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AccueilDroit européen52019IP0207
Initiative législative52019IP0207

Résolution du Parlement européen du 14 mars 2019 sur la mise en œuvre du règlement (UE) n° 978/2012 relatif au SPG (2018/2107(INI))

CELEX52019IP0207
TypeInitiative législative
Datejeudi 14 mars 2019

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen évalue la mise en œuvre du système de préférences généralisées (SPG) de l'UE, qui accorde des préférences tarifaires aux pays en développement. Elle souligne la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi et de retrait en cas de violations graves des droits de l'homme et des normes environnementales. Le texte invite également la Commission à mieux cibler les bénéficiaires et à simplifier les règles d'origine pour améliorer l'efficacité du système.

Texte intégral

21.1.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 23/98


P8_TA(2019)0207

Mise en œuvre du règlement sur le système généralisé de préférences (SPG)

Résolution du Parlement européen du 14 mars 2019 sur la mise en œuvre du règlement (UE) no 978/2012 relatif au SPG (2018/2107(INI))

(2021/C 23/16)

Le Parlement européen,

—

vu le règlement (UE) no 978/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 appliquant un schéma de préférences tarifaires généralisées et abrogeant le règlement (CE) no 732/2008 du Conseil (1),

—

vu le règlement (UE) no 607/2013 du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 abrogeant le règlement (CE) no 552/97 du Conseil retirant temporairement le bénéfice des préférences tarifaires généralisées au Myanmar/à la Birmanie (2) et sa résolution du 23 mai 2013 sur le rétablissement pour le Myanmar/la Birmanie, du bénéfice des préférences tarifaires du système des préférences généralisées (SPG) (3),

—

vu l’évaluation à mi-parcours de l’actuel règlement relatif au SPG, publiée en juillet 2018 (4), et le rapport de la Commission européenne sur l’application du règlement (UE) no 978/2012 (5), accompagné du document de travail des services de la Commission, publié le 4 octobre 2018 (6),

—

vu les rapports de la Commission du 28 janvier 2016 et du 19 janvier 2018 sur le système de préférences généralisées qui couvrent les périodes 2014-2015 (7) et 2016-2017 (8) et évaluent l’impact du SPG en accordant une attention particulière aux résultats des pays bénéficiaires du régime spécial d’encouragement en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance (SPG+);

—

vu l’audition publique sur le SPG organisée par la commission du commerce international (INTA) le 16 février 2016, l’échange de vues sur l’attribution du SPG+ au Sri Lanka qui a eu lieu le 21 mars 2017 et l’échange de vues sur la mise en œuvre du SPG qui s’est tenu lors de la réunion de la commission INTA du 19 février 2018,

—

vu les articles 5 et 21 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

—

vu l’article 208 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

—

vu la décision du Médiateur européen dans l’affaire 1409/2014/MHZ sur l’échec de la Commission à effectuer une évaluation préalable d’impact sur les droits de l’homme dans l’accord de libre-échange UE-Viêt Nam (9),

—

vu sa résolution du 5 juillet 2016 sur la mise en œuvre des recommandations du Parlement de 2010 sur les normes sociales et environnementales, les droits de l’homme et la responsabilité des entreprises (10),

—

vu sa résolution du 12 décembre 2018 sur le rapport annuel 2017 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière (11),

—

vu sa résolution du 27 avril 2017 sur l’initiative phare de l’Union pour le secteur de la confection (12),

—

vu sa résolution du 14 juin 2017 sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du pacte sur la durabilité au Bangladesh (13),

—

vu les partenariats volontaires par pays, comme le pacte sur la durabilité au Bangladesh et l’initiative sur les droits du travail au Myanmar/en Birmanie,

—

vu la stratégie commune de l’Union européenne et de ses États membres de 2007 intitulée «Aide pour le commerce: renforcement du soutien de l’Union européenne concernant les besoins liés au commerce dans les pays en développement»,

—

vu les objectifs de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies (ODD),

—

vu les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail sur le travail des enfants, le travail forcé, la discrimination et la liberté d’association et de négociation collective,

—

vu les conclusions du Conseil du 12 mai 2016 sur l’Union européenne et les chaînes de valeur mondiales responsables,

—

vu sa résolution du 12 septembre 2017 sur les répercussions du commerce international et des politiques commerciales de l’Union européenne sur les chaînes de valeur mondiales (14),

—

vu l’article 52 de son règlement intérieur, ainsi que l’article 1er, paragraphe 1, point e), et l’annexe 3 de la décision de la Conférence des présidents du 12 décembre 2002 relative à la procédure d’autorisation pour l’élaboration de rapports d’initiative (15),

—

vu le rapport de la commission du commerce international et les avis de la commission des affaires étrangères ainsi que de la commission du développement (A8-0090/2019),

A.

considérant que l’Union européenne a été la première à appliquer un SPG en 1971, faisant suite à une recommandation de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) concernant la création d’un «système généralisé de préférences tarifaires» dans le cadre duquel les pays industrialisés accorderaient des préférences commerciales généralisées, non réciproques et non discriminatoires à tous les pays en développement, pour les aider ainsi à générer des recettes supplémentaires grâce au commerce international afin de lutter contre la pauvreté, de promouvoir la bonne gouvernance et de favoriser le développement durable;

B.

considérant que l’article 207 du traité FUE dispose que la politique commerciale de l’Union doit faire fond sur les principes et objectifs de la politique extérieure de l’Union et en promouvoir les valeurs, telles qu’elles sont énoncées à l’article 2 du traité UE, et contribuer à la réalisation des objectifs définis à l’article 21, notamment le renforcement de la démocratie et de l’état de droit, le respect des droits de l’homme, des libertés et des droits fondamentaux, l’égalité, le respect de la dignité humaine et la protection de l’environnement et des droits sociaux;

C.

considérant que dans ses conclusions, le Médiateur européen a déclaré ce qui suit: une bonne administration est synonyme de respect des droits fondamentaux; il ne peut y avoir de bonne administration lorsque les droits fondamentaux ne sont pas respectés; les institutions et organes de l’UE doivent systématiquement vérifier que leur action est conforme aux droits fondamentaux et œuvrer à défendre les droits de l’homme dans les pays partenaires;

D.

considérant que le SPG actuel a été établi en vertu du règlement (UE) no 978/2012, adopté conformément aux dispositions de l’article 207 du traité FUE dans le cadre de la procédure législative ordinaire, lors de laquelle le Parlement européen a agi pour la première fois en tant que colégislateur pour un règlement relatif au SPG;

E.

considérant qu’en vertu de l’article 40 du règlement relatif au SPG, la Commission doit soumettre au Parlement européen et au Conseil, cinq ans après l’adoption de ce règlement, un rapport sur son application, qui orientera le prochain règlement relatif au SPG à adopter d’ici 2022; que ce règlement est entré en vigueur le 1er janvier 2014; qu’une évaluation indépendante et approfondie du fonctionnement du présent règlement a été réalisée en vue d’étayer l’examen réalisé par la Commission et a permis d’établir une liste de recommandations concrètes;

F.

considérant que le système comprend trois volets, à savoir le SPG standard, le régime d’encouragement SPG+ et le régime «tout sauf les armes» (TSA); que les bénéficiaires du SPG standard (actuellement 18 pays) bénéficient de tarifs réduits sur leurs exportations concernant 66 % des catégories de produits établies par l’Union; que les huit bénéficiaires du SPG+ exportent environ 66 % de l’ensemble des catégories de produits en franchise de droits en contrepartie de leur engagement d’appliquer effectivement 27 conventions internationales fondamentales relatives au droit du travail, aux droits de l’homme, à la bonne gouvernance et aux questions environnementales; que, dans le cadre du régime TSA, 49 pays moins avancés bénéficient d’un accès en franchise de droits à l’Union européenne pour tous les produits, à l’exception des armes et des munitions; que tous les pays bénéficiaires sont liés par des conventions internationales dans le domaine des droits de l’homme et des droits des travailleurs en vertu du règlement relatif au SPG, tandis que les pays bénéficiaires du SPG+ sont également liés par des conventions internationales sur l’environnement et la bonne gouvernance; que seul le régime SPG+ prévoit un dialogue structuré qui permet d’évaluer l’application effective de ces conventions par les pays bénéficiaires; que les gouvernements des pays bénéficiaires du SPG doivent également être en mesure de mettre en œuvre des normes et des règles internationales, et notamment de définir, d’appliquer et de faire respecter la législation y afférente, en particulier pour ce qui est d’instaurer l’état de droit et de lutter contre la corruption;

G.

considérant que les principaux objectifs de la réforme du SPG de 2012 visaient à accorder davantage d’attention aux pays dans le besoin (les pays les moins avancés et les autres pays à faible revenu) et à mieux promouvoir les principes fondamentaux du développement durable et de la bonne gouvernance ainsi qu’à favoriser la stabilité et la prévisibilité et à accroître la sécurité juridique pour les entreprises;

H.

considérant que plusieurs conventions, lignes directrices et règles internationales ont pour objectif de prévenir les violations des droits de l’homme; qu'il incombe aux pays bénéficiaires du SPG, en particulier, de les appliquer et de créer les conditions juridiques et économiques favorables pour permettre aux entreprises de fonctionner et de s'intégrer aux chaînes d’approvisionnement mondiales;

I.

considérant que l’Union devrait encore renforcer l’efficacité de son action contre le dumping social et environnemental ainsi que les pratiques déloyales en matière de concurrence et de commerce, en plus de garantir des conditions identiques pour tous;

J.

considérant que dans plusieurs pays, des zones franches industrielles sont exemptées du droit du travail national et que, partant, la pleine jouissance du droit d’exercer une activité syndicale ou encore de saisir la justice pour demander réparation, est entravée; que cette situation enfreint les normes fondamentales de l’OIT et pourrait avoir d’autres incidences négatives sur les droits de l’homme;

K.

considérant que l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines d’action de l’Union est solidement ancrée dans l’article 8 du traité FUE; que les accords en matière de commerce et d’investissement n’ont généralement pas les mêmes répercussions sur les femmes et les hommes en raison des inégalités structurelles entre eux; que, selon l’OIT, 21 millions de personnes dans le monde, dont 55 % sont des femmes et des filles, ont été victimes de travail forcé en 2012, 90 % d’entre elles dans le secteur privé;

L.

considérant qu’en vertu de l’article 19, paragraphe 6, du règlement relatif au SPG, la Commission doit tenir compte de «toutes les informations pertinentes», y compris de celles apportées par la société civile, pour déterminer si les pays bénéficiaires du SPG respectent dûment leurs obligations en matière de droits de l’homme; que la participation de la société civile et des partenaires sociaux à la mise en œuvre du SPG peut renforcer la légitimité et l’efficacité de la politique commerciale commune;

M.

considérant que le règlement relatif au SPG permet à l’Union de suspendre les préférences commerciales dans les cas les plus graves de violation des droits de l’homme, conformément au chapitre V, article 19, paragraphe 1, point a), dudit règlement, qui prévoit le retrait temporaire du bénéfice des régimes préférentiels pour plusieurs motifs, parmi lesquels les violations systématiques des principes définis dans les conventions énumérées à l’annexe VIII, partie A;

N.

considérant que la Commission a engagé le processus dans le cas du Cambodge, et qu’elle est en passe d’ouvrir une enquête sur le Myanmar pour des violations des droits de l’homme dans l’optique d'un éventuel retrait des avantages prévus dans le cadre du régime «Tout sauf les armes»;

Conclusions et recommandations principales

1.

salue l’évaluation à mi-parcours de l’application de l’actuel règlement relatif au SPG, qui cherche à déterminer s’il est probable que les objectifs fixés par celui-ci soient atteints; se félicite également que le nouveau règlement ait entraîné une augmentation des exportations réalisées par les bénéficiaires de l’initiative «tout sauf les armes» (TSA) et du système SPG+, ce qui constitue une contribution importante en vue de l’éradication de la pauvreté;

2.

constate avec satisfaction qu’en 2016, 62,6 milliards d’euros d’importations sont entrés dans l’Union au titre des préférences SPG (tendance à la hausse), répartis comme suit: 31,6 milliards d’euros des pays bénéficiaires du SPG standard, environ 7,5 milliards d’euros des bénéficiaires du SPG+ et 23,5 milliards d’euros des bénéficiaires de l’initiative TSA (données Eurostat de septembre 2017);

3.

rappelle que le SPG aide les industries des PED à surmonter les difficultés que ces derniers rencontrent sur les marchés d’exportation en raison des coûts initiaux élevés; rappelle que, conformément aux objectifs de la CNUCED, le SPG vise à augmenter les revenus d’exportation, à promouvoir l’industrialisation des pays en développement et, par conséquent, des pays les moins avancés, et à accélérer leur croissance en vue d’éradiquer la pauvreté;

4.

souligne que le SPG+ est un instrument clé de la politique commerciale de l’Union qui améliore l’accès au marché et qui est assorti de mécanismes stricts de contrôle afin de promouvoir les droits de l’homme et le droit du travail, la protection de l’environnement et la bonne gouvernance dans les pays vulnérables en développement;

5.

observe que l’actuel règlement relatif au SPG est en vigueur depuis trois ans, depuis le commencement de l’évaluation à mi-parcours, qui a déjà permis de répertorier les éléments à réformer dans le prochain règlement relatif au SPG; accueille favorablement les recommandations formulées dans le rapport final sur l’évaluation à mi-parcours;

6.

souligne que le SPG, en tant que composante de la politique commerciale de l’Union, doit se fonder sur les principes de la politique extérieure de l’Union que sont l’efficacité, la transparence et les valeurs consacrés par l’article 21 du traité UE; souligne que l’article 208 du traité FUE établit le principe de cohérence des politiques au service du développement et fixe comme objectif principal l’éradication de la pauvreté; précise que la communication de la Commission sur «Le commerce pour tous» réaffirme ces principes;

7.

reconnaît que le SPG+ joue un rôle important dans l’action en faveur du droit international du travail, des droits de l’homme, de la bonne gouvernance et des normes de protection de l’environnement dans les pays bénéficiaires, non seulement en offrant des incitations à respecter ces normes, mais aussi par la mise en place d’une plate-forme visant à instaurer un dialogue régulier dans les domaines couverts par les conventions et à encourager l’engagement en faveur de réformes substantielles;

8.

reconnaît que le SPG, sur le plan économique, profite aux pays bénéficiaires et à l’Union européenne, comme en témoignent la hausse des exportations à destination de l’Union et les meilleurs taux d’utilisation du SPG pour les pays relevant du régime TSA et les bénéficiaires du SPG+; prie instamment l’Union européenne de mieux faire connaître les règles du SPG dans les pays bénéficiaires afin d’en consolider encore la mise en œuvre; demande à la Commission d’évaluer la répartition des bénéfices du SPG dans la mesure où la disponibilité des données le permet; prend acte du fait que dans certains cas, la progression des exportations et l’amélioration des perspectives économiques ont également eu des effets négatifs indirects non désirés sur les droits fondamentaux et le développement social en débouchant, par exemple, sur un accaparement des terres ou le non-respect du droit du travail; souligne donc qu'il convient, dans le prolongement du SPG, de mettre en œuvre des conventions internationales et des réformes afin d’empêcher que les programmes relevant du SPG ne favorisent le dumping environnemental et social;

9.

salue la simplification du mécanisme d’admission au SPG+, qui vise à le rendre plus attractif pour les pays bénéficiaires du SPG standard; insiste sur le fait que de nombreux pays souhaitant bénéficier du SPG+ ont ratifié plusieurs des conventions internationales à respecter pour pouvoir y prétendre; souligne qu'un suivi renforcé, systématique et permanent du processus de mise en œuvre est indispensable et qu'il peut être réalisé au moyen d'un renforcement de la coopération entre toutes les parties afin d’améliorer la collecte d’informations et leur analyse approfondie sur la base de toutes les données et ressources disponibles, telles que les rapports des organes internationaux de surveillance, parmi lesquels les Nations unies, l’OIT, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi qu’avec la participation directe de la société civile et des partenaires sociaux au processus; précise qu'une telle démarche est nécessaire afin de réaliser tout le potentiel du SPG au regard de l’amélioration de la situation des droits des travailleurs, de l’action en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’éradication du travail des enfants et du travail forcé par l’application effective des vingt-sept conventions;

10.

presse la Commission d’aborder les problèmes d’amenuisement de l’espace dévolu à la société civile et de protection des défenseurs des droits de l’homme menacés dans le cadre du dialogue qu’elle entretient avec les bénéficiaires du SPG+ et du programme TSA, car ces questions sont directement liées aux obligations qui découlent du pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que des dispositions des principales conventions de l’OIT en la matière, conformément à la communication de la Commission sur «Le commerce pour tous»; demande en outre à la Commission d’explorer d’autres options pour la participation structurée, officielle et indépendante de la société civile, des syndicats et du secteur privé, laquelle pourrait contribuer à renforcer le processus de suivi;

11.

souligne que, dans l’ensemble, le SPG semble avoir permis d’inciter les pays à ratifier les conventions internationales et, partant, de créer un cadre plus propice aux progrès; insiste sur l’importance de mettre en place des mesures efficaces pour garantir que le SPG favorise une évolution positive de l’environnement; recommande que l’Accord de Paris soit ajouté à la liste des 27 conventions internationales fondamentales que les pays bénéficiaires du SPG+ doivent respecter; précise qu’il reste beaucoup à faire dans les pays bénéficiaires pour parvenir à un modèle de développement durable;

12.

constate que des progrès ont été accomplis au regard de la mise en œuvre effective grâce au renforcement du suivi et du dialogue entre l’Union européenne et les pays bénéficiaires, notamment pour ce qui est de suivi de l’application des 27 conventions fondamentales; insiste sur la nécessité de renforcer la coordination avec le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), les délégations de l’Union, les missions diplomatiques des États membres, les gouvernements des pays bénéficiaires, les organisations internationales, les entreprises, les partenaires sociaux et la société civile, afin d’assurer une meilleure collecte des informations et d’approfondir l’analyse du suivi; recommande, dans la mesure du possible, de renforcer la transparence et la communication entre les colégislateurs et les parties prenantes dans le cadre de la procédure de retrait du SPG, en particulier pendant l’enquête de la Commission;

13.

reconnaît que la ratification des conventions fondamentales et les progrès accomplis au regard de leur application effective sont des jalons importants sur la voie des objectifs à atteindre dans le cadre du SPG; demande à la Commission de veiller à ce que les mesures prises aux fins du suivi de l’application effective des conventions par les bénéficiaires soient pleinement conformes aux documents de stratégie par pays afin de garantir la cohérence des politiques ainsi que la prise en compte systématique des droits de l’homme dans la politique commerciale;

14.

souligne qu'il convient d’assurer un engagement continu et une amélioration de la transparence dans le contexte du suivi du SPG+ et, dans le même temps, de veiller à ce que l’Union conserve toute son influence vis-à-vis du pays bénéficiaire dans le cadre de ce dialogue, notamment au regard du tableau de bord; demande à la Commission d’envisager de nouvelles mesures à cet égard ainsi que dans le domaine du dialogue avec les pays bénéficiaires afin d’améliorer la transparence, la surveillance ainsi que l’efficacité du programme;

15.

estime que toute décision de suspendre les préférences doit être totalement cohérente avec l’objectif général de réduction de la pauvreté, et souligne que les actes du droit dérivé de l’Union doivent être conçus et interprétés conformément au droit primaire de l’Union et aux principes généraux du droit de l’Union à cet égard; insiste par conséquent sur la nécessité de maintenir la démarche ciblée actuelle au regard du retrait des préférences tarifaires et de garantir que ces retraits se limitent à des secteurs spécifiques et sont conçus de sorte à en minimiser les répercussions négatives pour la population locale; invite la Commission à recourir aux retraits progressifs des préférences commerciales ou, s'il y a lieu, à d’autres mesures de retrait limitées dans le temps; souligne enfin que le retrait des préférences commerciales devrait être considéré comme une mesure de dernier recours, à appliquer uniquement face à de graves lacunes dans la mise en œuvre effective des conventions internationales et face au manque évident de volonté d’y remédier de la part du pays bénéficiaire de l’initiative TSA; insiste, dans le même temps, sur la nature conditionnelle de ces dispositifs et sur le fait que cette conditionnalité devrait être utilisée pour préserver leur crédibilité et garantir que des mesures sont prises en cas de violations graves et systématiques des conventions;

16.

salue les récentes décisions de la Commission visant à lancer le processus de retrait des préférences accordées au Cambodge dans le cadre du régime TSA et à envoyer une mission d’urgence à haut niveau de l’Union au Myanmar en réaction à la situation des droits de l’homme dans ces deux pays; attend de la Commission qu’elle tienne le Parlement étroitement informé de l’évolution du processus et qu’elle l’associe à l’adoption de nouvelles mesures, y compris en ce qui concerne la suspension des préférences;

17.

constate que le nombre de pays bénéficiaires s’est considérablement amenuisé en raison de la réforme des critères d’admissibilité, qui, avec le reclassement des produits, a donné lieu à une réduction globale de la valeur des importations de l’Union européenne depuis les pays bénéficiant du SPG; reconnaît que ces réformes permettent de centrer les préférences sur les pays qui en ont le plus besoin; demande à la Commission de veiller à la cohérence entre les régimes SPG et TSA dans l’analyse d’impact dans l'optique du prochain règlement, afin que le SPG pour les pays en développement joue un rôle central dans la politique commerciale de l’Union; relève, à cet égard, que les pays bénéficiaires de l’initiative TSA sont confrontés à une pression concurrentielle croissante de la part des pays qui ont conclu des accords de libre-échange avec l’Union; constate, en outre, que certains pays auparavant soumis au système de suivi du SPG + relèvent désormais d’un accord de libre-échange comportant des chapitres sur le commerce et le développement durable, qui devraient être efficaces et applicables;

18.

déplore que le régime SPG, notamment dans le cas des 29 pays participant au programme TSA, n’ait abouti à aucun changement, voire, dans certains cas, à une détérioration de la diversité des exportations au niveau des produits; regrette en outre qu'il n’ait pas suffisamment contribué à la diversification économique; préconise d’adopter davantage de mesures pour favoriser la diversification des exportations des pays relevant du SPG; regrette que, parmi les pays bénéficiaires, cette diversification semble avoir été entravée par l’interdiction du cumul avec des pays qui sont sortis du SPG, car ils ne peuvent plus profiter des règles d’origine pour les pays bénéficiaires du SPG; demande instamment que cette possibilité soit réintroduite, notamment pour les pays les plus vulnérables; constate que la diversification des exportations a considérablement baissé au regard de tous les secteurs pour les bénéficiaires du SPG standard; invite en outre la Commission à envisager la modification et l’extension de la liste des produits visés par le règlement, notamment pour ce qui est des produits semi-finis et finis, et, si nécessaire, l’assouplissement des règles d’origine pour les pays les plus vulnérables; encourage les pays bénéficiaires du SPG à prendre des mesures efficaces pour diversifier les produits; souligne en ce sens la nécessité d’ouvrir l’accès à la connaissance et à la technologie pour diversifier les produits, afin que les exportations puissent faire face à la concurrence mondiale, en particulier en Europe;

19.

invite les pays bénéficiaires du SPG à mettre en place et à appliquer efficacement des mesures juridiques pour protéger la propriété intellectuelle;

20.

salue le fait que le taux d’utilisation des préférences par les bénéficiaires de l’initiative TSA est élevé; souligne l’importance du renforcement des capacités des pays bénéficiaires afin de les aider à tirer pleinement parti du système; demande que les mesures prises en vertu de l’initiative «Aide pour le commerce» soient déployées de manière plus efficace à cet égard; estime qu’il convient d’envisager l’intégration des services dans le prochain règlement SPG afin de promouvoir davantage une meilleure diversification; souligne en outre, dans ce contexte, l’importance d’une démarche d’entreprise à entreprise; appelle à la mise en place de plateformes et d’outils en ligne sectoriels multipartites réunissant les entreprises exportatrices des pays bénéficiaires du SPG, les entreprises importatrices de l’Union et les éventuels nouveaux venus des deux côtés (ceux qui n’exportent pas ou n’importent pas actuellement), afin d’échanger les bonnes pratiques et de faire connaître les règles, les conditions et les débouchés économiques du SPG;

21.

salue la conclusion de la première enquête de sauvegarde menée en vertu du règlement et estime que cette clause devrait garantir la protection des intérêts financiers, économiques, sociaux et environnementaux de l’Union; souligne que lorsque des préférences sont accordées pour les produits sensibles, il est nécessaire qu'ils bénéficient d’un traitement spécial afin d’éviter de mettre en danger certains secteurs;

22.

souligne que toutes les parties du territoire des pays bénéficiaires, y compris les zones franches industrielles pour l’exportation, sont couvertes par le régime et les obligations résultant de la ratification des conventions fondamentales; presse les pays bénéficiaires d’appliquer les normes en matière de travail de manière effective et prie instamment la Commission de réagir aux violations des normes de l’OIT, y compris du droit de négociation collective et de la liberté d’association dans les zones franches industrielles pour l’exportation situées sur le territoire de pays bénéficiaires ou bénéficiaires potentiels, afin de veiller à ce qu’aucune exception ne subsiste; invite la Commission à déterminer les moyens de garantir que les produits issus de zones franches industrielles soient exclus du régime de préférence, dans la mesure où celles-ci dérogent à la législation nationale et enfreignent les conventions internationales applicables;

23.

souligne que le SPG a dynamisé le secteur des entreprises, contribué à l’autonomisation économique des femmes, dans une certaine mesure, et favorisé leur participation des femmes au marché du travail, en particulier dans les industries des pays exportateurs qui échangent avec l’Union européenne; souligne, à cet égard, qu’il est important de créer un environnement favorable pour les femmes dans les entreprises pour leur permettre de tirer parti de ces nouvelles compétences et expériences et de progresser dans la hiérarchie de ces entreprises ou de créer leur propre entreprise; relève néanmoins que les femmes continuent d’être victimes de discriminations et est préoccupé par leurs conditions de travail, notamment dans les secteurs du textile et de l’habillement; rappelle sa résolution du 27 avril 2017 et invite la Commission a y donner suite;

24.

se félicite de l’effet qu’a eu le SPG au regard de l’adoption de technologies plus propres et plus sûres ainsi que d'initiatives volontaires en matière de responsabilité sociale des entreprises, ce qui a eu une incidence positive directe sur les travailleurs et sur l’environnement; estime qu’il convient de prévoir des mesures pour amplifier encore cette tendance et l’évaluer de manière fiable; reconnaît qu'il convient de trouver un juste équilibre entre les mesures réglementaires et volontaires concernant les obligations de vigilance à cet égard, et invite la Commission à étudier les moyens de mettre en place de telles obligations;

25.

estime que l’Union devrait, au nom de la cohérence de ses politiques, encourager les autres acteurs internationaux, comme les entreprises multinationales, à participer pleinement à l’amélioration des droits de l’homme, des droits sociaux et des normes environnementales dans le monde entier, entre autres en obligeant les opérateurs économiques à mettre en place des obligations de vigilance conformes aux principes directeurs des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme; demande à la Commission de prendre l’initiative afin de garantir le respect des droits de l’homme et des travailleurs dans les chaînes de valeur mondiales et l’invite à faire rapport sur la résolution du Parlement de 2016 relative à l’application de ses recommandations sur les normes sociales et environnementales, les droits de l’homme et la responsabilité des entreprises, ainsi que sur sa demande visant à inclure la responsabilité sociale des entreprises dans le règlement SPG et à réformer les règles de l’OMC pour y introduire des exigences en matière de transparence et de diligence raisonnable pour la chaîne d’approvisionnement, sur la base des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme;

26.

rappelle que l’Union doit encourager au nom de la cohérence des politiques d’autres acteurs internationaux, comme les entreprises multinationales à participer pleinement à l’amélioration du respect des droits de l’homme, des droits des enfants, des droits sociaux, des droits environnementaux et au respect de la santé publique dans le monde; demande que l’Union veille au respect des droits de l’homme en matière de droit du travail dans les chaînes de valeurs globales, c’est-à-dire tout au long de la chaîne d’approvisionnement;

27.

invite la Commission, au regard du prochain règlement relatif au SPG, à envisager la possibilité d’introduire des préférences tarifaires supplémentaires pour les produits dont il est prouvé qu'ils sont issus d’un mode de production durable; estime que ces produits devraient faire l’objet d’une procédure de certification volontaire eu égard au caractère durable de leur production et que les preuves correspondantes devraient être apportées lors de leur importation dans l’Union;

o

o o

28.

charge son président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 303 du 31.10.2012, p. 1.

(2) JO L 181 du 29.6.2013, p. 13.

(3) JO C 55 du 12.2.2016, p. 112.

(4) http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2018/october/tradoc_157434.pdf

(5) COM(2018)0665.

(6) SWD(2018)0430.

(7) COM(2016)0029.

(8) COM(2018)0036.

(9) https://www.ombudsman.europa.eu/fr/decision/en/64308

(10) JO C 101 du 16.3.2018, p. 19.

(11) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0515.

(12) JO C 298 du 23.8.2018, p. 100.

(13) JO C 331 du 18.9.2018, p. 100.

(14) JO C 337 du 20.9.2018, p. 33.

(15) https://www.europarl.europa.eu/RegData/organes/conf_pres_groupes/proces_verbal/2002/12-12/CPG_PV(2002)12-12(ANN01)_FR.doc


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