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Communication52020XR2639

Résolution du Comité européen des régions — Cadre financier pluriannuel révisé et plan d’investissement durable européen

CELEX52020XR2639
TypeCommunication
Datejeudi 2 juillet 2020

Résumé IA

Le Comité européen des régions, dans cette résolution, approuve la révision du cadre financier pluriannuel (CFP) et le plan d'investissement durable européen, tout en soulignant la nécessité d'une plus grande implication des collectivités locales et régionales dans leur mise en œuvre. Il insiste sur l'importance de garantir des financements suffisants et flexibles pour soutenir la transition écologique et numérique, ainsi que la cohésion territoriale. Ce texte invite les institutions européennes à simplifier les règles d'accès aux fonds et à renforcer le principe de partenariat avec les autorités locales.

Texte intégral

1.10.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 324/1


Résolution du Comité européen des régions — Cadre financier pluriannuel révisé et plan d’investissement durable européen

(2020/C 324/01)

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Cadre financier pluriannuel révisé et instrument de l’Union européenne pour la relance

1.

accueille favorablement la proposition de la Commission relative au prochain cadre financier pluriannuel (CFP), doté de 1 100 milliards d’euros, et à l’instrument de l’Union européenne pour la relance («Next Generation EU»), doté de 750 milliards d’euros, qui est à même d’ouvrir la voie à la construction d’une Union plus forte, plus durable, plus solidaire et plus résiliente. Cette proposition apporte une première réponse destinée à faire face à l’impact imminent de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19 et à réaliser les objectifs à long terme de l’Union;

2.

reconnaît les efforts déployés par la Commission pour répondre aux préoccupations des États membres les plus durement touchés par la crise et ceux dont les régions accusent encore un retard, tout en cherchant à trouver un équilibre entre le besoin de subventions et l’effet de levier des instruments financiers;

3.

se dit toutefois préoccupé que la dotation prévue pour la proposition révisée de CFP, à savoir 1 100 milliards d’euros, soit inférieure de 34,6 milliards d’euros par rapport à la proposition avancée par la Commission en 2018, et encore plus en deçà des préconisations du CdR et du Parlement européen, ce qui réduit la capacité de l’Union à répondre à ses objectifs à long terme; c’est précisément à cet égard qu’il convient d’associer plus sérieusement et de manière adéquate le CdR et le Parlement européen;

4.

relève que l’augmentation de la marge de manœuvre du budget de l’Union, qui est rendue possible par une augmentation temporaire du plafond des ressources propres de 0,6 point de pourcentage du RNB, offre à l’Union un budget plus adéquat pour soutenir sa relance et répondre aux ambitions définies dans son programme stratégique;

5.

prend acte des propositions que la Commission a annoncées concernant de nouvelles ressources propres potentielles liées aux objectifs du plan de relance; souligne toutefois que, deux ans après sa première proposition relative à un CFP pour l’après-2020, la Commission n’a toujours pas présenté de propositions législatives en faveur de véritables ressources propres; à cet égard, invite à nouveau la Commission à présenter d’urgence des propositions législatives concrètes en la matière, concernant par exemple une taxe sur les matières plastiques et l’échange de droits d’émission;

6.

réaffirme que le CFP et le plan de relance doivent mettre l’accent sur la cohésion, en tant que valeur fondamentale de l’Union européenne, afin de relever les défis majeurs que sont la relance après la crise de la COVID-19, le pacte vert pour l’Europe, les objectifs de développement durable, le socle européen des droits sociaux, la stimulation de la compétitivité et la suppression des disparités, ainsi que la transformation numérique, afin de garantir qu’aucune personne ni territoire ne soit laissé pour compte;

7.

souligne que les collectivités locales et régionales gèrent un tiers des dépenses publiques et deux tiers des investissements publics, et que ce sont elles qui mettent en œuvre 70 % de l’ensemble de la législation de l’Union européenne, 70 % des mesures d’atténuation du changement climatique et 90 % des politiques d’adaptation à celui-ci; il s’impose donc de décider de manière fondamentale de la nécessité d’associer toutes les collectivités locales et régionales pour ce qui est d’élaborer, de consulter, de mettre en œuvre et de gérer les fonds, ainsi que de muer en règle contraignante l’obligation pour les États membres d’autoriser toutes les collectivités locales à bénéficier des financements pour l’investissement, tels que l’investissement territorial intégré, et aussi de les encourager à y recourir;

La cohésion au centre de la relance

8.

fait valoir que l’impact asymétrique de la pandémie de COVID-19 sur la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne et de ses régions appelle une réponse politique adéquate;

9.

accueille favorablement la proposition de la Commission visant à garantir le rôle de la politique de cohésion en sa qualité de politique robuste d’investissement à long terme de l’Union européenne, ainsi que les investissements supplémentaires qui sont rendus possibles par l’intermédiaire de la nouvelle initiative de complément au soutien à la cohésion REACT-EU, et se félicite de l’approche qui garantit que le soutien apporté est proportionné aux effets de la crise. La continuité est essentielle pour les collectivités locales et régionales, au moment où elles entrent dans la phase de redressement et apportent un soutien aux personnes et aux territoires qui en ont le plus besoin. Au total, ces propositions apportent une réponse immédiate et efficace à la pandémie de COVID-19, avec ses conséquences sociales et économiques. Le CdR souligne toutefois que les mécanismes de flexibilité prévus dans ce nouveau programme ne devraient pas être gérés au niveau central et qu’ils devraient être mis en œuvre selon le principe de gestion partagée, dans le respect des prérogatives des collectivités locales et régionales;

10.

demande plus de clarté en ce qui concerne l’interaction entre les divers nouveaux mécanismes, tels que REACT-EU, le Fonds pour une transition juste et la facilité pour la reprise et la résilience, afin d’éviter que les États membres n’ajoutent un degré de complexité supplémentaire et des restrictions nationales plus lourdes;

11.

note que l’extension des programmes opérationnels actuels qui est proposée devrait permettre une mise en œuvre rapide d’investissements revêtant une importance cruciale; demande que l’on approuve sans délai les propositions visant à accroître la flexibilité et à élargir le champ d’application des ressources, dans le but de soutenir, entre autres, les secteurs des services de santé, du tourisme, de l’agriculture, de l’éducation et de la culture, ainsi que les PME, ce qui aiderait les villes et les régions à investir de l’argent là où cela est le plus nécessaire, conformément aux principes de la politique de cohésion;

12.

est préoccupé par le caractère temporaire de certaines des mesures de renforcement, en particulier en ce qui concerne la politique de cohésion et le développement rural, pour lesquels elles ne sont pas à la hauteur des besoins de développement à long terme et ne compensent pas les premières réductions opérées par la Commission dans ses propositions de 2018; se félicite dès lors de la proposition de la Commission de revoir les dotations nationales pour la politique de cohésion en 2024 dans l’optique d’ajouter éventuellement 10 milliards d’euros supplémentaires à l’enveloppe qui lui est consacrée, sans qu’aucun État membre ne perde une partie de ses dotations;

13.

regrette que la Commission ne soit pas revenue sur sa décision d’écarter le Feader du règlement portant dispositions communes, ce qui risque d’entraver le développement intégré des zones urbaines et rurales, pourtant si nécessaire;

14.

regrette qu’une proportion importante des ressources financières soit orientée vers des mesures au niveau des États membres plutôt qu’au niveau local et régional, alors que bon nombre de compétences en matière de soins de santé, de mesures sociales et de résilience relèvent du niveau local et/ou régional, et souligne par conséquent la nécessité de respecter les principes de partenariat, de décentralisation et de gouvernance à plusieurs niveaux;

15.

rappelle l’importance que revêt la coopération territoriale européenne pour aider les personnes, les communautés et les entreprises à coopérer au-delà des frontières, surmonter les répercussions négatives de la crise et accélérer la reprise économique; la collaboration sera indispensable à la reprise et, dans cette perspective, le nouvel instrument pour les investissements interrégionaux en matière d’innovation jouera un rôle essentiel pour soutenir le développement de chaînes de valeur industrielles et d’innovation européennes, conformément aux stratégies de spécialisation intelligente;

16.

se félicite qu’une évaluation appropriée de l’impact territorial des incidences asymétriques au niveau régional ait été effectuée dans le cadre de l’élaboration du document de travail des services de la Commission qui accompagne la proposition;

17.

se félicite qu’un lien étroit soit maintenu avec les objectifs stratégiques de l’Union (pacte vert pour l’Europe, numérisation) et que la Commission les mette en avant en tant qu’instruments de la relance européenne; regrette toutefois que le socle européen des droits sociaux ne soit pas au cœur de la stratégie de relance de l’Union;

18.

estime qu’il est important que la relance, dans l’esprit d’une politique de cohésion forte, soit déployée de manière à tenir compte des principes de la subsidiarité active;

Plan de relance et Semestre européen

19.

se félicite de la proposition ambitieuse de la Commission en faveur d’une facilité pour la reprise et la résilience, qui permettra un soutien financier à grande échelle pour réaliser les investissements et les réformes nécessaires; rappelle que les collectivités locales et régionales sont responsables de plus de la moitié des investissements publics et qu’elles doivent donc avoir la possibilité de recevoir un soutien adéquat au titre de cette initiative; fait valoir, à cet égard, que mettre en œuvre la facilité pour la reprise et la résilience par le truchement de programmes nationaux comporte le risque d’un déficit d’information et de communication appropriées sur cette intervention de l’Union européenne en faveur de ses citoyens;

20.

demande à la Commission européenne de veiller à la cohérence des différents plans de relance et d’éviter les doubles emplois en matière d’investissements ainsi que les excès de bureaucratie ou de charges administratives, ce afin de garantir l’efficacité du dispositif et d’atteindre l’objectif commun de surmonter la crise climatique, économique et sociale le plus rapidement possible;

21.

fait valoir que le lien fort établi entre, d’une part, la facilité pour la reprise et la résilience et, d’autre part, le Semestre européen accroît d’autant l’urgence de réformer ce dernier en profondeur, ainsi que la gouvernance économique de l’Union, pour que l’on dispose d’une procédure transparente, inclusive et démocratique; faute d’une réforme du Semestre européen, la facilité pour la reprise et la résilience risque de donner lieu à une nouvelle centralisation et à une approche descendante des plans de redressement, ainsi qu’à un retour à des politiques qui ne tiennent aucun compte de la cohésion économique, sociale et territoriale entre les États membres et en leur sein, et qui font obstacle aux investissements publics nécessaires d’urgence pour la reprise durable de l’Union;

22.

estime par conséquent que le Semestre européen, s’il est appelé à devenir un mécanisme de mise en œuvre légitime et efficace, devrait intégrer les principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux et une dimension territoriale. Il est dès lors plus urgent que jamais de mettre en œuvre la proposition du CdR en faveur d’un code de conduite pour associer les collectivités locales et régionales au volet national du Semestre européen et le Comité européen des régions à son volet européen;

23.

soutient l’ambition de la Commission de renforcer la relance de l’Union ainsi que sa résilience et son autonomie stratégique au moyen d’un accroissement de la capacité d’InvestEU et de la création d’une facilité d’investissement stratégique;

24.

se félicite de la proposition d’un nouvel instrument de soutien à la solvabilité, qui permettra de donner un coup de fouet à l’économie de l’Union en encourageant les investissements privés et de préparer les entreprises de l’ensemble du spectre économique à un avenir neutre en carbone, basé sur le recours aux technologies numériques. Ce dispositif devra être déployé rapidement, et il serait judicieux de mettre en place des orientations visant à aligner clairement les investissements sur les priorités de l’Union européenne, afin qu’il atteigne son objectif d’aider les entreprises normalement viables à survivre à la crise actuelle; souligne que ce soutien doit être accordé selon des critères transparents qui tiennent compte non seulement de l’incidence spécifique sur le secteur et la région, mais aussi du soutien financier public reçu par ailleurs;

Une Union plus résiliente et plus verte

25.

se félicite de l’augmentation substantielle de l’enveloppe du Fonds pour une transition juste (FTJ) pour les régions confrontées à des défis majeurs dans le cadre de la transition énergétique, ce qui porte le montant global du Fonds à 40 milliards d’euros; demande qu’il soit toutefois tenu compte des régions qui, en prévision de mesures réglementaires effectives pour protéger le climat, ont investi très précocement et très puissamment dans les énergies renouvelables et les technologies en rapport, et qui continueront à procéder ainsi; attire l’attention sur le contexte particulier des régions dépendantes des combustibles fossiles et dotées de systèmes énergétiques isolés, comme c’est le cas des îles ou des régions ultrapériphériques; se déclare toutefois profondément préoccupé par le fait que les ressources financières nécessaires à la décarbonation de l’économie européenne sont bien supérieures à ce qui a été proposé par la Commission;

26.

se félicite que le programme autonome «L’UE pour la santé» (EU4Health) soit doté d’un montant de 7,7 milliards d’euros de ressources supplémentaires, ce qui porte son enveloppe totale à 9,4 milliards d’euros au titre du troisième pilier du plan de relance pour l’Europe, conformément aux récentes demandes politiques du CdR; insiste sur le fait que cet instrument devra être maintenu à titre permanent, pour marquer un engagement constant du budget de l’Union en faveur de la santé, et pas seulement constituer un instrument temporaire dans le cadre du CFP 2021-2027;

27.

demande que les aspects régionaux et locaux soient davantage renforcés dans les mesures relatives à la santé, en particulier en ce qui concerne les soins de santé transfrontaliers et dans les régions ultrapériphériques, et note qu’en raison, dans certains cas, de la nature décentralisée des systèmes de santé, les États membres et la Commission européenne doivent associer plus étroitement les gouvernements régionaux aux mesures d’urgence sanitaire et suivre leurs conseils en matière d’allocation des fonds;

28.

se félicite du renforcement de rescEU à hauteur de 2 milliards d’euros afin de constituer une capacité permanente qui soit en mesure de gérer tous les types d’urgences, notamment en mettant en place des infrastructures d’intervention d’urgence, des capacités de transport et des équipes d’aide d’urgence; insiste sur le fait qu’un instrument ponctuel et temporaire ne sera pas suffisant et qu’il est nécessaire de prévoir un engagement sur le long terme, assorti d’un budget renforcé; se félicite de l’engagement pris par la Commission, dans un esprit de préparation à des crises futures, de tirer les leçons de la pandémie actuelle et de renforcer des programmes tels que, entre autres, rescEU et Horizon Europe;

29.

convient de la nécessité de développer davantage les capacités de réaction de l’Union européenne aux situations d’urgence et aux catastrophes et soutient la proposition de la Commission visant à renforcer ses instruments d’aide d’urgence, tels que le Fonds de solidarité de l’Union européenne et la réserve de solidarité et d’aide d’urgence, et à les rendre plus souples; souligne toutefois que les outils et mesures proposés doivent également tenir compte des besoins et des circonstances propres au niveau local et régional, plus spécialement dans des zones particulièrement vulnérables telles que les régions ultrapériphériques;

30.

rappelle la valeur ajoutée que revêtent les territoires ruraux, s’agissant d’assurer la réussite du projet européen et, plus particulièrement, de faire face à des situations extrêmes. Les régions et les collectivités locales développent des solutions novatrices et répondent aux besoins essentiels en matière de sécurité alimentaire en Europe, y compris au bénéfice du reste de la population européenne. L’urgence actuelle nécessite de modifier le paradigme social, économique et territorial afin de combler l’écart entre les zones urbaines et rurales, de mieux les relier et de favoriser leur coopération;

31.

déplore la proposition de la Commission de réduire le budget du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) par rapport à la période de programmation précédente, ce qui va à l’encontre de l’objectif de cohésion territoriale de l’Union européenne; se félicite qu’une enveloppe supplémentaire de 15 milliards d’euros soit prévue pour soutenir le développement rural; souligne toutefois que cette légère augmentation ne compense pas la réduction budgétaire de 28 % proposée par la Commission en 2018 pour le Feader; regrette également que la Commission européenne, dans la proposition révisée de CFP, ait réduit de 9 % le financement de la politique agricole commune par rapport au CFP 2014-2020;

32.

réclame un renforcement du budget du POSEI, qui prévoit des mesures spécifiques pour l’agriculture dans les régions ultrapériphériques de l’Union, et demande que l’on revienne sur les coupes proposées par la Commission pour la période 2021-2027;

33.

souligne que le financement du Feader doit tenir compte des besoins et de l’ambition de la stratégie «De la ferme à la table» et de la stratégie en faveur de la biodiversité, récemment publiées, ainsi qu’aider les agriculteurs et les zones rurales à opérer les changements structurels nécessaires à la transition vers des systèmes alimentaires plus durables; la stratégie en faveur de la biodiversité a toutefois besoin d’outils concrets et de financements solides et devrait être élaborée conjointement avec les régions et les villes, qui devront également la mettre en œuvre;

34.

souligne sa ferme opposition aux pistes proposées par la Commission européenne, qui aggravent encore la situation des collectivités locales et régionales par rapport à aujourd’hui en ce qui concerne les délais d’utilisation des dotations annuelles allouées par les programmes de l’Union européenne ainsi que le taux de préfinancement et, tout particulièrement, de cofinancement des projets;

35.

se félicite de l’augmentation de 10,5 milliards d’euros de l’enveloppe de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) par rapport à la dernière proposition de CFP, ce qui porte sa dotation à 86 milliards d’euros, dont un milliard sera mis à disposition dès 2020;

36.

soutient l’intention de stimuler la croissance après la pandémie en investissant dans les infrastructures de transport critiques et dans les connexions transfrontières afin de promouvoir la transition écologique vers une mobilité à émissions nulles, en particulier en construisant un million de points de recharge pour les véhicules électriques; note que la disponibilité de carburants propres est importante pour la cohésion territoriale et sociale et que la baisse de la demande dans les zones rurales et insulaires devrait être compensée par un régime spécial, similaire à l’initiative «Wi-Fi pour l’Europe» (WiFi4EU) qui cible les zones rurales;

37.

regrette que la base générale du nouveau programme «Droits et valeurs», qui consiste à financer les efforts visant à protéger les valeurs et les droits fondamentaux de l’Union et à encourager la citoyenneté européenne active, n’ait pas été augmentée pour répondre aux énormes défis qui se posent à cet égard dans certains États membres;

38.

rappelle que le pacte vert pour l’Europe a été conçu comme une stratégie de transition qui protège l’environnement et, partant, nos moyens de subsistance; souligne que les énergies renouvelables, les technologies propres, l’économie circulaire et la transformation numérique présentent une excellente occasion, sur le plan économique et industriel, de générer de la croissance et des emplois et de créer un nouveau modèle de prospérité;

39.

souligne qu’il soutient pleinement la mise en œuvre du pacte vert et le développement du pacte pour le climat au moyen de mesures et d’initiatives coordonnées et transversales qui garantissent la pleine prise en compte de la gouvernance à plusieurs niveaux et de la diversité territoriale, ainsi que le principe selon lequel aucune personne ou région n’est laissée pour compte; estime que les régions et les villes sont bien placées pour accélérer le processus par une multitude d’activités, notamment les marchés publics, la rénovation des bâtiments, le transport propre, une meilleure gestion des déchets, la modernisation numérique et une transformation durable du tourisme;

40.

demande, dans ce contexte, que des instruments supplémentaires soient mis en place pour accorder aux collectivités locales et régionales un accès direct aux fonds de l’Union européenne afin de réaliser leurs actions durables au titre du nouveau cadre financier pluriannuel, comme par exemple l’actuel mécanisme pour les villes européennes dans le cadre du programme Horizon 2020;

41.

invite à prévoir davantage de souplesse dans l’utilisation des nouvelles ressources du CFP afin de pouvoir évaluer les coûts réels liés à la transition vers le développement durable et à la relance écologique et s’y adapter, et encourage le lancement d’initiatives collaboratives entre les secteurs public et privé dans le domaine de l’innovation, sous l’impulsion des villes et des régions;

42.

plaide pour que le soutien financier de l’Union européenne soit toujours examiné au regard de son incidence sur le climat et de sa durabilité. Les subventions, aides et programmes de soutien directs et indirects préjudiciables à l’environnement devraient être évalués à l’aune de leur cohérence avec les objectifs en matière de climat et de durabilité;

43.

est préoccupé par le déficit d’investissement en matière de transformation verte, estimé récemment à 470 milliards d’euros par an; souligne qu’il est urgent de disposer d’un plan détaillé sur la manière de financer cet énorme déficit;

44.

se félicite de la proposition de «vague de rénovation» et demande un financement suffisant et la participation de l’ensemble de la chaîne de valeur afin de stimuler la reprise. Compte tenu des disparités extrêmes qui existent entre les territoires, il convient d’accorder aux régions et aux villes l’autonomie nécessaire à la planification, en particulier pour la phase de mise en œuvre de leurs plans, ainsi qu’un accès direct aux Fonds structurels et d’investissement européens. La formation et le partage des connaissances devraient également faire partie du cadre européen, ce afin de promouvoir les synergies à exploiter et d’accroître l’efficacité dans l’utilisation des fonds;

Une Union tournée vers l’avenir

45.

se félicite du renforcement des programmes Horizon Europe, à hauteur de 7,8 milliards d’euros, et Europe numérique, à hauteur de 1,5 milliard d’euros, ainsi que du volet «transports» du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Les montants supplémentaires destinés à la recherche, en particulier dans les domaines de la santé, de l’économie verte et dans le cadre du Conseil européen de l’innovation, ont une incidence clairement locale; fait observer à cet égard que les établissements d’enseignement supérieur et les instituts de recherche relèvent dans de nombreux cas de la compétence des collectivités régionales, et qu’à ce titre, celles-ci peuvent bénéficier indirectement de ces programmes; souligne qu’une mise en concurrence est nécessaire dans l’attribution des fonds de recherche pour pouvoir soutenir la concurrence mondiale en matière de recherche et d’innovation et pour renforcer les groupements de recherche européens;

46.

se dit toutefois préoccupé que les réductions budgétaires soient maintenues dans les volets «énergie» et «numérique» du MIE;

47.

salue les propositions de la Commission européenne relatives au Fonds social européen plus visant à renforcer le soutien aux mesures destinées à lutter contre le chômage des jeunes et la pauvreté des enfants, ainsi que l’accent supplémentaire qui est mis sur le soutien à la main-d’œuvre dans le cadre des transitions verte et numérique et le doublement du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM);

48.

se félicite de la proposition de la Commission de renforcer, ne serait-ce que dans une faible mesure, les investissements dans la jeunesse et les secteurs de la culture et de la création en ajoutant 3,4 milliards d’euros au programme Erasmus et 150 millions d’euros au programme «Europe créative»; est toutefois préoccupé par le fait que ces augmentations restent en deçà des propositions avancées par la Commission en mai 2018, et demande à nouveau que le nombre de participants au programme Erasmus (1) soit triplé et que le programme «Europe créative» (2) soit doté d’une enveloppe de 2 milliards d’euros;

49.

salue l’attention particulière accordée aux secteurs de la culture, du patrimoine culturel, de l’audiovisuel et de la création, qui, avec celui du tourisme, ont été durement touchés par la crise, et se dit favorable à ce qu’ils puissent bénéficier de l’initiative REACT-EU;

50.

demande que soit prévu, dans le contexte du plan de relance économique de l’Union, un cadre approprié à court, moyen et long termes pour les régions dont l’économie est peu diversifiée et qui sont spécialisées dans les secteurs les plus touchés par l’impact de la crise de la COVID-19;

51.

souligne qu’il importe de réviser les politiques éducatives de l’Union européenne, et qu’il s’impose de mettre à jour le plan d’action en matière d’éducation numérique, nécessaire pour la période de l’après-COVID-19, en aidant les régions et en particulier les régions moins développées à être bien préparées et équipées pour l’éducation numérique, ce qui soutiendrait, en la matière, les zones touchées par la fracture numérique;

Plan d’investissement pour une Europe durable (3)

52.

estime que la crise de la COVID-19 ne saurait compromettre les ambitions de l’Europe s’agissant de mettre en œuvre les objectifs de développement durable et de devenir climatiquement neutre à l’horizon 2050, ambitions qui ne sont réalistes qu’à la condition d’être accompagnées des moyens financiers appropriés et d’un cadre budgétaire et réglementaire adéquat;

53.

se félicite de l’ambition de la Commission européenne de mobiliser 1 000 milliards d’euros d’investissements durables privés et publics au cours de la prochaine décennie, mais manifeste son inquiétude quant aux points suivants: a) ce montant ne représenterait qu’une part relativement faible des investissements globaux nécessaires, que la Commission européenne estime elle-même à 260 milliards d’euros par an d’ici 2030; b) cette estimation est limitée aux investissements liés au climat et à l’énergie; dès lors, la réalisation d’objectifs plus larges en matière de durabilité, y compris les investissements dans le capital social et humain, nécessiterait donc des montants encore plus élevés; c) pour l’essentiel, le montant nominal de 1 000 milliards d’euros ne repose pas sur de nouveaux fonds ou initiatives «supplémentaires», mais plutôt sur les politiques et les instruments de l’Union européenne qui sont en place ou déjà planifiés;

54.

déplore que le montant nominal du plan apparaisse comme surestimé, alors que le plan lui-même semble sous-financé et de portée limitée, négligeant les aspects socio-économiques cruciaux;

55.

souligne que, du secteur de l’énergie à celui du transport ou du logement, les collectivités locales et régionales sont des acteurs essentiels pour réaliser les investissements nécessaires à la transition vers le développement durable; estime dès lors que les objectifs du plan ne pourront être atteints sans la participation effective des collectivités locales et régionales et regrette que ce fait ne semble pas être pris en compte par la Commission;

56.

estime que l’investissement dans la transition vers un modèle économique durable nécessite un système financier et fiscal qui encourage les investisseurs à réaliser des investissements durables; se félicite, à cet égard, de la poursuite des travaux de la Commission sur la finance durable, mais rappelle la nécessité d’étendre rapidement le cadre réglementaire afin qu’il couvre également la durabilité sociale (4);

57.

est fermement convaincu que, grâce à des signaux de prix appropriés, la fiscalité peut conduire à un comportement durable des producteurs, des utilisateurs et des consommateurs et, par conséquent, prie instamment le Conseil d’adopter sans délai la proposition législative relative à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin que les États membres puissent utiliser les taux de TVA de manière plus ciblée pour tenir compte des ambitions environnementales accrues;

58.

appelle à la vigilance concernant les projets de la Commission visant à introduire une nouvelle législation sur les marchés publics écologiques; bien qu’il puisse s’agir d’un outil utile à cet égard, de nombreuses administrations publiques s’emploient encore aujourd’hui à s’adapter au cadre actuel issu de la réforme de 2014; toute nouvelle exigence législative gagnerait donc à être simple mais efficace (5); se félicite que la Commission ait indiqué que les futures lignes directrices révisées en matière d’aides d’État permettront aux pouvoirs publics de bénéficier d’une plus grande souplesse afin d’encourager et d’accompagner la transition vers un modèle économique durable;

59.

est fermement convaincu que, compte tenu des enseignements tirés de la période où elles ont été suspendues pour répondre à la crise de la COVID-19, les règles budgétaires de l’Union devraient mieux intégrer les objectifs de l’Union en matière de durabilité à long terme;

60.

souligne la nécessité de déployer des efforts spécifiques pour informer, de manière facilement accessible et dans le cadre d’une action concertée de toutes les institutions européennes, les citoyens ainsi que le million d’élus locaux et régionaux de l’Union sur les nouvelles possibilités qui leur sont offertes grâce au CFP.

Bruxelles, le 2 juillet 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Avis du Comité européen des régions sur le «Programme Erasmus pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport» (JO C 168 du 16.5.2019, p. 49).

(2) Avis du Comité européen des régions sur «Europe créative et un nouvel agenda européen de la culture» (JO C 168 du 16.5.2019, p. 37).

(3) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Plan d’investissement pour une Europe durable — Plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe [COM(2020) 21 final].

(4) Avis du Comité européen des régions sur le plan d’action: financer la croissance durable (JO C 86 du 7.3.2019, p. 24).

(5) Avis du Comité européen des régions — Rapport sur la mise en œuvre des directives relatives aux marchés publics (JO C 39 du 5.2.2020, p. 43).


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23/12/2020

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