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Initiative législative52019IR3731

Avis du Comité européen des régions — Définir le futur partenariat oriental avec les collectivités locales et régionales

CELEX52019IR3731
TypeInitiative législative
Datejeudi 5 décembre 2019

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions souligne le rôle crucial des collectivités locales et régionales dans la réussite du futur partenariat oriental de l'UE. Il préconise une approche décentralisée et participative, renforçant la coopération transfrontalière et le développement local pour une plus grande efficacité des politiques européennes. Pour un professionnel du droit français, ce texte indique une orientation politique visant à intégrer davantage les échelons infranationaux dans la gouvernance des relations avec les pays partenaires orientaux.

Texte intégral

10.3.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 79/45


Avis du Comité européen des régions — Définir le futur partenariat oriental avec les collectivités locales et régionales

(2020/C 79/09)

Rapporteur général

:

Tadeuš ANDŽEJEVSKI (LT/ECR), conseiller municipal de la commune-district de Vilnius

Texte de référence

:

Consultation structurée de l’Union européenne concernant le futur partenariat oriental, lancée le 26 juillet 2019

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

se félicite de la création, il y a dix ans, du partenariat oriental à l’initiative conjointe de l’Union européenne, de ses États membres ainsi que de six pays partenaires d’Europe orientale et du Caucase du Sud: l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine. Le Comité européen des régions (CdR) rappelle que ce sont principalement la Pologne et la Suède qui ont pris l’initiative de créer le partenariat oriental en tant que politique structurée visant à soutenir la coopération régionale et à œuvrer pour le renforcement des relations entre l’Union européenne et ses partenaires d’Europe orientale. Il estime que le partenariat oriental est devenu au fil des ans un instrument important de l’Union européenne pour influer sur les pays situés à l’est de ses frontières. Le CdR relève qu’au cours de cette décennie de fonctionnement du partenariat oriental, une série de projets et d’initiatives ont été mis en œuvre, qui ont contribué à réaliser des réformes indispensables dans les pays concernés, ainsi qu’à y établir une société civile;

2.

préconise la poursuite du développement du partenariat oriental au cours de la prochaine décennie de coopération avec l’Union européenne. Le CdR invite à accroître la participation des États du partenariat oriental aux institutions et aux agences de l’Union, ainsi qu’à ses programmes sectoriels, et notamment à accroître aussi leur participation à la prise des décisions concernant ces programmes et leur utilisation dans ces mêmes États. Le CdR recommande d’accroître progressivement le rôle des pouvoirs publics locaux et régionaux des États du partenariat oriental dans la gestion des programmes de l’Union mis en œuvre sur leur territoire;

3.

invite en particulier à élargir le cadre juridique qui façonne le partenariat oriental, et par exemple à compléter les accords d’association signés avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie au moyen d’annexes qui autorisent leur participation aux prochains programmes de l’Union européenne. Le CdR se félicite de ce fait de l’initiative du Parlement européen visant à développer la coopération avec ces trois États. Le processus de resserrement de la coopération avec ces États devrait avoir pour objectif la perspective de leur adhésion à l’Union européenne. Le CdR relève dans le même temps le besoin d’élargir également la coopération avec les autres États du partenariat oriental, et notamment de définir des priorités de partenariat communes à l’Union et à chacun des différents États, qui constitueront la base pour conclure des accords-cadres portant sur la poursuite de leur coopération;

4.

s’est engagé activement dans les travaux du partenariat oriental, en développant et en renforçant cette initiative à l’échelon des régions et des collectivités territoriales. En prenant toute une série d’initiatives telles que, par exemple, la mise en place de la conférence des collectivités locales et régionales du partenariat oriental (CORLEAP) ou des groupes de travail pour soutenir les réformes de décentralisation dans certains États (l’Ukraine), le CdR a contribué à renforcer l’autonomie des pouvoirs publics territoriaux au sein des États concernés, ainsi que la coopération régionale aussi bien entre chacun des différents États du partenariat oriental qu’avec les pays de l’Union européenne;

5.

recommande de rehausser le statut institutionnel de la CORLEAP, afin que celle-ci serve mieux à renforcer la décentralisation dans les États du partenariat oriental. Le CdR recommande à cette fin de resserrer la coopération dans le cadre de la CORLEAP avec les représentants des principales associations de pouvoirs publics locaux et régionaux de l’Union européenne tout comme des États du partenariat oriental;

6.

fait observer que l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans les constitutions et les dispositions juridiques de tous les pays du partenariat oriental et qu’ils ont tous ratifié sans réserve l’ensemble des conventions internationales les plus importantes dans ce domaine. Le CdR rappelle que le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes est également bien ancré dans les traités de l’Union européenne. Conformément à l’article 8 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’Union doit chercher à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans toutes ses actions, y compris, donc, pour ce qui est du partenariat oriental. Le CdR encourage dès lors les institutions de l’Union européenne à accorder leur assistance s’agissant d’échanger les bonnes pratiques qui visent à promouvoir la participation des femmes à la vie politique dans les collectivités locales et régionales des États de l’Union européenne et du partenariat oriental;

7.

note qu’au cours de la prochaine période de fonctionnement du partenariat oriental, les collectivités locales et régionales joueront également un rôle important pour mener à bien la réalisation de ses objectifs. C’est pourquoi le CdR escompte qu’au cours du sommet du partenariat oriental prévu dans le cadre de la présidence croate du Conseil de l’Union européenne, la Commission européenne ainsi que les dirigeants des États de l’Union tiendront compte de ses recommandations et de ses avis, élaborés en coopération avec les échelons des pouvoirs publics les plus proches des citoyens;

8.

relève que la société civile et les collectivités locales et régionales ont un rôle important à jouer pour renforcer l’état de droit: les collectivités locales et régionales dans les États de l’Union européenne et du partenariat oriental constituent un échelon fondamental pour la légitimité démocratique et ont un rôle central à jouer pour promouvoir une culture de l’état de droit et pour contrôler le respect des principes qui lui sont associés;

9.

soutient la poursuite des réformes de décentralisation dans les États du partenariat oriental, dans le respect de l’autonomie de ces derniers pour ce qui est de leur organisation interne sur le plan territorial et institutionnel. C’est pourquoi le CdR souscrit aussi pleinement aux conclusions de la neuvième réunion annuelle de la CORLEAP, qui s’est tenue à Turku, en Finlande, le 12 septembre 2019, concernant l’approche stratégique à adopter pour renforcer les initiatives régionales et locales visant à démocratiser et à décentraliser, y compris dans ce dernier cas en matière de finances publiques;

10.

soutient la revendication de certaines associations européennes de collectivités locales et régionales, de permettre une plus grande participation de ces dernières aux programmes de l’Union mis en œuvre dans les États du partenariat oriental associés à l’Union, et notamment à ceux d’entre eux liés au développement d’une planification durable ainsi qu’au développement économique et social, à la stimulation de l’investissement et aussi aux infrastructures régionales et locales. Les objectifs de développement durable (ODD) devraient constituer un principe directeur pour l’Union européenne et les États du partenariat oriental, et il convient de les promouvoir en tant que base de coopération dans tous les domaines qui s’y rapportent. À titre d’exemple, de telles mesures peuvent consister à faire participer ces États au programme Urbact ainsi qu’au programme «L’Europe pour les citoyens», ou encore aux programmes relatifs à la protection du climat, tels que LIFE. Le CdR juge également judicieux d’élargir le programme d’assistance technique et d’échange d’informations (TAIEX) et les programmes de jumelage en donnant aux collectivités locales et régionales des États du partenariat oriental la possibilité d’y participer;

11.

soutient également la participation des collectivités locales et régionales des États du partenariat oriental à la définition des objectifs de ce dernier, ainsi qu’à leur réalisation par la suite. Le CdR prend acte à cette occasion de l’idée d’engagement différencié de chacun des États du partenariat oriental, tout comme il adhère au principe interdisant de les opposer les uns aux autres;

12.

recommande que les 20 objectifs fixés pour 2020 soient renouvelés sur la base des 17 objectifs de développement durable (ODD) du programme à l’horizon 2030 afin de contribuer à la mise en œuvre de ces derniers dans le cadre du partenariat oriental;

13.

note que l’Union européenne reste déterminée à soutenir l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de tous ses partenaires. Le respect intégral des objectifs et principes consacrés par la charte des Nations unies, l’acte final d’Helsinki de 1975 et la charte de Paris de l’OSCE de 1990, ainsi que l’adhésion et l’attachement pleins et entiers à ceux-ci, sont fondamentaux pour notre vision commune d’une Europe pacifique et sans division;

14.

plaide pour que l’on redouble d’efforts afin de favoriser le règlement pacifique des conflits non résolus dans la région sur la base des principes et des normes du droit international. Le règlement des conflits, l’instauration d’un climat de confiance et les relations de bon voisinage sont essentiels pour le développement économique et social ainsi que pour la coopération. Le CdR salue les efforts accomplis et se félicite du rôle renforcé de l’Union européenne en matière de règlement des conflits et d’instauration d’un climat de confiance dans le cadre ou à l’appui des formats et des processus de négociation convenus existants, y compris par une présence sur le terrain, le cas échéant;

15.

se réjouit du dialogue plus étroit avec l’ensemble des partenaires en vue de moderniser les systèmes d’éducation, de recherche et d’innovation, et d’améliorer leurs résultats en matière de qualité et leur compétitivité, tout en assurant le respect des droits qu’exercent déjà les personnes appartenant à des minorités nationales, tels qu’ils sont consacrés par les conventions des Nations unies et du Conseil de l’Europe et par les protocoles connexes, en veillant à l’absence de discrimination des personnes appartenant à des minorités et au respect de la diversité et en prenant pleinement en compte les compétences des instances du Conseil de l’Europe lors de la réforme desdits systèmes;

16.

soutient tout particulièrement la résolution pacifique du conflit dans les régions orientales de l’Ukraine et du problème de l’annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie;

Soutenir la bonne gouvernance dans les États du partenariat oriental

17.

soutient le renforcement des capacités et de la qualité de l’administration publique dans les États du partenariat oriental à tous les échelons, et notamment à celui des collectivités locales et régionales. Le CdR soutient l’amélioration des qualifications des fonctionnaires, l’accroissement de la transparence dans le recrutement des agents publics et dans la prise des décisions publiques, et notamment l’instauration de normes de lutte contre la corruption et d’un processus décisionnel qui s’appuie sur les mécanismes démocratiques;

18.

se félicite de ce fait du programme de l’Union intitulé «Initiative anticorruption de l’Union européenne en Ukraine», mis en œuvre par l’Agence danoise pour le développement. Son financement repose sur les moyens de l’Union européenne et un cofinancement du Danemark. Ce programme vise à soutenir l’administration locale pour limiter le risque de corruption, notamment en établissant des procédures administratives stables et transparentes, apportant ainsi plus de transparence pour les citoyens, les organisations locales de la société civile et les médias autour des travaux des administrations publiques;

19.

salue à cet égard le rôle de l’École nationale d’administration publique de Varsovie, qui a, dans la foulée du sommet du partenariat oriental en 2011, mené dans le cadre du programme «Université de l’administration publique pour le partenariat oriental» neuf sessions de formation pour les employés des administrations de différents échelons dans les pays du partenariat;

20.

fait observer à cette occasion que parmi les plus de 500 fonctionnaires au total qui ont été ainsi formés, ceux employés par les administrations territoriales ou régionales ne constituaient qu’une part mineure. Le CdR demande que les formations organisées par les pays ou les institutions de l’Union afin de renforcer les capacités administratives au sein des États du partenariat oriental touchent dans une plus large mesure les fonctionnaires territoriaux. Il rappelle que les gouvernements des différents États du partenariat oriental arguent souvent du manque de capacités administratives des collectivités territoriales pour faire valoir la difficulté de faire mettre en œuvre et gérer directement des projets de l’Union par les unités territoriales au sein de leur État respectif;

21.

soutient, dans le fil de ce qui précède, l’initiative de la CORLEAP relative à l’établissement d’une plateforme éducative consacrée à des formations via l’internet ainsi qu’à la mise sur pied de l’École d’administration publique d’Europe orientale dans l’un des États du partenariat oriental, dont la mission serait de former de manière globale et coordonnée, en tirant parti des bonnes pratiques européennes, les fonctionnaires des différents échelons territoriaux des pays concernés. Cette démarche uniformiserait le processus de formation des cadres de la fonction publique de ces pays (et renforcerait entre autres l’enseignement de la langue anglaise) et leur inculquerait des normes professionnelles et éthiques élevées;

22.

accueille favorablement le programme pilote de l’Union européenne réalisé grâce à l’instrument TAIEX d’échanges entre pairs pour les fonctionnaires en Géorgie, en Moldavie et en Ukraine, qui repose sur les principes du stage d’observation sur le lieu de travail («job shadowing») et leur permet ainsi d’acquérir des expériences dans les États membres de l’Union européenne et de transmettre par la suite des connaissances et lesdites expériences à leurs propres administrations dans les États du partenariat oriental. Le CdR propose d’accroître la participation à ce programme des fonctionnaires issus des collectivités locales et régionales, et il invite à l’étendre à l’ensemble des États du partenariat. Il accueille favorablement la mise en route du programme de la Commission européenne concernant le détachement d’experts nationaux en formation professionnelle (ENFP) destiné aux États du partenariat oriental, ainsi que l’annonce d’une nouvelle phase du programme destiné aux jeunes professionnels («EU4Youth») pour ces pays. Le CdR reconnaît dans le même temps que le renforcement des capacités administratives dans les États du partenariat oriental peut prendre la forme d’une participation à l’initiative Jaspers, qui fournit une aide lors de l’élaboration des projets européens;

23.

soutient les partenariats entre les collectivités locales et régionales des États membres de l’Union européenne et leurs homologues des États du partenariat oriental, tout comme les partenariats similaires entre les collectivités locales et régionales des pays du partenariat oriental. La coopération entre régions, villes et communes constitue un exemple de ce type de partenariat. Les partenariats ainsi conclus peuvent constituer l’occasion d’échanger des informations et des expériences, de procéder à des échanges dans les domaines de la culture et de la jeunesse, d’organiser des formations, des visites d’études, des stages pour les fonctionnaires de l’administration, ainsi que d’autres initiatives;

24.

se félicite pour cette raison de la réussite du programme pilote de partenariat entre des villes et des régions des États membres de l’Union européenne et des entités similaires d’Ukraine (dans le cadre du programme «U-LEAD with Europe»). Ce programme de coopération d’un an qui s’est déroulé sous la houlette du CdR a soutenu la décentralisation en Ukraine et portait en particulier sur l’amélioration de la gestion de la politique économique, notamment dans des domaines tels que l’énergie, le tourisme et le développement rural;

25.

propose, dans le cadre du soutien à la bonne gouvernance à l’échelon local et régional dans les États du partenariat oriental, de promouvoir les travaux d’analyse et d’expertise concernant le développement local et régional, ainsi que de remédier également aux problèmes et aux obstacles les plus pressants mis en évidence à cet échelon en matière de développement. Ces travaux d’expertise peuvent être élaborés par les institutions locales de la société civile (laboratoires d’idées) ainsi que par d’autres centres d’analyse ou de recherche scientifique en coopération avec des institutions similaires issues des États membres de l’Union européenne;

26.

estime que l’assistance technique et organisationnelle destinée aux organisations de la société civile, aux médias locaux et aussi aux associations de collectivités territoriales constitue un élément important de la bonne gouvernance à l’échelon local et régional dans les États du partenariat oriental;

27.

fait observer que le respect des droits des minorités nationales et leur participation à la prise des décisions, ainsi qu’à leur mise en œuvre par les pouvoirs publics locaux et régionaux, constituent un autre élément important pour favoriser la bonne gouvernance;

Soutenir le développement économique et social

28.

soutient toutes les initiatives visant au développement économique et social dans les États du partenariat oriental, notamment à l’échelon local et régional. Pour cette raison, le CdR se félicite du lancement en 2017 de l’initiative de l’Union européenne «Les maires pour la croissance économique», qui œuvre dans le cadre du partenariat oriental. Elle doit, entre autres, permettre aux pouvoirs publics locaux de stimuler la croissance économique, par exemple grâce à la mise en œuvre de modifications réglementaires, d’améliorer l’accès au financement et de développer les infrastructures, le capital humain ainsi que leur capacité à attirer des investisseurs extérieurs;

29.

dans le droit fil de son avis antérieur (CIVEX-VI/030), demande derechef que soient fournies des données statistiques officielles de haute qualité dans les États du partenariat oriental, à l’échelon local et régional, aux fins d’une gestion plus efficace et stratégique du développement social et économique. Les statistiques fournies seront, dans la mesure du possible, ventilées par sexe;

30.

fait observer que l’absence de telles données statistiques de haute qualité ne permet pas d’évaluer de manière crédible le potentiel économique de chaque région ou unité territoriale ni d’évaluer l’efficacité des projets socio-économiques mis en œuvre sur leur territoire, et complique de surcroît la lutte contre la corruption et entrave l’instauration de la transparence dans la vie sociale;

31.

soutient également les échanges d’expériences ainsi que l’assistance technique de la part des États membres de l’Union européenne dans les domaines de la gestion stratégique des budgets locaux, d’une administration plus efficace des services locaux, de la mise en œuvre d’un budget participatif établi avec la participation des citoyens, etc.;

32.

recommande de garantir un soutien accru aux initiatives visant à favoriser dans les États du partenariat oriental l’entrepreneuriat local et régional, notamment parmi les PME, tout comme de diffuser les principes de l’entrepreneuriat social;

33.

recommande en outre de mettre en œuvre des programmes visant à favoriser l’efficacité énergétique ainsi que le développement des énergies renouvelables dans les États du partenariat oriental, en tenant compte de la nécessité de décentraliser ces programmes à l’échelon local ou régional. Le CdR se félicite de ce fait de l’initiative intitulée «Pacte des maires de l’Est», qui vise à promouvoir et à mettre en œuvre les objectifs de la politique de l’Union en matière d’énergie et de climat dans les États du partenariat oriental. Cette initiative doit tout particulièrement aider les pouvoirs publics locaux de ces États à mettre en place un secteur énergétique durable, à garantir la sécurité des approvisionnements en énergie, tout comme à s’adapter au changement climatique;

34.

soutient une participation accrue des États du partenariat oriental aux programmes Erasmus+, Europe créative, COSME et Horizon 2020 ainsi qu’aux initiatives ultérieures du même ordre dans le cadre des prochaines perspectives financières pluriannuelles de l’Union européenne. Dans le même temps, le CdR encourage à mettre en place des incitations organisationnelles à la participation de ces États dans ces programmes, dans le cadre par exemple de consortiums communs établis entre des entités des États du partenariat oriental et des États membres de l’Union européenne;

35.

recommande de diffuser les principes relatifs à la transparence et à la lutte contre la corruption dans les États du partenariat oriental, dans le contexte de la réalisation de programmes communs entre les pouvoirs publics locaux et régionaux et les acteurs locaux du secteur marchand, notamment les PME, tout comme avec les investisseurs étrangers;

Développer la coopération transfrontalière

36.

estime que les initiatives de coopération transfrontalière sont un instrument important susceptible de contribuer à la réalisation des objectifs du partenariat oriental, en particulier à la coopération entre les États du partenariat oriental et les États membres de l’Union européenne ou encore au développement local et régional;

37.

se félicite de ce fait du développement des programmes territoriaux du partenariat oriental (programmes de coopération territoriale du partenariat oriental), mis en œuvre avec la participation de pouvoirs publics locaux et régionaux choisis dans quatre paires d’États, c’est-à-dire entre l’Arménie et la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie, la Biélorussie et l’Ukraine, ainsi que la Moldavie et l’Ukraine. Le CdR considère qu’il y a lieu, comme jusqu’à présent, de réaliser de tels programmes de coopération territoriale entre les États du partenariat oriental, mais aussi, de surcroît, entre des territoires frontaliers des États du partenariat oriental et des États membres de l’Union européenne;

38.

est d’avis que la coopération transfrontalière devrait viser à développer les relations interpersonnelles, à procéder à des échanges dans les domaines de la culture et de la jeunesse, à échanger les expériences dans le cadre de la société civile et du fonctionnement des médias locaux, à effectuer des échanges scientifiques et techniques destinés à favoriser la décentralisation et le développement local et régional ainsi qu’à améliorer le fonctionnement de l’administration publique, et, enfin, à établir des partenariats entre les pouvoirs publics locaux et régionaux;

39.

estime que l’organisation de la coopération transfrontalière peut être calquée sur le modèle de programmes semblables fonctionnant au sein de l’Union européenne. À cette fin, il convient de tirer parti, par exemple, des bonnes pratiques du programme Interreg, qui s’applique avec succès depuis plus de deux décennies dans les régions frontalières des pays de l’Union;

40.

estime que, dans le cadre des programmes transfrontaliers, il convient de porter une attention toute particulière au facteur humain, de manière à faire des régions frontalières des pays du partenariat oriental, mais aussi des frontières avec les pays de l’Union, un espace de collaboration, voire souvent de réconciliation aussi. De petits projets interpersonnels, qu’il serait possible de disjoindre sur le plan administratif de programmes de plus grande taille, sont en mesure d’attirer un très grand nombre de personnes. Ces projets interpersonnels doivent être autant que possible débarrassés de toute bureaucratie et être accessibles à leurs possibles bénéficiaires (des écoles, des hôpitaux, des organisations de jeunesse, des groupes religieux, etc.) grâce à la réduction de l’apport propre des parties intéressées. En vue de la création à l’avenir de structures permanentes dotées de la personnalité juridique, il serait également possible d’étudier si une forme de «groupement de coopération territoriale du partenariat oriental» (similaire au groupement européen de coopération territoriale) serait envisageable;

41.

considère que les programmes transfrontaliers devraient concentrer les moyens financiers sur une sélection de pouvoirs publics locaux et régionaux du partenariat oriental et, sur cette base, engranger les expériences, en fonctionnant dans les premiers temps dans un cadre expérimental;

Communiquer

42.

estime que le développement des réseaux de communication, routiers, ferroviaires, de télécommunications, etc., devrait constituer un élément important de l’approfondissement de la coopération entre les États du partenariat oriental, mais aussi entre ces derniers et les États membres de l’Union européenne;

43.

se félicite de ce fait du développement de la «Plateforme d’investissement pour les pays relevant de la politique de voisinage» (la plateforme d’investissement pour le voisinage) dont les actions sont pour partie financées par le Fonds européen pour le développement durable (FEDD) et pour partie par des moyens obtenus d’autres sources selon le principe du panachage de subventions et d’emprunts. Le FEDD octroie également des garanties financières pour de tels investissements. Jusqu’en 2019, 15 projets ont été lancés ou approuvés pour les États du partenariat oriental dans le cadre de la plateforme d’investissement pour le voisinage, financés à hauteur de 151 millions d’EUR, sachant que le volume total de moyens mobilisés est même susceptible de s’élever à 1,8 milliard d’EUR. Nombre de ces investissements sont destinés à développer les infrastructures de réseaux, notamment de transport. Certains d’entre eux sont destinés aux infrastructures locales dans le cadre du «Programme communal d’investissements dans les infrastructures»;

44.

estime qu’il convient de réaliser les initiatives dans le domaine des transports non seulement au titre des fonds de l’Union européenne directement destinés au partenariat oriental, mais aussi dans le cadre des programmes recourant au panachage d’instruments de financement. C’est pourquoi le CdR se félicite de la réalisation dans les États du partenariat oriental d’investissements relevant du plan d’action indicatif d’investissement dans le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), ainsi que de la possibilité de mettre en œuvre des actions grâce aux moyens fournis par le mécanisme pour l’interconnexion en Europe. Le CdR fait observer que certains de ces investissements présentent également un caractère local et contribuent au développement des voies de communication dans les villes et les régions du partenariat oriental. Il convient d’accroître les possibilités de tirer parti d’autres programmes et outils d’investissement de l’Union européenne, tout comme de simplifier les possibilités pour les États du partenariat oriental d’accéder à ces fonds;

45.

estime que pour réaliser plus efficacement les objectifs du partenariat oriental, il convient de relever le plafond de financement européen au cours des prochaines perspectives financières pluriannuelles après 2020. Le CdR se félicite de la proposition de la Commission européenne d’augmenter de quelque 25 % les moyens financiers alloués au nouvel instrument destiné à l’action extérieure («l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale»). Il fait néanmoins valoir la nécessité d’augmenter de manière comparable les moyens alloués au partenariat oriental. En outre, il convient d’étudier la possibilité de prévoir des crédits spécifiques distincts dans le cadre de cet instrument, destinés à la réalisation des objectifs par les pouvoirs publics locaux et régionaux du partenariat oriental et utilisés dans le cadre de la coopération transfrontalière.

Bruxelles, le 5 décembre 2019.

Le président

du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


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