La stratégie antidrogue de l'UE 2013-2020 1 et son deuxième plan d'action antidrogue 2017-2020 2 fixent le cadre politique et les priorités de la politique antidrogue de l’Union. La stratégie a instauré un cadre équilibré, intégré et fondé sur des données probantes pour lutter contre les stupéfiants au sein et à l’extérieur de l’UE, consistant en deux grands domaines d’action — la demande et l’offre de drogue — et en trois thèmes transversaux: la coordination, la coopération internationale et la recherche, l’information, le suivi et l’évaluation.
La Commission a lancé l’évaluation de la stratégie et du plan d’action en 2019 afin d’examiner leur mise en œuvre au regard de leur pertinence, de leur cohérence, de leur efficacité, de leur efficience et de leur valeur ajoutée européenne. Un large éventail de parties prenantes a été consulté, notamment les autorités compétentes des États membres, les organisations de la société civile et le grand public.
Selon l’évaluation, le contexte technologique, social, politique et environnemental entourant la demande et l’offre de drogues a considérablement changé depuis 2013, de telle sorte que la stratégie et le plan d’action n’ont conservé qu’une pertinence partielle. Ils demeurent cependant largement cohérents avec la législation et la politique européennes en la matière au niveau international.
Si la stratégie et le plan d’action n’ont été que partiellement efficaces pour atteindre les objectifs fixés en matière de réduction de la demande et de l’offre de drogues, ils ont en revanche été plus efficaces au regard des trois objectifs transversaux. L’évaluation a conclu que la coordination de la politique antidrogue était globalement efficace au niveau de l’UE et à l’échelon international et qu’elle contribuait à ce que l’UE «s’exprime d’une seule voix», tandis que la compréhension du phénomène de la drogue et l’impact des interventions se sont améliorés.
Sur le plan de l’efficience, l’évaluation n’a pas permis d’établir de manière concluante si les résultats attribués à la stratégie et au plan d’action ont été réalisés à un coût raisonnable ou déraisonnable. En l’absence de données quantifiables disponibles concernant les coûts dans ce domaine, il a été difficile de procéder à une évaluation approfondie de l’efficience.
La stratégie et le plan d’action ont généré une valeur ajoutée européenne dans la mesure où ils ont permis d’atteindre des résultats que les initiatives nationales ou d’autres initiatives européennes n’auraient pas permis de réaliser. En particulier, ils ont établi un cadre stratégique commun, créant un «pont» entre les États membres et les différents niveaux de gouvernance. Ils ont encouragé la coordination transfrontière, l’échange d’informations et de bonnes pratiques entre les États membres.
Il ressort des consultations des parties prenantes que les États membres et les organisations de la société civile continuent d’être favorables à la participation stratégique de l’UE à la politique antidrogue et l’arrêt pur et simple de la stratégie a été considéré comme pouvant entraîner des effets négatifs.
Il peut être utile de se pencher sur la manière d’améliorer le futur document stratégique de l’UE sur les drogues, y compris en vue de le concrétiser, de le traduire en actions plus opérationnelles et solides et de fixer des priorités claires. Le suivi devrait être simplifié. Dans ce contexte, la durée de vie de huit ans de la stratégie pourrait être raccourcie.
Les priorités futures doivent tenir compte des tendances telles que l’augmentation de la polycriminalité organisée perpétrée par des groupes criminels organisés, ainsi que de leur mode opératoire adaptatif qui se renouvelle constamment; le rôle de l’UE en tant que producteur et exportateur; l’augmentation des niveaux de violence et de corruption qui favorisent le trafic de drogue; les facteurs technologiques tels que les places de marché du Darknet, les cryptomonnaies et les technologies de cryptage pour l’achat et la vente de drogues; les nouveaux modèles de consommation de drogues parmi les jeunes et le vieillissement de la population, ainsi que les différences entre les sexes; les effets sociétaux et environnementaux. Le phénomène de la drogue entraîne des conséquences de plus en plus complexes et étroitement liées entre elles, s’étendant à différents secteurs et dépassant les frontières de l’UE. La future approche stratégique de la politique antidrogue de l’UE doit être fondée sur des données probantes, et doit être équilibrée et davantage intégrée afin de refléter les tendances les plus pertinentes auxquelles l’UE sera confrontée dans les années à venir.