| Pour les crypto-actifs non couverts par la réglementation financière de l’Union, deux options ont été envisagées: un régime à adhésion volontaire («opt-in») et un régime complètement harmonisé pour les émetteurs de crypto-actifs et les prestataires de services sur crypto-actifs, qui bénéficieraient ainsi d’un passeport européen pour l’expansion de leurs activités sur une base transfrontière. Si la première option peut paraître moins pesante pour les petits émetteurs et prestataires de services qui peuvent choisir de ne pas adhérer, la seconde garantirait un degré plus élevé de sécurité juridique, de protection des investisseurs, d’intégrité du marché et de stabilité financière et elle réduirait la fragmentation du marché unique. Pour ces raisons, c’est la seconde option qui est privilégiée. Pour les crypto-actifs considérés comme des instruments financiers au sens de la directive MiFID II (à savoir les jetons représentatifs d’un instrument financier), trois options ont été envisagées: 1) des mesures non législatives qui donneraient des indications sur l’applicabilité et, le cas échéant, les modalités d'application de la législation existante à ces crypto-actifs; 2) des changements législatifs ciblés, visant à supprimer les dispositions qui font obstacle à l’émission, à la négociation et à la post-négociation des jetons représentatifs d’un instrument financier et à l’utilisation de solutions reposant sur la DLT; et 3) un régime pilote (d’une durée de trois ans) créant une nouvelle infrastructure de marché DLT, permettant la négociation et/ou le règlement de jetons représentatifs d’un instrument financier. Des mesures non contraignantes contribueraient à clarifier l’application du droit de l’Union aux jetons représentatifs d’un instrument financier et aux activités liées, mais elles ne permettent toutefois pas de lever les obstacles juridiques ancrés dans la législation existante. Des ajustements législatifs ciblés sont gage de sécurité juridique et permettent d’éliminer les obstacles juridiques, mais ils ne seraient mis en œuvre que dans un nombre limité de domaines recensés dans le cadre d’évaluations récentes. La troisième option, quant à elle, peut offrir un cadre expérimental clair pour la négociation et/ou le règlement des jetons représentatifs d’un instrument financier, mais ses avantages pourraient disparaître si l’expérience n’est pas prolongée au terme des trois ans. Dans la mesure où ces options se complètent mutuellement, l’approche privilégiée consisterait à agir avec prudence en combinant les trois. Cette manière de faire cadrerait avec la nécessité de suivre une approche réglementaire graduelle tenant compte du caractère naissant du marché et de la différence importante qui sépare les réseaux sans aucune permission des réseaux avec permission, dans lesquels une partie du contrôle est centralisée. Pour les «stablecoins», les services de la Commission ont envisagé trois options: 1) des mesures législatives sur mesure pour les émetteurs de «stablecoins»; 2) une réglementation des «stablecoins» dans le cadre de la directive DME 2, puisque certains de ces jetons s’apparentent à la définition de la monnaie électronique et sont utilisés comme des instruments de paiement; 3) des mesures visant à limiter les émissions de «stablecoins» et les services correspondants dans l’Union (sauf s’ils respectent les cadres existants). Si l’on applique une méthode strictement fondée sur les risques, la première option réduirait les vulnérabilités pour la stabilité financière tout en encourageant l’innovation. À l’inverse, les deuxième et troisième options pourraient ne pas agir comme espéré sur les risques majeurs qui pèsent sur la protection des consommateurs (les risques associés aux fournisseurs de portefeuille, par exemple). Qui plus est, l’option 3 pourrait ne pas couvrir certains risques pour la stabilité financière, si les consommateurs de l’Union se ruent en nombre sur les «stablecoins» émis dans des pays tiers. Par conséquent, l’option privilégiée pour les «stablecoins» serait une combinaison de l’option 1 et de l’option 2. |
| Pour les crypto-actifs qui ne sont pas couverts par la réglementation financière de l’Union, une grande majorité des répondants (68 %) à la consultation publique de la Commission étaient d’avis qu’un régime européen sur mesure en matière de crypto-actifs donnerait naissance à un écosystème durable de crypto-actifs dans l’Union. Pour les crypto-actifs considérés comme des instruments financiers, une grande majorité des répondants ont souligné qu’une approche commune de l’Union s’imposait. Les répondants sont également majoritairement favorables à une approche réglementaire graduelle, qui consisterait d’abord à apporter de la clarté juridique quant à l’utilisation des DLT avec permission (c’est-à-dire n’autorisant que les membres enregistrés) dans les domaines de la négociation et de la post-négociation sans tenir également compte des réseaux sans permission (auxquels peut participer toute entité sans enregistrement), car ces DLT en sont encore à un stade précoce de leur développement. Sur la question des «stablecoins» et des jetons de valeur stable de niveau mondial («global stablecoins»), la majorité des répondants sont partisans de l’imposition de plusieurs exigences aux émetteurs et/ou aux gestionnaires des réserves. Une minorité de parties prenantes ont estimé qu’une extension de la directive DME 2 serait l’approche réglementaire la plus appropriée. |
| Premièrement, les mesures permettraient aux crypto-actifs de se développer comme un moyen de paiement rapide et peu onéreux en mesure de rivaliser, tout particulièrement pour les opérations transfrontières, avec les instruments de paiement existants. Les économies de coûts seraient particulièrement importantes dans le domaine des envois de fonds, de l’ordre de 220 à 570 millions d’EUR par an selon les estimations. L’inclusion financière au sein de l’Union s’en trouverait également renforcée. Deuxièmement, ce cadre aiderait également les entreprises de l’Union, y compris les PME, à adopter, en tant qu’outils de financement complémentaire, les émissions de crypto-actifs et de jetons représentatifs d’un instrument financier. Troisièmement, la création d’un régime sur mesure pour les crypto-actifs qui ne sont pas des instruments financiers permettrait d’étendre les règles de protection des consommateurs à ces actifs et de garantir l’intégrité et la stabilité du marché. Les options privilégiées contribueront ainsi aux objectifs de l’union des marchés des capitaux en diversifiant les sources de financement pour les entreprises de l’Union par rapport aux prêts bancaires. Il est impossible d’estimer le montant global des financements supplémentaires ainsi dégagés grâce à l’émission de crypto-actifs, car plusieurs facteurs externes interviennent (comme le besoin de financement des émetteurs, le sentiment qui prévaut sur le marché et la réaction compétitive des autres canaux de financement). Néanmoins, les coûts de financement dans le cas d’une émission de crypto-actifs devraient être de 20 % à 40 % moins élevés, à volumes comparables, que dans le cas d’une introduction en bourse de titres traditionnels. Quatrièmement, l’option privilégiée devrait avoir un effet positif sur la négociation et la post-négociation de jetons représentatifs d’un instrument financier en apportant de la clarté juridique sur la manière dont s’applique la législation existante, en levant les obstacles réglementaires et en créant un cadre spécifique pour les infrastructures de marché DLT. Les gains d’efficacité potentiels d’une utilisation massive de la DLT et des jetons représentatifs d’un instrument financier sur les marchés d’actions au comptant de l’Union ont été estimés à 540 millions d’EUR par an. Cela étant, au-delà des questions réglementaires, le plein déploiement des jetons représentatifs d’un instrument financier et de la DLT dans toute la chaîne de négociation et de post-négociation dépendra également de la résolution de certains problèmes technologiques (comme l’extensibilité et l’interopérabilité des différents réseaux DLT). Par conséquent, les mesures envisagées ne constitueront qu’une première étape vers l’exploitation de ces gains d’efficacité sur le moyen à long terme, consistant à faciliter l’innovation et à amorcer un processus graduel de normalisation dans l'UE. |