| CELEX | 52019IR1804 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 5 décembre 2019 |
| 10.3.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 79/30 |
Avis du Comité européen des régions — La Convention des maires après 2020
(2020/C 79/06)
| Rapporteure | : | Benedetta BRIGHENTI (IT/PSE), conseillère municipale de Castelnuovo Rangone (Modène) |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
La pertinence de la Convention des maires dans les politiques européennes en matière de climat
| 1. | souligne que les principales études internationales sur le changement climatique (1) insistent sur l’urgence de la mise en œuvre de politiques climatiques ambitieuses et sur la préoccupation croissante de l’opinion publique européenne en la matière; à cet égard, attend avec intérêt les propositions en vue de l’adoption d’un pacte vert européen et d’une législation européenne en matière de climat par la nouvelle Commission, et invite celle-ci et tous les États membres à reconnaître dans la Convention des maires un outil important permettant de répondre à la situation d’urgence en matière de climat et de guider les collectivités locales et régionales dans la transition vers la neutralité climatique et l’adaptation au changement climatique, conformément aux engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris et de la stratégie à long terme pour 2050 (2). La Convention peut constituer un complément important à la participation des collectivités locales et régionales à l’élaboration des plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat; |
| 2. | rappelle que la Convention réunit des villes dotées d’une plus grande ambition et d’une vaste expérience de la politique en matière de climat à l’échelon local, qui s’engagent souvent à respecter des normes plus contraignantes que celles auxquelles leurs États membres respectifs ont souscrit: les signataires et coordinateurs de la Convention devraient dès lors être considérés comme des interlocuteurs privilégiés par les États membres lorsqu’ils travaillent sur la participation des collectivités locales et régionales à l’élaboration des plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat; |
| 3. | invite la Commission européenne à promouvoir plus résolument l’objectif de 2050 dans le cadre de la Convention des maires et à envisager d’élargir le champ d’application de l’initiative afin de mieux répondre aux défis et aux possibilités auxquels la neutralité climatique confronte les collectivités locales et régionales de manière transversale, en incluant de nouveaux secteurs optionnels tels que l’industrie, le secteur agricole, la gestion forestière et les nouvelles thématiques environnementales que sont notamment la qualité de l’air, l’économie circulaire, la biodiversité, la diversité bioculturelle et les puits de carbone naturels, afin de soutenir l’ambition des municipalités les plus avancées. Cette inclusion devrait être davantage axée sur le plan d’action, en évitant des obligations de déclaration et de contrôle supplémentaires pour les signataires. Dans le même temps, il est important de soutenir d’autres formes de coopération en matière de changement climatique et d’environnement auxquelles les collectivités locales et régionales sont associées dans de nombreux États membres et de promouvoir l’intégration avec la Convention des maires. Lorsque ces collectivités ont le potentiel nécessaire pour contribuer aux efforts consentis à l’échelon local, elles devraient être reconnues et soutenues; |
| 4. | demande une nouvelle fois à la Commission européenne de renforcer sa reconnaissance du rôle stratégique que joue le CdR dans la gouvernance de la Convention des maires, y compris ses aspects mondiaux, tout en veillant à ce que cette initiative reste pleinement fidèle à ses origines européennes et continue de répondre aux besoins des villes de l’Union et de promouvoir l’action en faveur du climat dans le monde entier; |
| 5. | se félicite de l’initiative dite «Accord de ville verte» et invite la Commission européenne à saisir cette occasion pour étudier plus avant la possibilité d’inclure de nouvelles questions environnementales telles que la qualité de l’air, la biodiversité, le bruit et l’économie circulaire dans le protocole de la Convention des maires. Cette extension ne devrait pas conduire à des exigences minimales plus complexes pour les signataires, mais pourrait plutôt leur offrir la possibilité d’aborder progressivement de nouveaux thèmes et de relever les défis liés à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à celui-ci, ainsi qu’à la transition énergétique, avec une approche plus transversale et plus globale, en exploitant les synergies; |
| 6. | estime que le développement durable des collectivités locales et régionales doit s’articuler autour des objectifs de développement durable (ODD) (3). Dans cette optique, le Comité considère que la Convention devrait être solidement ancrée aux ODD et être considérée comme l’un des outils clés pour le suivi de leur mise en œuvre au niveau local; invite dès lors la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires à inclure dans le cadre méthodologique de la Convention un lien avec les ODD, en indiquant simplement de quel ODD relèvent les différentes mesures prises au titre de la Convention; |
| 7. | se félicite de l’extension de la Convention des maires à la dimension mondiale et de l’effort visant à créer un cadre cohérent de référence, et considère la Convention mondiale comme un instrument important de diplomatie et de dialogue avec les pays tiers; reconnaît également son rôle crucial pour veiller à ce que les efforts déployés par l’Union européenne ne soient pas compromis par le manque d’ambition des pays étrangers; met toutefois en garde contre le risque que l’effort d’harmonisation du cadre de référence de la Convention à l’échelle mondiale ne la fasse s’écarter des besoins et des pratiques des collectivités locales et régionales de l’Union, et ne compromette ainsi sa réussite à l’avenir; |
| 8. | se félicite des différentes initiatives ascendantes mises en place par la Commission européenne pour les villes et les régions, telles que la plateforme pour les régions charbonnières en transition, la plateforme de spécialisation intelligente pour l’énergie (S3P Énergie), le projet «Une énergie propre pour les îles de l’Union», celui des «Villes et communautés intelligentes», le prix de la «Capitale verte» et d’autres encore; à cet égard, invite la Commission européenne à s’appuyer sur l’exercice de cartographie déjà réalisé dans le cadre du guichet unique pour les villes (4) et à étudier de manière exhaustive la finalité et le rôle de ces initiatives et en particulier les synergies potentielles avec la Convention des maires afin de parvenir à la structure la plus conviviale possible. Cette approche contribuerait à créer un cadre clair et cohérent pour ces différentes initiatives liées aux ODD, sans mettre en péril leurs spécificités; |
| 9. | rappelle aux États membres que le niveau infranational devrait être consulté lors de l’élaboration des plans nationaux en matière de climat et d’énergie et les invite à tenir compte lors de l’élaboration, de la révision et de la mise en œuvre de leurs plans et de leurs stratégies à long terme pour 2050 de l’expérience et du retour d’information offerts par la communauté de la Convention des maires ainsi que par les plus de 400 agences de l’énergie dénombrées dans l’Union, dont un grand nombre assurent une coordination et une promotion de la Convention des maires et sont responsables de la planification énergétique régionale; |
La gouvernance de la Convention des maires
| 10. | réaffirme son soutien à un système de contributions déterminées au niveau régional et local (CDRL) afin de reconnaître officiellement, de surveiller et d’encourager la réduction des émissions de carbone par les villes, les autorités locales et les régions dans le monde entier. La Commission européenne est invitée à travailler avec le CdR afin d’étudier la manière dont les PAEDC ou des plans équivalents pourraient faire office de CDRL en apportant des contributions locales à l’accord de Paris sur le climat; |
| 11. | rappelle que la Convention des maires a grandi et a évolué au fil des ans, notamment pour faire face à un contexte en forte transformation, et qu’il est essentiel de réorganiser sa structure pour répondre aux attentes actuelles et futures; à cet égard, rappelle le rôle stratégique que peut jouer le CdR en fournissant à la Commission européenne un canal continu de communication bidirectionnelle avec les communautés locales et régionales; afin de pouvoir s’acquitter de cette mission, demande à la Commission européenne de mieux formaliser le rôle du CdR dans le cadre de la Convention européenne des maires, y compris par l’inclusion du CdR dans les organes de contrôle et d’orientation de l’initiative; |
| 12. | invite la Commission européenne à travailler avec le bureau de la Convention des maires et le CdR afin que la Convention, ou lorsqu’elles sont compatibles, les initiatives nationales et régionales similaires qui associent les collectivités locales et régionales à la démarche, soient intégrées dans les cadres de référence nationaux, en particulier dans les plans nationaux en matière d’énergie et de climat et dans les stratégies nationales à long terme pour 2050; à cet égard, demande à la Commission européenne de mettre en place un groupe d’experts sur la Convention des maires, qui comprenne des représentants nationaux de la coordination nationale, les ambassadeurs du CdR, des représentants du bureau de la Convention, de la Commission européenne et du Centre commun de recherche, ainsi que d’autres experts, y compris des représentants d’autres initiatives de coopération en matière de climat et d’environnement, afin de discuter régulièrement des défis et des opportunités liés à la mise en œuvre de la Convention des maires dans les différents contextes nationaux, s’agissant notamment d’autres initiatives du même genre déjà présentes sur le territoire; |
| 13. | invite la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires à renforcer la stratégie nationale, en particulier le rôle des coordinateurs et promoteurs nationaux et régionaux. Les coordinateurs régionaux devraient disposer d’un mandat plus solide et devraient être soutenus dans leur action par la Commission européenne sur les plans technique et financier, y compris au moyen de financements appropriés dans le cadre des Fonds ESI. Une telle démarche devrait permettre aux coordinateurs de fournir en particulier aux petites collectivités locales un accès à l’assistance technique. À cet égard, le CdR appelle les autorités de gestion à prendre en considération le rôle crucial des actions liées à la Convention sur leur territoire, qui sont destinées à relever les défis touchant au climat, à l’énergie et à l’environnement, et les invite à tenir compte de ces actions dans le cadre de la planification pour la prochaine période de programmation; |
| 14. | souligne que le renforcement du réseau des coordinateurs nationaux et surtout régionaux revêt une importance stratégique pour préserver l’intérêt de la Convention et son rôle central dans l’appui à la mise en œuvre et au suivi des politiques nationales et régionales et pour échanger les bonnes pratiques; invite dès lors la Commission européenne à doter le bureau de la Convention des ressources suffisantes pour coordonner les partenaires nationaux et leur apporter un soutien technique, ainsi qu’à prévoir des mécanismes parallèles pour soutenir financièrement les activités de coordination nationale; |
| 15. | rappelle l’importance cruciale des coordinateurs régionaux de la Convention pour soutenir les collectivités signataires de taille moyenne ou petite tant lors de la phase initiale de planification que lors de la phase de recensement, de mise en œuvre et de suivi des actions; rappelle également le rôle important joué par les promoteurs de la Convention, organisations qui facilitent l’adhésion à la Convention en agissant en tant qu’intermédiaires et en jouant un rôle de premier plan dans les activités de promotion; pour cette raison, invite la Commission à soutenir les coordinateurs et à valoriser le rôle des promoteurs afin de veiller à ce que leur rôle soit durable à long terme; |
| 16. | demande à la Commission européenne de veiller à ce que le CdR soit représenté au sein du conseil politique de la Convention européenne, en établissant un lien plus étroit entre la gestion de la Convention au niveau de l’Union européenne et les ambassadeurs de la Convention, afin d’apporter un soutien politique à l’initiative, de promouvoir la Convention et de faciliter le dialogue avec les organismes nationaux; à cet égard, s’engage à mobiliser les ressources nécessaires pour faire en sorte que le réseau des ambassadeurs de la Convention soit de plus en plus actif et efficace, en étroite coopération avec la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires; |
| 17. | invite la Commission européenne à mettre à disposition du public les données relatives à la Convention des maires et à les géoréférencer: ces données pourraient contribuer à la création d’un Observatoire européen de la neutralité climatique, à la plateforme de données urbaines (5) et à l’Observatoire de la précarité énergétique, qui devrait collecter des données ventilées au moins au niveau NUTS 2; |
| 18. | invite, dans le même temps, les collectivités locales et régionales à utiliser la Convention des maires pour renforcer la capacité de leur administration et à former leurs propres fonctionnaires, en évitant une externalisation excessive des activités qui pourrait compromettre sa faculté à mettre en œuvre et à mettre à jour le PAEDC; |
| 19. | invite le CCR de l’Union européenne à établir des liens plus étroits avec les coordinateurs régionaux de la Convention et à leur fournir un soutien technique et scientifique lors de la collecte et de l’analyse des données, ainsi qu’à fournir aux municipalités une assistance technique suffisante pour la mise en œuvre des plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC), la recherche de financements et la mise en place de processus participatifs; |
| 20. | invite la Commission européenne, le CCR et le bureau de la Convention des maires à continuer à travailler à la mise en place d’un cadre de suivi stable et plus simple, qui évite de devoir mettre en place des formations ou des mises à jour continues, mais qui offre la souplesse nécessaire pour répondre à un environnement politique en mutation; souligne que les exigences en matière de surveillance, pour importantes qu’elles soient pour le fonctionnement et la crédibilité du système de la Convention, ne doivent pas empêcher les collectivités locales, en particulier les plus petites, d’adhérer à la Convention et de tirer parti de son potentiel pour encourager des actions ambitieuses; Dans ce contexte, il demande également que l’on examine comment mieux tirer parti de l’exercice de suivi proprement dit tant sur le plan de la communication que sur celui de la procédure afin de faciliter une participation maximale au réseau; |
| 21. | suggère d’envisager également la possibilité de créer des réseaux thématiques entre les signataires présentant des caractéristiques similaires ou confrontés à des défis semblables, tels que leur taille ou leur situation géographique, sociale ou économique; |
| 22. | demande à la Commission européenne et au bureau de la Convention des maires de promouvoir au sein des PAEDC des mesures, en particulier dans le domaine de l’adaptation au changement climatique, qui vont au-delà des limites administratives municipales, régionales et nationales, en faveur de regroupements autour d’un contexte environnemental fragile; |
| 23. | invite la Commission européenne et le CCR à réexaminer, avec le soutien des coordinateurs régionaux et des promoteurs, la procédure d’évaluation des PAEDC afin de la rendre plus rapide et de fournir des orientations plus conviviales axées sur les décisions politiques. Des efforts devraient être consentis afin de réduire les procédures administratives, de rationaliser les obligations en matière de communication d’informations et d’améliorer l’utilisation des données; |
| 24. | invite la Commission européenne et le bureau de la Convention à toujours utiliser le langage et les moyens de communication les plus simples, les plus récents et les plus incisifs possible afin de faire en sorte que la Convention des maires et d’autres formes de coopérations en matière de climat et d’environnement mises en œuvre par les collectivités régionales et locales soient reconnues comme une marque de durabilité et une preuve d’excellence en matière d’action pour le climat dès lors qu’elle peut se prévaloir d’avoir obtenu certains résultats; |
Une transition participative vers la neutralité climatique
| 25. | demande à la Commission européenne et au secrétariat de la Convention de promouvoir des mesures pour aider les signataires qui rencontrent des difficultés à respecter les objectifs qu’ils s’étaient engagés à atteindre en signant la Convention des maires, pour des raisons indépendantes de leur volonté; |
| 26. | demande à la Commission européenne et au bureau de la Convention des maires de continuer à renforcer la formation et la remise à niveau des signataires, en cherchant à surmonter autant que possible les obstacles linguistiques; rappelle qu’il convient d’accorder une attention particulière à l’adaptation au changement climatique et à la précarité énergétique, qui restent des sujets relativement nouveaux et de ce fait nécessitent des efforts importants de la plupart des signataires; |
| 27. | demande à la Commission européenne et au bureau de la Convention des maires de renforcer davantage le groupe de praticiens (6) issus de l’échelon local (Groupe de praticiens) et de le rendre plus transparent en rendant publique sa composition: ce groupe constitue une ressource importante pour faire en sorte que le processus décisionnel de la Convention des maires suive une logique ascendante et qu’il soit dûment tenu compte des besoins des collectivités locales et régionales. La Commission européenne pourrait envisager d’organiser des activités de formation de haut niveau destinées aux praticiens, en marge et en complément des réunions existantes. Ces activités de formation, mettant plus particulièrement l’accent sur l’assistance aux praticiens des petites villes, pourraient être organisées avec le soutien d’universitaires appartenant à l’espace académique («monde universitaire») de la communauté de la Convention des maires; |
| 28. | demande à la Commission européenne et au bureau de la Convention de développer davantage le rôle du «monde universitaire» qui vise à créer des liens entre les universités et les instituts de recherche, d’une part, et les autorités locales et régionales, d’autre part; rappelle que ces liens sont d’une importance fondamentale pour développer les connaissances et les compétences nécessaires aux transitions et qu’il est également nécessaire de renforcer le soutien à la recherche et aux études, ainsi qu’à la diffusion des résultats de ces activités au sein de la communauté des parties prenantes à la Convention; |
| 29. | demande à la Commission européenne et au bureau de la Convention des maires de continuer à promouvoir et à diffuser les bonnes pratiques peu coûteuses à mettre en œuvre, par exemple en introduisant des critères de durabilité dans les activités existantes ou prévues par les municipalités, qui, très souvent, n’exigeraient pas de nouvelles sources de financement, mais seulement une meilleure allocation des ressources disponibles; rappelle à cet égard l’importance particulière que revêt le recours systématique à des marchés publics écologiques et durables. Des orientations visant à établir des estimations de la durée du travail et des coûts connexes seraient également utiles pour accroître la participation et le contrôle politique; |
| 30. | invite la Commission européenne à mettre davantage l’accent sur l’aspect social, en commençant par la précarité énergétique, mais aussi en incluant les domaines de la santé, de la vulnérabilité au changement climatique, de la gestion des risques et de la qualité de vie; |
| 31. | plaide pour que la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires renforcent la participation des écoles et des centres d’éducation de tous les niveaux à l’élaboration, à la mise en œuvre et au réexamen des PAEDC. Celle-ci sera également essentielle pour susciter des changements de comportement à long terme, lesquels sont nécessaires pour garantir l’efficacité du processus de transition vers la neutralité climatique, comme l’a aussi clairement souligné la stratégie à long terme pour 2050; |
| 32. | insiste sur l’importance capitale d’adopter une approche à quintuple hélice afin de créer des plans d’action efficaces et pérennes capables de gérer la complexité de la nécessaire transition: cette approche exige la participation de l’administration publique, de l’industrie, du monde universitaire, des ONG et des citoyens; invite donc la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires à renforcer le rôle formel du secteur privé, d’autres organismes publics non municipaux (instituts de santé, centres de recherche, etc.), d’organisations à but non lucratif et de la société civile, dans le cadre du développement et de la mise en œuvre des PAEDC; |
Une planification systémique soutenue par des instruments financiers appropriés
| 33. | demande à la Commission européenne et au bureau de la Convention des maires de proposer des mesures visant à renforcer les liens avec les activités de planification au niveau local et régional, en commençant par les plans de mobilité durable et la planification urbaine; rappelle, à cet égard, que le récent rapport du GIEC sur le changement climatique et les terres émergées (7) insiste sur le rôle crucial des politiques d’utilisation des sols dans la lutte contre le changement climatique; rappelle également que les PAEDC devraient devenir un outil opérationnel, flexible et dynamique pour les administrations locales, en lien étroit avec d’autres plans et programmes; |
| 34. | invite la Commission européenne à tenir compte du fait que les responsabilités en matière d’atténuation et d’adaptation incombent dans une large mesure au niveau local. Cette prise en compte s’impose afin de reconnaître aux PAEDC l’importance qu’ils revêtent dans le système de financement des différents pays; |
| 35. | invite la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires à faire en sorte que les PAEDC soient adaptés aux différents besoins locaux figurant dans les documents d’orientation globaux à inclure de manière horizontale dans la planification générale des administrations locales. Chaque action doit se référer à des plans/instruments spécifiques qui existent déjà dans la municipalité concernée. Les PAEDC pourraient également définir des critères qualitatifs/quantitatifs pour soutenir les processus de planification et de prise de décision dans les municipalités afin d’atteindre les objectifs de la Convention des maires; |
| 36. | demande à la Commission européenne de reconnaître et de récompenser les efforts des signataires, des coordinateurs et des promoteurs dans le cadre des instruments financiers de l’Union les plus pertinents. En outre, les États membres devraient être encouragés à faire de même en vue de la bonne mise en œuvre de leurs plans nationaux en matière de climat et d’énergie; |
| 37. | invite la Commission européenne à donner un rôle plus important aux régions, lesquelles sont des éléments importants dans un système de gouvernance à plusieurs niveaux; demande à la Commission, dans ce contexte, de prévoir des mesures d’incitation telles que le partage des charges, afin d’encourager les régions à atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2; estime en outre que les fonds ESI devraient inclure des mécanismes destinés à soutenir le travail des coordinateurs régionaux; |
| 38. | considère que le fait de disposer d’un PAEDC en vigueur ou d’un plan équivalent en matière d’énergie et de climat devrait devenir une condition préalable à l’accès à tous les programmes de financement pertinents (European City Facility, Horizon Europe, Life, etc.); |
| 39. | rappelle que la nature transversale des plans d’action pour le climat pourrait rendre de nombreuses actions éligibles au soutien des fonds de l’Union en faveur du développement rural et de l’action maritime; encourage dès lors les coordinateurs de la Convention à explorer davantage cette possibilité et invite le bureau de la Convention des maires à fournir des orientations à cet égard; |
| 40. | invite le Parlement européen à étudier la possibilité d’une coopération avec le CdR et ses membres dans le cadre du projet des ambassadeurs de la Convention au CdR afin d’accroître la portée et la visibilité du soutien politique en faveur de cette initiative; |
| 41. | invite la Commission européenne à fournir aux régions des orientations claires afin de développer, grâce à la participation de toutes les directions générales concernées, des lignes directrices sur la manière de soutenir la mise en œuvre des PAEDC par l’intermédiaire des programmes opérationnels régionaux FEDER-FSE, d’échanger les bonnes pratiques et de créer les fonctions professionnelles pouvant apporter un soutien aux municipalités; |
| 42. | invite la BEI à intensifier encore ses efforts de communication avec la communauté de la Convention des maires, dans le but de renforcer la capacité des collectivités locales et régionales à utiliser au mieux les outils qu’elle propose, en mettant particulièrement l’accent sur le développement d’instruments de soutien aux collectivités locales de petite et moyenne taille; |
| 43. | se félicite de la création de la plateforme européenne de conseil en investissement (EIAH) (8), qui répond à un besoin fort de soutien et d’orientation des collectivités locales et régionales dans le domaine des possibilités de financement; constate toutefois que cet instrument semble avoir eu jusqu’à présent un impact limité sur les collectivités locales et régionales; invite dès lors la Commission européenne à en examiner les raisons et à créer davantage de synergies entre cet instrument et les initiatives ascendantes, en particulier avec la Convention des maires, et se déclare disposé à l’aider à promouvoir davantage l’outil et à explorer les moyens de le rendre plus fonctionnel. |
Bruxelles, le 5 décembre 2019.
Le président
du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
(1) https://www.ipcc.ch/2018/10/08/summary-for-policymakers-of-ipcc-special-report-on-global-warming-of-1-5c-approved-by-governments/
(2) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52018DC0773
(3) https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/
(4) https://ec.europa.eu/info/eu-regional-and-urban-development/topics/cities-and-urban-development_fr
(5) https://urban.jrc.ec.europa.eu/#/en
(6) https://www.conventiondesmaires.eu/a-propos/soutenir-la-communaute/groupe-de-praticiens.html
(7) Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et les terres émergées.
(8) https://eiah.eib.org/about/initiative-urbis.htm
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la répression violente des récentes manifestations en Iran (2019/2993(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua (2019/2978(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des Ouïgours en Chine («China Cables») (2019/2945(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la commémoration du trentième anniversaire de la révolution roumaine de décembre 1989 (2019/2989(RSP))
19/12/2019