| CELEX | 52019IR1896 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 4 décembre 2019 |
| 10.3.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 79/8 |
Avis du Comité européen des régions — Les défis des régions métropolitaines et leur place dans la future politique de cohésion après 2020
(2020/C 79/02)
| Rapporteur | : | Juraj DROBA (SK/ECR), président de la région de Bratislava |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations générales
| 1. | constate que deux tiers de la population de l’Union européenne vivent dans les régions métropolitaines; aussi, il importe d’examiner cette question également dans la perspective des travaux préparatoires de la politique de cohésion après 2020; |
| 2. | fait observer que l’intensification de l’urbanisation constitue une tendance de fond non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier. Ce phénomène, d’un côté, offre des chances à saisir mais, de l’autre, oblige à faire face à de nouveaux défis. De ce fait, la coopération entre les institutions et les acteurs au sein des régions métropolitaines est essentielle; |
| 3. | constate qu’à l’heure actuelle, il n’existe pas de consensus sur la définition des régions métropolitaines ni sur les critères qui permettent de les déterminer, qui seraient à même de rendre compte de la diversité et de la situation réelle qui prévalent en leur sein dans l’ensemble des États membres de l’Union; |
| 4. | prend acte du fait qu’Eurostat définit une région métropolitaine comme une région de niveau NUTS 3 ou un ensemble de régions de niveau NUTS 3 dont au moins la moitié des habitants habitent dans une zone urbaine fonctionnelle où résident au moins 250 000 habitants. La classification territoriale se fonde sur le recensement des centres urbains caractérisés par une densité élevée de la population et une population minimale de 50 000 habitants. Le Comité fait valoir qu’en s’appuyant sur cette interprétation statistique, ce sont 293,3 millions d’habitants de l’Union européenne qui vivent dans des régions métropolitaines en 2016. Il fait observer qu’il convient également de tenir compte des espaces qui entretiennent des liens fonctionnels avec des territoires situés en dehors de l’Union européenne. L’OCDE définit les régions métropolitaines au moyen des relations fonctionnelles par lesquelles un centre urbain caractérisé par une forte densité de sa population et par ses possibilités d’emploi se rattache au reste d’un territoire par une intense circulation quotidienne en direction de ce centre; |
| 5. | fait observer que les régions métropolitaines embrassent différents types de territoires qui revêtent un caractère essentiellement urbain de par leur population, mais aussi, bien souvent, rural de par l’espace qu’elles englobent. Elles présentent toutefois des liens forts avec les zones périurbaines et rurales et sont souvent confrontées au phénomène de l’expansion urbaine. Dans ces zones suburbaines, la question de l’affectation des sols est essentielle pour la qualité de vie, ainsi que pour l’adaptation au changement climatique et son atténuation. Il convient que les régions débattent ensemble de politiques spécifiques concernant la limitation de l’étalement urbain; |
| 6. | relève qu’il convient de faire la distinction entre les régions métropolitaines hautement urbanisées et celles qui le sont moins, qui requièrent des approches et des mesures politiques différentes; |
| 7. | constate que l’on peut envisager de manière distincte les régions métropolitaines de Londres et de Paris, dont le nombre d’habitants dépasse les 12 millions, tandis que la plupart des régions métropolitaines de l’Union européenne diffèrent par leur taille, leurs fonctions et leurs atouts économiques, ainsi que par leur degré de polycentrisme. Des différences marquées se présentent également dans les approches des régions métropolitaines s’agissant de coordonner leurs politiques et actions communes; |
| 8. | fait observer que la migration des personnes vers les villes constitue l’une des tendances démographiques de l’heure sachant que la population de l’Union européenne se concentre principalement dans les régions métropolitaines des capitales. Les régions métropolitaines doivent faire face à l’étalement des villes vers les périphéries, à la densification des centres urbains et, à l’inverse, au dépeuplement des zones rurales. Cette tendance lourde suscite des exigences en matière de fourniture de services publics pour les habitants et en matière de nouvelles infrastructures, par exemple dans les domaines des affaires sociales, des transports, de l’éducation scolaire et de la santé, ainsi qu’en ce qui concerne la numérisation et la mise en œuvre d’une transition énergétique durable, et elle exerce donc une pression colossale sur les budgets des régions métropolitaines; dans le cas des régions métropolitaines des capitales se présentent par ailleurs des défis supplémentaires liés à leur fonction de capitale d’un État membre, par exemple dans les domaines de la sécurité, des services d’intérêt général, des services numériques et des transports; |
| 9. | souligne que les chiffres réels de la population des régions métropolitaines sont souvent supérieurs à ceux qu’indiquent les statistiques officielles. En effet, les habitants qui vivent dans les régions métropolitaines n’y résident pas tous de manière permanente. De même, le grand nombre de personnes qui se rendent dans les régions métropolitaines pour y travailler en utilisent tout autant les équipements et les services sociaux. En outre, les régions métropolitaines présentent souvent une forte dimension transfrontalière; |
Le potentiel de régions métropolitaines
| 10. | constate que les régions métropolitaines sont tenues pour les moteurs de l’économie des États membres et pour les centres économiques de la croissance. Selon Eurostat, 72 % environ du PIB des 28 États membres sont générés dans les régions métropolitaines. Ces dernières sont non seulement les centres de la croissance économique des États, mais elles concentrent en leur sein la recherche, les innovations et le potentiel créatif, attirant ainsi naturellement le capital, les investissements et les personnes. Les régions métropolitaines sont des pionnières en matière de solutions intelligentes dans les domaines de la fourniture d’informations et de services, de l’économie circulaire, de la durabilité environnementale, de l’efficacité énergétique et de la réalisation d’une mobilité durable; |
| 11. | souligne qu’aux fins d’un développement harmonieux des territoires, il importe que l’Union européenne et ses États membres reconnaissent la valeur ajoutée de la coopération à l’échelon métropolitain afin de réaliser leurs objectifs communs dans le cadre de la réduction des disparités régionales. Puisque les régions métropolitaines concentrent les ressources et l’expertise, elles peuvent contribuer à renforcer la connectivité en leur sein et à répartir les richesses et les avantages sur un territoire donné, en favorisant la collaboration régionale, la croissance économique et en établissant des connexions plus efficaces entre les villes et la campagne. Lorsqu’elles fournissent des services en dehors de leur territoire, les régions métropolitaines jouent un rôle significatif pour élargir le développement aux territoires limitrophes qui revêtent souvent un caractère rural. Elles favorisent l’intégration des communautés et des individus car des relations fonctionnelles dynamiques jettent des ponts entre les zones urbaines, les villes de plus petite taille et les zones rurales. Les interactions entre les zones rurales et urbaines constituent d’importantes forces motrices pour un développement territorial harmonieux; |
| 12. | demande qu’il soit prêté attention à la nécessité d’engager véritablement les politiques nationales à recourir aux instruments territoriaux et de maintenir une allocation équitable des ressources pour l’ensemble des territoires, des régions et des communes, qu’il s’agisse de zones métropolitaines, urbaines ou rurales, ainsi que de s’assurer que les États membres consulteront leurs collectivités territoriales à un stade précoce de la décision sur le lieu et la manière dont les instruments territoriaux seront employés. Cette démarche est essentielle pour harmoniser le soutien apporté à tous les échelons, assurant ainsi un développement équilibré des zones tant urbaines que rurales en tenant compte du principe de subsidiarité et de la cohésion territoriale; |
| 13. | relève que la proposition actuelle de politique de cohésion fait de la valeur ajoutée européenne une condition d’obtention de financements. Le soutien aux régions métropolitaines n’apporte pas seulement une valeur ajoutée européenne mais garantit la compétitivité d’ensemble de l’Union européenne et il contribue, grâce aussi aux effets d’entraînement qui en découlent, à la convergence régionale des États membres; |
| 14. | relève que plus de 70 % des mesures visant à atténuer le changement climatique et jusqu’à 90 % de celles visant à s’y adapter sont mis en œuvre à un échelon infranational; c’est pourquoi les régions métropolitaines sont des acteurs essentiels pour réaliser les engagements pris lors de la COP 21; |
| 15. | constate que, dans le cadre de la politique de cohésion après 2020, une part importante des moyens financiers sera orientée en faveur du soutien aux innovations et aux solutions intelligentes, dont la réalisation intervient en grande partie précisément dans les régions métropolitaines; |
Défis
| 16. | fait observer que certaines régions métropolitaines, y compris celles qui sont considérées comme les plus riches d’un point de vue statistique, continuent de souffrir du retard conséquent accumulé dans le passé en matière d’infrastructures et ont donc besoin de continuer à orienter leurs investissements dans les infrastructures de base; |
| 17. | fait observer que les régions métropolitaines doivent affronter des défis de nature économique, fiscale et territoriale, tout en devant faire face à une demande sans cesse croissante de services publics de qualité en ne disposant que de ressources financières limitées pour les assurer, ce qui influe sensiblement sur la qualité de vie générale de leurs habitants. Dans certaines régions métropolitaines, les recettes budgétaires ne dépendent que marginalement de la réussite économique et du PIB élevé de la région. Dans certaines régions métropolitaines, le budget s’appuie sur une dotation tirée de l’impôt sur le revenu des personnes physiques enregistrées sur leur territoire mais non de l’impôt sur les sociétés qui en génèrent le PIB. C’est pourquoi la présence de sociétés multinationales ne se traduit pas automatiquement par un apport de moyens financiers aux budgets publics; |
| 18. | fait observer que les métropoles régionales se caractérisent par les déplacements fréquents de personnes qui se rendent au travail vers leurs noyaux urbains et que, parmi les principaux défis qu’elles doivent relever, figure donc celui de se doter de transports publics accessibles et écologiques. Les régions métropolitaines doivent mettre en place des formes actives de transport, des solutions de mobilité dans le cadre du domaine public et améliorer la mobilité transfrontalière. Elles doivent faire face à une congestion du trafic qui y réduit la qualité de l’air, ce qui exerce une influence négative sur la santé de leurs habitants; |
| 19. | fait observer qu’en raison également de la concentration des activités industrielles, les régions métropolitaines ne peuvent qu’être davantage confrontées aux défis liés à la qualité de l’environnement, à la mise en place de sources d’énergie renouvelables, à l’économie circulaire, à la pollution atmosphérique, à la qualité des nappes phréatiques, à la gestion des déchets ménagers, à la réduction de la biodiversité et à l’élimination des charges environnementales. Les régions métropolitaines jouent également un rôle prépondérant dans l’adaptation aux conséquences du changement climatique; pour aborder tous ces problèmes, il s’impose d’adopter une approche globale; |
| 20. | souligne que les régions métropolitaines sont confrontées à un niveau élevé d’inégalités. Certaines d’entre elles englobent les zones les plus pauvres des États membres et doivent faire face à la pauvreté urbaine, à l’inclusion sociale, à l’augmentation du nombre de sans-abri, à la pauvreté des enfants, aux groupes vulnérables, au chômage des jeunes, à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, à l’intégration des migrants et des réfugiés, à une hausse de la criminalité, au vieillissement de la population et à la pauvreté au travail. Les statistiques officielles occultent fréquemment l’existence de ces zones, car elles ne sont disponibles que pour une échelle supérieure, et cette carence ne manque pas de produire des effets sur la conception des politiques et actions en la matière; |
| 21. | souligne que les régions métropolitaines sont touchées de manière spécifique par la crise du logement. D’une part, une partie de leur territoire se dépeuple, tandis que d’autres zones enregistrent une demande énorme de logement. Dans les villes qui connaissent une telle demande, les prix augmentent plus rapidement que les revenus des habitants, ce qui accentue la ségrégation et les inégalités sociales. Dans ce contexte, le Comité préconise derechef un programme européen en faveur du logement (1); |
| 22. | demande à Eurostat de collecter et d’analyser sous l’angle territorial les données relatives à la possibilité d’accéder à un logement et au coût de celui-ci. Il convient également d’étudier les initiatives, y compris celles de la société civile, visant à construire des logements abordables; |
| 23. | fait observer qu’il convient d’accorder une attention toute particulière aux régions métropolitaines qui subissent une transformation économique et qui se battent avec les conséquences négatives de la cessation de l’activité industrielle. Elles doivent faire face à un chômage élevé, souvent à long terme, tout en devant affronter la transformation des anciens sites industriels et la régénération de zones et de quartiers urbains négligés; |
| 24. | parmi les principaux défis que doivent relever les régions métropolitaines figure le soutien à l’extension des infrastructures numériques qui permettent aux citoyens de trouver des possibilités d’emploi dans de nouveaux secteurs et d’instaurer de nouvelles modalités de travail telles que par exemple le travail à distance; |
| 25. | fait observer que les régions métropolitaines englobent souvent des zones rurales et en ce sens, il importe grandement d’œuvrer au bon fonctionnement des liaisons entre les villes et la campagne dans le cadre de la région métropolitaine et de se garer du risque de fragmentation lors de l’élaboration des politiques. Le Comité souligne que les régions métropolitaines concentrent en leur sein les ressources et l’expertise et sont ainsi en mesure, grâce à leurs capacités en matière de spécialisation professionnelle et de planification stratégique, d’aider leur territoire élargi à obtenir des financements provenant des fonds de la politique de cohésion de l’Union européenne. Il s’ensuit que les régions métropolitaines peuvent constituer le niveau territorial approprié afin de mettre en œuvre les approches intégrées en matière de développement durable tout en plaçant l’accent sur la solidarité territoriale; |
| 26. | estime qu’il importe d’étudier une éventuelle coopération dans des questions intersectorielles concernant les liens entre campagnes et villes, lesquels contribuent au développement des zones tant rurales que métropolitaines, telles que le soutien à la mise en place de chaînes de valeur régionales et locales et la vente directe de produits agricoles dans les régions métropolitaines, dans la perspective de créer de la valeur ajoutée pour les zones rurales environnantes; |
| 27. | souligne qu’il est nécessaire de mieux appréhender les structures que présentent les régions métropolitaines dans des situations d’insularité et les interactions qui se produisent entre les territoires insulaires; |
| 28. | souligne qu’il est nécessaire d’élargir la réflexion aux régions métropolitaines non continentales; |
Mieux associer les régions métropolitaines à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique de cohésion
| 29. | fait observer que le processus qui se déroule à l’heure actuelle afin de préparer la politique de cohésion après 2020 offre une occasion unique de prendre en compte la nécessité d’une approche spécifique des régions métropolitaines dans le cadre des travaux préparatoires des futurs accords de partenariat, puis par la suite des programmes opérationnels des fonds de la politique de cohésion de l’Union européenne; |
| 30. | soutient l’idée qu’il ne soit fait d’aucune manière obstacle sur le plan administratif à la coopération entre les régions de niveau NUTS II qui constituent ensemble la région de la capitale (c’est-à-dire la capitale et sa région) et qui entendent convenir ensemble de leurs stratégies et de leurs opérations dans le cadre des programmes opérationnels concernés, et qu’il existe une souplesse suffisante s’agissant de choisir les interventions visant à nouer une étroite coopération; |
| 31. | souligne qu’à l’heure actuelle, les régions métropolitaines jouent un rôle dans la politique de cohésion et recommande d’insuffler et de renforcer sans délai cette dimension dans le cadre de cette politique après 2020, tout comme dans les politiques européennes pertinentes, y compris dans le nouvel agenda territorial et dans les documents stratégiques tels que la nouvelle charte de Leipzig et la nouvelle politique européenne de développement qui succèdera à la stratégie Europe 2020; |
| 32. | demande d’associer directement les régions métropolitaines à l’élaboration de la politique de cohésion, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes opérationnels et des projets de l’Union européenne, pour autant qu’elles aient élaboré des accords de coopération territoriale; |
| 33. | demande à la Commission européenne de tenir compte, lors de l’approbation des accords de partenariat et, par la suite, des programmes opérationnels, de qui détient les compétences pour mettre en œuvre chacune des différentes opérations, sachant que les pouvoirs des métropoles régionales et des collectivités locales sont différents dans chacun des États membres; |
| 34. | fait observer qu’en raison de leur relative richesse, les régions métropolitaines sont limitées dans leurs possibilités d’obtenir des financements des fonds de la politique de cohésion de l’Union européenne; de ce fait, l’on est de plus en plus contraint d’utiliser ceux-ci de manière efficace. Le fait que la méthode de répartition des ressources des fonds de la politique de cohésion de l’Union dans le cadre des allocations nationales respectives s’appuie en premier lieu sur un seul indicateur, à savoir le PIB par habitant calculé en parité de pouvoir d’achat, en ne tenant compte que partiellement des aspects sociaux, territoriaux et environnementaux, ne permet pas d’obtenir une vision globale du niveau de développement. C’est pourquoi il convient de prévoir une compensation adéquate pour les régions qui sont défavorisées sur la base d’une répartition strictement économique des dotations financières. La proposition relative à la «transférabilité des ressources» (2) est un outil pertinent à cet égard. Les États membres sont encouragés à évoquer ces transferts avec toutes les régions concernées, en veillant à ce que toute décision prise soit consensuelle et conforme à la gouvernance à plusieurs niveaux; |
| 35. | approuve la proposition de la Commission européenne d’accroître les possibilités de transferts de financement entre les catégories de région de 3 à 15 % de la dotation globale de l’État membre et exhorte les États membres à faire usage de cette faculté. Le Comité fait observer que pour mettre en œuvre cette flexibilité, il sera nécessaire de mener une analyse approfondie; |
Obtenir et analyser les données à l’échelon régional
| 36. | demande à la Commission européenne, par le truchement du Centre commun de recherche de l’Union, de commencer à étudier la valeur ajoutée que pourrait procurer le soutien aux régions métropolitaines dans le cadre du principal objectif de la politique de cohésion, qui consiste à réduire les disparités régionales. Dans le cadre de ces recherches, il présentera des exemples des effets d’entraînement qui découlent du soutien aux régions métropolitaines et de leur contribution à la cohésion des États et des régions (3); |
| 37. | recommande, grâce au recours à la méthode de l’indice de progrès social (IPS), de déterminer les défis les plus urgents qui se présentent dans les régions métropolitaines et qui devront faire l’objet d’un financement des fonds de la politique de cohésion de l’Union. Cette démarche peut aider les acteurs régionaux et urbains à discerner et à définir correctement les besoins de leur territoire en investissements; |
| 38. | recommande à Eurostat, lorsqu’il évalue le degré de développement économique des régions, de mettre en place des statistiques régionales et de ne pas se fonder sur les moyennes nationales pour mesurer le PIB régional par habitant en parité de pouvoir d’achat; |
| 39. | recommande en outre de développer la collecte de données statistiques à l’échelon régional, et notamment des données qui reflètent les relations fonctionnelles sur le territoire des régions métropolitaines. Cette démarche permettrait d’obtenir des informations plus complètes sur la population des régions métropolitaines et sur sa mobilité en leur sein, d’élaborer des mesures plus adaptées et d’orienter de manière plus ciblée les investissements des fonds de la politique de cohésion de l’Union; |
| 40. | recommande, en vue de réduire la charge administrative et les charges liées à la collecte des données, de soutenir les méthodes novatrices de collecte des données, qui permettent de suivre les traits systématiques des déplacements dans le cadre des régions métropolitaines; |
Une politique de cohésion qui répond aux besoins des régions métropolitaines et de leurs habitants
| 41. | recommande de soutenir dans une plus large mesure les instruments qui fournissent une aide à la coopération métropolitaine, comme par exemple les investissements territoriaux intégrés et le développement local mené par les acteurs locaux (DLAL), les axes prioritaires distincts pour les régions métropolitaines dans chacun des différents programmes opérationnels, les stratégies territoriales intégrées des régions, les stratégies de développement durable des villes et les plans de mobilité urbaine durable (PMUD), qui devraient continuer à prendre de l’importance dans le cadre de la politique de cohésion de l’Union après 2020 et constituer des documents d’appui pour les investissements; |
| 42. | constate avec regret que pour la première fois, il est proposé que le budget de la politique de cohésion représente moins d’un tiers du budget de l’Union, alors qu’au moyen de la concentration thématique, il est fortement lié aux deux premiers objectifs de la nouvelle politique de cohésion, à savoir une Europe plus intelligente et plus écologique. Il s’agit précisément du type de mesure mises en œuvre pour l’essentiel dans les régions métropolitaines. Le Comité recommande donc aux États membres de coopérer étroitement lors de l’élaboration des accords de partenariat avec les régions métropolitaines s’agissant de définir la manière de réaliser la concentration thématique; |
| 43. | demande à la Commission européenne de créer les conditions et les mécanismes d’appui afin de transmettre les connaissances, d’échanger les expériences et les bonnes pratiques concernant les défis essentiels, les solutions ou les projets développés par les régions métropolitaines, tels que l’administration partagée entre plusieurs d’entre elles, les indicateurs pour contrôler la mise en œuvre des stratégies de planification métropolitaine ou le développement de politiques intelligentes; |
| 44. | attire l’attention sur le fait que les régions métropolitaines se caractérisent par la fragmentation de leurs structures de gouvernement, qui rassemblent un grand nombre d’entités régionales et locales, ce qui restreint leur capacité à relever efficacement les défis économiques, sociaux et environnementaux. Le Comité encourage par conséquent les échanges de bonnes pratiques entre les régions métropolitaines en vue de concevoir des stratégies à long terme et des solutions novatrices qui leur permettraient de remédier à cette fragmentation des compétences; |
| 45. | soutient l’idée de créer un fonds pour une transition juste visant à favoriser une transition énergétique durable, tout en faisant face aux enjeux sociaux liés à la mobilité de la main-d’œuvre et aux importants changements démographiques, et qui serait financé par de nouvelles ressources, en plus de celles liées aux fonds de la politique de cohésion; |
| 46. | fait observer que si les régions métropolitaines disposent, d’un côté, d’un capital humain et de talents considérables, elles doivent de l’autre affronter toute une série de défis, qu’il s’agisse de l’exclusion sociale ou de l’adaptation aux compétences futures sur le marché du travail. Afin de relever ces défis pour les régions métropolitaines, il est judicieux de recourir au FSE+ en œuvrant en lien étroit et de manière cohérente avec les mesures en faveur des infrastructures financées par le FEDER; |
| 47. | demande que le nouveau programme urbain de l’Union européenne tienne compte, dans chacun de ses partenariats, de la métropolisation en cours des territoires ou bien que soit créé un nouveau partenariat pour la dimension métropolitaine du programme urbain présentant un caractère horizontal et stratégique. |
Bruxelles, le 4 décembre 2019.
Le président
du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
(1) Résolution du Comité européen des régions du 27 juin 2019 relative à ses propositions pour la nouvelle législature de l’Union européenne, paragraphe 20, https://webapi2016.cor.europa.eu/v1/documents/cor-2019-02550-00-01-res-tra-fr.docx/content
(2) COM (2018) 375, article 105.
(3) À cet égard, on se reportera au rapport intitulée «Les impacts des régions métropolitaines sur leurs environs» (The Impacts of metropolitan regions on their surrounding areas, https://cor.europa.eu/en/engage/studies/Documents/Metropolitan-regions.pdf, disponible pour l’heure uniquement en anglais).
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la répression violente des récentes manifestations en Iran (2019/2993(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua (2019/2978(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des Ouïgours en Chine («China Cables») (2019/2945(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la commémoration du trentième anniversaire de la révolution roumaine de décembre 1989 (2019/2989(RSP))
19/12/2019