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AccueilDroit européen52021AE1689
Avis institutionnel52021AE1689

Avis institutionnel — 52021AE1689

CELEX52021AE1689
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 8 juillet 2021

Texte intégral

16.9.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 374/38


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Plan d’action sur le socle européen des droits sociaux»

[COM(2021) 102 final]

(2021/C 374/08)

Rapporteurs:

Cristian PÎRVULESCU

Carlos Manuel TRINDADE

Consultation

Commission européenne, 26.3.2021

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

21.6.2021

Adoption en session plénière

8.7.2021

Session plénière no

562

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

160/79/19

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE accueille favorablement le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux (ci-après le «plan») et sa mise en œuvre à l’échelon de l’UE et au niveau national, dans le respect des compétences respectives. Il le juge très opportun, d’autant plus que la pandémie de COVID-19 a perturbé tous les aspects de la vie humaine, aggravant les problèmes sociaux préexistants et exerçant une pression considérable tant sur les institutions publiques que sur les communautés, les organisations et les entreprises. Le Comité avertit que la pandémie ne devrait pas prendre fin dans un avenir proche. Il invite dès lors l’UE et les États membres à utiliser et à développer les infrastructures adéquates mises en place pour relever les défis à moyen et à long terme qui y sont liés dans le cadre du plan, en gardant à l’esprit qu’un dialogue civil et social efficace et la participation active des partenaires sociaux, qui constituent des éléments importants d’une économie sociale de marché compétitive, jouent un rôle crucial à cet égard.

1.2.

Le CESE accueille favorablement le consensus politique qui s’est dégagé autour du plan avec l’engagement social de Porto pris lors du sommet social de Porto. Le Comité se félicite également de la déclaration de Porto du Conseil. Comme le précise le point 4 de cette déclaration, à laquelle le CESE souscrit pleinement: «Sa mise en œuvre renforcera les efforts déployés par l’Union en vue d’une transition numérique, écologique et équitable, et permettra de réaliser une convergence sociale et économique ascendante et de faire face aux défis démographiques. La dimension sociale, le dialogue social et la participation active des partenaires sociaux ont toujours constitué le fondement d’une économie sociale de marché hautement compétitive. Notre attachement à l’unité et à la solidarité suppose également d’assurer l’égalité des chances pour tous et de veiller à ce que nul ne soit laissé de côté».

1.3.

Le CESE soutient la vision et les objectifs énoncés dans le plan et salue l’idée qui le sous-tend, selon laquelle l’adoption d’objectifs sociaux pertinents et consensuels contribuera à concentrer les efforts politiques sur l’obtention de résultats et constituera une incitation importante à procéder à des réformes et à investir dans les États membres. Le Comité souligne également que le plan d’action devrait être fondé sur des éléments concrets et tangibles, sur des actions mesurables et accompagnées de cadres de suivi, convenus d’un commun accord entre les parties prenantes concernées et englobant les critères sociaux, environnementaux et économiques (1).

1.4.

Le CESE reconnaît la diversité et la base commune des modèles sociaux dans l’UE. Ils font partie de notre histoire commune et constituent les fondements d’un engagement conjoint en faveur d’un modèle social européen qui fait partie intégrante du marché commun et de l’ensemble des politiques de l’UE. Les pays dont les modèles sociaux sont moins solides devraient être fortement soutenus, grâce à la promotion de l’investissement, de l’apprentissage et de l’évaluation comparative. Le bien-être et les droits fondamentaux des citoyens devraient reposer sur un modèle social commun et cohérent, suffisamment souple pour tenir compte des différentes traditions et expériences nationales, et conforme aux valeurs, aux principes et aux objectifs du traité et du socle, ainsi qu’au consensus renouvelé et tourné vers l’avenir dont il fait l’objet.

1.5.

Le CESE estime qu’il est de la plus haute importance de garantir des normes sociales minimales à toutes les personnes vivant dans l’UE pour construire une société juste et inclusive. Dans le cadre de la mise en œuvre du socle des droits sociaux, il convient de rechercher un équilibre entre législation et dispositions non contraignantes. La législation devrait être pleinement conforme à la Charte des droits fondamentaux ainsi qu’aux principes d’amélioration de la réglementation, et faire l’objet d’une consultation approfondie des partenaires sociaux et des organisations de la société civile à l’échelon de l’UE et au niveau national.

1.6.

Comme l’a déjà indiqué le CESE, la compétitivité et l’augmentation de la productivité fondée sur les compétences et les connaissances constituent une recette efficace si l’on veut maintenir le niveau de bien-être des sociétés européennes. Nous devons consolider les atouts de notre système européen d’économie sociale de marché tout en éliminant les faiblesses, de manière à l’adapter pour faire face aux enjeux à venir (2).

1.7.

Le CESE est d’avis que des objectifs et des cibles spécifiques devraient être définis pour l’ensemble des 20 principes du socle. Il invite également les États membres à se montrer ambitieux en fixant volontairement leurs propres objectifs, de manière à ce qu’ensemble, conjointement avec les partenaires sociaux et les organisations de la société civile, ils contribuent tous à la réalisation des objectifs européens. La qualité et les résultats du dialogue relatif au socle européen des droits sociaux et au plan devraient faire l’objet d’un suivi, d’un soutien et d’une communication de la part de la Commission européenne. Ils devraient en outre être inclus dans le mécanisme de rapport prévu par le semestre européen et les plans nationaux de réforme.

1.8.

Pour accroître l’efficacité de l’examen à mi-parcours prévu, le CESE propose que les États membres puissent définir, dans le cadre d’un dialogue constructif avec les partenaires sociaux, des objectifs et des cibles intermédiaires pour ce plan à l’horizon 2025, de manière à pouvoir évaluer les progrès réalisés au cours de la première moitié de son cycle de mise en œuvre. Aider les États membres à utiliser les mécanismes de coordination existants devrait être une priorité pour la Commission.

1.9.

Le CESE suggère d’utiliser le cadre du semestre européen au titre de mécanisme européen de coordination pour l’application du plan. Ce mécanisme pourrait prendre la forme d’un forum interinstitutionnel de l’UE consacré au socle des droits sociaux, qui se réunirait sur une base régulière en vue d’évaluer les progrès accomplis et de donner un nouvel élan au plan.

1.10.

Le CESE se félicite que la Commission envisage de mettre à jour le tableau de bord social lorsque c’est nécessaire, de manière à s’aligner sur le programme des Nations unies à l’horizon 2030 et sur les objectifs de développement durable.

1.11.

Le CESE estime que le semestre européen constitue le cadre approprié pour le suivi du plan — une attention égale devant être accordée aux objectifs sociaux et environnementaux ainsi qu’à la stabilité macroéconomique et à la productivité. Il salue l’affirmation figurant dans le plan selon laquelle les plans nationaux pour la reprise et la résilience représentent une occasion unique de planifier et de financer des investissements et des réformes en faveur d’une reprise sociale et axée sur l’emploi, tout en intégrant les transitions écologique et numérique et en mettant en œuvre les recommandations par pays pertinentes dans le cadre du semestre européen. Le plan appelle à juste titre les États membres à tirer le meilleur parti du Semestre et à saisir l’occasion sans précédent offerte par la facilité pour la reprise et la résilience.

1.12.

Le CESE constate que le plan ne fait pas clairement mention de l’importance de prolonger l’aide d’urgence actuelle jusqu’à ce que l’économie n’en ait plus besoin, et qu’il ne semble donc pas prendre suffisamment en compte la nécessité de protéger les emplois et les entreprises pendant la crise. Il note en outre que si Next Generation EU est un instrument d’urgence fondé sur l’article 122 du TFUE et continuera à être considéré comme une mesure ponctuelle, il constitue également un précédent d’action audacieuse et constructive.

1.13.

Le CESE prend acte de la reconnaissance dans le plan du fait que les réponses politiques fortes apportées au niveau national et à l’échelon de l’UE à la pandémie de COVID-19 ont permis de limiter ses conséquences sociales et en matière d’emploi en soutenant les entreprises et les travailleurs. De même, il constate que la pandémie a davantage mis en évidence les inégalités existantes (en particulier en ce qui concerne les travailleurs ayant un faible niveau d’instruction, les femmes, les jeunes, les migrants et d’autres groupes vulnérables) et que le chômage et les inégalités devraient encore augmenter en conséquence, si le progrès social n’est pas associé à une croissance économique durable. Le CESE espère que le plan contribuera à inverser cette tendance et souligne la nécessité de promouvoir des économies durables et compétitives, fondées sur des emplois de qualité et l’égalité des chances pour tous.

1.14.

Le CESE est d’avis que des efforts accrus peuvent être consentis au niveau de l’UE et des États membres dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, conformément au premier objectif de développement durable dans le cadre du programme des Nations unies à l’horizon 2030. Plus particulièrement, il estime que l’Union devrait se fixer comme objectif de réduire la proportion d’enfants exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale de 22,8 % en 2019 à 10 % en 2030, avec des engagements volontaires similaires dans tous les États membres.

1.15.

Le Comité propose que le plan comprenne des mesures visant à s’attaquer à l’inégalité des revenus, compte tenu de la priorité bien définie accordée à la cohésion sociale en tant que composante essentielle du modèle social européen.

1.16.

Le CESE estime que le plan devrait promouvoir non seulement la création de nouveaux emplois, un objectif justifié, mais aussi la qualité de l’emploi et notamment la lutte contre le travail précaire. Des contrôles juridiques et administratifs appropriés devraient être mis en place au niveau national pour s’assurer que les travailleurs disposent de conditions de travail sûres, bénéficient d’une rémunération adéquate et prévisible et puissent faire entendre leur voix dans un cadre organisé sur le lieu de travail. Le Comité est particulièrement préoccupé par les conditions de travail de nombreux travailleurs saisonniers, citoyens de l’UE et de pays tiers travaillant dans les secteurs de l’agriculture, des services et de la construction, et plaide pour une mise en œuvre efficace de la directive (UE) 2019/1152 du Parlement européen et du Conseil (3) relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles, qui vise à améliorer les conditions de travail en promouvant des emplois plus transparents et plus prévisibles tout en garantissant la capacité d’adaptation du marché du travail. Le CESE est d’avis que le taux de risque de pauvreté parmi les travailleurs devrait être considérablement réduit. L’objectif d’éradication de la pauvreté des travailleurs devrait être poursuivi au moyen de normes minimales communes fixées au niveau de l’UE.

1.17.

Le CESE se félicite de l’intention de réduire les disparités entre les hommes et les femmes en matière d’emploi et de salaire au cours des dix prochaines années et d’accroître l’offre d’éducation et d’accueil de la petite enfance, bien que, concernant ce dernier point, cette augmentation n’ait pas encore été quantifiée. À cette fin, il soutient la garantie européenne pour l’enfance. L’égalité entre les hommes et les femmes est un objectif qui devrait être poursuivi dans tous les aspects de la vie économique et sociale.

1.18.

Le CESE constate que le plan d’action ne contient pas de proposition de directive sur la garantie d’un revenu minimum, qu’il juge nécessaire pour lutter contre les formes les plus graves de pauvreté.

1.19.

Le CESE se félicite que la Commission encourage le Parlement européen et le Conseil à conclure les négociations sur la révision des règles en matière de coordination de la sécurité sociale afin d’améliorer la mobilité des travailleurs et d’assurer une protection sociale adéquate au sein de l’UE, sans générer de charges excessives pour les travailleurs et les entreprises.

1.20.

Le CESE partage le point de vue exprimé par la Commission sur la nécessité de promouvoir le champ d’action de la négociation collective, ainsi que l’affiliation aux partenaires sociaux et la densité organisationnelle. Il propose dès lors d’envisager de définir des indicateurs pertinents et d’en effectuer un suivi au niveau national et à celui de l’UE, et que les objectifs en la matière soient soutenus par des fonds cantonnés en faveur du renforcement des capacités et par des actions conjointes en vue d’atteindre les objectifs du plan, tout en préservant l’autonomie des partenaires sociaux. Le Comité soutient la proposition du plan visant à négocier de nouveaux accords au niveau de l’UE afin de contribuer à la transformation réussie des marchés du travail européens, ainsi que l’appel lancé aux États membres à encourager et à créer les conditions d’une négociation collective et d’un dialogue social plus performants et efficaces à tous les niveaux.

1.21.

Le CESE souscrit aux conclusions de la consultation organisée à l’appui du plan, qui soulignent l’importance d’améliorer la mise en œuvre, l’application et le contrôle du respect du droit du travail et du droit social de l’UE en vigueur. La Commission devrait coopérer plus activement avec les États membres afin de faciliter une transposition en temps utile et de qualité des instruments juridiques de l’UE et d’en promouvoir le respect. Le Comité attend de la Commission qu’elle recoure à des procédures d’infraction si les États membres ne respectent pas les obligations qui leur incombent en vertu du droit européen.

1.22.

Le CESE souligne la nécessité d’aligner le financement des politiques nationales sur les objectifs et les actions du plan, et de veiller à ce qu’il n’y ait pas de retour aux règles du pacte de stabilité et de croissance sous leur forme initiale et à ce que toute version révisée de celles-ci facilite pleinement la mise en œuvre du plan.

1.23.

Le CESE demande instamment de mettre davantage l’accent sur la contribution potentielle des marchés publics en tant qu’instrument contribuant à la réalisation des objectifs du plan.

2. Observations générales

2.1. La conception du plan

2.1.1.

Depuis la proclamation du socle européen des droits sociaux en 2017, le CESE plaide en faveur d’une feuille de route claire pour sa mise en œuvre (4); il se félicite dès lors du plan. Le Comité soutient l’appel lancé à toutes les parties prenantes pour qu’elles s’engagent collectivement dans la mise en œuvre du socle dans les domaines relevant de leur compétence. Il souligne que, outre la contribution des institutions de l’Union, le succès du plan dépendra fortement de l’engagement des États membres et de leurs partenaires sociaux à mettre en œuvre l’ensemble de ses principes.

2.1.2.

Lors du sommet social de Porto, qui s’est tenu les 7 et 8 mai, un engagement à mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux a été pris au plus haut niveau politique dans le cadre de l’engagement social de Porto. Les parties à cet accord se sont félicitées du plan d’action de la Commission européenne sur le socle européen des droits sociaux (ci-après le «plan») et ont invité tous les acteurs concernés à tirer les leçons de la pandémie et à unir leurs forces.

2.1.3.

Le CESE reconnaît que le plan associe l’action législative et non législative à la définition d’objectifs communs devant être atteints par l’action conjointe des parties prenantes, en particulier les partenaires sociaux et la société civile, organisés aux niveaux local, national et européen. Le Comité s’attend à ce que la législation mentionnée dans le calendrier du plan soit pleinement conforme à la Charte des droits fondamentaux et fasse l’objet d’analyses d’impact, et il souligne la nécessité de consultations approfondies avec les partenaires sociaux et la société civile. Toute décision législative devrait être fondée sur des données probantes et tenir compte du point de vue des parties prenantes concernées.

2.1.4.

Le CESE soutient les objectifs fixés dans le plan et souscrit à l’idée selon laquelle ils contribueront à concentrer les efforts politiques sur l’obtention de résultats et constitueront une incitation importante à procéder à des réformes et à investir dans les États membres en vue d’amorcer une convergence par le haut et de parvenir au bien-être. Il souligne également que le plan devrait être fondé sur des éléments concrets et tangibles, sur des actions mesurables et accompagnées de cadres de suivi, convenus d’un commun accord entre les parties prenantes concernées et englobant les critères sociaux, environnementaux et économiques.

2.1.5.

Tout en soutenant les grands objectifs de l’UE, le CESE approuve l’appel lancé par la Commission aux États membres pour qu’ils fixent de manière volontaire leurs propres objectifs nationaux. Il invite ces derniers à se montrer ambitieux dans cet exercice afin que tous les États membres, ainsi que leurs partenaires sociaux et civiques, contribuent à la réalisation des objectifs européens. Le Comité estime en effet que si des efforts importants et coordonnés ne sont pas consentis, il ne sera pas possible de les atteindre. La définition des trois grandes priorités que sont la création d’emplois, l’amélioration des qualifications et l’inclusion sociale fournira un cadre d’action commun, y compris pour la mise en œuvre des plans nationaux pour la reprise et la résilience.

2.1.6.

Le CESE se félicite que l’objectif en matière d’emploi soit assorti d’engagements visant à promouvoir l’emploi inclusif et à réduire les écarts en matière d’emploi, notamment en libérant le potentiel du marché du travail, en diminuant de moitié l’écart du taux d’emploi entre les femmes et les hommes, en réduisant la proportion des jeunes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) et en veillant à ce que d’autres groupes sous-représentés participent au marché du travail au maximum de leurs capacités. Le Comité encourage la Commission à quantifier l’ensemble de ces engagements, en coopération avec les États membres et les partenaires sociaux.

2.1.7.

Le CESE accueille également favorablement l’accent mis dans le plan sur l’éducation, les compétences et l’apprentissage tout au long de la vie, y compris le perfectionnement et le recyclage professionnels continus, dans le but d’améliorer l’employabilité, de stimuler l’innovation, de garantir l’équité sociale et de combler le déficit de compétences numériques. Il souligne à cet égard, comme il l’a déjà indiqué précédemment, que l’accès à l’apprentissage continu et tout au long de la vie doit constituer un droit individuel pour tous pour pouvoir faire face à l’évolution du numérique et de l’intelligence artificielle, orienter les progrès et faire en sorte que «l’humain reste aux commandes» (5).

2.1.8.

Pour accroître l’efficacité de l’examen à mi-parcours prévu, le CESE propose que les États membres engagent un dialogue constructif avec les partenaires sociaux et envisagent d’adopter des objectifs intermédiaires à l’horizon 2025, qui permettront d’évaluer les progrès réalisés au cours de la première moitié de son cycle de mise en œuvre.

2.2. Concernant la création d’emplois et l’avenir du travail

2.2.1.

Le CESE salue le fait que le plan indique que les conditions de travail dans l’UE sont parmi les meilleures au monde, tout en reconnaissant que de nouvelles formes de travail posent aussi bien des défis qu’ils offrent des possibilités. Les partenaires sociaux, tant au niveau européen que national, sont invités à joindre leurs efforts afin d’œuvrer ensemble pour répondre aux besoins de l’avenir du travail, parvenir à une convergence vers le haut et assurer la protection et la sécurité des travailleurs quel que soit le secteur dans lequel ils travaillent et le pays dans lequel ils vivent. Les partenaires sociaux, tant au niveau national qu’à l’échelon européen, ont un rôle central à jouer dans les efforts collectifs en ce sens. Le plan note à juste titre que la création de nouveaux emplois de qualité et la préservation de ceux qui existent déjà sont une priorité pour l’UE. La crise de la COVID-19 a mis en exergue que le fonctionnement de nos sociétés dépend des travailleurs essentiels dans toute une série de secteurs tels que les transports, les services, la santé et l’agriculture. Il importe de créer les nouveaux emplois de demain en s’appuyant sur les emplois essentiels d’aujourd’hui.

2.2.2.

Le CESE souscrit à l’approche stratégique de la transition progressive des mesures d’urgence vers des actions susceptibles de contribuer à la réalisation de l’objectif en matière d’emploi fixé dans le plan.

2.2.3.

Le CESE partage l’inquiétude exprimée dans le plan d’action concernant les groupes les plus touchés par la pandémie, notamment les femmes, les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et faiblement rémunérés, les travailleurs temporaires, indépendants et migrants.

2.2.4.

Le CESE estime que l’affectation des fonds de l’UE aux priorités devrait faire l’objet d’un suivi, en ce qui concerne tant les ressources disponibles proposées par la Commission que celles allouées par les États membres et les partenaires sociaux.

2.2.5.

Le CESE souscrit à l’appel lancé par la Commission aux États membres pour qu’ils utilisent les fonds européens disponibles afin de promouvoir un soutien actif et efficace à l’emploi.

2.2.6.

Le CESE appuie l’approche de la Commission concernant les effets de la transition numérique du travail. Il soutient l’accord-cadre autonome sur la numérisation et est prêt à travailler avec les partenaires sociaux sur tout suivi à y donner.

2.2.7.

Le CESE prend note du récent rapport Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2020 intitulé «Crise du COVID-19 et protection des travailleurs» (6). Il reconnaît que le bien-être des travailleurs sur les lieux de travail contribue positivement à la performance globale des entreprises, des organisations et des institutions pour lesquelles ils travaillent. Outre la promotion de la santé et de la sécurité des travailleurs, le CESE escompte l’adoption de mesures au niveau approprié, conformément aux principes de subsidiarité et de proportionnalité, pour améliorer le fonctionnement des marchés du travail de manière à ce qu’ils contribuent à la croissance économique, à la concurrence internationale et favorisent des conditions de travail décentes. Il convient de soutenir les évolutions du marché du travail au lieu de les entraver pour garantir la protection et la sécurité des travailleurs et s’assurer qu’ils contribuent à la performance globale des entreprises, des organisations et des institutions pour lesquelles ils travaillent.

2.2.8.

Le CESE escompte que des mesures en vue de promouvoir la convergence ascendante seront prises au niveau approprié, conformément aux principes de subsidiarité et de proportionnalité, pour améliorer le fonctionnement des marchés du travail de manière à ce qu’ils contribuent à la croissance économique et à la concurrence internationale et favorisent des conditions de travail décentes et le bien-être.

2.2.9.

Le CESE souligne que l’UE doit rester pleinement fidèle au principe selon lequel il ne peut y avoir de relations de travail, quelle que soit leur nature, qui ne bénéficient pas d’une protection sociale. Il considère que toutes les formes de travail non déclaré sont inacceptables et encourage les États membres à agir pour lutter contre celles-ci.

2.2.10.

Le CESE invite la Commission et les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin de s’assurer que la numérisation ne crée pas de précarité et de vulnérabilités, tout en veillant à ce que les possibilités offertes par la numérisation soient pleinement exploitées.

2.2.11.

Le CESE souhaite qu’un lien plus étroit soit établi entre l’objectif ambitieux en matière de compétences, d’éducation et d’apprentissage tout au long de la vie et les moyens financiers disponibles pour y parvenir. Il attire l’attention sur le fait que les dépenses publiques consacrées à l’éducation dans l’UE sont passées de 5 % en 2010 à 4,7 % en 2019, et souligne que les objectifs et les buts du socle des droits sociaux ne peuvent être poursuivis sans un investissement public accru dans ce secteur. Le Comité souligne également la nécessité de soutenir la formation et l’apprentissage tout au long de la vie aux moyen d’investissements publics et privés et encourage les employeurs à accroître les possibilités pour les salariés de suivre un apprentissage ou une formation sur le lieu de travail.

2.2.12.

Le CESE reconnaît que la crainte de la Commission concernant les transitions écologique et démographique et leurs effets sur l’emploi et les compétences est fondée. Toutefois, le plan peut tirer davantage profit d’engagements et d’initiatives spécifiques convenus à cet égard, de sorte que des précisions supplémentaires devraient être apportées dans le plan et les documents nationaux.

2.2.13.

La pandémie a particulièrement touché les jeunes. Les statistiques indiquent que la moitié des jeunes de l’UE sont employés sur une base temporaire. Dans le cadre de la lutte contre les risques liés à l’emploi temporaire involontaire, le plan présente un certain potentiel d’amélioration de la qualité de l’emploi des jeunes, notamment grâce à la révision de la recommandation relative aux stages, à l’accent mis sur la qualité des offres au titre de la garantie pour la jeunesse et à un certain nombre d’initiatives prévues portant sur les conditions de travail, concernant par exemple les travailleurs des plateformes.

2.2.14.

Si le plan contient des dispositions claires pour renforcer le rôle des partenaires sociaux (syndicats et employeurs) dans les initiatives, il reste très flou sur le rôle des organisations de la société civile comme les organisations de protection de la jeunesse, qui jouent un rôle essentiel dans la représentation des citoyens de l’UE.

2.3. Concernant les compétences et l’égalité

2.3.1.

Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel une main-d’œuvre qualifiée est le moteur d’une économie verte et numérique prospère, alimentée par des idées et des produits innovants et des évolutions technologiques. Comme l’indique le plan, les systèmes d’éducation et de formation jouent un rôle essentiel pour jeter les bases de l’apprentissage tout au long de la vie et de l’employabilité et peuvent contribuer à surmonter les pénuries de compétences, pour autant qu’ils soient adaptés aux besoins du marché du travail. L’éducation et les compétences devraient être au cœur de l’action politique visant à soutenir la création d’emplois.

2.3.2.

Le CESE soutient l’ambition d’améliorer l’éducation tout au long de la vie et exprime sa préoccupation quant à l’accès aux compétences numériques de base, qu’il considère, à l’instar de la Commission, comme une condition préalable à l’inclusion et à la participation dans une Europe numérisée.

2.3.3.

Le CESE regrette l’absence d’objectif en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans l’accès à l’éducation et à la formation tout au long de la vie et encourage la Commission à en définir un. Il attire l’attention sur la nécessité d’une approche intégrant les questions d’égalité entre les hommes et les femmes dans toutes les politiques et stratégies de l’UE.

2.3.4.

Le CESE élabore actuellement un avis distinct sur la proposition de directive visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes pour un même travail ou un travail de même valeur et présentera un avis sur celle-ci.

2.4. Concernant la protection sociale et l’inclusion

2.4.1.

Le CESE estime que de nouvelles propositions relatives à la protection sociale et à l’inclusion sociale devraient être envisagées. Il souscrit à la position exprimée dans le plan, selon laquelle l’Europe abrite les sociétés les plus égalitaires au monde et dispose des normes les plus élevées en matière de conditions de travail et de protection sociale au sens large. Néanmoins, les niveaux de pauvreté dans l’UE demeurent beaucoup trop élevés et des efforts considérables sont encore nécessaires pour garantir des conditions similaires dans tous les pays.

2.4.2.

Les enfants représentent 20 % des personnes exposées au risque de pauvreté dans l’UE, ce que le rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme a décrit comme «un chiffre extrêmement élevé pour les normes des pays développés» (7). Le CESE accueille favorablement les propositions de la Commission concernant une stratégie européenne sur les droits de l’enfant et une recommandation établissant la garantie pour l’enfance, ainsi que l’objectif visant à sortir cinq millions d’enfants de la pauvreté d’ici à 2030. Il réitère son appel «en faveur d’un “accord sur les soins pour l’Europe”, garantissant la fourniture de services de meilleure qualité pour tous tout au long de la vie» (8), et invite les États membres à financer la disponibilité de services de soins de qualité, abordables, accessibles et diversifiés. Il estime que l’éradication de la pauvreté des enfants aura des effets très positifs sur la réduction de la pauvreté des jeunes adultes et des chômeurs.

2.4.3.

Le CESE estime que l’UE devrait fixer des normes sociales minimales, pleinement conformes à la Charte des droits fondamentaux, et que ce processus devrait faire l’objet d’une consultation approfondie des partenaires sociaux et des organisations de la société civile à l’échelon de l’UE et au niveau national.

2.4.4.

Le CESE constate qu’au lieu d’une proposition de directive sur la garantie d’un revenu minimum, qu’il juge nécessaire pour lutter contre les formes les plus graves de pauvreté, le plan d’action contient une recommandation (9) en la matière.

2.4.5.

Le CESE estime qu’il convient de prendre des mesures significatives pour renforcer la résilience des systèmes de sécurité sociale et leur coordination au niveau de l’UE, en garantissant l’accès universel aux travailleurs, dans le respect des compétences nationales concernant l’accès à la protection sociale.

2.4.6.

Le Comité partage l’avis de la Commission selon lequel des réformes et des investissements dans les systèmes de santé sont nécessaires pour améliorer, entre autres, l’accès de tous à des soins de santé de qualité et réduire les inégalités sociales, territoriales et économiques dans le domaine de la santé. Toutefois, si le soutien de la Commission aux États membres se limite à la fourniture d’informations fondées sur des données probantes et au partage des bonnes pratiques, cela sera insuffisant. En outre, tout en respectant la répartition des compétences, il convient de redoubler d’efforts s’agissant notamment de formuler des objectifs et des cibles, de soutenir les investissements dans les infrastructures, de former le personnel des systèmes de santé, d’élaborer des normes de qualité communes et de financer la recherche dans le domaine de la santé.

2.4.7.

Le CESE accueille favorablement le projet de mettre en place un groupe d’experts de haut niveau chargé d’étudier l’avenir de l’État-providence. En tant que représentant de la société civile organisée européenne et forum de dialogue social et civique, le Comité est particulièrement bien placé pour réfléchir aux défis de l’État-providence dans les États membres. Il préconise en particulier l’adoption de modèles fiscaux qui tiennent compte des caractéristiques de chaque économie nationale, promeuvent une croissance durable et permettent de maintenir des prestations sociales raisonnables et adéquates, de soutenir les services publics et sociaux et de répartir équitablement la charge fiscale, tout en favorisant l’inclusion active sur le marché du travail et les transitions numérique et démographique.

2.5. Concernant la mise en œuvre du plan d’action

2.5.1.

Le CESE partage la détermination des chefs d’État ou de gouvernement, exprimée dans l’engagement social de Porto, à poursuivre l’approfondissement de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux à l’échelon de l’UE et au niveau national, dans le respect des compétences respectives et des principes de subsidiarité et de proportionnalité. Il souligne également la complémentarité entre la dimension sociale, le dialogue social et la participation active des partenaires sociaux d’une part, et une économie sociale de marché hautement compétitive d’autre part.

2.5.2.

Le CESE insiste sur la nécessité d’aligner le financement des politiques nationales sur les objectifs et les actions du plan. Il s’agit là d’une raison supplémentaire pour laquelle il ne faut pas revenir aux règles du pacte de stabilité et de croissance. En outre, toute révision des règles doit faciliter pleinement la mise en œuvre du plan.

2.5.3.

Le CESE escompte que les pratiques relatives au marché public socialement responsable définies et promues par la Commission européenne seront rationalisées dans le cadre de la mise en œuvre du plan. Représentant plus de sept fois l’équivalent du CFP et de la facilité pour la reprise et la résilience combinés (environ 2 000 milliards d’euros, soit 14 % du PIB par année), la contribution des marchés publics recèle un potentiel énorme en tant que marché pour encourager l’organisation des travailleurs, leur représentation, la négociation collective et des pratiques durables en matière d’emploi de qualité et d’environnement.

2.5.4.

Le CESE réaffirme l’importance d’une plus grande intégration entre différents domaines d’action pour la réalisation du progrès social, en suivant étroitement l’évolution du redressement et de la prospérité économiques. Des synergies doivent être établies entre les initiatives et les stratégies existantes et futures qui relèvent des différents principes du socle des droits sociaux. Les objectifs du socle doivent être intégrés et inclus dans le cadre stratégique européen pour la relance après 2020.

2.5.5.

Le CESE invite les États membres à reconnaître et à renforcer les dialogues social et civique, aussi bien tripartite que bipartite, qui ont chacun un rôle spécifique à jouer dans la mise en œuvre du plan.

2.6. Concernant la relation entre le socle des droits sociaux et le semestre européen

2.6.1.

Le CESE estime que le semestre européen constitue le cadre approprié pour le suivi du plan — une attention égale devant être accordée aux objectifs sociaux et environnementaux ainsi qu’à la stabilité macroéconomique et à la productivité. Il salue l’affirmation figurant dans le plan selon laquelle les plans nationaux pour la reprise et la résilience représentent une occasion unique de planifier et de financer des investissements et des réformes en faveur d’une reprise sociale et axée sur l’emploi, tout en intégrant les transitions écologique et numérique et en mettant en œuvre les recommandations par pays pertinentes dans le cadre du semestre européen. Le plan appelle à juste titre les États membres à tirer le meilleur parti du Semestre et à saisir l’occasion sans précédent offerte par la facilité pour la reprise et la résilience.

2.6.2.

Le CESE recommande que, dans le cadre du semestre européen, une évaluation régulière de haut niveau des progrès accomplis soit réalisée, y compris, le cas échéant au niveau national, au moyen d’indicateurs élaborés en coopération avec les partenaires sociaux, dans le cadre de l’intégration des principes du socle et des ODD des Nations unies.

2.6.3.

Le CESE estime que le plan devrait être un outil de structuration des politiques sociales dans l’UE. Il doit être un élément central d’une gouvernance économique et sociale renouvelée, viser une relance et une croissance économiques durables et inclusives, et être doté d’indicateurs et de procédures de suivi qui débouchent sur des recommandations par pays pour toutes les questions qui y sont liées.

3. Observations particulières

3.1.

Le CESE attire l’attention sur la nécessité d’adapter le système statistique européen aux besoins en matière de suivi des objectifs et des indicateurs définis dans la palette d’indicateurs sociaux.

3.2.

Le CESE souscrit à la position exprimée dans le plan selon laquelle l’intégration et la mise à jour de l’ensemble d’indicateurs existants devraient contribuer à suivre de manière plus globale les progrès accomplis dans l’application des principes du socle, ainsi que la mise en œuvre des mesures proposées dans le plan.

3.3.

Le CESE convient de la nécessité de revoir le concept de population en âge de travailler et encourage la Commission à collaborer avec les États membres dans ce domaine, tout en tenant compte de l’intégration des politiques en matière de vieillissement et des droits reconnus et protégés par la Charte des droits fondamentaux.

3.4.

Le CESE note que l’objectif de la formation professionnelle a pour base de référence l’année 2016, étant donné que le système statistique européen ne produit cet indicateur que tous les cinq ans. Cet indicateur devrait être mesuré sur une base annuelle afin de pouvoir suivre correctement les progrès accomplis.

3.5.

Le CESE réaffirme sa position en ce qui concerne le travail via une plateforme et recommande que «l’UE et ses États membres s’engagent sur la voie d’une uniformisation des notions, afin que le travail sur plateformes acquière un caractère décent» (10).

3.6.

Le CESE invite la Commission à mettre en œuvre, en matière de sécurité sociale, le principe énoncé selon lequel «la fiscalité devrait peser moins sur le travail et davantage sur d’autres sources permettant de créer des conditions plus favorables à l’emploi et en conformité avec les objectifs climatiques et environnementaux, tout en préservant les recettes aux fins d’une protection sociale adéquate», le défi essentiel consistant à garantir une couverture adéquate à tous les travailleurs sur un marché du travail en mutation, dans le plein respect du principe énoncé au paragraphe 3.2.9 selon lequel toutes les formes d’emploi doivent bénéficier d’une protection sociale.

3.7.

Le CESE se félicite que la Commission encourage le Parlement européen et le Conseil à conclure les négociations sur la révision des règles en matière de coordination de la sécurité sociale afin d’améliorer la mobilité des travailleurs et d’assurer une protection sociale adéquate au sein de l’UE, sans générer de charges excessives pour les travailleurs et les entreprises.

3.8.

Le CESE invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les résultats des travaux annoncés du groupe d’experts sur les investissements dans l’éducation et la formation donnent lieu à l’adoption de mesures qui renforcent sensiblement les systèmes d’éducation et de formation, en particulier s’agissant d’atteindre les objectifs définis dans le plan.

3.9.

Le CESE estime que le domaine des soins est l’un des principaux défis à relever dans l’ensemble de l’UE. Il soutient l’inclusion dans le plan d’une initiative sur les soins de longue durée garantissant aux personnes dans le besoin un meilleur accès à des services de qualité.

3.10.

En ce qui concerne le rôle de l’UE en tant qu’acteur de premier plan responsable sur la scène mondiale, le CESE réitère ses recommandations précédentes demandant que la Commission européenne, l’OCDE et l’OIT travaillent avec les partenaires sociaux à tous les niveaux appropriés et avec les organisations de la société civile, plus largement, afin, à la fois, de développer des dispositions adéquates concernant les conditions de travail décentes et la protection requise (11) et de promouvoir une politique commerciale progressiste, équitable et durable (12).

3.11.

Dans ce contexte, le CESE espère que les travaux conjoints de la Commission, de l’OCDE et de l’OIT puissent déboucher, le cas échéant, sur une convention de l’OIT pour les plateformes (13). Dans la même optique, des efforts devraient être consentis en ce qui concerne la réglementation du télétravail. Le CESE attire l’attention sur sa recommandation selon laquelle «un processus conjoint de la Commission européenne, de l’OIT et de l’OCDE devrait être lancé en vue de l’élaboration d’une convention de l’OIT sur le télétravail. Il estime également que des conditions de télétravail décentes devraient faire partie de l’agenda du travail décent de l’OIT et des programmes nationaux correspondants» (14).

3.12.

Le CESE estime également que l’UE devrait assumer davantage de responsabilités pour aider le monde à lutter contre la pandémie de COVID-19. Le plan devrait prendre acte de la participation de l’UE au mécanisme COVAX, conformément au discours de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et à sa déclaration selon laquelle l’Union doit garantir «que des vaccins sûrs deviennent accessibles non seulement à ceux qui en ont les moyens mais à tous ceux qui en ont besoin» (15).

Bruxelles, le 8 juillet 2021.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Contribution du CESE au sommet social de Porto (JO C 286 du 16.7.2021, p. 6).

(2) Contribution du CESE au sommet social de Porto (JO C 286 du 16.7.2021, p. 6), point 7.

(3) Directive (UE) 2019/1152 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union européenne (JO L 186 du 11.7.2019, p. 105).

(4) JO C 81 du 2.3.2018, p. 145; JO C 14 du 15.1.2020, p. 1.

(5) JO C 14 du 15.1.2020, p. 46, paragraphe 1.4.

(6) Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2020: «Crise du COVID-19 et protection des travailleurs».

(7) Déclaration du professeur Olivier De Schutter.

(8) JO C 220 du 9.6.2021, p. 13.

(9) Comme il y a trente ans — Recommandation du Conseil 92/441/CEE du 24 juin 1992 portant sur les critères communs relatifs à des ressources et prestations suffisantes dans les systèmes de protection sociale (JO L 245 du 26.8.1992, p. 46).

(10) JO C 429 du 11.12.2020, p. 173, paragraphe 1.8 des conclusions.

(11) JO C 125 du 21.4.2017, p. 10, paragraphe 3.9.

(12) JO C 47 du 11.2.2020, p. 38, paragraphe 1.4.

(13) JO C 429 du 11.12.2020, p. 173, paragraphe 1.14 des conclusions.

(14) JO C 220 du 9.6.2021, p. 1, paragraphe 1.14 des conclusions.

(15) Discours sur l’état de l’Union, 16 septembre 2020.


ANNEXE

Le contravis suivant, qui a recueilli plus d’un quart des suffrages exprimés, a été rejeté au cours des débats (article 43, paragraphe 2, du règlement intérieur):

1. Conclusions

1.1.

Le CESE estime que le plan d’action relatif au socle européen des droits sociaux (ci-après le «plan») constitue une orientation utile pour les États membres et l’Union dans leurs efforts en faveur de la compétitivité, de la croissance, de l’emploi, des réformes structurelles, des investissements productifs et du bien-être des personnes. Le CESE souligne également qu’il n’y a pas de dimension sociale sans une base économique solide. La compétitivité et une productivité accrue fondée sur les compétences et les connaissances sont indispensables pour garantir la dimension sociale de l’Union. Il y a lieu de soutenir les évolutions du marché du travail, et non de les réglementer de manière excessive ou de les entraver. Si l’Europe veut faire face à la concurrence mondiale, à la numérisation croissante et aux nouveaux modèles d’entreprise, elle doit faire preuve d’innovation et de flexibilité en matière d’emploi, d’horaires de travail et de mobilité de la main-d’œuvre.

1.2.

Le CESE soutient les domaines prioritaires du plan et partage l’avis qui y est exprimé, à savoir que l’Europe abrite les sociétés les plus égalitaires au monde, dispose des normes les plus avancées en matière de conditions de travail et présente un niveau élevé de protection sociale, un vaste acquis social étant déjà en place.

1.3.

Le CESE rappelle qu’une éventuelle mise en œuvre du plan peut avoir lieu au niveau de l’Union ou au niveau des États membres, dans le droit respect des compétences respectives de chacun et des principes de subsidiarité et de proportionnalité. La participation active des partenaires sociaux est cruciale à cet égard.

1.4.

Le CESE rappelle le caractère juridiquement non contraignant du socle des droits sociaux et insiste sur la répartition des compétences entre l’UE et les États membres qui voit la politique sociale relever principalement de la responsabilité de ces derniers. Si l’Union européenne envisage de proposer une législation sur la politique sociale, toutes les initiatives devraient reposer sur des éléments probants et démontrer que ladite législation est en mesure d’atteindre ses objectifs. Les initiatives devraient également faire l’objet d’un test ciblé de la compétitivité, en tant que mesure de contrôle visant à éviter les propositions qui entravent l’amélioration de la compétitivité et la création d’emplois et de croissance durable.

2. Observations générales

2.1.

L’article 3 du traité sur l’Union européenne dispose que le marché intérieur œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, ainsi que sur une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social.

2.2.

L’article 153 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit quant à lui que l’UE ne soutient et ne complète l’action des États membres que dans des domaines définis de la politique sociale. Un vaste acquis social de l’UE est déjà en place.

2.3.

Le 17 novembre 2017, le Parlement européen, le Conseil et la Commission ont proclamé à Göteborg les 20 principes du socle européen des droits sociaux, lesquels n’ont pas modifié le droit primaire de l’Union. Le CESE prend particulièrement note du préambule du socle européen des droits sociaux, qui dispose ce qui suit: «Au niveau de l’Union, le socle européen des droits sociaux n’étend pas les compétences et les tâches qui lui sont dévolues par les traités. Il devrait donc être mis en œuvre dans les limites de ces compétences.»

2.4.

Dans son programme stratégique 2019-2024, le Conseil européen a souligné que le socle européen des droits sociaux devait être mis en œuvre au niveau de l’Union et des États membres, en tenant dûment compte des compétences respectives de chacun.

3. Mise en œuvre

3.1.

Le CESE estime que le plan fournit des orientations utiles, y compris dans les domaines de l’emploi, des compétences, de la santé et de la protection sociale, mais souligne la répartition des compétences entre l’UE et les États membres qui voit la politique sociale relever principalement de la responsabilité des États membres.

3.2.

Le CESE attend des mesures prises au niveau approprié, conformément aux principes de subsidiarité et de proportionnalité, qu’elles améliorent le fonctionnement des marchés du travail et des modèles sociaux afin qu’ils contribuent à la croissance économique, à la compétitivité et à la dimension sociale.

3.3.

Cela nécessite le respect des différents environnements socio-économiques et de la diversité des systèmes nationaux, y compris s’agissant du rôle et de l’autonomie des partenaires sociaux.

3.4.

Le CESE estime que les marchés du travail en Europe doivent continuer à être réformés, mais de différentes manières dans les différentes parties de l’Union, en s’appuyant sur leurs différents modèles de marché du travail. Dans certains États membres, il peut s’agir d’actions portant sur le salaire minimum ou sur la réduction des coûts indirects de la main-d’œuvre. Dans d’autres, il peut s’agir d’introduire des formes d’emploi plus flexibles ou d’adapter les systèmes de sécurité sociale afin de stimuler l’emploi. Cela signifie que la préférence doit être donnée aux instruments non contraignants.

3.5.

Si l’Union européenne envisage de proposer une législation sur la politique sociale, toutes les initiatives devraient reposer sur des éléments probants et démontrer que ladite législation est en mesure d’atteindre ses objectifs. Les initiatives devraient également faire l’objet d’un test ciblé de la compétitivité en tant que mesure de contrôle afin d’éviter les propositions qui entravent l’amélioration de la compétitivité et la création d’emplois et de croissance durable.

4. Fondements économiques, partenaires sociaux, emploi et compétences

4.1.

Le CESE constate qu’il n’y a pas de dimension sociale sans une base économique solide. La compétitivité et une productivité accrue fondée sur les compétences et les connaissances sont indispensables pour garantir la dimension sociale de l’Union.

4.2.

Le CESE partage l’avis exprimé par la Commission sur la nécessité de soutenir la couverture des négociations collectives et de promouvoir l’adhésion des partenaires sociaux. Ceux-ci jouent un rôle important dans la création de marchés du travail fonctionnels.

4.3.

Le CESE accueille favorablement le paragraphe 4 de la déclaration de Porto sur le rôle des partenaires sociaux: «La dimension sociale, le dialogue social et la participation active des partenaires sociaux ont toujours constitué le fondement d’une économie sociale de marché hautement compétitive.»

4.4.

Le CESE est d’avis que la meilleure manière de promouvoir le dialogue social et la négociation collective consiste à ce que les États ou l’UE ne participent ni à la définition des critères des conventions collectives, ni à l’application de celles-ci, les parties prenantes étant pleinement responsables de ces deux aspects.

4.5.

Le plan est une bonne occasion de démontrer que les États membres et leurs partenaires sociaux peuvent apporter une réponse adéquate aux défis auxquels sont confrontés les marchés du travail après la pandémie.

4.6.

Le CESE souscrit au point de vue du plan selon lequel «le soutien à l’emploi et aux travailleurs ne peut porter ses fruits sans le soutien aux entreprises et aux entrepreneurs. Le dynamisme de l’industrie reste capital pour la prospérité future de l’Europe et la création d’emplois». La création d’emplois ne passe toutefois pas par de nouvelles dispositions législatives ou d’autres obligations qui alourdissent la charge pesant sur les entreprises.

4.7.

Comme l’a indiqué le CESE, la compétitivité et l’augmentation de la productivité sur la base des compétences et des connaissances constituent la voie à suivre pour préserver le bien-être des sociétés européennes.

4.8.

Le CESE se félicite de l’accent mis dans le plan sur l’éducation, les compétences et l’apprentissage tout au long de la vie, y compris le perfectionnement et la reconversion professionnels continus, dans le but d’améliorer l’employabilité, de stimuler l’innovation, de garantir l’équité sociale et de combler le déficit de compétences numériques.

5. Rôle du semestre européen

5.1.

Le CESE estime que le suivi éventuel du plan et des réformes nationales respectives devrait avoir lieu dans le cadre de la méthode ouverte de coordination et du semestre européen. Le semestre européen devrait servir de cadre de référence pour soutenir les actions des États membres et des partenaires sociaux qui visent, par des réformes, à rendre plus performantes les politiques nationales en matière sociale et d’emploi.

5.2.

Le CESE souligne que le tableau de bord social proposé dans le plan devrait alimenter le semestre européen afin qu’il oriente les États membres dans leurs réformes du marché du travail et de la politique sociale. Le suivi des résultats du marché du travail sur la base d’indicateurs devrait contribuer à la coordination des échanges au niveau de l’UE en ce qui concerne les politiques à mener, lesquels échanges devraient conduire à l’élaboration de recommandations appropriées par pays dans le cadre du processus du semestre européen.

5.3.

Le CESE estime que les mécanismes de coordination existants des États membres et de la Commission sont les instruments adéquats pour garantir la participation de toutes les parties prenantes concernées au niveau national à la mise en œuvre du socle, y compris en ce qui concerne son examen à mi-parcours. Aider les États membres à utiliser ces mécanismes devrait être une priorité pour la Commission.

5.4.

Le CESE invite les États membres à tirer le meilleur parti du semestre européen et à saisir l’occasion sans précédent offerte par la facilité pour la reprise et la résilience pour l’élaboration de plans nationaux ambitieux pour la reprise et la résilience. Le CESE note que Next Generation EU est un outil d’urgence fondé sur l’article 122 du TFUE et qu’il continuera à être considéré comme une mesure ponctuelle.

Résultat du vote:

Voix pour:

93

Voix contre:

149

Abstentions:

14


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