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AccueilDroit européen52020SC0178
Acte préparatoire52020SC0178

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION CONSULTATION DES PARTIES INTÉRESSÉES - RAPPORT DE SYNTHÈSE Rapport de synthèse concernant les résultats des activités de consultation menées dans le cadre du plan cible en matière de climat à l’horizon 2030 accompagnant le document: COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030 Investir dans un avenir climatiquement neutre, dans l’intérêt de nos concitoyens

CELEX52020SC0178
TypeActe préparatoire
Datejeudi 17 septembre 2020

Résumé IA

Ce document de travail synthétise les résultats de la consultation publique menée par la Commission européenne pour préparer le relèvement de l'objectif climatique de l'UE pour 2030. Il accompagne la communication sur l'ambition climatique accrue et expose les retours des parties prenantes, servant de base à la proposition législative visant à réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d'au moins 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990. Pour un professionnel du droit français, ce rapport éclaire le contexte politique et les attentes des acteurs économiques et sociaux qui ont présidé à l'adoption du paquet "Ajustement à l'objectif 55".

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 17.9.2020

SWD(2020) 178 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

CONSULTATION DES PARTIES INTÉRESSÉES - RAPPORT DE SYNTHÈSE

Rapport de synthèse concernant les résultats des activités de consultation menées dans le cadre du plan cible en matière de climat à l’horizon 2030







accompagnant le document:

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030


Investir dans un avenir climatiquement neutre, dans l’intérêt de nos concitoyens

{COM(2020) 562 final} - {SEC(2020) 301 final} - {SWD(2020) 176 final} - {SWD(2020) 177 final}


Rapport de synthèse concernant les résultats des activités de consultation menées dans le cadre du plan cible en matière de climat à l’horizon 2030

1.Introduction

Le pacte vert pour l’Europe a pour ambition de faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique dans le monde. À cette fin, la Commission a mené des activités de consultation sur le relèvement envisagé de l’objectif de l’Union en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 1 . L’analyse d’impact initiale relative au plan cible en matière de climat à l’horizon 2030 a été ouverte aux contributions du 18 mars au 15 avril 2020. Une consultation publique ouverte a été menée au moyen d’une enquête en ligne, accessible pendant 12 semaines (du 31 mars au 23 juin 2020). La Commission a chargé un contractant externe 2 de produire un rapport analysant les résultats de l’enquête en ligne, y compris les documents de prise de position soumis. Le présent rapport rend compte de ces résultats. En raison des mesures de sécurité instaurées à la suite de la crise de la COVID-19, les ateliers et les réunions ad hoc des parties prenantes qui étaient initialement prévus n’ont pu avoir lieu.

2.Analyse d’impact initiale

La Commission a reçu 1 095 contributions très variables du point de vue de l’origine géographique et du type de répondants, de la taille des organisations participantes et des sujets couverts. Les citoyens, principalement originaires de l’Union européenne (712 sur 772 réponses), constituent le groupe de contributeurs le plus important. Les autres contributions émanent de différentes organisations, principalement des entreprises (174 contributions), des ONG et des organisations environnementales (101 contributions), des établissements universitaires/instituts de recherche (19 contributions) et des collectivités publiques (13 contributions).

La grande majorité des contributions appuie fermement le nouvel objectif de réduction des émissions proposé dans le cadre du pacte vert (soit une réduction de 50 à 55 % des émissions de GES en Europe à l’horizon 2030) ou suggère des réductions encore plus marquées.

Parmi les domaines d’intérêt particuliers abordés figurent, entre autres, la transition juste, l’efficacité énergétique, des investissements et des instruments de financement appropriés, la justice climatique et la solidarité, l’abandon des combustibles fossiles, les énergies renouvelables, le piégeage, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone, la fuite de carbone, le rôle de la science et le budget carbone et le découplage entre la croissance économique et l'utilisation des ressources. Plusieurs contributeurs ont renvoyé à la question de la COVID-19.

3.Consultation publique ouverte

3.1.Présentation des participants

La consultation publique a recueilli un total de 3 915 réponses provenant de 26 États membres. En outre, 116 réponses ont été communiquées par des répondants de pays tiers. 3 302 réponses ont été soumises par des particuliers, et 729 par des organisations.

Graphique 1. Pays d’origine

Graphique 2. Types de parties prenantes

Comme le montre le graphique 1, les réponses les plus nombreuses ont été reçues d’Allemagne (53 %, 2 136 répondants) et de France (13 %, 521 répondants). Le deuxième groupe de répondants le plus représenté après les particuliers sont les entreprises/les organisations professionnelles, les associations professionnelles et les ONG (13 %, 521 répondants), comme l’illustre le graphique 2. Les répondants représentent principalement les secteurs de l’enseignement (23 %, 823 répondants), ainsi que des transports, de l’entreposage et des communications (10 %, 379 parties prenantes).

Au total, 14 collectivités publiques d’États membres ont répondu à la consultation sur le plan cible en matière de climat à l’horizon 2030, dont 5 de niveau gouvernemental et/ou législatif (Pays-Bas, Finlande, Danemark, Tchéquie, France) et 7 de niveau ministériel (Chypre, Bulgarie, Lituanie, Estonie, Hongrie, Espagne et Slovaquie). Des contributions supplémentaires ont été apportées par deux instances ministérielles de pays tiers (Norvège, Brésil). Parmi les autres autorités des États membres, plusieurs États fédéraux des Républiques fédérales d’Allemagne et d’Autriche ont transmis leurs contributions, de même que le gouvernement flamand et deux instances techniques de niveau national, à savoir l’Office fédéral allemand de l’environnement (Umweltbundesamt) et le Centre national français de la propriété forestière (CNPF).

Parmi les autorités nationales des États membres de l’Union ayant apporté leur contribution, six plaident pour un relèvement à 55 % du niveau d’ambition climatique à l’horizon 2030 (les gouvernements des Pays-Bas et de la Finlande, le gouvernement ainsi que le parlement danois, le ministère espagnol de la transition écologique et du défi démographique et le gouvernement français). Une autorité nationale d’un État membre de l’Union s’est exprimée en faveur d’un objectif de réduction de 50 % à l’horizon 2030 (le ministère slovaque de l’environnement). À l’inverse, six autorités nationales d’États membres de l’Union préféreraient conserver l’objectif en l’état, c’est-à-dire 40 % de réduction des GES (le gouvernement tchèque, le ministère slovaque de l’économie, les ministères de l’environnement de la Lituanie et de l’Estonie, le ministère bulgare des transports, des technologies de l’information et des communications et le ministère chypriote de l’énergie, du commerce et de l’industrie). Deux autorités d’États membres n’ont pas indiqué de préférence quant à l’objectif de réduction mais ont fourni des informations complémentaires: le ministère bulgare de l’énergie estime ainsi qu’une révision de l’objectif de réduction des émissions de GES à l’horizon 2030 est justifiée à condition que soit réalisée une évaluation détaillée des effets d’une telle révision aux niveaux régional, national et de l’Union. Le ministère hongrois de l’innovation et de la technologie estime que la révision à la hausse des ambitions au niveau de l’Union nécessite de procéder à une décarbonation en profondeur des secteurs de l’énergie, des transports, du chauffage et du refroidissement ainsi que de l’industrie, cette nécessité devant rester la priorité absolue.

Parmi les avantages associés à une augmentation du niveau d’ambition climatique à l’horizon 2030, les autorités nationales des États membres ont notamment évoqué les suivants: cette révision sera l’occasion de prendre notre part pour sauver la planète et donc de remplir notre devoir envers les générations futures; la trajectoire permettant de parvenir à une Union neutre pour le climat d’ici à 2050 pourra être plus progressive; la révision contribuera à atténuer les effets du changement climatique sur la société; elle assurera la croissance de l’économie de l’Union sur la base de nouveaux modèles de production et de consommation. Les défis évoqués en lien avec le relèvement du niveau d’ambition étaient les suivants: l’augmentation représentera un défi majeur en matière d’investissement pour les secteurs européens de l’industrie, des services, des transports et de l’énergie; il en découlera probablement une transformation structurelle de l’économie et une évolution des besoins en matière de compétences; les délais dont nous disposerons pour concevoir et mettre en œuvre des mesures supplémentaires ainsi que pour permettre aux acteurs économiques de s’adapter seront raccourcis.

La consultation publique et l’analyse d’impact initiale offraient toutes deux la possibilité de joindre au questionnaire des informations complémentaires. Au total, 500 documents joints ont été soumis par 491 répondants. Le graphique 3 fournit des indications sur les types de répondants qui ont transmis des pièces complémentaires.

Graphique 3. Types de parties prenantes ayant joint des pièces complémentaires

Parmi les documents joints, 233 ont été sélectionnés pour analyse. Les pièces complémentaires transmises dans le cadre de l’analyse d’impact initiale et les doublons n’ont pas été pris en compte.

3.2.Méthode de traitement des données

Étant donné que les questions de l’enquête en ligne étaient facultatives, les pourcentages présentés ci-dessous se rapportent au nombre total de participants ayant répondu aux questions concernées. Pour certaines questions, les répondants devaient attribuer un «score» aux différentes options (de 1 à 5 ou de 1 à 8). S’agissant de ces scores, le présent rapport fournit les chiffres se rapportant à la catégorie du «score le plus élevé», en ce qu’elle correspond au degré d’adhésion maximal.

Les documents de prise de position ont été traités selon un processus de catalogage. Les informations issues de chaque document ont été consignées dans une base de données, de façon à fournir les principaux thèmes et éléments associés aux documents et à leur auteur.

L’analyse des réponses ouvertes et des documents complémentaires a permis de dégager plusieurs campagnes. La plus importante (8 %, 329 répondants), principalement portée par des particuliers, visait le relèvement de l’objectif climatique et la fixation d’un prix du carbone commun. La deuxième (moins de 1 %), 40 répondants), elle aussi principalement portée par des particuliers, appelait à une révision de la méthode de calcul des émissions de GES dans le secteur de l’agriculture. Une troisième campagne (moins de 1 %, 35 répondants), portée principalement par des ONG, exigeait une plus grande cohérence avec l’accord de Paris et une plus grande attention portée aux coûts de l’inaction. Une quatrième campagne (moins de 1 %, 20 répondants), portée par des particuliers, proposait l’instauration d’un «dividende climatique» pour les citoyens en guise de mécanisme de tarification du carbone.

3.3.Questionnaire

Le questionnaire était composé de deux parties: une première destinée à recueillir des avis d’ordre général, et une seconde visant à obtenir des avis d’experts sur des mesures stratégiques spécifiques.

3.3.1.PARTIE I - Avis d’ordre général

La première partie du questionnaire portait sur l’ambition globale en matière de climat à l’horizon 2030, les mesures sectorielles et les conditions favorisantes.

Ambition globale en matière de climat à l’horizon 2030, possibilités et défis

Le graphique 4 illustre les réponses fournies pour différents objectifs. Tout d’abord, en ce qui concerne l’objectif de réduction des GES de l’Union, la plupart des répondants ont estimé que celui-ci devait être relevé à 55 % (77 %, 2 904 répondants). La plupart des répondants (69 %, 2 613 répondants) ont considéré que l’objectif actuel concernant les énergies renouvelables (32 %) devait être augmenté pour parvenir à une part supérieure à 40 % d’énergies renouvelables. De même, le relèvement à plus de 40 % de l’efficacité énergétique par rapport à l’objectif actuel (32,5 %) a été plébiscité (62 %, 2 345 répondants).

Graphique 4. Avis relatifs aux objectifs de l’UE en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030

Selon les répondants, la principale possibilité qu’offrirait un niveau d’ambition plus élevé serait de réduire la pollution et d’améliorer la santé et le bien-être des citoyens (14 %, 3 081 répondants), tandis que le principal défi tenait au déclin des emplois ne participant pas à la transition (20 %, 2 084 répondants). De manière générale, les répondants ont estimé que les possibilités l’emportaient sur les défis (84 %, 3 299 répondants).

Mesures sectorielles et potentiel de réduction des émissions de GES d'ici à 2030

Les répondants ont estimé que les secteurs où les mesures s’avéraient les plus nécessaires (attribution du score maximal) étaient ceux de l’approvisionnement énergétique (48 %, 1 705 répondants) et de la mobilité/du transport (16 %, 547 répondants). Le tableau 1 présente une synthèse des avis des répondants concernant le rôle de différents secteurs dans la réalisation d’objectifs climatiques européens plus ambitieux.

Tableau 1 - Rôle de différents secteurs et mesures dans la réalisation des objectifs climatiques de l’Union, par ordre de préférence des répondants

Contribution sectorielle privilégiée

Adhésion des répondants

(% du total des réponses par question; nombre de répondants)

Énergie

Meilleure pénétration des énergies renouvelables dans le système énergétique

18 %; 3 213

Combustibles fossiles

Suppression progressive des aides publiques aux investissements dans les combustibles fossiles

16 %; 2 925

Arrêt de l’utilisation du gaz naturel, qui risque d’entraver la réalisation des objectifs (effets de verrouillage)

59 %; 2 265

Bâtiments

Amélioration des propriétés thermiques des bâtiments résidentiels

40 %; 1 426 (score maximal)

Recours à des systèmes de gestion de l’énergie dans les bâtiments non résidentiels

40 %; 1 426 (score maximal)

Industrie

Développement d’une économie circulaire

63 %; 2 245 (score maximal)

Transport routier

Rendre plus abordable le transport routier durable

57 %; 1 993 (score maximal)

Suppression des obstacles à la mise en place d’infrastructures de recharge et de ravitaillement en carburant

31 %; 2 755

Agriculture, sylviculture et utilisation des terres

Gestion durable, restauration et préservation des forêts

12 %; 2 981

Conditions favorisantes et autres politiques

Une rubrique du questionnaire était consacrée aux conditions favorisantes et aux autres politiques nécessaires à la réalisation de l’objectif de réduction des émissions de GES à l’horizon 2030, et couvrait les choix des consommateurs, la transition juste et l’emploi, la tarification du carbone ainsi que le financement de la recherche.

Parmi les choix des consommateurs les plus cités pour réduire les émissions figuraient le fait de prendre moins souvent l’avion (18 %, 3 110 répondants) et la restriction de l’utilisation de la voiture (17 %, 2 976 répondants).

En ce qui concerne la transition juste et l’emploi, les répondants ont estimé que l’action la plus importante à mener était la diversification et la modernisation de l’économie en vue d’abandonner le recours aux combustibles fossiles (26 %, 2 659 répondants).

Concernant la tarification du carbone, la plupart des répondants ont estimé que les recettes tirées de la tarification du carbone devaient servir à financer les technologies vertes et les infrastructures de mobilité à faible taux d’émissions (27 %, 2 799 répondants).

Enfin, parmi les domaines de recherche qui devraient bénéficier d’un financement public les plus cités par les répondants figuraient le stockage de l’énergie (12 %, 2 423 répondants) et l’industrie circulaire et «zéro carbone» (12 %, 2 405 répondants).

3.3.2.PARTIE II - Conception de politiques spécifiques

La seconde partie du questionnaire portait sur la conception des politiques en matière de climat et d’énergie, ainsi que sur la sensibilisation des pays tiers. Au total, 1 599 participants ont répondu à cette partie (soit 40 % du total des répondants, dont 1 141 ont répondu à titre personnel et 458 au nom d’une organisation).

Conception des politiques en matière de climat et d’énergie

Parmi les principaux instruments de la législation de l’Union en vigueur sur le climat, le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’UE est celui qui a été perçu comme nécessitant le plus fort relèvement du niveau d’ambition climatique (55 %, 883 répondants ayant attribué le score maximal) par rapport au règlement sur la répartition de l’effort et au règlement UTCATF.

Les principaux moyens envisagés par les répondants pour renforcer le SEQE de l’UE ont été la mise en place d’une politique de tarification (par exemple, un prix plancher minimum) (24 %, 664 répondants), la réduction ou la suppression de la part de quotas alloués à titre gratuit (24 %, 658 répondants) et l’augmentation du facteur de réduction linéaire (23 %, 626 répondants). En ce qui concerne l’allocation de quotas à titre gratuit, une majorité des répondants a estimé que la part de quotas alloués à titre gratuit à l’industrie devait diminuer (60 %, 870 répondants).

En ce qui concerne l’extension du SEQE de l’UE au transport routier et à la construction, la plupart des répondants ont privilégié l’idée d’une tarification du carbone complémentaire à d’autres politiques sectorielles (64 %, 1 009 répondants), prenant principalement la forme d’une taxe sur le CO2 (64 %, 966 répondants). Que ce soit pour la construction (32 %, 425 répondants) ou pour le transport routier (55 %, 733 répondants), une pluralité de répondants a manifesté sa préférence pour une uniformisation du prix du carbone entre les États membres en incluant ces secteurs dans le SEQE de l’UE, et une vaste majorité d’entre eux s’est dite plus favorable à l’application d’un prix du carbone à l’échelle de l’Union.

Les répondants se sont également dits favorables à l’inclusion du transport maritime dans le SEQE de l’UE (41 %, 541 répondants). Si le SEQE de l’UE était étendu à la construction et au transport, d’autres émissions de CO2 liées à l’énergie devraient également être prises en compte (46 %, 676 répondants). Dans cette hypothèse, les avis sont assez convergents en ce qui concerne l’agriculture (35 %, 557 répondants), les déchets municipaux (34 %, 550 répondants) et les petites installations industrielles (31 %, 494 répondants).

Concernant les défis et les possibilités susceptibles de découler de l’extension du SEQE de l’UE, la principale possibilité perçue par les répondants était que cette extension aiderait l’Union à atteindre ses objectifs en matière de climat et d’environnement (51 %, 660 répondants ayant attribué le score maximal), tandis que le principal défi tenait à l’acceptabilité sociale (45 %, 539 répondants ayant attribué le score maximal).

De nombreux répondants ne savaient pas quel rôle le règlement sur la répartition de l’effort (RRE) devait jouer pour traduire l’ambition accrue de l’Union en matière de climat ou n’avaient pas d’avis sur la question (40 %, 585 répondants). Les autres ont estimé que l’ambition du RRE devait découler de la contribution rentable des secteurs par rapport au SEQE de l’UE et au règlement UTCATF (22 %, 328 répondants) et se sont montrés plutôt favorables à ce que les émissions de CO2 provenant des secteurs régis par le RRE couverts par le SEQE de l’UE restent incluses dans le RRE (18 %) plutôt qu’exclues de ce dernier (9 %).

Le dernier texte législatif relatif au climat abordé dans le questionnaire était le règlement UTCATF. En moyenne, les répondants se sont dits plus favorables à un durcissement des règles comptables concernant l’UTCATF (53 %, 437 répondants ayant attribué le score maximal).

Parmi les instruments législatifs de l’Union dans le domaine de l’énergie, les répondants ont estimé que la directive sur les énergies renouvelables (RED) était le texte qui devait être le plus révisé pour contribuer à la réalisation d’objectifs plus élevés (30 %, 884 répondants).

Le tableau 2 présente une synthèse des avis des répondants concernant la part des différents domaines d’action dans la réalisation d’objectifs climatiques européens plus ambitieux.

Tableau 2 - Politiques de l’Union permettant de réaliser une ambition climatique accrue, par ordre de préférence des répondants

Domaines d’action

Mesure privilégiée

Adhésion des répondants

(% du total des réponses par question; nombre de répondants)

Énergie

Renforcement de l’objectif en matière d’énergies renouvelables

Développement des infrastructures nécessaires à l’augmentation de la production

56 %; 718 (score maximal)

Renforcement de l’objectif en matière d’efficacité énergétique

Exigences plus strictes en matière de performance énergétique des véhicules de transport

57 %; 667 (score maximal)

Infrastructures énergétiques et intégration des secteurs

Mettre l’accent sur le transport d’électricité et les réseaux intelligents

38 %; 862

Construction

Rénovation des bâtiments

Encourager une meilleure planification urbaine et promouvoir les bâtiments durables et les infrastructures vertes

9 %; 909

Lever l’obstacle que représente la longueur des délais d’amortissement

14 %; 830

Industrie

Transformation industrielle

Mise en place de processus liés à l’économie circulaire

48 %; 607 (score maximal)

Déchets

Gestion des déchets

Interdiction de la mise en décharge et limitation de l’incinération des déchets en vue d’accroître le recyclage

23 %; 860

Politiques de l’Union européenne et sensibilisation des pays tiers vis-à-vis des stratégies de lutte contre le changement climatique

Concernant les efforts en matière de diplomatie climatique et de coopération au cours des prochaines années, les répondants ont estimé que l’Union devait prioritairement cibler les pays du G20 et du G7 (14 %, 839 répondants). La promotion de l’économie circulaire et de chaînes d’approvisionnement décentes est apparue comme l’approche la plus judicieuse concernant l’aide au développement et le financement de l’action climatique dans les pays tiers (15 %, 842 répondants). S’agissant de l’amélioration des instruments relatifs au commerce et des instruments de politique étrangère, les répondants ont privilégié l’instauration de mesures aux frontières afin d’éviter la fuite de carbone (16 %, 890 répondants).

Selon les répondants, l’objectif le plus important à atteindre d’ici la prochaine conférence des Nations unies sur le climat (COP 26) serait la finalisation des règles d’application de Katowice afin que l’accord de Paris soit pleinement opérationnel (17 %, 951 répondants).

Informations complémentaires

Les répondants ont formulé des observations tant sur la partie I (47 %, 1 883 répondants) que sur la partie II (14 %, 604 répondants) du questionnaire. Parmi les principaux thèmes mentionnés par les répondants figuraient l’importance d’une modification des comportements et d’une meilleure éducation au changement climatique, ainsi que l’urgence de s’engager dans une action climatique ambitieuse. Quelques répondants (2 %, 66 répondants) ont commenté la formulation des questions et la structure de l’enquête, la plupart d’entre eux estimant que le questionnaire n’était pas neutre ou que les formules utilisées étaient orientées.

3.4.Pièces jointes et autres documents de prise de position pertinents

Principaux messages contenus dans les documents analysés:

·Approfondissaient les thèmes abordés au fil du questionnaire

·Prenaient en considération un large éventail de sources d’émissions, en particulier les transports et la production d’énergie

·Concordance entre les technologies considérées comme étant «essentielles» pour la transition et les secteurs jugés «importants»

·Certains ont évoqué la nécessité de modifier la législation en vigueur (par exemple, révision de la directive RED II ou du financement alloué aux technologies à faible consommation d’énergie dans les bâtiments)

·Dénonçaient un certain nombre d’obstacles à la réalisation des objectifs climatiques, comme les subventions aux énergies fossiles, l’expansion du secteur de l’aviation et le manque de coordination entre les États membres

Propositions d’objectifs révisés pour 2030

En ce qui concerne les objectifs pour 2030, s'il était estimé dans certains des documents analysés (17 %, 39 documents) que les objectifs en matière d’émissions de GES à l’horizon 2030 étaient appropriés, dans d’autres (18 %, 42 documents), ces objectifs étaient jugés trop faibles. Seuls quelques contributeurs (5 %, 12 documents) jugeaient les objectifs trop élevés. La majorité (60 %, 140 documents) ne s’exprimait pas sur la question.

Parmi les documents analysés, un certain nombre (9 %, 21 documents) avançaient un nouvel objectif spécifique de réduction des émissions de GES de 55 % pour 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Un plus petit nombre de contributeurs étaient d’avis qu’une réduction supérieure à 55 % (4 %, 10 documents) ou égale à 50 % (2 %, 5 documents) s'imposait.

Couverture sectorielle

Les deux principaux secteurs mentionnés dans les documents de prise de position étaient les transports (19 %, 43 documents) et l’énergie (25 %, 58 documents). Dans chaque cas, des mesures essentielles de décarbonation étaient avancées, comme l’interdiction des véhicules thermiques d’ici à 2025, la diminution du trafic aérien, la promotion des zones à faibles émissions, le développement des transports publics, la suppression progressive du charbon et le recours accru à l’énergie produite à partir de sources nucléaires. Les opinions recueillies ont également porté sur les économies d'énergie dans les bâtiments grâce à la rénovation, la circularité dans le secteur des déchets, la promotion de régimes et d'une production alimentaires sains, la prise en compte des citoyens handicapés dans l’économie verte et une plus grande collaboration entre États.

Mesures sectorielles, moyens et technologies clés

Certaines technologies dans les secteurs considérés comme étant essentiels pour la transition vers une économie à faibles émissions étaient abordées en détail dans les documents joints au questionnaire. Certains contributeurs (22 %, 52 documents) ont évoqué la nécessité de supprimer progressivement l’énergie à base de charbon au profit du gaz ou d’une énergie plus respectueuse de l’environnement. D’autres (7 %, 17 documents) ont souligné l’importance de soutenir les projets de piégeage et de stockage du dioxyde de carbone. Plusieurs documents mettaient en exergue le caractère essentiel de certaines technologies liées au secteur des transports pour la réalisation des objectifs, comme les véhicules alternatifs ou à émission nulle, les combustibles durables, les infrastructures permettant des modes de transport plus propres et les véhicules plus légers. D’autres (8 %, 18 documents) évoquaient la nécessité d’améliorer l’efficacité énergétique dans leur secteur – cinq documents mentionnaient notamment l’utilisation de volumes croissants de données pour étayer les actions.

Modification de la législation de l’Union en matière de climat et d’énergie

Un certain nombre de contributeurs (19 %, 45 documents) s’interrogeaient sur le rôle du SEQE en tant que moteur de la décarbonation et présentaient des arguments variés à l’appui du renforcement ou de l’assouplissement du champ d’application de ce système, ou plaidaient pour son extension aux secteurs du bâtiment et des transports. D’autres (3 %, 7 documents) analysaient le rôle de la directive RED II.

Obstacles à la réalisation des objectifs

Certains documents joints au questionnaire (38 %, 88 documents) traitaient des obstacles à la réalisation des objectifs climatiques. Le principal obstacle mentionné concernait la législation (14 %, 32 documents), les défauts les plus fréquents cités en lien avec celle-ci étant l’inefficacité ou le manque de clarté des stratégies ou des cadres d’action. D’autres commentaires ayant trait à la mauvaise gouvernance mettaient en garde contre le risque de «complaisance» des législateurs dans la lutte contre le changement climatique (4 %, 10 documents). En outre, de nombreux autres documents soulignaient qu’un manque de volonté politique conduirait vraisemblablement à l’inaction. Certains contributeurs (5 %, 12 documents) ont en outre fait observer que le maintien des subventions aux combustibles fossiles entraverait la réalisation des objectifs de réduction des émissions de GES, tandis que d’autres (3 %, 8 documents) ont estimé qu’un financement insuffisant constituerait un obstacle au progrès. Parmi les autres problématiques évoquées figuraient l’expansion du transport aérien au détriment du transport ferroviaire, le manque de coopération entre les pays, les déchets mis en décharge ou les déchets recyclables non traités, l’attitude de la société et le manque de prise de conscience.

(1)

Les informations détaillées concernant la consultation publique peuvent être consultées à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/12265-2030-Climate-Target-Plan/public-consultation .

(2)

Marché de services nº 340201/2020/827061/SER/CLIMA.C.1. Consortium composé de Trinomics, Ricadro et Tyrsky.

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