| CELEX | 52020AR1360 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 14 octobre 2020 |
| 18.12.2020 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 440/99 |
Avis du Comité européen des régions — Le pacte européen pour le climat
(2020/C 440/17)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Sur la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe dans le contexte de l’après COVID-19
| 1. | se félicite de la proposition de la Commission qui vise à mettre en place le pacte européen pour le climat dans l’optique de faire participer les citoyens individuellement et collectivement à la conception d’actions en matière de climat et d’environnement par des actions concrètes sur le terrain, en encourageant un dialogue ouvert avec tous les acteurs, en établissant des synergies, en renforçant les capacités ou encore en donnant l’impulsion à des actions en faveur du climat; estime que le pacte devrait être conçu comme un instrument de gouvernance novateur, permettant une communication, une coopération et un échange d’informations à double sens entre les différents niveaux, secteurs et territoires afin d’améliorer l’efficacité et la légitimité de la politique climatique de l’Union européenne; |
| 2. | rappelle qu’un «pacte» désigne généralement un engagement entre partenaires égaux en vue d’un bénéfice commun ou mutuel et de la réalisation d’objectifs partagés; réaffirme par conséquent que les collectivités locales et régionales sont prêtes à travailler en partenariat avec les institutions de l’Union, les États membres et tous les acteurs concernés dans le cadre du pacte pour le climat afin de poursuivre conjointement les objectifs de neutralité climatique et la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies; L’approche commune du pacte ne devrait toutefois pas écarter les divers défis que soulève le changement climatique dans différentes régions de l’Union; les objectifs communs devraient donc traduire les besoins géographiques spécifiques, et reposer également sur une évaluation systématique de ces besoins et de ces caractéristiques; |
| 3. | insiste sur le fait que la pandémie de COVID-19 et la crise économique qu’elle provoque, nous obligeront probablement à compléter la vision initiale du pacte pour le climat. Il insiste toutefois sur le fait que la Commission et les États membres doivent veiller à ce que la crise actuelle ne freine aucunement la nécessaire transformation de l’Union européenne pour parvenir à la neutralité climatique, mais qu’au contraire, elle offre l’occasion de l’accélérer; il s’agit notamment de fixer à 55 % au minimum l’objectif de réduction des émissions de CO2 d’ici à 2030; |
| 4. | réaffirme son engagement à considérer les dix-sept objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies comme une partie intégrante du pacte vert, et s’aligne ainsi sur les Nations unies pour ce qui est d’envisager la dimension sociale comme un élément à part entière de la durabilité, parallèlement aux mesures de protection du climat et de la nature. Il convient de garantir des possibilités d’insertion sociale à l’ensemble de la population européenne. Outre la sécurité sociale, cela concerne en particulier l’égalité entre les hommes et les femmes, l’accès à une éducation de qualité et la garantie d’une vie saine pour tous à tous les âges de la vie. Dans le même temps, il faut souligner qu’un engagement en faveur des dix-sept ODD implique que la coopération avec nos partenaires extérieurs à l’Union européenne repose sur ces mêmes valeurs; |
| 5. | souligne que le pacte pour le climat devrait être avant tout un catalyseur de la coopération entre les collectivités locales et régionales et les institutions européennes. En tant qu’outil de gouvernance novateur, il devrait servir à développer des idées, à alimenter le processus décisionnel de l’Union européenne avec des informations de terrain, à améliorer la mise en œuvre des politiques de l’Union et à coordonner l’action menée pour lutter contre le changement climatique, tout en faisant face, simultanément, à la crise économique causée par la pandémie de COVID-19. Les mesures visant à stimuler l’économie devraient renforcer tant la résilience des sociétés que la décarbonation de l’économie, dans le but d’atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050, au plus tard. La totalité des politiques à mettre en place devraient faire l’objet d’une analyse du point de vue de leur incidence sur le climat et l’environnement; |
| 6. | souligne que le pacte pour le climat devrait renforcer les engagements déjà signés au niveau du terrain par les acteurs locaux (PME, écoles, collectivités locales, universités, etc.) et susciter de nouveaux engagements en vue de faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050; |
| 7. | souligne par conséquent que le pacte pour le climat devrait également servir d’initiative ayant vocation à «chapeauter», en disposant de sa propre image de marque, les pactes locaux actuels et à venir en matière de climat (1) ou les partenariats à l’échelon local visant des objectifs clairs en matière de climat, en coopération avec la société civile, les entreprises et les autres acteurs concernés. Il devrait contribuer à susciter une adhésion des citoyens aux politiques en faveur du climat, faciliter l’échange de bonnes pratiques, ainsi que la reproduction et l’amplification des initiatives les plus réussies en Europe, et stimuler l’établissement de pactes climatiques locaux dans toute l’Union; |
| 8. | se réjouit de constater que la Commission a pris l’engagement d’accorder une attention particulière aux régions ultrapériphériques dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, eu égard à leur vulnérabilité vis-à-vis du changement climatique et des catastrophes naturelles, ainsi qu’à leurs points forts exceptionnels, tels que la biodiversité et les sources d’énergie renouvelables, et escompte l’adoption de mesures spécifiques à cet effet; |
| 9. | réaffirme son engagement à soutenir la Commission et les collectivités locales et régionales dans la réussite de la mise en œuvre du pacte vert et, en particulier, à faire du pacte pour le climat un outil puissant pour aider celles-ci dans ce projet ambitieux, et leur accorder un rôle qui favorise la prise d’initiatives; souligne que cette approche transversale innovante du pacte vert pour l’Europe et de la relance économique nécessite une toute nouvelle stratégie de renforcement des capacités des collectivités territoriales portant sur tous les secteurs et favorisant une gestion plus intégrée. Le pacte pour le climat devrait être l’occasion de créer une culture du pacte vert dans l’ensemble des collectivités locales et régionales, et de renforcer la sensibilisation et la participation des citoyens dans tous les domaines d’action concernés; |
| 10. | souligne que la situation d’urgence sanitaire actuelle liée à la pandémie de COVID-19 montre une fois de plus à l’ensemble de l’Europe le rôle des collectivités locales et régionales en tant que décideurs essentiels et fournisseurs de services publics quand il s’agit de donner une réponse de première ligne aux besoins et aux problèmes locaux, et ce, surtout en période d’urgence planétaire; souligne que les collectivités locales et leurs administrés devraient s’emparer à nouveau pleinement de leur rôle, mis à mal par la mondialisation croissante et d’une industrialisation trop souvent fondée sur une utilisation non durable de ressources limitées, en devenant des partenaires incontournables dans la conception des actions en faveur du climat ainsi que dans la protection et la restauration de leur environnement; |
| 11. | propose de tirer parti des exemples de bonnes pratiques en matière de lutte contre le changement climatique aux niveaux local et régional, comme la «coalition Under2», groupement mondial d’entités infranationales composé de plus de 220 États fédérés, régions et municipalités, afin d’exploiter les enseignements tirés de l’élaboration de stratégies à long terme en matière de climat et de considérer l’échange d’expériences sur les méthodes de réussite, les solutions innovantes et les connaissances précieuses puisées dans ces initiatives comme une partie intégrante du pacte sur le climat; |
| 12. | accueille favorablement les communications de la Commission européenne intitulées respectivement «Le budget de l’Union: moteur du plan de relance pour l’Europe» et «L’heure de l’Europe: réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération», et réaffirme son soutien à la politique européenne en faveur de la neutralité climatique, considérée comme une politique pionnière, indispensable pour assurer à l’Europe un avenir durable. Dans le contexte de la pandémie actuelle, la politique en matière de neutralité climatique et la résilience territoriale doivent devenir l’épine dorsale d’une stratégie de relance neutre pour le climat, en s’assurant que tous les fonds investis en faveur de la reprise des économies européennes contribuent aussi fortement à accélérer la transition vers la neutralité climatique, la protection de la biodiversité et une résilience accrue des territoires dans les cadres prévus; |
| 13. | réaffirme que des politiques bien conçues pour lutter contre le changement climatique peuvent ouvrir des perspectives économiques: d’après la Commission, le fait d’atteindre la neutralité climatique pourrait conduire à une augmentation de 2 % du PIB de l’Union d’ici à 2050, à une économie de quelque 200 milliards d’euros par an en frais de santé évités, et à la création d’un million d’emplois dans l’économie verte; ces perspectives sont susceptibles de s’avérer encore plus pertinentes à la lumière des liens qui apparaissent entre la pandémie actuelle et le risque de futures pandémies, d’une part, la dégradation de l’environnement, la perte de biodiversité et les effets du changement climatique, de l’autre; se félicite, par conséquent, du fait que le pacte pour le climat ait prévu en priorité la plantation d’arbres, la régénération naturelle et la création d’espaces verts urbains, et demande d’y ajouter également des infrastructures vertes ainsi que des mesures favorisant les économies d’eau et la circularité dans le domaine des ressources hydriques; |
| 14. | souligne que, dans les circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons en raison de la pandémie, il est nécessaire de faire en sorte que personne ne soit laissé de côté. Aujourd’hui, plus que jamais, tant les actions en faveur du climat que les instruments de relance doivent cibler aussi bien les villes que les zones rurales, ainsi que tous les secteurs de l’économie, en mettant particulièrement l’accent sur les secteurs de production traditionnels qui ont le plus souffert des mesures de lutte contre la pandémie de COVID-19. Se félicite, dans ce contexte, de l’initiative dite de «vague de rénovations» qui vient d’être annoncée, et qui vise à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments publics et privés, tout en créant des emplois et en stimulant le secteur de la construction; |
| 15. | insiste sur le fait que les collectivités locales et régionales devraient avoir directement accès aux fonds européens (issus du budget européen ou d’autres institutions financières européennes, telles que la BEI), tant pour sortir de la crise économique causée par la pandémie de COVID-19 que pour lutter contre la crise climatique. Plus précisément, il convient de mettre en place, en particulier pour les projets relevant du pacte vert, des instruments supplémentaires accordant un accès direct aux fonds de l’Union européenne, à l’instar du mécanisme pour les villes européennes (European City Facility) relevant du programme Horizon 2020, des actions innovatrices urbaines instaurées dans le cadre du FEDER (article 8) ou de la future initiative urbaine européenne pour l’après-2020 au titre du règlement relatif au FEDER et au Fonds de cohésion (article 10); |
| 16. | considère dans ce contexte que le pacte pour le climat devrait promouvoir un accès direct des collectivités locales et régionales aux fonds de l’Union pour leurs actions en faveur du développement durable relevant du nouveau cadre financier pluriannuel, dans le respect du principe de subsidiarité; réclame plus spécifiquement un accès direct aux ressources allouées dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe; demande également à cet égard que 10 % du nouveau FEDER soient consacrés au développement urbain durable; propose de développer la politique de neutralité climatique en la dotant de son propre budget dans le futur cadre financier pluriannuel, à l’instar des politiques agricole ou régionale, et en permettant aux villes et régions qui optent pour une relance respectueuse de l’environnement d’accéder directement aux fonds; |
| 17. | souscrit aux conclusions du comité de mission pour la thématique «Villes intelligentes et neutres pour le climat» du programme Horizon Europe, qui préconisent de continuer à soutenir et promouvoir cent villes européennes dans leur transformation systémique sur la voie de la neutralité climatique à l’horizon 2030, en s’appuyant sur un financement à partir du programme Horizon Europe, des Fonds structurels et d’investissement européens, du Fonds pour une transition juste, des projets importants d’intérêt européen commun, du programme InvestEU et d’autres instruments de l’Union; |
| 18. | estime que le CdR et la BEI devraient entretenir un partenariat étroit avec les membres du pacte pour le climat pour aider la Commission à adapter celui-ci à l’objectif poursuivi et à le rendre accessible à la totalité des collectivités locales et régionales, indépendamment de leur taille, de leur situation géographique ou de leur contexte socio-économique; |
| 19. | invite la Commission à réexaminer les domaines prioritaires dans l’optique d’harmoniser le pacte pour le climat et la stratégie de relance neutre pour le climat: le pacte pour le climat devrait viser un éventail d’actions plus large, en tenant compte des projets qui seront prêts à être mis en œuvre ainsi que des besoins spécifiques des différentes collectivités locales; |
| 20. | souligne que les signataires de la Convention des maires disposent, dans leurs plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC), d’une gamme impressionnante d’actions qui pourraient être financées et mises en œuvre immédiatement, et que bien d’autres structures de coopération entre collectivités locales et régionales en matière de climat et d’environnement, ainsi que nombre de collectivités locales et régionales à titre individuel, ont elles aussi des plans similaires susceptibles d’être pris en considération à cette même fin; se dit prêt à soutenir davantage le déploiement de cette initiative, en collaboration avec la Commission européenne et le bureau de la Convention des maires, en vue de renforcer tant le soutien politique que l’intégration de la Convention dans les cadres nationaux en matière d’énergie et de climat; |
| 21. | souligne que les collectivités locales et régionales soutiennent une transition ambitieuse vers une énergie propre, abordable et sûre, et propose de promouvoir un dialogue permanent à plusieurs niveaux sur le pacte vert avec ces dernières et les autres parties prenantes dans le contexte du pacte pour le climat, en utilisant les instruments fournis par celui-ci; |
| 22. | estime que l’accessibilité de l’énergie propre se trouve confrontée à deux défis majeurs: compétitivité sous l’angle du prix et large disponibilité; alors que l’évolution technique réduit l’écart de coût avec d’autres sources d’énergie, les collectivités locales et régionales sont essentielles pour faciliter l’accès à l’infrastructure appropriée. C’est la raison pour laquelle il apparaît nécessaire de prévoir une procédure d’accès rapide au soutien financier pour les collectivités locales et régionales qui s’engagent dans des actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique; le pacte pour le climat devrait contribuer à la compréhension des besoins essentiels des collectivités locales et régionales dans différentes circonstances et mettre au point les outils appropriés, sur la base de leur expérience, pour obtenir un soutien au niveau de l’Union. Dans ce contexte, le CdR est prêt à coopérer avec la Commission européenne et les collectivités locales et régionales pour réaliser des actions et des initiatives concrètes se donnant pour but d’améliorer l’accès à l’énergie propre dans l’ensemble de l’Union; |
| 23. | suggère que le pacte pour le climat inscrive parmi ses grandes priorités l’initiative de «vague de rénovation» qui devrait pouvoir s’affirmer comme l’une des composantes clés d’une reprise durable, conformément à ce qu’a annoncé la Commission dans sa communication intitulée «L’heure de l’Europe: réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération». Dans ce domaine, il est particulièrement important de créer des initiatives communes associant secteur public et secteur privé, et les collectivités locales et régionales occupent une position clé pour ce qui est d’informer les citoyens des avantages d’une rénovation de leur maison et des outils de soutien existants en la matière, tout en donnant l’exemple, en mettant en relation et en soutenant les entreprises locales disposant de l’expertise nécessaire à différents niveaux, et en élaborant des outils permettant d’accéder à une aide financière nationale ou de l’Union européenne. Les collectivités locales et régionales devraient en outre montrer l’exemple en rénovant les bâtiments publics et en promouvant en particulier la rénovation énergétique des logements sociaux et autres logements publics; |
| 24. | attire l’attention sur le fait que, les échelons locaux et régionaux étant à la fois le point de départ (les régions fonctionnant en bioéconomie) et le point d’arrivée d’une économie durable et circulaire (gestion des déchets, recyclage), ils devraient être associés à la définition des politiques en la matière ainsi qu’à leur mise en œuvre; souligne que pour cette raison, et compte tenu de l’importance particulière de ces questions pour les citoyens et les entreprises, le pacte pour le climat peut être utilisé pour mettre en lumière les secteurs concrets qui nécessitent un soutien; |
| 25. | demande en outre qu’un mécanisme de dialogue permanent s’instaure entre la Commission et le Comité européen des régions au sujet de l’initiative «vague de rénovations»; |
| 26. | suggère que, dans l’objectif d’atteindre la neutralité climatique, et compte tenu du fait qu’il s’agit également d’un outil de lutte contre la crise économique, les institutions européennes devraient soutenir les collectivités locales et régionales pour mener à bien la conversion durable des transports publics à l’électrique et aux autres carburants durables d’ici à 2030; |
| 27. | compte tenu du champ de compétences des collectivités locales et régionales, suggère qu’outre la mobilité durable, les principaux domaines politiques à prendre en compte dans le contexte des actions européennes liées au pacte pour le climat sont l’efficacité énergétique dans les bâtiments, les énergies renouvelables, l’économie circulaire (y compris appliquée à l’eau et aux déchets), la promotion d’une consommation responsable et durable, la régénération de la nature et de la biodiversité et le développement des infrastructures vertes et bleues, tout spécialement dans les espaces urbains, ainsi que la promotion d’un tourisme durable, accueillant et inclusif. Parallèlement à leur potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il y aura dans ces divers secteurs des possibilités de création d’emplois nouveaux et de haute qualité, de progrès de la recherche, développement et innovation ainsi que d’amélioration de la santé et du bien-être des citoyens, ce qui entraînera des réductions des dépenses de santé dans l’Union européenne. Il serait également souhaitable que les domaines cités précédemment couvrent aussi les questions relatives à l’amélioration de la rétention des eaux, à la diminution de la consommation d’eau et à la création de zones de protection de la biodiversité; |
| 28. | reconnaît que la mise en œuvre de critères écologiques dans les marchés publics et la conditionnalité des financements disponibles liée aux effets de réduction des émissions de gaz à effet de serre constitueront une incitation importante, qui contribuera au passage nécessaire à un modèle économique favorable aux objectifs du pacte vert. En ce sens, le pacte pour le climat devrait prévoir des activités spécifiques visant à développer les critères et mesures pertinents, et à aider les collectivités locales et régionales à les déployer (y compris les plus petites d’entre elles, dans lesquelles la complexité de la législation sur les marchés publics constitue souvent un sérieux obstacle à l’investissement), tout en exhortant les administrations de l’Union et des États membres à simplifier les règles permettant de fournir une assistance technique en cas de besoin, à élaborer des critères pertinents et de nouvelles exigences en matière d’écoconception. Le CdR encourage l’Union européenne, les États membres et les collectivités locales et régionales à établir et à développer plus avant, au sein de leurs administrations, des engagements volontaires à réduire les émissions de gaz à effet de serre; le pacte européen sur le climat pourrait fournir un cadre d’appui à cette fin; |
| 29. | souligne que de plus en plus d’études montrent les liens entre santé et protection de l’environnement (2), notamment la réduction de la pollution atmosphérique, et demande instamment à la Commission d’inclure la dimension sanitaire dans le cadre du pacte vert, à commencer par la création d’une stratégie européenne pour la santé, l’environnement et le changement climatique, similaire à la stratégie de l’OMS (3); dès lors qu’il s’adresse aux citoyens et à la société civile, le pacte pour le climat devrait constituer un instrument important pour sensibiliser à l’existence de tels liens et pour donner l’impulsion nécessaire à la prise en compte de ces dimensions à tous les niveaux de l’élaboration des politiques en la matière; |
| 30. | propose à cet égard, dans le contexte de la stratégie de l’hydrogène pour une Europe climatiquement neutre [COM(2020) 301 final], que le pacte pour le climat soutienne également le développement d’une économie de l’hydrogène qui utilise l’hydrogène vert produit à partir d’énergies renouvelables dans les régions et les villes (voir l’avis du CdR 2020/549); |
| 31. | prie instamment toutes les institutions de l’Union européenne et les États membres de poursuivre leurs travaux pour parvenir à un ensemble ambitieux de nouvelles contributions déterminées au niveau national; il rappelle également l’importance d’associer les collectivités locales et régionales européennes à ce processus en complétant ces contributions nationales par un système de contributions déterminées au niveau local, et d’établir un lien plus étroit entre des ambitions locales et/ou régionales, nationales et européennes, en commençant par les travaux réalisés dans le cadre de la Convention mondiale des maires. Le pacte pour le climat pourrait représenter un outil puissant à cet égard; |
| 32. | souligne le rôle crucial des technologies numériques dans la construction d’une société plus résiliente, ainsi que le potentiel qu’elles revêtent s’agissant de leur incidence globalement positive sur la réduction des émissions et la reprise économique: estime, par conséquent, qu’une intégration renforcée de la transition vers la neutralité climatique et d’une transition numérique durable devrait être prévue, et que le pacte pour le climat pourrait être un outil permettant d’étudier et d’explorer plus avant les synergies potentielles entre l’une et l’autre, en s’appuyant également sur les expériences récentes des collectivités locales et régionales en réponse à l’urgence sanitaire; |
Sur la sensibilisation et le renforcement des capacités
| 33. | réaffirme le rôle crucial de l’adaptation au changement climatique afin de concevoir des territoires résilients et de réduire les pertes annuelles dues aux effets néfastes de celui-ci: dans ce contexte, souligne la nécessité d’une série d’actions puissantes visant à améliorer la capacité des collectivités locales et régionales à mettre en œuvre des politiques d’adaptation, en commençant par des stratégies de financement durables et des activités de renforcement des capacités. Il est également essentiel de pouvoir suivre les progrès accomplis concernant les investissements liés au changement climatique à l’échelon des villes et des régions. Actuellement, la portée des données dans ce domaine est limitée; demande instamment à la Commission de tenir compte de ces divers aspects lors de l’élaboration de la nouvelle stratégie d’adaptation européenne, et de la mettre en relation avec le pacte pour le climat; |
| 34. | souligne le rôle essentiel des collectivités locales et régionales pour traiter les questions de production alimentaire et de gestion des terres; des évolutions positives en matière de nutrition peuvent être encouragées par l’intermédiaire de l’éducation, de la restauration collective et des marchés publics; une production alimentaire plus durable devrait également tenir compte des emplois créés, du transport des marchandises et de leur emballage; l’intégration du secteur agricole dans le système d’échange de quotas d’émission devrait mieux refléter la contribution de celui-ci en sa qualité de puits de carbone; |
| 35. | souligne que le concept de durabilité devrait englober les aspects essentiels de l’occupation et de la gestion des terres, qui sont généralement assurées par les agriculteurs et les pêcheurs dans les zones isolées, les régions à faible densité de population et les zones reculées. Les collectivités locales et régionales devraient faciliter l’installation de nouveaux venus dans leur population, sachant qu’il s’agit là d’un outil permettant de soulager la pression démographique qui s’exerce sur les villes, de rationaliser les services publics et leurs coûts, de promouvoir l’utilisation durable des terres et de réduire les émissions liées aux transports; cela requiert une aide et un financement ciblé pour créer les infrastructures nécessaires au travail à distance ainsi qu’à la mobilité, à la numérisation (accès aux consommateurs locaux et commercialisation de leurs produits) ou encore aux services sociaux et de santé; |
| 36. | estime que les politiques visant à réduire les risques de catastrophe liés au changement climatique joueront un rôle de plus en plus important: il convient donc d’encourager les collectivités locales et régionales à mieux comprendre ces politiques et à les lier entre elles de manière à renforcer la résilience globale du territoire situé sous leur juridiction et leur capacité à faire face aux situations d’urgence; |
| 37. | souligne que les collectivités locales et régionales sont confrontées à des difficultés d’accès aux financements, ce qui compromet le taux d’absorption des fonds européens: le pacte pour le climat devrait combler ce déficit en regroupant toutes les aides existantes au profit des collectivités locales et régionales pour que ces dernières s’orientent mieux entre les différents fonds de l’Union, et en leur apportant les informations manquantes; toutes ces informations devraient être fournies dans chaque langue de l’Union et conçues de manière à être facilement accessibles; |
| 38. | souligne que l’éducation devrait jouer un rôle central dans la création d’une nouvelle culture de la protection de l’environnement et du climat, ce qui implique de s’orienter vers d’importants changements sociétaux: dans ce contexte, le pacte pour le climat pourrait promouvoir, en coopération avec les collectivités locales et régionales, des initiatives ciblant les organismes publics, municipaux et privés d’éducation, de formation et d’information, en particulier les établissements scolaires et les centres d’information Europe Direct (CIED), afin de leur donner des moyens de créer cette nouvelle culture. De telles initiatives devraient être liées à une forte impulsion en faveur de la numérisation, laquelle se révèle un outil éducatif essentiel en ces temps de crise; |
| 39. | reconnaît l’excellence des universités et des centres de recherche européens, et invite la Commission à les associer au pacte pour le climat, car ils représentent une source pertinente de connaissances et apparaissent comme des alliés potentiels solides dans la création d’une plateforme efficace de renforcement des capacités, et à encourager leur coordination avec les collectivités locales et régionales pour le développement de projets pilotes collaboratifs visant à faciliter la prise de décision et le transfert d’expériences couronnées de succès; |
Passer à l’action et renforcer la coopération multilatérale
| 40. | estime que l’initiative de la Convention des maires et d’autres formes de coopération des collectivités locales et régionales en matière de climat et d’énergie devraient être affinées et renforcées pour pouvoir s’imposer comme des instruments essentiels du pacte pour le climat dans l’optique de déclencher l’action locale: à cet égard, il y a lieu de promouvoir une plus grande participation des citoyens, des ONG concernées, des entreprises, des organismes de recherche et des universités, et de passer ainsi à une approche à quadruple hélice; |
| 41. | note qu’il est stratégiquement important d’associer les systèmes nationaux et régionaux de formation professionnelle en alternance à la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe, en étroite coopération avec les acteurs des systèmes d’enseignement de base, de l’enseignement supérieur et de la recherche, en tant qu’il s’agit du meilleur moyen pour mettre à jour les compétences des travailleurs et les intégrer dans l’univers des entreprises engagées dans la concrétisation de la lutte contre le changement climatique; |
| 42. | souligne la pertinence de nombreuses initiatives européennes ciblant les villes et les régions dans le cadre du pacte vert: considère néanmoins que celles-ci sont sous-exploitées par les collectivités locales et régionales en raison de l’absence d’une vue d’ensemble claire de toutes les possibilités existantes, de leurs caractéristiques et de leurs principaux objectifs. Le pacte pour le climat devrait créer cette vue d’ensemble, en aidant les collectivités locales et régionales à choisir les initiatives qui leur conviennent le mieux et en proposant un parcours progressif vers la neutralité climatique, grâce à des ressources en matière de communication et d’information auxquelles les collectivités locales et régionales pourraient accéder le plus aisément possible et qui leur permettraient de mettre rapidement en œuvre des mesures sur leurs territoires: la Convention des maires et d’autres formes de coopération en matière de climat et d’énergie associant les collectivités territoriales pourraient être des éléments pivots de ce système; |
| 43. | souligne les positions exprimées précédemment par le CdR, notamment la mobilisation du concept de «cohésion numérique» en tant que moteur d’une meilleure intégration de tous les citoyens de l’Union, combiné à des programmes spécifiques et ciblés visant à renforcer les compétences numériques et à contrôler et adapter les politiques. Les projets de villes intelligentes devraient constituer une bonne base pour élaborer des projets de renforcement des capacités à plus grande échelle et qui soient suffisamment flexibles pour s’adapter à des réalités variées; |
| 44. | reconnaît le rôle central de l’apprentissage entre pairs dans une approche efficace et pragmatique de la mise en œuvre du pacte vert: jumelages et répertoires de bonnes pratiques, par exemple dans le cadre d’initiatives comme la Convention des maires, peuvent être des outils puissants pour aider les collectivités locales et régionales à lancer leurs politiques de neutralité climatique sans devoir partir de zéro; |
| 45. | reconnaît qu’il existe, au niveau local, un capital d’expériences en matière de cocréation de solutions stratégiques, de facilitation des assemblées citoyennes, de renforcement des dialogues civiques et d’encouragement de la budgétisation participative. Ces expériences constituent une base solide dont on peut s’inspirer pour faire participer directement les citoyens à la formulation et à la réalisation d’objectifs ambitieux en matière de climat. Le pacte pour le climat devrait s’appuyer sur les idées locales, en donnant aux collectivités locales et régionales le rôle de facilitateur vis-à-vis d’un large éventail de parties prenantes et de citoyens locaux; |
| 46. | souligne que la plupart des projets locaux de transition énergétique et de protection du climat sont de taille modeste par rapport à la portée optimale des niveaux élevés de financement: le pacte pour le climat pourrait créer un outil permettant aux collectivités locales et régionales de trouver des partenaires parmi leurs homologues, et d’agréger ces divers projets pour leur permettre d’accéder à toutes les possibilités de financement; |
| 47. | reconnaît le potentiel significatif du partenariat public-privé dans le financement d’une transition neutre pour le climat, et souligne que cette approche est encore problématique pour de nombreuses collectivités locales et régionales: des orientations et un soutien plus solides devraient être fournis à cet égard pour garantir que tous les territoires pourront tirer le meilleur parti de cette possibilité; |
| 48. | souligne que la lutte contre la crise climatique implique de changer radicalement nos habitudes de citoyens et de consommateurs: dans ce contexte, le rôle de tous les citoyens en tant qu’acteurs actifs doit être pleinement reconnu et renforcé par des approches participatives telles que, par exemple, le «laboratoire vivant» (living lab) ou encore au moyen de microsubventions pour réaliser des projets à petite échelle, dans l’environnement immédiat des habitants, par le truchement de communautés et d’organisations non gouvernementales locales. La transformation des consommateurs en prosommateurs devrait être encouragée et financée de manière adéquate, à tous les niveaux. En outre, l’engagement des citoyens devrait être appuyé par le recours à des technologies novatrices, telles que les compteurs intelligents ou les applications spécialisées pour smartphones. Le rôle des collectivités locales et régionales sera essentiel à cet égard; |
À propos du rôle du CdR
| 49. | s’engage, par l’intermédiaire de son groupe de travail sur le «Pacte vert — Investir l’échelon local», à promouvoir, échanger et coordonner les actions des collectivités locales et régionales visant à mettre en œuvre le pacte vert, ainsi qu’à assurer une coordination réactive des activités organisées dans le cadre du pacte vert et de la relance verte avec la Commission et d’autres partenaires; |
| 50. | invite les associations nationales de collectivités locales et régionales à jouer un rôle actif et à être partenaires du CdR et de la Commission dans les activités relatives au pacte vert: à cette fin, dans le cadre du pacte pour le climat, des points d’information peuvent être créés au niveau approprié pour transmettre les informations et les initiatives du pacte vert, et veiller à ce qu’ils atteignent toutes les parties intéressées; |
| 51. | prévoit de lancer le «pacte pour le climat du CdR» (CdR4 Climate PACT) afin de continuer à soutenir cette initiative importante. Dans le cadre de ce projet, on nommerait des ambassadeurs du pacte vert, conçus pour devenir autant de points de contact ayant pour tâche d’informer et de diffuser de bonnes pratiques liées au pacte vert, notamment quant à son rôle d’accélérateur de la reprise économique et sociale après la crise de la COVID-19. Ce projet devrait également donner un coup d’accélérateur à la communication sur le pacte vert que ce soit auprès de l’opinion publique, par l’intermédiaire du site internet du CdR, ou en interne, à destination des membres du CdR: ce type de communication devrait aussi comprendre les informations les plus pertinentes, et notamment les possibilités de financement, pour permettre aux collectivités locales et régionales de lancer leur pacte vert local. Enfin, ce projet de «pacte pour le climat du CdR» sera l’occasion de faire le point sur les engagements pris par les membres du CdR dans le cadre du pacte vert, et de promouvoir des possibilités d’apprentissage entre pairs; |
| 52. | propose la création d’un forum pour la relance verte (Green Recovery Forum) où la Commission, les collectivités locales et régionales et d’autres parties prenantes pourront collaborer en matière d’action pour le climat: ce forum pourrait être intégré à une plateforme numérique pour le climat, administrée conjointement par la Commission et le CdR; |
| 53. | se déclare favorable à la mise en œuvre et à l’intégration du principe de «serment» vert consistant à «ne pas nuire», dans le cadre du programme «Mieux légiférer» et des lignes directrices en la matière de la Commission. La cohérence des politiques et l’amélioration de la réglementation sont essentielles à la mise en œuvre d’une législation efficace et intervenant en temps utile, qui apporte à chacun une valeur ajoutée. Il importe dès lors que tous les citoyens, parties prenantes et niveaux de gouvernance puissent contribuer à l’élaboration de dispositions législatives appropriées en vue d’un objectif pertinent. Il convient de recourir à la boîte à outils et aux lignes directrices pour une meilleure réglementation pour atteindre l’objectif de neutralité climatique; |
| 54. | souligne que le pacte pour le climat présente une excellente occasion de mettre en œuvre le principe de subsidiarité active, sachant que les objectifs mêmes du pacte coïncident largement avec la finalité principale de l’approche de la subsidiarité active, à savoir le développement d’une méthode de travail inclusive et constructive qui exploite pleinement le potentiel du cadre démocratique et de gouvernance à plusieurs niveaux de l’Union; |
| 55. | souligne que l’Union doit jouer un rôle pionnier au niveau mondial dans la lutte contre le changement climatique, en se faisant l’avocat de normes et d’objectifs ambitieux auprès des pays voisins et des autres grands émetteurs; à cet égard, met l’accent sur les initiatives du CdR, telles que la Conférence des collectivités régionales et locales pour le partenariat oriental (Corleap), l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) et la coopération décentralisée, notamment l’initiative de Nicosie promouvant la coopération avec les maires libyens, lesquelles pourraient utiliser les instruments et méthodologies qui seront mis en place dans le cadre du pacte pour le climat pour soutenir les collectivités locales et régionales des pays voisins en ce qui concerne l’échange, l’adoption et la mise en œuvre des bonnes pratiques visant une économie plus durable et plus verte; |
| 56. | compte tenu du rôle crucial joué par les Fonds ESI dans la mise en œuvre du pacte vert, considère que le pacte pour le climat devrait offrir l’occasion d’ouvrir un dialogue avec les autorités de gestion afin de veiller à ce que celles-ci soient pleinement conscientes des possibilités existantes en ce sens; se tient prêt à coopérer avec la Commission pour renforcer la sensibilisation et les capacités des autorités de gestion à planifier et à dépenser lesdits fonds dans l’optique de progresser vers la neutralité climatique, grâce à une transition écologique et juste. |
Bruxelles, le 14 octobre 2020.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
(1) Voir, par exemple, les pactes locaux sur le climat dans des villes telles que Stockholm, Rotterdam, Amsterdam et Nantes.
(2) https://www.eea.europa.eu/fr/themes/human
(3) https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA72/A72_15-fr.pdf?ua=1
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