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AccueilDroit européen52020IR3120
Initiative législative52020IR3120

Avis du Comité européen des régions — Les effets du changement climatique sur les régions: évaluation du pacte vert pour l’Europe

CELEX52020IR3120
TypeInitiative législative
Datejeudi 10 décembre 2020

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions évalue l'impact du pacte vert pour l'Europe sur les territoires, en soulignant les disparités régionales face au changement climatique. Il insiste sur la nécessité d'adapter les politiques climatiques aux spécificités locales et de garantir une transition juste pour toutes les régions, notamment les plus vulnérables. Pour un professionnel du droit français, ce texte met en lumière les enjeux de mise en œuvre territoriale des objectifs climatiques européens et les implications pour les collectivités locales.

Texte intégral

2.2.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 37/40


Avis du Comité européen des régions — Les effets du changement climatique sur les régions: évaluation du pacte vert pour l’Europe

(2021/C 37/07)

Rapporteur:

Andries GRYFFROY (BE/AE), membre d’une assemblée régionale: Parlement flamand

Texte de référence:

Saisine de la présidence [art. 41, point b) i), du règlement intérieur]

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Penser la mise en œuvre du pacte vert à tous les niveaux pour en faire un instrument clé de la relance écologique et avancer vers la neutralité climatique en Europe

1.

relève que, d’après les estimations du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), plus de 70 % des mesures visant à atténuer le changement climatique et jusqu’à 90 % de celles visant à s’y adapter sont prises par des collectivités locales et régionales, et fait observer que ces dernières mettent en œuvre 70 % de l’ensemble des textes législatifs de l’Union européenne, ce qui représente un tiers des dépenses publiques et deux tiers de l’investissement public. Dès lors, c’est en collaboration avec elles, et avec leur soutien, que l’on doit poursuivre l’objectif d’atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050 et celui d’accroître la résilience des territoires;

2.

souligne à quel point le pacte vert est un instrument clé pour permettre à l’Union européenne d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris, de mettre pleinement en œuvre le programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, et d’apporter une contribution ambitieuse au cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 (1); souligne qu’il importe d’adopter des objectifs mis à jour pour 2030 afin de contenir le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 oC par rapport aux niveaux préindustriels, en poursuivant les efforts déployés pour limiter encore davantage la hausse des températures, à 1,5 oC, comme le prévoit l’accord de Paris; souligne que les objectifs à atteindre devraient tenir compte du droit de chaque État membre de déterminer son bouquet énergétique en fonction de ses spécificités et de son contexte et conformément au principe de neutralité technologique; rappelle que le changement climatique touche toutes les régions d’Europe et que ses conséquences multiples sur la santé, l’environnement et les économies, qui peuvent varier d’une région à l’autre, exigent une action immédiate et porteuse de changement pour transformer les défis rencontrés en opportunités;

3.

souligne que le pacte vert offre des possibilités qu’il faut à tout prix exploiter de promouvoir des solutions durables, efficaces dans l’utilisation des ressources et innovantes pour un développement durable au niveau local et régional. Il peut contribuer à garantir une économie plus durable, plus compétitive et plus résiliente en Europe et être une inspiration, une force instigatrice et un modèle à l’échelle mondiale pour parvenir à la neutralité climatique et à la relance verte;

4.

considère que pour assurer la bonne mise en œuvre du pacte vert, les efforts doivent émaner de la base et être répartis équitablement entre les différents territoires de l’Union, dans le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité, tout en accordant la souplesse nécessaire pour en garantir l’efficacité au regard des coûts;

5.

fait observer que la crise de la COVID-19 a mis en évidence la vulnérabilité de nos sociétés et le besoin d’en renforcer la résilience face aux chocs économiques, sociaux et environnementaux; réaffirme le rôle central du nouvel instrument de l’Union européenne pour la relance s’agissant de soutenir la reprise dans l’Union tout en ouvrant la voie à une transition juste et plus écologique et à un avenir plus durable;

6.

plaide pour une reconnaissance de la gouvernance à plusieurs niveaux afin de relier efficacement les objectifs du pacte vert avec une relance écologique pour l’Europe; souligne à quel point le vaste éventail des thèmes abordés dans le pacte vert offre un terreau fertile pour intégrer les plans nouveaux et existants dans tous les secteurs, de manière à concevoir et porter des mesures susceptibles de faire valoir les besoins et la valeur ajoutée des territoires et de compléter les efforts nationaux, conformément au principe de subsidiarité;

7.

souligne que les plans nationaux pour la reprise et la résilience représentent une occasion que l’on ne saurait manquer de déployer une gouvernance à plusieurs niveaux. Il convient d’asseoir ces actions sur des ressources et des cadres réglementaires appropriés, en associant pleinement les collectivités locales et régionales à la définition et à la mise en œuvre des plans, et en leur octroyant un accès direct aux fonds de l’Union;

8.

rappelle l’analyse faite par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), qui montre comment une mise en œuvre non optimale de la législation de l’Union en matière d’environnement découle le plus souvent d’une coordination défaillante entres les pouvoirs publics locaux, régionaux et nationaux, que viennent encore aggraver le manque de capacités administratives et de financements, des lacunes dans les connaissances et les données, l’insuffisance des mécanismes d’assurance de la conformité et l’absence d’intégration des politiques; par conséquent, préconise un renforcement systématique de l’intégration verticale afin de réduire les écarts d’ambition, d’aligner les calendriers de mise en œuvre et les priorités en matière d’investissement, de limiter les mesures redondantes et les processus contradictoires ou déconnectés et de résorber le décalage entre les politiques et les dispositifs législatifs existants (2);

9.

souligne que — même si le règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie encourage fortement un dialogue continu entre les États membres et les collectivités locales et régionales — des expériences comme celle des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) ont montré combien il pouvait être difficile d’engager un processus structuré de mobilisation et de consultation des différents niveaux des pouvoirs publics (3); estime qu’il convient de promouvoir davantage ce dialogue à plusieurs niveaux sur l’énergie et le climat et de l’étendre à tous les domaines du pacte vert, afin de garantir le degré de cohérence nécessaire à une mobilisation adéquate des ressources, des engagements et des plans; réaffirme qu’il est disposé à mettre en place, sur le modèle des «dialogues multiniveaux sur le climat et l’énergie», une plateforme permanente à plusieurs niveaux pour un dialogue à de multiples niveaux sur le pacte vert; souligne qu’il convient de garantir le caractère ascendant de la démarche ainsi que des consultations obligatoires des collectivités locales et régionales lors de l’élaboration des plans nationaux pour la reprise et la résilience en vue d’assurer une intégration coordonnée et efficace des politiques du pacte vert (4); invite la Commission européenne à s’appuyer sur l’expérience que lui-même a également acquise en matière de mise en œuvre par l’intermédiaire de son réseau de pôles régionaux;

10.

souligne que la contribution stratégique des collectivités locales et régionales est cruciale pour réussir à intégrer le principe consistant à «ne pas nuire» et faire du pacte vert un moteur pour la création d’emplois qui soit durable et juste, en réponse aux besoins constatés aux niveaux local et régional; se félicite du projet de nouvelle charte de Leipzig mettant en évidence le pouvoir transformateur des collectivités locales et régionales qui préconisent l’adoption de processus d’aménagement urbain intégré, coordonnés suivant des approches intégrées, territoriales, conduites à plusieurs niveaux et participatives, à l’image des «investissements territoriaux intégrés»; demande à la Commission européenne d’afficher un engagement plus déterminé en faveur du programme urbain pour l’Union européenne et de l’intégrer dans le pacte vert et les initiatives menées dans le domaine du numérique (5);

11.

souligne que les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour mobiliser les acteurs locaux, attirer des investisseurs privés et mettre en œuvre des mesures ambitieuses et opportunes, non seulement en tant qu’administrations, mais aussi comme prestataires de services. Elles peuvent adopter des pactes verts locaux dans une perspective globale, en tenant compte des différentes situations économiques, sociales, géographiques et environnementales au niveau local;

12.

demande à la Commission européenne et aux États membres de donner aux collectivités locales et régionales les moyens d’agir comme des partenaires essentiels de l’Union européenne dans sa trajectoire vers la neutralité climatique, en soutenant l’engagement, pris aux niveaux local et régional, d’élaborer des pactes verts locaux — tels que ceux annoncés dans le cadre du «message de Mannheim» — et de mettre en œuvre, dans une logique territoriale, des «contrats climat» ainsi que des pactes sur le climat (6) conçus en collaboration avec les citoyens et des acteurs clés, notamment les entreprises, l’industrie et les secteurs de la recherche et de l’innovation;

13.

propose de collaborer avec la Commission européenne pour lancer un tableau de bord régional européen comprenant des indicateurs clairs, ciblés et faciles à utiliser pour mesurer et suivre l’impact du pacte vert à l’échelon régional (NUTS 2), en coordination avec le système de suivi prévu dans le huitième programme d’action pour l’environnement. Compte tenu des grandes différences dans les points de départ et les trajectoires de développement des régions de l’Union, ce tableau de bord permettrait de disposer de données concrètes sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du pacte vert, de repérer les obstacles possibles, ainsi que de proposer des solutions pour les territoires accusant un retard et de partager les bonnes pratiques des plus avancés. Le Centre commun de recherche pourrait fournir à la Commission européenne et au Comité européen des régions le soutien méthodologique nécessaire pour mettre au point un tableau de bord de ce type, en s’alignant sur les agences et institutions concernées, telles que l’Agence européenne pour l’environnement;

14.

salue la proposition de la Commission de mettre en place le pacte européen pour le climat, qui vise à mobiliser individuellement et collectivement les citoyens pour concevoir des actions concrètes en matière de climat et d’environnement sur le terrain; réaffirme que les collectivités locales et régionales sont prêtes à travailler en partenariat avec les institutions de l’Union, les États membres et tous les acteurs concernés dans le cadre du pacte pour le climat, afin de poursuivre conjointement les objectifs de neutralité climatique et la mise en œuvre des ODD des Nations unies (7); estime que les activités de renforcement des capacités devraient être reliées à des instruments de financement afin de garantir que les plans et actions élaborés par les villes et les régions puissent être mis en œuvre;

Apporter des solutions globales grâce à la mise en œuvre du pacte vert au niveau local et régional

15.

souligne que le pacte vert ne réussira à faire advenir une Europe plus forte, plus durable et inclusive que s’il garantit l’intégration tant horizontale que verticale de tous les niveaux des pouvoirs publics et si les citoyens s’approprient la transition énergétique; demande à la Commission et aux États membres de reconnaître le rôle que jouent les collectivités locales et régionales, à savoir celui de leurs meilleurs alliées dans cette entreprise, pas seulement en leur qualité de partenaires de la mise en œuvre, mais aussi en raison de la démarche consistant à associer tous les niveaux à la définition des cadres réglementaires, budgétaires et financiers, dans la logique d’un (véritable) système de gouvernance à plusieurs niveaux;

16.

souligne que les collectivités locales et régionales se trouvent dans la position privilégiée de pouvoir travailler directement avec les citoyens et favoriser chez eux un changement de comportement vers des modes de consommation plus durables, ce qui leur permet de proposer des solutions viables et de servir de «laboratoires vivants» des nouvelles idées et connaissances (8), et de favoriser l’adoption d’objectifs ambitieux, mais néanmoins réalistes, moyennant leur intégration dans les mesures, les services et les priorités des acteurs locaux qu’elles représentent; met en avant la responsabilité des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de l’action pour le climat et souligne qu’il importe de renforcer la communication et l’éducation en la matière, en tant qu’outils nécessaires pour que les citoyens deviennent des acteurs autonomes et informés de cet effort; fait valoir que le relèvement de l’objectif à l’horizon 2030 ne doit pas avoir un effet dissuasif mais devrait plutôt faciliter et stimuler une action efficace en faveur du climat;

17.

en vue des préparatifs de la COP 26, demande à la Commission d’insister sur le rôle et l’apport explicites des contributions déterminées au niveau régional et local dans le cadre des contributions déterminées au niveau national (CDN) révisées de l’Union au titre de l’accord de Paris et, plus généralement, de promouvoir activement la reconnaissance pérenne et la participation directe des pouvoirs infranationaux dans la mise en œuvre de l’accord de Paris et dans les processus de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC);

18.

fait observer que les collectivités locales et régionales jouent un rôle crucial pour améliorer le respect des ODD, en particulier les objectifs no 11 et 17; rappelle que, d’après le rapport de 2019 sur le développement durable en Europe (9), les principaux défis que l’Union européenne devra relever pour atteindre les ODD portent sur le climat, la biodiversité, l’économie circulaire et la convergence des niveaux de vie dans l’ensemble de ses pays et régions; recommande vivement la mise en place d’un cadre harmonisé et invite l’Union européenne à faire le nécessaire pour montrer l’exemple concernant la mise en œuvre des ODD, tant au niveau européen qu’à l’échelle mondiale;

19.

réaffirme qu’il importe d’associer constamment les collectivités locales et régionales à chaque étape du processus de planification de la reprise et de la résilience: l’inventaire des priorités, la conception des plans, l’allocation des ressources et la définition des investissements; invite les institutions européennes à toujours s’appuyer sur son soutien et ses éclairages, ainsi que sur ceux de son groupe de travail «Pacte vert — Investir l’échelon local», afin de favoriser la mise en œuvre du pacte vert et d’une relance efficace;

Relier et rechercher des synergies pour accélérer la mise en œuvre grâce à des approches systématiques

20.

invite instamment la Commission à accorder une attention particulière au système de tarification du CO2. La transformation climatique nécessite de nouveaux investissements, en particulier dans le secteur privé, à des fins d’adaptation et d’atténuation. Afin d’attirer ceux qui sont requis, il y a lieu de fixer le prix du CO2 à un niveau prévisible et approprié. Ce système devrait encourager les entreprises du secteur de l’énergie et d’autres entreprises à jouer un rôle de pointe dans la réalisation des objectifs climatiques et dans la création de nouvelles solutions neutres en carbone; souligne qu’un système de tarification plus efficace pour le CO2, incluant un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, est nécessaire pour faire du CO2 un paramètre transparent dans le système économique et pour favoriser la transition vers la neutralité carbone. Ce système devrait être conçu de manière à encourager les entreprises du secteur de l’énergie et d’autres entreprises à créer de nouvelles solutions neutres en carbone. Un tel système permettrait de créer de nouvelles conditions de concurrence équitables pour une action durable, et constitue un outil essentiel pour faire du CO2 un élément transparent de la transition à tous les niveaux et dans tous les secteurs; invite l’Union à jouer un rôle de premier plan au niveau mondial dans le développement du système nécessaire d’ici à 2030 et à négocier des éléments similaires avec ses partenaires commerciaux mondiaux;

21.

soutient la demande formulée par le Parlement européen en vue d’établir, en s’appuyant sur les calculs scientifiques les plus récents utilisés par le GIEC, un budget d’émissions nettes de gaz à effet de serre pour l’Europe des 27 qui représente la juste part de l’Union au regard du niveau d’émissions résiduel à l’échelle mondiale, conformément aux objectifs de l’accord de Paris, et qui serve de fil conducteur à la définition de la trajectoire de l’Union vers un bilan neutre de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050;

22.

considère que les collectivités locales et régionales sont à l’avant-garde de la relance écologique; souligne qu’elles intègrent déjà les ODD dans leurs plans locaux et stratégies régionales (10), qui peuvent offrir un point de départ essentiel à une mise en œuvre au coût maîtrisé des pactes verts locaux et régionaux, lesquels permettent de relier de multiples stratégies et plans sectoriels et d’élaborer des indicateurs adéquats pour le suivi et l’évaluation de leurs effets;

23.

relève la nécessité de rationaliser et de relier les nombreuses initiatives existantes, financées par l’Union et consacrées au niveau local, qui contribuent à la mise en œuvre des ODD et de l’accord de Paris, en se focalisant sur un ou plusieurs axes (comme la Convention des maires, l’accord de ville verte, le réseau des capitales vertes de l’Europe, le partenariat européen d’innovation pour des villes et communautés intelligentes, les 100 villes neutres pour le climat d’ici à 2030 et le défi des villes intelligentes, ainsi que d’autres initiatives qui ne sont pas directement financées par l’Union, telles que la «coalition Under2»); invite la Commission européenne à contribuer à fournir une vue d’ensemble claire du champ d’application et des caractéristiques des initiatives existantes qui sont financées par l’Union européenne en relation avec le pacte vert et qui ciblent les collectivités locales et régionales, pour mieux guider leur démarche;

24.

considère que la mise en œuvre du pacte vert nécessitera des solutions flexibles et innovantes ainsi que de nouveaux modèles économiques afin de transformer les infrastructures et les écosystèmes de services locaux et régionaux dans la perspective d’une société de l’après-carbone, notamment les infrastructures numériques intelligentes et les infrastructures vertes et bleues, d’améliorer la qualité de nos espaces publics, de soutenir l’adaptation au changement climatique, d’accroître la biodiversité et de préserver la santé publique et la qualité de vie; se félicite des priorités qui ont été définies, mais souligne qu’il convient de les relier plus étroitement les unes aux autres, de renforcer la diversification productive, de maîtriser davantage les coûts desdites priorités et de donner la primauté à celles qui sont les plus susceptibles de créer de l’emploi afin de faire du pacte vert un moteur de la reprise, notamment celles énumérées ci-dessous:

—

une vague de rénovation pour les bâtiments, privés et publics, ainsi que la décarbonation du chauffage et du refroidissement,

—

la mobilité et les transports propres,

—

l’économie circulaire et les systèmes agroalimentaires durables,

—

la biodiversité et la gestion des écosystèmes,

—

les solutions fondées sur la nature et la végétalisation urbaine,

—

l’ambition «zéro pollution» de l’Union européenne,

—

la numérisation,

—

les politiques en matière de santé et d’environnement,

—

une politique en matière de résilience qui intègre les politiques relatives à la cohésion, au développement rural, à la santé et à l’environnement,

—

la promotion d’une transposition rapide et cohérente du train de mesures sur l’énergie propre, ainsi que l’adoption rapide de la loi européenne sur le climat pour adapter la législation de l’Union en matière de climat et d’énergie au relèvement de son objectif en matière de lutte contre le changement climatique à l’horizon 2030, en vue d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050,

—

la transition vers une économie bleue durable,

—

une transition énergétique durable et équitable qui favorise l’appropriation directe par les citoyens d’une énergie sûre et abordable, accessible à tout un chacun;

25.

souligne que le pacte vert offre l’occasion d’adopter une approche plus systématique dans l’accélération de l’intégration des systèmes énergétiques et du couplage sectoriel et dans la mise en œuvre d’une intégration intelligente des secteurs et d’une spécialisation intelligente, tout en s’employant dans le même temps à renforcer la sécurité énergétique, à préserver la santé et l’environnement et à promouvoir la croissance, l’innovation et une industrie dominante dans l’arène mondiale; fait ressortir en ce sens qu’il conviendra de mettre en œuvre la transition énergétique selon une approche globale, en abordant simultanément les questions liées à l’énergie et les aspects sociaux, industriels, territoriaux, environnementaux et culturels, et en tenant compte de la spécificité de chaque région et, en particulier, des régions les plus vulnérables telles que les régions à forte intensité de charbon et de carbone, les îles et les régions ultrapériphériques;

26.

rappelle qu’il convient d’accorder une attention particulière aux régions disposant de systèmes énergétiques isolés, à fort potentiel de ressources renouvelables et pour lesquelles il n’existe pas encore de solutions technologiques innovantes permettant l’interconnexion;

27.

réaffirme que, si l’innovation a un rôle essentiel à jouer dans l’émergence d’une Union européenne plus durable et résiliente, une large gamme de solutions techniques est déjà disponible sur le marché pour atteindre la neutralité climatique en maîtrisant les coûts en Europe et il y aurait lieu d’en faire usage — des études montrent par exemple comment il est possible de réduire jusqu’à 86 % des émissions de CO2 (11) dans un système énergétique interconnecté grâce aux technologies existantes; préconise de nouvelles initiatives en matière de recherche et développement dans ce domaine, et souligne qu’il conviendrait de rendre les solutions et bonnes pratiques facilement accessibles pour les collectivités locales et régionales dans le cadre du pacte pour le climat, de manière à favoriser l’apprentissage entre pairs et la coopération à l’échelle de l’Union;

28.

souligne que les collectivités locales et régionales se heurtent à plusieurs obstacles liés au manque de ressources humaines et financières, ainsi qu’aux politiques, réglementations et structures organisationnelles existantes. Des cadres réglementaires cohérents, stables et prévisibles, une simplification des mécanismes liés à la préparation des projets, un renforcement de leurs capacités et une assistance technique sur mesure les aideraient à obtenir des investissements en faveur de projets ambitieux et à développer des projets susceptibles d’être financés;

Accélérer la relance écologique de l’Europe en attribuant les mandats et les financements appropriés pour mettre en œuvre le pacte vert sur le terrain

29.

considère que le défi de la reprise au lendemain de la COVID-19 devra être relevé au moyen d’une stratégie systématique d’investissement, de soutien et de promotion d’une trajectoire plus durable pour l’Europe, et plus particulièrement par une action ambitieuse des collectivités locales et régionales en vue d’atténuer les effets socio-économiques délétères de la crise; est convaincu que l’instrument «Next Generation EU» pour la relance (12), notamment l’affectation de 37 % de son budget de 750 milliards d’EUR à la réalisation des objectifs du pacte vert, ainsi que le relèvement de l’objectif fixé dans le cadre financier pluriannuel pour l’action menée dans le domaine du climat mettront l’Union européenne sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques;

30.

se félicite de la possibilité donnée, dans le cadre du Fonds pour une transition juste, de soutenir la reconversion des travailleurs en renforçant l’offre éducative ainsi que l’enseignement et la formation professionnels, contribuant ainsi à créer de nouveaux débouchés économiques, tout en favorisant l’équité sociale et la résilience, en particulier dans les régions vulnérables, dont celles qui présentent une structure de production faiblement diversifiée; souligne l’importance de promouvoir les compétences des travailleurs utiles pour le pacte vert dans le cadre de la stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience, en tirant parti du pacte de l’Union sur les compétences et des partenariats européens pour les compétences et en renforçant l’éducation et la sensibilisation des citoyens afin de favoriser des changements de comportement propices au développement d’habitudes plus durables ayant un moindre impact sur l’environnement;

31.

demande que le financement en soit articulé avec la politique de cohésion pour la période 2021-2027 afin de renforcer les programmes opérationnels et la transition écologique des économies concernées; souligne l’importance du FEDER et du nouvel instrument pour la relance s’agissant de promouvoir la mise en œuvre du pacte vert;

32.

invite les institutions de l’Union à appliquer les principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux dans l’élaboration des plans pour la reprise et la résilience, à y intégrer une forte dimension locale et régionale et à prévoir la participation obligatoire des collectivités locales et régionales (13), tout en facilitant un processus inclusif, accessible et transparent à tous les niveaux;

33.

demande aux institutions et aux États membres d’établir de meilleurs cadres budgétaires et de supprimer d’urgence les subventions allouées aux combustibles fossiles, de manière à créer un environnement concurrentiel où les énergies renouvelables puissent évoluer à armes égales avec les autres, à encourager un changement de comportement et à dégager les ressources nécessaires pour soutenir une transition juste; souligne qu’il importe de garantir une transition durable, qui soit en mesure de consolider la cohésion sociale et économique;

34.

observe que, malgré une capacité limitée à injecter des recettes dans leurs budgets au moyen de taxes et redevances locales, les collectivités locales et régionales n’en assument pas moins la charge de 65 % des investissements publics dans les domaines du climat et de l’environnement, et continueront de pâtir des effets de la crise de la COVID-19 sur leurs finances et leur fonctionnement dans les années à venir; par conséquent, préconise un accès direct aux financements de l’échelon européen ainsi que des programmes coordonnés entre tous les niveaux de gouvernance, au titre notamment des plans d’investissement à l’appui du pacte vert et des plans pour la reprise et la résilience;

35.

réitère son appel à une réduction des formalités administratives et à la simplification des mécanismes liés à l’élaboration des projets et à la participation aux initiatives de renforcement des capacités dans les collectivités locales et régionales, et se félicite de l’engagement pris par la Commission d’améliorer les lignes directrices pour une meilleure réglementation afin de traiter les problèmes liés à la durabilité et à l’innovation;

36.

reconnaît que la budgétisation environnementale (14) est un outil utile et efficace au service de l’élaboration des politiques budgétaires, qui contribue à évaluer et encourager les améliorations portées à l’alignement des dépenses nationales et infranationales (15), de la perception des recettes et de l’allocation des ressources sur les objectifs en matière de développement durable;

37.

souligne qu’il importe d’associer les collectivités locales et régionales à la définition de la taxinomie de l’Union afin de mieux identifier les investissements compatibles avec les enjeux relatifs au climat et à la durabilité; il est attendu que les critères et la gestion de ladite taxinomie améliorent la durabilité des investissements sans alourdir la charge administrative ni décourager les investissements. Les collectivités locales et régionales restent confrontées à des obstacles conséquents s’agissant d’obtenir l’expertise nécessaire au développement de projets susceptibles d’être financés et d’accéder à des investissements de moyenne à grande échelle (16);

38.

se félicite de l’augmentation progressive des financements consacrés à l’action pour le climat et à la durabilité environnementale par la Banque européenne d’investissement (BEI), en sa qualité de «banque du climat» de l’Union; réitère l’appel qu’il a lancé pour que l’on poursuive la mise en place d’une assistance technique sur mesure afin d’aider les collectivités locales et régionales; demande à la BEI et à la Commission européenne de renforcer l’accès des collectivités locales et régionales aux programmes ainsi que le soutien au développement de projets susceptibles de bénéficier d’un financement — y compris les projets à petite échelle en les regroupant dans l’optique de réaliser les économies d’échelle nécessaires;

39.

souligne la nécessité de renforcer la capacité des collectivités locales et régionales à attirer et à mobiliser des financements privés au moyen d’instruments tels que les obligations vertes, le capital-investissement et les mécanismes de regroupement des financements afin de stimuler la relance écologique; porte un regard favorable sur la mission du dispositif EU City Facility, à savoir constituer une importante réserve de projets d’investissements dans l’énergie durable et renforcer la capacité des collectivités locales et régionales à accéder à des facilités telles que les Fonds structurels et d’investissement européens, ainsi que sur l’assistance au développement de projets dans le cadre du programme Horizon 2020; encourage la transposition à plus grande échelle et l’essaimage des initiatives de «guichet unique» qui peuvent fournir des évaluations techniques, apporter une aide dans les procédures d’appel d’offres et communiquer des informations sur les possibilités de financement qui s’offrent aux collectivités locales et régionales; encourage les partenariats public-privé ainsi que de nouvelles combinaisons entre les Fonds ESI et d’autres programmes tels qu’Horizon Europe;

40.

souligne qu’il est nécessaire d’aiguiller le soutien financier vers la recherche et l’innovation, en réponse aux besoins recensés localement, et se réjouit de l’appel consacré au pacte vert qui a été récemment lancé dans le cadre du programme Horizon 2020 et dirigera des aides vers les villes et les régions; insiste sur les besoins en matière d’innovation et de technologie, lesquelles fournissent les informations nécessaires et pertinentes pour améliorer la planification, la prise de décision et la gestion; relève l’importance des pratiques relevant des marchés publics écologiques pour intégrer l’innovation, les technologies et les services durables;

Évaluer les incidences et réaliser un suivi des résultats pour renforcer l’action future à tous les niveaux

41.

souligne qu’il est nécessaire d’établir un ensemble d’indicateurs pour l’évaluation et le suivi des progrès accomplis dans le cadre du pacte vert, sur le plan de la législation, des politiques et du financement aux niveaux régional, métropolitain et local; propose de mettre au point un tableau de bord régional européen comprenant des indicateurs clairs, ciblés et faciles à utiliser pour mesurer et suivre l’impact du pacte vert en tant qu’instrument de la reprise et de la résilience, de définir des indicateurs socio-économiques et environnementaux clairs afin de mesurer les effets des pactes verts locaux qui sont nombreux à apparaître, de fournir une vue d’ensemble des politiques et mesures complémentaires, d’effectuer un suivi des flux de financement et de ressources au niveau régional et infranational, et enfin de contribuer à une réévaluation, en prenant des décisions éclairées et en évaluant les effets des mesures prises pour atteindre les objectifs de la relance écologique, de la neutralité climatique et du développement socio-économique;

42.

souligne à quel point un suivi efficace et pertinent des progrès accomplis au moyen d’un tableau de bord régional européen est tributaire de mandats appropriés et d’une contribution constante et cohérente des collectivités locales et régionales à l’élaboration, au déploiement et à la mise en œuvre des plans, permettant d’inscrire les actions menées dans une démarche de complémentarité qui soit réellement efficace au regard des coûts; relève que les collectivités locales et régionales rencontrent encore d’importantes difficultés dans la collecte de données, en raison notamment de l’incohérence des cadres réglementaires et de l’absence de mandats, de capacités et de ressources, et par conséquent, juge essentiel d’aligner, de relier et de rationaliser les cadres de suivi et les indicateurs des initiatives existantes afin d’éviter les doubles emplois et de tirer parti de méthodes et d’approches en usage;

43.

demande d’asseoir sur des valeurs de référence cohérentes le suivi donné aux incidences des actions et mesures, sur la base de données scientifiquement fiables et dans la perspective de contrôler l’avancement de la mise en œuvre des ODD et de l’accord de Paris; relève que des normes internationales comme la norme TC 268 pour des «villes et communautés territoriales durables» et les données recueillies grâce aux technologies spatiales peuvent contribuer au suivi des résultats obtenus et servir de modèle à un tel tableau de bord régional;

44.

fait observer que le tableau de bord régional européen servira de base de connaissances et contribuera à refléter la diversité des besoins et des contextes dans les collectivités locales et régionales de toute l’Europe, en aidant à repérer et à reproduire les bonnes pratiques selon des critères communs et transparents, y compris des actions pilotes prêtes à être financées au niveau local et infranational;

45.

souligne que le tableau de bord régional européen devrait également contribuer au suivi des plans de relance dans les zones vulnérables, comme les régions montagneuses, insulaires et ultrapériphériques ainsi que les régions moins développées ou moins diversifiées quant à leur production; réitère son appel à la création d’un observatoire européen de la neutralité climatique chargé de contribuer au respect des obligations nationales en matière de communication d’informations au titre de la gouvernance de l’union de l’énergie, au recensement et à la surveillance de ces vulnérabilités, ainsi qu’à la mise à jour du panorama européen des compétences. L’objectif est d’aligner la mise en œuvre des politiques en matière de développement durable sur le développement des compétences pour des emplois de qualité qui soient porteurs d’avenir dans les régions les plus vulnérables et celles qui sont moins développées ou moins diversifiées quant à leur production, et de faciliter un échange efficace de bonnes pratiques, en s’appuyant également sur les indicateurs composites existants et, éventuellement, sur d’autres indicateurs qui restent à déterminer (17).

Bruxelles, le 10 décembre 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Des villes et des régions respectueuses de la biodiversité au-delà de 2020, dans le cadre de la COP 15 de la CDB des Nations unies et de la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 (COR-2020-00539) (JO C 440 du 18.12.2020, p. 20).

(2) Vers un huitième programme d’action pour l’environnement (COR-2018-01672) (JO C 168 du 16.5.2019, p. 27).

(3) Évaluation à l’échelle de l’UE des plans nationaux en matière d’énergie et de climat.

(4) Mettre en œuvre le train de mesures sur l’énergie propre: les plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat, outils pour une approche de la gouvernance locale et territoriale du climat et des énergies actives et passives (COR-2019-00618) (JO C 39 du 5.2.2020, p. 33).

(5) Le renouvellement de la charte de Leipzig sur la ville européenne durable (COR-2019-04829) (JO C 440 du 18.12.2020, p. 119).

(6) Le pacte européen pour le climat (COR-2020-01360) (JO C 440 du 18.12.2020, p. 99).

(7) Le pacte européen pour le climat (COR-2020-01360) (JO C 440 du 18.12.2020, p. 99).

(8) Vers un huitième programme d’action pour l’environnement (COR-2018-01672) (JO C 168 du 16.5.2019, p. 27).

(9) https://www.sustainabledevelopment.report/

(10) De telles stratégies existent, par exemple, à Malmö, à Mannheim ou en Wallonie.

(11) Scénario HRE 2050 par rapport à 1990, Quantifying the Impact of Low-carbon Heating and Cooling Roadmaps (Quantification des effets des feuilles de route sur les systèmes de chauffage et de refroidissement à faible intensité de carbone — en anglais).

(12) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_20_940

(13) Plan de relance pour l’Europe face à la pandémie de COVID-19: facilité pour la reprise et la résilience et instrument d’appui technique (COR-2020-03381) (JO C 440 du 18.12.2020, p. 160).

(14) http://www.oecd.org/environment/green-budgeting/OECD-Green-Budgeting-Framework-Highlights.pdf

(15) EcoBudget.

(16) Mettre en œuvre l’accord de Paris grâce à une transition énergétique innovante et durable au niveau régional et local (COR-2019-00617) (JO C 39 du 5.2.2020, p. 72).

(17) Une planète propre pour tous — Une vision européenne stratégique à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat (COR-2018-05736) (JO C 404 du 29.11.2019, p. 58).


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