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AccueilDroit européen52019XR3856
Communication52019XR3856

Résolution du Comité européen des régions — Le semestre européen 2019 et dans la perspective de l’examen annuel de la croissance 2020

CELEX52019XR3856
TypeCommunication
Datemercredi 9 octobre 2019

Résumé IA

Le Comité européen des régions, dans cette résolution, évalue le semestre européen 2019 et anticipe l'examen annuel de la croissance 2020. Il insiste sur la nécessité d'associer davantage les collectivités territoriales à la gouvernance économique européenne et de mieux prendre en compte les disparités régionales dans les recommandations par pays. Le texte appelle également à une coordination renforcée des politiques budgétaires et structurelles pour soutenir une croissance durable et inclusive.

Texte intégral

5.2.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 39/7


Résolution du Comité européen des régions — Le semestre européen 2019 et dans la perspective de l’examen annuel de la croissance 2020

(2020/C 39/02)

Présenté par les groupes politiques PPE, PSE, Renew Europe, AE et ECR

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

—

vu la communication de la Commission européenne sur l’examen annuel de la croissance 2019 (1) et dans le contexte du semestre européen 2019,

—

vu sa résolution du 10 octobre 2018 sur les politiques économiques de la zone euro et dans la perspective de l’examen annuel de la croissance 2019 (2), ainsi que son avis du 10 avril 2019 intitulé «Le semestre européen et la politique de cohésion: aligner les réformes structurelles sur des investissements à long terme»,

—

vu la résolution du Parlement européen du 13 mars 2019 intitulée «Le semestre européen pour la coordination des politiques économiques: examen annuel de la croissance 2019» (3);

1.

se félicite que l’examen annuel de la croissance 2019 pointe les investissements et les réformes favorisant la croissance durable et inclusive comme un moyen d’améliorer la compétitivité et la cohésion entre les États membres et les régions et au sein de ceux-ci, et de coordonner toutes les politiques d’investissement de l’Union, y compris la politique de cohésion;

2.

insiste sur le fait que pour garantir l’appropriation et l’efficacité des réformes structurelles du processus du semestre européen, il convient d’y associer officiellement les collectivités locales et régionales, sur la base des principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux (4), en s’inspirant de la proposition du CdR d’élaborer un code de conduite relatif à la participation des collectivités locales et régionales au semestre européen (5);

3.

constate que la croissance ralentit et que les tensions commerciales et le risque d’un Brexit sans accord créent une incertitude qui décourage les investissements; dans ce contexte, demande à l’Union européenne d’envisager des mesures anticipatives afin de stimuler les programmes d’investissement de l’Union européenne et de soutenir les secteurs qui souffriraient le plus d’un Brexit sans accord;

4.

souligne que l’investissement public au niveau national a baissé de manière significative et qu’il demeure insuffisant, en particulier dans les pays les plus durement touchés par la crise; note qu’en période de fortes contraintes budgétaires, les dépenses courantes n’ont pas été réduites autant que les investissements; attire l’attention sur le fait que les gouvernements infranationaux, responsables de plus de la moitié des investissements publics dans l’Union, ont été contraints de procéder à une baisse disproportionnée de leurs investissements (6);

5.

demande à la Commission de présenter, en amont du processus de réforme du pacte de stabilité et de croissance (PSC) envisagé en 2020, une évaluation du recours aux clauses de flexibilité du PSC depuis 2015; estime que la réforme du PSC devrait aboutir à des règles plus claires qui contribueront à éviter des politiques budgétaires procycliques, permettront une réduction raisonnable et durable de la dette pour les économies les plus vulnérables dans un contexte d’inflation faible, retireront les cofinancements nationaux des programmes relevant de la politique de cohésion du processus d’établissement des plafonds du PSC et introduiront une «règle d’or» de comptabilité publique donnant aux pouvoirs publics, à tous les niveaux, la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour réaliser les investissements à long terme requis pour garantir le développement durable;

6.

souligne que les États membres disposant d’une marge de manœuvre budgétaire devraient engager les investissements publics nécessaires pour stimuler la croissance à long terme, ce qui permettrait d’atténuer les déséquilibres macroéconomiques dans l’Union et dans la zone euro;

7.

soutient fermement l’engagement pris par la présidente élue de la Commission de recentrer l’instrument que constitue le semestre européen sur les objectifs de développement durable des Nations unies;

8.

se félicite en principe de l’intention de la présidente élue de la Commission de présenter un plan d’investissement pour une Europe durable, visant à favoriser des investissements à hauteur de 1 000 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie aux quatre coins de l’Union européenne, mais souhaite des éclaircissements supplémentaires sur le rapport spécifique entre ce plan et le programme InvestEU et la manière dont il devrait influencer les investissements dans les régions et les villes de l’Union européenne; soutient également l’intention de la présidente élue de la Commission de présenter une stratégie de financement vert;

9.

partage le point de vue de la présidente élue de la Commission concernant la promotion de la transition de l’Union européenne vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 au moyen de stratégies industrielles appropriées, ainsi que le soutien aux populations et aux régions les plus touchées par le biais d’un nouveau Fonds pour une transition équitable; estime que ce Fonds devrait en particulier contribuer à atténuer les conséquences sociales, socio-économiques et environnementales que les changements structurels provoqueront dans les régions charbonnières en Europe;

10.

souligne que les accords commerciaux négociés et conclus par l’Union européenne devraient contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable;

11.

constate que le taux de mise en œuvre des recommandations par pays progresse lentement et est inégal et estime que cette situation résulte entre autres d’un manque d’appropriation et de l’insuffisance de la capacité administrative et institutionnelle; souligne qu’en 2019, 137 des recommandations particulières figurant dans les recommandations plus générales (sous-recommandations) étaient adressées de manière directe ou indirecte aux collectivités locales et régionales ou avaient un impact territorial, contre 120 en 2018, ce qui représente aujourd’hui 62 % de l’ensemble des sous-recommandations de 2019 (7). Parmi ces sous-recommandations, 112 portaient sur les obstacles à l’investissement, contre 79 en 2018, du fait de l’attention accrue portée à l’investissement par le semestre européen cette année, tandis que 26 concernaient l’amélioration de la capacité administrative des collectivités locales et régionales et étaient adressées à 17 États membres; souligne que ces conclusions insistent sur le rôle des collectivités locales et régionales dans le cadre de la réalisation des objectifs du semestre européen, rôle trop peu valorisé dans le processus de gouvernance du Semestre;

12.

précise que 55 sous-recommandations incluses dans les recommandations par pays de 2019 abordaient le rôle des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. Les disparités sociales étant souvent intrinsèquement liées aux disparités régionales, elles devraient faire l’objet d’une analyse approfondie dans les rapports par pays et dans les programmes nationaux de réforme. Le CdR rappelle qu’il a contribué, en coopération avec Eurostat, à une étude méthodologique consacrée à la manière d’établir un tableau de bord social régional européen qui pourrait être utilisé, dans le contexte du semestre européen, pour suivre les progrès du socle européen des droits sociaux, et demande à la Commission d’appuyer davantage ce processus;

13.

prend acte de l’évaluation pluriannuelle par la Commission européenne de la mise en œuvre des recommandations par pays, dont il ressort que plus de deux tiers de celles émises jusqu’en 2018 ont été mises en œuvre et ont entraîné certains progrès (8), mais déplore une nouvelle fois l’absence persistante de transparence concernant les critères sur lesquels repose cette évaluation;

14.

accueille favorablement les orientations relatives à la programmation des Fonds ESI pour la période 2021-2027 qui sont incluses dans les rapports par pays (annexe D); constate toutefois que l’analyse sous-jacente des disparités régionales n’est toujours pas satisfaisante, notamment du fait de l’incapacité à y associer les collectivités locales et régionales, comme le montre une étude menée par le CdR juste après la publication des rapports par pays;

15.

souligne que le semestre européen devrait évaluer l’état de la mise en œuvre des politiques d’investissement sur une base annuelle; pointe le fait que les collectivités locales et régionales, par l’intermédiaire de leurs organisations représentatives, devraient être associées à cette évaluation dès la publication des rapports par pays, y compris dans le cadre du dialogue mené entre le vice-président de la Commission compétent en la matière et les États membres;

16.

insiste sur le fait que l’absence de participation structurée et permanente des collectivités locales et régionales tout au long du semestre européen, en particulier lors de la conception et de la mise en œuvre des programmes nationaux de réforme, induit une asymétrie entre le Semestre, qui est centralisé et suit une approche descendante, et la politique de cohésion, qui relève d’une gestion commune et décentralisée; propose de parer de toute urgence à ce problème en étendant l’actuel code de conduite en matière de partenariat au processus politique du semestre européen;

17.

souligne que le programme national de réforme (PNR) est également le seul document au moyen duquel chaque État membre de l’Union européenne présente chaque année à la Commission européenne les politiques spécifiques qu’il entend mettre en œuvre pour atteindre des objectifs communs, assurer la pérennité des finances publiques et mener à bien des réformes structurelles, ainsi que pour réaliser les objectifs de croissance et d’emploi, conformément aux recommandations du semestre européen et aux objectifs à dix ans de la stratégie Europe 2020. Par conséquent, en totale conformité avec le principe de gouvernance à plusieurs niveaux, les régions devraient participer à l’élaboration du PNR, comme cela se fait déjà dans certains États, en utilisant celui-ci comme un outil de planification intégrée des interventions sur le territoire, notamment à la lumière des nouvelles dispositions introduites par les règlements de l’Union européenne pour la période de programmation 2021-2027 en vue de l’alignement sur le semestre européen. Le Comité rappelle dans ce contexte qu’il a élaboré un tableau de bord social régional européen (9). Il salue la proposition de la Commission européenne d’ajouter une dimension régionale au tableau de bord social dans le cadre du processus du semestre européen et attend avec intérêt sa mise en œuvre rapide;

18.

répète qu’il regrette que la Commission européenne n’ait toujours pas défini le concept de «réformes structurelles» dans le contexte de la gouvernance économique de l’Union européenne et d’un éventuel soutien par le biais de programmes de l’Union européenne tels que le projet de programme d’appui à la réforme. Conformément au principe de subsidiarité, le périmètre des réformes structurelles susceptibles de bénéficier de l’aide de l’Union européenne ne devrait inclure que les domaines stratégiques pertinents pour la mise en œuvre des objectifs du traité et directement liés aux compétences de l’Union européenne;

19.

espère que le semestre européen permettra à l’Union européenne d’apporter une réponse ample, coordonnée et intégrée aux bouleversements induits par les changements démographiques, en particulier en améliorant l’efficacité de la politique de cohésion et en promouvant des stratégies régionales, dont, tout spécialement, celles visant à développer des zones rurales intelligentes et compétitives;

20.

constate que les recommandations par pays désignent le marché du logement comme un facteur crucial pour garantir la stabilité financière et que la pénurie de logements adéquats et abordables constitue un problème croissant dans plusieurs États membres. Cette analyse constitue un motif supplémentaire d’envisager la nécessité d’un programme européen en faveur du logement, qui laisse une large marge d’appréciation aux États membres dans leur domaine de compétence (10);

21.

souligne que le multilatéralisme et un ordre mondial fondé sur des règles sont dans l’intérêt de l’Union et doivent être défendus; salue dès lors les initiatives œuvrant pour des conditions de concurrence équitables et des mesures inflexibles face aux États compétiteurs qui recourent au dumping, à la déréglementation ou à des subventions; met cependant en garde contre le fait que les règles de l’Union européenne en matière de concurrence au sein du marché intérieur sont bien plus strictes que celles en vigueur sur la scène internationale, ce qui risque de désavantager les entreprises européennes au niveau mondial;

22.

estime que la négociation d’accords de libre-échange devrait se fonder, entre autres, sur des analyses d’impact au niveau régional, étant donné qu’elles faciliteraient l’identification et la quantification précoces d’éventuelles incidences asymétriques sur les régions européennes, de manière à permettre une réaction rapide des pouvoirs publics;

23.

soutient l’appel (11) du Conseil européen en faveur d’une approche intégrée, visant à approfondir et renforcer le marché unique, à concevoir une politique industrielle permettant d’affronter l’avenir, à accompagner la révolution numérique et à garantir une fiscalité juste et efficace;

24.

salue le rapport du groupe de haut niveau de la Commission sur l’avenir de l’industrie européenne (12), qui esquisse une vision à long terme pour une stratégie européenne en faveur de l’industrie et souligne la dimension régionale d’une telle stratégie;

25.

réitère son appel en faveur du renforcement du soutien accordé par l’Union européenne à une collaboration paneuropéenne et interrégionale axée sur le développement de synergies et la constitution d’une masse critique en matière de co-investissement en faveur de l’innovation dans les chaînes de valeur industrielles à travers l’Europe, ainsi que sur la réalisation du potentiel de l’économie circulaire et neutre en carbone;

26.

reconnaît que la compétitivité de l’économie et de l’industrie européennes repose sur le potentiel entrepreneurial et innovant des PME; appelle la Commission et le Conseil à tenir compte des besoins spécifiques des PME lorsqu’il est question de définir les stratégies économiques à long terme de l’Union européenne, y compris les mesures visant à supprimer les entraves à la libre circulation des marchandises et des services au sein du marché unique, qui freinent considérablement la croissance des PME européennes;

27.

souligne que l’amélioration des marchés publics locaux et régionaux entraînerait d’importants gains de compétitivité et d’efficacité. Cette position est corroborée par les travaux d’analyse du CdR, dont il ressort que la complexité des règles en vigueur en matière de marchés publics et les tendances à la surréglementation au sein de nombreux États membres augmentent le risque d’erreurs et, partant, d’actions en justice, ce qui amène de nombreuses collectivités locales et régionales à développer une aversion excessive au risque dans le cadre des stratégies de passation de marchés publics;

28.

charge son président de transmettre la présente résolution à la Commission européenne, au Parlement européen, à la présidence finlandaise du Conseil et au président du Conseil européen.

Bruxelles, le 9 octobre 2019.

Le président

du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Communication de la Commission du 21 novembre 2018 intitulée «Examen annuel de la croissance 2019 — Pour une Europe plus forte dans un contexte d’incertitude à l’échelle mondiale» [COM(2018) 770].

(2) https://webapi2016.cor.europa.eu/v1/documents/cor-2018-03900-00-00-res-tra-fr.docx/content

(3) http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-8-2019-0201_FR.html

(4) «Le semestre européen et la politique de cohésion: aligner les réformes structurelles sur des investissements à long terme», adopté à l’unanimité lors de la session plénière du 10 avril 2019 http://webapi2016.cor.europa.eu/v1/documents/eesc-2018-05504-00-00-ac-tra-fr.docx/content

(5) https://webapi2016.cor.europa.eu/v1/documents/cor-2016-05386-00-00-ac-tra-fr.docx/content

(6) https://www.eib.org/attachments/efs/economic_investment_report_2018_key_findings_fr.pdf

(7) CoR, 2019 European Semester. Territorial Analysis of the Country-Specific Recommendations

(https://portal.cor.europa.eu/europe2020/Pages/welcome.aspx#)

(8) Communication de la Commission sur les recommandations par pays 2019, p. 3.

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?qid=1560257977630&uri=CELEX:52019DC0500

(9) https://cor.europa.eu/en/engage/studies/Documents/European%20Regional%20Social%20Scoreboard/European-Regional-Social-Scoreboard.pdf?_cldee=bWF0dGhpZXUuaG9ybnVuZ0Bjb3IuZXVyb3BhLmV1&recipientid=contact-09d0f0455cf2e4118a29005056a05119-28d790990cbf4dcc890968d369dec000&esid=8685471a-6dd4-e911-8116-005056a043ea

(10) Point 20 de la résolution du CdR sur ses propositions pour la nouvelle législature de l’Union européenne, 27 juin 2019 https://webapi2016.cor.europa.eu/v1/documents/cor-2019-02550-00-01-res-tra-fr.docx/content

(11) Comme indiqué dans ses conclusions du 20 juin 2019, https://www.consilium.europa.eu/media/39922/20-21-euco-final-conclusions-en.pdf

(12) Publié le 26 juin 2019: https://ec.europa.eu/growth/industry/policy/industry-2030_fr


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