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Initiative législative — 52020IR5861

CELEX52020IR5861
TypeInitiative législative
Datejeudi 14 octobre 2021

Texte intégral

4.2.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 61/36


Avis du Comité européen des régions sur le thème «Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025»

(2022/C 61/08)

Rapporteure:

Kate FEENEY (IE-Renew Europe), membre du conseil du comté de Dún Laoghaire-Rathdown

Texte de référence:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025

COM(2020) 698 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

estime que l’égalité fait partie des valeurs fondamentales de l’Union européenne. Elle est consacrée par les traités et la charte des droits fondamentaux, qui confèrent à l’Union tant le pouvoir que la responsabilité de lutter contre la discrimination;

2.

réaffirme que les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexuées, non binaires et queer (LGBTIQ) font partie des droits de l’homme et sont dès lors inhérents à toutes les personnes, indépendamment de tout statut juridique (non-citoyens, réfugiés, migrants ou résidents étrangers), de toute considération de genre, d’âge ou de situation (femmes, hommes, enfants, personnes âgées ou personnes handicapées), de toute appartenance à une religion, une origine ethnique ou une idéologie politique, ainsi que de toute orientation sexuelle, identité ou expression de genre ou caractéristique sexuelle;

3.

salue l’ensemble des travaux antérieurs (1) réalisés aux niveaux national et européen, y compris la publication de la communication de la Commission européenne intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025» et les objectifs et mesures politiques qu’elle propose afin de progresser sur la voie de l’égalité pour les personnes LGBTIQ au sein de l’Union européenne;

4.

souhaite toutefois indiquer que, si cette première stratégie de l’Union en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ constitue un pas dans la bonne direction dans une Europe ayant pour devise officielle «Unie dans la diversité», nous observons dans le même temps une régression quant au respect des valeurs de l’Union lorsque des autorités recourent constamment à une rhétorique anti-LGBTIQ, voire adoptent des politiques et des actes législatifs discriminatoires;

5.

tient pour encourageant le fait que la Commission européenne mentionne expressément le CdR et l’appelle à promouvoir le dialogue avec les collectivités locales et régionales ainsi que la société civile, y compris les partenaires sociaux, afin de faire progresser l’égalité LGBTIQ;

6.

s’inquiète de ce que la discrimination structurelle et la marginalisation des personnes LGBTIQ demeurent, en dépit d’efforts politiques accrus, une réalité dans toute l’Union européenne;

7.

est dès lors fermement convaincu que les collectivités locales et régionales ont un rôle essentiel à jouer dans la construction d’une société européenne fondée sur l’inclusion de toute la population plutôt que sur l’exclusion de certaines personnes, et convient de l’importance de stratégies inclusives et diversifiées, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, afin de mieux répondre aux difficultés et aux situations de vie complexes que connaissent les personnes LGBTIQ;

8.

presse la Commission européenne de veiller au respect des principes fondamentaux de l’UE et à ce qu’aucune ville, aucune région ni aucun État n’introduise d’initiatives de discrimination systémique, telles que les «zones sans LGBT», adoptées sous la forme, par exemple, d’une «charte gouvernementale locale des droits de la famille» ou d’une «résolution contre l’idéologie LGBT», ni n’utilise des financements d’une manière non conforme au principe de non-discrimination;

9.

insiste, à cet égard, sur l’importance de prendre des mesures pour lutter contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTIQ; se félicite de la résolution du Parlement européen qui a déclaré l’ensemble de l’Union européenne comme zone de liberté LGBTIQ (2) et souligne l’importance de la tolérance mutuelle au sein des communautés;

Le rôle des villes et des régions

10.

est d’avis que la lutte contre les inégalités dans l’Union relève d’une responsabilité partagée qui nécessite d’agir à tous les niveaux de gouvernance et d’associer de manière active et permanente la société civile ainsi que les organisations et groupes de défense des droits des personnes LGBTIQ, qui jouent tous un rôle essentiel dans la gestion, l’élaboration et la mise en œuvre effective des politiques en matière d’égalité;

11.

est convaincu du potentiel de l’action locale et régionale en faveur de l’égalité et de l’intégration, puisque les mairies et les assemblées locales et régionales interagissent au quotidien avec leur population dans un contexte différent de celui des responsables politiques nationaux, dans des endroits tels que les écoles, les lieux de travail, les activités culturelles et sportives, autant de lieux où les droits de l’homme prennent forme et sont appliqués;

12.

souligne en outre que les autorités locales contribuent à expliquer les droits des citoyens, à mettre en lumière les principaux défis qui se posent au sein de leurs communautés, à garantir une participation égale à la vie de la collectivité et l’égalité en matière d’accès aux services, ainsi qu’à mettre en place des services adaptés aux membres marginalisés de la société;

13.

partage l’avis du Forum économique mondial (3) selon lequel il existe des corrélations manifestes et positives entre la promotion de l’égalité et des droits et le développement économique et la prospérité des villes et des régions, et selon lequel toute forme de comportement d’exclusion peut avoir des effets négatifs sur la communauté dans son ensemble, ainsi que sur l’économie au sens large. Ces observations s’avèrent encore plus pertinentes à l’heure actuelle, alors que nous entamons la reconstruction de nos collectivités au sortir de la crise de la COVID-19;

14.

est préoccupé par l’écart apparent entre les zones rurales et urbaines en ce qui concerne de manière globale le respect et l’acceptation de la diversité, ces disparités étant susceptibles d’aggraver les défis démographiques pour certaines régions et ainsi compromettre davantage leur développement économique et social;

15.

constate, pour s’en féliciter, que certaines collectivités locales (4) prennent activement position en faveur de l’inclusion des communautés LGBTIQ, et jouent parfois même le rôle de chef de file dans le développement de politiques favorables aux personnes LGBTIQ dans des cas où les gouvernements nationaux tardent à le faire;

La lutte contre toute forme de violence

16.

s’engage à promouvoir pleinement des villes qui soient des zones de liberté pour les personnes LGBTIQ dans l’ensemble de l’Union européenne et ailleurs;

17.

prie instamment la Commission de lutter contre toutes les formes de violence perpétrée à l’encontre des personnes LGBTIQ et réclame l’adoption de mesures visant à prévenir et à combattre la violence à leur égard, y compris la violence en ligne, qui pourrait se normaliser parmi la jeunesse;

18.

demande à la Commission d’adopter des mesures de lutte contre les discours haineux, en particulier en ligne, tout en reconnaissant l’importance de la liberté d’expression. Les discours haineux à l’encontre des personnes LGBTIQ constituent l’une des sources de discrimination les plus préjudiciables; ils conduisent à la violence et se muent souvent en crimes de haine. La lutte contre les discours haineux nécessite une coopération entre les institutions européennes, les pouvoirs publics nationaux, les collectivités locales et régionales et le secteur privé. Il s’agit d’une étape nécessaire pour mettre un terme à la discrimination et à son effet dévastateur sur la société;

19.

attend avec intérêt la prochaine proposition de la Commission visant à étendre la liste des «infractions pénales de l’UE» au titre de l’article 83, paragraphe 1, du TFUE afin d’y inclure les crimes de haine et les discours haineux, notamment lorsqu’ils visent des personnes LGBTIQ, non seulement en s’attaquant à leur orientation sexuelle, mais aussi à leur identité ou leur expression de genre et à leurs caractéristiques sexuelles, et insiste sur la nécessité de mettre en œuvre au plus vite la directive sur les droits des victimes;

20.

demande instamment que tous les États membres de l’Union européenne ratifient la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (dite «convention d’Istanbul»), dont les mesures visant à protéger les droits des victimes s’appliquent à tous, sans discrimination de quelque nature que ce soit, en ce compris la discrimination fondée sur les caractéristiques sexuelles, le genre, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre; demande à cet effet à la Commission européenne de donner une forme concrète à son engagement visant à placer la conclusion de la convention d’Istanbul au rang de priorité essentielle et attend avec impatience, entre autres, les propositions visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes annoncées par la présidente von der Leyen dans son discours sur l’état de l’Union de 2021;

21.

demande une transposition correcte et une application rigoureuse de la directive révisée «Services de médias audiovisuels», qui renforce la protection contre les contenus incitant à la haine ou à la violence et interdit, dans les médias commerciaux, les communications incluant ou encourageant toute discrimination, y compris fondée sur le sexe et l’orientation sexuelle;

Libre circulation et familles

22.

estime important que la stratégie fasse spécifiquement référence à l’aspect régional, en particulier transrégional, des questions de libre circulation, tout en respectant le fait, consacré par les traités, que le droit de la famille relève de la compétence des États membres; souligne que cette compétence peut donner lieu à des obstacles à la libre circulation, étant donné qu’en raison des disparités entre les États membres en matière de droit de la famille, il arrive souvent que des liens familiaux ne soient plus reconnus lors du franchissement de frontières intérieures de l’UE, notamment dans le cas de familles LGBTIQ;

23.

se félicite que la Commission européenne ait présenté, en novembre 2020, la première stratégie de l’UE en faveur de l’égalité des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, non binaires, intersexuées et queer (LGBTIQ). L’un des quatre piliers de cette stratégie consiste à garantir la sécurité des personnes LGBTIQ.

Toutefois, la violence à leur encontre ne fait toujours pas l’objet d’une évaluation suffisante sur la base de données représentatives qui permettrait de dégager des pistes de travail pertinentes pour lutter contre cette violence à l’avenir.

Si l’enquête en ligne de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne intitulée «A Long Way to Go for LGBTI Equality» (Encore un long chemin à parcourir vers l’égalité pour les personnes LGBTI) fournit des informations très utiles sur les expériences en matière de discrimination et de violence vécues par des personnes LGBTIQ, elle n’est toutefois pas statistiquement représentative étant donné qu’elle repose sur une participation volontaire et ne fait pas appel à un échantillon aléatoire. Le Comité des régions invite dès lors la Commission européenne, dans le cadre de sa stratégie LGBTIQ, à mener régulièrement dans l’UE, et à financer, une étude anonyme et représentative visant à explorer les violences souterraines, y compris au sein du couple, exercées à l’encontre des personnes LGTBIQ, laquelle serait réalisée et évaluée de manière indépendante pour tous les États membres de l’UE;

24.

souscrit pleinement à la déclaration d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, selon laquelle «si vous êtes parent dans un pays, vous êtes parent dans tous les pays» (5), et se félicite dès lors de l’annonce d’une initiative législative visant à soutenir la reconnaissance mutuelle des liens familiaux entre les États membres;

25.

invite les États membres à garantir un accès aisé à des informations claires sur la reconnaissance des droits transfrontaliers des personnes LGBTIQ et de leurs familles au sein de l’Union européenne, ainsi qu’à s’assurer que les fonctionnaires à tous les niveaux de gouvernance soient pleinement informés en la matière;

26.

fait sienne la demande formulée par le Parlement européen dans sa résolution sur les droits des personnes LGBTIQ dans l’UE (6) s’agissant des familles arc-en-ciel et des couples de même sexe, et exhorte la Commission à s’efforcer d’améliorer la situation des familles arc-en-ciel en appliquant rigoureusement le droit de la famille transfrontalier et en intensifiant le dialogue avec les États membres [y compris les dialogues spécifiques relatifs à la mise en œuvre de l’arrêt Coman (7)], étant donné que le droit matériel de la famille relève de leur compétence;

27.

invite les autorités locales à adresser un signal positif à leurs communautés LGBTIQ en osant établir des politiques ambitieuses en faveur des droits des personnes LGBTIQ et initier un mouvement de changement du bas vers le haut, comme à Turin (8), où les partenariats civils conclus entre citoyens du même sexe sont officiellement reconnus par l’administration municipale, bien qu’il n’ait pas existé de dispositions nationales à cet égard jusqu’en 2016. Depuis lors, la ville de Turin est demeurée pionnière puisqu’elle reconnaît la parentalité juridique des couples de même sexe, alors que le droit national ne prévoit pas de dispositions de cette nature;

Aider les jeunes LGBTIQ dans l’UE

28.

reconnaît que les jeunes LGBTIQ en Europe sont particulièrement vulnérables: ils sont exposés à des situations de discrimination, de victimisation, de stigmatisation et de mauvais traitements dès leur plus jeune âge, rencontrent des difficultés lors de l’étape du «coming-out» auprès de leur famille et de leur entourage, se heurtent à une compréhension limitée de la part des prestataires de services professionnels et de la société en général quant aux questions relatives aux personnes LGBTIQ, et se voient confrontés à des problèmes de santé mentale, physique et sexuelle;

29.

se félicite de la stratégie globale relative aux droits de l’enfant publiée par la Commission le 24 mars 2021, laquelle garantit aux enfants LGBTIQ le libre développement de leur personnalité, ainsi que la protection et l’exercice de leurs droits, notamment grâce à des activités d’information et d’orientation à l’intention des familles, afin que celles-ci accompagnent l’épanouissement plein et entier des mineurs; soutient également de façon explicite l’échange de bonnes pratiques sur la fin des interventions chirurgicales et médicales non vitales sur des enfants et adolescents/adolescentes intersexués sans leur consentement plein et entier ou celui de leurs parents afin qu’ils/elles correspondent à la définition habituelle de l’homme ou de la femme;

30.

demande instamment aux États membres de déterminer, dans leurs plans nationaux relatifs à l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ, quelles sont les politiques et pratiques qui portent préjudice aux personnes LGBTIQ, en particulier aux jeunes, ou contribuent à les aliéner davantage; appelle les États membres à soutenir les communautés locales en offrant des services adéquats pour aider les jeunes marginalisés, par exemple en créant des environnements sûrs, en garantissant l’égalité des chances en matière d’emploi et des lieux de travail inclusifs, ainsi qu’en promouvant une représentation et une participation positives des personnes LGBTIQ dans les milieux culturels, sociaux et sportifs;

31.

souhaite mettre en garde contre le problème caché du sans-abrisme des personnes LGBTIQ en Europe: il ressort des rares études (9) réalisées à ce sujet que la communauté LGBTIQ en général, et les jeunes en particulier, sont nettement surreprésentés parmi les sans-abri: on estime que 25 à 40 % des jeunes sans abri disent appartenir à la communauté LGBTIQ (10); demande dès lors qu’on accorde une attention particulière à ce problème également dans le cadre de la plateforme européenne sur la lutte contre le sans-abrisme;

32.

attire l’attention sur l’importance d’appliquer strictement la directive sur l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail, et d’effectuer un suivi et une évaluation minutieux de cette mise en œuvre; se félicite que la Commission ait prévu de proposer, en 2022, après évaluation et suivi de la législation actuelle, tout acte législatif qui apparaîtrait nécessaire, en particulier sur le rôle des organismes de promotion de l’égalité;

33.

invite la Commission européenne ainsi que les gouvernements nationaux, régionaux et locaux à sensibiliser le public au problème du sans-abrisme des jeunes LGBTIQ, qui constitue la forme ultime de l’exclusion sociale de ces personnes, et à créer des centres d’accueil et d’aide à la jeunesse au sein de leurs communautés, à l’instar des villes de Cracovie et de Berlin;

Conséquences de la COVID-19 sur la vie des personnes LGBTIQ

34.

constate que la crise sanitaire et sociétale liée à la COVID-19 donne lieu à des difficultés et des risques complexes pour la communauté LGBTIQ. Des recherches récentes (11) relèvent notamment une dégradation de la santé mentale combinée à des difficultés pour accéder en général aux soins de santé, une hausse des discours de haine et de la violence domestique et des difficultés d’accès aux programmes d’aide publique, y compris pour le logement, la nourriture et les moyens de subsistance, ainsi qu’aux procédures de justice et d’enregistrement et aux autres procédures juridiques;

35.

salue les programmes de soutien mis en place dans certaines communautés pour offrir une aide psychologique en ligne, des activités en plein air, un accès aux soins de santé, des logements municipaux, des refuges et des financements supplémentaires; appelle les pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux à s’assurer que les mesures d’urgence et de relance ne soient pas discriminatoires;

La voie à suivre

36.

demande un renforcement de la coopération et du dialogue, sur une base factuelle, entre les organes de gouvernance et les parties prenantes à tous les niveaux et par-delà des frontières, une attention particulière devant être accordée aux expériences personnelles des personnes LGBTIQ, ainsi qu’à l’intégration des questions qui les concernent dans les mesures politiques nouvelles et existantes, garantissant ainsi l’adoption de politiques éclairées et dûment adaptées qui tiennent compte de la diversité;

37.

réitère (12) son appel à mettre en œuvre, dans une plus large mesure, une approche intersectionnelle et à combiner ces mesures intersectionnelles avec des actions positives dans des domaines sectoriels;

38.

soutient tous les efforts déployés pour prévenir les thérapies de conversion et les interventions médicales imposées aux personnes intersexuées et transgenres (y compris les mutilations génitales des personnes intersexuées et la stérilisation forcée); appelle en outre les collectivités locales et régionales à faire cesser ces pratiques lorsqu’elles ont lieu dans leurs locaux et établissements, ainsi qu’à consacrer des fonds à la promotion de leur abolition, en accordant une attention particulière à la protection des enfants et des adolescents;

39.

se félicite de l’approche adoptée par la Commission européenne en vue de favoriser les échanges de bonnes pratiques en matière de législation et de procédures de reconnaissance du genre fondées sur le principe d’autodétermination, et se réjouit qu’un dialogue intersectoriel soit prévu pour sensibiliser le public aux identités transgenres et non binaires et à l’intersexuation, ainsi que pour encourager l’inclusivité dans toutes les actions et procédures concernées;

40.

demande une protection accrue des personnes transgenres, qui ne cessent de subir des niveaux particulièrement élevés de discrimination, de violence et de persécution. Une étude récente (13) menée dans 31 pays a révélé que seuls 13 d’entre eux disposent d’une législation nationale offrant au moins une certaine forme de protection fondée sur l’identité de genre et/ou les caractéristiques sexuelles;

41.

souligne la nécessité urgente de mettre en place une gouvernance et des partenariats à niveaux multiples; soutient sans réserve les travaux du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe sur le rôle et les responsabilités des gouvernements locaux en matière de protection des personnes LGBTIQ et invite le Congrès à lui présenter les conclusions de son rapport à ce sujet;

42.

demande que soit reconnue l’importance de garantir l’accès aux soins de santé relatifs à la transition; ceux-ci permettent de sauver des vies et doivent être traités en conséquence. La pandémie de COVID-19 ne saurait être considérée comme un motif justifiant de reporter, de retarder ou de limiter l’accès aux soins de santé, sans exception et y compris les soins nécessaires dans le cadre des transitions et les traitements en cours;

43.

offre son aide à la Commission européenne, d’une part, pour ce qui est de recueillir les meilleures pratiques locales et régionales relatives à ces questions et de mettre en œuvre sur le terrain la législation européenne pertinente, et au Parlement européen, d’autre part, notamment à son intergroupe LGBTI;

44.

invite instamment la Commission européenne à soutenir la recherche pour examiner les divergences géographiques en matière d’acceptation des personnes LGBTIQ afin d’améliorer les méthodes de lutte contre la discrimination en dehors des zones urbaines;

45.

estime que sa participation à l’élaboration de l’initiative «Capitale de l’inclusion» apporte une valeur ajoutée significative et demande donc à nouveau à être officiellement associé au processus annuel de désignation d’une ou plusieurs capitales européennes de l’inclusion, ainsi qu’au réseau de points focaux gouvernementaux sur les personnes LGBTI du Conseil de l’Europe;

46.

demande à la Commission européenne de veiller à ce que les collectivités locales et régionales soient pleinement associées à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des plans nationaux en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ;

47.

adhère à l’approche de la Commission européenne consistant à montrer l’exemple et à œuvrer en faveur d’un environnement de travail pleinement inclusif, et demande que soient surveillées les mesures portant atteinte aux intérêts des travailleurs LGBTIQ au sein des institutions européennes;

48.

invite tous les dirigeants politiques à montrer l’exemple en dénonçant publiquement toute forme de discrimination, de discours homophobe, transphobe et interphobe, de harcèlement et de violence fondés sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre ou encore les caractéristiques sexuelles;

49.

souligne la nécessité de mettre en place des mesures éducatives et des campagnes d’information destinées à des publics de tous âges et de tous horizons, de renforcer les services publics et les capacités des professionnels de soutien et d’améliorer l’accès à la justice centré sur les victimes;

50.

insiste sur le rôle de l’éducation sexuelle universelle dans la lutte contre les stéréotypes et la discrimination, dans la construction d’une image positive des membres de la communauté LGBTIQ et dans la promotion d’un climat d’acceptation. Toute attaque contre les formateurs en éducation sexuelle devrait être condamnée;

51.

attend avec intérêt les nouvelles propositions de financement potentiel de projets visant à lutter contre la discrimination et les inégalités intersectionnelles à l’égard des personnes LGBTIQ, les préjugés sexistes et d’autres stéréotypes qui seront formulées dans le cadre du programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs»;

52.

demande la mise en place d’un financement pour soutenir les organisations de la société civile actives dans la défense des droits des personnes LGBTIQ, et pas seulement des projets individuels axés sur ces questions; demande en outre qu’un soutien financier soit apporté aux programmes favorisant l’égalité et la diversité dans les villes et les régions où la communauté LGBTIQ fait face à des attitudes particulièrement hostiles de la part des gouvernements;

53.

invite la Commission européenne à s’assurer que des fonds européens ne soient pas octroyés lorsque des mécanismes de discrimination structurelle existent, et que le financement soit suspendu ou retiré si un tel cas se présente après l’octroi; estime que l’efficacité prouvée de telles mesures, associées à des démarches de dialogue, peut permettre de bâtir une Union européenne pleinement inclusive;

54.

invite ses membres et ceux des autres collectivités locales et régionales à introduire, dans les cas où la législation nationale ne l’a pas encore fait, des dispositions locales rejetant la discrimination et remédiant au vide juridique afin de promouvoir la diversité, l’acceptation mutuelle et le respect.

Bruxelles, le 14 octobre 2021.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Publication en 2015 par la Commission européenne d’une liste d’actions visant à promouvoir l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTI, création du poste de commissaire à l’égalité, actuellement occupé par Mme Helena Dalli, reconnaissance légale des couples homosexuels par 21 États membres et introduction de procédures de reconnaissance juridique du genre sans exigence médicale dans quatre États membres.

(2) Résolution du Parlement européen du 11 mars 2021 sur la déclaration de l’Union européenne en tant que zone de liberté pour les personnes LGBTIQ (https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2021-0089_FR.html).

(3) Forum économique mondial, Great Reset: Why LGBT+ inclusion is the secret to cities’post-pandemic success («Grande réinitialisation: les raisons pour lesquelles l’inclusion des communautés LGBT+ sera la clé du succès des villes après la pandémie»), weforum.org, en anglais.

(4) Des exemples de cet engagement ont été relevés dans plusieurs villes de l’Union, comme Barcelone, Ljubljana, Berlin, Budapest et Łódź, ainsi que dans des réseaux de villes, comme le réseau italien RE.A.DY.

(5) Discours sur l’état de l’Union, 2020.

(6) 2021/2679 (RSP).

(7) C-673/16: la Cour de justice de l’Union européenne a indiqué que le terme «conjoint» tel qu’il apparaît dans la directive sur la libre circulation s’applique également aux partenaires du même sexe.

(8) Règlement municipal de Turin, 2010.

(9) LGBTIQ Homelessness («Le sans-abrisme des personnes LGBTIQ»), publié en automne 2017 par l’AISBL Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri, et l’enquête intitulée Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Intersex, and Queer (LGBTIQ) Youth Homelessness in Europe («Le sans-abrisme des jeunes LGBTIQ en Europe»), publiée en 2019.

(10) https://www.ilga-europe.org/sites/default/files/COVID19%20_Impact%20LGBTI%20people.pdf [en anglais].

(11) covid19-lgbti-assessment-2020.pdf (ilga-europe.org) [en anglais].

(12) Avis du CdR intitulé «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025», octobre 2020.

(13) Étude de la Commission européenne intitulée Trans and Intersex Equality Rights in Europe — A Comparative Analysis («Les droits des personnes transgenres et intersexuées en Europe en matière d’égalité de traitement»), 2018.


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