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AccueilDroit européen52019IR0644
Initiative législative52019IR0644

Avis du Comité européen des régions — Recommandations pour l’élaboration efficace de stratégies de développement régional après 2020

CELEX52019IR0644
TypeInitiative législative
Datemardi 8 octobre 2019

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions formule des recommandations pour améliorer l'efficacité des stratégies de développement régional dans le cadre de la politique de cohésion post-2020. Il insiste sur la nécessité de renforcer l'approche ascendante, la gouvernance multi-niveaux et la simplification administrative pour les collectivités territoriales. Le texte préconise également une meilleure articulation entre les fonds européens et les priorités locales, ainsi qu'un suivi renforcé des résultats.

Texte intégral

5.2.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 39/11


Avis du Comité européen des régions — Recommandations pour l’élaboration efficace de stratégies de développement régional après 2020

(2020/C 39/03)

Rapporteur

:

Adam Struzik (Pologne, PPE), maréchal de la voïvodie de Mazovie

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

présente ses recommandations pour que les stratégies de développement régional pour l’après-2020 soient conçues avec efficacité, en ce qu’elles se fondent à cette fin sur des analyses des conditions déterminant la situation stratégique des régions concernées, qu’elles prennent en compte les défis de l’aire où elles sont situées et exploitent par ailleurs l’expérience accumulée dans le domaine de la politique de cohésion;

2.

souligne que les recommandations qu’il expose ne concernent que les domaines d’investissement prioritaires à cibler et les conditions essentielles à réunir pour que les stratégies de développement régional soient efficaces;

3.

observe qu’en fonction de leurs besoins réels, les collectivités locales et régionales doivent disposer de stratégies de développement à moyen et long terme qui soient clairement définies, prenant appui tant sur une anticipation des tendances et des problématiques que sur les traits spécifiques de leur territoire;

4.

rappelle que l’essence même de la planification stratégique d’un territoire, qu’il s’agisse d’une région, d’une province, d’un district ou d’une commune, consiste en une optimisation de ses procédures de fonctionnement et de développement, qui repose sur une démarche transformant ses facteurs de production et ressources en biens et services dans un sens de durabilité;

5.

fait observer que les stratégies de développement constituent l’un des instruments fondamentaux de la gouvernance locale et régionale, s’agissant de documents qui déterminent l’orientation à donner aux décisions et actions visant à définir des objectifs et des priorités, en lien étroit avec la vision de l’Europe en matière de développement;

6.

relève qu’à cet égard, les stratégies de développement régional et de spécialisation intelligente représentent un outil de poids, qui assure un effet de synergie et des complémentarités réciproques entre les différents instruments sectoriels et associe dûment toutes les parties intéressées à sa démarche, conformément à l’approche du développement économique, social et territorial qui est propre à un territoire donné;

7.

attire l’attention sur la discordance qui existe entre les objectifs de la politique de cohésion et le semestre européen. étant entendu qu’elle constitue une politique à part entière et qu’il convient de préserver en tout état de cause l’objectif du traité, à savoir la cohésion économique, sociale et territoriale. Pour ce faire, il est nécessaire de vérifier dans quelle mesure les recommandations par pays et les programmes de cohésion sont mutuellement pertinents, ainsi que de prêter attention à l’importance que revêt la coopération entre les pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux, tant pour les programmes nationaux de réforme (PNR) que pour ceux de cohésion;

Recommandation 1: la planification stratégique régionale comme point de départ d’un développement réussi

8.

rappelle que l’un des principaux objectifs de l’Union européenne, sanctionné par le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), est de renforcer sa cohésion économique, sociale et territoriale;

9.

souligne que la politique de cohésion devrait marier des objectifs stratégiques, destinés à répondre à des problématiques d’ampleur européenne et mondiale, avec des stratégies de développement régional et local dans les États membres qui visent le long terme et avec leur mise en œuvre sur le terrain;

10.

fait observer que de nombreux défis auxquels sont confrontées les villes et les régions présentent une forte composante territoriale, étant donné que leur incidence excède les découpages territoriaux et les frontières administratives. Le Comité signale, en conséquence, que si le problème du développement d’un territoire pris isolément ne peut être assumé uniquement par l’administration qui en a la responsabilité, c’est à elle néanmoins qu’il revient de définir, en toute autonomie, les orientations politiques relatives au développement et à l’avenir de sa propre communauté, conformément au principe de subsidiarité visé à l’article 5, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne (TUE);

11.

insiste sur l’importance que revêtent les stratégies territoriales afin d’orienter les investissements de manière intégrée et coordonnée, la notion d’«intégrée» impliquant que tous les niveaux de gouvernance, du local à l’européen, coopèrent pour qu’un territoire donné atteignent ses objectifs, tandis que son caractère «coordonné» signifie que différentes sources de financement contribuent, en se complétant mutuellement, à réaliser ces mêmes buts territoriaux ainsi définis;

12.

relève qu’il est très important de fonder les décisions financières et stratégiques sur des indicateurs de développement socio-économique à jour. Les propositions concernant les perspectives financières 2021-2027 sont basées sur des données touchant à la période 2014-2016, qui donnent une image assez déformée de la situation sociale et économique qui prévaut actuellement dans ces régions. Les indicateurs qu’il convient de prendre en considération, aux fins des analyses, ne peuvent porter sur une époque qui serait antérieure aux trois dernières années précédant la période de financement concernée, en l’occurrence les années 2017-2019;

13.

fait valoir que lors de l’élaboration de la future politique de développement, il sera nécessaire de tenir compte des divisions statistiques actuelles, en particulier pour ce qui concerne le cadre financier pluriannuel (CFP) pour les années 2021-2027. En conséquence, le Comité invite la Commission européenne, lorsqu’elle établira ledit cadre, à repenser radicalement son approche en la matière;

14.

fait remarquer qu’il convient qu’Eurostat soit associé aux travaux concernant le changement de démarche et la mise en œuvre des recommandations et que cette instance devrait intensifier son action visant à affiner son système de collecte et de traitement des données qui contribue à l’adaptation aux nouveaux besoins et améliorent la coopération et qui, par ailleurs, permettent d’obtenir plus efficacement ces informations;

15.

note que le produit intérieur brut (PIB) constitue un instrument qui mesure la production, et non la durabilité environnementale, l’utilisation efficace des ressources, ou encore l’intégration dans la société et le progrès social en général. Dans ce contexte, le Comité relève qu’il est nécessaire de se doter d’autres indicateurs qui jaugeront la qualité de vie d’une manière plus juste et plus claire et serviront à compléter le PIB;

16.

lance un appel pour l’élaboration d’indicateurs clairs et mesurables qui prendraient en considération le changement climatique, la biodiversité, l’efficacité dans l’utilisation des ressources et l’intégration sociale. Le Comité plaide en outre pour l’élaboration d’indicateurs qui seraient plus axés sur la situation des ménages et rendraient compte de leurs revenus, leur niveau de consommation et leur patrimoine;

Recommandation 2: les objectifs de développement durable comme base des stratégies urbaines et régionales à long terme

17.

rappelle que la stratégie Europe 2020 et le cadre stratégique commun ont fourni l’un et l’autre l’encadrement et les principes directeurs pour élaborer des accords de partenariat et des programmes ressortissant à la politique de cohésion pour la période 2014-2020, en particulier aux fins d’assurer la coordination entre les Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) et les autres instruments;

18.

souligne qu’il est nécessaire d’élaborer au niveau de l’Union européenne un cadre politique à long terme qui remplacera la stratégie Europe 2020 et donnera la possibilité de développer des stratégies nationales et régionales ou locales qui contribueront à réaliser les objectifs de développement durable en tenant compte des avantages que procure également l’établissement d’un partenariat transfrontalier lorsqu’il s’agit de relever des défis communs;

19.

accueille favorablement le document de réflexion de l’Union européenne qui a été publié sous le titre «Vers une Europe durable à l’horizon 2030», et invite la Commission et le Conseil européen à donner à la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 et de ses 17 objectifs de développement durable le rang de priorité dans l’agenda politique et d’objectif central du prochain plan stratégique de l’Union européenne pour les années 2019 à 2024 et au-delà;

20.

tient à signaler que la mise en œuvre des objectifs de développement durable et des stratégies d’action connexes devrait s’effectuer conformément au principe de la gouvernance à niveaux multiples, ascendante et descendante, à laquelle seront associés tous les échelons de gouvernance et les acteurs dûment intéressés et qui produira, pour le niveau national, régional et local, des jeux d’objectifs déclinés de manière spécifique;

21.

fait observer que parmi les 17 objectifs de développement durable, il ne s’en trouve aucun qui serait de type spécifiquement régional, lié aux visées du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne quand il entend assurer son développement régional équilibré et y réduire les disparités entre les niveaux de développement des différentes régions, afin qu’aucun territoire ne soit laissé pour compte;

22.

recommande aux villes et aux régions de prendre en compte les objectifs de développement durable en tant que principe directeur lorsqu’elles élaborent des stratégies de développement régionales ou locales, eu égard, en particulier, à la nécessité de continuer à développer la stratégie pour une Europe durable à l’horizon 2030. Le Comité relève qu’il est également nécessaire, à cette fin, que les villes et les régions, de par leur statut de décideurs les plus proches des citoyens, des entreprises et des communautés locales, adaptent les objectifs de développement durable aux spécificités de leur territoire;

Recommandation 3: nécessité que les villes et les régions fondent leurs stratégies de développement régional sur une évaluation approfondie de leurs perspectives

23.

souligne que pour élaborer des stratégies de développement régional qui soient efficaces, il y a lieu de prendre en compte les tendances pour l’avenir. La planification à long terme, les prévisions et d’autres méthodes de prévision stratégique constituent par conséquent des outils importants pour façonner la politique régionale de demain;

24.

fait observer que si l’on veut en assurer le succès à l’échelle de l’Union européenne tout entière, il est nécessaire que les stratégies de développement régional pour l’après-2020 soient articulées avec le nouvel agenda territorial;

25.

note que les principaux défis de développement qui devront être relevés dans le cadre des stratégies régionales sont liés aux grandes tendances et mutations d’ordre environnemental, et que cette situation aura des conséquences de grande ampleur pour les économies et les sociétés de toutes les régions de l’Union européenne;

26.

fait remarquer que les changements technologiques exerceront un impact significatif sur le développement socio-économique, étant donné que les technologies concernant l’automatisation et l’apprentissage automatique peuvent produire des effets notables sur les marchés du travail. En outre, de nombreuses technologies émergentes peuvent profiter aux zones rurales, en atténuant les problèmes auxquels elles sont confrontées du fait de leur faible densité de population et de la longueur des distances à parcourir;

27.

relève qu’il est indispensable, pour pouvoir utiliser les nouvelles technologies, de créer l’infrastructure technique de base. Toutefois, bon nombre des avantages découlant de celles qui sont en phase d’émergence n’apparaissent pas spontanément mais nécessitent des actions complémentaires, destinées par exemple à doter la population des compétences voulues pour les utiliser;

28.

insiste sur la nécessité de mettre pleinement en œuvre le socle européen des droits sociaux. Il y a lieu d’améliorer la transposition de ses principes, à tous les niveaux de gouvernance, même s’il est patent que l’Union européenne a progressé socialement. À cet égard, le Fonds social européen joue un rôle important de trait d’union entre les visées du socle social et les besoins des régions en matière de mesures et d’investissements pour leur développement, s’agissant par exemple de la disponibilité des compétences requises;

29.

suit les nouveaux développements qui, dans le domaine du marché du travail, se produisent en lien avec la numérisation. Sur ce point, le Comité invite à s’assurer que les nouveaux modèles économiques ne violent pas les droits des travailleurs et que les formes neuves d’emploi garantissent une rémunération équitable, des droits à la sécurité sociale et une protection contre la discrimination;

30.

attire l’attention sur la nécessité d’agir pour que l’aménagement du territoire soit plus cohérent, y compris par la prise en compte des aspects touchant à l’adaptation au changement climatique, et rappelle également que cet aménagement joue un rôle clé pour réduire les risques résultant de la montée en puissance des phénomènes météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles;

31.

met en avant le rôle important que jouent les infrastructures vertes et bleues pour atténuer les changements climatiques et s’y adapter, ainsi que pour faire pièce à la perte de biodiversité. Le Comité exhorte en outre les États membres et les pouvoirs régionaux et locaux à prendre en compte ladite biodiversité dans leur processus décisionnel et leurs documents stratégiques;

32.

déplore que le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) ait été retiré du champ d’application du règlement portant dispositions communes, car cette exclusion, conjuguée aux dispositions divergentes des règlements sectoriels, compliquera la coordination des mesures en rapport avec l’adaptation au changement climatique et la biodiversité, ainsi que les stratégies globales interfonds et les structures de coopération au niveau régional;

33.

met l’accent sur la nécessité de tenir compte des impacts environnementaux dès le début de la planification stratégique des infrastructures et d’effectuer correctement les évaluations environnementales stratégiques et les analyses d’impact environnemental qui sont requises, cette démarche ayant pour effet de réduire les problèmes dans les phases ultérieures du projet concerné, à savoir son approbation et sa mise en œuvre;

34.

fait valoir que l’identité régionale et locale doit être prise en considération dans l’approche territoriale et rappelle que chaque collectivité est directement responsable et compétente s’agissant de définir des politiques en cohérence avec ses spécificités territoriales, sociales et culturelles particulières. Il convient de noter que chaque région a des caractéristiques propres, uniques, qui jouent un rôle important dans son développement et sa gestion des crises;

35.

regrette que la culture n’entre pas en ligne de compte dans la stratégie Europe 2020 pour le développement futur de l’Union européenne. Le Comité lance donc un appel pour que tout comme les institutions et les lieux dans lesquels elle s’incarne, elle ait rang de domaine stratégique dans la stratégie et la planification des politiques à venir. Dans ce contexte, il encourage les régions qui considèrent leur patrimoine culturel comme un atout particulièrement précieux à le prendre en considération dans leur stratégie de spécialisation intelligente;

Recommandation 4: l’investissement dans le renforcement des capacités institutionnelles et administratives comme préalable obligé pour une utilisation efficace des fonds publics

36.

souligne que dans l’élaboration de politiques intégrées, le succès dépend, pour une part décisive, de la qualité des administrations nationales et régionales, et que les capacités institutionnelles et administratives représentent un élément clé pour une gestion correcte des programmes des Fonds ESI, mais constituent également un paramètre important pour contribuer à la prospérité économique générale;

37.

fait observer que, selon de nombreuses études, l’efficacité de la dépense publique tient davantage à la bonne gouvernance et à l’efficacité des institutions qu’à des facteurs macroéconomiques. En conséquence, le rendement des investissements est directement lié au niveau qu’ils ont atteint, mais également à la qualité de leur gestion;

38.

considère que la capacité à se poser en chef de file, ainsi que la gestion en général, constituent une composante déterminante pour que la mise en œuvre des stratégies de développement régional et local soit efficace. Le Comité relève par conséquent que tant l’Union européenne que les villes et les régions ont besoin de dirigeants qui ne craignent pas de tracer une perspective de développement pour leurs collectivités et de l’exposer dans des stratégies en ce sens. Une des conditions sine qua non pour leur développement est que leurs pouvoirs publics se montrent actifs;

39.

exhorte à apporter un soutien approprié pour développer les aptitudes et les qualifications numériques des citoyens à tous les niveaux du système éducatif. Le Comité reconnaît que le développement de ces capacités numériques des travailleurs dans l’Union européenne représente un facteur essentiel pour faire face aux mutations du marché du travail et empêcher que n’apparaissent des lacunes ou des disparités en matière de compétences;

Recommandation 5: promouvoir les synergies entre les fonds et les autres acteurs

40.

rappelle qu’à l’instar de toutes celles menées par l’Union européenne, la politique de cohésion doit contribuer à la réalisation des objectifs clés énoncés dans les traités. Inversement, il faut que ces autres actions de l’Union apportent également leur pierre à l’édifice pour réaliser les buts que le traité assigne à celle visant à la cohésion;

41.

observe que, malgré les missions spécifiques qui leur sont confiées, telles qu’elles figurent dans le traité et qui restent d’actualité, les différents Fonds ESI peuvent atteindre conjointement les visées de la politique de cohésion et que chacun d’entre eux apporte sa contribution pour l’accomplissement des tâches des autres;

42.

souligne que pour assurer les synergies entre les différents instruments et en accroître l’impact et l’efficacité, il est essentiel de procéder, dès les premières étapes du processus de programmation, aux adaptations requises dans les stratégies et les modes d’intervention, ainsi que dans la coopération entre les différents acteurs;

43.

met en exergue l’importance que revêtent la transparence et l’utilisation stratégique des marchés publics à tous les niveaux de l’administration, en particulier s’agissant d’édicter des règles claires et univoques. Dans ce domaine, il convient d’éviter les disparités entre les États membres, entre les différents niveaux de gouvernement, ou encore entre l’échelon national et la Commission européenne, ainsi que de réduire autant que faire se peut la charge administrative;

44.

estime que les initiatives, stratégies, plans d’action et partenariats public-privé qui sont mis en place au niveau local et régional dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques (STEAM) peuvent jouer un rôle important pour réduire les écarts de développement dans toute l’Europe. En donnant à l’enseignement de ces matières un rang de priorité à l’échelon local et régional, ainsi qu’en mettant à l’avant-plan les initiatives de coopération et les investissements qui se rapportent à leur développement, il est possible de contribuer de manière significative à limiter les effets dommageables de la fuite des cerveaux;

Recommandation 6: la coopération territoriale dans les zones fonctionnelles

45.

note que bien souvent, les limites administratives ne concordent pas avec les relations économiques sur l’ensemble d’un territoire donné. Ainsi, il peut exister de fortes connexions entre les villes et leurs bassins périphériques de navetteurs, entre zones rurales et urbaines, ou encore entre des régions limitrophes situées dans des pays différents;

46.

souligne que presque tous les dossiers en rapport avec le développement ont un impact territorial qui excède la sphère locale et les limites administratives, et que les décisions afférentes doivent être prises conjointement à différents niveaux. Elles doivent être précédées d’un dialogue commun mené dès les premiers moments de la recherche de réponses aux problèmes posés;

47.

fait observer qu’une attention particulière doit également être accordée, notamment pour ce qui est d’améliorer leurs connexions ou de développer les liens qu’elles entretiennent entre elles, à la situation des régions qui sont éloignées, périphériques, faiblement peuplées, isolées ou frontalières, ou encore sont confrontées à des défis particuliers, en particulier celles de montagne ou de type insulaire, et qui accusent, le cas échéant, un retard de développement;

48.

recommande d’élaborer des stratégies communes pour des zones fonctionnelles et, si possible, d’adapter les stratégies et les programmes concernés;

Recommandation 7: projets de coopération avec les programmes des Fonds ESI dans les pays ou régions situés dans le voisinage

49.

recommande aux autorités de gestion de se saisir pleinement des possibilités que le règlement portant dispositions communes offre pour la politique de cohésion (article 57, paragraphe 4, de la proposition de la Commission européenne) afin de programmer, au moyen des programmes régionaux des Fonds ESI, des projets de coopération interrégionale ou transfrontalière qui sont destinés à couvrir des zones fonctionnelles excédant les frontières. Dans l’élaboration de telles initiatives, il s’impose également d’assurer une coordination étroite avec les programmes Interreg pertinents à cet égard, afin de garantir qu’ils leur soient complémentaires et d’éviter les doubles emplois;

50.

réaffirme son soutien au mécanisme transfrontalier européen tel que proposé, qui revêtirait une énorme importance pour lever les obstacles et éliminer les goulets d’étranglement en matière de coopération transfrontalière;

51.

souligne qu’il importe que l’Union européenne lance une véritable stratégie de diplomatie culturelle. À cette fin, il y a lieu de promouvoir la communication et les échanges artistiques et culturels des régions de l’Union européenne, en particulier celles qui sont ultrapériphériques, avec les pays tiers, notamment grâce à des mesures qui aident les artistes à se rendre plus aisément dans ces États et à y présenter leur travail et vice versa;

Recommandation 8: promouvoir une approche territoriale en exploitant pleinement les potentialités des outils intégrés tels que le développement local mené par les acteurs locaux (DLAL) et les investissements territoriaux intégrés (ITI)

52.

souligne que le renforcement de la cohésion au niveau régional et local, y compris de part et d’autre de frontières, nécessite une approche ascendante, axée sur un territoire précis, afin de développer des solutions appropriées sur le terrain;

53.

préconise l’élaboration de stratégies territoriales pour l’ensemble des programmes. Dans ce contexte, le Comité insiste sur la valeur ajoutée qu’apportent les programmes multifonds et conseille de recourir plus largement aux instruments territoriaux dans des zones fonctionnelles;

54.

met en évidence le rôle joué par le développement local mené par les acteurs locaux (DLAL), en tant qu’outil spécifique qui doit être utilisé au niveau sous-régional et doit venir compléter d’autres types de soutien au niveau local;

55.

fait observer que dans le développement local mené par les acteurs locaux, la participation des communautés locales et de toutes les instance locales, publiques ou privées, leur consultation et leur coopération produisent une valeur ajoutée particulière, qui donne ainsi la garantie que les connaissances locales et spécialisées sont bien exploitées et qu’il est dûment tenu compte des besoins spécifiques des zones concernées;

56.

attire l’attention sur l’importante fonction que les spécialisations intelligentes assurent pour le renforcement des systèmes d’innovation régionaux, l’échange de connaissances entre régions et le renforcement des synergies, en particulier avec le financement européen de la recherche.

Bruxelles, le 8 octobre 2019.

Le président

du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


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