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AccueilDroit européen52019IR3332
Initiative législative52019IR3332

Avis du Comité européen des régions — L’Europe numérique pour tous: fournir des solutions intelligentes et inclusives sur le terrain

CELEX52019IR3332
TypeInitiative législative
Datemercredi 9 octobre 2019

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne la nécessité d'une transition numérique inclusive et accessible à tous les territoires, en insistant sur le rôle clé des collectivités locales et régionales. L'avis appelle à des solutions numériques intelligentes qui comblent la fracture numérique, notamment pour les zones rurales et les groupes vulnérables, et préconise un financement adéquat et une gouvernance multi-niveaux pour la mise en œuvre de la décennie numérique européenne.

Texte intégral

5.2.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 39/83


Avis du Comité européen des régions — L’Europe numérique pour tous: fournir des solutions intelligentes et inclusives sur le terrain

(2020/C 39/18)

Rapporteure

:

Anne Karjalainen (Finlande, PSE), conseillère municipale de la ville de Kerava

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Introduction

1.

formule, à la demande de la présidence finlandaise du Conseil de l’Union européenne, des propositions solides sur la manière dont les collectivités locales et régionales peuvent concevoir et mettre en œuvre des solutions numériques intelligentes et inclusives pour tous les citoyens, quel que soit l’endroit de l’Union européenne où ils résident;

2.

prend note des propositions présentées par son président et son premier vice-président dans le document de stratégie intitulé «Une Europe numérique pour tous» (1) en vue de leur inclusion dans le programme stratégique de la prochaine Commission européenne relatif au développement du marché unique numérique;

3.

aimerait que lesdites propositions contribuent aux approches stratégiques du programme de travail de la Commission européenne pour une Europe numérique qui déterminera le contenu des programmes de travail et des demandes de financement pour la période 2021-2022; entend contribuer aux priorités du programme pour une Europe numérique en matière d’investissements: le calcul à haute performance, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les compétences numériques avancées et la promotion d’un déploiement aussi large que possible des technologies numériques dans les différents secteurs de la société;

Les défis sociétaux auxquels les solutions numériques doivent apporter une réponse

4.

s’inquiète de ce que les priorités du programme politique de la future Commission, bien qu’elles mettent en avant la nécessité de promouvoir des technologies de pointe telles que l’intelligence artificielle et l’économie des plateformes, ne placent pas suffisamment l’accent sur le caractère inclusif du marché unique numérique;

5.

souligne que le succès durable du marché unique numérique suppose que tous les citoyens en bénéficient partout dans l’Union européenne;

6.

souscrit à la proposition de la Commission européenne en vue d’établir un programme solide pour une Europe numérique, lequel doit toutefois s’étendre dans toute l’Union européenne par l’intermédiaire d’un réseau de pôles d’innovation numérique régionaux financé par ledit programme, de sorte que chacun ait une possibilité raisonnable de bénéficier de l’échange d’informations, de l’apprentissage collégial et de la mise en place de partenariats interrégionaux;

7.

estime que l’accès à l’économie numérique et la participation active à celle-ci sont des ingrédients indispensables à un développement fécond de l’échelon local et régional à l’avenir;

8.

considère que la notion de «cohésion numérique»apporte une dimension supplémentaire importante au traditionnel concept de cohésion économique, sociale et territoriale tel que défini dans le traité sur l’Union. Par conséquent, le Comité propose d’engager un débat ouvert sur le rôle que la numérisation doit jouer à l’avenir pour promouvoir la «cohésion»dans l’Union européenne. L’objectif serait de relever des défis sociétaux tels que les problèmes démographiques, le changement climatique et l’évolution de l’environnement de travail, tout en veillant à ne laisser aucun individu ni aucune région de côté et à encourager l’esprit d’entreprise;

9.

se félicite que la Commission ait retenu une approche phénoménologique pour mettre la recherche et l’innovation au service de la recherche de solutions à des problèmes mondiaux. Les technologies numériques forment un rouage essentiel des efforts déployés par les États membres pour affronter les défis sociétaux considérables auxquels les collectivités locales et régionales sont confrontées dans toute l’Union, dans des domaines tels que le changement climatique, l’évolution démographique et les mutations du marché du travail;

10.

souligne en particulier les possibilités que les technologies existantes et émergentes offrent dans le secteur public pour réduire les formalités administratives et le gaspillage, cumuler les gains d’efficacité et apporter des solutions nouvelles à des défis sociétaux;

11.

fait sienne une vision de l’Europe dans laquelle les technologies numériques, l’innovation et l’intelligence artificielle pourront procurer aux citoyens européens des emplois compétitifs, une meilleure santé et une meilleure qualité de vie, de meilleurs services publics ainsi que l’accès aux flux internationaux de connaissances;

12.

préconise une forte coopération européenne entre tous les niveaux de gouvernement dans l’Union afin de renforcer l’usage, le développement et le déploiement d’une transformation numérique conduite par les citoyens dans les villes et les collectivités;

13.

relève qu’il est essentiel que l’Union européenne ait pour politique d’investir dans la création d’écosystèmes innovants, en renforçant l’innovation dans des technologies cruciales telles que l’intelligence artificielle, l’internet des objets et les réseaux 5G au niveau local et régional, et ce partout dans l’Union, et fait remarquer que les stratégies de spécialisation intelligente régionales conduites dans le cadre des fonds de l’Union appropriés fournissent à cet égard un levier important;

14.

juge important que les régions puissent évaluer le statut des pôles existants à la lumière des critères définis pour les pôles d’innovation numérique et des missions que ceux-ci seront appelés à assumer. Pour que les PME et les pouvoirs publics locaux puissent réellement bénéficier de l’expertise de ces pôles, ces derniers ainsi que leurs réseaux devraient fonctionner de manière efficace sur la base d’un haut niveau d’expertise et de service. La couverture régionale et thématique des pôles et la coopération avec les écoles et les universités locales ainsi qu’avec les écosystèmes régionaux sont importantes pour atteindre l’objectif fixé;

15.

souligne qu’il convient de promouvoir les réseaux de pôles d’innovation numérique dans toute l’Union, afin de veiller à ce que chaque région NUTS2 dispose d’un pôle, établi avec le soutien du programme pour une Europe numérique;

16.

affirme que la force de l’Europe devrait être sa capacité à repérer les possibilités offertes par l’intelligence artificielle et à cerner les questions éthiques, et à concilier les unes et les autres. Les valeurs communes fondamentales de l’Europe offrent un excellent levier pour concilier la démocratie et les droits de l’homme d’une part et l’intelligence artificielle d’autre part. Des orientations éthiques et un cadre juridique sont nécessaires dans le domaine de l’intelligence artificielle;

17.

souligne la nécessité pour les collectivités locales et régionales de s’engager dans une coopération à grande échelle en vue d’améliorer l’interopérabilité des administrations publiques et la fourniture de services publics. Le développement d’infrastructures transfrontalières, de l’interopérabilité et de normes communes est un élément du programme pour une Europe numérique qui peut apporter une réelle valeur ajoutée européenne. Il convient de poursuivre l’interconnexion des grandes infrastructures européennes, nationales et régionales. Le Comité demande à cet effet que le programme ISA2 (solutions d’interopérabilité pour les administrations publiques européennes) soit prorogé au-delà de 2020;

Donner des moyens d’action aux collectivités locales et régionales

18.

rappelle que les villes et les régions, de toutes tailles et partout en Europe, doivent être parties prenantes à la transformation numérique européenne. Les régions et les municipalités doivent prendre des décisions en matière de réévaluation administrative, d’infrastructures techniques, de services et de politique relative aux données. Le programme pour une Europe numérique devrait offrir au personnel des administrations régionales et locales des programmes de formation sectoriels leur permettant d’acquérir des compétences numériques avancées;

19.

souscrit à la prochaine déclaration du réseau Eurocities, intitulée «Collaborate, Empower, Sustain», sur l’union des forces en vue de promouvoir la transformation numérique dans les villes et les collectivités d’Europe, avec pour objectif de favoriser une forte coopération européenne entre tous les niveaux de gouvernement de l’Union afin de renforcer la mise en œuvre, le développement et le déploiement à plus grande échelle d’une transformation numérique conduite par les citoyens dans les villes et les collectivités;

20.

partage l’avis du réseau Eurocities selon lequel les villes et les collectivités sont le laboratoire idéal pour tester les solutions numériques, garantissant une participation coordonnée des parties prenantes et le concours actif des citoyens;

21.

demande aux collectivités locales et régionales d’encourager le dialogue entre tous les niveaux de gouvernement et les entreprises, les employeurs et les organisations syndicales au sujet des conditions de travail et des droits des salariés dans un environnement de travail de plus en plus numérisé, en repensant les politiques de l’emploi des États membres de l’Union dans un souci de cohérence à l’égard des tout nouveaux défis posés par la technologie;

22.

relève que garantir l’approvisionnement en ressources naturelles et réduire l’empreinte carbone constituent des aspects fondamentaux du développement durable. Il est possible d’accélérer le développement durable grâce à la numérisation et à la mise en place de solutions intelligentes dans l’activité entrepreneuriale, dans la vie quotidienne et dans les services publics, en particulier pour les transports et l’efficacité énergétique;

23.

demande aux acteurs régionaux et locaux d’utiliser des licences au code source ouvert dans toute la mesure du possible. Les logiciels et les composants logiciels commandés par les pouvoirs publics locaux pour leur propre usage devraient, en principe, être produits dans le cadre d’une licence de logiciel qui permette aux clients, en fonction de leurs souhaits et de leurs besoins, de modifier, développer et distribuer le produit ou de charger une tierce partie de le faire. Cette démarche favorise la création effective d’écosystèmes ainsi qu’une concurrence ouverte et fondée sur les connaissances. En outre, la majeure partie de la rémunération pour des projets à code source ouvert est versée à des acteurs régionaux et locaux, et non à des parties extérieures à l’Union. Des solutions réutilisables renforcent la confiance et garantissent la transparence, permettant ainsi d’emporter l’adhésion des citoyens;

24.

souligne que, dans le cadre de services publics interopérables, les informations numériques traitées par les administrations publiques pourraient satisfaire à des normes ou spécifications internationales ouvertes et être mises à disposition de manière à être accessibles et réutilisables en tant que données ouvertes, à moins que des restrictions spécifiques ne s’appliquent (par exemple pour la protection des données à caractère personnel, la confidentialité ou les droits de propriété intellectuelle) (2). Le Comité admet à cet égard la nécessité de «garantir des conditions de concurrence équitables pour les logiciels libres et d’apporter la preuve d’une prise en compte active et équitable de l’utilisation de logiciels libres, en tenant compte du coût total de propriété de la solution» (3), tout en donnant la préférence aux spécifications ouvertes;

25.

soutient la proposition formulée par la DG CNECT lors de l’assemblée numérique de 2019, de mettre au point un «indice DESI local»pour compléter l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) existant, qui est établi chaque année au niveau national. Le Comité préconise une coopération étroite entre la DG CNECT, le Comité européen des régions, le programme de l’observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen (ORATE) ainsi que d’autres initiatives et institutions afin de poser le principe d’un tel indice, qui devrait ensuite être établi annuellement par la DG CNECT en plus de l’indice DESI national;

26.

voit dans l’indice DESI local un outil important pour évaluer les incidences territoriales et le pilotage des futures politiques de l’Union visant à promouvoir plus d’inclusion dans le domaine du numérique et à recenser les défis spécifiques posés par les inégalités en la matière. Le Comité souligne que l’indice DESI local serait utile aussi pour les villes et les régions d’Europe en vue de répertorier des défis communs et des pratiques efficaces pour promouvoir l’apprentissage collégial et la coopération entre les villes et les régions;

27.

propose, à la lumière de l’expérience positive de l’initiative WiFi4EU, de mettre au point des initiatives similaires, qui soient simples à utiliser et n’imposent qu’une charge administrative limitée aux bénéficiaires. Un système de coupons analogue pourrait être instauré pour les audits numériques réalisés au niveau local, dans le cadre desquels les collectivités locales participantes recevraient un crédit au titre d’une évaluation initiale de la disponibilité et de la qualité des services numériques dans la collectivité, et dont les conclusions seraient ensuite utilisées pour mener un débat éclairé au sein du conseil local et avec la population du territoire. Ces rapports d’audit devraient aussi servir à formuler des conseils en vue d’établir des liens avec des initiatives similaires dans d’autres collectivités locales de l’Union et d’obtenir un soutien supplémentaire de l’Union en cas de besoin;

28.

souligne que la transformation numérique doit s’appuyer au sein de l’Union sur une économie des données durable, compétitive et axée sur l’humain, qui repose sur des données de qualité et respecte les droits des individus ainsi que leur vie privée. L’Europe devrait développer une approche globale et créer un cadre pour la gouvernance des données — en considérant celles-ci comme des biens et des ressources publics utiles à la démocratie et au développement local —, ainsi qu’élaborer des principes directeurs à l’égard des données afin de parer aux incohérences et à la fragmentation;

29.

demande que l’on renforce la protection des données à caractère personnel, en abordant en particulier la question de l’application du règlement général sur la protection des données dans les domaines d’intérêt général, et souligne la nécessité d’élaborer une définition européenne de la notion de données d’intérêt général au niveau territorial;

30.

souligne la nécessité d’aborder la question essentielle des données, en soi et dans le contexte de l’intelligence artificielle, et la manière dont elle est gérée par les collectivités locales et régionales. À cet égard, le Comité pourrait apporter une contribution en facilitant l’échange de bonnes pratiques et en approfondissant la réflexion sur la gestion des données personnelles et publiques par les collectivités locales et régionales. Le Comité souligne en outre le rôle que jouent les données ouvertes dans la diffusion des innovations numériques pour les territoires, en tant que contrepartie démocratique et source de revitalisation de l’engagement des citoyens. Dans le même temps, il demande que soit menée une réflexion sérieuse sur les principes de circulation des données à la lumière des défis de la protection et de la souveraineté des données d’intérêt général face aux géants du numérique;

Donner la priorité au citoyen

31.

demande à tous les niveaux de gouvernement de s’employer à accroître la participation des citoyens et à leur donner davantage de moyens d’action dans le contexte de la numérisation, en leur permettant de collaborer à la création de nouvelles solutions numériques permettant de répondre à toute une série de besoins de la population, en particulier dans le cadre des projets pour des villes et des collectivités plus intelligentes. Plutôt que d’axer le développement de produits sur la technologie, il conviendrait de mettre au point des techniques, des services et des produits centrés sur l’être humain, notamment la conception centrée sur l’utilisateur, la cocréation et des phases d’essai rapides;

32.

souligne que la numérisation est affaire de confiance, sans laquelle il n’est pas possible de développer des services publics en ligne ni d’assurer aux consommateurs la protection nécessaire;

33.

souligne la nécessité de mettre en place des capacités publiques locales afin de relever les défis numériques et de renforcer l’autonomie des collectivités locales face aux géants du numérique. La création de plateformes locales publiques et de plateformes de la société civile destinées à apporter, entre autres, une formation numérique constitue un pas dans la bonne direction;

34.

relève que si les technologies numériques ouvrent de nouvelles possibilités aux citoyens pour établir des liens et diffuser des informations, elles s’accompagnent également de risques nouveaux. Parmi ces risques figurent les attaques et les fraudes informatiques, le vol de données, les menaces exercées contre les libertés et l’action publiques, particulièrement au niveau local, et les tentatives de déstabilisation de nos démocraties. Il est crucial d’investir dans la cybersécurité car la confiance et la sensibilisation constituent la base d’une «Europe numérique pour tous»;

35.

souligne l’importance des savoirs fondamentaux en matière d’intelligence artificielle pour que les citoyens puissent participer au débat sociétal sur cette technologie et porter un regard critique sur toutes les allégations formulées dans ce domaine;

36.

insiste sur l’importance de protéger les consommateurs à l’égard des services numériques. La mise en application des règles en vigueur et la sensibilisation à leur sujet peuvent améliorer l’accès des citoyens à la justice et renforcer leur confiance dans le secteur du commerce électronique. La législation prévue sur les services numériques, par exemple, devrait contribuer à améliorer la situation;

37.

rappelle qu’en 2017, 43 % des citoyens de l’Union ne disposaient pas de compétences numériques suffisantes (4) et un cinquième des entreprises seulement déclaraient avoir proposé à leur personnel une formation aux technologies de l’information et de la communication (5). Le Comité des régions souligne que les acteurs locaux et régionaux devraient veiller à ce que les compétences numériques soient systématiquement développées à tous les niveaux d’enseignement, depuis les premières années d’école jusqu’aux études aboutissant à un diplôme professionnel ou universitaire, et en tant que volet important de l’apprentissage tout au long de la vie, en utilisant le cadre européen des compétences numériques (DigComp) et d’autres cadres de certification similaires pour les compétences numériques. Le Comité souligne que l’éducation numérique doit servir en même temps à développer les compétences d’esprit critique, afin de permettre aux utilisateurs de technologies numériques d’être moins passifs dans leur consommation de contenus et de leur donner les moyens d’appréhender rationnellement les utilisations sociales de ces technologies;

38.

invite à partager les bonnes pratiques permettant de développer les compétences numériques en dehors du système éducatif formel, en particulier pour les groupes vulnérables, notamment en faisant un meilleur usage des initiatives en matière de compétences numériques telles que la Semaine européenne du code, la Journée pour un internet plus sûr, les coalitions nationales en faveur des compétences numériques et de l’emploi ou encore l’outil de création de CV Europass;

39.

souligne que la transformation numérique entraîne des changements dans les habitudes de travail, le contenu des emplois et les professions, ce qui rend de manière inévitable certains emplois obsolètes, et que par conséquent, le secteur public et les entreprises doivent être en mesure de se réinventer et de reconvertir leur main-d’œuvre. Une série de mesures et de mécanismes sont nécessaires pour améliorer continuellement les compétences des individus durant leur vie active;

40.

souligne que les services publics et applications mobiles en ligne du secteur public doivent être accessibles de telle sorte que tous les types d’utilisateurs puissent les utiliser dans toutes les situations, même s’ils sont désavantagés ou souffrent d’un handicap. La directive relative à l’accessibilité doit être mise en œuvre sans délai;

41.

rappelle que la numérisation améliore l’accessibilité des services publics pour les personnes qui sont capables et désireuses d’utiliser l’internet. Dans le même temps, la numérisation peut s’avérer un défi pour celles qui ont le plus besoin de services numériques, ce qui accroît les risques d’inégalité numérique. En conséquence, il conviendrait que les collectivités locales surveillent l’évolution de l’inégalité numérique et cherchent des moyens de prévenir l’exclusion numérique;

42.

demande d’inclure la dimension de l’égalité entre les hommes et les femmes dans toutes les mesures prises dans le domaine du numérique. Le Comité approuve des initiatives telles que la déclaration Digital4Her, qui encourage l’intégration des femmes dans les secteurs technologiques;

Infrastructure

43.

met en avant le droit à la connectivité de tous les citoyens européens, pour permettre leur participation à la société numérique et leur donner accès aux services numériques. Une infrastructure solidement implantée partout permettra à chacun, où qu’il se trouve, de récolter les fruits de l’ère du numérique. À l’avenir, la politique de l’Union devrait tendre à réduire le coût de déploiement et d’utilisation du réseau à haut débit dans les collectivités locales, quelles qu’en soient la taille et la densité de population;

44.

souligne la difficulté de mettre en œuvre des infrastructures numériques dans les régions ultrapériphériques en raison de leurs contraintes et de leur éloignement du continent européen. Le Comité insiste par conséquent sur la nécessité de veiller à ce que ces régions, comme les autres régions européennes, y compris celles qui sont éloignées, aient un droit complet à la connectivité;

45.

souligne que les services numériques et les services d’administration en ligne requièrent un haut débit ininterrompu et des vitesses élevées, qui devraient également être disponibles dans les zones où les conditions commerciales actuelles ne favorisent pas la mise en place de connexions. Les réseaux par fibre devraient de préférence être mis en place sur la base d’un accès ouvert, dans le cadre duquel le propriétaire du réseau, par exemple une coopérative régionale, autorise tous les opérateurs intéressés à offrir leurs services aux utilisateurs finaux. Les réseaux à fibre optique existants devraient être ouverts à la concurrence;

46.

salue les investissements du programme pour une Europe numérique dans des infrastructures numériques avancées à haute capacité telles que les réseaux 5G, qui sont nécessaires pour permettre le déploiement de services et de technologies numériques partout en Europe. Le Comité estime que dans ce contexte, le haut débit a un rôle déterminant à jouer dans le développement de services numériques novateurs et compétitifs, pour autant que la normalisation rapide de la technologie 5G puisse garantir l’interopérabilité des réseaux de télécommunications;

47.

souligne que des connexions de données fiables à grande vitesse sont nécessaires en Europe, non seulement pour soutenir les services numériques et l’économie des données, mais aussi pour exploiter pleinement le potentiel de technologies avancées dans des domaines tels que l’automatisation et l’agriculture intelligente. Pour ce qui concerne l’utilisation des technologies de la communication au service de systèmes et de services intelligents et interopérables, il convient de soutenir les principes de la neutralité technologique;

Financements et synergies avec d’autres politiques de l’Union européenne

48.

escompte que le nouveau programme pour une Europe numérique affectera suffisamment de fonds pour les compétences, le calcul à haute performance, les pôles d’innovation et le soutien à l’adoption des technologies d’intelligence artificielle;

49.

propose de mettre en œuvre le programme pour une Europe numérique par l’intermédiaire de réseaux étendus de pôles régionaux d’innovation numérique, qui seraient financés par le programme et inclus dans des stratégies numériques à forte composante régionale, touchant tous les secteurs de la société (et financées par les programmes des Fonds ESI);

50.

considère qu’il est important que le programme pour une Europe numérique et les autres programmes européens incluant des mesures dans le domaine du numérique, comme Horizon Europe, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe et le FSE+, soient intégrés de manière aussi claire et complémentaire que possible afin d’éviter les doubles emplois et de dégager des synergies.

Bruxelles, le 9 octobre 2019.

Le président

du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) COR-2019-03082-00-00-TCD-TRA.

(2) Nouveau cadre d’interopérabilité européen — Promouvoir des services et des flux de données sans discontinuité pour les administrations publiques européennes (https://ec.europa.eu/isa2/sites/isa/files/eif_brochure_final.pdf).

(3) Ibidem.

(4) Indice DESI 2019.

(5) Entreprises ayant offert aux membres de leur personnel une formation pour développer leurs compétences dans le domaine des TIC en 2017.


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