Contexte de l’évaluation
La présente évaluation a pour objectif principal d’examiner l’ensemble des effets, réalisations, résultats et incidences des actions et mesures mises en œuvre au titre de la facilité Schengen pour la Croatie entre le 1er juillet 2013 et le 21 janvier 2017. Instrument de financement temporaire, la facilité Schengen a apporté 120 millions d’euros pour financer des actions aux nouvelles frontières extérieures de l’Union, destinées à mettre en œuvre l’acquis de Schengen et le contrôle aux frontières extérieures.
Principales constatations
La facilité Schengen a fortement contribué au renforcement du contrôle aux frontières extérieures, en finançant les équipements, les systèmes informatiques et les formations nécessaires pour préparer l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen, et elle a été conçue pour contribuer aux grandes priorités de l’Union européenne en matière de sécurité aux frontières et de sécurité intérieure.
Les objectifs de la facilité Schengen répondaient, dans une large mesure, aux besoins de l’UE et à ceux de la Croatie. Il y avait un lien étroit entre les besoins recensés dans les documents stratégiques nationaux et les objectifs du programme indicatif 2013-2014. La participation active des bénéficiaires à l’élaboration du programme indicatif, compte tenu des stratégies nationales existantes, a permis d’obtenir cette adéquation. Le cadre des objectifs de la facilité Schengen a fait preuve de souplesse face à de nouveaux besoins recensés.
La mise en œuvre de la facilité Schengen peut, dans l’ensemble, être considérée comme efficace et la majorité des objectifs ont été entièrement ou largement atteints. Des facteurs à la fois internes (capacité administrative limitée et recommandations insuffisantes au début de la mise en œuvre de la facilité Schengen) et externes (procédures de passation de marchés complexes et temps nécessaire à l’obtention des permis) ont affecté la mise en œuvre de la facilité Schengen.
En ce qui concerne l’efficience, les résultats de la facilité Schengen ont été atteints à un coût raisonnable, grâce à des procédures de passation de marchés concurrentielles. Au vu des économies réalisées et des réductions de coûts ultérieures (par exemple, les systèmes de surveillance installés à la frontière verte ont réduit le besoin de patrouilles aux frontières), les résultats de la facilité Schengen pour la Croatie présentent un bon rapport qualité-prix.
En ce qui concerne la cohérence, la facilité Schengen mise en œuvre est, dans une large mesure, complémentaire des mesures générales de contrôle aux frontières appliquées en Croatie. La facilité a été complétée par des actions nationales (investissements dans les infrastructures policières, mais aussi accès à des routes et à d’autres infrastructures communales situées à proximité des points de passage frontaliers) et s’est ajoutée à des mesures financées par d’autres instruments de l’UE. Les mesures/actions mises en œuvre dans le cadre de la facilité Schengen ont été cohérentes sur le plan interne (c’est-à-dire sans doubles emplois et en permettant très souvent de dégager des synergies importantes).
Les effets globaux obtenus dans le cadre de la facilité Schengen se poursuivront probablement à long terme. Il a cependant été constaté des problèmes consécutifs à la diminution des financements nationaux, qui ont entraîné l’incapacité d’entretenir et de moderniser les équipements acquis ainsi que la nécessité de poursuivre la formation (en particulier sur la manière d’utiliser les équipements aux points de passage frontaliers).
Les actions financées par la facilité Schengen ont fortement contribué au renforcement du contrôle aux frontières extérieures, en finançant les équipements, les systèmes informatiques et les formations nécessaires pour préparer l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen. Il est très peu probable que des résultats (en termes de portée et de rapidité) comparables aux réalisations de la facilité Schengen auraient été obtenus sans le soutien de l’UE.