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AccueilDroit européen52019SC0339
Acte préparatoire52019SC0339

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT accompagnant le document: Règlement de la Commission établissant des exigences d’écoconception applicables au matériel de soudage conformément à la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil

CELEX52019SC0339
TypeActe préparatoire
Datemardi 1 octobre 2019

Résumé IA

Ce document de travail de la Commission présente l'analyse d'impact justifiant l'adoption d'un règlement d'écoconception pour le matériel de soudage. Il vise à établir des exigences minimales d'efficacité énergétique et de durabilité pour ces équipements, en application de la directive-cadre 2009/125/CE. Pour un professionnel du droit français, ce texte annonce des obligations réglementaires techniques à venir, impactant la mise sur le marché et la conception des appareils de soudage.

Texte intégral

Résumé de l’analyse d’impact

Analyse d’impact relative au règlement (UE) xxx/2019 de la Commission sur les exigences d’écoconception applicables au matériel de soudage

A. Nécessité d’une action

Pourquoi? Quel est le problème abordé?

Le matériel de soudage consiste en des produits faisant l’objet d’un commerce entre entreprises (B2B) qui sont largement utilisés dans de nombreux secteurs industriels, et plus particulièrement dans les secteurs de la construction, de l’énergie et des transports. Ce matériel consomme de grandes quantités d’énergie et de métal de soudage (fil de soudage ou électrode utilisés comme «colle» dans la soudure). La moitié du matériel en service utilise également de grands volumes de gaz de protection.

La technologie du matériel de soudage s’est considérablement développée au cours des dernières décennies, devenant plus efficace dans l’utilisation de l’énergie et des matières, et plus flexible. Toutefois, lorsque les utilisateurs achètent le matériel, leur priorité, actuellement, n’est pas l’utilisation efficace de l’énergie ou des matières, ils s’intéressent plutôt à des aspects tels que la fiabilité ou le coût abordable. Cette situation s’explique par un manque d’informations sur la consommation d’énergie et de matières, par le fait que les utilisateurs ne sont pas enclins à évaluer les coûts que représente la possession durant tout le cycle de vie et par d’autres habitudes, par exemple la préférence pour une marque. De ce fait, les technologies peu consommatrices d’énergie présentant un bon rapport coût-efficacité n’entrent pas sur le marché aussi rapidement qu’elles le feraient si elles bénéficiaient de mesures appropriées.

Le réemploi, la réparation et le recyclage sont freinés par le manque d’informations sur l’utilisation efficace des matières et par le fait qu’il est difficile de démonter et de dissocier les produits, et d’identifier les matières premières critiques et les composants dangereux qu’ils contiennent.

Quels objectifs cette initiative devrait-elle atteindre?

L’objectif général est de contribuer à atteindre les objectifs énergétiques et climatiques de l’UE à l’horizon 2030 et les objectifs du paquet «économie circulaire», tout en assurant le bon fonctionnement du marché intérieur.

Plus spécifiquement, l’initiative vise à:

-sensibiliser davantage tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement aux performances environnementales du matériel de soudage;

-aider les utilisateurs à comparer les produits; et

-améliorer la réparabilité et la recyclabilité des produits.

Elle renforcera également la compétitivité de l’industrie manufacturière de l’Union en permettant aux produits de l’Union de s’adapter plus rapidement aux progrès technologiques et aux exigences en matière d’efficacité énergétique qui existent dans d’autres économies du monde.

Quelle est la valeur ajoutée d’une action à l’échelle de l’Union?

Le matériel de soudage est fabriqué et commercialisé dans le monde entier et ses composants proviennent des quatre coins de la planète. Il se caractérise par des produits complexes qui ne varient pas d’un pays à l’autre. La mise au point d’exigences à l’échelle de l’Union supposerait de mutualiser les ressources des États membres pour élaborer des réglementations et des programmes de surveillance communs, au lieu de programmes, réglementations et dispositifs de surveillance nationaux multiples.

En l’absence d’exigences harmonisées à l’échelle de l’Union, les États membres peuvent mettre en place des exigences nationales, spécifiques aux produits, en matière d’efficacité énergétique, dans le cadre de leurs politiques environnementales et énergétiques. Cela compromettrait la libre circulation des marchandises et augmenterait les coûts de mise en conformité qui pèsent sur les entreprises de l’Union.

Il y a donc clairement une valeur ajoutée à établir des exigences minimales d’efficacité énergétique à l’échelle de l’Union.

B. Les solutions

Quelles sont les options législatives et non législatives envisagées? Y a-t-il une option privilégiée? Pourquoi?

Quatre options ont été envisagées.

·Option 1 — le statu quo: il s’agit du scénario de référence, dans lequel la situation actuelle reste inchangée;

·Option 2 — l’autorégulation: la Commission a donné à l’industrie la possibilité de développer l’autorégulation, mais aucune proposition n’a été présentée;

·Option 3 — l’étiquetage énergétique: il est généralement proposé pour les produits vendus par les entreprises aux consommateurs (B2C) et combiné à l’écoconception, afin de créer de la visibilité et de la compétitivité pour les meilleurs produits. Il s’avère cependant difficile à mettre en œuvre en l’absence d’une large base de données comportant des données sur l’efficacité énergétique obtenues grâce à des méthodes de mesure éprouvées;

·Option 4a — le scénario du «cycle de vie le moins coûteux»: il prévoit la mise au point de limites d’efficacité énergétique obligatoires pour la fourniture d’électricité, maximisant les investissements de l’utilisateur final sur la durée de vie du produit et devant être atteintes en 2028, avec un jalon intermédiaire en 2023;

·Option 4b — le scénario du «cycle de vie le moins coûteux», version ambitieuse: il prévoit le même degré de rigueur des exigences d’écoconception que dans l’option 4a, mais les limites devraient être atteintes plus tôt (en 2025), sans jalons intermédiaires;

·Option 5 — l’information: il s’agit de la fourniture obligatoire d’informations sur l’écoconception concernant l’utilisation efficace de l’énergie et des matières, sans que soient fixées des exigences quantitatives en matière d’efficacité.

En outre, l’option 4a et l’option 4b impliquent toutes deux:

-le développement de méthodes de calcul par le biais de la normalisation;

-la fourniture d’informations sur la consommation d’énergie et de matières; et

-la fourniture d’informations relatives aux aspects de l’économie circulaire (afin d’améliorer la réparabilité et la recyclabilité).

Les exigences concernant la fourniture d’informations s’appliqueront à partir du 1er janvier 2021.

L’option 4a est l’option privilégiée 1 du point de vue économique et environnemental, car elle établit un équilibre entre les économies globales en énergie et en matières et l’approbation des parties prenantes. Elle répond aussi à l’exigence, prévue par la directive sur l’écoconception, de proposer une mesure d’exécution spécifique au produit.

Qui soutient quelle option?

·Option 1 — statu quo: les parties prenantes, notamment l’industrie manufacturière, ne considèrent pas cette option comme une solution raisonnable, compte tenu de la mise au point d’exigences en matière d’efficacité énergétique dans d’autres économies du monde.

·Option 2 — autorégulation: la Commission et les États membres ont accordé la priorité à cette option, mais l’industrie n’a présenté aucune proposition.

·Option 3 — étiquetage énergétique: les États membres, les ONG et l’industrie ont fait valoir que cette option devait être exclue, arguant qu’elle n’apportait aucune valeur ajoutée s’agissant de produits commercialisés entre entreprises (B2B).

·Option 4a — scénario du cycle de vie le moins coûteux: comme l’option 4b, cette option génère d’importantes économies sur le plan environnemental; elle est privilégiée par la plupart des États membres et par l’industrie manufacturière car elle prévoit une durée d’adaptation plus longue.

·Option 4b — scénario du cycle de vie le moins coûteux, version ambitieuse: cette option est soutenue par quelques États membres et ONG. Si elle permet d’obtenir des économies un peu plus importantes que l’option 4a sur le plan environnemental, elle se heurte cependant aux inquiétudes de larges pans de l’industrie manufacturière qui craignent que les PME (plus de 80 % des producteurs de l’Union) ne soient pas en mesure de s’adapter aux exigences en temps voulu.

·Option 5 — information: cette option est moins satisfaisante que les options 4a et 4b en ce qui concerne les économies d’énergie et les réductions d’émissions de GES, les bénéfices des entreprises et le coût total de possession. Les États membres et l’industrie considèrent que sa valeur ajoutée est inférieure aux coûts qu’elle occasionnerait.

Les dispositions communes des options 4a/b et 5 (normalisation des méthodes de mesure, fourniture d’informations pour une utilisation efficace des matières) ont recueilli une large adhésion.

C. Incidences de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

L’option 4a (scénario du cycle de vie le moins coûteux) présente les avantages globaux les plus importants sur les plans économique et environnemental. Elle implique d’élaborer un règlement relatif à l’écoconception comportant des exigences quantitatives en matière d’efficacité et des exigences en matière d’information. Elle génère des économies considérables sur le plan environnemental, à un rythme considéré comme réalisable par l’industrie comme par les utilisateurs finals, et a reçu le soutien le plus large des parties prenantes.

L’option 4a devrait avoir les incidences suivantes d’ici à 2030:

§par rapport à l’option du statu quo, un règlement devrait générer des économies d’énergie de 1,1 TWh par an, ce qui correspond à 0,075 % de l’objectif de réduction de la consommation finale d’énergie fixé par la Commission pour 2030;

§des économies directes de 522 millions d’EUR sur les dépenses annuelles des utilisateurs finals et des bénéfices supplémentaires de 14,5 millions d’EUR par an pour les entreprises devraient être réalisés;

§elle est neutre en termes d’emploi (création d’environ 200 emplois par an);

§elle contribue à l’économie circulaire en améliorant la réparabilité et la recyclabilité;

§elle donne une impulsion à la compétitivité des entreprises de l’Union et leur confère un rôle de premier plan (au niveau national et au niveau international) en tant que fabricants de matériel de soudage à haute efficacité, en accélérant le progrès technologique et l’alignement sur les exigences d’efficacité en vigueur dans d’autres économies mondiales.



Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Les coûts de l’option privilégiée sont estimés comme suit:

§les fabricants et installateurs de matériel de soudage devraient évaluer la conformité de leurs produits aux nouvelles exigences et définitions. Cela suppose d’effectuer des calculs et des essais dont les coûts par modèle de matériel sont estimés à 1 000 EUR;

§les négociants et les détaillants devraient se familiariser avec les nouvelles informations relatives à l’utilisation efficace de l’énergie et des matières, avec les conséquences qui en découlent pour les calculs portant sur le coût du cycle de vie et l’achat des produits, et transmettre ces informations aux utilisateurs finals;

§les utilisateurs finals de matériel de soudage supporteraient le coût plus élevé des composants et des changements dans la production, qui se traduirait par un prix d’achat supérieur (d’environ 150 EUR par unité en moyenne), et devraient dépenser 9,9 millions d’EUR de plus par an d’ici 2030 pour du matériel plus efficace sur le plan énergétique.

Quelle sera l’incidence sur les entreprises, les PME et les microentreprises?

§L’option 4a implique un rythme d’adaptation que les PME manufacturières (qui représentent plus de 80 % des fabricants de l’Union) jugent réalisable;

§la grande majorité des PME du secteur sont engagées dans la fabrication, l’importation, la revente, l’installation et/ou l’entretien de matériel de soudage. Ces sociétés tireront avantage du règlement grâce à des bénéfices plus élevés générés par la vente de matériel plus économe en énergie, plus polyvalent et plus cher. Ces bénéfices devraient compenser les coûts supportés du fait de l’augmentation des essais et de l’adaptation de la production, coûts qui devraient être largement répercutés sur les utilisateurs finals;

§les PME utilisant du matériel de soudage au cours de leurs activités bénéficieraient d’une baisse des coûts sur la durée de vie de leur matériel, car les augmentations de prix seraient compensées par une réduction des factures d’énergie, une plus grande fonctionnalité et une diminution du poids du matériel;

§les PME du secteur de la réparation et du recyclage bénéficieraient grandement des exigences d’utilisation efficace des matières.

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

Le règlement serait directement applicable dans tous les États membres, de sorte que les administrations nationales n’auraient pas à supporter de coûts de transposition. Les activités de surveillance du marché entraîneraient des coûts d’essai et de personnel.

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

Aucune autre incidence notable ou négative n’est attendue sur la fonctionnalité, la santé et la sécurité.

D. Suivi

Quand la législation sera-t-elle réexaminée?

La proposition d’une clause de réexamen permettrait de garantir que le règlement sera réexaminé au plus tard cinq ans après son entrée en vigueur, sur la base des résultats obtenus, de l’expérience acquise au cours de la mise en œuvre, de l’évolution de la situation internationale et des progrès technologiques.

(1)

Lorsqu’ils ont voté le règlement «écoconception» sur le matériel de soudage le 28 janvier 2019, à la suite de la procédure de «réglementation avec contrôle», les États membres de l’Union sont convenus de supprimer les limites d’efficacité énergétique obligatoires pour la fourniture d’électricité prévues pour 2028 (en conservant les valeurs prévues pour 2023). La possibilité d’imposer des limites d’efficacité plus strictes pour la fourniture d’électricité sera évaluée dans le contexte du réexamen du règlement «écoconception» sur le matériel de soudage.

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