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AccueilDroit européen52019XR3887
Communication52019XR3887

Résolution du Comité européen des régions — Évolutions des négociations interinstitutionnelles relatives au cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027

CELEX52019XR3887
TypeCommunication
Datemardi 8 octobre 2019

Résumé IA

Cette résolution du Comité européen des régions exprime les préoccupations des collectivités territoriales quant à l'état d'avancement des négociations interinstitutionnelles sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027. Elle insiste sur la nécessité de maintenir des financements suffisants pour la politique de cohésion et la politique agricole commune, tout en appelant à une simplification des règles et à une plus grande implication des autorités locales et régionales dans la mise en œuvre des fonds européens.

Texte intégral

5.2.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 39/1


Résolution du Comité européen des régions — Évolutions des négociations interinstitutionnelles relatives au cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027

(2020/C 39/01)

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENTS

COM(2018) 375 final

Recommandation d’amendement 1

Article 32

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Outre ce que prévoit l’article 31, les États membres peuvent proposer d’entreprendre d’autres actions d’assistance technique visant à renforcer les capacités de leurs autorités, bénéficiaires et partenaires pertinents qui sont nécessaires à une administration et une utilisation efficaces des Fonds. (…)

Outre ce que prévoit l’article 31, les États membres peuvent proposer d’entreprendre d’autres actions d’assistance technique visant à renforcer les capacités de leurs autorités, bénéficiaires et partenaires pertinents qui sont nécessaires à une administration et une utilisation efficaces des Fonds, ainsi qu’à accroître les capacités institutionnelles et administratives des collectivités locales et régionales, notamment les investissements complémentaires dans les équipements . (…)

Exposé des motifs

Compte tenu de la suppression de l’objectif thématique 11, le CdR estime qu’il est important de soutenir le renforcement des capacités des collectivités locales et régionales grâce à des mesures de type OT 11 dans l’ensemble des programmes.

COM(2018) 383 final/2

Recommandation d’amendement 2

Article 2, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Le programme poursuit l’objectif général de protéger et de promouvoir les droits et les valeurs consacrés par les traités de l’UE, notamment en appuyant les organisations de la société civile, afin de soutenir des sociétés ouvertes, démocratiques et inclusives.

1. Le programme poursuit l’objectif général de protéger et de promouvoir les droits et les valeurs consacrés par les traités de l’UE, notamment en appuyant les organisations de la société civile, les collectivités locales et régionales et leurs représentants , afin de soutenir des sociétés ouvertes, démocratiques et inclusives, fondées sur l’égalité entre les femmes et les hommes .

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales sont bénéficiaires des fonds du programme et elles ont un rôle important à jouer, notamment s’agissant de promouvoir la participation des citoyens et de défendre leurs droits.

COM(2018) 383 final/2

Recommandation d’amendement 3

Article 18, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. La Commission met en œuvre des actions d’information et de communication relatives au programme, à ses actions et à ses résultats. Les ressources financières allouées au programme contribuent également à la communication institutionnelle sur les priorités politiques de l’Union, dans la mesure où celles-ci concernent les objectifs mentionnés à l’article 2.

2. La Commission met en œuvre des actions d’information et de communication relatives au programme, à ses actions et à ses résultats, en particulier par l’intermédiaire du réseau des centres d’information Europe Direct . Les ressources financières allouées au programme contribuent également à la communication institutionnelle sur les priorités politiques de l’Union, dans la mesure où celles-ci concernent les objectifs mentionnés à l’article 2.

3. L’UE communiquera au mieux les possibilités de financement à tous les bénéficiaires potentiels afin d’assurer l’implication d’organisations variées présentes dans les différents États membres et États partenaires. Les candidats auront accès à un point de contact qui leur fournira un soutien, répondra à leurs questions sur la procédure de candidature et pourra vérifier que leur dossier est complet avant d’être envoyé.

Exposé des motifs

Il est important de communiquer au mieux et au maximum sur les possibilités offertes à toutes les collectivités locales et régionales et à toutes les autres parties prenantes qui pourraient être intéressées, et ce pour éviter que seuls les partenaires privilégiés de l’UE ou les organisations les mieux informées en bénéficient.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

exprime à nouveau ses regrets quant au montant proposé pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), qui pourrait compromettre les effets ultimes souhaités dans différents domaines d’action de l’Union. Le CdR s’oppose fermement aux coupes budgétaires proposées dans la politique de cohésion et la politique agricole commune, qui auraient un effet préjudiciable sur le développement des régions et des villes de l’UE. Le CdR réitère par conséquent son appel pressant pour que le niveau du cadre financier pluriannuel soit fixé au moins à 1,3 % du revenu national brut de l’Union à 27, afin de s’assurer que le budget est à la hauteur des besoins, des attentes et des préoccupations des citoyens européens;

2.

est extrêmement préoccupé par la lenteur des discussions sur le CFP 2021-2027 au sein du Conseil et se demande si le calendrier, fixé par les dirigeants en juin et prévoyant la conclusion des négociations sur le CFP avant la fin de 2019, peut encore être respecté; invite la Commission européenne à présenter instamment un plan d’urgence qui évite une éventuelle interruption des programmes en cas d’adoption tardive du CFP;

3.

souligne qu’un CFP solide nécessite des ressources propres stables et prévisibles. Le CdR est favorable à la simplification du volet des recettes dans le budget de l’UE, en particulier à la proposition d’éliminer progressivement tous les rabais consentis aux États membres et de rendre plus simple le calcul des rentrées assises sur la TVA. Le Comité rappelle qu’un accord ne peut être conclu sur le volet des dépenses du cadre financier pluriannuel que si des avancées correspondantes sont réalisées concernant le volet des recettes;

4.

salue les efforts déployés par la Commission pour mettre en place des mécanismes efficaces afin de garantir le respect de l’état de droit, y compris le dernier plan d’action fondé sur trois piliers (1. Promotion: renforcer les connaissances et promouvoir une culture commune de l’état de droit; 2. Prévention: coopération et soutien pour renforcer l’état de droit au niveau national; 3. Réagir: mesures prises, au niveau de l’Union, pour faire respecter l’état de droit en cas de défaillance des mécanismes nationaux); fait valoir, à cet égard, que les collectivités locales et régionales, en tant qu’organes élus à l’échelon local, peuvent jouer un rôle essentiel pour promouvoir l’état de droit et repérer les risques qui pèsent sur celui-ci en associant les citoyens à la démocratie participative, en instaurant une culture de l’état de droit et en soutenant les organisations qui sont essentielles à cette fin, notamment les médias libres et indépendants. Il convient donc de renforcer le rôle des collectivités locales et régionales dans la structure des trois piliers. Cependant, tout en se félicitant des assurances données par la Commission quant au fait qu’elle veut garantir aux bénéficiaires finaux de l’UE un financement continu dans le cas où une action à l’encontre d’un État membre est engagée, le CdR reste opposé à une conditionnalité qui limiterait l’accès des collectivités locales et régionales aux financements au titre de la politique de cohésion en cas de non-respect de l’état de droit ou des principes démocratiques au niveau national. Le CdR attend donc de la Commission qu’elle élabore de nouvelles mesures pour protéger les intérêts des bénéficiaires finaux et il réitère son appel à fixer des critères clairs pour déterminer ce qui constitue une défaillance généralisée de l’état de droit;

5.

accueille favorablement les propositions de la Commission visant à donner au CFP une plus grande souplesse pour relever en temps utile les défis nouveaux et imprévus, mais rejette l’idée d’une fusion en un dispositif de marge unique, comme l’a proposé le Conseil dans le cadre de négociation; souligne la nécessité de trouver un équilibre entre une souplesse accrue et la sécurité de planification à long terme des programmes, en particulier ceux qui relèvent d’une gestion partagée;

6.

approuve l’appel du Parlement européen en faveur d’une révision complète du cadre financier pluriannuel à mi-parcours, qui permettrait d’analyser en profondeur la réalisation des principaux objectifs, en particulier ceux relatifs au changement climatique et à l’intégration des objectifs de développement durable, d’utiliser l’ensemble des instruments de flexibilité et éventuellement de les réorganiser et, à terme, de procéder à un ajustement significatif des rubriques du CFP, notamment en créant, le cas échéant, de nouvelles rubriques ou de nouveaux plafonds;

7.

se félicite que le cadre de négociation prévoie désormais d’intégrer la dimension d'égalité entre hommes et femmes dans toutes les actions financées sur le budget à long terme de l’Union. En outre, la prise en compte systématique de cette dimension dans l’établissement du budget devrait être approfondie, diffusée et systématisée et une nouvelle stratégie à long terme en matière d’égalité entre les femmes et les hommes devrait être adoptée d’urgence;

8.

relève qu’en raison de leur géographie, de leur nature et/ou de l’étendue de leurs relations commerciales, certaines régions seront soumises plus fortement que d’autres aux effets du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Le CdR estime dès lors qu’il importe de trouver des solutions de soutien pratiques en vue de relever les défis auxquels feront face les régions concernées après le retrait du Royaume-Uni; invite la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil à garantir que les restructurations provoquées par un retrait désordonné du Royaume-Uni justifient également la mobilisation ad hoc du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM), du Fonds européen de solidarité et du Fonds social européen plus (FSE+), et demande une nouvelle fois à la Commission d’évaluer s’il y a lieu d’apporter une réponse plus structurée à moyen et long terme par l’intermédiaire d’un fonds de stabilisation au bénéfice des régions les plus durement touchées par le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui devrait se fonder sur des ressources supplémentaires et non au détriment de la politique de cohésion;

9.

exprime à nouveau ses préoccupations concernant la suppression du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) du règlement portant dispositions communes (RPDC), laquelle risque de compromettre l’approche intégrée des Fonds structurels et d’investissement dans les zones rurales. Le Comité demande donc la réintroduction du Feader dans le RPDC;

10.

rappelle que le FSE+, outil essentiel pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, doit rester un pilier fondamental de la politique de cohésion; salue à cet égard la proposition du Conseil, formulée dans l’actuel projet de cadre de négociation, de créer une sous-rubrique distincte relative à la cohésion économique, sociale et territoriale;

11.

souligne l’importance que revêtent les principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux et se dit fermement opposé à toute tentative d’édulcorer les dispositions énoncées à l’article 6 de la proposition de règlement portant dispositions communes; préconise également la pleine application du code de conduite lors de la préparation et de la mise en œuvre des accords de partenariat et entend veiller à ce que la participation des collectivités locales et régionales corresponde à un partenariat à part entière;

12.

insiste sur l’importance des accords de partenariat pour assurer une coordination stratégique entre les fonds, ainsi que la participation des collectivités locales et régionales et d’autres partenaires dès les premières phases du processus; demande donc que les accords de partenariat demeurent obligatoires, quel que soit le montant des ressources allouées au titre des fonds ou le nombre de programmes;

13.

réaffirme sa vive opposition à une approche négative de la conditionnalité macroéconomique qui prévoit, du fait du lien établi entre les Fonds ESI et la gouvernance économique, de «prendre en otage les collectivités régionales et locales» à cause des manquements des gouvernements nationaux. À cet égard, le CdR approuve pleinement la proposition du Parlement européen de supprimer l’article 15 du règlement portant dispositions communes;

14.

insiste, en ce qui concerne l’article 21 du RPDC, sur le fait que tout virement entre les Fonds ou d’un Fonds vers d’autres instruments de l’Union en gestion directe ou indirecte devrait être limité à 5 % des dotations financières du programme au maximum, et qu’il devrait être effectué en accord avec les autorités de gestion compétentes, présenter un intérêt quant aux objectifs de la politique de cohésion et respecter pleinement les principes de subsidiarité et de gouvernance à plusieurs niveaux, sans affaiblir l’approche territorialisée des Fonds;

15.

conformément à la position du Parlement européen, le financement des régions déclassées pour la période 2021-2027 devra au moins être maintenu au niveau des dotations de la période 2014-2020;

16.

rejette la proposition du Conseil relative à l’article 22 du RPDC, qui laisserait les États membres libres de recourir ou non aux instruments territoriaux intégrés; préconise plutôt une utilisation beaucoup plus intensive des instruments territoriaux dans les États membres et une affectation obligatoire pour l’ensemble des fonds afin de réaliser les objectifs de l’agenda territorial renouvelé et de la politique de cohésion;

17.

souligne la nécessité de prendre en compte, conformément à l’article 174 du TFUE, la situation particulière et les besoins spécifiques des régions présentant des handicaps naturels ou démographiques, parmi lesquelles les régions insulaires, à la fois dans les accords de partenariat et dans les programmes;

18.

réaffirme sa position sur les dispositions du RPDC que le Conseil a incluses dans le cadre de négociation, notamment celles portant sur l’éligibilité des régions, le filet de sécurité régional, les taux de cofinancement, le niveau de préfinancement, les règles de dégagement et le budget alloué à la coopération territoriale traditionnelle;

19.

fait valoir qu’il est primordial d’améliorer les capacités administratives et institutionnelles des collectivités locales et régionales, comme en témoignent les recommandations par pays adressées en 2019 à 17 États membres portant sur des problèmes de capacité administrative aux niveaux régional et local. Au vu du risque que soit réduit le montant des ressources affectées aux mesures de renforcement des capacités directement accessibles aux collectivités territoriales sous un régime de gestion partagée, le Comité propose de réviser soit l’article 32 de la proposition de RPDC, soit l’article 2 de la proposition de règlement relatif au FEDER et au Fonds de cohésion, de manière à prévoir, dans tous les programmes opérationnels, des mesures similaires à celles financées au titre de l’objectif thématique 11 de la politique de cohésion dans l’actuel cadre financier pluriannuel;

20.

demande instamment, en ce qui concerne les programmes mis en œuvre au titre du FEDER, que les ressources dans chaque État membre soient concentrées sur des catégories de régions classées selon les paramètres proposés par la Commission, et partage l’avis du Parlement selon lequel, dans des cas dûment justifiés, par exemple pour les régions ultrapériphériques, les États membres peuvent demander, en concertation avec les régions concernées, une réduction de la concentration thématique au niveau de la catégorie des régions. La concentration cible de l’objectif stratégique intitulé «Une Europe plus verte et à faibles émissions de carbone» (OS 2) devrait être fixée au minimum à 30 % pour toutes les catégories de régions, en vue de concrétiser pleinement les engagements pris par l’Union dans le cadre de l’accord de Paris;

21.

souscrit à la proposition du Parlement européen d’affecter au moins 5 % des ressources du FEDER disponibles au niveau national au développement territorial intégré dans des zones non urbaines qui présentent des handicaps naturels, géographiques ou démographiques, ou qui sont confrontées à des défis, conformément aux définitions proposées dans le nouvel article 10 bis. Ces stratégies pourraient également bénéficier d’une approche plurifonds, notamment pour ce qui est des projets intégrés mis en place dans le cadre du «pacte pour des villages intelligents»;

22.

rappelle qu’il déplore la proposition de la Commission de réduire la dotation prévue pour la coopération territoriale européenne, faisant passer sa part dans le budget de cohésion de 2,75 % à 2,5 %, et qu’il s’oppose vigoureusement au passage de la coopération transfrontalière maritime du volet 1 «transfrontalier» au volet 2 «transnational». Dès lors, il soutient fermement la proposition du Parlement européen de modifier les dotations prévues à l’article 104, paragraphe 7, du RPDC afin d’accroître le budget de la coopération territoriale traditionnelle (volets 1 et 4) jusqu’à environ 3 % du budget de la cohésion;

23.

souligne l’importance du programme Interreg, qui s’est avéré indispensable pour de nombreuses collectivités régionales, non seulement pour échanger leur expertise et leurs bonnes pratiques concernant les principaux enjeux, mais aussi pour établir des liens humains et promouvoir l’identité européenne;

24.

approuve le budget supplémentaire de 970 millions d’EUR consacré aux investissements interrégionaux en faveur de l’innovation qui privilégient l’excellence, mais qui renforcent aussi la cohésion territoriale en facilitant la participation de régions moins innovantes à la dynamique d’innovation interrégionale européenne. Les fonds Interreg, déjà faiblement dotés, ne doivent en aucun cas faire l’objet de nouvelles restrictions;

25.

considère que, en raison de la nécessité de financer une économie bleue émergente, la surveillance maritime et la protection de l’environnement marin, en plus de la pêche, le budget global du FEAMP aurait dû être augmenté pour atteindre le seuil minimum de 1 % du cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027;

26.

réaffirme que le FEAMP devrait soutenir la politique maritime intégrée et la croissance de l’économie bleue par l’intermédiaire de plateformes régionales destinées à financer des projets novateurs, et que les programmes opérationnels nationaux au titre dudit Fonds devraient inclure un programme opérationnel régional pour les autorités infranationales compétentes en matière de pêche et d’affaires maritimes;

27.

propose de renforcer le soutien financier global de l’Union au développement rural qui s’est réduit de manière significative par rapport à la période de programmation précédente, rejette par conséquent la proposition de réduction de 28 % du budget dédié au développement rural dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) et s’oppose à la possibilité de transfert du second vers le premier pilier de celle-ci;

28.

estime que seule une augmentation forte du budget de l’Union pourrait justifier une réévaluation de l’enveloppe allouée au programme Horizon Europe, laquelle devrait alors être concentrée sur le pilier III et la partie «Renforcer l’espace européen de la recherche» en favorisant une plus large participation;

29.

est d’avis qu’il est nécessaire d’étendre le programme Erasmus+ afin de renforcer la cohésion au sein de l’UE, d’améliorer l’acceptation de l’intégration européenne et de promouvoir les rencontres avec les jeunes citoyens européens;

30.

juge indispensable de donner un cadre précis aux synergies entre les différents fonds et le programme-cadre; souligne le caractère crucial d’une démarche de coconstruction effective, notamment pour la mise en œuvre du label d’excellence;

31.

s’oppose fermement à ce que la possibilité de transférer une part des fonds de la politique de cohésion vers le programme Horizon Europe soit décidée par les États membres plutôt que par l’autorité de gestion compétente. Les modalités de mobilisation de ces fonds devraient être arrêtées d’un commun accord entre cette autorité et la Commission afin de garantir le retour de ces fonds vers la zone géographique concernée;

32.

met en avant le rôle que peut jouer une bonne mise en œuvre des mesures du FEM dans l’atténuation des effets d’incidents imprévus induits par une restructuration de grande ampleur; soutient résolument la position du Parlement selon laquelle l’examen prévu des contributions financières du FEM devrait comprendre par la suite des analyses d’impact portant sur son application aux niveaux national, régional et local;

33.

salue la proposition visant à élargir le champ d’application et la mission du FEM, ce qui permettra de faire face à toutes sortes de restructurations imprévues de grande envergure, mais demande au Parlement et au Conseil de s’accorder sur un abaissement des seuils concernant les licenciements et sur des périodes de référence plus longues que celles prévues dans la proposition de la Commission;

34.

accueille favorablement les «Modalités de fonctionnement de l’instrument budgétaire de convergence et de compétitivité» convenues par l’Eurogroupe (14 juin 2019), ainsi que l’intention de la présidente élue de la Commission de mettre en place cet instrument à la fois pour la zone euro afin de «soutenir les réformes et les investissements des États membres» qui en font partie et pour ceux qui souhaitent la rejoindre; escompte toutefois, conformément au principe de subsidiarité, une proposition préalable de la Commission visant à définir les «réformes structurelles» qui pourraient bénéficier d’un soutien financier de l’UE. Ces réformes devraient présenter une valeur ajoutée européenne, relever des compétences de l’UE, contribuer à la mise en œuvre des objectifs de cohésion prévus par les traités et viser à stimuler les investissements à long terme, notamment en vue d’améliorer la qualité de l’administration publique. Les collectivités locales et régionales devraient bénéficier d’un accès direct à cet instrument pour soutenir leur projets d’investissement et de réforme et elles devraient être associées en tant que partenaires à la conception et à la mise en œuvre des interventions relevant de cet instrument;

35.

se félicite de l’intention de la présidente élue de la Commission de recentrer l’instrument que constitue le Semestre européen sur les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Sur la base de son document de réflexion, la Commission devrait présenter, au cours des 100 premiers jours de son mandat, une stratégie à long terme pour la croissance et l’emploi qui intègre les ODD, à la conception et à la mise en œuvre de laquelle les collectivités locales et régionales devraient être associées en tant que partenaires;

36.

réaffirme sa conviction que l’engagement d’utiliser 25 % du budget de l’Union pour lutter contre le changement climatique ne semble pas suffisant pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Des efforts devraient être consentis dans le cadre du prochain cadre financier pour porter la part des dépenses consacrées à la décarbonation du secteur de l’énergie, de l’industrie et des transports et à l’économie circulaire à plus de 30 %. Dans le même temps, il convient d’améliorer l’empreinte carbone du budget de l’UE, notamment en mettant un terme aux aides d’État en faveur des combustibles fossiles;

37.

partage le point de vue de la présidente élue de la Commission concernant la promotion de la transition de l’UE vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 au moyen de stratégies industrielles appropriées, ainsi que le soutien aux populations et aux régions les plus touchées par les conséquences sociales, socio-économiques et environnementales que les changements structurels provoqueront dans les régions charbonnières en Europe par l’intermédiaire d’un nouveau Fonds pour une transition équitable doté de 4,8 milliards d’EUR; estime qu’un tel fonds devrait étroitement interagir avec les programmes de la politique de cohésion, mais être financé par des ressources supplémentaires, et non aux dépens de la politique de cohésion, et qu’il devrait laisser une marge de manœuvre suffisante aux régions par rapport aux règles de la politique de concurrence;

38.

relève que le Parlement européen propose dans la procédure budgétaire 2020 deux mesures préparatoires relatives aux régions charbonnières en transition; considère dans ce contexte qu’il y a lieu de préparer le terrain pour un Fonds pour une transition équitable en vue de garantir le soutien financier et politique le plus efficace et le plus décentralisé possible après 2020;

39.

souligne qu’il convient, pour le prochain programme «Europe créative», de parvenir à un juste équilibre entre, d’une part, les ressources consacrées aux grands projets globaux et, de l’autre, le financement des mesures et activités axées sur l’échelon local et régional, en tenant compte des PME; fait également valoir qu’il importe de mieux intégrer la culture et le patrimoine culturel parmi les priorités du prochain cadre financier pluriannuel, grâce, tout à la fois, à son intégration dans toutes les actions et aux synergies avec d’autres programmes et politiques;

40.

souligne que, pour la période de programmation en cours, 14 milliards d’EUR au titre des Fonds ESI sont prévus pour la création de structures à haut débit. Cela n’exclut pas une consolidation des instruments financiers (tels que le financement par emprunts) en coopération avec la Banque européenne d’investissement et avec d’autres banques de développement;

41.

considère la proposition de la Commission d’affecter 9,2 milliards d’EUR au programme pour une Europe numérique pour la période 2021-2027 comme une valeur de référence absolue, dès lors que la cohésion numérique fait partie intégrante de la cohésion territoriale définie dans le traité sur l’Union européenne et qu’elle exige de combler les fossés existant dans l’UE en matière de compétences et d’infrastructures numériques, et attire l’attention sur les importantes ressources financières à fournir pour le développement de l’intelligence artificielle;

42.

souhaite également, en ce qui concerne le programme «Droits et valeurs», qu’un réseau de «Correspondants Europe» soit promu par les institutions européennes en coopération avec les États membres, afin d’informer les élus locaux de l’actualité européenne et de leur fournir les clés pour qu’ils puissent répondre au mieux aux attentes des citoyens; cela contribuera à lutter contre la déconnexion des citoyens vis-à-vis des questions européennes;

43.

demande une nouvelle fois, conformément à la position du Parlement européen sur la proposition de règlement portant création du Fonds «Asile et migration», que les collectivités territoriales et leurs organes représentatifs puissent accéder directement aux financements prévus au titre du Fonds qui succédera à l’actuel Fonds «Asile, migration et intégration», et insiste une fois de plus sur l’importance d’appliquer le principe de partenariat de manière cohérente; fait valoir combien il est urgent d’augmenter l’enveloppe globale de ce Fonds afin d’assurer un financement adéquat permettant d’atteindre les objectifs fixés, ainsi qu’une approche équilibrée à l’égard de l’ensemble des mesures et politiques liées à la migration et à l’intégration;

44.

demande, conformément à la position du Parlement européen sur la proposition de règlement établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale, que l’on réserve aux collectivités locales et régionales une place de premier plan au sein du pilier thématique, au même niveau que la société civile, en leur allouant un budget spécifique de 500 millions d’EUR;

45.

charge son président de transmettre la présente résolution à la Commission européenne, au Parlement européen, à la présidence finlandaise du Conseil et au président du Conseil européen.

Bruxelles, le 8 octobre 2019.

Le président

du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


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