| Résumé de l’analyse d’impact |
| Analyse d’impact de l’introduction d’exigences en matière d’écoconception et d’étiquetage énergétique applicables aux appareils de réfrigération disposant d’une fonction de vente directe |
| A. Nécessité d’une action |
| Pourquoi? Quel est le problème abordé? |
| Les appareils de réfrigération disposant d’une fonction de vente directe (par exemple, armoires de supermarché, appareils de réfrigération de boissons, petits congélateurs pour crèmes glacées, vitrines de vente de glace et distributeurs automatiques) sont essentiels pour garantir la préservation de la qualité des denrées alimentaires dans la chaîne alimentaire au sein de l’Union, et pour fournir aux consommateurs d’autres denrées non périssables, p.ex. des boissons, qui sont habituellement consommées à des températures inférieures à la température ambiante. Cependant, en remplissant cette fonction, ces appareils sont d’importants consommateurs d’énergie et contribuent aux émissions de gaz à effet de serre, avec une consommation annuelle d’environ 65 TWh dans l’UE-28, ce qui équivaut à environ 0,46 % de la consommation finale totale d’énergie de l’UE. Le parc de l’UE-28 devrait passer de 14 millions d’unités en 2013 à 17 millions d’unités en 2030. La consommation d’énergie en phase d’utilisation représente jusqu’à 80 % de la consommation totale d’énergie du produit. De nombreux appareils sont utilisés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le potentiel d’économie est important et des améliorations environnementales existent pour ce groupe de produits. Pourtant, ces économies resteront inexploitées pour les raisons suivantes: (1)il n’existe pas de législation de l’UE traitant spécifiquement de la consommation d’énergie des appareils de réfrigération disposant d’une fonction de vente directe; (2)les informations disponibles sur la consommation d’énergie des produits sont limitées; (3)les décisions d’achat ne sont pas systématiquement fondées sur les coûts du cycle de vie du produit; (4)la motivation n’est pas la même dans les cas où l’acheteur de l’appareil n’est pas l’utilisateur final, par exemple pour les petites armoires pour crèmes glacées, les appareils de réfrigération de boissons et les distributeurs automatiques placés par une marque d’aliments ou de boissons dans les supermarchés, les boutiques de quartier, les aéroports, les gares ferroviaires, les clubs de sport, etc. |
| Quels objectifs cette initiative devrait-elle atteindre? |
| Réduire la consommation d’énergie moyenne des armoires frigorifiques commerciales. Réduire également les émissions de GES qui, pour la réfrigération commerciale, sont principalement liées à la consommation d’énergie, mais aussi aux fuites de fluide frigorigène. Promouvoir l’efficacité énergétique, encourager l’innovation et réduire la dépendance énergétique. Promouvoir l’efficacité énergétique en tant que contribution à la sécurité de l’approvisionnement énergétique dans le cadre de l’objectif communautaire d'une réduction de 20 % de la consommation d’énergie de l’UE d’ici 2020. Des exigences spécifiques concernant la fin de vie des appareils devraient permettre de remédier aux imperfections actuelles constatées dans le démantèlement des armoires et contribuer à la réalisation des objectifs de la directive DEEE. |
| Quelle est la valeur ajoutée d’une action à l’échelle de l’Union? |
| Il existe clairement un potentiel d’amélioration inexploité de l’efficacité énergétique des armoires vendues actuellement et de celles attendues sur le marché dans les années à venir. Si aucune mesure spécifique supplémentaire n’est prise concernant les armoires frigorifiques commerciales, la transformation du marché en faveur d’appareils plus efficaces ne se fera que très lentement et des incidences négatives sur l’environnement et la santé facilement évitables persisteraient. Une action est nécessaire au niveau de l’UE, car l’absence de réglementation harmonisée spécifique dans l’UE entraîne le risque que les exigences individuelles en matière d’efficacité énergétique définies par les États membres entravent le fonctionnement du marché intérieur de l’UE. La directive relative à l’écoconception (en particulier l’article 16), qui a pour objectif le marché intérieur en tant que base juridique du traité, et la directive relative à l’étiquetage énergétique (article 1) constituent la base juridique permettant à la Commission européenne d’adopter des mesures d’exécution visant à réduire la consommation d’énergie des armoires frigorifiques à usage commercial et d’orienter les consommateurs vers les appareils les plus efficaces. |
| B. Les solutions |
| Quelles sont les options législatives et non législatives envisagées? Y a-t-il une option privilégiée? Pourquoi? |
| Les options stratégiques envisagées sont les suivantes: 0.Scénario de référence: le statu quo 1.Autorégulation / accord volontaire: l’industrie fixe ses propres règles non contraignantes. 2.Écoconception uniquement: seule la législation en matière d’écoconception est mise en place. 3.Étiquetage énergétique uniquement: seule la législation en matière d’étiquetage énergétique est mise en place. 4.Étiquetage énergétique et écoconception à 3 niveaux: une combinaison des options 2 et 3, les exigences en matière d’écoconception devenant de plus en plus strictes en trois phases. 5.Étiquetage énergétique et écoconception à 2 niveaux: une combinaison des options 2 et 3, les exigences en matière d’écoconception devenant de plus en plus strictes en deux phases. Cette option est également subdivisée en option 5.1 et 5.2, l’option 5.2 faisant la distinction entre les armoires à groupe incorporé et les armoires de supermarchés distantes. L’option 5.2 est l'option privilégiée. Les options 1, 2 et 3 ont été rejetées dès le départ et n’ont pas fait l'objet d'autres évaluations. |
| Qui soutient quelle option? |
| Les scénarios ont été examinés lors de la réunion du forum consultatif du 2 juillet 2014. Selon les ONG et les États membres, les seuils de l’option 4 ne sont pas assez stricts. Ils se prononcent donc en faveur de l’option 5. L’industrie n’a pas commenté le niveau d’ambition des exigences d’efficacité énergétique. L’Autriche, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, l’EPEE et EuroCommerce sont en faveur de deux niveaux (option 5), les ONG et DE sont en faveur de trois niveaux (option 4). Le réexamen a lieu après le dernier niveau (option 5), ce qui a été soutenu par la plupart des parties prenantes. Seule EVA a demandé une révision rapide compte tenu de la publication d’une nouvelle norme d’essai. La plupart des États membres et des ONG sont favorables à l’approche reposant sur la fonctionnalité (options 4 et 5), tandis que l’industrie est d’avis que cette approche ne reflétait pas la diversité des produits sur le marché. L’industrie et certains États membres sont favorables à la distinction entre les armoires à groupe incorporé et les armoires distantes (option 5.2). Les arguments en faveur de la proposition d’exigences relatives à la fin de vie (options 4 et 5) ont été largement approuvés par les États Membres et les ONG; seul l’EFCEM était contre ces exigences. La plupart des États membres ont demandé une structure unique de classe d’étiquetage énergétique pour tous les appareils (options 4 et 5), à savoir le segment des supermarchés, les appareils de réfrigération de boissons, les petits congélateurs pour crèmes glacées et les distributeurs automatiques. Avant le forum consultatif, différentes structures avaient été proposées pour les différents types d’appareils. |
| C. Incidences de l’option privilégiée |
| Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)? |
| D’ici 2030, l’option 5.2 produira les résultats suivants: ·le retrait du marché des modèles les moins efficaces; ·un impact synergique de l’effet d’incitation des exigences spécifiques en matière d’écoconception et de l’effet de dissuasion d’une échelle d’étiquetage fonctionnelle; ·par rapport au scénario de statu quo, des économies d’électricité de 19 TWh/an, soit de 0,83 % à 1,3 % de l’objectif de la Commission en ce qui concerne les économies de consommation d’énergie finale pour 2030, et une réduction des émissions de GES de 7,4 Mt éqCO2/an; ·un cadre juridique clair pour la conception de produits qui laisse aux fabricants une certaine flexibilité pour atteindre les niveaux d’efficacité énergétique visés; ·bien que le coût d’achat puisse augmenter, il sera largement compensé par les économies réalisées pendant la phase d’utilisation du produit; ·les économies de dépenses annuelles sont estimées à 400 millions d’euros en 2020 et à environ 2,9 milliards d’euros d’ici 2030; ·une réduction des coûts grâce à des économies d’échelle liées à des technologies rentables; ·la correction des défaillances du marché et la garantie de bon fonctionnement du marché intérieur; ·l’absence de charges administratives notables déclarées par les fabricants et les détaillants; ·le respect du mandat spécifique des États membres vis-à-vis de la Commission; ·une concurrence loyale en veillant à ce que des conditions de concurrence équitables soient définies; ·pas d’incidence négative sur l’emploi; ·pas d’incidence négative identifiée sur le commerce; |
| Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)? |
| Les coûts de fabrication risquent d’augmenter à court terme en raison de l’utilisation de composants plus efficaces, tels que des ventilateurs à haute efficacité, des compresseurs plus efficaces, une meilleure isolation, etc. Les fabricants répercutent également sur les coûts des produits les coûts d’adaptation des machines et des lignes de production, de formation du personnel, les coûts des essais et des pilotes, des tests, etc. Du fait des économies d’échelle, de la concurrence et des ventes plus importantes, les coûts des composants et des armoires devraient diminuer à moyen et long terme, après l’introduction des exigences d’écoconception. En outre, l’introduction de normes minimales de performance énergétique et d’étiquetage énergétique nécessitera des tests plus systématiques. Tous ces facteurs augmenteront le coût d’acquisition de l’appareil de 0,4 milliard d’euros d’ici 2030 par rapport au scénario de statu quo. Toutefois, ces dépenses de consommation supplémentaires seront largement compensées par une réduction des coûts de fonctionnement de 2,7 milliards d’euros. On ne prévoit pas que les prix initialement plus élevés des armoires amènent les détaillants à différer leurs investissements dans de nouvelles installations plus écoénergétiques. En effet, les décisions d’achat sont prises dans le cadre de grandes rénovations ou de la construction de nouveaux magasins. Dans ce cas, le prix d’achat des appareils de réfrigération est un aspect mineur du budget global et une légère augmentation ne devrait pas retarder la prise de décision. |
| Quelle sera l’incidence sur les entreprises, les PME et les microentreprises? |
| Globalement, les revenus totaux des entreprises augmenteront. Les exigences d’étiquetage énergétique et d’écoconception jouent un rôle important pour l’industrie de l’Union, car elles lui permettent de se distinguer en termes de qualité et d’innovation. La stratégie proposée n’affectera pas spécifiquement les grands ni les petits fabricants, bien que ceux proposant une large gamme de produits et/ou ayant de l’expérience dans les armoires à haute efficacité et disposant de leurs propres installations d’essai soient avantagés sur le marché. L’incidence sur les PME est limitée, par l'introduction d’une approche à deux niveaux avec un premier niveau transitoire, qui ne retire qu’un nombre limité d’appareils du marché, et un second niveau strict, qui s’applique trois ans après le premier niveau pour tenir compte du cycle de conception d’un appareil de réfrigération à usage commercial. L’objectif est d’introduire des exigences strictes tout en laissant aux PME le temps nécessaire pour développer des produits conformes aux nouvelles exigences. De plus, le calcul des paramètres basé sur la conception et/ou sur l’extrapolation à partir d’un autre modèle est autorisé. Cela réduira la charge liée aux essais pour les entreprises ne disposant pas d’installations d’essai. |
| Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales? |
| Outre les incidences précitées, aucune incidence supplémentaire sur les budgets nationaux et les administrations nationales n’est à prévoir. |
| Y aura-t-il d’autres incidences notables? 6 lignes maximum |
| L’effet double et synergique des exigences d’écoconception et d’étiquetage énergétique est obtenu selon des modalités équitables pour tous les fabricants et stimulera la concurrence et l’innovation en matière d’efficacité énergétique. |
| D. Suivi |
| Quand la législation sera-t-elle réexaminée? |
| Une clause de réexamen 5 ans après l’adoption est prévue. |