| CELEX | 52020IP0332 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 26 novembre 2020 |
| 20.10.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 425/143 |
P9_TA(2020)0332
Escalade des tensions à Varosia à la suite des mesures illégales prises par la Turquie et nécessité de rouvrir les pourparlers de toute urgence
Résolution du Parlement européen du 26 novembre 2020 sur l’escalade des tensions à Varosia à la suite des mesures illégales prises par la Turquie et la nécessité de rouvrir les pourparlers de toute urgence (2020/2844(RSP))
(2021/C 425/16)
Le Parlement européen,
| — | vu ses précédentes résolutions sur la Turquie, notamment celles du 13 mars 2019 sur le rapport 2018 de la Commission concernant la Turquie (1) et du 17 septembre 2020 sur la préparation du Conseil européen extraordinaire, particulièrement l’escalade des tensions et le rôle de la Turquie en Méditerranée orientale (2), |
| — | vu sa déclaration du 14 février 2012 sur la restitution de la zone bouclée de Famagouste à ses habitants légitimes (3), |
| — | vu les rapports de la commission des pétitions du 17 juillet 2008 faisant suite à sa mission d’information dans la ville de Famagouste (Chypre) du 25 au 28 novembre 2007, et du 21 novembre 2018 faisant suite à sa mission d’information dans la ville de Famagouste (Chypre) des 7 et 8 mai 2018, dans le contexte de la pétition no 733/2004 présentée par Loizos Afxentiou, au nom du Mouvement des réfugiés de Famagouste, |
| — | vu ses résolutions du 23 septembre 2008 (4), du 22 avril 2009 (5) et du 13 février 2018 (6) sur les délibérations de la commission des pétitions, |
| — | vu la communication de la Commission du 6 octobre 2020 sur la politique d’élargissement de l’UE (COM(2020)0660) et le rapport 2020 sur la Turquie qui l’accompagne, |
| — | vu le cadre pour les négociations avec la Turquie du 3 octobre 2005, |
| — | vu les conclusions du Conseil des 15 et 16 octobre 2020 et les précédentes conclusions du Conseil et du Conseil européen, |
| — | vu la déclaration du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) du 13 octobre 2020 sur l’évolution de la situation concernant Varosia, |
| — | vu les déclarations du VP/HR au nom de l’Union européenne du 6 octobre 2020 sur l’évolution de la situation concernant Varosia, et du 15 novembre 2020 sur Varosia, |
| — | vu la déclaration conjointe du VP/HR et de la commissaire Elisa Ferreira du 20 octobre 2020 sur le processus électoral dans la communauté chypriote turque, |
| — | vu les principes fondamentaux du droit international, la charte des Nations unies, l’accord de haut niveau de 1979 entre les dirigeants des deux communautés, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) sur Chypre, et notamment les résolutions 541 (1983), 550 (1984), 789 (1992) et 2537 (2020), |
| — | vu les déclarations du président du CSNU du 9 octobre 2019 et du 9 octobre 2020 sur la situation à Chypre, |
| — | vu la déclaration du secrétaire général des Nations unies prononcée à l’issue de sa rencontre avec les deux dirigeants à Berlin en novembre 2019, |
| — | vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur, |
| A. | considérant que la Turquie est un pays candidat et un partenaire important de l’Union européenne; considérant qu’en tant que pays candidat, la Turquie se doit de respecter les normes les plus strictes en matière de démocratie, de respect des droits de l’homme et d’état de droit, et notamment de conformité aux conventions internationales; |
| B. | considérant que la Turquie est un allié de l’OTAN et qu’il convient de lui rappeler qu’elle a la responsabilité de jouer un rôle constructif dans l’apaisement des tensions; |
| C. | considérant que la Turquie a réagi au coup d’État raté de 1974, soutenu par le régime militaire grec, en envahissant militairement Chypre; considérant que la ville de Famagouste a également été envahie en août 1974 et est illégalement occupée depuis; |
| D. | considérant qu’une partie de Famagouste a été bouclée et est restée inhabitée, sous le contrôle direct de l’armée turque; |
| E. | considérant que les Nations unies estiment que la Turquie est responsable du statu quo à Varosia et donc de tout effort visant à modifier son statut allant à l’encontre de l’accord de haut niveau de 1979 et des résolutions 550 (1984) et 789 (1992) du CSNU; |
| F. | considérant que la résolution 550 (1984) du CSNU «considère inadmissibles les tentatives d’installation, dans une partie quelconque de Varosia, de personnes autres que les habitants de ce secteur et demande que ledit secteur soit placé sous l’administration de l’Organisation des Nations Unies», et que la résolution 789 (1992) du CSNU demande instamment, aux fins de l’application de la résolution 550 (1984) et en tant que mesure de confiance, que Varosia soit transférée à ses habitants légitimes «sous le contrôle de la Force [des Nations unies chargées du maintien de la paix à Chypre]»; |
| G. | considérant que la restitution de la zone bouclée de Famagouste à ses habitants légitimes favoriserait la résolution globale du problème de Chypre; |
| H. | considérant que le 8 octobre 2020, à la suite d’une déclaration prononcée le 6 octobre 2020 à Ankara, une partie de Varosia a été déclarée partiellement «ouverte», avec la coopération d’Ersin Tatar, dirigeant chypriote turc actuel, en contravention des accords passés et des résolutions pertinentes du CSNU; |
| I. | considérant qu’au début du mois de septembre 2019, Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des affaires étrangères, s’est rendu à Varosia et a annoncé l’«ouverture» d’un «consulat général» de Turquie pour la région de Varosia; considérant qu’au début du mois de février 2020, Fuat Oktay, vice-président de la Turquie, s’est rendu à Varosia pour y organiser un «sommet» relatif aux «aspects juridiques, politiques et économiques de la réouverture de la ville abandonnée de Varosia»; |
| J. | considérant que la Turquie a déclaré qu’elle poursuivrait unilatéralement divers projets à Varosia, menaçant de préparer cette zone à une implantation illégale; |
| K. | considérant que la communauté chypriote turque a un nouveau dirigeant depuis le 18 octobre 2020 en la personne d’Ersin Tatar; considérant que Mustafa Akıncı, ancien dirigeant chypriote turc, a joué un rôle historique important et positif en faveur de la paix et du dialogue entre les deux communautés de l’île; |
| L. | considérant que le 10 novembre 2020, des Chypriotes turcs ont manifesté par milliers, nombre sans précédent, dans la partie nord de Chypre pour protester contre l’ingérence de la Turquie à Chypre, y compris à Varosia, et réclamer la liberté, la démocratie et le respect des droits des Chypriotes de Varosia; considérant que les principaux dirigeants de l’opposition, notamment Mustafa Akıncı, ancien dirigeant chypriote turc, ont participé à la manifestation; |
| M. | considérant que la visite de Recep Tayyip Erdoğan, président turc, dans la zone occupée de Chypre pour un «pique-nique» à Varosia le 15 novembre 2020 était un acte de provocation qui a suscité des réactions extrêmes chez les Chypriotes turcs; |
| N. | considérant que dans toutes les négociations précédentes, y compris lors de la dernière conférence sur Chypre à Crans-Montana en 2017, Varosia comptait parmi les territoires devant être restitués à l’administration chypriote grecque après la résolution globale du problème de Chypre sur la base convenue d’une fédération bicommunautaire et bizonale; |
| O. | considérant qu’Ersin Tatar, dirigeant chypriote turc actuel, s’oppose à la résolution globale du problème de Chypre sur la base d’une fédération bicommunautaire et bizonale, comme le prévoient les paramètres définis par les Nations unies; considérant que le 15 novembre 2020, le président Erdoğan a appelé de ses vœux des négociations en vue de la création de «deux États distincts» à Chypre; |
| P. | considérant que la Turquie poursuit ses actions militaires illégales et unilatérales en Méditerranée orientale, qui vont à l’encontre de la souveraineté d’États membres de l’Union, à savoir la Grèce et Chypre; considérant que l’intervention directe de la Turquie en faveur de l’Azerbaïdjan, dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh, dépasse ses intérêts géoéconomiques et révèle des ambitions géopolitiques plus vastes, de même que les actions de la Turquie en Libye et en Syrie; considérant que la prise de distance continue et toujours plus marquée de la Turquie à l’égard des valeurs et des normes européennes a entraîné une détérioration inédite et inquiétante des relations entre l’Union européenne et la Turquie; |
| 1. | condamne les activités illégales de la Turquie à Varosia, notamment sa «réouverture» partielle; souligne que la création d’un nouveau fait accompli sape la confiance mutuelle et la perspective d’une résolution globale du problème de Chypre, en altérant de façon négative la situation sur le terrain, en exacerbant les divisions et en ancrant la partition permanente de Chypre; met en garde contre toute modification du statu quo à Varosia en contravention des résolutions susmentionnées du CSNU; |
| 2. | exhorte le gouvernement de la Turquie à revenir sur cette décision et à éviter toute action unilatérale qui pourrait créer de nouvelles tensions sur l’île, conformément à la demande récente du CSNU; demande à la Turquie d’engager le retrait de ses troupes de Chypre, de transférer la zone de Varosia à ses habitants légitimes sous l’administration temporaire des Nations unies, conformément à la résolution 550 (1984) du CSNU, et de s’abstenir de prendre des mesures qui modifient l’équilibre démographique de l’île par une politique d’implantation illégale; insiste sur la nécessité de mettre en œuvre l’acquis de l’Union sur l’ensemble de l’île après la résolution du problème de Chypre; |
| 3. | est fermement convaincu qu’une résolution durable du conflit passera nécessairement par le dialogue, la diplomatie et les négociations dans un esprit de bonne volonté et de respect du droit international; réaffirme sa conviction qu’une résolution durable du problème de Chypre serait bénéfique pour tous les pays de la région, à commencer par Chypre, la Grèce et la Turquie; invite le Conseil européen à conserver sa position commune par rapport aux actions unilatérales et illégales de la Turquie, à prendre des mesures et à imposer des sanctions fortes en réaction aux actions illégales de la Turquie; rappelle que seuls le dialogue, une coopération sincère et des progrès concrets sur le terrain pourront éviter de nouvelles sanctions; |
| 4. | insiste sur le fait que le secrétaire général des Nations unies a appelé de ses vœux une reprise des négociations à partir du point atteint à Crans-Montana en 2017; souligne que cette reprise devrait s’appuyer sur la déclaration commune des deux dirigeants du 11 février 2014, le cadre en six points présenté par le secrétaire général des Nations unies le 30 juin 2017 et les convergences dégagées à l’issue de la conférence; déplore que les plus hautes autorités turques aient approuvé la solution fondée sur la coexistence de deux États; presse la Turquie de s’engager concrètement en faveur des recommandations du secrétaire général des Nations unies; |
| 5. | rappelle qu’il est favorable à un règlement équitable, global et viable fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale, une personnalité juridique internationale unique, une souveraineté unique ainsi qu’une nationalité unique et une égalité politique entre les deux communautés, comme les résolutions du CSNU sur le sujet le définissent, conformément au droit international et à l’acquis de l’Union européenne, et dans le respect des principes fondateurs de l’Union; |
| 6. | s’inquiète de la possibilité que l’«ouverture» illégale de Varosia vise à modifier le statut de la propriété immobilière dans cette région, ce qui compromettrait les perspectives de retour de Varosia tel que prescrit par les résolutions pertinentes du CSNU ou dans le cadre d’une résolution globale du problème de Chypre; prie instamment la Turquie de s’abstenir d’installer illégalement des personnes autres que les résidents légitimes à Varosia ou de demander à ces derniers de réinvestir leur foyer sous occupation militaire; |
| 7. | met l’accent sur le fait que des négociations directes sous l’égide des Nations unies et sur la base convenue restent le seul moyen de trouver une solution pour réunifier l’île et sa population, ce qui permettrait par ailleurs de normaliser les relations entre Chypre et la Turquie, d’améliorer les perspectives de délimitation de leurs zones économiques exclusives respectives et de renforcer les relations entre l’Union et la Turquie; demande une reprise, dès que possible, des négociations sur la réunification de Chypre sous les auspices du secrétaire général des Nations unies et sur la base convenue; |
| 8. | soutient les communautés chypriotes turque et grecque dans leurs aspirations à la paix et à la stabilité; invite la Commission à rapidement mettre en œuvre le deuxième programme d’action annuel d’aide à la communauté chypriote turque, destiné à soutenir les projets qui encouragent la réconciliation et améliorent les infrastructures, la protection de l’environnement et le développement économique; demande notamment que le soutien à la société civile des communautés chypriotes turque et grecque se poursuive et soit renforcé au moyen du programme d’aide de l’Union européenne et, de manière plus structurelle, au sein du nouveau cadre financier pluriannuel, et notamment du programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs»; |
| 9. | invite l’Union et ses États membres à jouer un rôle plus actif pour mener à bien les négociations sous les auspices des Nations unies, y compris au moyen de la nomination d’un représentant auprès de la mission de bons offices des Nations unies, et à coordonner leurs efforts avec le Parlement européen afin de convaincre la Turquie de revenir sur ses activités illégales à Varosia; |
| 10. | souligne son soutien à l'intégrité territoriale de Chypre et demande aux États membres de l'Union de s'opposer à toute tentative de pays tiers visant à reconnaître un État sur l'île de Chypre autre que la République de Chypre; |
| 11. | regrette les déclarations du président turc lors de sa visite à Varosia le 15 novembre 2020, qui ont révélé de manière flagrante la «feuille de route» d’Ankara vers une implantation illégale de la ville bouclée et son soutien à une partition permanente de Chypre; |
| 12. | prie la Turquie de s’abstenir de poursuivre toute action unilatérale, comme les activités illicites de forage d’exploration, qui aggraverait encore la violation de la souveraineté et des droits souverains de la République de Chypre, menacerait de créer de nouveaux faits accomplis en infraction du droit maritime, nuirait à la reprise de négociations substantielles et à la perspective d’une solution globale sur la base convenue, et entraverait les bonnes relations de voisinage dans la région; |
| 13. | invite la mission des Nations unies à Chypre à redoubler d’efforts pour suivre l’évolution de la situation à Varosia; |
| 14. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu’au président, au gouvernement et au Parlement de la Turquie. |
(1) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0200.
(2) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0230.
(3) JO C 249 E du 30.8.2013, p. 1.
(4) JO C 8 E du 14.1.2010, p. 41.
(5) JO C 184 E du 8.7.2010, p. 12.
(6) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0114.
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2020 sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Égypte, en particulier le cas des militants de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) (2020/2912(RSP))
18/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la mise en œuvre de la directive sur le retour (2019/2208(INI))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87751 × MON 87701 × MON 87708 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069145/02 — 2020/2891(RSP))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × MON 87411 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et MON 87411, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069146/02 — 2020/2892(RSP))
17/12/2020