LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52020AE2948
Avis institutionnel52020AE2948

Avis du Comité économique et social européen sur la proposition modifiée de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au Fonds social européen plus (FSE+) [COM(2020) 447 — 2018-0206-COD]

CELEX52020AE2948
TypeAvis institutionnel
Datevendredi 18 septembre 2020

Résumé IA

Le Comité économique et social européen (CESE) émet un avis sur la proposition modifiée de règlement établissant le FSE+ pour la période 2021-2027. Il soutient l'objectif de renforcer la dimension sociale de l'UE, notamment via l'inclusion sociale, la lutte contre la pauvreté et le soutien à l'emploi des jeunes, tout en appelant à une simplification des règles et à une meilleure articulation avec les autres fonds européens. Pour un professionnel du droit français, cet avis éclaire les orientations politiques et les points de vigilance sur la future gestion déconcentrée de ce fonds structurel, notamment en matière de conditionnalités et de partenariat avec les acteurs locaux.

Texte intégral

11.12.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 429/245


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition modifiée de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au Fonds social européen plus (FSE+)

[COM(2020) 447 — 2018-0206-COD]

(2020/C 429/31)

Rapporteur général:

Krzysztof BALON

Corapporteur général:

Carlos Manuel TRINDADE

Consultation

Parlement européen, 17.6.2020

Conseil, 9.6.2020

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Décision du bureau

9.6.2020

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en session plénière

18.9.2020

Session plénière no

554

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

215/0/6

1. Conclusions et recommandations

1.1.

La pandémie de COVID-19 a provoqué un choc violent et sans précédent pour l’économie, le marché du travail et les systèmes de santé et de protection sociale de l’Union européenne. Cette pandémie pose de multiples et de gigantesques défis sociaux, tels que l’aggravation des inégalités et l’augmentation rapide de la pauvreté du fait des pertes d’emplois, ainsi qu’une augmentation prévisible de l’exclusion de groupes vulnérables de la société et du marché du travail. Une Europe qui souhaite rester compétitive dans l’économie mondiale et protéger, respecter et mettre en œuvre les principes du socle européen des droits sociaux doit harmoniser correctement ses politiques économiques et sociales, en particulier en période de crise. Pour relever ces défis, l’Union devrait prendre des mesures appropriées, concernant notamment le cadre financier pluriannuel (CFP) — y compris le Fonds social européen plus (FSE+).

1.2.

Au cours de la phase de reprise, il importe d’assurer la cohérence dans le recours aux différents Fonds européens de manière à éviter la fragmentation des interventions à l’échelon national. Par conséquent, le CESE est très favorable à ce que les opérations du FSE+ soient cofinancées au moyen de la facilité pour la reprise et la résilience. En outre, le recours au FSE+ pour financer des actions en faveur de la transformation verte et numérique devrait se concentrer sur le perfectionnement professionnel et la reconversion, en complément des autres ressources européennes relevant du CFP et de la facilité pour la reprise et la résilience.

1.3.

Le règlement relatif au FSE+ n’est pas doté d’un budget suffisant pour répondre aux besoins de la politique de cohésion sociale. Le CESE s’oppose dès lors fermement à la réduction de l’enveloppe financière globale du FSE+ pour la période 2021-2027. Il s’impose de supprimer l’instrument du transfert obligatoire de ressources du FSE+ et/ou du FEDER vers le Fonds pour une transition juste. Les taux de cofinancement du CFP actuel doivent être maintenus.

1.4.

Le CESE réitère la demande formulée dans son avis précédent sur le sujet, à savoir affecter au FSE+ 30 % de l’ensemble des ressources allouées à la politique de cohésion économique, sociale et territoriale, et consacrer 30 % des ressources existantes au titre du FSE+ aux mesures d’inclusion sociale. Étant donné que la proposition modifiée prévoit que 5 % des ressources servent à lutter contre la pauvreté des enfants, cette demande constitue le minimum indispensable. Dans le même temps, le CESE est favorable à l’augmentation à 15 % de l’enveloppe minimale pour l’inclusion des jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (NEET); il conviendrait d’allouer un financement spécifique pour tenir compte de la plus grande proportion de femmes parmi ces jeunes dans certaines régions de l’UE.

1.5.

Eu égard au rôle joué par le FSE+ dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, le CESE demande instamment à la Commission européenne et aux États membres d’envisager un suivi plus approprié de la situation sociale dans le cadre du Semestre européen en y incluant une liste d’indicateurs définis d’un commun accord, susceptibles de fournir des informations fiables et correctes sur l’évolution de la situation sociale dans l’UE. Le CESE élaborera très prochainement sa propre proposition d’une telle liste.

1.6.

Prenant acte du rôle important de l’économie sociale, et notamment des prestataires de services sociaux, pour la dimension sociale de l’UE et de son rôle essentiel en temps de crise et de relance, le CESE réitère la demande formulée dans son avis précédent (1), à savoir, veiller à ce que l’aide aux mesures en faveur de l’économie sociale, y compris les organisations à but non lucratif fournissant un soutien et des services aux populations, devienne un objectif spécifique à part entière au titre du FSE+.

1.7.

Si le FSE+ est utilisé pour cofinancer des services sociaux d’intérêt général, le règlement devrait préciser que ces services doivent répondre à trois critères: être accessibles à tous, de qualité élevée et abordables. En ce qui concerne la suppression du volet «Santé» du FSE+, il y a lieu de mieux définir le groupe cible des ressources destinées à soutenir les soins de santé — mais aussi les soins de longue durée pour les personnes vulnérables. En outre, les familles et les aidants informels doivent figurer explicitement parmi les groupes cibles du FSE+ de sorte qu’ils soient pleinement soutenus pour pouvoir faire face aux chocs futurs.

1.8.

Pour promouvoir la solidarité européenne, fortement ébranlée par la crise actuelle, une augmentation substantielle de l’enveloppe destinée aux projets, réseaux ou éléments transnationaux ou transfrontaliers est nécessaire.

1.9.

Même si le FSE+ prévoit un objectif spécifique visant à l’intégration de ressortissants de pays tiers, le CESE recommande l’introduction d’un considérant précisant que les règlements de l’UE ne limitent en aucun cas l’accès des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants issus de pays tiers à des mesures actives ou à l’aide sociale lorsqu’ils font valoir de telles mesures. Le CESE invite également les États membres à s’abstenir d’imposer des restrictions qui aggravent l’exclusion sociale des migrants. Ceci vaut également pour d’autres groupes vulnérables tels que les minorités ethniques.

1.10.

En outre, il est plus important que jamais de mettre pleinement en œuvre le principe de partenariat, en associant les partenaires sociaux et d’autres organisations de la société civile. Une condition préalable essentielle à cette fin est le financement adéquat du renforcement des capacités des partenaires sociaux et des autres organisations de la société civile, en particulier leurs réseaux et fédérations.

2. Introduction

2.1.

Le 30 mai 2018, la Commission européenne a adopté sa proposition de règlement sur le FSE+ (2), reflétant les nouveaux défis auxquels se heurte l’Union — l’insuffisance des niveaux de compétence, les faibles résultats de la politique active du marché du travail et des systèmes d’enseignement, les problèmes découlant des nouvelles technologies et des nouvelles formes de travail, la faible mobilité de la main-d’œuvre et l’exclusion sociale. Le 17 octobre 2018, le CESE a adopté un avis sur cette proposition, dont le contenu essentiel reste valable (3). En réaction aux conséquences sociales et économiques de la pandémie de COVID-19, la Commission européenne a adopté, le 28 mai 2020, une proposition modifiée de règlement relatif au FSE+ (4), qui fait l’objet du présent avis, rédigé à la demande de la Commission européenne (28 mai) et du Parlement européen (9 juin 2020).

2.2.

La pandémie de COVID-19 a provoqué un choc violent et sans précédent pour l’économie, le marché du travail et les systèmes de santé et de protection sociale de l’Union européenne. Les effets directs et indirects de la pandémie de COVID-19 ont, et continueront d’avoir, une incidence significative et néfaste sur tous les États membres, entraînant non seulement une baisse importante du PIB à court terme, mais aussi, notamment à moyen et long termes, des inégalités sociales croissantes et l’augmentation de la pauvreté et du chômage, y compris chez les jeunes. Le principal défi à relever est l’augmentation rapide de la pauvreté découlant, entre autres, des pertes d’emplois et de la «nouvelle» exclusion sociale et professionnelle des groupes vulnérables, notamment les personnes handicapées, les Roms et les migrants.

2.3.

Par ailleurs, l’Union éprouve des difficultés à gérer le défi de la longévité, comme l’a révélé de manière tragique le nombre de décès de personnes âgées provoqués par la COVID-19 dans les structures d’accueil de plusieurs États membres. Aux problèmes auxquels sont confrontées les personnes âgées s’ajoutent certaines faiblesses européennes en matière de solidarité intergénérationnelle, qui nécessitent des interventions fortes de la part de l’Union et des États membres.

2.4.

D’autres évolutions récentes et en cours, qui touchent en particulier les PME, toujours dans les mêmes secteurs et régions, ont aggravé les défis structurels découlant de la mondialisation de l’économie, de la gestion des flux migratoires et de la menace accrue pour la sécurité, de la transition vers une énergie propre, de l’évolution technologique, du vieillissement de la main-d’œuvre, ainsi que d’écarts croissants entre l’offre et la demande de compétences et de main d’œuvre. L’UE doit se préparer aux défis actuels et futurs en investissant dans les compétences pour appuyer les transitions écologique et numérique, en rendant la croissance plus inclusive en améliorant les politiques sociales et de l’emploi, tout en tenant compte de la durabilité économique et industrielle. Le CESE se félicite du soutien que prodigue le FSE+ aux mesures nécessaires pour réaliser ces objectifs, comme le décrit le nouveau considérant 14 de la proposition.

2.5.

Pour relever ces défis, l’Union devrait prendre des mesures appropriées, notamment en adaptant le CFP — y compris le FSE+ — aux nouvelles conditions-cadres.

2.6.

Même en temps de crise, toutes les parties prenantes aux niveaux européen, national et régional devraient respecter les règles de bonne gouvernance et l’état de droit lors de la planification, de la mise en œuvre et de l’évaluation des opérations du FSE+. La Commission européenne devrait veiller à ce que les demandes d’intervention du FSE+ présentées par les partenaires sociaux et les organisations de la société civile soient évaluées de manière équitable, sur la base de critères transparents. En outre, il est plus important que jamais de défendre et de mettre pleinement en œuvre le principe de partenariat, fondé sur le code de conduite, en associant les partenaires sociaux et d’autres organisations de la société civile. Une condition préalable essentielle à cette fin est le financement adéquat du renforcement des capacités des partenaires sociaux et des autres organisations de la société civile, y compris leurs réseaux et fédérations.

2.7.

Le CESE déplore vivement la décision de ne pas consulter les parties prenantes externes à propos de cette version modifiée du règlement. L’argument de l’urgence n’est pas suffisamment solide pour justifier le non-respect du principe fondamental de consultation des parties prenantes sur la modification d’une réglementation aussi importante. Toutefois, le CESE se félicite que des consultations soient menées avec les États membres et le Parlement européen, et espère que celles-ci aboutiront à des améliorations notables de certains aspects de la proposition.

3. Principaux éléments de la proposition modifiée de la Commission européenne

3.1.

Exigence de concentration thématique accrue pour l’emploi des jeunes étant donné les risques liés au taux extrêmement élevé de chômage des jeunes et à la proportion croissante de NEET (jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation): les États membres affichant un taux de NEET (tranche d’âge 15-29 ans) supérieur à la moyenne de l’UE devraient consacrer au moins 15 % (10 % dans la proposition initiale de la Commission) de leurs ressources FSE+ relevant de la gestion partagée à des actions ciblées et des réformes structurelles visant à aider les jeunes.

3.2.

Lutte contre la pauvreté des enfants: la Commission propose d’inclure un considérant et un article exigeant que les États membres consacrent au moins 5 % des ressources du FSE+ relevant de la gestion partagée à la lutte contre la pauvreté des enfants.

3.3.

Efforts destinés à encourager les transitions vertes et numériques conformément à la stratégie industrielle de l’UE (5): il est supposé que dans le «monde d’après» la pandémie de COVID-19, de nouveaux modèles apparaîtront dans les écosystèmes industriels européens, y compris de nouvelles chaînes de valeur locales, ce qui nécessitera de nouvelles compétences pour de nouveaux types d’emplois.

3.4.

Respect strict, par tous les États membres, du principe horizontal d’égalité entre les femmes et les hommes, étant donné que la pandémie de COVID-19 a eu un effet socio-économique disproportionné sur les femmes.

3.5.

Suppression du volet «Santé» du FSE+, tout en maintenant les dispositions visant à assurer des synergies et une complémentarité entre les actions du FSE+ et celles du nouveau programme de l’UE dans le domaine de la santé, compte tenu de la nécessité de coordonner étroitement les deux programmes: en lien avec la proposition de la Commission relative à la mise en place d’un programme de santé très renforcé et autonome (6).

3.6.

Veiller à ce que le cadre juridique de la politique de cohésion prévoie des mécanismes qui puissent être invoqués rapidement au cas où surviendraient des circonstances exceptionnelles durant la prochaine décennie: la Commission propose des mesures temporaires relatives à l’utilisation du FSE+ en cas de circonstances exceptionnelles et inhabituelles, portant sur des dérogations à certaines règles en vue de faciliter la réaction à de telles circonstances. Cela implique, par exemple, d’étendre le champ d’application du FSE+ afin d’y inclure des mesures de soutien aux régimes de chômage partiel à court terme qui ne sont pas combinés avec des mesures actives, de même que l’accès aux soins de santé, y compris pour les personnes qui ne sont pas en situation de vulnérabilité socio-économique immédiate, et de permettre, le cas échéant, d’assouplir les exigences en matière de concentration thématique.

4. Suggestions du CESE sur la proposition modifiée de règlement

4.1.

Une Europe qui souhaite rester compétitive dans l’économie mondiale et protéger, respecter et mettre en œuvre les principes du socle européen des droits sociaux — notamment des emplois ainsi qu’un enseignement et une formation de qualité, un accès large et équitable aux services sociaux et de santé, l’inclusion sociale et la participation active à la société des personnes handicapées et d’autres groupes vulnérables — doit harmoniser correctement ses politiques économiques et sociales, en particulier en période de crise.

4.2.

À cet égard, le financement de la dimension sociale de l’UE doit être correctement traité par le truchement de la facilité pour la reprise et la résilience et du budget de l’UE dans le cadre des perspectives financières 2021-2027, FSE+ compris. Par conséquent, le CESE est très favorable à ce que le FSE+ soit cofinancé au moyen de la facilité pour la reprise et la résilience.

4.3.

En outre, le recours au FSE+ pour financer des actions en faveur de la transformation verte et numérique devrait se concentrer sur le perfectionnement professionnel et la reconversion, en complément des autres ressources européennes relevant du CFP et de la facilité pour la reprise et la résilience. Au cours de la phase de reprise, il importe d’assurer la cohérence dans le recours aux différents fonds européens de manière à éviter la fragmentation des interventions à l’échelon national.

4.4.

Le CESE est fermement opposé à la réduction de l’enveloppe financière totale destinée au FSE+ pour la période 2021-2027, qui, alors qu’elle était établie précédemment à environ 101 milliards d’EUR (en prix courants), est actuellement fixée à quelque 97 milliards; la suppression du volet «Santé» (qui avait été doté d’environ 413 millions d’EUR) ne justifie pas cette baisse.

4.5.

Une réduction significative du FSE+ pourrait découler de l’article 21 bis du règlement portant dispositions communes, qui oblige les États membres à transférer entre 1,5 et 3 EUR du FSE+ et/ou du FEDER pour 1 EUR perçu du Fonds pour une transition juste (jusqu’à une limite de 20 % du Fonds concerné). Il convient par conséquent de supprimer cet instrument de transfert obligatoire.

4.6.

Les réductions proposées des taux de cofinancement de l’Union européenne sont inacceptables et créent des difficultés auxquelles les structures de financement existantes peinent à faire face. Les États membres se déchargent d’une part importante du cofinancement sur les promoteurs de projet. Au lieu de susciter un supplément de financements nationaux, la réduction des taux de cofinancement par l’Union met en difficulté sur le plan financier les organisations qui mettent en œuvre les projets. Les taux de cofinancement de la période financière actuelle doivent donc être maintenus.

4.7.

Étant donné que le FSE+ est le principal outil financier pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, le CESE avait demandé — également dans son précédent avis (7) — qu’il lui soit réservé une enveloppe de 30 % du total des ressources allouées aux politiques de cohésion économique, sociale et territoriale, et qu’en outre, au sein du FSE+, 30 % des ressources soient consacrées aux mesures d’inclusion sociale.

4.8.

De plus, le CESE estime que l’ampleur des défis économiques et sociaux qui se poseront dans le contexte de la crise sociale post-coronavirus nécessite de garantir une utilisation équilibrée du FSE+ dans l’ensemble de l’Europe. Par conséquent, le CESE réaffirme son désaccord avec la suppression de la part minimale (actuellement fixée à 23,1 %) des financements au titre de la politique de cohésion. L’aide supplémentaire à l’intention des régions ultrapériphériques et des zones à faible densité de population, tout comme l’aide à la mobilité de la main d’œuvre, constitue l’un des objectifs du FSE+ tout en entretenant des liens connexes étroits également avec la politique de cohésion.

4.9.

Étant donné que la proposition modifiée prévoit que 25 % des ressources soient utilisées pour l’inclusion sociale et que 5 % servent à lutter contre la pauvreté des enfants, la demande relative à l’affectation de 30 % des ressources à l’inclusion sociale constitue le minimum indispensable. En outre, en fonction de la situation réelle sur un territoire donné, il devrait être possible de consacrer plus de 5 % des fonds à la lutte contre la pauvreté des enfants (dans le cadre des 30 % destinés à l’inclusion sociale). À cet égard, il convient de mettre en œuvre des mesures de lutte contre la pauvreté des enfants conformément à la recommandation (UE) 2013/112/UE de la Commission du 20 février 2013 intitulée «Investir dans l’enfance pour briser le cercle vicieux de l’inégalité» (8), en prenant également en compte l’«Étude de faisabilité d’une garantie pour l’enfance» (rapport final) (9).

4.10.

Le CESE est favorable à l’augmentation de l’enveloppe minimale pour l’inclusion des NEET à 15 %. Il approuve l’action de la Commission visant à favoriser des mesures ciblées afin d’accroître la participation des jeunes au marché du travail, y compris de ceux issus de la migration. Ces mesures devraient viser à soutenir l’aptitude à l’emploi des jeunes disposant des compétences adéquates, permettant une couverture par la protection sociale et la négociation collective. À cet égard, le Comité attire l’attention sur les taux de NEET nettement supérieurs pour les femmes dans certaines régions de l’Union, ce qui devrait se traduire par des taux de financement plus élevés spécifiquement en faveur des femmes, soutenant des mesures novatrices négociées à l’échelon de l’entreprise, visant à améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

4.11.

Le CESE est favorable à la concentration thématique, car celle-ci garantit l’application, par les États membres, des priorités politiques de l’UE. Néanmoins, le CESE recommande d’assortir la concentration thématique d’un certain degré de souplesse et d’autonomie pour les États membres s’agissant de l’ajustement des fonds de programmation, de manière à éviter toute charge administrative pour les gestionnaires des programmes. Si cela devait toutefois aboutir à une réduction des exigences en matière de concentration thématique pour l’inclusion sociale, le CESE demande des mesures d’accompagnement, qui prévoiraient par exemple des taux de cofinancement pouvant aller jusqu’à 100 % pour des actions liées à ces objectifs spécifiques.

4.12.

Étant donné que le FSE+ est axé sur la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, le règlement devrait tenir compte des plans européens et nationaux de mise en œuvre du socle – en tant que principaux documents d’orientation sur lesquels il conviendrait d’aligner les accords de partenariat et les programmes opérationnels –, et ces plans devraient faire l’objet d’un suivi dans le cadre du Semestre européen. Le CESE demande dès lors instamment à la Commission européenne et aux États membres d’envisager un suivi plus approprié de la situation sociale dans le cadre du Semestre européen en y incluant une liste d’indicateurs définis d’un commun accord, susceptibles de fournir des informations fiables et correctes sur l’évolution de la situation sociale dans l’UE. Le CESE a déjà fait connaître son avis sur cette question (10) et réclamé de nouveaux indicateurs sociaux afin de suivre, dans le cadre de la procédure du Semestre européen, la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et des recommandations sociales par pays et il élaborera très prochainement sa propre proposition d’une telle liste. À cette fin, la Commission européenne devrait élaborer des règles et des procédures pour vérifier la corrélation entre, d’une part, les projets de documents nationaux de programmation du FSE+ pour la période 2021-2027 et, d’autre part, les principes du socle européen des droits sociaux (le cadre politique pour le marché du travail, l’éducation et la formation étant principalement défini aux chapitres I et II, tandis que le cadre de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale devrait relever du chapitre III).

4.13.

Le FSE+ n’aborde pas comme il se doit les questions inhérentes à la période de transition que nous vivons actuellement, comme la nécessité d’envisager d’adopter des stratégies en recourant au dialogue social et dans le cadre de la négociation collective en vue d’une réduction du temps de travail sans perte de salaire, d’une meilleure conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, de la promotion du travail à temps partiel volontaire, de nouvelles formes d’emploi, en particulier dans les économies des seniors, circulaire et sociale, et, plus généralement, d’une redistribution du travail qui permette à chacun de travailler tout en menant une vie saine et qui ait du sens. Le FSE+ devrait aider les partenaires sociaux et les autres organisations de la société civile s’agissant de développer ces stratégies, ainsi que de diffuser les bonnes pratiques, tout en favorisant les actions visant à ce que les États membres mettent celles-ci en œuvre. Un autre domaine dans lequel le FSE+ pourrait être proactif et novateur est le soutien au travail d’utilité collective.

4.14.

Si le FSE+ est utilisé pour cofinancer des services sociaux d’intérêt général, le règlement devrait préciser que ces services doivent répondre aux principes de solidarité et de transparence, ainsi qu’aux critères d’être accessibles à tous, de qualité élevée et abordables, selon les normes définies dans le cadre volontaire européen pour la qualité des services sociaux (11).

4.15.

En ce qui concerne la suppression du volet «Santé» du FSE+, il y a lieu de mieux définir le groupe cible des ressources destinées à soutenir l’accès des personnes vulnérables aux soins de santé, en spécifiant que cela concerne plus particulièrement les sans-abri, les immigrants irréguliers et d’autres personnes sans assurance maladie, ainsi que les personnes handicapées et les personnes âgées vulnérables. En outre, il est nécessaire de préciser que le champ d’application du FSE+ englobe également les soins de longue durée pour les groupes vulnérables, étant donné qu’après la pandémie, plusieurs États membres seront probablement confrontés à la nécessité de repenser, de réorganiser et/ou de développer leurs services de soins de longue durée.

4.16.

Les aidants familiaux (pour la plupart des femmes) fournissent déjà 80 % des soins de longue durée en Europe, et en raison de l’épidémie de COVID-19, ils se sont retrouvés, du jour au lendemain, seuls à s’occuper de leurs proches. Il leur est devenu totalement impossible de concilier vie professionnelle et vie familiale, et ils ont dû se charger des soins et de la rééducation sans un seul moment de répit tout au long du confinement, sans aucune formation pour bon nombre d’entre eux. Les familles et les aidants informels doivent dès lors figurer explicitement parmi les groupes cibles du FSE+.

4.17.

Prenant acte du rôle important de l’économie sociale, et notamment des prestataires de services sociaux, pour la dimension sociale de l’UE et de son rôle essentiel en temps de crise et de relance, le CESE demande une nouvelle fois que l’aide aux mesures en faveur de l’économie sociale devienne un objectif spécifique à part entière au titre du FSE+. L’économie sociale crée des emplois de qualité et favorise l’inclusion sociale, notamment en fournissant des services sociaux, de santé et éducatifs d’intérêt général, tout en contribuant au développement de la démocratie participative et de la société civile. En outre, le secteur de l’économie sociale et les organisations à but non lucratif qui fournissent de l’aide et des services aux populations ont fait preuve d’une grande résilience et ont contribué à atténuer les effets de la crise de la COVID. Cela devrait permettre de renforcer les acteurs sociaux exerçant des activités sans but lucratif et de stimuler l’investissement dans de nouveaux opérateurs, en vue d’assurer non seulement la croissance économique mais aussi le bien commun et le bien-être.

4.18.

La collecte à grande échelle de données, et notamment de données personnelles, a donné lieu à de graves problèmes dans la mise en œuvre des projets. Souvent, les participants à des projets du FSE ne sont pas retenus à des fins de financement s’ils ne présentent pas leurs données complètes. En dépit des efforts visant à simplifier le FSE, la Commission européenne n’a pas modifié sa proposition d’indicateurs dans les annexes I et II du règlement relatif au FSE+. Par conséquent, le CESE recommande de s’abstenir de collecter des données non pertinentes et d’adapter les indicateurs requis au programme concerné. Il s’impose de réduire plus avant le nombre d’indicateurs.

4.19.

Plusieurs pays ont introduit un certain nombre de restrictions en ce qui concerne l’accès des réfugiés, des demandeurs d’asile et d’autres migrants issus de pays tiers à des mesures actives ou à l’aide sociale. Par conséquent, même si le FSE+ prévoit un objectif spécifique visant à l’intégration de ressortissants de pays tiers, le CESE demande instamment à la Commission d’inclure un nouveau considérant précisant que les règlements de l’UE ne limitent en aucun cas l’accès de ces personnes à des mesures actives ou à l’aide sociale lors qu’elles bénéficient de telles mesures, même si les États membres peuvent limiter cet accès par des réglementations nationales. Le CESE invite également les États membres à s’abstenir d’imposer des restrictions qui aggravent l’exclusion sociale des migrants.

4.20.

Étant donné la nécessité de promouvoir la solidarité européenne, fortement ébranlée par la crise actuelle, le CESE réclame également une augmentation substantielle de l’enveloppe destinée aux projets, réseaux ou éléments transnationaux. Cette augmentation est indispensable pour mettre en place des réseaux de soutien mutuel entre les pays, mais aussi pour promouvoir un sentiment d’identité européenne parmi les citoyens des différents États membres et accroître la visibilité du soutien financier offert par l’UE à ses citoyens. Les exigences de cofinancement applicables à ces réseaux et projets transnationaux doivent être plus souples, compte tenu de l’incidence négative de la COVID-19 sur la coopération transnationale et la durabilité financière.

Bruxelles, le 18 septembre 2020.

Le président du Comité économique et social européen

Luca JAHIER


(1) JO C 62 du 15.2.2019, p. 165.

(2) COM(2018) 382 final.

(3) Voir la note 1 de bas de page.

(4) COM(2020) 447 final.

(5) COM(2020) 102 final.

(6) COM(2020) 405 final.

(7) Voir la note 1 de bas de page.

(8) JO L 59 du 2.3.2013, p. 5.

(9) https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1428&langId=fr.

(10) JO C 14 du 15.1.2020, p. 1.

(11) Comité de la protection sociale, document SPC/2010/10/8 final, https://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=6140&langId=en, disponible pour l’heure en anglais uniquement.


Documents similaires

Avis institutionnel52020AB0037

Avis institutionnel — 52020AB0037

28/12/2020

Avis institutionnel52020AB0036

Avis institutionnel — 52020AB0036

22/12/2020

Avis institutionnel52020AG0017(02)

Exposé des motifs du Conseil: position (UE) no 17/2020 du Conseil en première lecture en vue de l’adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 en ce qui concerne la coopération avec le Parquet européen et l’efficacité des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude

22/12/2020

Avis institutionnel52020AB0034

Avis institutionnel — 52020AB0034

18/12/2020

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →