Synthèse
La Commission européenne a mis en place la task force pour la Grèce en juillet 2011, à la demande du Premier ministre grec. Le mandat de la task force était de définir et de coordonner l’assistance technique à la Grèce, afin d'honorer les engagements pris dans le cadre des programmes d’ajustement économique du pays. La task force pour la Grèce est intervenue à la demande des autorités grecques.
Son mandat comprenait en particulier les tâches suivantes:
1)fournir une assistance technique aux autorités grecques afin de soutenir la réalisation des engagements pris dans le cadre des programmes d’ajustement économique; et
2)fournir une assistance technique aux autorités grecques en vue d’accélérer l’absorption des fonds de l’UE.
En réponse à la demande d'assistance technique exprimée par les autorités grecques, la task force pour la Grèce a mobilisé une expertise ou un soutien approprié des États membres, des organisations internationales ou d'autres organismes spécialisés qui disposent d’une expérience pertinente dans la mise en œuvre de réformes similaires.
Le mandat de la task force pour la Grèce a pris fin en juin 2015.
L’objectif de la présente évaluation ex post est de se concentrer sur la pertinence, l’efficacité, l’efficience, la cohérence et la valeur ajoutée européenne des activités réalisées et coordonnées par la task force.
L’évaluation fait suite à une recommandation de la Cour des comptes européenne (CCE) émise dans le cadre du rapport spécial nº 19/2015: «Une plus grande attention doit être accordée aux résultats pour une meilleure assistance technique à la Grèce». Deux grandes questions étaient soulevées dans le rapport de la CCE: il s’agissait de répondre à deux questions clés:
1)Dans quelle mesure l’assistance technique apportée par l’UE à la Grèce sous la coordination de la task force pour la Grèce était-elle gérée de manière efficace?
2)Dans quelle mesure l’assistance technique apportée par l’UE à la Grèce sous la coordination de la task force pour la Grèce a-t-elle contribué positivement au processus de réforme en Grèce?
Les trois programmes d’ajustement économique de la Grèce ne relèvent pas de la présente évaluation.
L’évaluation ex post de l’assistance technique fournie par la task force pour la Grèce s’est fondée sur trois grandes sources d’information:
1.les recherches documentaires;
2.l’enquête en ligne; et
3.les entretiens avec les parties prenantes.
L’analyse des données a abouti aux conclusions suivantes:
1)L’intervention de la task force pour la Grèce était globalement pertinente pour répondre aux besoins, compte tenu de la situation particulière du pays où des actions immédiates et de grande envergure étaient nécessaires pour redresser la situation financière et socio-économique. La task force est intervenue rapidement, a mobilisé le soutien des États membres et de la Commission européenne et a coordonné de manière adéquate les demandes d'assistance des autorités grecques avec l’expertise disponible.
2)Les objectifs spécifiques de la task force pour la Grèce ont été largement atteints. La task force pour la Grèce est parvenue dans une large mesure à déterminer les besoins des autorités grecques et à définir des actions concrètes en vue de la mise en œuvre des réformes. Les réunions de haut niveau ont joué un rôle important dans la définition des besoins des autorités grecques et dans la mise en adéquation de ces derniers avec l'assistance technique. La task force pour la Grèce a associé à cette fin un vaste réseau d’organisations internationales, de représentants de la Commission européenne et d’experts en vue de pouvoir apporter aux autorités grecques le soutien nécessaire.
3)Les besoins détaillés des autorités grecques en matière d'assistance technique ont été définis en temps utile, grâce à l’opérationnalisation rapide de la task force. En outre, l’identification et la mobilisation de l’expertise ont été effectuées dans un délai très court grâce au soutien direct apporté par la task force et par le personnel de la Commission européenne, ainsi qu’à la solidarité dont ont fait preuve les États membres. Les ressources humaines et la structure organisationnelle de la task force pour la Grèce ont été déployées de manière efficace, en tirant parti de la flexibilité offerte par les règles existantes de la Commission européenne, notamment pour gagner en rapidité. Le rythme de mise en œuvre de l’appui aux réformes structurelles en Grèce était adéquat, même s’il était marqué par des facteurs contextuels et institutionnels tels que l’instabilité politique.
4)Le montant du budget de la task force pour la Grèce était approprié et proportionnel au type d’intervention pour lequel il était destiné – à savoir intégrer plusieurs sources de financement pour financer les actions de la task force. La charge administrative était raisonnable.
5)De par son mandat, l’intervention de la task force pour la Grèce était conforme aux engagements pris par le gouvernement grec dans le cadre des programmes d’ajustement économique. Le mécanisme de coordination mis en place au niveau des services de la Commission européenne et, en particulier, entre la task force pour la Grèce et la DG EMPL (au sein de cette dernière, par l’intermédiaire d’une équipe financière spécialisée et de l’unité géographique chargée de la Grèce) a essentiellement cherché à éviter les doubles financements éventuels. Les actions de la task force ont donc contribué à garantir la mise en œuvre cohérente de la législation et des politiques de l’UE.
6)La task force pour la Grèce a apporté une importante valeur ajoutée européenne car elle a permis de parvenir à de meilleurs résultats que ceux qui auraient pu être obtenus par les seules actions de l’État membre bénéficiant d'un soutien, en mobilisant l’expertise de haut niveau de plusieurs directions générales de la Commission européenne et des États membres concernés.
7)La task force pour la Grèce a contribué à l’élaboration et à la mise en œuvre de solutions visant à résoudre des problèmes nationaux ayant une incidence sur des défis transfrontières ou rencontrés au niveau de l’UE. La task force a également favorisé la promotion des valeurs de l’UE, en particulier la solidarité au sein de l’Union européenne. Tant la Commission européenne que les États membres de l’UE ont apporté une expertise et en ont financé le coût. Les bonnes pratiques ont été abondamment échangées dans la quasi-totalité des domaines d’action afin de soutenir la planification des réformes nécessaires ainsi que d’élaborer et/ou de piloter des solutions spécifiques en vue des réformes. Un certain nombre de solutions mises en œuvre en Grèce pourraient être qualifiées de bonnes pratiques pouvant être transférées (feuille de route pour la facilitation des échanges dans l’environnement des entreprises, réalisation de descriptions de poste concernant les réformes administratives au niveau central, par exemple). Enfin, la plupart des parties prenantes ont reconnu la valeur ajoutée européenne de l’intervention de la task force pour la Grèce, que ce soit en raison de sa contribution technique directe ou coordonnée ou du fait qu’elle a contribué à entraîner certains changements organisationnels et fonctionnels au niveau des autorités grecques.