COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 4.4.2019
SWD(2019) 112 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale de l'UE 2019
Rapport pays: Belgique
accompagnant le document:
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions
Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale de l'UE 2019:
une Europe qui protège ses citoyens et améliore leur qualité de vie
{COM(2019) 149 final} - {SWD(2019) 111 final} - {SWD(2019) 113 final} - {SWD(2019) 114 final} - {SWD(2019) 115 final} - {SWD(2019) 116 final} - {SWD(2019) 117 final} - {SWD(2019) 118 final} - {SWD(2019) 119 final} - {SWD(2019) 120 final} - {SWD(2019) 121 final} - {SWD(2019) 122 final} - {SWD(2019) 123 final} - {SWD(2019) 124 final} - {SWD(2019) 125 final} - {SWD(2019) 126 final} - {SWD(2019) 127 final} - {SWD(2019) 128 final} - {SWD(2019) 129 final} - {SWD(2019) 130 final} - {SWD(2019) 131 final} - {SWD(2019) 132 final} - {SWD(2019) 133 final} - {SWD(2019) 134 final} - {SWD(2019) 135 final} - {SWD(2019) 136 final} - {SWD(2019) 137 final} - {SWD(2019) 138 final} - {SWD(2019) 139 final}
Le présent rapport a été rédigé par le personnel de la direction générale «Environnement», Commission européenne. Les commentaires sont les bienvenus à l’adresse électronique suivante: ENV-EIR@ec.europa.eu
De plus amples informations sur l’Union européenne sont disponibles à l’adresse suivante: http://europa.eu .
Concernant les photographies p. 14 — ©iStock/ Geofff; p. 15 — © iStock/ 4nadia; p. 22 — © iStock/ jotily; p. 26 — © gettyimages/ barmalini; p. 29 — © iStock/ Leonid Andronov
Pour la reproduction ou l’utilisation de ces photos, la permission doit être sollicitée directement auprès du titulaire des droits d’auteur.
©Union européenne, 2019
La reproduction est autorisée à condition que la source soit mentionnée.
Table des matières
Synthèse
Partie I: Domaines thématiques
1.Faire de l’Union une économie circulaire, efficace dans l’utilisation des ressources, verte, compétitive et à faibles émissions de carbone
Mesures en faveur d’une économie circulaire
Gestion des déchets
Changement climatique
2.Protéger, conserver et améliorer le capital naturel
Nature et biodiversité
Préserver et rétablir les écosystèmes et leurs services
Estimation du capital naturel
Espèces exotiques envahissantes
Protection des sols
Protection maritime
3.Garantir la santé et la qualité de vie des citoyens
Qualité de l’air
Émissions industrielles
Bruit
Qualité et gestion de l’eau
Produits chimiques
Rendre les villes plus durables
Partie II: Dispositif de facilitation: outils de mise en œuvre
4.Fiscalité verte, marchés publics écologiques, financements et investissements en faveur de l’environnement
Fiscalité verte et subventions dommageables pour l’environnement
Marchés publics écologiques
Financements et investissements en faveur de l’environnement
5.Renforcer la gouvernance environnementale
Information, participation du public et accès à la justice
Assurance de la conformité
Efficacité des administrations chargées de l’environnement
Accords internationaux
Développement durable et mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU
Synthèse
La Belgique et l’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale (EIR)
Dans l’EIR de 2017, les principaux défis recensés en Belgique en ce qui concerne la mise en œuvre de la politique et de la législation environnementales de l’Union européenne étaient les suivants:
·améliorer la qualité de l’air, en particulier les niveaux de dioxyde d’azote, en réduisant la congestion routière;
·poursuivre la lutte contre la pollution de l’eau générée par les eaux urbaines résiduaires et les sources agricoles;
·gérer le réseau Natura 2000 en vue d’atteindre un état de conservation favorable pour l’ensemble des espèces et des habitats.
Lors de son dialogue national sur l’EIR, qui s'est tenu en mars 2017, la Belgique a mis l’accent sur la congestion routière, la pollution atmosphérique, la santé humaine et l’assurance de la conformité. Compte tenu de la structure fédérale de la Belgique, la plupart des questions environnementales relèvent de la compétence régionale. Dès lors, une coordination efficace s’impose dans le cadre d’un système de gouvernance à plusieurs niveaux.
En 2017, la Commission a lancé «TAIEX-EIR Peer-to-Peer» (EIR P2P), un nouvel outil pratique facilitant l’apprentissage par les pairs entre les autorités environnementales. La Belgique a participé à des activités d’EIR P2P sur les thèmes de l’économie circulaire, de l’air et de la gestion des déchets.
Progrès réalisés depuis le rapport de 2017 face aux défis à relever
Le rapport EIR de 2019 montre que, dans le domaine de la qualité de l’air, des progrès ont été réalisés en matière de réduction des émissions. Ces progrès sont notamment le résultat de l’adoption de mesures telles que l’instauration de zones à faibles émissions, l’amélioration technique des véhicules et la mise en place d’incitations fiscales. Des progrès substantiels ont été réalisés dans le domaine des particules: la Belgique n’a signalé aucun dépassement de ses limites en 2016 et certaines avancées ont été enregistrées en ce qui concerne les émissions d’oxydes d’azote. Toutefois, cette baisse des émissions n’est que marginale et le pays dépasse toujours les valeurs limites fixées – principalement en raison du volume du trafic routier en Belgique, qui reste élevé dans la mesure où près de 80 % des déplacements sont effectués en voiture particulière. Les efforts doivent se poursuivre pour réformer efficacement le système des voitures de société, réduire la congestion, maintenir la parité entre les prix de l’essence et du carburant diesel et investir dans des modes de transport plus durables.
En ce qui concerne la qualité de l’eau, des progrès importants ont été réalisés en ce sens que toutes les agglomérations (foyers de peuplement ou lieux d’activité économique) respectent désormais la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires grâce à des investissements adéquats. Les concentrations de nitrates dans les eaux de surface et souterraines en Wallonie sont restées relativement stables, tandis que les pressions agricoles générant de la pollution diffuse demeurent importantes en Flandre. L’efficacité des mesures actuelles de lutte contre la pollution par les effluents d’élevage et les engrais en Wallonie doit donc continuer à être évaluée. En Flandre, les efforts visant à réduire la pollution par les nutriments doivent se poursuivre.
Dans le domaine de la conservation de la nature, grâce à une utilisation efficace des fonds européens, plusieurs actions sont en cours pour restaurer et gérer les sites Natura 2000. Les mesures de gestion agricole ont également été renforcées pour protéger les espèces et les habitats, bien qu’il soit actuellement difficile de savoir si ces mesures sont suffisantes pour compenser les effets négatifs de l’intensification agricole et de l’eutrophisation qui en résulte dans les zones rurales. Une question soulevée dans le présent rapport concerne la nécessité d’assurer une meilleure mise en œuvre du règlement de l’Union européenne relatif au bois.
En outre, la Belgique continue d’exploiter efficacement les fonds de l’Union européenne et les possibilités de prêt, en particulier pour soutenir l’économie circulaire.
Exemples de bonnes pratiques
·En 2018, la Belgique a émis ses premières obligations vertes.
·En ce qui concerne l’économie circulaire, les travaux menés en Flandre pour étudier les transitions vers la durabilité dans le cadre de l’initiative «Vision 2050» méritent d’être soulignés. La Wallonie a mis en place des mesures d’incitation efficaces pour encourager les municipalités à accroître la collecte sélective des déchets. Quant à Bruxelles, ses efforts en faveur de l’économie circulaire ont été mis en lumière sur la plateforme des acteurs européens de l’économie circulaire. Avec un taux de 53,5 % (en 2016), le recyclage des déchets municipaux en Belgique est l’un des plus élevés de l’Union européenne.
·Plusieurs initiatives d’infrastructure verte ont pris forme. On peut citer par exemple: i) le «maillage vert et bleu», qui relie les sites naturels de la région de Bruxelles-Capitale; ii) le cadre d’établissement de priorités en matière de restauration dans la région flamande; et iii) le Code du développement territorial, qui impose la connectivité écologique. La Belgique a également réussi à contenir efficacement l’expansion du frelon asiatique.
·Plusieurs actions peuvent être saluées dans l’administration publique, qui concernent notamment: i) les organismes de coopération interrégionale et les organismes de coopération entre les régions et l’État fédéral; ii) le groupe de travail (task force)/rapport sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable; et iii) le point d’information unique sur la mise en œuvre la convention d’Aarhus/la participation du public.
·La Commission estime que le plan d’action de la Belgique sur les marchés publics écologiques constitue un exemple européen de bonne pratique en la matière. La Belgique a renforcé la formation et le perfectionnement à l’appui de l’application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), notamment à travers les initiatives «Africa Twix» et «African Elephant Fund».
Partie I: Domaines thématiques
1. Faire de l’Union une économie circulaire, efficace dans l’utilisation des ressources, verte, compétitive et à faibles émissions de carbone
Mesures en faveur d’une économie circulaire
Le plan d’action en faveur de l’économie circulaire souligne la nécessité d’évoluer vers une économie «circulaire» axée sur le cycle de vie, en réutilisant autant que possible les ressources et en supprimant presque complètement les déchets résiduels. Cet objectif peut être facilité par l’accès à des instruments financiers innovants et à des sources de financement de l’éco-innovation, ainsi que par leur développement.
Après l’adoption du plan d’action en faveur de l’économie circulaire en 2015 et la mise en place d’une plateforme des acteurs concernés en 2017, la Commission européenne a adopté, en janvier 2018, un nouveau train de mesures . Ces mesures comprenaient de nouvelles initiatives, parmi lesquelles: i) une stratégie européenne relative aux plastiques; ii) une communication indiquant comment appréhender les interactions entre les textes législatifs relatifs aux substances chimiques, aux produits et aux déchets; iii) un rapport sur les matières premières critiques; et iv) un cadre pour assurer le suivi des progrès en faveur d’une économie circulaire .
Selon les 10 indicateurs du cadre de suivi pour l’économie circulaire, la Belgique se situe nettement au-dessus de la moyenne de l’Union européenne en ce qui concerne l’utilisation circulaire (secondaire) des matériaux (18,9 % en 2016, contre une moyenne européenne de 11,7 %). Toutefois, la Belgique obtient des résultats inférieurs à la moyenne de l’Union européenne pour ce qui est des personnes employées dans l’économie circulaire (1,12 % de l’emploi total en 2015, contre 1,73 % en moyenne à l’échelle européenne ).
L’Eurobaromètre spécial nº 468 de 2017 sur les attitudes des citoyens de l’Union européenne à l’égard de l’environnement montre que 86 % des citoyens belges sont très préoccupés par les effets des produits en plastique sur l’environnement (moyenne européenne: 87 %) ainsi que par l’incidence des produits chimiques (92 %, contre 90 % en moyenne à l’échelle européenne ). Dans l’ensemble, la société belge semble soutenir les initiatives d’économie circulaire et les actions de protection de l’environnement.
En 2016, les ministères fédéraux de l’économie, de la santé publique et de l’environnement ont collaboré pour élaborer une feuille de route à l’appui de la transition vers une économie plus circulaire . Depuis lors, plusieurs partenariats ont été établis avec des entreprises de recyclage et des entreprises technologiques. Une autre avancée positive concerne une étude sur les critères de réparabilité adoptés à la mi-2018, qui s’est intéressée à deux cas pratiques (les lave-vaisselle et les aspirateurs) .
En ce qui concerne la coopération transfrontière au sein de l’Union européenne, les pays du Benelux coopèrent entre eux en matière d’économie circulaire , tandis que le Fonds européen de développement régional (FEDER) soutient la collaboration transfrontalière entre la Belgique et la France dans le cadre du projet RECY-COMPOSITE relatif aux déchets, ainsi qu’avec les Pays-Bas concernant le projet GrasGoed sur le recyclage de l’herbe coupée .
En Wallonie, l’utilisation efficace des ressources et l’économie circulaire constituent l’une des principales priorités politiques, comme le reflète la déclaration de politique régionale du 25 juillet 2018 ; ces questions sont intégrées dans plusieurs initiatives politiques, comme le Plan Marshall 4.0 (le plan de développement régional du gouvernement wallon pour 2015-2019) . Le programme NEXT , axé sur la gestion efficace des ressources dans tous les secteurs, est consacré à la transition vers une économie circulaire et constitue un moyen de renforcer la stratégie wallonne pour une spécialisation intelligente, puisqu’il établit des liens avec d’autres secteurs et pôles d’activité clés. Par ailleurs, l’Agence wallonne pour l’entreprise et l’innovation soutient, depuis 2004, les PME désireuses de s’engager dans l’économie circulaire .
La Wallonie dispose aussi d’une alliance «emploi-environnement» pour la construction durable . Cette alliance repose sur une dynamique de gouvernance innovante: il s’agit de mobiliser et de coordonner les pouvoirs publics, les ménages et les acteurs privés du secteur de la construction autour d’actions concertées pour relever les défis liés à la transition énergétique, au climat et à l’emploi.
L’utilisation des écochèques a été approuvée en juillet 2017, et le FEDER a alloué à cette fin un budget de 3 260 millions d’EUR provenant du programme opérationnel (PO) de la Wallonie. Ces écochèques permettent aux entreprises d’avoir recours à des services d’experts en écoconception et en développement de biens durables.
En mars 2016, la Flandre a approuvé «Vision 2050» comme l’une des sept transitions menant à une économie circulaire . En février 2017, le gouvernement flamand a approuvé un document de réflexion portant principalement sur la ville circulaire, les achats circulaires (pour lesquels un «Green Deal» a déjà été lancé) et les entreprises circulaires.
«Vlaanderen Circulair» est une autre stratégie notable en faveur de l’économie circulaire. Il s’agit d’un espace de mise en réseau et d’établissement de partenariats public-privé dans le domaine de l’économie circulaire. Cet espace sert également de laboratoire de politiques, en soutenant les partenaires dans le cadre de l’économie circulaire et en assurant le partage des connaissances entre les participants avec l’aide d’un centre de recherche sur les politiques. Les achats circulaires (ou approvisionnement circulaire) constituent l’un des trois thèmes stratégiques de «Vlaanderen Circulair» pour la période 2017-2018, aux côtés des «villes circulaires» et de l’«entrepreneuriat circulaire». En 2017, un nouveau programme de subventions a été lancé pour appuyer les expériences en matière d’innovation sociale (comme de nouveaux modèles de production et de consommation) en faveur d’une économie circulaire.
Un autre programme, intitulé «Smart Flanders» et destiné à soutenir treize villes qui souhaitent devenir des «villes intelligentes» sera mis en place jusqu’à la fin 2019 . Le projet phare intitulé «Groen Licht Vlaanderen» est un réseau en faveur de la numérisation et de l’éclairage LED durable. Enfin, l’agence flamande pour l’environnement a publié un rapport sur «l’équilibre des systèmes» pour 2017, lequel analyse si les systèmes énergétiques, alimentaires et de mobilité sont respectueux de l’environnement et détermine les modifications à apporter à ces systèmes .
En mars 2016, le gouvernement régional bruxellois a adopté un programme régional d’économie circulaire («Be Circular») composé de 111 mesures définissant une stratégie pour passer d’une économie linéaire à une économie circulaire à l’horizon 2025. «Be Circular» a remporté le prix régional de l’innovation (2016) organisé par l’Assemblée des régions d’Europe (ARE), ainsi que le prix Eurocities (2017) dans la catégorie «Innovation». Ce programme est actuellement mis en lumière sur le nouveau site Internet de la plateforme des acteurs européens de l’économie circulaire .
«Be Circular» associe trois ministères régionaux, quinze administrations, un comité consultatif et plus de 60 parties prenantes (publiques et privées). Ce programme régional propose diverses possibilités de coaching, de formation et de financement aux entreprises établies à Bruxelles. Après dix-huit mois de déploiement, le taux moyen de mise en œuvre des mesures de «Be Circular» est de 45 %; sur les 111 mesures de «Be Circular», seulement quatorze n’ont pas encore débuté. Plus de 20 % des mesures sont achevées à 100 %, parmi lesquelles beaucoup sont récurrentes.
En Belgique, les investissements privés, les emplois et la valeur ajoutée brute liés aux secteurs de l’économie circulaire sont passés de 2 292,6 millions d’EUR en 2009 à 2 843,5 millions d’EUR en 2015 .
La Belgique a obtenu des résultats légèrement supérieurs à la moyenne de l’Union européenne pour ce qui est de la productivité des ressources (c’est-à-dire l’efficacité avec laquelle l’économie utilise les ressources matérielles pour générer de la richesse), avec 2,63 EUR/kg en 2017 (moyenne européenne: 2,04 EUR/kg ). Le graphique 1, qui présente l’évolution de cette tendance dans le temps, indique une augmentation légère mais régulière de la productivité des ressources en Belgique depuis 2009, à l’exception d’une baisse entre 2016 et 2017.
| Graphique 1: Productivité des ressources 2010-2017 |
| |
Le nombre élevé de produits porteurs du label écologique de l’Union européenne et d’organisations agréées EMAS (système de management environnemental et d’audit de la Commission européenne ) témoigne de l’engagement des pouvoirs publics à l’égard de la transition circulaire, ainsi que de celui de nombreux acteurs du secteur privé et parties prenantes nationales. En septembre 2018, 2 057 produits belges et 49 licences étaient enregistrés dans le système de label écologique de l’Union européenne, sur un total de 71 707 produits et de 2 167 licences dans l’Union européenne . En outre, 75 organisations belges sont actuellement enregistrées dans l’EMAS (avril 2018) pour un total de 751 sites géographiques.
Le 4 décembre 2018 a eu lieu un événement important, la conférence finale sur les 20 ans de la loi sur les normes de produits.
En ce qui concerne la création d’un marché secondaire des matières premières et le lancement d’une campagne de sensibilisation à l’intention des consommateurs, des mesures importantes ont été prises dans les trois régions. En Flandre, par exemple, l’agence de gestion des déchets OVAM est un partenaire important de 30 centres de réutilisation agréés Kringloop, et ces différentes entités se sont réunies pour former un réseau professionnel destiné à améliorer la qualité et à apprendre les unes des autres . L’OVAM appuie la plateforme de symbiose industrielle pour mettre en contact les entreprises qui produisent des dérivés susceptibles d’être utilisés comme matière première par d’autres entreprises. Un exemple est celui de l’entreprise Umicore, qui a élaboré un modèle économique en boucle fermée axé spécifiquement sur ses produits et services pour le secteur automobile . À Anvers, la Banque européenne d’investissement (BEI) accorde des financements sous la forme de prêts en faveur d’installations portuaires destinées à recycler les déchets d’hydrocarbures à bord des navires («slops»).
Dans la province de Namur, le béton et les briques des bâtiments démolis sont transformés en revêtements routiers écologiques.
Les PME et l’efficacité dans l’utilisation des ressources
Les performances environnementales des petites et moyennes entreprises (PME) belges restent conformes à la moyenne de l’Union européenne (voir le graphique 2). Aucun changement n’a été observé dans ces indicateurs entre 2016 et 2017. Le nombre de PME qui ont pris des mesures concrètes en faveur d’une utilisation efficace des ressources est supérieur à la moyenne de l’Union européenne, tout comme le nombre d’entre elles qui ont bénéficié d’incitations fiscales et d’autres types de subventions. Le nombre de PME belges proposant des produits ou des services écologiques a également rejoint la moyenne de l’Union européenne. Toutefois, le nombre de PME qui tirent plus de 50 % de leur chiffre d’affaires de produits verts se situe sous la moyenne de l’Union européenne.
Le dernier Eurobaromètre sur les PME, l’utilisation efficace des ressources et les marchés verts montre une amélioration pour certains des principaux indicateurs. 51 % des PME belges ont investi jusqu’à 5 % de leur chiffre d’affaires annuel pour devenir plus efficaces dans l’utilisation des ressources (contre 50 % en moyenne dans l’Union européenne), tandis que 36 % affirment proposer des produits ou des services écologiques ou prévoir de le faire dans moins de deux ans (contre 33 % en moyenne dans l’Union européenne). Parmi les PME belges «vertes», 69 % se déclarent satisfaites de l’aide reçue du gouvernement (moyenne de l’Union européenne: 58 %). Néanmoins, des améliorations sont encore possibles. Alors que le nombre moyen de salariés occupant un emploi vert dans une PME au sein de l’Union européenne est de 4, en Belgique, la moyenne s’établit à 3,8.
| Graphique 2: Performances environnementales des PME |
| |
Les régions belges ont mis en place plusieurs mesures notables pour développer les entreprises vertes, rendre les entreprises plus durables et économes en énergie, et encourager l’éco-innovation. La région de Bruxelles-Capitale met à disposition, par l’intermédiaire du programme «Be Circular», un guichet unique pour les PME à la recherche d’informations, de soutien ou de financement. Les PME peuvent par exemple bénéficier d’outils de coaching mis au point dans le cadre du projet «Resilient Web», soutenu par le FEDER. Un autre exemple est l’appel à projets «Be Circular» destiné aux entreprises et aux entrepreneurs de l’économie circulaire et doté d’une enveloppe annuelle de 1,5 million d’EUR. Les deux premières éditions de cet appel à projets ont permis d’apporter un soutien financier à 70 projets.
Un projet basé à Gand et baptisé «Bio Base NWE» a remporté le prix RegioStars 2017 dans la catégorie «Spécialisation intelligente pour l’innovation dans les PME» . Les investissements réalisés dans le cadre du programme INTERREG IVB ont constitué un facteur de soutien: jusqu’à 71 millions d’EUR ont mené à la création de 320 nouveaux emplois dans la bioéconomie dans le nord-ouest de l’Europe.
La Wallonie a lancé une nouvelle initiative, «SMART PARK II», à l’attention des PME qui promeuvent l’efficacité énergétique et la production d’énergie renouvelable. La région a également mis en place des programmes de soutien et de financement qui permettent aux PME et aux TPME d’investir dans l’efficacité énergétique et d’accroître leur production d’énergie renouvelable.
Éco-innovation
La Belgique s’est classée à la huitième place du tableau de bord européen de l’innovation 2018, enregistrant ainsi une progression de 6,8 points depuis 2010 . Cependant, avec un score total de 83 au tableau de bord global de l’éco-innovation 2017, la Belgique se classait seulement à la seizième position dans la liste des pays de l’Union européenne (voir le graphique 3) .
| Graphique 3: Indice de l’éco-innovation 2017 (UE = 100) |
| |
Entre 2011 et 2016, le score de la Belgique en matière d’éco-innovation est passé de 115 points à 82 points (voir le graphique 4) . Si le développement de l’éco-innovation dans le pays n’a pas ralenti, son rythme de progression n’est pas aussi rapide que dans d’autres pays de l’Union européenne .
La Belgique doit améliorer ses performances pour certains des principaux indicateurs de l’indice si elle veut réduire cet écart. Par exemple, seulement 1 167 organisations belges appliquent la norme ISO 14001 relative aux systèmes efficaces de management environnemental, ce qui place le pays au dix-huitième rang dans l’Union européenne , tandis que l’emploi dans les éco-industries et l’économie circulaire ne représente que 1,16 % de l’emploi total, contre 1,71 % en moyenne dans l’Union européenne .
Comme mentionné dans l’EIR de 2017, il existe plusieurs moteurs de l’éco-innovation en Belgique. Premièrement, les objectifs d’éco-innovation et de durabilité sont pleinement intégrés dans les politiques industrielles et économiques, car ils sont considérés comme des atouts précieux pour la compétitivité des entreprises. Deuxièmement, la Belgique possède des capacités technologiques, une réglementation et des infrastructures bien développées. L’accent clairement mis par le gouvernement sur les sciences, les incitations fiscales, un solide financement de la R&D, le capital humain et d’autres facteurs ont contribué à renforcer la base de connaissances et à placer les éco-industries et autres industries belges en bonne position. Troisièmement, il existe une demande croissante pour les technologies et les produits verts, tant de la part des consommateurs privés que de celle des grandes entreprises et des administrations qui poursuivent des stratégies écologiques.
| Graphique 4: Performances de la Belgique en matière d’éco-innovation |
| |
Il existe aussi différents types d’obstacles à l’éco-innovation. Certains sont liés à la coordination interrégionale, à la planification intégrée et à la prise de décisions – des domaines dans lesquels la diffusion des bonnes pratiques régionales et la coopération au niveau national sont loin de constituer des priorités. Un autre obstacle réside dans le manque de compétences liées à l’éco-innovation et à l’économie circulaire dans les PME . Le ministère fédéral de la santé publique et de l’environnement a commandé une étude en vue de l’élaboration d’outils pratiques permettant aux entreprises d’évaluer le passage d’un modèle commercial de vente à un modèle commercial fondé sur les produits en tant que service. Un cas pratique est actuellement à l’essai dans une PME de plus grande taille. En Flandre et en Wallonie, la stratégie visant à améliorer la valeur marchande des innovations s’articule autour de pôles d’activité, dans le cadre d’une coopération étroite entre l’industrie, les centres de connaissances et les gouvernements régionaux.
En Flandre, il existe deux grands pôles d’innovation axés sur la demande dans le domaine de l’éco-innovation et consacrés, respectivement, à l’énergie et à la chimie durable . I‑cleantech est une organisation qui encourage l’adoption de l’éco-innovation par les entreprises46. Une plateforme d’innovation (Blue App) et un incubateur (BlueChem) seront également lancés prochainement. Ces dernières initiatives s’intéresseront à la réutilisation des déchets et des flux secondaires, ainsi qu’à la mise au point de produits chimiques renouvelables et de matériaux durables. Le projet coûtera plus de 11 millions d’EUR et sera cofinancé par le FEDER, la ville d’Anvers et la région flamande .
En Wallonie, conformément à sa stratégie de spécialisation intelligente, le gouvernement a poursuivi la mise en œuvre de la «politique des pôles de compétitivité». Certains réseaux d’entreprises (ou «clusters») sont actifs dans le domaine de l’économie circulaire, notamment: Eco-construction, qui promeut des bâtiments et des techniques de construction responsables; CAP 2020, qui est axé sur l’industrie de la construction et la réduction de la consommation d’énergie; TWEED , qui se concentre sur les énergies renouvelables, les effets sur le climat et l’efficacité énergétique; et le pôle de compétitivité GreenWin, qui soutient la chimie verte, les matériaux durables et l’utilisation des décharges comme nouvelle source de matières premières. La mesure «EASYGREEN», lancée en novembre 2017, a par ailleurs pour but d’aider les PME wallonnes qui entendent réduire leur consommation énergétique ou concevoir des projets innovants ayant une incidence directe sur les émissions de CO2 (éco-innovation).
L’approche de la «ville intelligente» est actuellement déployée dans l’ensemble de la Belgique. Parmi les exemples régionaux et sectoriels, figurent: i) le programme flamand de villes intelligentes iMinds/imec; ii) la conférence sur les villes intelligentes en Wallonie; iii) la plateforme électronique de ville intelligente au niveau de Bruxelles; et iv) la communauté des villes intelligentes créée par la fédération belge de l’industrie technologique (Agoria). En outre, le programme Smart Flanders, mentionné ci-dessus, propose des solutions pour réduire la congestion, assurer la distribution des marchandises à destination et en provenance du centre-ville de manière durable, améliorer la qualité de l’air, promouvoir la santé, garantir des politiques de stationnement adéquates et éliminer les obstacles pour les groupes défavorisés. Une autre initiative intéressante est la plateforme d’essais «City of Things» mise en place à Anvers, qui sert de laboratoire d’interopérabilité. Le partenariat entre la Banque européenne d’investissement (BEI) et la banque Belfius appuie également le développement de villes intelligentes en Belgique à travers 100 projets intelligents et durables .
En ce qui concerne les trois actions recommandées par l’EIR de 2017 dans les domaines de l’économie circulaire, des PME, de l’utilisation efficace des ressources et de l’éco-innovation, la Belgique a réalisé des progrès considérables, comme le montre le texte ci-dessus. Par ailleurs, le Comité de coordination de la politique internationale de l’environnement (CCIEP) facilite l’échange de bonnes pratiques entre tous les organismes belges.
Gestion des déchets
La transformation des déchets en ressources est favorisée par:
i) la mise en œuvre pleine et entière de la législation de l’Union sur les déchets, ce qui inclut la hiérarchie des déchets, la nécessité de veiller à une collecte séparée des déchets, les objectifs de réduction de la mise en décharge, etc.;
ii) la diminution de la production de déchets et de la production de déchets par habitant en termes absolus; et
iii) la limitation de la valorisation énergétique aux matériaux non recyclables et la suppression progressive de la mise en décharge des déchets recyclables ou valorisables.
La présente section se concentre sur la gestion des déchets municipaux , pour laquelle le droit de l’Union fixe des objectifs de recyclage obligatoires .
En 2017, la production de déchets municipaux en Belgique est restée inférieure à la moyenne de l’Union européenne (409 kg/an/habitant contre environ 487 kg) , avec une tendance à la baisse, mais il existe d’importantes disparités entre les régions. En 2016, la production de déchets était d’environ 490 kg/an/habitant en Flandre , environ 535 kg/an/habitant en Wallonie et environ 300 kg/an/habitant dans la région de Bruxelles-Capitale.
Le graphique 5 mesure la ventilation des déchets municipaux par méthode de traitement en Belgique, exprimée en kilos par habitant, et indique que cette répartition reste relativement stable.
La Belgique demeure parmi les pays de l’Union européenne les plus performants en matière de gestion des déchets, avec un taux de recyclage des déchets municipaux de 54 % en 2017 (contre 45 % en moyenne dans l’Union européenne), dont 20 % de compostage (voir le graphique 6). Il existe toutefois des différences entre les régions, la région de Bruxelles-Capitale affichant les résultats les plus mauvais.
La Belgique a déjà atteint l’objectif de recyclage de 50 % fixé pour 2020 et a éliminé la mise en décharge des déchets biodégradables . Néanmoins, des efforts supplémentaires seront nécessaires pour atteindre les objectifs de recyclage fixés pour la période après 2020 . Il conviendra de déployer des efforts particuliers pour réduire l’incinération des déchets municipaux, qui ne connaît pas de tendance à la baisse .
| Graphique 5: Déchets municipaux par méthode de traitement en Belgique 2010-2017 |
| |
| Graphique 6: Taux de recyclage des déchets municipaux 2010-2017 |
| |
Du fait de son système de collecte séparée des déchets, la Belgique ne compte qu’une seule installation de traitement biomécanique en activité. La Flandre et la Wallonie déclarent qu’environ 70 % de leurs déchets municipaux sont collectés séparément , tandis que ce taux s’établirait à environ 37 % dans la région de Bruxelles-Capitale . En 2017, la région de Bruxelles-Capitale a élargi la collecte séparée pour y intégrer la collecte séparée volontaire des déchets de cuisine dans l’espoir d’améliorer son taux de recyclage. Par ailleurs, les trois régions ont toutes interdit récemment l’utilisation des sacs en plastique légers. La Belgique occupe la première place européenne pour ce qui est du recyclage des emballages (80 % selon Eurostat).
Les trois régions ont déjà mis en place un système qui instaure une taxe sur les déchets incinérés, et elles encouragent toutes la récupération de la chaleur provenant de l’incinération des déchets.
Des progrès supplémentaires pourraient être réalisés en introduisant de nouveaux instruments économiques pour prévenir la production de déchets, en évitant d’incinérer des déchets réutilisables ou recyclables – en particulier dans la région de Bruxelles-Capitale – et en améliorant l’attrait économique de la réutilisation et du recyclage des déchets.
En Flandre, le plan de gestion des déchets 2016-2022 concernant les déchets ménagers et les déchets commerciaux et industriels similaires définit de nouveaux objectifs afin de réduire encore le volume des déchets résiduels de 10 à 15 % (soit l’équivalent d’environ 140 kg de déchets ménagers résiduels par habitant). Le 20 juillet 2018, le gouvernement flamand a approuvé un ensemble de mesures telles que l’interdiction des sacs en plastique jetables et l’utilisation obligatoire de gobelets réutilisables lors d’événements. Ces mesures entreront en vigueur en 2019.
De plus, la Flandre mène actuellement plusieurs projets pilotes visant à élargir la collecte séparée des plastiques, puisqu’il y a encore en moyenne 15 kg de déchets en plastique par habitant et par an dans les déchets ménagers en mélange. La Flandre travaille à l’élaboration d’un plan d’action ciblant les matières plastiques pour 2019-2024, lequel définira des mesures concrètes pour relever le défi de la transition vers une économie plus circulaire dans ce domaine .
Le Plan wallon des déchets-ressources adopté par le gouvernement wallon le 22 mars 2018 contient des mesures qui ont été élaborées et choisies de manière à pouvoir contribuer à l’application la plus efficace possible des principes de l’économie circulaire et de la hiérarchie de gestion des déchets en Wallonie. Ce plan comporte 157 mesures, parmi lesquelles 93 sont étroitement liées à l’utilisation efficace des ressources matérielles et au développement d’une économie circulaire. L’absence de plan relatif aux déchets en Wallonie avait fait l’objet d’une action recommandée dans l’EIR de 2017.
Le Plan de gestion des ressources et déchets de Bruxelles poursuit plusieurs objectifs: réduire la production de déchets de 20 % avant 2030 pour les ménages et les producteurs de déchets non ménagers; améliorer le recyclage et la préparation à la réutilisation conformément aux nouveaux objectifs européens, voire au-delà; favoriser la réutilisation des matériaux de construction et la consommation durable par les citoyens; et réduire la consommation de plastique à usage unique. Diverses mesures ciblent les parties prenantes concernées (les citoyens, les écoles et les professionnels de différents secteurs, notamment ceux de la construction, de l’économie verte et des déchets). Le gaspillage alimentaire est un autre problème abordé par la Flandre et la Wallonie. La Wallonie a adopté le plan REGAL 2015-2025 pour lutter contre ce phénomène. Les deux régions entendent réduire les pertes alimentaires de 30 % d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2015. Les villes de Liège, de Charleroi et de Verviers participent également à plusieurs initiatives axées sur l’alimentation durable .
En ce qui concerne l’alimentation durable, la région de Bruxelles-Capitale a été un partenaire de premier plan du réseau thématique «Alimentation durable pour les communautés urbaines» du programme URBACT, qui associait neuf autres villes européennes. Elle a également adopté, en décembre 2015, la stratégie «Good food – Vers un système alimentaire plus durable en région de Bruxelles-Capitale» , qui vise à réduire de 30 % le gaspillage alimentaire d’ici 2020. L’évaluation à mi-parcours montre qu’un habitant de la région de Bruxelles-Capitale sur trois déclare avoir changé ses habitudes alimentaires au cours des deux dernières années.
Enfin, le projet belge «Robin Food», qui vise à prévenir le gaspillage des produits alimentaires dont la date limite de vente approche , a été finaliste dans la catégorie verte de l’édition 2018 des StartUp Europe Awards.
La ville de Louvain a participé à un atelier TAIEX-EIR Peer-to-Peer organisé à Galway, en Irlande, les 21 et 22 février 2018, dans le cadre duquel les villes du réseau «Green Leaf» d’Espagne, d’Irlande, de Belgique, du Portugal et de la Suède ont collaboré et échangé les bonnes pratiques en matière de gestion des déchets et d’économie verte dans les zones urbaines.
Une visite d’étude TAIEX-EIR Peer-to-Peer composée d’experts du système de gestion des déchets municipaux danois a été organisée en Belgique les 24 et 25 septembre 2018 afin de partager les connaissances au sujet de la prévention des déchets, des réseaux de réutilisation-réparation et du recyclage dans les régions et les municipalités belges.
Action prioritaire pour 2019
·Œuvrer contre l’incinération des déchets réutilisables et recyclables, y compris au moyen d’instruments économiques.
Changement climatique
En ratifiant l’accord de Paris sur le climat le 5 octobre 2016, l’Union européenne s’est engagée à prendre des mesures ambitieuses en matière de climat tant à l’échelle internationale qu’au sein de l’Union. Elle entend réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % d’ici 2020 et d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. À long terme, l’Union s’est fixé comme objectif de réduire ses émissions de 80 à 95 % d’ici 2050, dans le cadre des efforts requis de la part des pays développés dans leur ensemble. L’adaptation aux effets néfastes du changement climatique est essentielle pour en atténuer les effets déjà visibles et pour améliorer la préparation et la résilience aux futures répercussions.
Le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SEQE de l'UE) concerne tous les principaux émetteurs de gaz à effet de serre dans les secteurs de l’industrie, de l’électricité et de l’aviation dans l’Union européenne. Le SEQE de l'UE s’applique dans tous les États membres et affiche un taux de conformité très élevé. Chaque année, les installations couvrent environ 99 % de leurs émissions avec le nombre de quotas requis.
Pour les émissions qui ne sont pas couvertes par le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne, les États membres sont tenus de respecter des objectifs nationaux contraignants au titre de la législation sur le partage de l’effort. Les émissions de la Belgique ont été inférieures aux quotas annuels d’émissions (QAE) pour les années 2013-2015, tandis qu’en 2016, les émissions du pays ont légèrement dépassé les QAE. Selon les données préliminaires, les émissions de 2017 étaient légèrement inférieures aux QAE (voir le graphique 7).
| Graphique 7: Évolution des émissions totales de GES 1990-2017 (1990 = 100 %) |
| |
L’objectif national de la Belgique pour 2020 au titre de cette décision est de réduire ses émissions de 15 % par rapport aux niveaux de 2005. Un accord de coopération relatif au partage des objectifs belges climat et énergie pour la période 2013-2020 a été conclu en décembre 2015 et officiellement adopté en février 2018. Cet accord se concentre sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour les secteurs qui ne relèvent pas du SEQE, sur la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie, ainsi que sur la contribution au financement international de la lutte contre le changement climatique. Pour 2030, l’objectif national poursuivi par la Belgique au titre du règlement sur la répartition de l’effort consistera à réduire ses émissions de 35 % par rapport aux niveaux de 2005 (voir le graphique 8).
En juillet 2013, un arrêté royal a porté fixation de la vision stratégique fédérale à long terme de développement durable, qui inclut l’engagement de réduire les émissions de GES d’au moins 80 % à 95 % en 2050 par rapport à leur niveau de 1990, en visant ensuite la neutralité carbone. Les trois régions ont également inclus cet objectif de 80 % à 95 % dans leurs plans et/ou leur législation.
| Graphique 8: Objectifs et émissions de la Belgique en vertu de la décision relative à la répartition de l’effort et du règlement sur la répartition de l’effort |
| |
Le pacte énergétique conclu entre le ministre fédéral et les ministres régionaux chargés de l’énergie en décembre 2017 donne à ces ministres une vision à plus long terme de la transition énergétique. Le gouvernement fédéral a approuvé ce pacte sous conditions en 2018, dans le cadre d’une stratégie énergétique fédérale plus vaste. Ce pacte devrait servir de base à un ensemble de mesures politiques concrètes assorties d’une orientation politique clairement définie, combinant quatre visions de l’énergie différentes (à savoir, la vision de chacune des trois régions et celle du niveau de pouvoir fédéral) d’une manière qui soit compatible. Il vise également à établir un accord qui bénéficie d’un large soutien après consultation de toutes les parties prenantes. Le pacte renouvelle l’engagement visant à abandonner progressivement l’énergie nucléaire et prévoit l’introduction de nouvelles interconnexions, une augmentation de la capacité de production d’énergie renouvelable (en particulier d’énergie éolienne en mer) et l’instauration de nouvelles normes énergétiques. Il constitue un cadre pour la transition du secteur de l’énergie vers une société à faibles émissions de carbone à l’horizon 2050.
Le pacte énergétique inclut également les objectifs sectoriels suivants, qui devraient être atteints d’ici 2050:
·orienter la production d’électricité vers des sources d’énergie durables;
·mettre progressivement un terme définitif à l’utilisation des combustibles fossiles pour le chauffage des bâtiments;
·accroître l’utilisation des sources d’énergie renouvelables de 70 % à 80 % pour les applications thermiques dans l’industrie;
·allouer 5 % à 10 % des budgets de recherche et de développement à des projets ayant trait au climat et à l’énergie.
Dans le cadre de la gouvernance de l’union de l’énergie et du règlement relatif à l’action pour le climat, les États membres élaborent actuellement des plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat, ainsi que des stratégies à long terme dans ces domaines. Une version préliminaire du plan national, qui contenait un projet de plan fédéral et trois projets régionaux, a été soumise le 31 décembre 2018.
Au niveau régional, le parlement de la Région wallonne a adopté, en 2014, le décret «Climat», qui fixe des objectifs de réduction des émissions totales de GES de 30 % d’ici 2020 et de 80 % à 95 % d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990. Ce décret a été mis en œuvre par l’intermédiaire d’un nouveau Plan Air-Climat-Énergie adopté en 2016 et en vigueur jusqu’en 2030. Ce plan comprend 142 mesures destinées à réduire les émissions de GES et d’autres polluants atmosphériques provenant de différents secteurs économiques, à améliorer la qualité de l’air et à favoriser l’adaptation aux effets du changement climatique. En septembre 2017, le parlement wallon a également adopté une résolution sur le climat qui invite notamment la Wallonie à réduire ses émissions de 95 % d’ici 2050. En décembre 2018, le gouvernement wallon a approuvé son projet de plan sur l’énergie et le climat pour 2030.
Le gouvernement flamand a lancé le sommet flamand sur le climat («Klimaattop») en avril 2016 dans le but d’encourager tous les acteurs de la société à prendre des mesures et à mener des actions concrètes qui contribuent aux objectifs flamands de réduction des émissions de GES. Le 1er décembre 2016, un second sommet sur le climat a été organisé et le pacte flamand sur le climat et l’énergie («Vlaams Klimaat- en Energiepact») a été adopté. Le gouvernement flamand s’engage également à établir, d’ici 2018 et en concertation avec les différentes parties prenantes de la société, une vision flamande du climat claire, ambitieuse et globale pour 2050 (gouvernement flamand, 2016). Le 23 novembre 2016, le parlement flamand a adopté une résolution contenant des recommandations à l’attention du gouvernement flamand en vue d’élaborer une politique climatique flamande forte à long terme (parlement flamand, 2016). Conformément à ces engagements, les plans de la Flandre sur l’énergie et le climat sont actuellement en voie d’adoption. Bien que le plan flamand pour le climat présente une structure sectorielle, il comprend également des mesures transversales qui soutiennent la transition vers l’économie circulaire, un aménagement du territoire respectueux du climat et un système d’imposition. La ville de Louvain a élaboré son propre plan d’action pour le climat et s’est fixé l’objectif ambitieux de devenir une ville neutre pour le climat d’ici 2030. La consommation d’énergie dans les bâtiments de Louvain sera réduite de 30 % d’ici 2019 et les nouvelles constructions seront conformes aux normes de «maison passive» . Gand et Anvers prévoient également de devenir climatiquement neutres à l’horizon 2050.
Enfin, la région de Bruxelles-Capitale a adopté sa contribution à la première version (projet) du plan national Énergie Climat (PNCE) 2021-2030 le 12 juillet 2018. D’autres travaux et consultations auront lieu au début de 2019 pour alimenter l’élaboration finale du plan régional d’ici la mi-2019. En parallèle, la région poursuivra ses travaux sur sa stratégie de réduction des émissions de carbone.
Le secteur des transports est responsable de près d’un quart des émissions de GES de l’Europe et constitue la principale cause de pollution atmosphérique dans les villes. Les émissions produites par les transports ont augmenté de 5 % en Belgique entre 2012 et 2016 (graphique 9).
| Graphique 9: Émissions de gaz à effet de serre par secteur (Mt. éq. CO2). Données historiques pour 1990-2016. Projections pour 2017-2030 |
| |
La Belgique a notifié les mesures requises au titre de la «directive MAC» concernant les systèmes de climatisation utilisés dans les petits véhicules à moteur, ainsi que du règlement sur les gaz fluorés qui couvre toutes les principales utilisations de gaz fluorés et qui réduit progressivement la quantité d’hydrocarbures fluorés qui peuvent être mis sur le marché de l’Union.
La comptabilisation des émissions et des absorptions imputables aux forêts et à l’agriculture est régie par le protocole de Kyoto. Les quantités déclarées pour la Belgique au titre du protocole de Kyoto indiquent des absorptions nettes de -1,7 Mt éq. CO2 en moyenne pour la période allant de 2013 à 2016. À cet égard, la Belgique contribue à hauteur de 0,4 % au puits annuel moyen de -384,4 Mt éq. CO2 produit par l’EU-28. La comptabilisation pour la même période fait état de débits nets de 0,8 Mt éq. CO2 en moyenne, ce qui correspond à une contribution négative de -0,7 % au puits comptabilisé de -115,7 Mt éq. CO2 de l’EU-28. La Belgique est l’un des six États membres de l’Union européenne qui affichent des débits nets dans cet exercice préliminaire de comptabilisation. Les absorptions nettes déclarées ne font apparaître aucune tendance notable, tandis que les débits nets comptabilisés indiquent de légères diminutions.
La stratégie de l’Union européenne relative à l’adaptation au changement climatique, adoptée en 2013, vise à rendre l’Europe plus résiliente au changement climatique en encourageant les États membres à agir, en favorisant une prise de décision mieux éclairée et en promouvant l’adaptation dans les principaux secteurs vulnérables. Dans le cadre d’une approche cohérente et d’une meilleure coordination, elle vise à améliorer la préparation et la capacité de tous les niveaux de gouvernance à faire face aux effets du changement climatique.
En 2010, la Belgique a adopté sa stratégie nationale d’adaptation. Elle a ensuite adopté un plan national d’adaptation (2017-2020) en avril 2017, lequel suit une approche systématique et sectorielle. Ce plan recense les mesures spécifiques à prendre au niveau national pour renforcer la coopération et les synergies en matière d’adaptation. Après avoir procédé à une évaluation complète des risques et des vulnérabilités et examiné le partage des compétences entre les différents organismes concernés, la Belgique a mis en évidence un certain nombre de secteurs vulnérables qui devront s’adapter. Il s’agit, entre autres, de la santé, du tourisme, de l’agriculture, de la sylviculture, de la biodiversité, des écosystèmes et de l’eau, des zones côtières, marines et de marée et des systèmes de production, ainsi que des infrastructures physiques. La Belgique surveille en permanence les effets du changement climatique. Même si le système de surveillance est fragmenté (le suivi s’effectue au niveau régional), la somme des différents suivis couvre l’ensemble du territoire belge. Entre-temps, un système de suivi distinct a été mis au point pour évaluer les activités d’adaptation, une évaluation à mi-parcours étant prévue pour la fin de 2018.
À travers la Convention des maires pour le climat et l’énergie, l’Union européenne entend promouvoir les actions locales en matière d’atténuation du changement climatique, d’adaptation et d’efficacité énergétique. En octobre 2018, 337 villes belges avaient adhéré à la Convention des maires de l’Union européenne.
Au cours de la période 2013-2017, la Belgique a tiré 607 millions d’EUR de recettes de la mise aux enchères des quotas d’émission dans le cadre du SEQE. En 2017, 92 % de ces recettes ont été consacrées à des dépenses liées au climat.
Les choix en matière de politique énergétique peuvent également avoir d’importantes répercussions dans des domaines tels que la nature et les infrastructures énergétiques . Toutefois, dans le cas de la Belgique, aucune répercussion de ce type n’a été portée à l’attention de la Commission.
Action prioritaire pour 2019
Le présent rapport n’inclut aucune action prioritaire en matière d’action pour le climat, car la Commission devra d’abord évaluer les projets de plans nationaux en matière d’énergie et de climat que les États membres étaient tenus d’envoyer avant la fin de 2018. Ces plans devraient améliorer la cohérence entre les politiques concernant l’énergie et le climat et pourraient ainsi devenir un bon exemple de méthode pour mettre en relation les politiques sectorielles sur d’autres sujets liés, comme l’agriculture, la nature et l’eau, ou encore les transports, l’air et la santé.
2. Protéger, conserver et améliorer le capital naturel
Nature et biodiversité
La stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité vise à enrayer la perte de biodiversité dans l’Union d’ici 2020. Elle nécessite de mettre pleinement en œuvre les directives «Oiseaux» et «Habitats» pour parvenir à un état de conservation favorable des espèces et habitats protégés. Elle requiert également que les secteurs de l’agriculture et de la sylviculture contribuent au maintien et à l’amélioration de la biodiversité.
Stratégie en faveur de la biodiversité
En Belgique, la politique relative à la nature et à la biodiversité est principalement une compétence régionale, mais la Flandre et la région de Bruxelles-Capitale sont les seules à s’être dotées de leurs propres stratégies et plans en matière de biodiversité. Certaines exceptions, comme le milieu marin, le commerce, le développement et la fiscalité, relèvent de la compétence fédérale. La stratégie nationale pour la biodiversité 2020 fournit un cadre pour améliorer la cohérence entre les différents niveaux et secteurs et pour intégrer les engagements nationaux et internationaux en matière de biodiversité. Elle s’appuie essentiellement sur des plans régionaux et fédéraux qui offrent une orientation politique afin d’aider les régions à respecter leurs engagements en matière de biodiversité et de veiller à la cohérence, de combler les lacunes et d’intégrer les préoccupations relatives à la biodiversité aux échelons national et international. Cette stratégie s’applique à tous les organismes belges.
Mise en place d’un réseau cohérent de sites Natura 2000
Les zones terrestres et marines couvertes par les sites Natura 2000 ont été présentées dans l’EIR de 2017.
La couverture relativement faible de Natura 2000 en Belgique illustre la forte densité de population de ce pays, ainsi que son taux élevé d’urbanisation et son utilisation intensive des sols, en particulier dans le centre et le nord du pays. Pour la Flandre, compte tenu de son type d’utilisation des sols et de l’isolement de ses sites, des efforts de restauration supplémentaires sont manifestement nécessaires en dehors du réseau Natura 2000 pour atteindre un état de conservation favorable. Dans la région wallonne, le réseau est généralement mieux interconnecté. Par conséquent, les objectifs de conservation et de restauration sont davantage concentrés sur le réseau de sites lui-même, tout en restant complémentaires par rapport aux activités de protection et de restauration en dehors du réseau.

Documents similaires