| CELEX | 52019IR2579 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 8 octobre 2019 |
| 5.2.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 39/48 |
Avis du Comité européen des régions — Améliorer la réglementation: faire le point et maintenir notre engagement
(2020/C 39/10)
| Rapporteur | : | M. Olgierd GEBLEWICZ (Pologne, PPE), maréchal de la voïvodie de Poméranie occidentale |
| Textes de référence | : | COM(2019) 178 final SWD(2019) 156 |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations
| 1. | se félicite du bilan établi par la Commission européenne concernant les activités liées au «mieux légiférer» et souligne qu’une telle démarche ne devrait effectivement pas être un programme de déréglementation caché et qu’une meilleure réglementation et une élaboration des politiques inclusive, transparente et fondée sur des données factuelles sont des impératifs dans un climat où la démocratie et la prise de décision par des compromis sont menacées, mais aussi que jamais les outils conçus pour améliorer la réglementation ne peuvent se substituer à un processus décisionnel politique à caractère démocratique. Le Comité précise que lesdits outils entraînent eux-mêmes certains «coûts», par exemple sous la forme de temps ou d’une mobilisation de ressources humaines, qu’il faut donc les concevoir de façon qu’ils soient efficaces, et il fait également remarquer qu’une meilleure réglementation doit résulter d’un effort conjoint à tous les niveaux de gouvernance. Il se réjouit donc particulièrement de constater que la Commission reconnaît la nécessité que les collectivités locales et régionales et lui-même soient associés de manière plus directe au processus politique de l’Union européenne; |
| 2. | fait observer que les citoyens de l’Union européenne méritent un droit de bonne qualité, qui apporte une valeur ajoutée européenne et se caractérise par sa clarté, dont les objectifs soient bien expliqués à ses destinataires et qui fasse l’objet d’un suivi quant à son impact. Étant donné que les collectivités locales et régionales assurent la mise en œuvre et l’application de quelque 70 % de la législation de l’Union et que ce sont elles qui, par ailleurs, se trouvent au contact le plus proche de la population, il convient qu’elles soient directement associées à la démarche du bien légiférer dans l’Union européenne, ainsi qu’au processus évaluant l’efficacité de la réglementation. Dès lors qu’il est capital que, s’agissant de la mise en œuvre des prescriptions de l’Union européenne et de sa perception, le citoyen en comprenne les objectifs et les avantages qu’elles leur procurent, les pouvoirs locaux et régionaux, qui jouissent de la confiance de la population, doivent être pleinement parties prenantes de ce processus de communication, c’est-à-dire de la fourniture d’informations et d’éclaircissements qui, portant sur le sens de ces réglementations, soient compréhensibles à l’échelle locale. Le Comité joue un rôle capital à cet égard, en tant que trait d’union officiel entre l’Union européenne et les collectivités locales et régionales; |
| 3. | fait remarquer que la qualité de la législation constitue l’une des grandes clés pour la réussite du processus d’intégration européenne et que l’Europe sera forte, que ses institutions seront régies par le droit, que sa politique sera opérante et que les citoyens s’engageront dans le processus décisionnel et en seront parties prenantes dès lors que le mode de gouvernance garantira que les différents niveaux de pouvoir coopèrent entre eux, tant pour mettre en œuvre les politiques de l’Union et appliquer efficacement le droit que pour trouver, face aux défis mondiaux, des réponses qui soient acceptables pour la société. Le Comité soutient donc aussi la position de la Commission européenne quand elle affirme que les approches quantitatives, visant à réduire d’un pourcentage donné les charges dites «administratives», ne sont aptes à prendre en compte ni la complexité et la diversité qui caractérise la réglementation de l’Union, ni ses retombées à différents niveaux. Il approuve également, dans ce contexte, les recommandations du groupe de travail spécialisé («task-force») sur la subsidiarité selon lesquelles l’exercice REFIT doit notamment être centré sur la question de la «densité» de la législation par rapport à sa valeur ajoutée. Dans ce contexte, le Comité salue également l’engagement pris par la présidente de la future Commission d’organiser, en 2020, une conférence sur l’avenir de l’Europe et il rappelle qu’il souhaite être pleinement associé à tout débat sur l’amélioration de la gouvernance de l’Union européenne et qu’il a suggéré de la doter d’un dispositif permanent et structuré de dialogue citoyen afin de renforcer le caractère démocratique de son fonctionnement; |
| 4. | convient que le programme d’amélioration de la législation constitue un outil qui a pour objectif de contribuer à améliorer la politique menée par l’Union européenne et peut fournir la base nécessaire pour arrêter en temps opportun des décisions politiques judicieuses, en apportant la garantie que les textes législatifs adoptés par les institutions de l’Union européenne font «plus de bien que de mal», c’est-à-dire en veillant à ce que les mesures juridiques reposent sur des réalités probantes, soient conçues avec soin et soient sources d’avantages mesurables et durables pour la population, les entreprises et la société dans son ensemble. Cette observation s’applique tant aux dispositions nouvelles qu’au vaste corpus législatif de l’Union européenne déjà existant. Le Comité réalise que cet instrument ne représente en fait que l’amorce du processus visant à construire les meilleurs mécanismes possibles pour l’élaboration de la législation; |
| 5. | a conscience qu’en vertu des compétences que lui confèrent les traités et des ressources humaines dont elle dispose, les structures de la Commission européenne jouent un rôle déterminant dans la politique visant à améliorer l’élaboration du droit. Le Comité rappelle toutefois qu’il n’est pas possible de parvenir à mieux légiférer par une action entreprise exclusivement au niveau de l’Union. Il insiste énergiquement sur le potentiel, considérable mais non exploité dans son intégralité, que recèle la coopération avec les collectivités locales et régionales, pour laquelle il joue naturellement un rôle de passerelle; |
| 6. | rappelle qu’en vertu de l’article 5 du traité sur l’Union européenne concernant les principes de subsidiarité et de proportionnalité, l’Union est tenue de ne légiférer, dans les domaines de compétence partagée, que dans la mesure où les objectifs de la politique concernée ne peuvent être atteints à un degré suffisant par les États membres, leurs régions ou leurs collectivités locales. Le Comité approuve les conclusions du groupe de travail spécialisé («task-force») sur la subsidiarité et la proportionnalité et la proposition d’ouvrir le champ du politique en mobilisant mieux tous les niveaux de gouvernance, grâce à une nouvelle approche du principe de subsidiarité, conçu comme «subsidiarité active»; |
| 7. | souligne qu’à l’heure actuelle, les collectivités locales et régionales ne sont directement associées ni aux négociations entre le Parlement européen et le Conseil qui se déroulent lors des procédures législatives, ni au mécanisme officiel de contrôle de la subsidiarité. Le Comité rappelle toutefois qu’il a le droit de saisir la Cour européenne de justice lorsque le principe de subsidiarité n’est pas respecté, et qu’il a recours à cette possibilité pour défendre ses messages politiques en la matière, jouant ainsi un rôle important de relais pour faire entendre la voix des collectivités locales et régionales. Il demande à la Commission d’étudier les moyens d’associer plus étroitement les parlements régionaux à ces processus, par exemple en les incorporant officiellement dans le mécanisme d’alerte précoce ou en étendant à leur profit le système de cartons jaunes et rouges, afin qu’ils puissent apporter une contribution positive au développement d’une subsidiarité active; |
| 8. | réitère que le suivi de la législation et son évaluation jouent un rôle déterminant dans le processus du mieux légiférer. Le Comité fait observer que bien souvent, de nouveaux règlements sont mis en œuvre avant qu’une évaluation complète et correcte n’ait été achevée concernant l’impact des textes de droit en vigueur jusqu’alors. Étant donné qu’ils assurent en majeure partie la mise en œuvre du droit de l’Union, ce sont les pouvoirs locaux et régionaux qui possèdent les connaissances les plus étendues concernant son incidence concrète pour les citoyens; |
| 9. | prend acte avec satisfaction de l’appel que lance la Commission pour que lui-même, en s’y investissant davantage, renforce les actions menées au titre de REFIT; |
| 10. | insiste sur les capacités de consultation et de communication dont il dispose vis-à-vis des communautés locales, grâce à l’exploitation de ses contacts avec les réseaux existants qui rassemblent des représentants des pouvoirs locaux et régionaux dans les États membres; |
Les instruments du mieux légiférer et le rôle joué par les pouvoirs locaux et régionaux pour mieux les exploiter
| 11. | relève que la consultation des parties prenantes peut fournir de précieuses contributions pour le contenu de la législation et produire un effet légitimant, qui renforce l’adhésion à la réglementation et est donc susceptible d’aboutir à une mise en œuvre nettement plus efficace de la législation. Le Comité accueille par conséquent avec satisfaction le lancement d’une initiative concernant la communication avec les citoyens et leur consultation, grâce à la création du portail «Donnez votre avis!». Il relève néanmoins que les réponses émanant de citoyens pris isolément ne représentent jusqu’à présent qu’une minorité dans les contributions, probablement parce que le portail et les processus de consultation ne sont pas encore fort connus. Il demande en conséquence que les mesures visant à informer sur ces consultations et à les promouvoir soient renforcées, notamment par une collaboration avec les collectivités locales et régionales, et propose par ailleurs qu’il soit envisagé de mettre en place des consultations spécifiquement ciblées sur les pouvoirs locaux et régionaux, en particulier pour les champs thématiques qui revêtent une haute importance à leurs yeux. Dans ce contexte, il estime que sa mobilisation, grâce à l’exploitation des contacts qu’il a noués dans le cadre des réseaux rassemblant les représentants des pouvoirs régionaux et locaux, pourrait ouvrir la possibilité de toucher des cercles plus étendus d’acteurs tant individuels qu’institutionnels, améliorant ainsi les résultats de la consultation; |
| 12. | juge que l’évaluation des effets de l’acquis législatif constitue un outil important pour lui conférer plus de légitimité et de transparence et, par conséquent, soutient la Commission quand elle exprime son intention de prêter une attention particulière à la subsidiarité et à la proportionnalité lorsqu’elle procède à cet examen. Le Comité tient à souligner qu’à cet égard, les collectivités locales et régionales représentent une source d’information particulièrement utile; |
| 13. | attire l’attention sur la nécessité de s’atteler à poursuivre les travaux pour élaborer des indicateurs d’évaluation d’impact qui prennent en compte des instruments couvrant des niveaux situés en-deçà du national et, en particulier, ceux qui sont utilisés pour concevoir des actions telles que les objectifs de développement durable (ODD) ou le tableau de bord rassemblant les indicateurs sociaux. Grâce à cette approche, les pouvoirs publics européens, nationaux, régionaux et locaux seront à même de se familiariser avec les analyses d’impact dans les différentes régions et auront ainsi la possibilité de dégager les points qui, au niveau du local, demandent à être améliorés dans le domaine de la législation et de la conception des politiques; |
| 14. | met en exergue la diversité des régions européennes, qui peut avoir pour résultat qu’un texte législatif donné produise des effets asymétriques d’un territoire à l’autre. Les analyses d’impact initiales devraient déterminer s’il y a lieu de prendre en considération, à un stade du processus législatif situé très en amont, d’éventuelles retombées territoriales produites par la mise en œuvre des politiques, et il conviendrait dès lors que ces analyses deviennent une pratique usuelle, que l’ensemble des directions et services de la Commission appliqueraient afin d’examiner cette dimension lors de l’élaboration de la législation. Il leur serait ainsi possible de mieux évaluer les moyens idéaux à employer pour atteindre leurs objectifs politiques et effectuer des analyses d’impact territorial de la législation plus approfondies, le cas échéant. Cette démarche contribuerait par ailleurs à sensibiliser toutes les directions de la Commission aux conséquences territoriales et géographiques potentielles de leurs choix politiques; |
| 15. | rappelle avoir lancé, en 2018, un projet pilote de pôles régionaux (RegHub) afin de collecter, au moyen de questionnaires spécifiques, des données locales et régionales sur la mise en œuvre des politiques de l’Union européenne. Le Comité se félicite que la communication de la Commission européenne sur l’amélioration de la réglementation confirme son soutien audit projet. Il invite à déployer des efforts supplémentaires afin de l’améliorer et, une fois que la phase pilote aura fait l’objet d’une évaluation positive, de l’intégrer à titre permanent dans le dispositif d’élaboration des politiques et du droit de l’Union européenne; |
| 16. | soutient résolument les objectifs de la plate-forme REFIT. Le Comité fait observer qu’il est membre, depuis sa création en 2015, de son groupe des parties intéressées. Il préconise d’étendre le mandat qu’elle détient, conformément aux propositions formulées par le groupe ad hoc sur la subsidiarité qu’il a constitué en son sein et qui a cerné une série de problèmes à cause desquels il est dans l’impossibilité de concourir plus efficacement encore au fonctionnement de ladite plate-forme. Il souligne qu’en tant qu’organe consultatif, il est le mieux placé pour y assurer un apport substantiel mais que le caractère hautement spécialisé et technique que revêtent actuellement les contributions y déposées, ainsi que les délais serrés à respecter pour y soumettre ces observations, font qu’il est dans l’impossibilité d’exploiter tout le potentiel dont il dispose pour y contribuer avec toute l’ampleur voulue. Il fait valoir en outre que par son intermédiaire, le réseau RegHub peut apporter une contribution importante à la réalisation des objectifs de la plate-forme REFIT; |
Recommandations du CdR
| 17. | tout en appréciant les efforts que la Commission européenne a déployés jusqu’à présent dans le cadre de la révision des dispositions en vigueur, recommande d’élaborer des plans de réexamen du droit secteur par secteur, afin de garantir que les objectifs qu’elle propose soient mis en œuvre de manière cohérente et systématique. Le Comité souligne, dans le même temps, que tant pour évaluer les règles existant jusqu’à présent que pour en créer de nouvelles, il est indispensable d’accroître la coopération à niveaux multiples, fondée sur la confiance mutuelle. Il relève que cette collaboration devrait se traduire par l’association active des régions et des collectivités locales à la démarche, dès le stade de la définition du programme de travail annuel de la Commission européenne et dans la phase de programmation annuelle des activités d’évaluation et de suivi de la législation, en particulier en ce qui concerne les aspects relatifs à l’impact territorial; |
| 18. | convient de la nécessité de renforcer l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité dans le processus décisionnel de l’Union, en tant qu’élément d’un programme plus complet pour une meilleure réglementation. Le Comité demande que ces principes de subsidiarité et de proportionnalité obtiennent le plus haut degré de priorité et que le premier cité soit utilisé sur un mode actif, en tant que moyen d’assurer que les apports émanant du terrain soient pleinement pris en compte dans le cadre des compétences existantes au niveau de l’Union européenne. Lesdits principes doivent être considérés comme des éléments essentiels du processus décisionnel de l’Union européenne, en particulier sous la forme d’une étroite coopération avec lui-même, en tant que représentant des pouvoirs locaux et régionaux, lesquels sont chargés d’appliquer directement de vastes pans du droit de l’Union européenne; |
| 19. | fait observer qu’en ce qui concerne sa méthodologie de travail, la plate-forme REFIT s’efforce de réunir dans un même cadre le point de vue technique et la perspective politique. Le Comité est cependant d’avis que lui-même, qui constitue le représentant des pouvoirs politiques locaux et régionaux, est traité comme un groupe d’intérêts, dans une démarche qui ne reflète pas la nature de sa composition. Il lance donc un appel pour que cette manière de travailler soit repensée de façon que les représentants qu’il y envoie soient associés plus directement au processus politique visant à établir les objectifs politiques de la plate-forme et à sélectionner les dispositions soumises à son analyse. Ses membres qui participent aux activités de la plate-forme pourraient ainsi tirer pleinement parti de l’expérience et de l’expertise dont ils disposent en ce qui concerne la mise en œuvre du droit européen et ses effets sur les citoyens, tout en établissant les liens nécessaires avec les réseaux qu’il a lui-même constitués; |
| 20. | rappelle qu’il est important que les collectivités locales et régionales soient en mesure d’adapter la réglementation de l’Union européenne aux réalités locales et régionales, afin de ne pas créer inutilement des tâches administratives, des restrictions ou des charges économiques. Le groupe de travail spécialisé sur la subsidiarité et la proportionnalité insiste sur l’augmentation de la densité de la réglementation, réduisant ainsi la marge d’interprétation qui devrait exister dans la mise en œuvre des directives. Pareille approche complique la tâche de la Commission quand elle entend parvenir à une législation de meilleure qualité et plus efficace. Il conviendrait dès lors d’aborder cette question dans le cadre des travaux futurs sur l’amélioration de la réglementation; |
| 21. | recommande également de modifier la structure de la plate-forme REFIT, en incluant des experts du niveau local ou régional dans les travaux du groupe d’experts nationaux et de celui réunissant des représentants des groupes d’intérêt. Cette démarche pourrait constituer un moyen supplémentaire de mettre en œuvre les recommandations du groupe de travail sur l’extension du rôle des pouvoirs locaux et régionaux dans le processus législatif, telles que la Commission les a formulées dans sa communication à l’examen; |
| 22. | note que la Commission s’est engagée à intensifier la coopération qu’elle mène avec lui-même, ainsi qu’avec le Comité économique et social européen et les associations représentatives. Une fois la phase pilote menée à bien, les réseaux régionaux (RegHub) peuvent constituer un canal de communication primordial, par l’intermédiaire duquel il sera possible de parvenir à cette collaboration renforcée. Le Comité souligne qu’il serait nécessaire, à cette fin, que la Commission, lui-même et tous les autres intervenants définissent, en accord avec les réseaux régionaux, les calendriers, le contenu des domaines d’intervention et la pertinence régionale et locale de l’action. Dans ce contexte, il exhorte la Commission à s’engager davantage dès la phase pilote du projet; |
| 23. | conseille à la Commission européenne d’envisager la possibilité, une fois que la phase pilote aura été menée à son terme, d’étendre les réseaux régionaux (RegHub). Leur expansion et la mobilisation des quelque 280 régions participantes augmentera de manière significative la valeur ajoutée que le projet peut apporter. Couvrant l’ensemble de l’Europe, ces réseaux régionaux pourraient devenir un instrument appréciable pour aider à résoudre certaines difficultés auxquelles se heurte actuellement la démarche du «Mieux légiférer», et nombre de régions se sont dites très intéressées par une participation à la phase pilote du projet. Le Comité signale néanmoins que le déploiement et le fonctionnement de tels réseaux devraient s’accompagner d’investissements dans le domaine des ressources financières et humaines, ainsi que d’un soutien aux régions qui souhaitent s’organiser en interne en vue de contribuer durablement à l’activité de l’un d’entre eux à l’issue de la phase pilote; |
| 24. | se félicite qu’en 2016, le Parlement européen, le Conseil et la Commission aient signé un nouvel accord interinstitutionnel «Mieux légiférer» et qu’il renforce le contrôle sur la procédure d’adoption des actes délégués et actes d’exécution. Le Comité souligne toutefois qu’il n’est pas pleinement appliqué par les institutions qui l’ont souscrit et que lui-même n’a malheureusement pas été inclus dans le processus de son élaboration. Il fait valoir que sur la base des questions soulevées ci-dessus, il serait effectivement dans l’intérêt institutionnel général de l’Union européenne que lui-même soit associé à toute révision ultérieure dudit accord interinstitutionnel; |
| 25. | incite à élargir, en y intégrant un membre désigné par lui-même, la composition du comité d’examen de la réglementation, cette extension se justifiant par la nécessité urgente de sensibiliser cette instance au point de vue des régions et des communes vis-à-vis de la législation de l’Union européenne. Le Comité a la conviction que donner aux pouvoirs locaux et régionaux, ainsi qu’à lui-même, un rôle officialisé plus affirmé dans la définition des politiques et du droit de l’Union constitue la seule manière de contribuer à assurer que les règles concernées soient plus efficaces et respectueuses des principes de subsidiarité et de proportionnalité et, par là, que leur légitimité se trouve renforcée; |
| 26. | lance un appel au Parlement européen et au Conseil pour qu’ils procèdent à une analyse de l’impact de toutes les modifications substantielles qu’ils proposeront, l’un et l’autre, tout au long du processus législatif. Le Comité demande en outre qu’au cas où l’accord qui se dégagera diffère sensiblement de l’analyse d’impact initiale de la Commission, ses retombées économiques, sociales et environnementales, ainsi que les contraintes réglementaires qu’il impose, fassent l’objet d’une nouvelle évaluation, effectuée en collaboration entre les institutions concernées, avant l’adoption de la décision définitive. Dans ce cas de figure, le Comité réclame d’être régulièrement informé de l’état d’avancement des négociations entre le Parlement européen et le Conseil et de leur impact sur les objectifs originels du règlement, ainsi que d’avoir la possibilité d’être consulté à nouveau si des changements significatifs y ont été apportés; |
| 27. | appelle la Commission à faire en sorte que les futures analyses d’impact comportent à la fois une analyse des charges économiques qu’une nouvelle législation entraînerait pour le secteur public et une analyse territoriale. L’on disposerait ainsi d’une base plus précise pour débattre de la question de savoir dans quelle mesure l’instrument le plus approprié consiste à légiférer au niveau de l’Union européenne; |
| 28. | rejoint la Commission européenne dans sa volonté d’exhorter les États membres à exposer les raisons de toute intention exprimée au niveau national d’ajouter des exigences spécifiques lors de la transposition du droit européen dans la législation nationale, par la démarche que l’on appelle aussi phénomène de «surtransposition». Le Comité estime que dans de tels cas, et en particulier lorsque ces exigences impliquent une charge administrative supplémentaire pour la mise en œuvre du droit européen aux niveaux infranationaux, lui-même et la Commission européenne devraient en être informés dès que possible par les États membres, afin qu’un dialogue puisse être dûment mené à ce sujet; |
| 29. | revendique que par le truchement d’un protocole spécial y annexé et passé avec lui, concernant en particulier la mise en œuvre de certains mécanismes d’évaluation et de consultation, il soit associé au prochain accord interinstitutionnel «Mieux légiférer», à conclure ultérieurement entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne; |
| 30. | invite la Commission européenne, à mener à bien, en coopération avec lui-même, des activités d’information et de formation à l’adresse des régions et les collectivités locales, sur les procédures et les instruments de réglementation destinés à mieux légiférer. Ce faisant, il convient de tenir compte des initiatives en la matière qui ont déjà été lancées dans les États membres, par les régions elles-mêmes ou par leurs associations représentatives, afin de promouvoir, par l’intermédiaire du Comité, la mise en réseau, les synergies, l’échange d’informations et de bonnes pratiques par les responsables de ces initiatives, entre eux et avec la Commission européenne; |
| 31. | recommande que dans le cadre du concept de mieux légiférer, la Commission élabore des approches de communication qui visent à expliquer à la population, sous une forme compréhensible et à un stade situé raisonnablement en amont, la nécessité à laquelle répondent des processus législatifs complexes ou controversés ou le sens qu’ils revêtent; |
| 32. | demande qu’il soit tenu compte des régions constitutionnelles dotées d’attributions législatives et que des canaux soient ménagés pour leur assurer une participation intégrale et directe aux procédures destinées à élaborer des textes législatifs en rapport avec leurs domaines de compétence; |
| 33. | partage l’avis de la Commission européenne estimant que l’amélioration de la réglementation nécessite un «effort commun» et souligne, dans le même temps, que le programme «Mieux légiférer» présente une dimension à niveaux multiples, qui a pour corollaire que cette responsabilité doit être partagée entre tous les échelons de gouvernance. Le Comité recommande à cette fin que la Commission européenne modifie les lignes directrices pour l’amélioration de la réglementation afin d’intégrer la dimension territoriale dans les procédures et les instruments prévus dans le programme afférent, en se référant à l’ensemble du cycle politique et en s’appuyant notamment sur une consultation spécifique des réseaux de régions et de collectivités locales dont lui-même assure la coordination; |
| 34. | souligne que bien légiférer consiste également à bien faire connaître aux citoyens les motivations, la signification et les avantages de la législation concernée, et que pareille entreprise ne peut être exécutée avec efficacité au niveau européen ou national, eu égard aux barrières de communication, de langue et de culture, ainsi qu’à l’éloignement. Le Comité recommande en conséquence que dans le cadre de sa communication sur le processus législatif, la Commission européenne noue une coopération étroite avec lui-même, en tant que représentant des collectivités territoriales, formé de la réunion des associations de pouvoirs locaux et régionaux de l’ensemble de l’Union européenne. Grâce à cette démarche, l’information sera diffusée sous une forme compréhensible pour les bénéficiaires directs du droit européen et contribuera ainsi à ce que les institutions européennes et les réglementations qu’elles arrêtent soient perçues sous un jour positif. |
Bruxelles, le 8 octobre 2019.
Le président
du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua (2019/2978(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la situation des Ouïgours en Chine («China Cables») (2019/2945(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la répression violente des récentes manifestations en Iran (2019/2993(RSP))
19/12/2019
Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2019 sur la commémoration du trentième anniversaire de la révolution roumaine de décembre 1989 (2019/2989(RSP))
19/12/2019