| CELEX | 52020IR0303 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 10 décembre 2020 |
| 2.2.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 37/8 |
Avis du Comité européen des régions — Vers un tourisme plus durable pour les villes et les régions de l’UE
(2021/C 37/02)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations liminaires
| 1. | souligne que le tourisme est un secteur stratégique, un outil d’intégration et un moteur essentiel de la relance socio-économique; qu’il représente plus de 10 % du produit intérieur brut de l’Union et qu’il emploie 26 millions de personnes, ce qui représente 6 % du total des exportations de l’Union; |
| 2. | souligne l’importance des transports et de la mobilité en tant que clés de la cohésion sociale, économique et territoriale de l’Union, et insiste sur la nécessité de solutions intelligentes et durables en matière de mobilité, en particulier dans les régions dont le développement économique est le plus compromis par la dépendance exclusive à l’égard du transport aérien et maritime; |
| 3. | attire l’attention sur les grandes possibilités d’activités que la forte différenciation des voyageurs du point de vue de leur statut social, de leur culture, de leur âge et de leurs revenus offre pour un large spectre d’entrepreneurs allant des sociétés multinationales jusqu’aux microentreprises. L’écosystème touristique englobe des secteurs tels que l’hébergement, les transports, la restauration, la culture, les sports et les loisirs, ainsi que les services des voyagistes. En tout, il s’agit de quelque 2,4 millions d’entreprises, dont plus de 90 % sont des PME; |
| 4. | soutient les recommandations et les orientations de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), ainsi que l’approche «Une seule planète» pour une reprise durable du tourisme et la projection du programme des Nations unies à l’horizon 2030 dans les objectifs du développement durable (ODD) dans les domaines du tourisme et des transports; |
| 5. | fait sienne la définition du tourisme durable formulée par l’OMT, à savoir (un tourisme) «qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil»; |
| 6. | souligne que la crise due au SRAS-CoV-2 a modifié le scénario de manière dramatique, ce qui s’est traduit par un coût incommensurable en vies humaines et des répercussions économiques dévastatrices qui ont durement touché l’Europe, provoquant des pertes personnelles, de graves difficultés financières et la faillite de nombreuses entreprises, en particulier dans les secteurs du tourisme et des transports; |
| 7. | reconnaît que ces difficultés sont aggravées dans le cas des régions ultrapériphériques de l’Union, qui dépendent fortement du secteur du tourisme, et dont les perspectives de reprise économique sont sérieusement compromises par leur dépendance quasi exclusive à l’égard du transport aérien et par l’impossibilité d’utiliser d’autres modes de transport; |
| 8. | fait valoir la nécessité de promouvoir des services touristiques durables qui reflètent la richesse du patrimoine historique et culturel de l’Europe tout comme l’unicité de son patrimoine naturel; |
| 9. | rappelle, comme l’a montré cette crise, que le tourisme revêt un caractère transversal, étant donné qu’une baisse de l’activité touristique affecte non seulement des secteurs tels que l’hébergement, la restauration ou le transport, mais aussi de nombreuses branches d’activité à forte valeur ajoutée; |
| 10. | est d’avis que l’Europe doit conserver une attitude proactive et responsable face à la crise actuelle et à celles qui sont susceptibles de se produire à l’avenir, tout en prenant en temps utile les mesures nécessaires pour éviter l’effondrement du secteur du tourisme; |
| 11. | reconnaît que la crise sanitaire actuelle causée par la COVID-19 a mis en lumière la vulnérabilité particulière du tourisme dans les territoires insulaires, qui disposent de ressources limitées; |
| 12. | rappelle aux États membres et aux institutions de l’Union l’importance d’allouer des ressources financières suffisantes pour sauver le secteur et élaborer une politique touristique européenne à long terme en faveur d’une activité touristique durable et de qualité, fondée sur le respect de l’environnement et la lutte contre le changement climatique; |
| 13. | soutient qu’il convient de passer à l’action et d’améliorer encore les modèles existants en matière de tourisme et de transport, en veillant à ce qu’ils soient pleinement viables sur le plan social, économique et environnemental, et en considérant cette crise comme un élément déclencheur de la réflexion, qui jette les bases de la résilience et de la viabilité future des secteurs du tourisme et des transports; |
Sur l’impact de la COVID-19 sur le secteur du tourisme et des transports en Europe et sur les mesures en faveur de la reprise et de la résilience de l’Union à court et moyen termes: le paquet «Tourisme et transports»
| 14. | souligne que selon l’OMT, les pertes causées par la pandémie dans le secteur du tourisme mondial au cours des cinq premiers mois de 2020 étaient déjà plus de trois fois supérieures à celles enregistrées lors de la crise financière internationale de 2009 (1); |
| 15. | plaide pour que les États membres coordonnent davantage leur action lorsqu’ils instaurent des interdictions et des mesures de confinement, de manière à faciliter la reprise dans le secteur, réduire la perplexité des touristes et encourager les déplacements; se félicite des efforts déployés par la Commission européenne et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies en vue de fournir des informations fiables et objectives sur l’évolution de la pandémie; |
| 16. | souligne l’importance, pour la reprise du tourisme, de l’adoption d’une stratégie commune sur la mobilité des personnes au sein de l’Union, qui renforce la confiance dans les voyages, notamment au moyen de tests de la COVID-19 à la source, c’est-à-dire avant le début du voyage, ce qui permettrait d’accroître la sécurité des déplacements et d’éviter les périodes de quarantaine; |
| 17. | se félicite de la réaction rapide de l’Union européenne visant à sauver le tourisme et les transports, en particulier de la communication de la Commission européenne intitulée «Tourisme et transport en 2020 et au-delà» et des recommandations et orientations qui l’accompagnent — le paquet «Tourisme et transports». Ces mesures ont aidé les États membres à rétablir la sécurité et la liberté de circulation et à rouvrir les frontières intérieures, à faire face à la crise de liquidité et à restaurer la confiance des consommateurs; |
| 18. | se félicite de même de l’adoption du cadre temporaire pour les aides d’État (2), qui a permis aux États membres de soutenir davantage les entreprises; de la nouvelle facilité de soutien temporaire destinée à atténuer les risques de chômage en cas d’urgence (3) (SURE), qui vise à maintenir les revenus des ménages et à préserver la capacité de production et le capital humain des entreprises et de l’économie; de l’initiative REACT-EU (4), qui permet aux autorités de gestion de modifier l’affectation des Fonds structurels et d’investissement européens pour lutter contre les effets les plus urgents de la crise; du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, qui vient en aide aux personnes du secteur du tourisme licenciées en raison de la crise; ainsi que des projets tels que «Re-open EU» (5), une plateforme en ligne qui diffuse des informations à jour concernant les restrictions de déplacement en Europe, la santé publique et les mesures de sécurité; |
| 19. | apprécie les efforts de la Commission européenne visant à faciliter la fluidité des volumes accrus d’aides d’État pour sauver les entreprises européennes, et propose que certaines règles (parmi lesquelles la règle de minimis modifiée) demeurent en vigueur aussi longtemps que nécessaire dans les régions particulièrement touchées par la crise; |
| 20. | demande instamment à tous les États membres d’utiliser tous les types d’aides autorisées temporairement au titre du cadre susmentionné, pour faire face aux besoins urgents en liquidités et aux besoins immédiats en fonds de roulement et en investissements, et, devant la crise, de sauver les entreprises qui ont été plongées dans un profond marasme par l’épidémie de COVID-19 (6), en leur donnant ainsi la possibilité d’adapter leurs activités et de les développer; |
| 21. | se félicite des mesures convenues par les États membres de l’Union qui sont, selon les termes du président du Comité des régions, «un exemple de solidarité», et affirme qu’il est essentiel de mettre rapidement le budget de l’Union et le plan de relance à la disposition des villes et des entreprises de toutes les villes, toutes les régions et tous les villages d’Europe, afin de faire face à cette crise sans précédent; |
| 22. | appelle à travailler à un accord permettant de parvenir à un véritable partenariat entre tous les niveaux de gouvernance en promouvant la responsabilité partagée et en évitant une centralisation excessive; |
| 23. | invite la Commission européenne, en coopération avec les États membres, à adopter un ensemble d’orientations et de listes de contrôle spécifiques à l’Union, destinées aux collectivités locales et régionales, et qui leur serviraient d’instructions dans les premiers jours en cas de catastrophe, y compris avant la mise en œuvre de mesures nationales et de l’Union; constate que les lignes directrices contenues dans le paquet «Tourisme et transport» constituent d’ores et déjà un excellent point de repère; |
| 24. | estime que les mesures du paquet «Tourisme et transport» constituent une première étape importante, visant à améliorer la capacité de réaction des destinations touristiques au niveau local face aux nouvelles vagues de la pandémie et aux autres catastrophes potentielles susceptibles de tester la résilience du secteur; |
| 25. | estime que, du fait de la pandémie, il est urgent de mettre en place de nouvelles stratégies qui viendront soutenir le secteur de l’hôtellerie et de la restauration ainsi que le développement d’activités touristiques au niveau local, telles que le tourisme rural, la gastronomie de terroir ou les traditions locales. On assiste à un renversement de tendance à l’échelle mondiale, et les sites touristiques aux capacités d’accueil plus réduites, les destinations isolées, où familles et petits groupes peuvent voyager en toute sécurité, gagnent en attractivité. Si nous voulons que le tourisme survive durant les deux ou trois années qui viennent, il nous faut orienter nos touristes vers nos propres destinations; |
| 26. | souligne que les coûts liés aux mesures de précaution en rapport avec la COVID-19 dans les transports publics pourraient être intégrés dans les contrats de service public (CSP), ce qui éviterait de faire peser sur les autorités responsables des transports, lesquelles sont souvent des collectivités locales et régionales, de lourdes charges financières supplémentaires; |
| 27. | exprime son soutien à la mise en œuvre progressive de l’exemption de visa à long terme afin de stimuler les arrivées de visiteurs en provenance de pays tiers et d’encourager les touristes à revenir en Europe; |
| 28. | escompte qu’à l’avenir, toute décision des autorités nationales portant sur les interdictions de voyager et les fermetures de frontières temporaires sera communiquée à l’avance aux autorités européennes ainsi qu’aux régions frontalières afin d’améliorer la coordination et de garantir l’accès aux informations en temps utile; |
| 29. | soutient avec force le plan de relance pour l’Europe, qui vise à contribuer à la réparation des dommages économiques et sociaux causés par la pandémie de COVID-19, à amorcer la relance européenne et à préserver et créer des emplois; |
Sur la nécessité de prendre des mesures pour rendre le tourisme plus durable
| 30. | constate que le tourisme est l’une des industries qui affiche la croissance la plus rapide de ces dernières années; cette croissance a mis en évidence les difficultés d’un développement équilibré en ce qui concerne les dimensions économique, environnementale et sociale de la durabilité; |
| 31. | se félicite des communications de la Commission intitulées «L’Europe, première destination touristique au monde: un nouveau cadre politique pour le tourisme européen» (2010) et «Une stratégie européenne pour plus de croissance et d’emplois dans le tourisme côtier et maritime» (2014); |
| 32. | constate que le tourisme est aujourd’hui confronté à des défis nouveaux et à fort impact auxquels il conviendra d’apporter une réponse, comme le changement climatique, l’augmentation de la congestion, la pression excessive sur les infrastructures et la consommation d’eau et d’énergie, la dégradation de l’environnement, à laquelle il convient de s’attaquer de façon urgente et prioritaire, ainsi que la perte d’identité et le respect de l’authenticité des peuples; |
| 33. | tient que le tourisme peut être une activité modèle dans le cadre de la transition écologique durable proclamée par le pacte vert, de la volonté affichée de faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique en 2050, des processus d’adaptation des économies à l’ère numérique et de la promotion de l’égalité et de l’inclusion sociale, et encourage vivement les institutions de l’Union et les États membres à prendre les mesures qui s’imposent pour atteindre ces objectifs; |
| 34. | reconnaît que ces objectifs ne seront atteints que si le tourisme se fonde sur une base solide, définissant avec précision le champ d’application, les obligations et les implications de la mise en place d’un véritable développement durable pour cette activité, avec un engagement résolu en faveur de sa mise en œuvre; |
Sur les modes de transport
| 35. | rappelle que le tourisme est constitué d’une chaîne de valeur complexe de nombreuses parties prenantes qui ont un lien direct avec les activités de transport de passagers; |
| 36. | rappelle la nécessité d’aller de l’avant pour faire de l’économie circulaire une réalité dans le secteur du tourisme; |
| 37. | note que les prévisions de l’OMT et du Forum international des transports font état d’une augmentation des émissions de carbone causées par les transports liés au tourisme d’environ 25 % d’ici à 2030; |
| 38. | reconnaît, par conséquent, la nécessité d’explorer, ainsi que de déployer ou d’appliquer, les méthodes permettant d’améliorer la connectivité des villes et des régions d’Europe, de favoriser les options les moins polluantes et de chercher à améliorer l’intermodalité d’une manière qui soit conforme à l’objectif final du pacte vert, et se félicite du lancement, par la Commission européenne, d’une stratégie de mobilité intelligente et durable en 2020; |
| 39. | encourage vivement les États membres de l’Union à conjuguer leurs efforts pour remédier de toute urgence à l’absence de solutions de rechange en matière de transport durable et investir dans le développement et la mise en valeur des liaisons ferroviaires longue distance, dont, en particulier, les trains de nuit, ce qui rendrait les trajets à faible intensité de carbone plus attrayants; |
| 40. | soutient l’établissement d’un lien entre le soutien public aux compagnies aériennes et les engagements pris par ces dernières de respecter les objectifs de réduction des émissions de polluants; |
| 41. | affirme qu’il convient d’encourager cet engagement dans les différents modes de transport — routier comme maritime — en accordant une attention particulière aux navires de croisière, en raison de leur forte incidence sur l’environnement; |
| 42. | déplore le peu de soutien apporté aux transports par autobus et par chemin de fer (modes de transport essentiels pour les transports locaux et régionaux) par rapport à celui dont bénéficie le transport aérien, ce qui accroît la pression sur le financement des modes de transport les plus durables, et plaide en faveur d’un engagement ferme à développer les possibilités de mobilité durable à travers l’Europe au moyen du transport ferroviaire, rappelant que la Commission européenne s’est fixé pour objectif, en 2021, d’améliorer la contribution du secteur ferroviaire au tourisme durable dans l’Union européenne; |
| 43. | attire l’attention, en ce qui concerne la mise en œuvre des futures mesures relatives aux émissions de CO2 dans le transport aérien et maritime prévues dans le pacte vert pour l’Europe et dans la nouvelle stratégie pour une mobilité durable, sur l’importance de prévoir une évaluation de leur impact sur les régions ultrapériphériques de l’Union, dont la cohésion économique et sociale, tant pour la mobilité de leurs citoyens que pour le développement de leur activité économique, dépend fortement du transport aérien et maritime; |
| 44. | souligne la nécessité d’un soutien financier pour permettre aux opérateurs de transport public, qui ont connu une baisse considérable de leurs revenus, de développer une flotte de transport plus durable avec des véhicules à émission nulle et à faibles émissions; |
| 45. | fait part de son intérêt à travailler à des initiatives associant les voyages en train à la découverte culturelle et au tourisme dans le contexte de l’après-crise, à développer le programme #DiscoverEU et à œuvrer en étroite coopération avec les représentants des régions de l’Union afin de promouvoir des perspectives pour le tourisme ferroviaire au-delà de l’Année européenne du rail; |
| 46. | souligne l’importance de reconnaître le réseau EuroVélo (7) comme RTE-T (réseau transeuropéen de transport) en plus des réseaux existants de routes, de voies ferrées et de voies navigables intérieures, ce qui conduira à une infrastructure cyclable plus sûre, plus directe, plus cohérente et mieux connectée pour le bien de toutes les catégories de cyclistes, et donnera une forte impulsion au cyclotourisme; |
Sur l’impact sur l’environnement naturel
| 47. | se déclare préoccupé par le fait que le réchauffement climatique peut réduire l’attractivité, voire menacer les moyens de subsistance de certaines destinations touristiques, et réaffirme sa détermination à lutter contre le changement climatique en temps opportun et sur la base des dernières connaissances scientifiques, grâce à la panoplie d’initiatives et de mesures définies dans ses avis; |
| 48. | rappelle que cette lutte revêtira une importance cruciale pour le destin de nombreuses régions côtières et insulaires en raison de l’élévation du niveau de la mer, du manque de neige dans les stations de sports d’hiver et des incendies de forêt, des inondations ou des bourrasques qui dévastent certaines régions (8); |
| 49. | estime que le tourisme peut contribuer significativement à l’ambition européenne d’une économie circulaire et insiste sur la nécessité pour les régions et les villes de participer au débat sur la manière de sensibiliser l’opinion publique sur le terrain; |
| 50. | recommande que l’industrie du tourisme et les transports augmentent l’offre de produits neutres pour le climat grâce à l’utilisation d’énergies propres, de produits chimiques moins nocifs, à la réduction de l’utilisation des matières plastiques, aux processus de recyclage des eaux de pluie et des eaux usées domestiques (9) qui réduisent grandement la demande en eau potable du réseau d’approvisionnement, ainsi qu’au recyclage des déchets, et que ces systèmes soient utilisés de manière plus systématique; |
| 51. | fait valoir la nécessité d’un soutien accru au cyclotourisme, qui profite aux économies locales en attirant des visiteurs dans des régions qui ne sont normalement pas des destinations touristiques traditionnelles et en faisant travailler les entreprises et les services locaux; en outre, les infrastructures nécessaires à ce mode de tourisme sont également bénéfiques pour les résidents, car elles leur offrent une connectivité accrue qui contribue à garantir la viabilité à long terme des communautés locales; |
| 52. | est favorable à la poursuite du groupe de travail de la DG MARE — secteur nautique européen sur la fin de vie utile des navires en vue de l’élaboration d’une feuille de route commune de l’Union en matière de recherche et d’innovation, dans le but d’accroître le recyclage des matériaux de construction de navires; |
| 53. | souligne l’importance de promouvoir un tourisme maritime côtier durable dans lequel les activités d’interprétation et de préservation du milieu marin sont renforcées; pressent également dans la navigation, les sports aquatiques de vent et de glisse, la plongée et les autres sports nautiques en général un grand potentiel pour les domaines de la science, de la sensibilisation à l’environnement, de la cartographie des océans et de la recherche sur les questions environnementales; |
| 54. | souligne l’importance que revêt le tourisme dans le développement rural, lequel ne devrait plus être interprété exclusivement en termes de développement agricole, mais être considéré comme un moteur pour le développement des zones rurales moins développées, dont les terres agricoles sont marginales, du fait du faible niveau de leur productivité, mais essentielles du point de vue de la valeur qu’elles représentent sur le plan de l’environnement, du paysage et de la protection de la biodiversité; estime dès lors que les institutions européennes devraient intégrer de manière appropriée le tourisme et les perspectives qu’il recèle dans la stratégie en faveur de la biodiversité, la stratégie «De la ferme à la table», la nouvelle politique agricole commune, le réseau Natura 2000 et la vision à long terme des zones rurales; |
| 55. | estime qu’il importe de promouvoir un tourisme plus durable présentant une plus grande valeur ajoutée pour les régions en intégrant à l’offre touristique des produits «zéro kilomètre» et qu’il est nécessaire de valoriser les zones naturelles et protégées et le potentiel du ciel en tant que ressource touristique (astrotourisme); |
| 56. | souligne qu’il importe d’utiliser les technologies numériques fondées sur la 5G, l’internet des objets, l’intelligence artificielle et les mégadonnées pour fournir des services touristiques intelligents innovants, durables et évolutifs, à haute valeur ajoutée, capables de proposer de nouveaux modèles touristiques plus efficaces, plus accessibles et inclusifs, étendus à toutes les régions et accordant une attention particulière aux zones rurales, et de disposer dans ces zones de technologies de télécommunications offrant une connectivité adéquate; |
Sur l’impact social et économique et la nécessité d’éviter que le tourisme ne soit perçu comme un problème
| 57. | rappelle que le tourisme, et en particulier le surtourisme [dépassement des seuils de capacité physique, écologique, sociale, économique, psychologique ou politique des destinations (10)], de même que toutes les activités humaines, ont une incidence sur l’environnement social dans lequel l’activité est exercée; |
| 58. | insiste sur la nécessité d’éviter les effets négatifs du surtourisme qui entraînent un accroissement de la congestion, des pressions sur les infrastructures, l’augmentation de la demande en énergie et en eau, la dégradation de l’environnement, des dommages aux sites et aux monuments historiques, la perte d’identité et d’authenticité et l’augmentation du coût de la vie pour les résidents ainsi que l’aggravation des inégalités entre ces derniers; estime que les institutions de l’Union et les États membres devraient envisager de toute urgence l’adoption de mesures et d’initiatives visant à éviter les incidences négatives du surtourisme; |
| 59. | souligne que la promotion et le développement du tourisme dans les zones rurales peuvent être une source de développement économique et de création de richesse, et contribuer ainsi à attirer les populations ou à enrayer le déclin démographique dans les zones touchées par le dépeuplement; |
| 60. | recommande la mise en œuvre de politiques visant à promouvoir et à autonomiser les femmes. Les femmes jouent un rôle essentiel dans le maintien des entreprises touristiques, car elles sont les principales actrices de la lutte contre le dépeuplement. Assurer leur employabilité est une garantie pour fixer les populations sur les territoires. Il faut évaluer leurs besoins et leur fournir des outils de renforcement des capacités et d’amélioration de la concurrence grâce à une formation ciblée; |
| 61. | fait valoir que certains modèles de tourisme fondés sur le recours intensif à des modes de transports à bas coût et au déplacement massif de voyageurs favorisent le surtourisme, et que les médias sociaux et les plateformes d’échange entre pairs peuvent également donner une publicité excessive aux destinations; préconise dès lors la tenue de débats sur la croissance et la qualité du tourisme; |
| 62. | estime que la déclaration de Barcelone du réseau des régions européennes pour un tourisme durable et compétitif (NECSTouR) sur le tourisme et le patrimoine culturel («De meilleurs endroits pour vivre, de meilleurs endroits à visiter») constitue une référence pour démontrer que les secteurs du tourisme et du patrimoine culturel, matériel et immatériel peuvent travailler en étroite collaboration pour le bien des citoyens européens et du patrimoine culturel; |
| 63. | souligne que le tourisme doit être considéré comme un élément de la solution et non comme le problème, et fait valoir par conséquent la nécessité de formuler des propositions pour de nouvelles actions, autres que celles déjà en vigueur, et de donner une impulsion plus décisive à celles qui sont déjà en cours de réalisation; souligne dès lors la nécessité de réglementer les nouvelles formes d’offre touristique et les plateformes de l’économie collaborative sur la base de critères de concurrence loyale, de renforcer les systèmes de contrôle et d’inspection et de garantir la qualité et la légalité des services fournis dans un cadre commun de libre concurrence entre les entreprises, tout en préservant le patrimoine, la culture, l’identité et la qualité de vie de la population résidente; |
| 64. | relève à cet égard les avantages que procure la diffusion des bonnes pratiques, des stratégies et des méthodologies en matière de tourisme durable élaborées dans le cadre des différents programmes européens tels que PANORAMED, les projets horizontaux MED, MITOMED+ ou WINTERMED, afin d’en promouvoir la capitalisation et la reproductibilité; |
| 65. | propose dès lors que l’on continue d’attribuer le prix de la capitale européenne du tourisme intelligent; |
Sur la numérisation et les données et leurs avantages pour la mise en place d’un système de suivi et de traçabilité des actions
| 66. | attire l’attention sur les changements importants dans les circuits de distribution et les modes de consommation du tourisme qui ont permis à de nombreuses entreprises d’atteindre directement leurs clients, une possibilité qui n’a pas été suffisamment exploitée par les petites entreprises; |
| 67. | insiste sur l’importance de l’information en tant que matière première essentielle pour le tourisme, utilisée par les initiatives les plus novatrices dans ce secteur; |
| 68. | signale l’importance de l’initiative de l’OMT «Vers un cadre statistique de mesure du tourisme durable» (11), y compris dans ses dimensions économique, sociale et environnementale; |
| 69. | souligne que le niveau de détail, la qualité, l’interprétation et l’utilisation correcte des données auront une incidence directe sur l’efficacité des mesures politiques prises pour faire face à la crise de la COVID-19 et sur les efforts déployés pour parvenir à une Europe climatiquement neutre; |
| 70. | s’inquiète de l’absence d’harmonisation et de la fragmentation des données relatives à l’impact économique du tourisme, situation qui compromet la prise de décisions systémiques visant à soutenir le secteur du tourisme et les transports; |
| 71. | souligne que les données officielles ne permettent pas de produire des informations suffisamment rapides pour faire face à la situation actuelle, ce qui a eu pour conséquence que les régions et les villes ont dû mettre en œuvre d’autres mécanismes de mesure, lesquels ne sont pas encore intégrés dans les données officielles; |
| 72. | se félicite qu’en mars 2020, la Commission européenne soit parvenue à un accord avec les plateformes de l’économie collaborative (12) concernant la publication de données clés sur l’hébergement touristique, et l’encourage à étudier conjointement des indicateurs permettant de définir des stratégies de relance au bénéfice du secteur du tourisme; |
| 73. | rappelle que les plateformes de l’économie collaborative font localement grimper les coûts du logement en mettant au service des voyageurs des logements initialement destinés à la population locale. Quoi qu’en ait décidé la Cour de justice de l’Union européenne, ces plateformes ne constituent pas de simples fournisseurs d’informations. Le Comité invite par conséquent la Commission européenne à légiférer pour donner aux collectivités locales et régionales la possibilité de réglementer les activités de ces plateformes sur leur territoire, de telle façon qu’elles respectent les mêmes règles administratives en matière de location estivale que les parties prenantes plus traditionnelles; |
| 74. | souligne la nécessité de mettre en place des outils normalisés qui puissent guider les villes, les régions et les entreprises dans leur recherche de politiques plus durables qui s’inscrivent dans le nouveau programme statistique européen et qui renforcent le suivi économique, social et environnemental du tourisme; souligne la nécessité de faciliter l’accès aux données, d’améliorer la mise à jour et l’interconnexion de ces données et de mettre en place un système de cartographie harmonisé; |
| 75. | recommande la définition d’un cadre juridique pour la production et la publication de comptes satellites du tourisme dans chacun des États membres de l’Union; |
| 76. | plaide en faveur d’une amélioration de la collecte de données, au niveau NUTS 3, portant sur le nombre de touristes et de visiteurs d’un jour, sur d’autres formes nouvelles d’hébergement et sur le type de transport, ainsi que d’une ventilation des statistiques relatives au logement pour chaque région et pour les principales destinations locales; |
| 77. | recommande la mise en place d’un système de mesure pour procéder au suivi de la consommation d’eau et de la production d’émissions par le secteur du tourisme, y compris l’industrie du tourisme et ses produits caractéristiques, dans les statistiques relatives à l’eau, à l’air et à l’énergie; |
| 78. | encourage Eurostat à poursuivre l’exploration des mégadonnées en tant que source d’information pour les statistiques relatives au tourisme, en tenant compte des défis liés à leur collecte, à leur indépendance, à leur fiabilité, à leur accès, à leur qualité et à leur disponibilité au fil du temps; |
| 79. | demande que le problème du surtourisme soit analysé en incluant des données qualitatives sur les attitudes des résidents vis-à-vis du tourisme dans les études portant sur les revenus et les conditions de vie, dans les enquêtes d’opinion Eurobaromètre flash sur l’impact du tourisme et dans le rapport intitulé «Qualité de la vie dans les villes européennes» élaboré par la Commission européenne; |
| 80. | recommande que des mesures supplémentaires soient prises pour exploiter et optimiser les importants travaux effectués ces dernières années par la Commission européenne, tels que le système européen d’indicateurs du tourisme (ETIS), la plateforme S3 (13) pour la numérisation et la sécurité pour le tourisme et le Laboratoire pour le tourisme de demain; |
| 81. | demande instamment à la Commission européenne et au Parlement européen d’inclure, dans le prochain programme statistique européen, des systèmes et des outils davantage axés sur la satisfaction des besoins spécifiques des régions et des villes, afin de permettre une traçabilité adéquate des politiques de tourisme mises en œuvre; |
Sur la nécessité d’une nouvelle reconnaissance du tourisme en tant que politique clé de l’Union qui soit à la hauteur de sa contribution et de son potentiel de croissance, et qui soit davantage engagée en faveur du développement durable
| 82. | souhaite que la crise actuelle serve de signal d’alarme et incite la Commission européenne à mener une politique touristique plus ambitieuse pour l’Europe sur le plan environnemental, économique et social; |
| 83. | se félicite de l’initiative de la Commission européenne d’organiser une convention européenne sur le tourisme afin d’élaborer une feuille de route à l’horizon 2050 en vue de parvenir à un écosystème touristique européen durable, innovant et résilient («Programme européen pour le tourisme 2050») dans lequel les régions seraient activement associées; |
| 84. | est disposé à organiser une conférence des parties à laquelle participeraient des organismes publics et privés afin de partager l’expérience relative aux méthodes de relance choisies par les différentes destinations et à la forme que prendra le tourisme de l’Union à l’avenir; |
| 85. | attend de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen qu’elle unisse ses efforts à ceux entrepris par le CdR dans la recherche d’une politique touristique forte dans l’Union; |
| 86. | propose une session conjointe de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen et de la commission NAT du CdR afin de débattre de l’avenir de la politique touristique dans l’Union européenne après la crise de la COVID-19 et du cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027; |
| 87. | se réjouit de la perspective d’une coopération étroite avec le groupe de travail sur le tourisme du Parlement européen et demande à être pleinement associé à ce groupe afin de faire entendre la voix des échelons local et régional dans les débats; |
| 88. | rappelle qu’il est important que les États membres et leurs autorités régionales incluent les priorités en matière de tourisme dans leurs programmes opérationnels pour l’après-2020, afin de favoriser l’accès des projets touristiques au financement européen; |
| 89. | observe que l’accès au mécanisme actuel de financement est difficile pour les PME et les destinations et propose la création d’outils concrets (guichet unique ou outil en ligne) liés aux autorités de gestion des fonds européens, afin de faciliter les demandes et le traitement des dossiers; |
| 90. | recommande que le Comité européen des régions renforce sa coopération avec l’OMT au moyen d’un protocole d’accord et de l’élaboration de plans d’action communs; |
| 91. | invite le Conseil à associer le Comité européen des régions et ses collectivités locales et régionales aux groupes de travail et aux réunions du Conseil en rapport avec le tourisme; |
| 92. | propose la formulation d’un nouveau cadre européen pour le tourisme durable, aligné sur le pacte vert et le programme des Nations unies à l’horizon 2030, qui examine les stratégies actuellement déployées dans les régions dans ce sens et intègre les différentes politiques que l’Union développe — et développera — dans ce domaine, telles que le soutien à la numérisation du secteur, la promotion des destinations touristiques intelligentes, la décarbonation de l’activité, la promotion de l’économie circulaire, la promotion d’un tourisme inclusif et accessible, la lutte contre le dépeuplement des zones rurales, l’amélioration de la gouvernance participative et la collaboration public-privé; |
| 93. | invite la Commission européenne à réfléchir à la création d’une direction générale spécifiquement consacrée au tourisme durable et à motiver le Parlement européen afin que ce dernier envisage la création d’une commission parlementaire spéciale consacrée à la durabilité du tourisme. |
Bruxelles, le 10 décembre 2020.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
(1) https://www.e-unwto.org/doi/epdf/10.18111/wtobarometereng.2020.18.1.4
(2) https://ec.europa.eu/competition/state_aid/what_is_new/sa_covid19_temporary-framework.pdf
(3) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52020PC0139&from=EN
(4) https://ec.europa.eu/regional_policy/sources/docgener/factsheet/2020_mff_reacteu_fr.pdf
(5) https://reopen.europa.eu/fr
(6) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?qid=1587137448000&uri=CELEX:52020DC0112
(7) Réseau européen de 17 véloroutes de longue distance traversant et reliant l’ensemble du continent.
(8) http://www.europarl.europa.eu/thinktank/fr/document.html?reference=EPRS_BRI%282017%29603932
(9) https://ec.europa.eu/environment/emas/takeagreenstep/pdf/BEMP-5.7-FINAL.pdf
(10) Une étude récente du Parlement européen a révélé que 105 destinations de l’Union étaient menacées par le surtourisme; voir https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2018/629184/IPOL_STU(2018)629184_EN.pdf (disponible uniquement en anglais).
(11) https://www.unwto.org/Measuring-Sustainability-Tourism
(12) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_20_194
(13) https://s3platform.jrc.ec.europa.eu/tourism
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2020 sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Égypte, en particulier le cas des militants de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) (2020/2912(RSP))
18/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la mise en œuvre de la directive sur le retour (2019/2208(INI))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87751 × MON 87701 × MON 87708 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069145/02 — 2020/2891(RSP))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × MON 87411 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et MON 87411, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069146/02 — 2020/2892(RSP))
17/12/2020