| CELEX | 52020IR5625 |
| Type | Initiative législative |
| Date | vendredi 5 février 2021 |
| 26.3.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 106/25 |
Avis du Comité européen des régions — Une Union de l’égalité: cadre stratégique de l’UE pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms
(2021/C 106/06)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations générales — Les Roms en tant que minorité ethnique européenne
| 1. | accueille favorablement la communication de la Commission, qui continue de démontrer l’engagement de cette dernière et du Conseil européen en faveur de l’intégration des communautés roms (1) et leur volonté d’éliminer la discrimination et l’exclusion des Roms. De même, il se réjouit de la dernière recommandation du Conseil en la matière et insiste sur l’importance de l’information des niveaux local et régional et de la fixation d’objectifs concrets. À cette fin, il invite instamment la Commission européenne et le Conseil à garantir un suivi adéquat des résultats obtenus; |
| 2. | souligne que les Roms constituent la principale minorité ethnique d’Europe. De nombreux Roms continuent d’être privés de leurs droits fondamentaux, de vivre dans la pauvreté et de faire l’objet d’une discrimination extrême et d’exclusion sociale. Étant donné qu’il s’agit d’un problème européen et que ces personnes sont des citoyens européens, il est d’autant plus choquant que les gouvernements des États membres et l’Union aient jusqu’à présent échoué dans la mise en œuvre de politiques d’intégration et d’inclusion réussies, visant à doter les Roms de tous les moyens nécessaires pour exercer les droits et les responsabilités liés à la citoyenneté européenne; |
| 3. | rappelle qu’une Union de l’égalité, qui est l’un des principaux objectifs de la Commission européenne (2), ne pourra être concrétisée sur le continent sans la participation active des communautés roms, qui représentent, selon les estimations, de 10 à 12 millions de personnes; |
| 4. | confirme que les avancées en matière d’intégration des Roms au cours des dix dernières années ont été limitées. Quelques progrès ont été accomplis en ce qui concerne certaines des priorités sectorielles mises en évidence dans la communication, mais, dans l’ensemble, les objectifs fixés n’ont pas été atteints. Il faudra donc à l’avenir revoir l’affectation des ressources consacrées à cette question et les accroître si nécessaire, poursuivre le développement d’une approche intégrée et encourager le recours à des solutions innovantes. Il convient en particulier d’insister sur la nécessité de continuer à apporter un soutien professionnel et financier aux programmes couronnés de succès afin d’obtenir des résultats à long terme; |
| 5. | fait également observer que les engagements en faveur de l’égalité, de l’inclusion sociale et de la participation des Roms doivent être renouvelés et renforcés aux niveaux européen, national, régional et local; |
| 6. | invite les États membres, face à la persistance de résultats insatisfaisants dans la résolution des problèmes en matière d’éducation, de marché du travail, de logement et de santé causés par la discrimination et la situation sociale, à intensifier ces efforts, notamment en responsabilisant davantage les collectivités régionales et locales; |
| 7. | reconnaît que les communautés roms sont extrêmement exposées aux effets de la pandémie de COVID-19. Dans leur cas, la pandémie et ses incidences socio-économiques et sanitaires aggravent encore les disparités existantes et creusent davantage l’écart. En outre, les conséquences de la pandémie annulent une partie des résultats obtenus jusqu’à présent. Il convient dès lors d’augmenter les ressources destinées aux Roms dans le cadre du processus de relance; |
| 8. | relève que la promotion de l’égalité et de l’intégration des Roms est non seulement essentielle au regard des droits fondamentaux, mais revêt également une importance économique manifeste. La mise en œuvre réussie de la stratégie sera également cruciale pour la performance économique des États membres comptant dans leur population une proportion élevée de Roms (plus de 1 %); |
| 9. | se félicite tout particulièrement du rapport adopté en 2020 par le Parlement européen sur «La mise en œuvre des stratégies nationales d’intégration des Roms: lutter contre les comportements négatifs envers les personnes d’origine rom en Europe» (3), qui formule véritablement des mesures et des objectifs précis. Le CdR recommande également de tenir compte des conclusions prospectives de ce rapport lors de l’élaboration des cadres stratégiques nationaux pour les Roms; |
| 10. | soutient la déclaration des maires et des élus locaux et régionaux des États membres du Conseil de l’Europe contre l’antitsiganisme (4). Il invite en outre les institutions de l’Union à collaborer plus étroitement avec le Conseil de l’Europe pour améliorer la situation des Roms, notamment en soutenant l’Alliance européenne des villes et des régions pour l’inclusion des Roms et des Gens du voyage et l’excellente campagne de sensibilisation «Dosta!»; |
| 11. | salue et apprécie tout particulièrement le fait que les premiers ministres des pays des Balkans occidentaux comptant une proportion élevée de Roms dans leur population aient adopté, en juillet 2019, une déclaration sur l’intégration des Roms dans le cadre du processus d’élargissement de l’UE (5), dans laquelle ils se sont engagés à améliorer concrètement, avant leur adhésion, la situation des Roms; |
Cadres stratégiques nationaux pour les Roms, objectifs horizontaux
| 12. | se félicite que la communication tienne compte des conclusions de l’évaluation du cadre précédent, des évaluations annuelles de la mise en œuvre des stratégies nationales et de l’analyse des raisons de l’efficacité limitée des mesures antérieures, et qu’elle se fonde sur de vastes consultations; |
| 13. | souligne toutefois que la communication omet de présenter les expériences positives et négatives de la mise en œuvre des stratégies nationales précédentes en faveur des Roms. Elle ne tire aucune conclusion, n’aborde nulle part les bonnes pratiques et ne fait aucune mention de mesures efficaces prises par différents États membres qui pourraient être adoptées ou reprises ailleurs; |
| 14. | fait remarquer que l’une des clés du progrès dans ce domaine serait d’imposer aux États membres la mise en place d’un cadre stratégique national pour les Roms; déplore qu’au cours du cycle précédent, plusieurs États membres n’ont pas élaboré de cadre stratégique, du fait que celui-ci était facultatif; |
| 15. | confirme son soutien aux efforts déployés par la Commission européenne, qui souhaite, grâce à la publication de lignes directrices sur les stratégies d’intégration, aider les États membres de l’UE et les pays candidats à l’adhésion à élaborer des stratégies nationales efficaces en faveur des Roms; note toutefois que tirer les leçons des nombreuses expériences négatives dans la mise en œuvre de la stratégie de l’UE en faveur des Roms au cours du cycle précédent aurait permis de repenser de manière cohérente l’approche dans ce domaine dans le cadre de l’élaboration de la stratégie actuelle; |
| 16. | constate avec inquiétude que les enquêtes menées par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) confirment que la discrimination sur le marché du travail est un sujet de préoccupation non seulement lors de la recherche d’un emploi, mais également au travail, où 22 % des répondants se sont sentis victimes de discrimination en raison de leur origine ethnique ou immigrée. En ce qui concerne l’accès aux biens et aux services (administration publique, transports publics, magasins, restaurants, etc.), ce sont les Roms (28 % d’entre eux) qui ont été confrontés au niveau de discrimination le plus élevé; |
| 17. | fait en outre observer que la communication ne tient pas compte de l’éventuelle pénurie d’organisations de la société civile et d’experts, qui constitue un obstacle majeur aux progrès dans certains États membres, principalement du fait qu’elle entrave le fonctionnement des ONG. En fin de compte, cela peut avoir une incidence sur les chances d’inclusion des Roms; |
| 18. | souligne que les cadres stratégiques nationaux en faveur des Roms doivent contribuer à la mise en œuvre du plan d’action de l’UE contre le racisme et du socle européen des droits sociaux, ainsi qu’à la réalisation du programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 et des objectifs de développement durable. Les liens avec ces différents documents, la contribution aux objectifs et l’ampleur de celle-ci devraient être spécifiquement mentionnés dans les cadres stratégiques nationaux pour les Roms; |
| 19. | note que la Commission européenne a fixé, dans sa communication et sa proposition de recommandation du Conseil, des objectifs réellement ambitieux, mais aussi nécessaires, diversifiés et équilibrés, tant au niveau horizontal que sectoriel. Pour que ces objectifs puissent réellement être atteints d’ici 2030, il convient d’associer le plus large éventail possible d’organisations locales et nationales de la société civile rom à la planification, à la mise en œuvre, au contrôle et au suivi des cadres stratégiques nationaux pour les Roms, d’intégrer les propositions formulées et de permettre un réexamen périodique de la stratégie; |
| 20. | fait remarquer que la communication n’envisage pas le cas où les mesures prévues dans les cadres stratégiques resteraient lettre morte. Compte tenu de l’expérience du cycle précédent, l’éventualité que certains États membres ne mettent pas en œuvre les cadres stratégiques nationaux demeure pour le CdR un sujet de vive préoccupation. Le CdR invite dès lors instamment la Commission à suivre de près les progrès réalisés par les États membres, à veiller à l’application de la législation pertinente de l’UE et à évaluer rapidement la nécessité de légiférer davantage, étant donné que l’absence de sanctions risque de retarder encore davantage le processus d’intégration et d’inclusion des Roms. Il prie la Commission d’envisager la création d’un comité consultatif européen, composé, entre autres, d’experts des politiques en faveur des Roms et associant également à ses travaux des représentants des collectivités locales et régionales qui disposent d’une expérience concrète, de terrain, en ce qui concerne les questions relatives aux Roms. Il insiste en outre sur la nécessité d’améliorer la représentation des Roms lors des phases de conception et de mise en œuvre des cadres stratégiques nationaux pour les Roms; |
| 21. | soutient la poursuite de la coopération avec l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) dans le cadre de l’examen périodique des cadres stratégiques nationaux pour les Roms. La disponibilité de données adéquates revêt une importance capitale tant pour évaluer l’état de la situation que pour mesurer les progrès accomplis. Il convient d’accorder à cette question toute l’attention requise car, à de nombreuses reprises, le problème s’est posé que des fonds destinés à l’intégration des Roms ont été dépensés en faveur de groupes cibles non roms; |
| 22. | souligne que les objectifs et les mesures définis dans les cadres stratégiques nationaux pour les Roms devraient tenir compte des spécificités territoriales au sein des États membres et des microrégions défavorisées nécessitant des actions spécifiques; |
| 23. | souscrit à l’avis selon lequel les défis en matière d’égalité, d’inclusion sociale et de participation des Roms varient fortement en fonction de la taille de la communauté rom et de sa part dans la population totale, ainsi que du contexte économique général et de l’enracinement de l’exclusion et de la discrimination. Ils varient également selon le lieu et le mode de vie des Roms (zones rurales, urbaines, mobiles, isolées) et des caractéristiques spécifiques, telles que la mobilité transnationale, les migrations ou les questions liées aux documents d’état civil; |
| 24. | souligne toutefois que le cadre stratégique national doit refléter les différences locales et régionales, recenser les zones confrontées à des problèmes spécifiques et contribuer au déploiement de solutions sur mesure; |
| 25. | se félicite que la Commission invite les États membres comptant d’importantes populations roms à inclure dans leur cadre stratégique national pour les Roms des engagements plus ambitieux, qui devraient intégrer l’égalité et l’inclusion des Roms dans les politiques aux niveaux régional et local; |
| 26. | soutient la demande de la Commission européenne visant à ce que les États membres rendent compte de la mise en œuvre des cadres stratégiques nationaux pour les Roms tous les deux ans, une information qui sera complétée par des données provenant de la société civile et de la FRA; demande instamment à la Commission européenne d’œuvrer à la participation la plus large possible des organisations de la société civile et des collectivités locales et régionales qui traitent des questions relatives aux Roms; |
Observations relatives aux objectifs sectoriels
| 27. | confirme que les quatre domaines thématiques clés retenus par la Commission européenne dans la définition de ses groupes d’objectifs, à savoir l’éducation, l’emploi, les soins de santé et le logement, jouent un rôle de premier plan dans le processus d’intégration des Roms, conjointement à celui joué par les services sociaux, en particulier au niveau local et régional; |
| 28. | rappelle que, selon la deuxième enquête de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination (EU-MIDIS II) (6), les enfants roms accusent un retard par rapport aux autres enfants dans tous les indicateurs éducatifs. Environ la moitié seulement (53 %) des enfants roms entre quatre ans et l’âge du début de la scolarité obligatoire suivent un enseignement préscolaire. En moyenne, 18 % des Roms âgés de 6 à 24 ans suivent un niveau d’enseignement inférieur à celui correspondant à leur âge. La proportion de jeunes Roms quittant prématurément l’école est disproportionnellement élevée par rapport à la population en général. Le CdR condamne la ségrégation scolaire, qui reste pratiquée dans certains États membres malgré son interdiction légale et la jurisprudence récente de la Cour européenne des droits de l’homme; |
| 29. | salue la recommandation adoptée en juillet 2020 par le Conseil de l’Europe (7) invitant à intégrer l’histoire du peuple rom et/ou des gens du voyage dans les programmes scolaires et le matériel pédagogique. Elle est particulièrement pertinente pour les États membres comptant une importante population rom; |
| 30. | recommande d’inscrire dans les objectifs du cadre la présence de connaissances relatives à l’histoire et à la culture roms dans les manuels scolaires de l’enseignement primaire et secondaire, et la fourniture d’indicateurs à ce sujet, afin de s’assurer que, en particulier dans les pays où les Roms représentent plus de 1 % de la population, les élèves soient confrontés dans toutes les années d’enseignement à des connaissances historiques, littéraires et artistiques positives sur les Roms. La prévention de l’antitziganisme par l’éducation devrait être une priorité dans tous les États membres, quelle que soit la taille de leur population rom; |
| 31. | constate que les modèles éducatifs numériques introduits en raison de la pandémie de COVID-19 contribuent au décrochage des enfants roms en âge scolaire, ceux-ci ne disposant pour la plupart pas des outils informatiques nécessaires ni d’un accès suffisant à l’internet à haut débit, ou étant incapables de traiter de manière indépendante, sans aide parentale adéquate, les matières au programme; |
| 32. | souligne par conséquent qu’une fois levées les mesures restrictives introduites dans l’enseignement en raison de la pandémie de COVID-19, les programmes de rattrapage éducatif revêtiront une importance primordiale; |
| 33. | relève que, selon la deuxième enquête de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination (EU-MIDIS II) (8), un quart seulement des Roms âgés de plus de 16 ans sont «salariés» ou «indépendants». Les taux d’emploi des femmes roms sont nettement inférieurs à ceux des hommes (16 % contre 34 %). Dans l’ensemble, l’enquête montre que la part des Roms âgés de 20 à 64 ans occupant un emploi rémunéré est de 43 %, ce qui est nettement inférieur à la moyenne de l’UE (70 % en 2015); |
| 34. | souligne que, selon l’enquête précitée de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), c’est parmi les Roms que la discrimination en matière de soins de santé était la plus élevée (8 %), alors que leur espérance de vie est inférieure à celle de la population globale; |
| 35. | soutient le Parlement européen dans sa demande aux États membres de garantir des voies de recours efficaces et rapides pour tous les survivants de la stérilisation forcée, notamment la mise en place de dispositifs d’indemnisation efficaces; |
| 36. | attire l’attention sur le fait qu’une grande partie des Roms vivent dans des ménages privés d’accès aux services publics et aux équipements de base nécessaires. En conséquence, ils sont exposés à un risque grave de privation de logement; |
| 37. | souscrit à la demande adressée aux États membres de garantir aux Roms l’accès à des logements non soumis à la ségrégation résidentielle et de faire figurer dans chaque cadre stratégique national en faveur des Roms l’objectif d’empêcher les expulsions forcées en l’absence de logement de remplacement, comme le prévoient la recommandation du Conseil et l’annexe 1 de la communication; demande que cet objectif soit atteint de préférence à mi-parcours de la période couverte par la mise en œuvre du cadre, étant donné qu’un grand nombre de Roms dans l’Union européenne ont perdu leur logement à la suite d’une expulsion et vivent dans des conditions indignes; |
Observations relatives au cadre institutionnel
| 38. | souligne qu’en l’absence d’une réforme globale du mode d’allocation des ressources et d’un développement des capacités institutionnelles et des capacités d’absorption, aucune modification substantielle de l’utilisation des ressources n’est envisageable. Pour que les programmes de rattrapage soient efficaces, il est également nécessaire de rationaliser et de simplifier les procédures et de modifier l’approche des organismes intermédiaires. Il y a lieu de simplifier la politique de rattrapage, de la rendre plus claire et plus transparente et de la rapprocher des citoyens; |
| 39. | constate que les Roms particulièrement marginalisés qui exercent leur droit à la libre circulation et partent s’installer et/ou travailler dans d’autres États membres y sont souvent victimes de discrimination et d’exploitation. Le CdR souligne l’importance de la coopération transnationale aux niveaux national, régional et local pour prévenir toute exploitation organisée de façon transnationale; |
| 40. | préconise d’envisager le recours prioritaire à d’autres techniques de soutien (projets prioritaires, procédures négociées, subventions globales, soutien normatif) plutôt qu’aux programmes d’adjudication générant des conditions de concurrence inégales lorsqu’il s’agit de soutenir les programmes d’intégration; |
| 41. | suggère de mettre un terme à l’utilisation du dénominateur commun «Roms», car il omet de reconnaître la diversité qui prévaut au sein même de la population des personnes d’origine rom; propose en lieu et place d’adopter l’expression «personnes d’identité rom»; |
| 42. | recommande que les États membres assurent, en plus des garanties professionnelles appropriées, un financement continu et sans entrave des initiatives en faveur d’un rattrapage social qui ont fait la preuve de leur efficacité, ainsi que des projets en la matière. Il est en effet apparu que plusieurs projets ayant déjà été couronnés de succès n’ont réussi à obtenir un nouveau financement qu’après avoir pu être présentés comme innovations et développements sans précédent. Il est également essentiel de garantir un financement continu pour les projets efficaces menés par des organisations de la société civile ne disposant pas de fonds ou d’actifs propres ni de réserves financières; |
| 43. | estime particulièrement important que les organisations roms engagées en faveur de l’intégration aient la possibilité d’accroître progressivement leurs capacités, conformément au principe de développement et de croissance graduels. Il faudrait pouvoir mettre aussi en œuvre des projets initiaux ne nécessitant que de très petits montants pour que les localités les plus défavorisées puissent également s’engager sur la voie d’un développement conscient de l’intégration des Roms. Ce processus doit être catalysé et soutenu par un programme de préparation de projets, et sa mise en œuvre doit l’être avec l’appui de mentors; |
| 44. | souligne que le financement des cadres stratégiques nationaux nécessite également une approche intégrée des différents fonds consacrés au développement. Il convient de mettre l’accent sur la nécessité d’une coordination plus efficace des projets de développement des infrastructures et des capacités humaines afin que les ressources du Fonds européen de développement régional (FEDER) et du Fonds social européen (FSE) soient accessibles conjointement dans le cadre de programmes de développement intégré pour les projets complexes visant à renforcer la cohésion sociale. La coordination de ces ressources nécessite de mettre au point des instruments de mise en œuvre appropriés qui soutiennent l’approche stratégique; |
| 45. | se félicite en particulier que dans le plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025, la Commission européenne se soit engagée à montrer l’exemple en tant qu’institution en prenant des mesures pour améliorer de manière significative la représentativité de son personnel grâce à des mesures ciblées sur le recrutement et la sélection. Lors de la mise en œuvre de ces mesures, la Commission européenne veillera à ce qu’elles s’appliquent également aux Roms, et elle invite les autres institutions de l’UE à prendre des initiatives pour promouvoir la diversité et l’intégration sur le lieu de travail. Le CdR soutient cette démarche et considère qu’elle s’applique également à lui-même; |
Le rôle des collectivités locales et régionales
| 46. | attire l’attention des gouvernements des États membres sur le fait qu’il convient d’associer les collectivités locales et régionales à l’élaboration des cadres stratégiques nationaux concernant les Roms. Celles-ci sont les organisations les plus proches des Roms, elles sont en première ligne face aux problèmes qui se posent et elles disposent de vrais moyens d’action et de réelles ressources pour améliorer la situation; |
| 47. | rappelle que les collectivités locales et régionales représentent le niveau de gouvernance dont la responsabilité est la plus engagée en ce qui concerne l’intégration des populations roms, et estime qu’elles devraient soutenir leur inclusion dans le cadre d’une approche non paternaliste partant de la base; |
| 48. | demande d’assurer la mise en place et le fonctionnement dans tous les États membres de forums d’échange locaux et/ou régionaux qui suivraient la mise en œuvre des cadres stratégiques nationaux, de manière à renforcer le dialogue et à garantir un certain niveau de coopération. Seules des relations de travail éprouvées entre toutes les parties intéressées peuvent conduire à une intégration efficace, et le renforcement de l’approche décentralisée assure une mise en œuvre plus performante des programmes; |
| 49. | recommande que les collectivités locales des localités abritant des populations roms soutiennent les programmes de développement des communautés locales qui offrent aux groupes et petites communautés roms concernés un accès aux connaissances de base pratiques d’importance capitale qu’il est nécessaire de maîtriser dans la vie quotidienne; |
| 50. | invite instamment les collectivités locales et régionales à faire en sorte que des contenus balayant les préjugés à l’égard des Roms soient publiés dans les médias qu’elles dirigent; |
| 51. | attire l’attention des collectivités locales et régionales sur le fait que la diffusion des connaissances sur l’histoire et la culture roms ainsi que la promotion de l’apprentissage interculturel sont susceptibles de réduire efficacement le racisme. |
Bruxelles, le 5 février 2021.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
(1) Tout comme dans la communication de la Commission, dans le présent avis, le terme générique de «Roms» englobe les personnes d’origine rom les plus diverses, telles que: les Roms, les Sintis, les Kalés, les Romanichels, ainsi que les Bayaches/Roudars. Il englobe également des groupes tels que les Ashkalis, les Égyptiens, les Yéniches, les Doms, les Loms, les Roms et les Abdals, de même que les «Voyageurs», comprenant les Travellers ou les populations désignées sous le vocable administratif de «Gens du voyage», ainsi que les personnes qui se désignent elles-mêmes comme gitans, tsiganes ou tziganes, sans nier les caractéristiques particulières de chaque groupe.
(2) Une Union de l’égalité: plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025, COM(2020) 565 final.
(3) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/A-9-2020-0147_FR.html
(4) http://a.cs.coe.int/team81/congress_form/Inscriptions/Declaration_Against_anti_gypsyism.aspx
(5) https://www.romaeducationfund.org/wp-content/uploads/2019/07/Western-Balkans-Declaration-on-Roma-Integration-and-EU-enlargement.pdf
(6) https://fra.europa.eu/en/project/2015/second-european-union-minorities-and-discrimination-survey
(7) https://search.coe.int/cm/Pages/result_details.aspx?ObjectId=09000016809ee52f
(8) https://fra.europa.eu/en/project/2015/second-european-union-minorities-and-discrimination-survey
Initiative législative — 52021IP0508
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0509
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0511
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0512
16/12/2021