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AccueilDroit européen52019IR2727
Initiative législative52019IR2727

Avis du Comité européen des régions — Paquet «Élargissement» 2019

CELEX52019IR2727
TypeInitiative législative
Datemercredi 12 février 2020

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions évalue le paquet « Élargissement » 2019 de la Commission européenne, qui concerne les pays candidats à l'adhésion à l'UE (Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo). Il souligne l'importance de la dimension locale et régionale dans le processus d'adhésion, insistant sur la nécessité de renforcer les capacités administratives des collectivités territoriales et de promouvoir la bonne gouvernance. Pour un professionnel du droit français, ce texte met en lumière les enjeux de la décentralisation et de la coopération transfrontalière dans le cadre de l'élargissement.

Texte intégral

29.4.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 141/20


Avis du Comité européen des régions — Paquet «Élargissement» 2019

(2020/C 141/05)

Rapporteur:

Jaroslav HLINKA (Slovaquie, PSE), maire du district Sud de Košice

Textes de référence:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Communication de 2019 sur la politique d’élargissement de l’Union européenne

COM(2019) 260 final; SWD(2019) 215 final; SWD(2019) 216 final; SWD(2019) 217 final; SWD(2019) 218 final; SWD(2019) 219 final; SWD(2019) 220 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

prend connaissance avec beaucoup d’intérêt de la communication de la Commission européenne de 2019 sur la politique d’élargissement de l’Union européenne, des rapports qu’elle consacre à chaque pays candidat, l’Albanie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie et la Turquie, d’un autre concernant le Kosovo (*1), ainsi que de l’avis qu’elle présente en parallèle sur la demande d’adhésion à l’Union européenne déposée par la Bosnie-Herzégovine;

2.

appuie pleinement la Commission européenne lorsqu’elle reconnaît que l’élargissement va totalement dans le sens des propres intérêts politiques, sécuritaires et économiques de l’Union européenne, en tant qu’il représente un investissement géostratégique pour la paix, la stabilité et la croissance économique dans toute l’Europe;

3.

se félicite que lors du sommet UE-Balkans occidentaux, qui s’est déroulé à Sofia en mai 2018, les dirigeants de l’Union européenne aient réaffirmé leur soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux, tandis que ses partenaires desdits Balkans occidentaux ont réitéré leur adhésion à cette perspective, qui constitue leur choix stratégique définitif;

4.

se réjouit que la proposition de la Commission européenne concernant l’instrument d’aide de préadhésion (IAP III) au titre du cadre financier pluriannuel 2021-2027 prévoie un déploiement stratégique et dynamique plus important de cette assistance, laquelle serait recentrée sur des grandes priorités;

5.

dans ce contexte, presse la Commission européenne de poursuivre ses travaux avec les gouvernements nationaux des pays candidats et candidats potentiels afin d’élaborer des outils spécifiques qui contribuent à développer les capacités des pouvoirs locaux et régionaux dans les Balkans occidentaux, de manière à ce qu’ils puissent absorber efficacement les fonds qui leur sont alloués et combler leur déficit structurel quant à leur aptitude à cofinancer et préfinancer l’élaboration et la mise en œuvre des projets soutenus par l’Union européenne;

6.

réaffirme que dans les pays des Balkans occidentaux, il est indispensable de réaliser des réformes effectives de l’administration publique, y compris sous la forme d’une décentralisation fiscale, pour améliorer la qualité de la gouvernance locale, pour donner aux pouvoirs des collectivités territoriales, en coopération avec leurs citoyens, la capacité de développer et de fournir des services de qualité à leur population et pour les amener à s’engager dans la coopération régionale et à nouer des relations de bon voisinage, ainsi que pour réaliser les ambitieux programmes européens et mondiaux en matière de développement durable et de lutte contre le changement climatique;

Observations sur des pays en particulier

7.

salue l’accord de Prespa, de portée historique, que la Macédoine du Nord est parvenue à conclure avec la Grèce en juin 2018, avec pour résultat de résoudre le différend qui les opposaient depuis 27 ans à propos de sa dénomination;

8.

se félicite que le Conseil ait résolu de répondre aux progrès réalisés par l’Albanie et la Macédoine du Nord dans les domaines qui avaient été convenus à l’unanimité dans les conclusions de sa réunion de juin 2018 et qu’il ait tracé une voie vers l’ouverture des négociations d’adhésion avec ces deux pays;

9.

regrette que les élections locales qui se sont déroulées en juin 2019 en Albanie aient été marquées par un boycott de la part de l’opposition et par un faible taux de participation et réaffirme que le processus d’élargissement est fondé sur le mérite et conditionné par le respect des principes de la démocratie et des autres critères de Copenhague;

10.

se dit vivement inquiet que, dans un premier temps, le Conseil ait repoussé toute nouvelle décision concernant l’Albanie et la Macédoine du Nord de juin à octobre 2019, et est profondément déçu que le Conseil européen ait décidé, en octobre, de retarder encore le lancement des négociations d’adhésion avec ces deux pays, qui ont fait montre de persévérance dans leur engagement sur la voie de l’Europe. En outre, le Comité déplore que cette position n’ait pas été arrêtée sur la base d’évaluations distinctes des progrès accomplis par chacun des États candidats à l’adhésion et il tient à indiquer que renoncer ainsi à envoyer un signal positif aux deux pays candidats pourrait aussi avoir des répercussions négatives à l’échelle locale et régionale. Il recommande par ailleurs au Conseil de régler la question favorablement avant le sommet UE-Balkans occidentaux de mai 2020 à Zagreb;

11.

adhère totalement à la résolution du Parlement européen du 24 octobre 2019 (1) sur l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie et invite instamment le Conseil à avoir conscience que pour être digne de foi, toute stratégie de l’Union européenne en matière d’élargissement se doit d’être motivante et d’apporter une contribution en fonction de la réalisation des résultats qui avaient été préalablement convenus par toutes les parties, ainsi que de fournir une perspective solide et crédible à tous les pays concernés;

12.

constate avec inquiétude que le manque de progrès dans le domaine de l’élargissement peut également avoir des répercussions directes sur la sécurité et la prospérité de l’Union européenne, dans la mesure où il peut pousser progressivement tous les pays des Balkans occidentaux à se tourner vers des tierces parties qui, telles la Russie et la Chine mais d’autres aussi, s’efforcent déjà d’étendre leur influence dans cette zone;

13.

s’alarme de relever que la Serbie et le Monténégro doivent encore agir avec plus de détermination dans certains domaines d’importance cruciale, en particulier pour favoriser une dépolarisation de leur paysage politique, y compris au niveau local;

14.

presse l’ensemble des acteurs politiques et niveaux de gouvernance en Serbie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine d’œuvrer en partenariat étroit pour appliquer les recommandations du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) concernant l’amélioration du cadre réglementaire régissant les élections municipales et de se mobiliser pour créer un environnement politique local inclusif et transparent, qui s’appuie sur un débat dépassant les clivages partisans et soit exempt de pressions politiques et d’actes visant à intimider des opposants en politique;

15.

demande à la Commission européenne d’aborder, lors des négociations d’adhésion avec la Serbie, la question des pratiques d’intimidation qui ont été rapportées, à l’encontre de fonctionnaires démocratiquement élus appartenant à des partis d’opposition, notamment dans les communes de Paraćin, Šabac et Čajetina;

16.

relève que la Bosnie-Herzégovine ne répond pas encore suffisamment aux critères de Copenhague et convient lui aussi que les négociations d’adhésion avec ce pays ne devront s’ouvrir qu’une fois qu’il sera parvenu à les respecter de manière satisfaisante;

17.

redit son extrême préoccupation et sa profonde consternation de constater que depuis 2008, la commune de Mostar, la seule de Bosnie-Herzégovine à être dans ce cas, n’a toujours pas organisé d’élections pour désigner un conseil municipal;

18.

eu égard à la demande d’adhésion à l’Union européenne déposée par la Bosnie-Herzégovine, lance un appel, en particulier à l’intention des responsables politiques de l’échelon local à Mostar et du niveau de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, pour qu’un terme soit mis à cette violation sans précédent des principes sanctionnés par l’article 3 de la charte européenne de l’autonomie locale, qui a valeur contraignante pour tous les États membres du Conseil de l’Europe, Bosnie-Herzégovine comprise;

19.

fait observer qu’à défaut de recevoir une solution opérante, le blocage électoral à Mostar empêche de fait la Bosnie-Herzégovine d’intégrer l’Union européenne, car, dès lors qu’elle en deviendrait un État membre, cette impasse violerait l’article 40 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, en privant les citoyens de l’Union européenne résidant dans le pays du droit de voter et de se porter candidats lors des élections municipales;

20.

rappelle qu’en juillet 2018, la Commission européenne a confirmé que le Kosovo avait rempli tous les critères de libéralisation du régime des visas, tels qu’approuvés par le Conseil;

21.

se félicite que le Parlement européen ait, en septembre 2018 et mars 2019, exprimé son soutien à la proposition de la Commission de libéraliser le régime des visas pour les titulaires d’un passeport du Kosovo et que sous son nouveau mandat, sa commission des libertés civiles ait réitéré cette position en septembre 2019;

22.

engage le Conseil à traiter d’urgence cette question de la libéralisation du régime des visas avec le Kosovo, qui reste le seul pays des Balkans occidentaux dont les citoyens continuent à devoir en solliciter pour voyager dans les pays de l’Union européenne;

23.

déplore que la Turquie ait été le théâtre d’une dégradation forte et continue de sa situation en matière de droits humains fondamentaux, en accusant une grave régression dans le domaine de l’état de droit et des droits fondamentaux. Le Comité juge en outre regrettable l’affaiblissement des mécanismes de contre-pouvoir effectifs au sein de son système politique, dû à l’entrée en vigueur des amendements apportés à sa Constitution;

24.

prend acte des conclusions du Conseil des affaires générales de juin 2018 indiquant que les négociations d’adhésion menées avec la Turquie sont de fait au point mort et qu’il n’est possible ni d’envisager l’ouverture ou la clôture d’aucun autre chapitre, ni de prévoir à l’heure actuelle des travaux supplémentaires en vue de moderniser l’union douanière. Le Comité déplore que la Turquie refuse encore et toujours de se conformer aux dispositions du protocole additionnel à l’accord d’association avec l’Union européenne et de reconnaître la République de Chypre. Dans ce contexte, il rappelle également ses préoccupations et recommandations antérieures concernant Chypre, qu’il a détaillées dans son avis sur le paquet «Élargissement» de 2018. En outre, il est au regret de constater que malgré les demandes répétées que lui a adressées l’Union européenne de mettre un terme à ses activités illégales en Méditerranée orientale, la Turquie a poursuivi ses activités de forage dans les eaux territoriales de Chypre, et il réaffirme sa pleine solidarité avec ce pays en ce qui concerne sa reconnaissance internationale, sa souveraineté et les droits que lui reconnaît le droit international;

25.

redit l’importance que revêt le statut de Varosha, tel que défini dans les résolutions antérieures du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment celles portant les numéros 550, de 1984, et 789, de 1992, et répète qu’aucune action qui y contreviendrait ne peut être entreprise;

26.

nourrit de sérieuses inquiétudes quant à la légalité et l’intégrité du processus électoral turc, en particulier pour ce qui concerne la décision prise en 2019 par le Conseil électoral suprême de Turquie d’organiser de nouvelles élections locales à Istanbul, ainsi que celle arrêtée par les autorités turques de remplacer les maires démocratiquement élus des agglomérations de Diyarbakır, Mardin et Van par des gouverneurs provinciaux désignés pour faire fonction de maires métropolitains. Le Comité condamne fermement la poursuite des actions de répression menées contre des conseillers et employés municipaux, qui contreviennent à l’esprit et aux principes de la charte européenne de l’autonomie locale;

27.

reconnaît que pour l’Union européenne, la Turquie reste un partenaire clé dans le domaine des migrations et des réfugiés, et réaffirme sa conviction qu’un certain pourcentage des fonds qu’elle octroie à ce pays devrait être alloué à ses pouvoirs publics locaux et régionaux qui sont directement concernés par la gestion des flux migratoires de personnes déplacées et de réfugiés. Le Comité insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre intégrale et effective, vis-à-vis de tous ses États membres, de l’accord de réadmission conclu entre l’Union européenne et la Turquie, tout en relevant l’importance primordiale que conserve la coopération avec tous les pays de l’Union dans le domaine de la justice et des affaires intérieures;

28.

exhorte les pouvoirs locaux et régionaux de l’Union européenne à resserrer encore leur coopération avec leurs homologues des pays candidats et candidats potentiels, à les accompagner dans leur cheminement vers une intégration européenne approfondie et à renforcer leurs capacités institutionnelles et administratives au niveau des régions et des villes, ainsi que leur aptitude à promouvoir et respecter les valeurs et principes européens;

29.

réaffirme, à cet égard, le rôle irremplaçable que jouent les associations nationales de collectivités territoriales, ainsi que le réseau d’associations nationales de collectivités locales d’Europe du Sud-Est (NALAS), car ils ont la capacité d’aider les pouvoirs locaux et régionaux à exécuter des réformes de l’administration publique et à développer leurs capacités, afin de mieux exercer leurs compétences et de fournir des services publics à l’échelon du local;

Rôle des pouvoirs locaux et régionaux dans le processus d’élargissement

30.

souligne que les principes européens de la subsidiarité, de la proportionnalité et de la gouvernance à plusieurs niveaux devraient également s’appliquer au processus d’élargissement de l’Union européenne;

31.

fait valoir que la participation des niveaux de gouvernance infranationaux au processus d’élargissement est indispensable pour qu’il revête un caractère inclusif et durable. La réussite de l’inclusion des Balkans occidentaux dans l’Union européenne sera tributaire du soutien que les citoyens continueront à lui apporter et de la mobilisation dont témoigneront les pouvoirs territoriaux pour produire l’impact durable souhaité à l’échelle du local, dans le cadre d’un partenariat commun noué entre les instances de gouvernance locales, régionales et centrales, ainsi qu’avec l’Union européenne;

32.

rappelle que plus de 60 % de l’acquis de l’Union européenne est mis en œuvre au niveau local, tandis que son cadre financier pluriannuel actuellement en vigueur réserve près d’un tiers de son budget total à la politique de cohésion, à destination de l’ensemble des villes et régions de l’Union européenne;

33.

met en avant l’importance du rôle que les pouvoirs locaux et régionaux ont à jouer dans le processus d’élargissement, non seulement pour ce qui touche aux critères politiques mais aussi en tant qu’ils constituent des moteurs de croissance économique et de développement durable sur leur territoire et fournissent à leurs citoyens des services publics de qualité;

34.

affirme, dans le contexte précité, que doter les instances infranationales de gouvernance de la capacité d’assumer cette fonction constitue un facteur crucial pour assurer une mise en œuvre viable de la stratégie d’élargissement de l’Union européenne en direction des Balkans occidentaux, ainsi que pour réussir l’intégration européenne de demain;

35.

se félicite qu’il soit reconnu par la Commission européenne que la fonction assumée par les pouvoirs territoriaux doit être prise en compte et qu’il s’impose de dégager, entre les instances de gouvernance centrales, régionales et locales, un équilibre adéquat qui apporte la meilleure contribution pour mettre en œuvre des réformes et dispenser des services aux citoyens;

36.

dit à nouveau regretter l’absence de propositions d’action spécifiques concernant les pouvoirs locaux et régionaux, comme il l’avait déjà fait remarquer dans son avis sur le paquet «Élargissement» de 2018;

37.

incite la Commission européenne à proposer des politiques, instruments et outils concrets pour mobiliser les pouvoirs locaux et régionaux des Balkans occidentaux, dans le but de renforcer leur rôle de niveau de gouvernance le plus proche du citoyen;

38.

engage la Commission européenne à élaborer un outil pratique pour aider les pouvoirs publics des communes et des régions des Balkans occidentaux à développer efficacement leurs capacités, dans la perspective d’harmoniser leurs politiques publiques locales et régionales avec l’acquis européen, grâce à des actions spécifiques de formation, à l’apprentissage entre pairs et à l’échange de bonnes pratiques, à l’intérieur de toute la zone comme avec leurs homologues de l’Union européenne, dans l’esprit de l’instrument pour l’administration locale, du programme de formation régional ou de l’Erasmus pour les élus locaux et régionaux;

39.

insiste à nouveau auprès de la Commission pour que dans les pays candidats et candidats potentiels, elle étende aux niveaux d’administration infranationaux le bénéfice de l’initiative de soutien à l’amélioration de l’administration et de la gestion (SIGMA), afin de définir des modèles décentralisés pour les réformes de l’administration publique, ainsi que d’encourager l’amélioration de la gouvernance et de la gestion publique au niveau des communes, dans l’optique de mettre en œuvre l’acquis européen;

40.

appelle derechef la Commission européenne à mettre en place les modalités opérationnelles voulues pour que les mécanismes de TAIEX et de Jumelage puissent être utilisés aux fins de la coopération entre les instances de gouvernance locales et régionales des États membres et des pays candidats et candidats potentiels;

41.

fait savoir qu’il est disposé à œuvrer en coopération étroite avec la nouvelle Commission européenne, dont, en particulier, le commissaire détenteur du portefeuille du voisinage et de l’élargissement, en ce qui concerne la mise en œuvre et l’utilisation concrètes de ces instruments au niveau local et régional;

État de droit et droits fondamentaux

42.

affirme à nouveau que le respect des critères de Copenhague doit continuer à être par excellence la pierre de touche pour évaluer à quel point les pays candidats sont prêts à devenir des États membres de l’Union, et adhère totalement aux principes d’une conditionnalité équitable et rigoureuse et à la démarche de la «priorité aux fondamentaux»;

43.

note avec beaucoup d’inquiétude qu’assurer le bon fonctionnement des institutions démocratiques et réaliser des progrès crédibles dans le domaine de l’état de droit continue à représenter une gageure dans la plupart des pays candidats et candidats potentiels;

44.

s’inquiète également, dans ce contexte, de ce que dans les pays concernés, l’environnement devienne de plus en plus hostile pour la société civile et que des évolutions négatives s’y produisent dans le domaine de la liberté d’expression et de l’indépendance des médias;

45.

insiste sur le rôle crucial que les pouvoirs locaux et régionaux, de par leur proximité avec les citoyens, jouent pour assurer la promotion des valeurs européennes et leur respect, ainsi que sur la position en première ligne qu’ils occupent pour faire front au racisme et aux discours de haine, protéger les groupes vulnérables et les minorités, ainsi que favoriser la cohésion sociale;

46.

est profondément convaincu que les pouvoirs territoriaux peuvent eux-mêmes remplir une fonction plus affirmée pour définir à l’échelon local la scène et l’espace public où s’exerce la politique et qu’il leur est possible d’assumer leur part de responsabilité pour remédier à certaines lacunes dans le domaine de l’état de droit et des droits fondamentaux, comme la Commission européenne a tenu à l’observer;

47.

appelle les pouvoirs locaux et régionaux des pays candidats et potentiellement candidats à intensifier les efforts déployés pour obtenir des résultats concrets s’agissant:

47.1.

de créer un environnement positif et stimulant pour garantir que la société civile fonctionne correctement au niveau local et que les organisations qui s’y rattachent soient associées à un processus participatif d’élaboration des politiques à cet échelon,

47.2.

de combattre toute discrimination, fondée sur quelque motif que ce soit, dans l’esprit de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, notamment à l’encontre des personnes handicapées, des groupes vulnérables et des minorités ethniques, en particulier les Roms,

47.3.

de lutter contre l’exclusion, la marginalisation et la discrimination des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées et faire pièce aux discours de haine et à la violence à leur encontre,

47.4.

de progresser en ce qui concerne la représentation des femmes dans toutes les sphères de la gouvernance publique locale et régionale et, d’une manière générale, d’assurer leur égalité avec les hommes, ainsi que de prévenir et contrer la discrimination et toutes les formes de violence qui s’exercent contre elles;

48.

invite la Commission européenne à reconnaître la fonction qu’assurent les pouvoirs locaux et régionaux pour traiter de questions fondamentales au niveau local, à les aider à développer leurs capacités et compétences dans le domaine de l’état de droit et des droits fondamentaux et à les soutenir en leur fournissant des outils et instruments pratiques pour assumer cette mission;

Rôle des collectivités locales et régionales dans le programme de développement durable à l’horizon 2030

49.

rappelle son récent avis sur «les objectifs de développement durable (ODD) comme fondement d’une stratégie à long terme de l’Union pour une Europe durable à l’horizon 2030», qui fait observer que la réalisation de 65 % des 169 cibles relevant de ces 17 ODD nécessite une participation substantielle des régions et des villes à leur mise en œuvre;

50.

réaffirme que l’objectif de «ne laisser personne de côté» demande une contribution de la part de tous les niveaux de gouvernement pour garantir l’intégration transversale et la conception de politiques de terrain qui soient complémentaires et cohérentes;

51.

répète également que les collectivités territoriales ont un rôle déterminant à jouer, s’agissant d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le changement climatique qui a été conclu dans le cadre des Nations unies, et que l’action entreprise à l’échelon local dans le domaine du climat revêt une importance capitale pour atténuer le changement qu’il subit et s’y adapter, ainsi que pour ouvrir, à ce niveau, des perspectives de développement et de croissance durables;

52.

a dès lors la conviction que la Convention des maires pour le climat et l’énergie, en ce qu’elle constitue un mouvement émanant du terrain, pourrait jouer un rôle moteur pour que les villes et les communes des Balkans occidentaux puissent apporter leur pierre à la mise en œuvre de l’accord de Paris et du programme à l’horizon 2030, ainsi que des objectifs de développement durable, en leur donnant une traduction locale;

53.

presse la Commission européenne de mieux intégrer les pays des Balkans occidentaux et, en particulier, leurs pouvoirs locaux et régionaux, dans les futurs développements de la Convention des maires pour le climat et l’énergie ou des initiatives nationales et régionales correspondantes qui mobilisent le niveau des communes et des régions, ainsi que d’exploiter le potentiel que les associations nationales de collectivités territoriales et le Réseau d’associations nationales de collectivités locales d’Europe du Sud-Est (NALAS) recèlent pour parvenir plus aisément à concevoir et exécuter des plans locaux d’action climatique et d’efficacité énergétique, ainsi que de mobilité urbaine durable, et d’autres instruments d’intervention au niveau des communes et des régions, visant à réaliser le programme à l’horizon 2030.

Bruxelles, le 12 février 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(*1) Cette désignation est utilisée sans préjudice des positions sur le statut du Kosovo et se conforme à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’à l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.

(1) Résolution 2019/2883(RSP) du Parlement européen.


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