et les autorités publiques, tout en tenant compte en permanence de l’évolution rapide des nouvelles technologies dans les domaines en question; se félicite que la nouvelle proposition de règlement portant dispositions communes (RPDC) prévoie l’information des futurs bénéficiaires de sorte qu’ils puissent utiliser ces systèmes le plus rapidement possible; |
| 20. | prend acte du fait que la participation des administrations locales est une condition préalable à la réalisation des objectifs de l’Union dans ce domaine; attire l’attention sur la proposition formulée dans le cadre de la déclaration de Tallinn visant à renforcer les structures administratives communes au niveau national en coopération avec les autorités locales et régionales (2); |
| 21. | se félicite de l’existence de réseaux (3) qui rassemblent les représentants des États membres, en particulier ceux qui bénéficient d’un financement de l’Union, afin d’améliorer l’administration publique par le partage des bonnes pratiques et l’apprentissage mutuel; |
| 22. | estime que les réseaux existants pourraient améliorer sensiblement leurs résultats en fixant des objectifs plus ambitieux et en développant des approches plus volontaristes telles que l’apprentissage comparatif, combinant l’auto-évaluation des États membres et un système amélioré d’évaluation par les pairs; |
| 23. | estime que la mise en place d’une administration publique de qualité est une condition préalable essentielle à la réalisation des objectifs politiques de l’Union dans le cadre du CFP et en dehors de ce dernier; souligne l’importance d’une bonne communication et d’une sensibilisation politique pour instaurer la confiance et stimuler des actions et programmes de réforme positifs; |
| 24. | estime qu’il est nécessaire d’évaluer constamment le respect des principes d’additionnalité et de complémentarité des politiques de cohésion par rapport aux actions financées au moyen de ressources ordinaires, notamment afin d’éviter que ces politiques ne remplacent les ressources nationales habituelles; |
| 25. | constate que malgré l’augmentation quantitative, au cours de la dernière période de programmation, des ressources des Fonds ESI destinées au plan de mise en œuvre régional, le suivi pourrait être amélioré afin d’évaluer l’incidence de ce financement sur le plan; |
| 26. | demande la poursuite des travaux des groupes de travail de la Commission chargés d’aider les autorités nationales des États membres à mieux utiliser les fonds au titre de politique de la cohésion dans les États membres accusant des retards dans l’absorption des Fonds ESI; |
| 27. | souligne l’importance du programme d’appui à la réforme structurelle et espère qu’il sera renforcé lors de la prochaine période de programmation grâce à une définition claire de son rôle de facilitateur plutôt que de fournisseur d’assistance technique, et que son efficacité et son efficience seront améliorées sans retrancher du budget de la cohésion les montants proposés par la Commission dans le cadre du CFP 2021-2027; |
| 28. | observe que l’Union, bien que ne disposant pas de compétences juridiques directes dans le secteur administratif, exerce une influence positive sur les administrations publiques des États membres, et joue en particulier un rôle indirect grâce à l’établissement de normes administratives dans l’acquis communautaire, à l’échange de bonnes pratiques entre tous les États membres, ainsi qu’à des instruments budgétaires destinés à soutenir et à encourager la réforme de l’administration publique en renforçant la capacité administrative et l’efficacité des administrations, et en stimulant l’innovation dans le secteur public; |
| 29. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) Étude — «Réforme du secteur public: comment le budget de l’Union européenne est utilisé pour l’encourager», direction générale des politiques internes, département thématique D — Affaires budgétaires, 2016.
(2) https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/news/ministerial-declaration-egovernment-tallinn-declaration
(3) Le réseau des administrations publiques européennes (EUPAN), le réseau thématique sur l’administration publique et la gouvernance ainsi que d’autres plates-formes et réseaux axés sur la justice, la lutte contre la corruption, la numérisation, les marchés publics, etc.
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la répression violente des récentes manifestations en Iran (2019/2993(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua (2019/2978(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des Ouïgours en Chine («China Cables») (2019/2945(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la commémoration du trentième anniversaire de la révolution roumaine de décembre 1989 (2019/2989(RSP))
19/12/2019