| CELEX | 52020AE1450 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | vendredi 18 septembre 2020 |
| 11.12.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 429/210 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une stratégie axée sur les PME pour une Europe durable et numérique»
[COM(2020) 103 final]
(2020/C 429/26)
| Rapporteure: | Milena ANGELOVA |
| Corapporteur: | Panagiotis GKOFAS |
| Consultation | Commission européenne, 22.4.2020 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 22.7.2020 |
| Adoption en session plénière | 18.9.2020 |
| Session plénière no | 554 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 219/0/0 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE se félicite de la stratégie en faveur des PME, nécessaire et très attendue. Il en apprécie l’approche globale et systématique, et salue le fait qu’elle fasse le point sur les mesures, les outils et les instruments existants qui se sont révélés utiles, qu’elle les perfectionne et les replace dans un cadre commun bien coordonné. Le CESE demande à la Commission européenne de mettre en œuvre la stratégie en adoptant une approche cohérente, intégrée et transversale, qui placerait les PME au cœur de toutes les grandes décisions politiques, telles que le pacte vert et la stratégie industrielle, ainsi que dans le cadre de l’élaboration du budget de l’UE et de la conception des moyens nécessaires à la mise en œuvre du plan de relance pour l’Europe. |
| 1.2. | Le CESE est déterminé à contribuer à la mise en œuvre rapide de la stratégie en faveur des PME et plaide en faveur d’une gouvernance à plusieurs niveaux; à l’échelon européen, un groupe de travail inter-DG sur les PME doit veiller à ce que:
|
| 1.3. | Tout en prenant acte du fait que la proposition a été publiée avant le début de l’épidémie de COVID-19, le CESE demande à la Commission européenne d’élaborer une stratégie axée sur les PME «nouvelle génération», qui devra faire le point sur les mesures d’aide aux PME prévues par le plan de relance pour l’Europe afin d’aider ces entreprises à atténuer les effets négatifs du confinement, de la distanciation sociale et des mesures de sécurité sanitaire sur leurs activités et à se remettre rapidement. Le CESE se félicite de la création d’un instrument pour la reprise et la résilience lié au budget de l’UE, mais souhaite une réelle garantie que ce plan pourra bénéficier à toutes les PME qui en ont besoin, en prévoyant des mesures de soutien spécialement adaptées. Cela nécessite un réexamen politique plus complet et des propositions plus précises et plus spécifiques concernant la manière de stimuler la numérisation, l’innovation et la durabilité dans les PME. |
| 1.4. | Cette stratégie axée sur les PME «nouvelle génération» devra pouvoir s’appuyer sur un cadre de mise en œuvre solide et la cohérence des politiques. Le CESE suggère que la Commission européenne, le Conseil, le Parlement européen, les organes consultatifs et les agences de l’UE conviennent d’une feuille de route en matière de mise en œuvre s’étalant sur plusieurs années, qui prévoirait des indicateurs intermédiaires spécifiques et un calendrier pour les objectifs d’action à court, moyen et long terme. |
| 1.5. | Le CESE demande que les organisations de PME puissent s’approprier davantage le processus de mise en œuvre de la stratégie axée sur les PME, notamment en mettant en place un programme européen qui leur permettrait, ainsi qu’aux partenaires sociaux, de renforcer leurs capacités et apporterait un soutien aux actions conjointes visant à ce qu’elles deviennent un point de contact unique pour les informations et l’assistance technique, en les associant étroitement à la désignation et au suivi des représentants des PME et en adoptant un système de suivi pour mesurer l’efficacité de ce dispositif. Pour que le réseau Entreprise Europe (EEN) puisse jouer un rôle plus important en conseillant les PME, comme l’envisage la Commission européenne, notamment en ce qui concerne la transition durable, il convient de le réformer en profondeur, étant donné que, dans la plupart des États membres, ce réseau ne parvient pas à atteindre les PME et certainement pas les entreprises de l’artisanat. Le CESE estime que les progrès réalisés dans la mise en œuvre et l’efficacité de la stratégie doivent faire l’objet d’un suivi, d’une évaluation et d’un examen réguliers par un observatoire européen indépendant spécifiquement désigné à cette fin, en vue de concevoir et de proposer rapidement des mesures correctives dès que cela s’avère nécessaire. |
2. Observations générales et approche prospective
| 2.1. | Le CESE demande à la Commission et aux États membres d’envisager sérieusement d’élargir le champ d’application et d’assurer la mise en œuvre effective des mesures visant à promouvoir la compétitivité et la capacité d’innovation des PME, de les aider à améliorer leur productivité multifactorielle et de soutenir leurs activités courantes. Tout en reconnaissant l’importance de l’innovation et de la numérisation, le CESE souligne que la grande majorité des PME européennes ont cruellement besoin d’aide pour moderniser leur technologie, gérer les questions liées aux ressources humaines et améliorer leurs performances commerciales. |
| 2.2. | Le CESE apprécie grandement l’intention affichée par la Commission de mettre en œuvre des mesures ciblant les besoins spécifiques des différents sous-groupes de PME, tels que les entreprises qui créent de la valeur, les microentreprises, les entreprises petites, publiques, familiales et traditionnelles ainsi que celles qui exercent leur activité dans des régions reculées, les travailleurs indépendants et les artisans, et aussi les PME de l’économie sociale. Il estime que mieux répondre à leurs besoins spécifiques est un facteur de réussite essentiel. |
| 2.3. | Toutes les composantes axées sur les PME du Fonds européen pour la relance doivent faire l’objet d’un suivi systématique afin de garantir leur capacité à fournir aux PME le soutien nécessaire, comme le nouvel instrument de solvabilité. |
| 2.4. | Le CESE demande à la Commission européenne d’élaborer une feuille de route réaliste en matière de mise en œuvre s’étalant sur plusieurs années, qui expose clairement les ressources et les mesures appropriées et prévoit des consultations et des actions conjointes avec les partenaires sociaux, un rapport d’étape indépendant, et des mécanismes de suivi et d’analyse d’impact. Pour que la transition numérique soit un succès, il est essentiel que les propositions ambitieuses relatives au programme pour une Europe numérique et au programme Horizon Europe dans le prochain cadre financier pluriannuel soient mieux ciblées sur les PME et qu’elles prévoient une couverture géographique plus équitable. Le CESE souligne qu’il importe de canaliser efficacement le financement des PME et les mesures de soutien à celles-ci vers les microentreprises, notamment les entreprises traditionnelles. |
3. Pilier 1
| 3.1. | Le CESE salue le fait que la Commission reconnaisse la nécessité d’adapter les mesures de soutien aux PME dans le but de les aider à prospérer d’une manière flexible, climatiquement neutre, efficace sur le plan des ressources et dans la maîtrise des compétences numériques. Des conseillers en matière de durabilité et des volontaires du domaine numérique peuvent aider les PME à maîtriser les technologies numériques, à mettre à jour leur technologie, à se préparer à une transition réussie vers le développement durable et à trouver des solutions efficaces dans l’utilisation des ressources et sans incidence sur le climat. Leur rôle et leurs responsabilités doivent être facilités et renforcés par les organisations européennes, nationales et régionales de PME. |
| 3.2. | Le CESE apprécie le rôle particulier que l’on entend faire jouer aux partenaires sociaux et espère que le principe de partenariat sera encore renforcé et que les États membres l’appliqueront plus effectivement. Les organisations de PME européennes, nationales et locales ont un rôle essentiel à jouer pour aider les PME à prendre connaissance des mesures de soutien prévues par la politique en leur faveur et à les comprendre. Cela revêt une importance particulière pour celles parmi les PME — représentant la grande majorité de celles-ci — qui sont des entreprises traditionnelles et/ou des microentreprises et/ou qui exercent leur activité dans des régions reculées et rurales, et doivent rejoindre le rythme rapide de la révolution numérique. Le CESE est disposé à apporter son soutien à une démarche qui viserait à regrouper ces organisations et les partenaires sociaux dans un réseau de collecte et d’échange de bonnes pratiques et d’idées en matière de mesures de soutien et de dispositifs de conciliation sociale spécifiques dans le cadre du dialogue social. |
| 3.3. | Le CESE accueille favorablement le vaste éventail de mécanismes visant à faciliter les transitions des PME vers la durabilité et la circularité et leur conformité avec la législation en rapport. Le Comité souligne l’importance de mettre en œuvre rapidement le plan d’action pour l’économie circulaire (PAEC) et d’introduire sans attendre un prix plancher du carbone ambitieux, ainsi que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Le CESE souligne la capacité du mécanisme pour une transition juste à soutenir l’essor de la nouvelle économie et recommande d’adopter, le cas échéant, des mesures sociales et de soutien afin d’éviter que la crise et la transition vers une économie circulaire à faibles émissions de carbone ne nuisent aux plus vulnérables, y compris en ce qui concerne l’aide au secteur privé, lorsque des effets négatifs se font sentir, et en particulier pour les PME. Pour encourager les PME à devenir plus écologiques, il y a lieu de stimuler leur potentiel d’innovation radicale et disruptive afin de faire progresser la transition écologique. Grâce à une aide en nature et à un soutien juridique adéquats, les PME pourront tirer profit des pratiques innovantes et durables plus rapidement que les grandes entreprises. |
| 3.4. | Une politique efficace en matière de droits de propriété intellectuelle (DPI) est essentielle pour le succès des entreprises innovantes, en particulier les PME et les «jeunes pousses». Les DPI, brevets, marques déposées, droits d’auteur et autres actifs fondés sur la connaissance compris, doivent devenir partie intégrante de la stratégie d’entreprise de nombreuses PME. Les entreprises ont besoin d’un cadre solide et fiable en matière de DPI, adapté à l’ère numérique. Le système unique de brevets de l’Union devrait rapidement devenir opérationnel, afin de garantir la sécurité juridique et de permettre aux PME de développer et de protéger leurs inventions à un coût raisonnable et avec des charges administratives réduites. Une approche collaborative entre la Commission européenne, les États membres et l’Office européen des brevets (OEB), qui viserait à étendre les services de demande de brevet en prévoyant notamment un soutien financier, à améliorer l’accès des PME à la justice en cas de violation des brevets, notamment par le biais d’un régime d’assurance préalable (before-the-event), et à repenser la procédure de recours engagée devant l’OEB, serait essentielle pour renforcer encore le développement et la protection du savoir-faire des PME. |
| 3.5. | L’entrepreneuriat est le moteur des PME. Le CESE demande à la Commission européenne de s’attacher davantage à promouvoir, renforcer et cultiver l’initiative entrepreneuriale, l’esprit d’entreprise et une approche de la prise de risque en connaissance de cause, ainsi qu’à offrir une image plus positive des entrepreneurs en situation de détresse financière. Bien que cela soit important, il ne suffit pas de se concentrer sur l’éducation et la formation à l’esprit d’entreprise à tous les niveaux d’enseignement; il importe également de favoriser la revalorisation de l’appréciation sociétale du rôle de l’entrepreneur, notamment par la promotion de bons exemples et la mise en avant de modèles de rôle. Il convient de promouvoir la mise à niveau des compétences et la formation des entrepreneurs. La stratégie pourrait définir des mesures visant à améliorer encore la mobilité de la main-d’œuvre à l’intérieur de l’UE et de celle des pays tiers, et explorer la possibilité d’assortir le régime simplifié de l’UE en matière de visas d’instruments complémentaires. La Commission européenne, de conserve avec les États membres, doit fournir aux PME les infrastructures nécessaires à l’innovation, à savoir des laboratoires, des infrastructures de technologies de l’information et de la communication, des bâtiments de bureaux et une assistance juridique et en matière de propriété intellectuelle, ce qui permettrait, à un niveau adéquat, d’abaisser considérablement le seuil pour les jeunes entreprises et d’ouvrir des possibilités pour les entrepreneurs à temps partiel. La Commission européenne pourrait également inciter les organismes publics à mettre en place des environnements dans lesquels les PME peuvent tester leurs prototypes, ce qui faciliterait le financement des PME innovantes en réduisant le risque technique pour les investisseurs. Il est également essentiel de développer une veille stratégique efficace sur les besoins de compétences en influençant les programmes scolaires. |
| 3.6. | Les ressources humaines sont un facteur déterminant de la compétitivité, en particulier pour les PME, qui ont généralement moins d’outils organisationnels, financiers et de gestion à leur disposition pour attirer, motiver et retenir un personnel qualifié. Par conséquent, le CESE souligne combien il importe d’aider les PME à recruter du personnel expérimenté et qualifié, y compris par des moyens financiers, et espère que cela constituera un élément clé de la composante PME du futur pacte pour les compétences. Le CESE soutient la responsabilité partagée en matière de reconversion et de perfectionnement de la main-d’œuvre entre les gouvernements, les employeurs, les régions et les particuliers. L’enseignement et la formation professionnels (EFP) doivent devenir un choix d’excellence, de même que la promotion de l’enseignement supérieur, afin de soutenir la transition du marché du travail. Il importe que les programmes d’enseignement soient axés sur les résultats d’apprentissage, étant donné que cela contribuera à favoriser des transitions efficaces en temps utile. |
| 3.7. | Il est essentiel d’améliorer la capacité numérique des PME. Il y a lieu, à cette fin, de commencer par les groupes de PME les moins préparés, par exemple les microentreprises et les entreprises très traditionnelles qui ont peu ou pas d’expérience dans le domaine de la numérisation. Elles doivent être les cibles des cours intensifs numériques destinés tant aux entrepreneurs de PME qu’à leurs salariés, et leurs besoins doivent être pris en compte dans le cadre de l’élaboration des pôles d’innovation numérique (PIN), afin de leur permettre de mettre à jour et d’améliorer leurs compétences professionnelles et de devenir des utilisateurs expérimentés des technologies. Les PIN devraient être correctement équipés pour aider les PME à réaliser des évaluations des risques, et protéger efficacement les données. Le CESE soutient la stratégie européenne pour les données annoncée, qui vise à rendre les données plus accessibles et à permettre les flux de données entre les entreprises et les pouvoirs publics. La libre circulation des données doit être assurée. Le partage des données entre entreprises devrait être encouragé afin de renforcer la coopération au sein des chaînes de valeur et d’offrir des possibilités d’accroître le pouvoir économique de notre économie en améliorant la disponibilité et l’accessibilité des informations (émanant du gouvernement ou de la chaîne de valeur) sur le partage et la portabilité des données. |
| 3.8. | Le réseau à haut débit dans l’UE, en tant que condition préalable essentielle à la numérisation, doit être élargi de manière globale, de sorte que les entreprises puissent évoluer vers une plus grande numérisation sans qu’aucune ne soit laissée pour compte. L’Union ne réalisant toujours que des progrès trop limités dans ce domaine, en particulier dans les zones rurales, où se situent de nombreuses PME, toutes les autres initiatives à l’échelle de l’UE devraient en tenir compte à partir du terrain et prendre les mesures qui s’imposent à cet égard. |
| 3.9. | Le CESE plaide en faveur de mesures de soutien ciblées axées sur la numérisation et l’amélioration de la connectivité de secteurs tels que la santé, l’éducation, l’administration publique, l’alimentation et l’agriculture, l’industrie manufacturière et les transports. La transformation numérique devrait être fondée sur l’ouverture (la non-dépendance), la simplicité, l’intelligence, l’automatisation, la confiance et la sécurité, dans la mesure où l’objectif est d’élaborer des modèles d’entreprise, des processus, des logiciels et des systèmes nouveaux. Elle est au cœur des efforts déployés par l’UE en vue d’asseoir son leadership climatique et la reprise économique. L’UE devrait accélérer les investissements dans les domaines de l’efficacité énergétique, des transports, des bâtiments et des processus industriels à faibles émissions de carbone, dans lesquels la numérisation a un rôle essentiel à jouer. |
| 3.10. | Le CESE recommande d’accélérer la mise en place de réseaux accessibles partout, à grande capacité et sûrs, d’encourager les investissements privés et de stimuler les financements en faveur des zones rurales et faiblement peuplées. Il convient également d’accélérer, dès que les opérations normales reprendront, les attributions des spectres planifiées qui auraient pu être reportées en raison de la crise de la COVID-19. Lorsque ce moment sera venu, les gouvernements devraient également accorder la priorité à de nouvelles attributions de spectres, sous licence ou en exemption de licence, de manière à rendre la connectivité sans fil plus robuste. |
4. Pilier 2
| 4.1. | Le CESE se félicite qu’une attention particulière soit accordée aux PME et de l’application rigoureuse des principes de la «transmission unique d’informations» et du «numérique par défaut». Le CESE demande à la Commission européenne d’appliquer le principe «agir en faveur des PME» dans le cadre du déploiement de la nouvelle stratégie et avertit que tout retard dans la mise en œuvre des mesures d’aide aux PME serait contre-productif. En effet, les PME sont actuellement confrontées à plus de défis que jamais auparavant, parmi lesquels les répercussions négatives de la pandémie de COVID-19, une concurrence acharnée, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, de nouvelles formes de travail et de consommation, un flux d’informations toujours plus complexe et plus intense, des ressources limitées consacrées à l’innovation, une dévalorisation continue du rôle de l’entrepreneur, la volatilité des marchés financiers, la difficulté de l’accès au financement et une forte dépendance à l’égard de l’environnement extérieur, ainsi qu’un pouvoir de négociation limité. En ce qui concerne l’évaluation de l’impact des «mesures de surréglementation» sur les PME, le CESE réitère son point de vue selon lequel les objectifs de réduction de la charge réglementaire devraient reposer sur un test PME approfondi, des analyses d’impact sérieuses et une évaluation globale, incluant un dialogue avec la société civile et les parties prenantes. Il convient toutefois de ne pas remettre en question le niveau actuel de protection des citoyens, des consommateurs, des travailleurs, des investisseurs et de l’environnement dans les États membres lors de la mise en œuvre du droit européen. |
| 4.2. | La question des retards de paiement continue d’exiger une attention particulière, et la révision prévue de la directive sur le retard de paiement constitue une étape importante dans le cadre de laquelle il y a lieu d’associer étroitement et de consulter les parties prenantes des PME. Il pourrait être utile d’intervenir sur le plan culturel afin de promouvoir un comportement vertueux. À cet égard, une mesure spécifique destinée à soutenir ce processus pourrait consister à créer un outil, par exemple un site internet, demandant aux entreprises de s’engager à respecter certains principes liés aux paiements dans les délais. Afin de protéger les PME du pouvoir de négociation supérieur des grandes entreprises, le CESE suggère que la Commission élargisse et renforce la portée de ses dispositions relatives aux pratiques commerciales déloyales entre entreprises et entre plateformes et entreprises et les renforce, en les étendant à tous les secteurs, éventuellement dans le cadre du droit de la concurrence de l’UE, avec la possibilité pour les PME de déposer des plaintes confidentielles auprès d’une autorité centrale, ce qui, dans le cas de l’UE, pourrait être la DG COMP. |
| 4.3. | Conformément à ses avis antérieurs, le CESE émet des doutes quant à l’utilité réelle du réseau des représentants des PME, qui n’est pas pleinement opérationnel dans tous les États membres, et quant à sa capacité à apporter une réelle valeur ajoutée. Il recommande de renforcer le rôle des organisations de PME plutôt que de créer un nouveau rôle sous la forme d’un représentant de l’UE pour les PME, qui ne garantira nullement l’adoption d’une réglementation favorable à celles-ci. Le CESE suggère que le représentant national pour les PME soit nommé en accord avec les organisations nationales de PME, qui doivent être en contact permanent avec le représentant, lequel doit leur rendre des comptes à intervalles réguliers. La mise en œuvre de la stratégie en faveur des PME «nouvelle génération» et du «Small Business Act» doit être intégrée dans l’exercice du Semestre européen ainsi que dans le tableau de bord concernant les PME qui a été créé. |
| 4.4. | Les «bacs à sable réglementaires» se sont révélés être un outil utile et le CESE demande qu’ils soient plus largement utilisés lors de l’introduction de réglementations concernant les PME, et mieux promus auprès des législateurs nationaux. La Commission européenne devrait préciser comment, où et pourquoi ces «bacs à sable réglementaires» seront appliqués. Il est clair qu’il faut encore améliorer le test PME dans l’analyse d’impact afin de s’assurer que l’ensemble de la législation proposée soit favorable aux PME. La nouvelle plateforme «Prêts pour l’avenir» de la Commission européenne devrait s’attacher en priorité à recenser les charges potentielles susceptibles d’entraver la revitalisation socio-économique. L’UE devrait également mettre en place des «bacs à sable réglementaires» au niveau de l’UE, ce qui permettrait de renforcer le marché unique, de garantir une harmonisation accrue, et de fournir rapidement aux innovateurs la sécurité juridique nécessaire pour promouvoir des solutions innovantes dans toute l’Europe. L’UE compte davantage de jeunes pousses et de PME innovantes que les États-Unis ou la Chine, mais plusieurs études montrent que ces entreprises préfèrent déployer leurs solutions innovantes en dehors de l’Europe. De nombreuses raisons expliquent cette situation, notamment le manque d’incitations financières en Europe et la fragmentation du marché unique, d’où l’importance de mettre en place des «bacs à sable réglementaires», qui encourageront les entreprises à rester en Europe et, on peut l’espérer, contribueront à créer des champions européens sur le long terme. |
| 4.5. | Veiller à ce que les marchés publics soient plus accessibles et favorables aux PME permettrait de prévenir la criminalité transfrontière et les abus de marché. Encourager les PME à s’investir plus activement dans la solidarité et des secteurs stratégiques et essentiels, tels que les biens et les services de santé et de sécurité, l’espace et la défense, est un moyen efficace de mieux les intégrer dans les chaînes de valeur et serait assurément le bienvenu dans le cadre d’un système commercial ouvert luttant contre la montée du protectionnisme. En outre, l’épidémie de COVID-19 a montré combien il est important de disposer de chaînes d’approvisionnement diversifiées mais aussi de les avoir sur place ou à proximité, et il est essentiel d’aider les PME à trouver leur place dans ce processus. La crise a également fourni de nombreux exemples soulignant combien le marché unique demeure fragile; un plan d’action est nécessaire pour garantir le bon fonctionnement de tous les secteurs, lequel est essentiel pour les PME, ainsi que pour encourager celles-ci à se développer sur les marchés extérieurs. |
| 4.6. | La Commission européenne doit être plus ambitieuse dans ses efforts en faveur de l’ouverture des marchés publics aux PME, en s’efforçant, en coopération avec les prestataires de services publics, d’accroître la transparence de la passation des marchés publics et de garantir la conformité des contrats publics avec les règles du marché unique de l’UE. À cet égard, le CESE suggère notamment les mesures suivantes:
|
| 4.7. | De même, l’UE doit poursuivre ses efforts en faveur d’une plus grande transparence et d’une coopération plus étroite avec l’industrie européenne dans son ensemble lors des enquêtes dans le cadre des instruments de défense commerciale, et elle doit continuer à faciliter l’accès des PME à ces instruments. |
| 4.8. | Le CESE est préoccupé par les difficultés rencontrées par le secteur du commerce de détail, surtout pendant le confinement mis en place durant la crise de la COVID-19, et demande des mesures de soutien et de promotion spécifiques. |
| 4.9. | Le portail numérique unique, lié aux guichets uniques dans les différents États membres, fournira des informations et une assistance aux PME, tandis que les organisations nationales et régionales de PME les aideront à trouver et à reconnaître les solutions les plus appropriées. |
| 4.10. | Il est extrêmement important de faciliter la transmission des entreprises, car cela incitera davantage une génération entière à maintenir les entreprises familiales opérationnelles et facilitera les transferts de propriété dans les cas où le(s) propriétaire(s) ne dispose(nt) pas des compétences, des ressources et des idées nécessaires pour continuer à gérer l’entreprise. Le rachat des entreprises par les travailleurs via la création d’une coopérative et d’autres formes d’actionnariat des salariés peut également être envisagé dans de tels cas. Il est également extrêmement important d’identifier les deux types différents de transmission d’entreprise afin de comprendre comment la législation spécifique affecte chacun d’eux. Il convient d’établir une distinction entre les «transmissions d’entreprise au sein de la famille» et les «transmissions d’entreprise externes», avec pour chaque type une définition distincte. Le cadre législatif doit être plus souple pour qu’il soit plus facile d’acquérir une entreprise existante dans les cas où des risques importants, des coûts considérables et des procédures complexes sont en jeu. Il convient d’accorder une attention particulière aux transmissions de PME par-delà les frontières pour relever le défi des coûts élevés liés à ces transactions et des différences substantielles entre les réglementations en vigueur dans les États membres. Au-delà de la question des transferts, le CESE recommande la création d’une entreprise européenne 2.0 pour les PME, sous la forme d’une société privée européenne remodelée [(Societas Privata Europaea (SPE)], afin de faciliter l’expansion transfrontalière et la croissance des PME. |
| 4.11. | Afin de permettre aux PME de tirer pleinement parti des accords commerciaux, le CESE demande que la présence de chapitres consacrés aux PME devienne l’approche habituelle dans le cadre des futures négociations commerciales bilatérales de l’UE avec les pays tiers et que des comités pour les PME soient mis en place afin de lancer des initiatives visant à diffuser auprès des PME des informations sur les accords de libre-échange (ALE) et sur les normes techniques et à surveiller l’utilisation qu’elles font de ces accords, tant dans l’UE que dans l’autre ou les autres États parties à l’accord. Il convient d’améliorer le réseau «Enterprise Europe Network» (EEN) en tant qu’outil de soutien à l’internationalisation des PME, ainsi que la coopération et les synergies avec les prestataires de services nationaux et les fédérations sectorielles et nationales de PME. |
| 4.12. | La Commission européenne devrait continuer à explorer l’option d’un droit européen des sociétés conçu pour les PME, en s’inspirant des travaux réalisés dans le cadre de la proposition relative à la société privée européenne. Dans sa stratégie en faveur des PME, la Commission européenne prévoit d’évaluer la nécessité d’adopter des mesures supplémentaires en matière de droit des sociétés afin de faciliter l’expansion transfrontalière et la croissance des PME. Une proposition spécifique visant à atteindre ces objectifs est la création d’une forme juridique européenne de société conçue pour les PME, comme indiqué ci-dessus. Étant donné qu’en raison des différences linguistiques, administratives et juridiques existant entre les États membres qui entravent la création de filiales à l’étranger, seulement 2 % des PME européennes investissent à l’étranger en y créant des succursales, il convient de se pencher sur la nécessité de mettre en place un mécanisme juridique permettant aux entreprises de mieux gérer leur expansion au sein de l’UE. |
| 4.13. | Compte tenu du fait que la promotion des échanges commerciaux relève essentiellement de la compétence des gouvernements nationaux, la réussite de la mise en œuvre des ALE repose, en définitive, sur la capacité et la volonté de chaque État membre de promouvoir un accord commercial donné de l’UE au sein de sa communauté d’entreprises nationale. Le CESE invite les 27 États membres et la Commission européenne à s’engager, sur une base volontaire et dans le respect de leurs compétences respectives, à mettre en œuvre des mesures et des activités spécifiques dans chaque pays, en s’appuyant sur des plans d’action européens pour la mise en œuvre qui viendraient compléter, au niveau intra-européen, les feuilles de route «externes» pour la mise en œuvre adoptées parallèlement aux ALE de l’UE. Ces plans d’action devraient en outre contribuer à un suivi efficace de la transposition effective des engagements négociés dans le cadre des ALE dans chaque pays tiers, tout en permettant le suivi et l’évaluation comparative des mesures spécifiques prises par les gouvernements et les milieux d’affaires aux niveaux national et régional. |
5. Pilier 3
| 5.1. | Le CESE réitère sa proposition visant à encourager les États membres à créer et à développer un réseau de «médiateurs financiers» coordonné par l’UE. Avec le soutien de la task-force sur les liquidités des PME proposée, ce réseau devrait utiliser des méthodes appropriées pour suivre la mise en œuvre des nouvelles mesures de la Commission européenne axées sur la liquidité à court terme des micro-PME qui ont été proposées au niveau de l’UE et des États membres. En plus d’aider les PME à accéder quotidiennement aux financements, le réseau pourrait également assister la Commission dans la collecte et l’analyse des données qualitatives afin de connaître la manière dont les instruments financiers sont utilisés par les banques intermédiaires pour atteindre les PME qui ont le plus besoin de ressources financières ainsi que les raisons pour lesquelles les crédits ne leur sont pas accordés, conformément aux principes du retour d’information des banques. Le réseau devrait également régler des différends plus généraux entre les PME, d’une part, et les banques, les autres prestataires de services financiers et les fournisseurs de liquidité, d’autre part. |
| 5.2. | Le CESE est satisfait des efforts déployés en faveur de la diversification des sources de financement pour les PME, qui prennent la forme de la promotion du financement sur fonds propres et du recours aux marchés de croissance des PME, et de la recherche d’autres possibilités d’entrée en bourse pour celles-ci. Le CESE demande à la Commission européenne, avec la contribution active des organisations de PME, d’envisager la mise en place de mesures spécifiques en vue de sensibiliser les cadres d’entreprise aux avantages et aux opportunités qu’offrent les différentes possibilités de financement et de les aider à choisir celle qui correspond le mieux à leurs besoins, ainsi que de promouvoir de nouvelles solutions sur mesures proposées par les experts. |
| 5.3. | Conformément aux positions adoptées précédemment en vue d’encourager et de stimuler l’entrepreneuriat féminin, le CESE se félicite particulièrement et vivement de la proposition de la Commission de lancer une initiative de financement intégrant la dimension hommes-femmes afin de promouvoir le financement des entreprises et des fonds dirigés par des femmes et de renforcer l’entrepreneuriat féminin. En effet, la présence accrue et plus forte des femmes, y compris dans l’environnement entrepreneurial, est une nécessité absolue pour construire l’Europe de demain. |
| 5.4. | Le CESE salue l’établissement d’un fonds public-privé spécialisé dans les introductions en bourse de PME et soutient pleinement la création d’instruments supplémentaires de financement de fonds propres, de quasi-fonds propres, de capital-risque et de partage des risques pour les PME. Le CESE est d’avis que leur promotion et la garantie de leur accessibilité revêtent une importance particulière pour les petites entreprises de taille intermédiaire innovantes. |
| 5.5. | Bien que le CESE reconnaisse que l’entrée en bourse des PME offre des possibilités aux entreprises, il note également que cela n’est une solution pour toutes les entreprises en raison de la nature de la charge administrative et des coûts y afférents. L’utilisation des actions sans droit de vote pourrait constituer un bon moyen d’encourager les PME, en particulier les entreprises familiales, à accéder aux capitaux sans perdre le contrôle de leurs activités. Traiter le financement sur fonds propres au même titre que le financement par l’emprunt constitue un autre défi. |
| 5.6. | Alors que le prochain budget de l’UE mettra logiquement l’accent sur la mobilisation de fonds pour les investissements, il ne faut pas sous-estimer la valeur du financement d’activités paneuropéennes de renforcement des capacités des PME et d’actions conjointes; elle revêt en effet une importance particulière dans la situation actuelle. Le budget de l’UE est particulièrement important pour les mesures de développement des compétences, l’internationalisation, la promotion de l’économie circulaire, l’entrepreneuriat, le soutien aux entreprises en difficulté et l’accès aux services publics. De telles initiatives pouvant générer un retour sur investissement colossal pour les contribuables européens et les PME qui en bénéficient directement, elles devraient également être dûment prises en compte dans le cadre financier pluriannuel (CFP) révisé. |
| 5.7. | Concernant l’utilisation des crypto-actifs et des jetons numériques par les PME, le CESE invite la Commission européenne, en coopération avec les organisations représentatives des PME, à assurer un suivi étroit de leur utilisation, étant donné que les crypto-actifs possèdent des caractéristiques uniques qui diffèrent de celles des actifs financiers traditionnels et posent dès lors de nouveaux défis pour les entreprises (y compris les PME), en particulier en ce qui concerne la sécurité et les contrôles internes. Les PME devraient donc, d’une part, comprendre les risques et les avantages liés aux crypto-actifs et, d’autre part, concevoir un environnement de contrôle efficace qui puisse garantir la sécurité. En outre, les crypto-actifs étant très peu réglementés, les PME peuvent faire l’objet d’enquêtes en matière de fraude si leurs investisseurs introduisent des plaintes à leur encontre. |
6. Mise en œuvre et engagement des États membres
| 6.1. | Le soutien et l’engagement sans faille des États membres sont un facteur clé de la mise en œuvre réussie et rapide des mesures de la stratégie. Le CESE estime que l’application pleine et entière du principe de partenariat, dans le cadre d’une collaboration étroite avec les ambassadeurs pour l’entrepreneuriat stratégique — dont les travaux devraient apporter une valeur ajoutée — en vue de mettre en œuvre ces mesures produira des résultats concrets. Le CESE souligne une nouvelle fois qu’il est également important d’associer étroitement à ce processus les organisations représentatives des PME aux niveaux européen, national et régional, dans la mesure où elles assurent la liaison directe avec les milieux d’affaires. |
| 6.2. | Le CESE comprend les raisons pour lesquelles la Commission n’a pas modifié la définition d’une PME, bien que les avis divergent quant à la mesure dans laquelle celle-ci est adaptée à sa finalité, et se félicite de l’engagement à évaluer les questions spécifiques soulevées dans le cadre du processus de consultation et à en rendre compte. Dans le même temps, dans le droit fil de ses avis antérieurs, le CESE demande à la Commission européenne d’aider les États membres à faire preuve de souplesse lors du choix de la méthode de mise en œuvre. |
7. Les PME déploient leurs activités et prospèrent en période de pandémie de COVID-19
| 7.1. | Les répercussions tragiques et toujours plus graves de la crise de la COVID-19 sur les systèmes économiques ont durement touché les PME, en particulier les microentreprises. Cet impact négatif considérable menace fondamentalement le rôle systémique des PME dans l’économie et a démontré l’importance d’associer pleinement et systématiquement les partenaires sociaux et les organisations de la société civile concernées à toutes les étapes de la prise de décision et à l’établissement du réseau de connaissances et de formation rescEU dans le cadre de l’actuel mécanisme de protection civile de l’Union, comme l’a déjà proposé le CESE. |
| 7.2. | Le CESE est ouvert à l’examen de la nouvelle approche proposée par la Commission européenne visant à favoriser le soutien aux écosystèmes plutôt qu’aux entreprises en fonction de leur taille. Le Comité observe qu’à l’heure actuelle, la Commission européenne reconnaît 14 écosystèmes et tient à souligner la nécessité d’assurer une communication et une gouvernance efficaces, afin que les voix de toutes les parties prenantes au sein de ces écosystèmes soient entendues et que la participation active des organisations représentatives des PME aux niveaux européen, national et régional soit assurée. |
| 7.3. | Les mesures d’urgence prioritaires à court terme, qui sont essentielles pour les PME, en particulier les microentreprises, devraient viser à fournir des liquidités de manière transparente et en temps utile, avec un taux d’intérêt équitable, en utilisant des intermédiaires financiers et sans créer d’obstacles injustifiés et de charges bancaires administratives déraisonnables. Dans le même temps, les PME arrivant à la conclusion que leur modèle d’entreprise est devenu obsolète méritent de bénéficier de l’aide nécessaire pour procéder à la liquidation de la société de manière ordonnée et créer une nouvelle entreprise. |
| 7.4. | Des mesures de soutien à l’échelon européen doivent pouvoir bénéficier de manière effective aux PME aussi rapidement que possible et leur mise en œuvre doit être évaluée et contrôlée étroitement au niveau de l’UE et des États membres, sur la base d’un mécanisme commun de retour d’information approprié, dans le cadre duquel les organisations de PME, les intermédiaires financiers et le secteur bancaire et celui des garanties de crédit peuvent partager leurs données. L’objectif est d’éviter que des retards injustifiés soient imposés et que des décisions arbitraires soient prises en réponse aux besoins urgents de liquidité du secteur de l’artisanat et des PME qui pourraient découler de différences existant dans la mise en œuvre de ces mesures par les systèmes de crédit nationaux et les intermédiaires financiers. |
| 7.5. | Il est essentiel d’élaborer et de rendre pleinement opérationnel un système européen de réaction rapide et harmonisée aux problèmes de liquidité, axé sur les microentreprises et les petites entreprises. Le CESE suggère que la Commission européenne mette en place à l’échelon de l’UE une task-force permanente composée d’experts de haut niveau chargée d’étudier la question de la liquidité des microentreprises et des petites entreprises, dont l’objectif serait de faciliter les flux de liquidités des PME sur la base d’analyses de données indépendantes, fournies périodiquement, et de mieux comprendre comment surmonter les obstacles existants à la liquidité des PME. Les données et pratiques économiques et financières pourraient être évaluées périodiquement par l’Observatoire indépendant des PME. |
| 7.6. | Le CESE demande à la Commission européenne d’envisager de modifier l’annexe III de la directive TVA afin de permettre aux États membres de réduire temporairement les taux de TVA pour certains des secteurs les plus durement touchés, tels que le tourisme et le secteur connexe de l’hôtellerie et de la restauration (HORECA), les travailleurs indépendants, le secteur de l’artisanat, etc. Le CESE soutient ces actions à condition qu’elles ne créent pas de concurrence déloyale, ce qui, de l’avis du Comité, ne devrait pas être le cas, étant donné le caractère temporaire de la mesure. |
| 7.7. | Des mesures d’aide spéciales sont nécessaires pour aider les travailleurs à retrouver un emploi, en particulier ceux qui travaillent pour les PME. Ces mesures comprennent une «carte jaune», une aide permettant aux petits travaux publics locaux de commencer immédiatement, des informations et des conseils aux personnes quant à la manière de se comporter et de se conformer aux mesures d’hygiène, de santé et de sécurité afin de réduire encore le risque de contamination par la COVID-19, et une évaluation du risque de COVID-19 qui devra être mise en œuvre par les organismes nationaux et externes de sécurité et de santé au travail afin de s’assurer que ces mesures soient correctement mises en œuvre et de réduire les charges et les coûts y afférents. Il est indispensable de fournir les équipements de protection individuelle nécessaires pour permettre aux travailleurs de reprendre le travail, et de renforcer les capacités de production des PME qui les produisent en réalisant des investissements directs, en leur fournissant une assistance technique et en adoptant des normes harmonisées pertinentes. Les organisations de PME ont un rôle de soutien essentiel à jouer concernant l’échange de protocoles et de bonnes pratiques entre leurs membres afin de faciliter la relance et d’accélérer le retour au travail. |
| 7.8. | Une autre demande émanant des partenaires sociaux européens a été satisfaite dans le cadre de la récente modification de l’encadrement temporaire des mesures d’aide d’État concernant les PME. Bien que celle-ci ait tenu compte des avantages particuliers accordés aux entreprises pendant la crise de la COVID-19, comme les reports d’impôts et les prêts, elle n’a pas modifié la règle «de minimis» générale. Les régions éloignées et rurales et les îles bénéficient traditionnellement de subventions en matière de transport qui peuvent facilement représenter la majeure partie du montant «de minimis». Au lendemain de la crise de la COVID-19, ces régions ne seront que peu, voire pas du tout visitées par les touristes et devront profiter du rétablissement des échanges de marchandises pour se redresser. |
| 7.9. | Une reprise effective nécessitera des investissements publics et privés considérables pour financer la double transition et permettre à la fois aux entreprises existantes de rester compétitives et à des entreprises nouvelles de se lancer. Toutefois, les PME rencontrent des difficultés lorsqu’il s’agit de s’adapter aux changements et aux réglementations complexes dans le cadre de la transition. Pour rendre ces investissements extraordinaires possibles, l’UE devra élargir ses instruments de financement existants (notamment le CFP, InvestEU, les Fonds structurels et de cohésion, Horizon Europe et le programme pour une Europe numérique, de même que le soutien financier du Groupe BEI et le déploiement du MES), garantir leur flexibilité à long terme et mettre en place un fonds pour la relance permanent afin d’aider les États membres à relever les défis à venir. Pour aider les PME confrontées à des difficultés financières dans l’ensemble de l’Europe, il relève de la plus haute importance que les États membres mettent pleinement en œuvre la directive sur l’insolvabilité en ce qui concerne les cadres de restructuration préventive et fournissent un soutien professionnel aux PME afin que celles-ci puissent mener à bien un redressement de leur situation ou bénéficier d’une seconde chance. |
| 7.10. | Le CESE demande que soit mis en place un programme de l’UE permettant un renforcement des capacités des organisations de PME et leur fournissant l’aide nécessaire en vue d’actions conjointes, pour qu’elles puissent servir de guichet unique pour l’information et l’assistance technique, ce qui sera nécessaire et urgent après la phase de sortie de crise. Il est tout aussi important que l’UE finance des bases de données d’analyses du cycle de vie de groupes de produits, accessibles gratuitement et multilingues, afin de permettre aux PME, qui ne sont pas en mesure de générer directement ces données, de produire de manière plus écologique. |
| 7.11. | Même avant la crise, les organisations de PME étaient associées à l’élaboration et à la fourniture de divers services destinés à aider les PME en difficulté financière, dont l’initiative «Early Warning Europe». La nécessité de ce type de soutien se fera encore plus sentir dans les mois et les années à venir. La mise en œuvre des outils d’alerte précoce définis dans la directive sur l’insolvabilité doit être renforcée pour garantir l’accès à une aide efficace aux entreprises en difficulté. |
Bruxelles, le 18 septembre 2020.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
Avis institutionnel — 52020AB0037
28/12/2020
Avis institutionnel — 52020AB0036
22/12/2020
Exposé des motifs du Conseil: position (UE) no 17/2020 du Conseil en première lecture en vue de l’adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 en ce qui concerne la coopération avec le Parquet européen et l’efficacité des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude
22/12/2020
Avis institutionnel — 52020AB0034
18/12/2020