| CELEX | 52020IP0378 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 17 décembre 2020 |
| 29.10.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 445/140 |
P9_TA(2020)0378
La stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité (2020/2791(RSP))
(2021/C 445/17)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur l'Union européenne (traité UE), et notamment ses articles 2 et 3, et le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (traité FUE), et notamment ses articles 4, 16, 67, 70 à 72, 75, 82 à 87 et 88, |
| — | vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et notamment ses articles 6, 7, 8, 11, 14, 21 et 24, |
| — | vu la communication de la Commission du 24 juillet 2020 relative à la stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité (COM(2020)0605), |
| — | vu la communication de la Commission du 24 juillet 2020 sur la stratégie de l’UE en faveur d’une lutte plus efficace contre les abus sexuels commis contre des enfants (COM(2020)0607), |
| — | vu la communication de la Commission du 24 juillet 2020 sur le plan d’action de l’UE en matière de lutte contre le trafic d’armes à feu pour la période 2020-2025 (COM(2020)0608), |
| — | vu la communication de la Commission du 24 juillet 2020 sur le programme et le plan d’action antidrogue de l’UE (2021-2025) (COM(2020)0606), |
| — | vu la communication de la Commission du 9 décembre 2020 intitulée «Programme de lutte antiterroriste pour l’UE: anticiper, prévenir, protéger et réagir» (COM(2020)0795), |
| — | vu sa résolution du 19 septembre 2019 sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la législation de l’Union relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux (1), |
| — | vu sa résolution du 10 juillet 2020 sur une politique globale de l’Union en matière de prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme — plan d’action de la Commission et autres évolutions récentes (2), |
| — | vu sa résolution du 12 décembre 2018 sur les observations et les recommandations de la commission spéciale sur le terrorisme (3), |
| — | vu sa résolution du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe (4), |
| — | vu sa résolution du 19 juin 2020 sur les manifestations contre le racisme après la mort de George Floyd (5), |
| — | vu sa résolution du 26 novembre 2019 sur les droits de l’enfant à l’occasion du 30e anniversaire de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (6), |
| — | vu l’arrêt rendu par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) le 6 octobre 2020 dans les affaires jointes C-511/18 La Quadrature du Net e.a., C-512/18 French Data Network e.a. et C-520/18 Ordre des barreaux francophones et germanophone e.a., |
| — | vu la jurisprudence de la CJUE relative à la surveillance de masse et à la conservation des données, |
| — | vu la communication de la Commission du 12 septembre 2018 intitulée «Une Europe qui protège: une initiative pour étendre les compétences du Parquet européen aux infractions terroristes transfrontières» (COM(2018)0641), |
| — | vu les rapports récents d’Europol (7), |
| — | vu l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur, |
| — | vu la proposition de résolution de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, |
| A. | considérant que la politique de sécurité de l’Union doit continuer à reposer sur ses valeurs fondatrices, qui sont inscrites à l’article 2 du traité UE, notamment les principes de démocratie, des libertés individuelles et de l’état de droit, ainsi que sur la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; que le droit à la sûreté énoncé à l’article 6 de la charte fait référence à la fait référence à la sécurité contre les arrestations, fouilles et autres interventions déraisonnables de l’État; que le projet européen repose sur l’idée d’une société ouverte; que toute restriction de l’exercice de ces droits et libertés doit être prévue par la loi et respecter le contenu essentiel desdits droits et libertés; que, dans le respect du principe de proportionnalité, des restrictions ne peuvent être apportées que si elles sont nécessaires et répondent effectivement à des objectifs d’intérêt général reconnus par l’Union ou au besoin de protection des droits et libertés d’autrui; |
| B. | considérant que la nouvelle stratégie de l’Union pour l’union de la sécurité devrait apporter les réponses appropriées pour relever efficacement les défis existants et émergents dans un paysage européen en mutation rapide des menaces pour la sécurité; que la Commission a recensé comme principaux enjeux la cybercriminalité, notamment l’usurpation d’identité et la cybersécurité, les menaces hybrides, la désinformation et la criminalité organisée, notamment la traite des êtres humains, le trafic d’armes à feu, le trafic de drogues ainsi que la criminalité financière, économique et environnementale; |
| C. | considérant qu’en 2019, le nombre d’attentats terroristes au sein de l’Union a diminué, mais que l’Union a récemment été marquée par de nouveaux attentats terroristes; que plusieurs attentats perpétrés par des personnes d’extrême-droite n’ont pas été officiellement reconnus comme des attentats terroristes (8); que la menace liée au terrorisme djihadiste reste élevée, et que celle relative au terrorisme de droite s’est accrue au cours des dernières années; que la menace du terrorisme de gauche continue de se manifester dans certains États membres; qu’il convient de condamner et de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations; que l’internet est l’un des instruments les plus fréquemment utilisés par les organisations terroristes pour diffuser des contenus à caractère terroriste (9), recruter de nouveaux membres et inciter à la violence; |
| D. | considérant que, selon un rapport de la Commission publié le 30 septembre 2020 (10), des lacunes importantes dans la mise en œuvre de la directive (UE) 2017/541 (11) ont été signalées dans la majorité des États membres; |
| E. | considérant que de nouvelles formes d’activités criminelles organisées continuent d’apparaître en Europe, exploitant les vulnérabilités changeantes de la société, et que la plupart des organisations criminelles sont impliquées dans de multiples activités criminelles; que les profits des organisations criminelles dans l’Union sont estimés à 110 milliards d’euros par an, mais qu’environ 1 % seulement de ces profits sont confisqués (12); qu’il existe un lien étroit entre la criminalité organisée et la corruption; |
| F. | considérant qu’en 2019, la Commission a engagé des procédures d’infraction à l’encontre de 23 États membres pour non-respect de la directive 2011/93/UE du 13 décembre 2011 relative à la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie (13); que les États membres ont réalisé des progrès dans la mise en œuvre de cette directive, mais que des difficultés persistent, notamment pour ce qui a trait à la prévention, au droit pénal, ainsi qu’à la protection, au soutien et à l’aide aux victimes; que la disponibilité généralisée des dispositifs en ligne facilite la coercition et l’extorsion sexuelles des enfants en ligne ainsi que l’exploitation sexuelle sur la base de contenus explicites produits par des enfants eux-mêmes; qu’un nombre croissant d’enfants et d’adolescents sont victimes de pédopiégeage en ligne; |
| G. | considérant que l’exploitation sexuelle reste le principal objectif de la traite des êtres humains au sein de l’Union et qu’une augmentation de la traite à des fins d’exploitation par le travail a été signalée dans plusieurs États membres (14); que le nombre de condamnations et de poursuites reste faible par rapport au nombre de victimes signalé; que les technologies numériques, les médias sociaux et les services internet sont des outils majeurs utilisés pour recruter les victimes de la traite des êtres humains; |
| H. | considérant que, selon les rapports de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) et d’Europol, le marché des drogues illicites dans l’Union, qui est de plus en plus complexe, adaptable et innovant, présente une valeur de vente au détail estimée à environ 30 milliards d’euros par an, et que le trafic de drogues illicites représente une source majeure de revenus pour les organisations criminelles, qui peuvent avoir des liens avec d’autres activités illégales et le terrorisme; que le trafic de drogues illicites devient un moteur de l’augmentation de la violence et de la corruption et peut avoir de vastes répercussions négatives sur la société; que les décès liés à la drogue en Europe semblent stables, avec plus de 9 000 morts par an (15), et que la consommation de drogue reste un problème grave de santé publique; |
| I. | considérant qu’en 2019, Europol a continué de proposer aux États membres une analyse opérationnelle ainsi qu’un traitement des contributions, et d’apporter un soutien proactif aux enquêtes de haut niveau dans les trois domaines qui constituent une menace permanente pour la sécurité intérieure de l’Union, à savoir la cybercriminalité, la grande criminalité organisée et le terrorisme; |
| J. | considérant qu’en 2019, le réseau Prüm disposait de plus de 9,2 millions de profils ADN pouvant être comparés dans toutes les bases de données des États membres, avec plus de 2,2 millions de recherches ADN effectuées cette année-là; qu’il y a eu en outre près de 400 000 recherches d’empreintes digitales, qui ont produit 10 000 résultats vérifiés, ainsi que plus de 16 millions de recherches sur les données d'immatriculation des véhicules (16); |
| K. | considérant que la coopération judiciaire en matière pénale constitue l’une des bases de l’espace de liberté, de sécurité et de justice de l’Union et repose sur le principe de la reconnaissance mutuelle des jugements et des décisions judiciaires; que la reconnaissance mutuelle doit se fonder sur la confiance mutuelle entre les États membres; que les enquêtes sur de nombreux crimes nécessitent des preuves qui sont stockées électroniquement («preuves électroniques»); que les autorités compétentes rencontrent souvent des difficultés pratiques pour obtenir les données nécessaires auprès des prestataires de services dans le cadre d’enquêtes transfrontières en raison de l’inefficacité des instruments existants, tels que les accords d’entraide judiciaire et la décision d’enquête européenne; que les procédures existantes peuvent être longues et que les données nécessaires ont souvent été supprimées au moment où la demande parvient au prestataire de services; que les colégislateurs discutent actuellement de l’élaboration d’un train de mesures législatives sur les preuves électroniques; |
| L. | considérant que la mise en œuvre de la directive relative aux garanties procédurales (17), qui vise à assurer l’équité des procédures pénales, s’est avérée insatisfaisante, ce qui porte préjudice à la confiance mutuelle et à la coopération entre les autorités judiciaires; |
| M. | considérant que la CJUE a jugé à plusieurs reprises que la conservation généralisée des données et la surveillance de masse des communications électroniques ou des données relatives aux déplacements ne respectaient pas la charte des droits fondamentaux; que, dans son arrêt dans les affaires jointes C-511/18, C-512/18 et C520/18, la CJUE a confirmé la jurisprudence Tele2, concluant que seule une conservation ciblée de données limitée à des personnes spécifiques ou à une zone géographique spécifique est autorisée; que la Cour a également précisé, toutefois, que les adresses IP attribuées à la source d’une communication peuvent faire l’objet d’une conservation généralisée et indiscriminée aux fins de la lutte contre la grande criminalité et les menaces graves à la sécurité publique, sous réserve de garanties strictes; |
| N. | considérant que la mise en œuvre de la directive relative aux droits des victimes (18) n’est pas satisfaisante, notamment à cause de transpositions incomplètes et/ou inappropriées (19); |
| O. | considérant que la crise de la COVID-19 a considérablement exacerbé certains crimes, notamment la production et la diffusion en ligne de contenus pédopornographiques, les signalements en la matière ayant augmenté de 25 % dans certains États membres; qu’entre 70 % et 85 % des enfants qui ont subi des abus connaissent leur agresseur, et que la grande majorité sont victimes de personnes en qui ils ont confiance; que les signalements de violences domestiques, en particulier à l’encontre des femmes et des enfants, ont considérablement augmenté durant cette période; que la pandémie s’est avérée avoir une incidence importante sur la grande criminalité organisée dans toute l’Europe, dans des domaines tels que la cybercriminalité, la contrefaçon de biens et la criminalité organisée contre les biens (20); que la crise provoque des retards et entrave l’accès à la justice, à l’aide et au soutien et aggrave les conditions de détention; que la crise a aggravé la situation des migrants, les rendant plus vulnérables aux abus commis par des criminels, et a entraîné un déplacement des itinéraires empruntés par les passeurs; |
| 1. | se félicite de la publication de la nouvelle stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité et insiste sur la nécessité d’appliquer et d’évaluer efficacement la législation européenne existante dans ce domaine; partage l’avis de la Commission selon lequel, lorsque des lacunes ont été constatées dans le cadre réglementaire et le cadre d’application, un suivi est nécessaire sous la forme d’initiatives législatives et non législatives; insiste par ailleurs sur le fait que les mesures adoptées dans le cadre de la stratégie pour l’union de la sécurité doivent être suffisamment flexibles, de sorte à s’adapter aux circonstances en perpétuel changement et aux organisations criminelles qui modifient leur modus operandi; |
| 2. | souligne que toute nouvelle proposition législative doit faire l’objet d’une analyse d’impact approfondie et complète, notamment en ce qui concerne l’incidence sur les droits fondamentaux et les risques de discrimination; souligne le rôle clé de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union (FRA) dans l’évaluation du respect des droits fondamentaux; |
| 3. | souligne que le terrorisme, quelle que soit sa nature, a pour but de menacer les sociétés démocratiques en Europe et cible les valeurs européennes; déplore les nombreuses victimes, en particulier d’attentats djihadistes et d’extrême-droite, ces dernières années; souligne l’importance du travail des services répressifs, qui ont contribué à déjouer de nombreux attentats; relève toutefois que la menace terroriste reste élevée au sein de l’Union; presse la Commission de garantir la mise en œuvre entière et rapide de la directive (UE) 2017/541 relative à la lutte contre le terrorisme dans tous les États membres; salue le nouveau programme de lutte antiterroriste de l’Union présenté par la Commission le 9 décembre 2020, lequel préconise une démarche conjointe fondée sur les travaux existants et les nouvelles initiatives qui y sont exposées à des fins d’anticipation, de prévention, de protection et de réaction face aux menaces terroristes, qui utilisent différents vecteurs, tels que ceux mentionnés dans le rapport d’Europol TE-SAT 2020; estime que les mesures et les actions que ce programme contient, notamment sur la coordination, l’intensification de la coopération aux niveaux national, régional et international et l’échange d’informations entre les autorités compétentes des États membres, sur le financement du terrorisme, sur la lutte contre la radicalisation en ligne et hors ligne, sur la prévention et l’éducation, sur la lutte contre les discours de haine, le racisme et l’intolérance, ainsi que sur la protection, l’assistance et le soutien aux victimes du terrorisme, contribueront à contrecarrer plus efficacement la menace terroriste à l’avenir; |
| 4. | invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre une approche globale pour prévenir et lutter contre la radicalisation, laquelle devrait combiner des politiques en matière de sécurité et d’éducation ainsi que des politiques sociales, culturelles et antidiscriminatoires, et inclure toutes les parties prenantes concernées, y compris le réseau européen de sensibilisation à la radicalisation (RSR), les initiatives communautaires citoyennes et le travail communautaire citoyen, la police de proximité, l’intégration des langues et des valeurs, ainsi que la formation tout au long de la vie; demande une nouvelle fois à la Commission d’utiliser plus efficacement les fonds de l’Union à cette fin ainsi que d’élaborer des méthodologies destinées à contrôler l’efficacité des programmes concernés; |
| 5. | souligne que l’éducation, y compris le développement de la réflexion critique, de compétences numériques et en matière de sécurité en ligne, est essentielle pour la prévention à moyen et long terme ainsi que pour réduire la radicalisation et la négation de droits conduisant à des activités criminelles; |
| 6. | rappelle que, bien que ce ne soit pas l’unique facteur, les contenus à caractère terroriste en ligne se sont révélés être un catalyseur de la radicalisation des individus, et des jeunes en particulier, dont certains ont commis des infractions terroristes au sens de la directive (UE) 2017/541; estime que la lutte contre les inégalités sociales est essentielle pour s’attaquer aux causes profondes de la radicalisation; souligne la nécessité d’identifier rapidement et de supprimer complètement les contenus à caractère terroriste en ligne sur la base de dispositions juridiques claires, y compris un examen humain et des garanties appropriées et solides afin de garantir le respect total des droits fondamentaux et des normes constitutionnelles; souligne que, en dépit des progrès accomplis à cet égard, les entreprises doivent être beaucoup plus engagées dans ce processus; demande que des mécanismes transparents soient établis pour permettre l’identification et le signalement rapide des contenus à caractère terroriste en ligne, ainsi que le signalement de ces contenus par les citoyens; estime que la proposition de règlement relatif à la prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne (21) sur laquelle le Parlement et le Conseil se sont récemment entendus est un outil important à cet égard, et préconise de le mettre pleinement en œuvre dès que le règlement entrera en application; souligne la nécessité de renforcer les capacités de l’unité de l'UE chargée du signalement des contenus sur Internet (EU IRU) au sein d’Europol; |
| 7. | rappelle que la liberté de religion et la liberté d’expression sont des droits fondamentaux, consacrés par les articles 10 et 11 de la charte des droits fondamentaux; invite l’Union et ses États membres à faire respecter ces droits fondamentaux à la lumière des attentats terroristes récents, motivés par des considérations religieuses; |
| 8. | se félicite du programme de lutte contre la criminalité organisée annoncé par la Commission; demande une nouvelle fois la révision de la décision-cadre 2008/841/JAI du Conseil du 24 octobre 2008 relative à la lutte contre la criminalité organisée (22) et l’adoption d’une définition commune de la criminalité organisée; estime que cette définition commune doit également tenir compte du recours à la violence, à la corruption ou à l’intimidation par des groupes criminels pour obtenir le contrôle d’activités économiques ou de marchés publics, ou pour influencer les processus démocratiques; est d’avis qu’il est possible de démanteler plus efficacement les organisations criminelles en les privant des profits de leurs crimes; souligne, à cet égard, la nécessité de nouvelles mesures de gel et de confiscation des avoirs, y compris les avoirs non liés à une condamnation, et invite les États membres à renforcer la coopération et l’échange d’informations à cet égard; relève que les activités criminelles émergentes, telles que la criminalité environnementale, la criminalité organisée contre les biens ou le trafic de biens culturels, ne devraient pas être négligées, car elles servent souvent à financer d’autres activités criminelles; |
| 9. | se félicite de la communication de la Commission du 7 mai 2020 relative à un plan d’action pour une politique globale de l’Union en matière de prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, qui ouvre la voie à de nouvelles améliorations en matière de réponse de l’Union à ces crimes, notamment sur le contrôle de l’application et la mise en œuvre de la législation existante; rappelle qu’il importe d’améliorer la coopération entre les autorités administratives, judiciaires et répressives au sein de l’Union, en particulier les cellules de renseignement financier des États membres, y compris au moyen de FIU.net; estime qu’il convient d’accroître la visibilité des modèles de coopération actuels dans le domaine de la sécurité, tels que la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT); estime que l’Union devrait montrer la voie en ce qui concerne les réformes indispensables du Groupe d’action financière (GAFI); estime que la directive antiblanchiment doit faire l’objet d’une évaluation approfondie et, si nécessaire, d’une révision; |
| 10. | réitère son appel aux institutions de l’Union et aux États membres pour qu’ils combattent résolument la corruption systémique et conçoivent des instruments efficaces de prévention, de lutte et de sanction à l’encontre de la corruption, de lutte contre la fraude et de suivi régulier de l’utilisation des fonds publics; invite dès lors la Commission à reprendre sans plus tarder sa veille annuelle de la lutte contre la corruption et la publication d’un rapport à ce sujet, concernant tous les États membres ainsi que les institutions, agences et organes de l’Union; souligne donc que les financements de l’Union au titre du nouveau CFP et du plan de relance doivent être efficacement protégés contre une utilisation à des fins de corruption et de fraude par les organisations criminelles; |
| 11. | rappelle que les États membres disposant de programmes d’octroi de citoyenneté et de résidence contre investissement facilitent souvent la corruption et le blanchiment d’argent, entraînant ainsi des risques pour la sécurité au sein de l’Union; se félicite des procédures d’infraction lancées par la Commission à cet égard (23); demande une nouvelle fois à la Commission de faire pleinement usage de son droit d’initiative législative et de présenter une proposition législative visant à interdire ou à réglementer ces programmes; |
| 12. | insiste sur la nécessité de redoubler d’efforts au niveau national et de l’Union pour s’attaquer au phénomène en constante évolution des abus sexuels commis contre des enfants en ligne et hors ligne, notamment pour prévenir, détecter et signaler les abus sexuels commis contre des enfants, retirer les contenus pédopornographiques en ligne, et pour améliorer les enquêtes et les poursuites des infractions associées; prend note de la communication de la Commission du 24 juillet 2020 relative à la stratégie de l’UE en faveur d’une lutte plus efficace contre les abus sexuels commis contre des enfants; prend acte, en outre, de l’intention de la Commission de présenter avant juin 2021 une nouvelle proposition législative globale exigeant des prestataires de services qu’ils détectent et signalent les abus sexuels contre des enfants sur Internet; compte que cette proposition respectera pleinement les droits fondamentaux et qu’elle sera accompagnée d’une analyse d’impact approfondie; |
| 13. | souligne que ces mesures doivent être complétées par une campagne de sensibilisation du public conçue en coopération avec toutes les parties prenantes concernées, y compris les organisations de défense des droits de l’enfant, destinée à sensibiliser les enfants, leurs parents et les enseignants aux dangers en ligne; demande un renforcement de la protection des enfants, y compris de leurs données à caractère personnel et de leur vie privée sur l’internet, et invite les États membres à soutenir les réseaux et les campagnes qui s’y emploient actuellement; |
| 14. | demande aux États membres de mettre pleinement en œuvre la directive 2011/93/UE et d’y consacrer d’urgence les ressources humaines et financières appropriées; regrette que le code pénal de plusieurs États membres ne prévoie que des sanctions très légères contre le fait de se livrer à des activités sexuelles avec un enfant, qui ne constituent pas une mesure dissuasive efficace (24); invite les États membres à réévaluer ces sanctions et à apporter les modifications législatives nécessaires pour mettre rapidement leurs codes en conformité avec les dispositions de la directive 2011/93/UE; prie instamment la Commission d’évaluer s’il convient de renforcer cette directive en y ajoutant des dispositions relatives à la protection et au soutien des victimes, ainsi qu’à la prévention de ces infractions; |
| 15. | rappelle à la Commission son appel lancé en faveur de la désignation d’un représentant de l’Union pour les droits des enfants, qui devrait servir de point de référence pour toutes les questions et tous les domaines d’action de l’Union liés aux enfants; se félicite de la décision de la Commission visant à inclure dans la stratégie de l’Union 24 juillet 2020 en faveur d’une lutte plus efficace contre les abus sexuels commis contre des enfants la création d’un centre européen pour prévenir et lutter contre les abus sexuels commis contre des enfants, tel que demandé par le Parlement dans sa résolution du 26 novembre 2019 relative aux droits des enfants, à titre d’élément central d’une approche européenne coordonnée associant de multiples acteurs, intégrant l’application de la loi, la prévention et l’aide aux victimes d’abus sexuels contre des enfants; |
| 16. | souligne que le chiffrement de bout en bout contribue à la vie privée des citoyens, y compris la protection des enfants sur l’internet, et à la sécurité des systèmes informatiques et qu’il est indispensable pour les journalistes d’investigation et les lanceurs d’alerte, entre autres, qui souhaitent signaler des actes répréhensibles; insiste sur le fait que les portes dérobées peuvent compromettre gravement la force et l’efficacité du chiffrement, et peuvent être utilisées de manière abusive par des criminels et des acteurs étatiques extérieurs à l’Union cherchant à déstabiliser notre société; souligne que les criminels s’adaptent rapidement aux nouvelles évolutions et exploitent les technologies émergentes à des fins illicites; invite dès lors les États membres et l’Agence de l'Union européenne pour la formation des services répressifs (CEPOL) à fournir une formation de qualité supérieure dans les domaines utiles aux autorités répressives; invite la Commission à évaluer si une solution réglementaire peut être trouvée pour permettre à des services répressifs légaux et ciblés d’accéder aux données nécessaires dans le respect des droits fondamentaux; |
| 17. | souligne que la désinformation, en particulier lorsqu’elle est amplifiée par de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et les hypertrucages, qu’elle soit déployée par des acteurs étatiques ou non étatiques, peut présenter une menace pour notre démocratie et notre sécurité; invite la Commission à faire de la lutte contre la désinformation un pilier central de notre stratégie pour l’union de la sécurité, notamment en lui allouant un financement adéquat; prend acte du plan d’action pour la démocratie européenne, qui s’attaque au problème de la désinformation en tant que menace potentielle pour la sécurité intérieure; rappelle l’importance des campagnes de sensibilisation visant à informer les citoyens de l’utilisation de ces techniques de désinformation; |
| 18. | reconnaît que la lutte contre les menaces hybrides qui visent à affaiblir la cohésion sociale et à ébranler la confiance dans les institutions, ainsi que le renforcement de la résilience de l’Union, sont des éléments essentiels de la stratégie pour l’union de la sécurité; souligne, à cet égard, la nécessité d’une coopération plus étroite entre les États membres ainsi que d’une coordination plus efficace au niveau de l’Union, entre tous les acteurs concernés, pour lutter contre ces menaces; se félicite des mesures cruciales de lutte contre les menaces hybrides définies par la Commission et souligne la nécessité d’intégrer les considérations hybrides dans l’élaboration des politiques au sens large; |
| 19. | souligne que les technologies nouvelles et évolutives s’intègrent dans tous les aspects de notre sécurité et créent des menaces ainsi que des défis nouveaux en matière de sécurité; souligne l’importance de sécuriser les infrastructures critiques, y compris les infrastructures numériques et de communication; invite la Commission à programmer de manière proactive la recherche, le développement et le déploiement des nouvelles technologies en vue de garantir la sécurité intérieure de l’Union, dans le plein respect des droits fondamentaux et des valeurs européennes; souligne que l’Union ne doit pas financer des technologies qui violent les droits fondamentaux; |
| 20. | souligne que l’infrastructure 5G constitue un élément stratégique de la sécurité européenne future ainsi qu’un aspect clé de la résilience stratégique européenne; invite la Commission à élaborer un plan pour la mise au point de la 5G européenne, y compris des financements pour son développement en Europe, ainsi qu’un plan pour éliminer graduellement et remplacer la technologie 5G émanant de pays tiers qui violent les droits fondamentaux et les valeurs européennes; |
| 21. | note que le trafic criminel organisé est souvent étroitement lié à d’autres formes de criminalité organisée; s’attend à ce que le plan d’action de l’UE contre le trafic de migrants pour la période 2021-2025 propose des mesures pour améliorer la prévention et l’identification des réseaux de trafic criminel ainsi que les enquêtes et les poursuites concernant ces réseaux; estime que, parmi ses principaux aspects, le plan d’action devrait aborder les plateformes de médias sociaux et de messagerie en ligne que les trafiquants utilisent pour promouvoir les services et recruter des clients; estime qu’une attention particulière devrait être portée sur les mineurs non accompagnés qui représentent un groupe très vulnérable et sont exposés à divers risques, y compris la violence, les abus et l’exploitation, sur les routes migratoires vers et au sein de l’Union (25); prend acte du rôle des agences et entités de l’Union, notamment du Centre européen chargé de lutter contre le trafic de migrants (EMSC) d’Europol; invite les États membres à se conformer au droit international dans les questions relatives à l’aide humanitaire apportée aux personnes en détresse en mer, en accord avec les orientations 2020 de la Commission; |
| 22. | se félicite de l’adoption du plan d’action 2020-2025 de l’Union sur le trafic d’armes à feu, qui comprend des indicateurs clairs ainsi que des dispositions concernant l’envoi de rapports et englobe les partenaires de l’Europe du Sud-Est (Balkans occidentaux, Moldavie et Ukraine), tout en renforçant la coopération avec les pays du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord; se félicite de l’intention de la Commission d’introduire une collecte de données systématique et harmonisée lors des saisies d’armes à feu; |
| 23. | demande la mise en œuvre rapide de l’action préparatoire proposée par le Parlement pour une surveillance efficace du dark net au niveau de l’Union, et invite les États membres et la Commission à envisager d’autres actions de prévention du trafic d’armes à feu sur le dark net; |
| 24. | se félicite de la proposition de la Commission visant à confirmer l’engagement de l’Union et des États membres de protéger la santé et la sécurité des citoyens contre les menaces liées à la drogue par l’adoption d’un nouveau programme antidrogue de l’UE pour les cinq prochaines années; estime que la politique antidrogue de l’Union devrait continuer de suivre une approche intégrée, équilibrée, multidisciplinaire et fondée sur des données probantes et sur les droits de l’homme ainsi qu’être étroitement coordonnée avec l’action externe de l’Union; insiste sur le fait que, dans son action de lutte contre les drogues illicites, l’Union devrait consacrer une attention et des ressources comparables à la fois à l’offre et à la demande dans ce secteur et demande que, dans le plan d’action de l’Union, l’accent soit mis sur la désintoxication et la prévention, également par l’intermédiaire de campagnes de sensibilisation destinées plus particulièrement aux jeunes; |
| 25. | soutient la participation de la société civile et d’autres parties prenantes pertinentes dans les discussions actuelles relatives à la communication de la Commission sur le programme et plan d’action antidrogue de l’UE 2021-2025; est d’avis que les réponses nationales et européennes aux enjeux relatifs aux drogues devraient être mises en œuvre avec l’implication la plus forte possible des personnes concernées, y compris les consommateurs de drogue; demande l’extension du mandat de l’OEDT afin qu’il couvre la polytoxicomanie; |
| 26. | prend acte de la proposition législative de la Commission du 9 décembre 2020 (26) visant à renforcer le mandat d’Europol dans le cadre de la mission et des tâches qui lui incombent en vertu du traité afin de lui permettre de mieux remplir son rôle en tant que plateforme d’échange d’informations sur l’application de la loi et de coopération dans la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité organisée au sein de l’Union de fournir à Europol les outils nécessaires pour coopérer plus efficacement avec tous les partenaires concernés; souligne que ces changements devraient s’accompagner d’une responsabilité politique renforcée ainsi que d’un contrôle judiciaire et parlementaire accru, mettant l’accent sur la responsabilité, la transparence et le respect des droits fondamentaux; insiste sur le fait que la révision du mandat d’Europol devrait rendre le régime de protection des données de l’agence totalement conforme au règlement (UE) 2018/1725 (27); demande que l’évaluation du cadre juridique actuel du mandat d’Europol soit présentée conformément à l’article 68 de l’actuel règlement Europol; |
| 27. | prend acte de l’éventuelle modernisation du cadre réglementaire des décisions Prüm; reconnaît les défauts et les améliorations potentielles qui ont été identifiés par divers experts et attribués, entre autres, à une qualité insuffisante des données; rappelle l’importance de disposer de données précises et publiques concernant l’utilisation du cadre Prüm, et demande à la Commission de recueillir ces données auprès de tous les États membres participants, afin d’évaluer correctement le cadre Prüm actuel et de favoriser un contrôle démocratique satisfaisant; demande que toute nouvelle proposition prévoie l’obligation pour les États membres de fournir à la Commission ces données, qui doivent être utilisées pour produire des rapports d’examen réguliers et accessibles au public; demande, en outre, que la proposition soit accompagnée d’une analyse d’impact approfondie, couvrant les implications en matière de droits fondamentaux, qui devrait démontrer si l’échange automatique de données présenterait une valeur ajoutée et si d’autres catégories de données biométriques seraient nécessaires; insiste sur le fait que toute nouvelle solution doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité ainsi que les acquis de l’Union en matière de protection des données et proposer des garanties solides pour protéger les droits fondamentaux; |
| 28. | souligne que la directive concernant information préalable sur les passagers (directive API) (28) a contribué à des contrôles aux frontières plus efficaces et à l’identification de personnes représentant une menace pour la sécurité; relève l’intention de la Commission de proposer une nouvelle version de la directive API, de sorte qu’elle soit conforme aux dispositions du traité de Lisbonne et aux acquis en matière de protection des données; s’attend à ce que cette révision soit accompagnée d’une analyse d’impact complète, notamment de ses répercussions sur les droits fondamentaux; |
| 29. | rappelle que d’importantes initiatives législatives de l’Union ont été finalisées ces dernières années afin de repérer les criminels aux frontières extérieures et d’améliorer l’efficacité de la coopération policière en vue de contribuer à un niveau élevé de sécurité au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice de l’Union; rappelle, en outre, que ces initiatives comprennent une nouvelle architecture pour les systèmes d’information de l’Union et leur interopérabilité, et qu’il convient désormais de se concentrer sur leur mise en œuvre en temps utile, dans le respect intégral des droits fondamentaux; |
| 30. | insiste sur le fait qu’une capacité suffisante de traitement des informations par les services répressifs est un élément essentiel de toute la chaîne des efforts de sécurité dans l’ensemble de l’Union; souligne qu’une capacité insuffisante dans un ou plusieurs États membres affaiblit grandement l’efficacité des politiques de sécurité de l’Union; invite la Commission à faire tout ce qui relève de ses compétences pour garantir une capacité adéquate de traitement de l’information dans les États membres; |
| 31. | reconnaît le travail accompli par Eurojust pour soutenir et coordonner le travail des autorités judiciaires nationales en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites relatives à la criminalité transnationale; demande que davantage d’efforts soient fournis pour renforcer la confiance mutuelle entre les autorités judiciaires, notamment grâce à la mise en œuvre effective des directives sur la feuille de route procédurale, et pour faciliter et accélérer l’échange d’informations et la communication au sein du secteur judiciaire européen; souligne que la coopération judiciaire en matière pénale accuse un retard dans la transition numérique; invite la Commission et les États membres à accorder aux autorités judiciaires un soutien financier afin de garantir des normes analytiques adéquates et des outils numériques appropriés, de faciliter et d’accélérer leur coopération et de permettre l’échange d’informations en toute sécurité; se félicite de la communication de la Commission du 2 décembre 2020 sur la numérisation de la justice dans l’Union européenne et de la proposition de règlement relatif à un système informatisé de communication dans le cadre des procédures civiles et pénales transfrontières (système e-CODEX); |
| 32. | souligne que la coopération judiciaire entre les États membres et la reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires et des jugements devraient être améliorées, notamment par une mise en œuvre correcte et en temps utile des instruments de coopération judiciaire en matière pénale; relève que certaines évolutions de la situation de l’état de droit dans plusieurs États membres ont eu une incidence sur cet échange d’informations et sur la coopération policière et judiciaire en général; souligne, à cet égard, que la confiance mutuelle repose sur une compréhension commune des valeurs de l’Union consacrées par l’article 2 du traité UE, notamment de l’état de droit, dont l’indépendance des systèmes judiciaires et la lutte contre la corruption constituent des éléments essentiels; |
| 33. | appelle une nouvelle fois à la mise en place de nouvelles mesures visant à améliorer la formation des forces de l’ordre aux stratégies de lutte contre le racisme et la discrimination, et à prévenir, détecter et interdire les violences et le profilage raciaux et ethniques; invite les États membres à investir dans ce domaine et à coopérer avec la CEPOL et le réseau européen de formation judiciaire; souligne le besoin continu de formation sur les tendances en matière de radicalisation, de terrorisme et de blanchiment de capitaux; |
| 34. | se félicite de la création du Parquet européen; demande que son indépendance soit préservée et que son bon fonctionnement dans les procédures judiciaires nationales soit garanti; s’inquiète du fait que la Commission ait commis une omission importante en ne tenant pas compte du rôle du Parquet européen dans le renforcement de notre union pour la sécurité: demande l’évaluation d’une éventuelle extension du mandat du Parquet européen conformément à l’article 83 du traité FUE, une fois qu’il sera pleinement opérationnel; |
| 35. | demande aux États membres de garantir l’application intégrale et correcte de la directive sur les droits des victimes et des autres règles européennes relatives à ces droits; salue l’adoption d’une stratégie relative aux droits des victimes et la création du poste de coordinateur de la Commission pour les droits des victimes; demande une nouvelle fois qu’une attention particulière soit portée aux victimes vulnérables, et qu’une éventuelle indemnisation soit accordée par le recours aux moyens et aux produits du crime saisis ou confisqués; renouvelle son appel en faveur d’un financement durable des services d’aide aux victimes; |
| 36. | rappelle la nécessité de mettre en place une aide et une protection efficaces pour les victimes de la traite des êtres humains, portant notamment sur leur réintégration dans la société, avec une attention particulière pour les mineurs non accompagnés; souligne la nécessité de former le personnel des services répressifs aux aspects psychologiques de la traite des êtres humains, ainsi que d’adopter une approche respectueuse des enfants et de l’égalité hommes femmes qui applique la législation antidiscrimination; |
| 37. | souligne que l’égalité entre les femmes et les hommes est un aspect crucial de la lutte contre la radicalisation, de la réduction de la violence domestique et de la prévention des abus sexuels et de la maltraitance des enfants; invite la Commission à inclure des mesures visant à soutenir l’égalité entre les hommes et les femmes en tant qu’élément de prévention important de sa stratégie de sécurité, et invite le Conseil à activer la clause passerelle en adoptant une décision unanime identifiant la violence à l’égard des femmes et des filles (et d’autres formes de violence fondée sur le genre) comme l’un des domaines de criminalité définis à l’article 83, paragraphe 1, du traité FUE; invite la Commission et les États membres à donner la priorité à la lutte contre la violence domestique en fournissant des services de soutien, en mettant en place des unités répressives spécialisées et en poursuivant ces faits; demande à la Commission et aux États membres de fournir des données actualisées dans ce domaine; invite l’Union et les États membres à ratifier la convention d’Istanbul; |
| 38. | déplore l’absence systématique de mise en œuvre complète et opportune des mesures de sécurité de l’Union par les États membres; considère que les mesures de sécurité doivent être mises en œuvre en respectant non seulement la lettre, mais aussi l’esprit de la loi; fait remarquer que, si les mesures de sécurité ne sont pas mises en œuvre intégralement et en temps voulu, de manière systématique, elles risquent d’être frappées de nullité, de ne pas apporter plus de sécurité et, par conséquent, de ne plus répondre aux exigences de nécessité et de proportionnalité; invite la Commission à engager des procédures d’infraction immédiatement après la date limite de transposition ou après la constatation d’une infraction; |
| 39. | souligne l’importance des preuves de l’efficacité des mesures de sécurité actuelles de l’Union; relève que le caractère nécessaire et proportionné de la restriction des droits fondamentaux dépend de l’efficacité de ces politiques, démontrée par des preuves quantitatives et qualitatives accessibles au public; regrette que la Commission n’ait fourni jusqu’à présent que des éléments empiriques, mais aucune preuve quantitative concernant ces mesures de sécurité; |
| 40. | demande à la Commission d’évaluer régulièrement les politiques et les accords de sécurité existants, et de les mettre, le cas échéant, en conformité avec la jurisprudence de la CJUE; estime que les accords sur les dossiers passagers (accords PNR) avec les États-Unis et l’Australie doivent être modifiés d’urgence pour être mis en conformité avec la jurisprudence de la CJUE, et considère que le refus de la Commission d’agir en conséquence constitue une grave omission; |
| 41. | s’inquiète de l’externalisation de certaines activités des services répressifs vers le secteur privé et appelle à un meilleur contrôle de toute coopération privé-public dans le domaine de la sécurité; déplore le manque de transparence des financements de l’Union au profit des entreprises privées qui mettent en place des systèmes de sécurité ou des parties de ces systèmes; |
| 42. | s’inquiète vivement du fait que les ressources allouées à certaines agences de l’Union qui agissent dans le domaine de la justice et des affaires intérieures (JAI) ne suffisent pas à leur permettre de s’acquitter pleinement de leur mission; demande un financement et un personnel adéquats pour les agences de l’Union qui agissent dans le domaine de la JAI, afin que l’Union puisse mettre en œuvre la stratégie pour l’union de la sécurité; |
| 43. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0022.
(2) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0204.
(3) JO C 388 du 13.11.2020, p. 42.
(4) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0021.
(5) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0173.
(6) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0066.
(7) Rapport 2020 sur la situation et les tendances du terrorisme en Europe (TE-SAT), publié le 23 juin 2020; rapport 2020 sur l’évaluation de la menace que représente la criminalité organisée sur l’internet (IOCTA), publié le 5 octobre 2020; «Exploiting isolation: Offenders and victims of online child sexual abuse during the COVID-19 pandemic» (Les risques de l’isolement: auteurs et victimes d’abus sexuels sur des mineurs en ligne durant la pandémie de COVID-19), 19 juin 2020.
(8) Europol, TE-SAT 2020, p. 66.
(9) Sur la base de: Europol TE-SAT 2020, p. 24.
(10) Rapport de la Commission du 30 septembre 2020, présenté conformément à l’article 29, paragraphe 1, de la directive (UE) 2017/541 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 relative à la lutte contre le terrorisme (COM(2020)0619).
(11) JO L 88 du 31.3.2017, p. 6.
(12) Stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité, p. 19.
(13) JO L 335 du 17.12.2011, p. 1.
(14) Document de travail des services de la Commission accompagnant le troisième rapport sur les progrès réalisés dans la lutte contre la traite des êtres humains (2020) établi conformément à l’article 20 de la directive 2011/36/UE concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène ainsi que la protection des victimes, p. 3 (SWD(2020)0226).
(15) EMCDDA, Rapport européen sur les drogues de 2020: tendances et évolutions, septembre 2020, p. 66.
(16) Deloitte Consulting & Advisory CVBA, Study on the Feasibility of Improving Information Exchange under the Prüm Decisions, mai 2020, p. 7.
(17) JO L 132 du 21.5.2016, p. 1.
(18) JO L 315 du 14.11.2012, p. 57.
(19) Rapport de la Commission du 11 mai 2020 sur la mise en œuvre de la directive 2012/29/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 établissant des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité et remplaçant la décision-cadre 2001/220/JAI du Conseil, p. 9 (COM(2020)0188).
(20) Europol, How COVID-19-related crime infected Europe during 2020, 12 novembre 2020.
(21) COM(2018)0640.
(22) JO L 300 du 11.11.2008, p. 42.
(23) Procédures d’infraction à l’encontre de Chypre et de Malte du 20 octobre 2020 concernant leurs programmes d’octroi de citoyenneté contre investissement, également appelés régimes de «passeports dorés».
(24) Rapport de la Commission du 16 décembre 2016 évaluant la mesure dans laquelle les États membres ont pris les mesures nécessaires pour se conformer à la directive 2011/93/UE du 13 décembre 2011 relative à la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie, p. 8 (COM(2016)0871).
(25) Centre européen chargé de lutter contre le trafic de migrants (Europol), 4e rapport d’activité annuel, 2020;
(26) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) 2016/794 en ce qui concerne la coopération d’Europol avec les parties privées, le traitement de données à caractère personnel par Europol à l’appui d’enquêtes pénales et le rôle d’Europol en matière de recherche et d’innovation (COM(2020)0796).
(27) JO L 295 du 21.11.2018, p. 39.
(28) Directive 2004/82/CE du Conseil du 29 avril 2004 concernant l’obligation pour les transporteurs de communiquer les données relatives aux passagers (JO L 261 du 6.8.2004, p. 24).
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2020 sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Égypte, en particulier le cas des militants de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) (2020/2912(RSP))
18/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la mise en œuvre de la directive sur le retour (2019/2208(INI))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87751 × MON 87701 × MON 87708 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069145/02 — 2020/2891(RSP))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × MON 87411 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et MON 87411, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069146/02 — 2020/2892(RSP))
17/12/2020