| CELEX | 52020AE3092 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 29 octobre 2020 |
| 11.1.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 10/48 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions intitulée «Soutenir l’emploi des jeunes: un pont vers l’emploi pour la prochaine génération»
[COM(2020) 276 final]
et la proposition de recommandation du Conseil relative à «Un pont vers l’emploi — Renforcer la garantie pour la jeunesse» et remplaçant la recommandation du Conseil du 22 avril 2013 sur l’établissement d’une garantie pour la jeunesse
[COM(2020) 277 final — 2020/132(NLE)]
(2021/C 10/08)
| Rapporteure: | Tatjana BABRAUSKIENĖ |
| Corapporteur: | Michael McLOUGHLIN |
| Consultation | Commission européenne, 12.8.2020 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 9.9.2020 |
| Adoption en session plénière | 29.10.2020 |
| Session plénière no | 555 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 220/0/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE se félicite que la garantie renforcée pour la jeunesse offre aux États membres une série de mesures visant à lutter contre le chômage des jeunes, qui recouvre différents outils parmi lesquels figurent l’apprentissage, les stages, l’information et les offres d’emploi, et il demande de prendre d’autres mesures de manière à pérenniser cet instrument. Il regrette toutefois que ces mesures ne soient pas équilibrées et se concentrent principalement sur l’éducation et les compétences et moins sur les politiques actives du marché du travail. Au sortir de la crise due à la COVID-19, les jeunes de l’Union européenne, qui sont les plus touchés par le chômage, devraient avoir accès à des possibilités d’emploi de qualité. |
| 1.2. | Le Comité presse les États membres de prendre des mesures supplémentaires afin de réaffirmer les principes 1 et 4 du socle européen des droits sociaux de manière à encourager la coopération entre les secteurs et à de multiples niveaux afin de mettre en œuvre une approche globale et intégrée de l’aide aux jeunes qui rencontrent de nombreux obstacles pour s’intégrer dans l’éducation, la société et sur le marché du travail. |
| 1.3. | Le CESE demande de placer immédiatement les jeunes qui s’enregistrent au titre de la garantie pour la jeunesse. Il s’impose d’offrir rapidement dans un délai de quatre mois une solution de qualité, telle qu’un emploi ou la possibilité d’une formation de qualité. Cette démarche devrait également tenir compte des procédures parfois assez longues pour valider les apprentissages non formels et informels, qu’il est possible d’associer à la disponibilité de possibilités de formation pendant un certain laps de temps. |
| 1.4. | Le CESE fait valoir que l’aide aux jeunes doit s’enraciner dans la validation des apprentissages non formels et informels qui devrait idéalement mener à des qualifications qui déterminent précisément les niveaux atteints du cadre européen des certifications (CEC) ou du cadre national des certifications (CNC) et à un titre professionnel ou à une certification. Afin de réaliser l’objectif de quatre mois et de fournir une aide individuelle, les systèmes de validation et d’offre de formation devraient être plus souples et agiles. |
| 1.5. | Le Comité réclame une initiative de l’Union européenne afin de renforcer la prestation d’une orientation professionnelle et des conseils de qualité dès les premières étapes de l’éducation scolaire des jeunes, ainsi qu’afin de fournir davantage d’informations aux jeunes sur leur formation complémentaire et par conséquent sur leurs possibilités de carrière dans le contexte de la transition écologique et numérique du marché du travail. |
| 1.6. | Le CESE fait valoir que le placement professionnel des jeunes qui ne travaillent pas et ne suivent pas d’études ou de formation (NEET) doit respecter le droit du travail, les conventions collectives et les règles fiscales afin d’éviter que les jeunes travailleurs aidés par la garantie pour la jeunesse ne se retrouvent en situation précaire à long terme. Il est indispensable que le placement des jeunes dans un emploi en tant que travailleurs respecte des conditions décentes de salaire et de travail, l’accessibilité du poste de travail, la santé et la sécurité sur le lieu de travail et la démocratie au travail, telles que définies par la législation nationale et les conventions collectives et/ou les accords de branche. Le CESE recommande aux États membres d’appliquer des politiques actives du marché du travail afin de créer des emplois pour les jeunes dans les secteurs public et privé et de garantir des solutions à long terme. Des contrats à court terme et temporaires peuvent résoudre des problèmes urgents, mais la précarité à long terme est tout aussi néfaste pour les jeunes, pour les entreprises et pour l’économie. |
| 1.7. | Le Comité suggère qu’il conviendrait de développer un cadre de qualité régissant la garantie pour la jeunesse, en associant les partenaires sociaux et les acteurs de la société civile concernés aux échelons européen, national et local à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation de ce dispositif de manière à s’assurer qu’il réponde à certaines normes. Sachant que l’octroi de la garantie pour la jeunesse bénéficie d’une allocation accrue de ressources publiques, appuyées par des Fonds de l’Union européenne, il est primordial d’assurer un suivi de la qualité des prestations offertes au moyen de critères et d’une conditionnalité de qualité (1) en ce qui concerne le placement des jeunes. Le CESE salue les travaux de la Confédération européenne des syndicats (CES) et du Forum européen de la jeunesse à cet égard. |
| 1.8. | Le CESE se félicite de la proposition de la Commission de mettre en œuvre un retour d’information après le placement ainsi qu’un suivi de la garantie pour la jeunesse afin de continuer à renforcer le suivi et l’évaluation de l’aide aux fins de politiques efficaces en faveur de la jeunesse. Le CESE demande aux États membres de mettre en place un suivi à la fois qualitatif et quantitatif des dispositifs nationaux de garantie pour la jeunesse, qui se base sur le cadre d’indicateurs convenu d’un commun accord et qui sera effectué chaque année et amélioré au moyen d’une liste qualitative. Les mécanismes de suivi et d’évaluation devraient également se concentrer sur la qualité, associer les acteurs de la société civile, notamment les organisations de la jeunesse, et s’efforcer d’obtenir une contribution directe des jeunes. |
| 1.9. | Le CESE appelle de ses vœux une coopération à l’échelon européen et national en faveur de politiques efficaces dans les domaines social, de l’emploi et de l’éducation et de la formation, en s’appuyant sur des alliances qu’il conviendra de nouer entre ministères, services publics de l’emploi, partenaires sociaux, organisations de la jeunesse, conseils nationaux de la jeunesse et d’autres acteurs concernés afin de trouver la meilleure solution pour les jeunes et de s’assurer de mieux toucher ceux qui sont dans le besoin, en s’attachant tout particulièrement à inclure ceux qui sont défavorisés sur le plan socio-économique ainsi qu’à assurer l’égalité des sexes. |
| 1.10. | Le Comité recommande que la Commission mène une étude à l’échelon de l’Union sur l’incidence de la crise de la COVID-19 sur le décrochage scolaire précoce et sur l’augmentation des taux de NEET. Il recommande également de modifier les données d’Eurostat concernant le taux de chômage des jeunes, de manière à englober aussi les jeunes de l’âge de la fin de la scolarité obligatoire jusqu’à celui de 30 ans (et non plus seulement la tranche d’âge comprise entre 18 et 25 ans), ainsi que d’assurer dans le cadre du dispositif de la garantie pour la jeunesse des mesures d’aide adéquates et un accès à des financements de l’Union européenne qui soient d’un niveau approprié. |
| 1.11. | Le CESE presse les États membres de l’Union européenne de garantir des mesures efficaces en matière d’éducation, de formation et de marché du travail afin de fournir une aide efficiente aux jeunes. Il importe de faire en sorte que, premièrement, un âge approprié de sortie du système éducatif et, deuxièmement, des investissements publics pérennes dans une éducation inclusive et de qualité réduisent la proportion de jeunes et de NEET ne disposant que de faibles compétences et qualifications. |
| 1.12. | Le CESE demande de soutenir effectivement les services publics de l’emploi afin que ceux-ci puissent placer les personnes dans un enseignement complémentaire, une formation continue et des emplois de qualité. Il note que le relèvement de l’âge d’accès à la garantie pour la jeunesse ne saurait réduire la qualité des possibilités offertes par les services publics de l’emploi ou accroître encore la pression qui s’exerce sur ces derniers ou sur les systèmes d’éducation et de formation qui font face à une demande accrue. Le CESE demande une aide supplémentaire afin de renforcer la capacité des services publics de l’emploi et de permettre aux citoyens de recevoir davantage d’informations sur les places d’apprentissage, les stages et les offres d’emploi de qualité disponibles au sein des entreprises. |
| 1.13. | Le Comité recommande d’améliorer la plate-forme Europass au moyen d’informations fiables à l’intention des jeunes chercheurs d’emploi, y compris les personnes handicapées, dans différentes langues, y compris celles les plus parlées parmi les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile. |
| 1.14. | Le CESE demande aux États membres de coopérer plus avant de manière à retranscrire toute réforme importante de la garantie pour la jeunesse dans les instruments juridiques qui régissent les financements en rapport. Le CESE demande à la Commission d’accroître les financements de l’Union disponibles aux fins de la garantie pour la jeunesse, en prenant en compte l’ensemble des investissements de l’Union dans la garantie pour la jeunesse, l’ensemble des programmes existants de l’Union et une évaluation de l’utilisation des Fonds de l’Union. Il est nécessaire de mieux faire connaître l’information relative aux financements de l’Union aux fins de la garantie pour la jeunesse auprès de ceux qui aident les jeunes, et les États membres doivent obtenir des lignes directrices dans leurs propres langues. Le CESE se félicite que cette aide ciblée en faveur de la jeunesse soit intégrée dans le Semestre européen. |
| 1.15. | Le CESE demande d’associer les partenaires sociaux et les autres acteurs concernés à la mise en œuvre du Fonds social européen plus (FSE+), comme le prévoit le code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens. Il s’impose d’étendre une telle association à l’instrument financier de l’Union qui appuie la garantie renforcée pour la jeunesse au sein du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027. Une telle démarche permettrait d’assurer une programmation participative et un suivi efficace de sa mise en œuvre, de manière que les financements parviennent réellement à ceux qui en ont besoin. |
| 1.16. | Le CESE approuve l’intention de la Commission de mettre en place un cadre de suivi sur l’accès à la protection sociale et de fournir des solutions afin d’assurer des conditions de travail adéquates pour les personnes qui travaillent sur les plates-formes numériques, sachant qu’autrement, le travail participatif et le travail via une plate-forme ne fourniront pas les meilleures solutions à long terme pour placer les jeunes dans des emplois de qualité dans le cadre de la garantie pour la jeunesse. |
| 1.17. | Le CESE propose de combiner la prochaine garantie européenne pour l’enfance et la garantie pour la jeunesse afin d’apporter un soutien plus efficace aux jeunes parents, qu’ils soient au travail ou au chômage. |
| 1.18. | Le CESE encourage la Commission à définir un plan d’action en faveur de l’économie sociale afin d’apporter un soutien efficace aux jeunes entrepreneurs et aux nouvelles entreprises et d’accroître les compétences écologiques à l’échelon local en mettant tout particulièrement l’accent sur les groupes vulnérables et en associant les partenaires sociaux et les organisations de la société civile concernés. |
| 1.19. | La Commission propose que les États membres encouragent les entreprises à embaucher des jeunes chômeurs et à leur présenter des offres d’emploi de qualité. Le CESE relève que pour ce faire, des incitations à l’emploi, des subventions salariales et des primes au recrutement, ainsi que des incitations fiscales pour les entreprises, pourraient en effet constituer de bonnes solutions, qu’il convient d’accompagner en garantissant l’accès à des possibilités convenables de formation. Les incitations pour les entreprises devraient fournir des solutions efficaces qui s’intègrent dans leur plan de développement à moyen et à long terme. |
| 1.20. | Le CESE recommande de mener une étude à l’échelon de l’Union pour recenser les microqualifications existantes et faire apparaître les besoins et les centres d’intérêt des entreprises, des employeurs, des travailleurs et des chômeurs européens pour ce qui est d’obtenir et de demander des microqualifications, en s’attachant tout particulièrement aux jeunes. |
| 1.21. | Le CESE se félicite de la proposition de la Commission de renforcer le dialogue social s’agissant d’améliorer l’offre d’apprentissage et il demande un suivi effectif de la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à un cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité (2) à l’échelon national et au niveau des entreprises. Il importe d’évaluer et d’améliorer l’apprentissage au regard des critères dudit cadre européen. |
| 1.22. | Le CESE demande à la Commission de soutenir le réseau européen des apprentis en définissant un mandat clair afin de soutenir les apprentis conformément au cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité. |
2. Contexte et observations générales
| 2.1. | L’adoption en avril 2013 de la recommandation du Conseil sur l’établissement de la garantie pour la jeunesse est intervenue à un moment où les perturbations économiques et financières et la crise économique faisaient culminer le taux de chômage parmi les citoyens en Europe, dont notamment de nombreux jeunes. |
| 2.2. | La pandémie de COVID-19 a précipité l’économie européenne dans une récession profonde assortie d’une hausse du taux de chômage. En juin 2020, 3 millions de jeunes âgés de moins de 25 ans étaient au chômage dans l’Union européenne (soit 17,1 % de la population active totale de cette tranche d’âge) (3), un chiffre dont l’on escompte (4) qu’il grimpe à 4,8 millions (soit 26,2 %) d’ici la fin de l’année. En outre, l’on s’attend à une augmentation du nombre de NEET de 4,9 millions à 6,7 millions. Il est opportun de renforcer la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse de manière à éviter de revenir aux niveaux de chômage les plus élevés de l’histoire de l’Union européenne au XXIe siècle (5). La proposition visant à renforcer la garantie pour la jeunesse offre aux États membres une série de mesures pour lutter contre le chômage des jeunes grâce à différents instruments, notamment l’apprentissage, les stages, l’éducation et les offres d’emploi. Cette proposition met l’accent sur le passage des études à la vie professionnelle et sur l’intégration sur le marché du travail des jeunes âgés jusqu’à 30 ans dans les quatre mois qui suivent leur enregistrement auprès d’un service public de l’emploi ou d’un prestataire de la garantie pour la jeunesse. |
| 2.3. | Comme l’a montré la crise économique la plus récente, ce sont les jeunes que la crise frappe le plus durement. Ils sont plus vulnérables sur le marché du travail et ils ne bénéficient pas, ou guère, de la protection sociale. Nombre d’entre eux ont contracté des prêts étudiants, manquent de moyens pour développer leurs compétences et sont confrontés à un risque élevé de maladie mentale du fait de leur inactivité. Le chômage des jeunes entraîne des conséquences à long terme pour chacune de ses victimes, faisant d’elles une «génération perdue». Eurofound (6) a calculé qu’au plus profond de la dernière récession, les économies européennes avaient perdu quelque 162 milliards d’euros chaque année faute d’avoir agi en faveur de l’intégration des jeunes. Le chômage des jeunes peut avoir des effets négatifs non seulement sur l’économie mais aussi sur l’ensemble de la société, sachant que les jeunes peuvent décider de ne plus participer à la vie démocratique et sociale. |
| 2.4. | Les jeunes NEET constituent un groupe disparate. Ils le sont de par leur niveau de compétences, leurs qualifications formelles et leur parcours personnel. Certains systèmes éducatifs ne sont pas assez souples pour permettre une perméabilité entre différents secteurs de l’éducation. Il convient d’offrir à ces jeunes des solutions en fonction de leur niveau de qualifications et de compétences. Il convient en particulier d’accorder une aide ciblée en matière sociale, d’emploi et d’éducation à ceux qui sont vulnérables et proviennent de milieux socio-économiques défavorisés. L’égalité des sexes et l’égalité des chances sont nécessaires pour les migrants et les réfugiés, les minorités, les Roms et les jeunes handicapés. Les jeunes en décrochage scolaire ou peu qualifiés devraient bénéficier d’une assistance afin d’améliorer leurs compétences et leurs aptitudes pour parvenir à des niveaux de qualification «autour du niveau 3 ou 4 du cadre européen des certifications», en fonction des spécificités nationales. Cette démarche leur permettrait de s’intégrer sur le marché du travail, conformément à la recommandation du Conseil relative à des parcours de renforcement des compétences (7). |
| 2.5. | Lorsqu’il s’agit de soutenir de jeunes adultes, il est indispensable de définir ces derniers comme ceux se trouvant entre l’âge de la fin de la scolarité obligatoire (8) et celui de 30 ans. Telle que révisée, la garantie pour la jeunesse prolonge son aide jusqu’à l’âge de 30 ans et prévoit d’aider efficacement les personnes à obtenir un emploi décent et à bénéficier d’un perfectionnement et d’une reconversion. Le décrochage scolaire précoce et l’absence d’investissements publics dans une éducation inclusive pour tous contribuent au taux élevé de jeunes ne disposant que de peu de compétences et de qualifications. Cette situation rend d’autant plus nécessaires des mesures visant à les faire entrer dans un enseignement complémentaire et sur le marché du travail. |
| 2.6. | En raison de la crise actuelle, les emplois créés dans divers secteurs d’activité pourraient disparaître. Selon le principe 4 du socle européen des droits sociaux, «les jeunes ont le droit de bénéficier de formations continues, d’apprentissages, de stages ou d’offres d’emploi de qualité dans les quatre mois qui suivent la perte de leur emploi ou leur sortie de l’enseignement». Il est également nécessaire que s’applique le principe 1 de ce même socle s’agissant de fournir une aide aux jeunes pour se reconvertir et se perfectionner ainsi que de prendre des mesures de lutte contre le décrochage scolaire précoce, de manière à garantir leur «droit à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualité». Les États membres devraient garantir ces droits en encourageant la coopération entre secteurs et à niveaux multiples pour mettre en œuvre une approche intégrée pour soutenir les jeunes confrontés à des barrières multiples à l’inclusion sociale, au-delà de l’emploi (9). |
3. Observations spécifiques
| 3.1. | Comme l’Observatoire du marché du travail du CESE l’avait mis en évidence dans son étude de 2014 sur l’emploi des jeunes (10), la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse s’est heurtée à de nombreux obstacles au sein des États membres de l’Union, tels que la qualité médiocre de l’offre dans le cadre de ce dispositif, une intervention ultérieure à la période promise de quatre mois et des stratégies inadéquates pour toucher les jeunes (tels que les NEET) les plus éloignés du marché du travail en vue de leur proposer une aide. Des structures de gouvernance plus efficaces sont nécessaires pour assurer une meilleure mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse. Il convient de bien cibler les financements en tenant compte d’un taux plus élevé d’enregistrement des jeunes. Par conséquent, il s’impose de s’assurer d’une meilleure participation des acteurs concernés, tels que les organisations de la jeunesse, les conseils nationaux de la jeunesse et d’autres ONG concernées et les partenaires sociaux à l’échelle de l’Europe, des secteurs, des États et le cas échéant des entreprises, lors de la conception, de la mise en œuvre et de l’évaluation du dispositif de la garantie pour la jeunesse, ce qui peut contribuer à asseoir l’acceptation et la mise en œuvre sans accroc des réformes. |
| 3.2. | Il est également nécessaire de renforcer le système de recensement pour parvenir à une compréhension approfondie de la diversité des NEET. Il convient d’allier les activités de suivi de l’aide aux jeunes avec une intensification des travaux de recherche en tenant compte de l’hétérogénéité du groupe des NEET et des groupes de jeunes particulièrement vulnérables aux fins d’une politique fondée sur des données probantes, tout en respectant la législation relative à la protection des données. Il n’est guère aisé de toucher les NEET et il est donc besoin d’une offre intégrée de services sociaux et en faveur de l’emploi, à la fois publics et privés, qui se fondent sur des données probantes et fiables. |
| 3.3. | Il convient d’étendre l’association des partenaires sociaux et des acteurs concernés dans la mise en œuvre du Fonds social européen plus (FSE+), telle que la permet le code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens, à l’instrument financier de l’Union qui appuie la garantie renforcée pour la jeunesse dans le prochain cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027. Une telle démarche permettrait d’assurer une programmation participative et un suivi efficace de sa mise en œuvre, de manière que les financements parviennent réellement à ceux qui en ont besoin. |
| 3.4. | De ce point de vue, une aide efficace dans le domaine social, de l’emploi et de l’éducation et de la formation doit s’enraciner dans une coopération entre les ministères compétents et les services d’aide. Afin de trouver la meilleure solution pour les jeunes, il s’impose de nouer des alliances entre les ministères, les services publics de l’emploi, les organisations de la jeunesse, les conseils nationaux de la jeunesse et les autres ONG concernées, les partenaires sociaux et d’autres acteurs. L’échec de l’objectif de quatre mois dans le cadre de la précédente garantie pour la jeunesse doit constituer une préoccupation centrale pour sa version révisée. Il est besoin de renforcer et de soutenir le rôle et la capacité des services publics de l’emploi pour placer les personnes dans des emplois de qualité. Les ONG et les entreprises sociales peuvent également fournir une aide aux jeunes en proposant des emplois temporaires et des stages. Il devrait circuler davantage d’informations sur les places disponibles dans les entreprises puisque faute des unes comme des autres, les services publics de l’emploi sont mis dans l’impossibilité de fournir une aide. En ce qui concerne l’intervention des services privés de l’emploi, il est nécessaire de faire en sorte que l’aide de la garantie pour la jeunesse soit offerte aux jeunes à titre gratuit, tout comme l’aide publique. |
| 3.5. | Il importe de continuer à renforcer les liens avec les communautés, les organisations de la jeunesse et d’autres groupes sociaux, ainsi qu’à les toucher davantage, dans le droit fil de certains des exemples cités dans le document de travail des services de la Commission qui accompagne la proposition de recommandation du Conseil relative à «Un pont vers l’emploi — Renforcer la garantie pour la jeunesse» (11). Il importe de relever que la communication intitulée «Soutenir l’emploi des jeunes: un pont vers l’emploi pour la prochaine génération» (12) estime que l’information destinée aux plus vulnérables continue de laisser à désirer, mettant ainsi d’autant en lumière son rôle central et celui d’autres formes d’activités d’information. |
| 3.6. | Nous relevons que selon des analyses de l’OIT (13) sur la garantie pour la jeunesse, l’absence de ressources nationales a produit des effets néfastes sur la capacité des pays à offrir à tous les NEET l’occasion de travailler ou de participer à une formation dans les quatre mois. L’augmentation du budget alloué à la garantie pour la jeunesse est bienvenue et correspond à l’augmentation des effectifs de la tranche d’âge des personnes visées par cette initiative. Le CESE déplore toutefois que si le plan de relance pour l’Europe prévoit 750 milliards d’euros afin de redresser l’économie de l’Europe, la garantie pour la jeunesse ne bénéficie que de 22 milliards d’euros, qui englobent, selon la Commission (14), des investissements au titre du Fonds social européen et de l’initiative pour l’emploi des jeunes, y compris le cofinancement national. La Commission met également sur la table le recours à des fonds supplémentaires; il s’agit notamment de 55 milliards d’euros fournis dans le cadre de REACT-EU pour la période 2020-2022, ainsi que de 86 milliards d’euros du FSE+, que les États peuvent également utiliser pour soutenir l’emploi des jeunes, parmi plusieurs autres fonds. Des recherches (15) laissent à penser qu’il serait possible de parvenir à une aide efficace dans le cadre de la garantie révisée pour la jeunesse au moyen d’au moins 50 milliards d’euros par an. Le CESE presse la Commission de fournir aux États membres des données chiffrées et des orientations précises sur le montant total de l’investissement au niveau de l’Union visant à soutenir la garantie pour la jeunesse, ainsi qu’une évaluation concernant l’efficacité de son utilisation. Au vu de la nécessité d’assurer la viabilité de ce mécanisme d’aide ainsi renforcé au moyen d’investissements publics, nous nous félicitons de l’intégration de l’aide ciblée en faveur des jeunes dans le cadre du Semestre européen. |
| 3.7. | Le CESE se félicite que cette initiative politique propose une approche ciblée des personnes vulnérables en s’appuyant sur un partenariat élargi avec les partenaires sociaux et les organisations de la jeunesse, et qu’elle s’attache à la dimension de genre. Il est nécessaire que de tels partenariats fonctionnent au-delà des capitales nationales, au sein des communautés locales, et obtiennent directement les retours d’information des jeunes. Il importe d’aider les jeunes à fonder une famille et la prochaine garantie européenne pour l’enfance devrait prévoir des dispositions à l’intention des jeunes parents au travail et au chômage, qui relient cette politique à la garantie pour la jeunesse. |
| 3.8. | Le CESE se félicite des propositions de soutien à l’entreprenariat des jeunes prévues par le plan d’action de la Commission pour l’économie sociale, ainsi que de ses dispositions relatives aux compétences écologiques à l’échelon local en mettant particulièrement l’accent sur les groupes vulnérables. Le CESE demande à la Commission européenne de faire participer les partenaires sociaux et les organisations de la société civile concernés, notamment les organisations de la jeunesse, à la conception d’un tel plan d’action afin de l’enrichir des expériences des jeunes, des apprentis, des stagiaires et des jeunes travailleurs. Il est nécessaire d’encourager les nouvelles entreprises lancées par des jeunes et de promouvoir l’éducation à l’entreprenariat. Les possibilités d’emploi indépendant au sein de l’économie numérique et écologique, offertes à des groupes victimes de discrimination et à des groupes vulnérables, doivent être cohérentes avec l’information ciblée à l’intention de ces groupes et appellent une aide concrète en leur faveur. Les corps intermédiaires, tels que les services publics de l’emploi, les organisations de la jeunesse, les conseils nationaux de la jeunesse, d’autres ONG concernées et les syndicats, jouent un rôle essentiel à cet égard. |
| 3.9. | Afin de mettre sur pied des stratégies efficaces à l’intention de tous les groupes de jeunes dans le besoin, il importe de définir avec précision la cohorte de jeunes que couvre la garantie pour la jeunesse. La réduction par les États de l’âge de la scolarité obligatoire peut avoir des effets néfastes en augmentant le nombre de NEET. Le CESE se félicite de l’augmentation de l’âge donnant droit à la couverture par la garantie pour la jeunesse; dès 2013 (16), il avait en effet recommandé que la limite d’âge donnant accès à la garantie pour la jeunesse soit portée à 30 ans, en particulier dans les pays où les taux de chômage des jeunes sont les plus élevés. Toutefois, il appelle à faire montre de prudence à cet égard, par souci de la qualité et des capacités. Il pourrait s’avérer nécessaire de faire en sorte que les États membres disposent d’une certaine latitude s’agissant de déterminer la tranche d’âge qu’ils doivent aider. Élargir la tranche d’âge concernée ne saurait mener à exclure les jeunes qui disposent déjà d’une certaine expérience professionnelle et peuvent prétendre à des allocations de chômage. Il importe toutefois de définir précisément la fourchette d’âge concernée. |
| 3.10. | La Commission propose que les États membres encouragent les entreprises à embaucher de jeunes chômeurs et à leur présenter des offres d’emploi de qualité. Il est nécessaire de faire correspondre au mieux les emplois avec les qualifications et les centres d’intérêt des jeunes chômeurs et de motiver ceux-ci grâce à des offres de qualité et inclusives de perfectionnement et de reconversion de manière à les maintenir dans les emplois concernés. Le CESE considère néanmoins que les États membres devraient disposer de la faculté de déterminer s’ils souhaitent ou non étendre le champ d’application du dispositif de la garantie pour la jeunesse en tenant compte de la nature et de l’ampleur du chômage des jeunes aux niveaux national, régional et local. |
| 3.11. | Se contenter de renforcer la garantie pour la jeunesse ne constitue pas un objectif suffisant en période de crise et il est besoin de mesures immédiates pour aider les jeunes. Des politiques actives du marché du travail au sein des États membres doivent faire en sorte que l’offre disponible puisse proposer des solutions à long terme pour les jeunes et assurer des emplois de qualité, des conditions de travail de qualité et des choix équitables de recrutement et de maintien. Il s’impose de respecter et de promouvoir la législation du travail et les conventions collectives, notamment pour ce qui est du lien entre les niveaux de qualification et les salaires, ainsi que de la démocratie au travail. Sur le marché du travail, les jeunes devraient être traités comme la population adulte, en particulier bénéficier sur un pied d’égalité d’un salaire minimum, d’un accès à la retraite et d’une protection contre les contrats de travail précaires (qu’il s’agisse de contrats «zéro heure», de stages non rémunérés ou d’emplois indépendants factices). Des contrats à court terme et temporaires pour les jeunes peuvent résoudre des problèmes urgents, mais la précarité à long terme est tout aussi néfaste pour les jeunes, pour les entreprises et pour l’économie. |
| 3.12. | La souplesse est cruciale en ce qui concerne la période de quatre mois prévue par la garantie pour la jeunesse après l’enregistrement auprès d’un prestataire de cette garantie, qui est habituellement un service public de l’emploi. Il convient de proposer immédiatement (17) un emploi ou une offre éducative ou une possibilité de formation mais il doit aussi s’agir d’une solution de qualité et d’un emploi ou d’une offre éducative ou d’une possibilité de formation de tout aussi bonne qualité. Cette démarche devrait également tenir compte des procédures parfois assez longues de validation des apprentissages non formels et informels, qu’il est possible d’associer à la disponibilité d’une offre de formation pendant un certain laps de temps. Afin de réaliser l’objectif de quatre mois et de fournir une aide individuelle, les systèmes de validation et d’offre de formation devraient être plus souples et agiles. |
| 3.13. | La garantie pour la jeunesse doit s’enraciner dans une orientation professionnelle et des conseils de qualité dès les premières étapes de l’éducation scolaire des jeunes; idéalement, la reconnaissance et la validation des apprentissages non formels et informels devraient mener à une qualification qui détermine précisément les niveaux du cadre européen ou national de certifications et à un titre professionnel ou une certification qui mentionnent clairement les tâches et les compétences qu’ils certifient et la manière dont ledit certificat se rapporte à une qualification complète. Le nouveau cadre Europass devrait permettre de faire figurer dans le CV Europass tout type de certificat et de qualification d’une manière à la fois claire et pratique. |
| 3.14. | Des microqualifications sont une autre solution pour attester de compétences supplémentaires fournies par des entreprises ou par des institutions d’enseignement et de formation professionnels et d’enseignement supérieur. Sachant qu’il n’existe en Europe aucune définition ou compréhension commune des microqualifications, l’on pourrait envisager de prolonger l’action politique européenne dans ce domaine afin d’aider les jeunes lorsqu’ils sont admis à des qualifications complètes et en se conformant à un accord entre organisations syndicales et patronales sur une définition et une compréhension européenne en matière de microqualifications. |
| 3.15. | La crise de la COVID-19 a eu des répercussions sur les dispositifs d’apprentissage; dans de nombreux secteurs de l’économie touchés par l’arrêt des activités, les apprentis ont dû reporter leur période de placement et ont même parfois été licenciés; dans d’autres secteurs, les apprentis ont poursuivi leur apprentissage au moyen de travaux ou de simulations fondés sur des projets réalisés à domicile. Il est en effet malaisé de faire correspondre les places d’apprentissage au sein des entreprises et les étudiants de l’enseignement et de la formation professionnels, et en particulier les services publics de l’emploi devraient obtenir davantage d’informations de la part des entreprises privées et publiques de toutes tailles afin d’aider les écoles et les enseignants de l’enseignement et de la formation professionnels à tenter de trouver des places d’apprentissage pour les futurs apprentis. |
| 3.16. | Le CESE souligne que l’apprentissage n’est pas destiné uniquement aux jeunes, puisque la recommandation relative au cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité souligne dès son premier considérant que l’apprentissage concerne à la fois les jeunes et les adultes. Faire état de l’apprentissage dans le document relatif à la politique d’aide à l’emploi des jeunes contribue à une interprétation erronée selon laquelle l’apprentissage est uniquement l’affaire des jeunes. Le CESE se félicite que la Commission ait proposé que les États membres renforcent les offres de formation et le passage des études à la vie professionnelle au moyen de dispositifs de qualité d’apprentissage ou de stages. Cette démarche peut également apporter une aide efficace afin de réduire le décrochage scolaire précoce et elle peut améliorer l’intégration des migrants et des réfugiés sur le marché du travail, tout en respectant le socle européen des droits sociaux, le cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité et le cadre de qualité pour les stages. |
| 3.17. | La Commission propose de renouer et de donner un nouvel élan à l’Alliance européenne pour l’apprentissage. Si cette alliance s’est assuré une visibilité élevée en matière de placement en apprentissage en augmentant le nombre d’engagements des entreprises, cela n’est toutefois pas suffisant. Les microentreprises et les petites entreprises continuent de rencontrer des problèmes considérables pour offrir des places d’apprentissage. Aussi pourrait-on encourager les dispositifs d’«apprentissage collaboratif» que proposent plusieurs entreprises. Il convient d’assurer la qualité et l’efficacité de tous les apprentissages à l’aune des critères énoncés par le cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité et ce dernier devrait servir à la Commission en vue de reconnaître et de récompenser les entreprises. |
| 3.18. | Le Comité se félicite que la Commission s’attache davantage à assurer des apprentissages au sein des secteurs numérique et écologique, mais il relève qu’il convient également d’offrir un apprentissage de qualité dans n’importe lequel des autres secteurs engagés dans les transitions numérique et écologique. |
| 3.19. | Des systèmes d’enseignement et de formation professionnels et des systèmes d’apprentissage qui réussissent en menant à des emplois de qualité requièrent un véritable dialogue social entre les représentants des syndicats et des employeurs. Le CESE se félicite de la proposition de la Commission sur la nécessité de renforcer le dialogue social à l’échelon européen et national et il serait possible de favoriser des possibilités supplémentaires de renforcement des capacités au moyen des services de soutien de la Commission en faveur de l’apprentissage. Alors que plusieurs partenaires sociaux sectoriels ont déjà affirmé leur soutien en faveur de l’Alliance européenne pour l’apprentissage, le CESE met en exergue l’autonomie des comités européens de dialogue social sectoriel, qui définissent pour eux-mêmes leur programme de travail conformément aux priorités communes dont ils ont convenu. |
| 3.20. | Pour les jeunes chômeurs qui ont déjà obtenu une qualification, la garantie pour la jeunesse pourrait également servir de garantie de l’emploi (18), à savoir que les jeunes gagneraient leur première expérience professionnelle dans le secteur public ou non lucratif. |
Bruxelles, le 29 octobre 2020.
Le président du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Voir les propositions de la CES en matière de critères de qualité présentées dans sa résolution du 2 juillet 2020 intitulée «Repenser le combat contre le chômage des jeunes», 2020.
(2) JO C 153 du 2.5.2018, p. 1.
(3) Eurostat, données obtenues en août 2020.
(4) Intereconomics, «COVID-19 Crisis: How to Avoid a “Lost Generation”», (Crise de la COVID-19: comment éviter une «génération perdue»), 2020 (article en anglais).
(5) À savoir 23,5 %, soit 5,5 millions de jeunes (âgés de moins de 25 ans) au chômage en septembre 2013 (Eurostat).
(6) Eurofound, L’inclusion sociale des jeunes, 2015.
(7) JO C 484 du 24.12.2016, p. 1.
(8) Commission européenne/EACEA/Eurydice, Compulsory Education in Europe («La scolarité obligatoire en Europe»), 2018/19. L’âge de fin de la scolarité obligatoire est de 15 ans dans 7 États membres de l’Union, de 16 ans dans 16 États, de 17 ans dans 1 État et de 18 ans dans 3 États, tout en étant en Allemagne de 16 ans dans 5 Länder et de 18 ans dans 11 Länder.
(9) Forum européen de la jeunesse, Position actualisée sur la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, 2018.
(10) CESE, Étude de l’Observatoire du marché du travail sur l’emploi des jeunes, 2014.
(11) SWD(2020) 124 final (disponible pour l’heure uniquement en anglais).
(12) COM(2020) 276 final.
(13) Organisation internationale du travail, document de recherche sur «La Garantie européenne pour la jeunesse. Bilan systématique des mises en œuvre dans les pays membres», 2017.
(14) COM(2020) 276 final.
(15) Intereconomics, «COVID-19 Crisis: How to Avoid a “Lost Generation”», («Crise de la COVID-19: comment éviter une «génération perdue»), 2020 (article en anglais).
(16) JO C 271 du 19.9.2013, p. 101.
(17) JO C 161 du 6.6.2013, p. 67.
(18) Tcherneva, P. R., The Job Guarantee: Design, Jobs, and Implementation («La garantie de l’emploi: conception, emplois et mise en œuvre»), Levy Economics Institute, Working Papers Series No 902, 2018.
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