| CELEX | 52021AE2010 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 22 septembre 2021 |
| 22.12.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 517/72 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Taxinomie de l’UE, publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises, préférences en matière de durabilité et devoirs fiduciaires: orienter la finance dans le sens du pacte vert pour l’Europe»
[COM(2021) 188 final]
(2021/C 517/11)
| Rapporteur: | Stefan BACK |
| Consultation | Commission européenne, 31.5.2021 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 8.9.2021 |
| Adoption en session plénière | 22.9.2021 |
| Session plénière no | 563 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 191/1/10 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE accueille favorablement le paquet de mesures relatives à la finance durable et souligne le rôle clé que pourrait jouer le règlement délégué de la Commission (ci-après le «règlement délégué») (1) dans la création d’un cadre global, clair et cohérent pour permettre le développement ambitieux d’une économie plus verte sans effets de verrouillage, avec des critères techniques qui définissent clairement les investissements verts qui contribuent directement aux objectifs de l’Europe en matière de climat, et sur lesquels peuvent s’aligner les pratiques des secteurs d’activité concernés et du secteur financier. |
| 1.2. | Le CESE souligne qu’à la lumière du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (2), il est urgent de mettre en place les mesures efficaces de lutte contre le changement climatique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre prévues par la loi européenne sur le climat. C’est pourquoi il est essentiel d’utiliser des outils efficaces, faciles à utiliser, productifs et innovants afin de produire des résultats rapides et lisibles. L’évaluation du règlement délégué devrait être menée dans cette optique. |
| 1.3. | Le CESE reconnaît le rôle crucial que joue le règlement délégué dans le renforcement de la transparence au moyen de critères clairs en ce qui concerne les investissements durables, afin d’aider ceux qui souhaitent investir dans de tels projets et, partant, de prévenir l’écoblanchiment, de sensibiliser le public aux projets durables et d’encourager les investissements en leur faveur. En tant que tel, le règlement délégué peut créer des conditions de concurrence équitables et transparentes pour la finance verte dans l’UE. |
| 1.4. | Une définition claire et précise des critères techniques énoncés dans le règlement délégué, lesquels visent à concrétiser l’ambition d’une économie à faible intensité de carbone pour l’Europe, est donc la condition préalable essentielle pour un engagement raisonnable, réaliste et acceptable sans risque d’écoblanchiment. Étant donné le rôle central du règlement délégué dans la crédibilité de la taxinomie, qui est essentielle au succès de ce système essentiellement volontaire, il est particulièrement difficile d’obtenir un tel engagement. |
| 1.5. | Par conséquent, le CESE est d’avis que les activités et projets économiques définis comme «durables» dans le règlement délégué doivent être attrayants pour les investisseurs de l’économie réelle et il part du principe que les investisseurs s’attendent à ce qu’un projet durable soit réaliste, réalisable, raisonnablement rentable et prévisible pour les acteurs du marché. En d’autres termes, ces projets doivent être attractifs sans créer de risque d’écoblanchiment. |
| 1.6. | D’une manière générale, un niveau d’ambition élevé en ce qui concerne les mesures d’atténuation du changement climatique ou des exigences en matière d’informations détaillées assorties de projections à long terme en matière d’adaptation au changement climatique pourraient représenter un défi complexe et coûteux, en particulier pour les PME dans une économie de marché. Ces problèmes soulèvent également la question de la reconnaissance plus large des solutions transitoires comme une voie à emprunter pour une transition environnementale sans heurts. Il est toutefois impératif d’éviter les effets de verrouillage. |
| 1.7. | Le CESE prend note des préoccupations des acteurs de l’économie réelle concernant les effets négatifs du règlement délégué sur les possibilités et les coûts de financement. Le Comité souligne par conséquent l’importance d’un suivi adéquat par les autorités de surveillance afin d’éviter les effets de distorsion sur les marchés financiers, compte tenu notamment de l’élargissement du champ d’application des critères de taxinomie pour inclure, par exemple, la publication d’informations non financières et la proposition de norme des obligations vertes européennes. |
| 1.8. | Le CESE indique également que la mise en œuvre des critères de taxinomie prévus par le règlement délégué risque d’engendrer des coûts excessifs. C’est pourquoi le CESE insiste sur la nécessité de développer une assurance verte à l’intention des PME afin de réduire ce risque de coûts. |
| 1.9. | Le règlement délégué fixe des normes environnementales souvent plus ambitieuses que celles de la législation sectorielle de l’UE. Compte tenu du besoin de clarté et d’attractivité exposé plus haut, il peut en résulter une confusion, s’accompagnant notamment de problèmes de financement pour les acteurs qui respectent les normes environnementales les plus élevées en vertu de la législation sectorielle de l’UE. Le CESE reconnaît qu’il y a lieu de faire preuve d’une grande ambition mais recommanderait néanmoins, pour des raisons pratiques et afin d’éviter toute confusion, que la taxinomie soit elle aussi soumise aux normes environnementales les plus strictes fixées dans la législation de niveau 1 de l’UE. En outre, le règlement délégué (un acte de niveau 2) semble contenir certaines dispositions incohérentes, peu claires et qui n’ont pas fait l’objet d’une évaluation complète. Ces problèmes, associés aux observations formulées par ailleurs, en particulier aux paragraphes 1.5 à 1.10, amènent le CESE à se demander si le règlement délégué dans sa forme actuelle, aussi louables qu’en soient les visées, est effectivement adapté à sa finalité. Le CESE recommande vivement à la Commission de présenter des propositions visant à renforcer les normes de la législation environnementale de l’Union. |
| 1.10. | Le CESE serait favorable à l’adoption d’initiatives visant à améliorer le système de taxinomie selon les lignes directrices exposées ci-dessus, de manière à élargir son champ d’application et de le rendre plus utile en tant qu’instrument de soutien des objectifs de la politique climatique de l’UE, grâce à une mise en œuvre efficace de la législation environnementale de l’UE; le Comité invite dès lors la Commission à prendre de nouvelles initiatives allant dans ce sens. Le Comité note que la question importante de la taxinomie européenne des activités néfastes pour l’environnement et le climat reste ouverte. Il convient d’y répondre de toute urgence. |
2. Informations générales
| 2.1. | Le 21 avril 2021, la Commission européenne a publié un paquet de mesures relatives à la finance durable (ci-après le «paquet») comprenant:
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3. Observations générales
| 3.1. | Selon la communication, le paquet est conçu comme un moyen d’encourager l’investissement privé dans des projets durables, afin d’injecter les vastes ressources financières nécessaires pour atteindre l’objectif de neutralité climatique énoncé dans le pacte vert, au-delà des ressources destinées à aider l’économie européenne à se remettre de la crise de la COVID-19. |
| 3.2. | La communication souligne l’importance du règlement délégué pour instaurer les critères définissant les activités économiques vertes qui contribueront de manière substantielle aux objectifs du pacte vert. |
| 3.3. | Le CESE accueille favorablement le paquet de mesures relatives à la finance durable et souligne le rôle clé que pourrait jouer le règlement délégué dans la création d’un cadre global, clair et cohérent pour permettre le développement ambitieux d’une économie plus verte sans effets de verrouillage, avec des critères techniques clairs et transparents définissant les investissements verts qui contribuent directement aux objectifs de l’Europe en matière de climat, et sur lesquels peuvent s’aligner les pratiques des secteurs d’activité concernés et du secteur financier. |
| 3.4. | Le CESE souligne qu’à la lumière du sixième rapport du GIEC (5), il est urgent de mettre en place les mesures efficaces de lutte contre le changement climatique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre prévues par la loi européenne sur le climat. C’est pourquoi il est essentiel d’utiliser des outils efficaces, faciles à utiliser, productifs et innovants afin de produire des résultats rapides et lisibles. L’évaluation du règlement délégué devrait être menée dans cette optique. |
| 3.5. | Une définition claire et précise des critères techniques énoncés dans le règlement délégué, lesquels visent à concrétiser l’ambition d’une économie à faible intensité de carbone pour l’Europe, est donc la condition préalable essentielle pour un engagement raisonnable, réaliste et acceptable sans risque d’écoblanchiment. Étant donné le rôle central du règlement délégué dans la crédibilité de la taxinomie, qui est essentielle au succès de ce système essentiellement volontaire, il est particulièrement difficile d’obtenir un tel engagement. |
| 3.6. | Le CESE se félicite néanmoins de l’ambition dont fait preuve la Commission dans le règlement délégué, visant à établir une norme européenne uniforme définissant les activités considérées comme contribuant de manière substantielle à l’atténuation du changement climatique ou à l’adaptation à celui-ci. Les critères techniques devraient fournir un cadre clair pour les investissements verts afin de créer des conditions de concurrence équitables sur les marchés financiers et d’éviter les tentatives d’«écoblanchiment». Les avis divergent quant à la portée et à l’utilité des options transitoires. Le CESE estime que les critères techniques devraient offrir des possibilités plus larges pour reconnaître les solutions transitoires comme ouvrant la voie à une transition harmonieuse. Il est impératif d’éviter les effets de verrouillage. |
| 3.7. | Le CESE prend également acte de l’observation formulée dans la communication selon laquelle le règlement délégué doit être considéré comme un document évolutif qui s’adaptera au fil du temps, tant en ce qui concerne son champ d’application que son niveau. |
| 3.8. | Le CESE reconnaît dès lors le rôle important du règlement délégué pour veiller à la transparence en ce qui concerne les activités répondant aux critères fixés et attirant des acteurs désireux d’investir dans des projets durables. Celui-ci constitue dès lors une base permettant de déterminer si une activité économique peut être considérée comme durable sur le plan environnemental ainsi que d’appliquer les dispositions obligatoires en matière de transparence et de publication énoncées dans le règlement sur la taxinomie. Il pourrait aussi avoir son importance en ce qui concerne la sensibilisation et l’attraction d’investissements dans des projets durables, ainsi que pour prévenir l’écoblanchiment. |
| 3.9. | Le règlement délégué est décrit comme un outil de transparence et fait partie d’un système volontaire, en ce sens que les opérateurs du marché ne sont pas tenus de respecter les normes qu’il établit et que les investisseurs ne sont pas tenus d’investir dans des activités économiques ou des projets qui satisfont à ces normes. |
| 3.10. | Par conséquent, comme cela a déjà été souligné, les activités économiques et les projets définis comme durables conformément au règlement délégué doivent être clairs pour pouvoir attirer les investisseurs dans l’économie réelle. Il est également raisonnable de supposer que ces derniers investiront dans des projets écologiques durables, réalistes, rentables et prévisibles. Les perspectives de rentabilité peuvent varier et seront souvent plus faibles dans des situations impliquant un financement par des banques coopératives, locales ou régionales, à savoir entre 5 et 6 % au lieu des 11 à 15 % attendus généralement. Une plus grande rentabilité attirera généralement d’importants flux de capitaux, tandis qu’il sera généralement fait appel aux banques coopératives ou régionales pour des projets de moindre envergure. |
| 3.11. | Il est primordial que les critères énoncés dans le règlement délégué régissant le caractère durable sur le plan environnemental d’une activité économique ou d’un projet apparaissent réalisables moyennant un coût raisonnable, rentables et raisonnablement prévisibles ou, en d’autres termes, commercialement attrayants pour les acteurs du marché. Dans ce contexte, il importe toutefois de garder à l’esprit que les PME, en particulier, peuvent souvent avoir besoin d’un soutien pour gérer la transition écologique. Nonobstant ce qui précède, la taxinomie en elle-même devrait se limiter à des critères techniques. |
| 3.12. | Si la taxinomie ne répond pas aux critères énoncés aux deux paragraphes précédents, les perspectives de l’ensemble du projet peuvent être mises en doute. Pour réaliser la transformation voulue, un système volontaire se doit d’être attrayant. |
| 3.13. | Sur la base des éléments essentiels exposés ci-dessus, un certain nombre de dispositions du règlement délégué semblent contestables. D’une manière générale, un niveau d’ambition élevé en ce qui concerne les mesures d’atténuation du changement climatique ou des exigences en matière d’informations détaillées assorties de projections à long terme en matière d’adaptation au changement climatique peuvent paraître trop difficiles à atteindre, trop complexes, trop coûteux ou pas suffisamment rentables dans une économie de marché, à l’exception d’un petit nombre de très grands acteurs, et peuvent sembler ne pas tenir suffisamment compte des conséquences dans la pratique, en particulier pour les PME. Cela empêcherait l’adoption à grande échelle de ces critères, un objectif que l’on cherche pourtant manifestement à atteindre, mais occasionnerait également des difficultés de financement pour les entreprises qui se conforment à la législation environnementale de l’UE en vigueur, mais pas au règlement délégué. C’est pourquoi le CESE insiste sur la nécessité de développer une assurance verte à l’intention des PME afin de réduire ce risque de coûts. Quelques exemples de ce manquement figurent ci-dessous, à la rubrique «Observations particulières». |
| 3.14. | Les acteurs de l’économie réelle ont affirmé craindre que les critères techniques définis dans le règlement délégué n’entraînent des difficultés de financement pour les activités qui ne sont pas conformes au règlement. Le CESE reconnaît qu’un tel risque peut exister, étant donné que le champ d’application de la taxinomie s’élargit pour servir de base à la publication d’informations non financières au titre de l’article 8 du règlement relatif à la taxinomie, ainsi qu’à la proposition de norme des obligations vertes européennes (6). |
| 3.15. | Le CESE souligne par conséquent qu’il importe que les autorités de surveillance contrôlent l’application du règlement délégué afin d’éviter les effets discriminatoires relatifs aux possibilités de crédit et aux coûts du crédit dans le cas des entreprises qui ne remplissent pas les critères de la taxinomie. Ces acteurs devraient toujours bénéficier d’un traitement équitable lorsqu’ils tentent d’obtenir les moyens financiers nécessaires. |
| 3.16. | Dans ce contexte, le CESE renvoie à un rapport d’expert du Comité scientifique du ministère fédéral allemand des finances indiquant, d’une part, que tenter d’orienter l’utilisation des flux de capitaux dans l’économie réelle au moyen de la réglementation financière est très difficile et nécessiterait une législation ambitieuse, détaillée et très complète, et d’autre part, qu’une telle taxinomie risque d’engendrer un niveau de complexité élevé et des coûts bureaucratiques excessifs (7). |
| 3.17. | Les seuls éléments obligatoires du paquet, au regard du présent avis, sont les dispositions relatives à la transparence énoncées aux articles 4 à 7 du règlement sur la taxinomie et les actes délégués modifiés relatifs aux marchés d’instruments financiers, à la distribution d’assurances et à divers devoirs fiduciaires. Ces dispositions visent à sensibiliser les acteurs aux possibilités et aux risques liés aux investissements durables et à veiller à ce que les clients et les clients potentiels soient suffisamment informés à cet égard. |
| 3.18. | Les actes délégués relatifs aux marchés financiers semblent globalement adaptés à leur finalité et constituent donc des outils adéquats pour sensibiliser aux investissements durables et ouvrir ainsi la voie à l’affectation des ressources indispensables à ces investissements. |
| 3.19. | Le règlement délégué fixe des normes environnementales souvent plus ambitieuses que celles de la législation sectorielle de l’UE. Compte tenu du besoin de clarté exposé au paragraphe 3.6, ces normes divergentes peuvent entraîner une confusion, s’accompagnant notamment de problèmes de financement pour les acteurs qui respectent les normes environnementales les plus élevées en vertu de la législation sectorielle de l’UE. Le CESE reconnaît qu’il y a lieu de faire preuve d’une grande ambition mais recommanderait néanmoins, pour des raisons pratiques et afin d’éviter toute confusion, que les normes environnementales les plus strictes établies par la législation de niveau 1 de l’UE soient également appliquées aux fins de la taxinomie, afin que cette dernière puisse remplir efficacement son obligation de garantir la transparence des produits financiers et de prévenir l’écoblanchiment. Ces problèmes, associés aux observations formulées ci-dessus, en particulier aux paragraphes 3.6 et 3.13 à 3.16, amènent le CESE à se demander si le règlement délégué (un acte de niveau 2) dans sa forme actuelle, aussi louables qu’en soient les visées, est effectivement adapté à sa finalité (8). Le CESE recommande vivement à la Commission de présenter des propositions visant à renforcer les normes de la législation environnementale de l’Union. |
| 3.20. | Il est notoire que les produits financiers verts sont attrayants pour les marchés financiers. Le CESE se félicite dès lors de l’objectif fondamental de la taxinomie qui consiste à créer de la transparence, à prévenir l’écoblanchiment et à attirer l’attention sur les produits financiers écologiques, mais souligne toutefois le risque d’apparition de bulles néfastes sur les marchés financiers. |
| 3.21. | Le CESE serait favorable à l’adoption d’initiatives visant à améliorer le système de taxinomie selon les lignes directrices exposées ci-dessus, de manière à élargir son champ d’application et de le rendre plus utile en tant qu’outil important de soutien des objectifs fixés au titre de la politique climatique de l’UE, grâce à une mise en œuvre efficace de la législation environnementale de l’UE; le Comité invite dès lors la Commission à prendre de nouvelles initiatives allant dans ce sens. |
| 3.22. | Le Comité note que la question importante de la taxinomie européenne des activités néfastes pour l’environnement et le climat reste ouverte. Il convient d’y répondre de toute urgence. |
4. Observations particulières
Le règlement délégué
| 4.1. | Le CESE souligne le rôle clé des énergies renouvelables dans la transition vers la durabilité et attire l’attention sur la nécessité de mettre en place des solutions transitoires appropriées, entre autres, afin de garantir le bon fonctionnement des chaînes de valeur logistiques, tout en tenant compte de la nécessité impérative d’éviter les effets de verrouillage. |
| 4.2. | Le paragraphe 6.3 de l’annexe 1 du règlement délégué prévoit que les autobus remplissant le critère d’émission nulle à l’échappement ne peuvent être considérés comme durables que s’ils sont exploités au sein du trafic urbain et suburbain, tandis que les autres cas d’exploitation d’autobus ne peuvent être considérés comme durables que pour des activités dites transitoires jusqu’au 31 décembre 2025, s’ils appartiennent à la catégorie la plus élevée de la classe EURO (EURO VI). À défaut, un critère d’émission nulle à l’échappement s’appliquera, mais il ressort du texte que les activités ne peuvent être réputées transitoires que sous réserve d’une réévaluation au moins tous les trois ans, conformément à l’article 19 du règlement sur la taxinomie. Il ne semble exister aucune référence aux normes fixées dans la directive sur les véhicules propres. Compte tenu de l’incertitude de la situation au-delà du 31 décembre 2025, qui oserait alors investir dans une entreprise exploitant des autobus? Qualifier de «transitoires» des activités répondant aux exigences environnementales les plus strictes de la législation de l’UE (les normes EURO VI) semble étrange et susceptible de créer de la confusion. |
| 4.2.1. | Les poids lourds (catégories N2 et N3) utilisés dans le transport routier de fret (section 6.6) sont considérés comme durables s’ils font partie des «véhicules utilitaires lourds à émission nulle» au sens de l’article 3, paragraphe 11, du règlement (UE) 2019/1242 du Parlement européen et du Conseil (9), c’est-à-dire que leurs émissions de CO2 sont inférieures à 1 g/kWh ou, dans le cas des véhicules de plus de 7,5 tonnes qui ne peuvent, d’un point de vue technologique et économique, atteindre un niveau d’émission nul, s’ils correspondent aux normes de faibles émissions conformément à l’article 3, paragraphe 12, dans le cadre d’une activité transitoire. Les véhicules utilitaires légers dont le poids maximal en charge est inférieur ou égal à 3,5 tonnes (N1) sont tenus d’avoir des émissions nulles à l’échappement. Tous les autres services de transport routier de fret sont transitoires. |
| 4.2.2. | Le traitement réservé aux poids lourds correspond à une approche pragmatique qui aurait dû être adoptée plus souvent dans le règlement délégué. L’obligation de nullité des émissions à l’échappement pour les véhicules utilitaires légers (catégorie N1) mentionnée dans la section 6.6 semble incompatible avec la section 6.5 relative au transport par motocycles, voitures et véhicules utilitaires légers, auquel des dispositions plus souples s’appliquent, sans raison évidente. |
| 4.2.3. | Dans l’ensemble, les divergences entre les critères appliqués aux véhicules routiers dans différentes activités semblent entraîner des incohérences et des incertitudes, sans qu’aucune explication ne soit donnée quant aux approches très différentes adoptées selon les contextes. |
| 4.3. | Une disposition récurrente figurant dans la section 6 de l’annexe 1 du règlement, consacrée aux transports, exclut les véhicules ou navires affectés au transport de combustibles fossiles, car il convient de ne pas faciliter l’accès à ces carburants. Toutefois, le considérant 35 indique que la possibilité de mise en œuvre de cette exigence dans la pratique pourrait faire l’objet d’une évaluation. Le fait d’insérer une exigence alors qu’une certaine incertitude règne quant à son utilité semble douteux. En outre, l’exigence formulée n’est pas claire. Un véhicule peut souvent transporter à la fois des carburants fossiles et des carburants de substitution. Il est difficile de savoir si ce critère fait référence à la construction ou à l’utilisation du véhicule ou du navire, de sorte que ni son interprétation ni son incidence ne sont claires. |
| 4.4. | À ces exemples s’ajoutent les dispositions relatives aux analyses des avantages climatiques figurant aux paragraphes 1.1, 1.2 et 1.3 de l’annexe 1, qui complètent, entre autres, les plans de boisement, de restauration et de gestion des forêts et qui s’appliquent aux petites exploitations de 13 hectares. Les exigences semblent assez complexes et la mention de la disponibilité d’outils en ligne fournis par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ne sera probablement qu’une maigre consolation pour les petits exploitants. Cette rhétorique témoigne de la situation défavorable vécue par les plus petites entreprises en raison de l’approche descendante adoptée dans le règlement délégué. |
| 4.5. | Si la préservation des forêts, y compris des puits de carbone, constitue un élément essentiel de la politique environnementale de l’UE, les obligations administratives doivent toutefois rester proportionnelles aux ressources des personnes ciblées. Les méthodes appliquées par le conseil de bonne gestion forestière sont un exemple de principes clairs et raisonnables en matière d’exploitation et de gestion forestière (10). |
| 4.6. | En ce qui concerne l’adaptation au changement climatique, il peut être fait référence aux dispositions du paragraphe 1.3 de l’annexe 2 sur la gestion des forêts et du paragraphe 6.3 sur les transports routiers urbains, suburbains et interurbains de passagers, qui prévoit une analyse des effets sur le climat des grands investissements réalisés sur 10 à 30 ans. |
| 4.7. | En affirmant que la taxinomie n’accepte pas les activités qui améliorent les niveaux actuels de performance environnementale, mais pas au point d’apporter une contribution substantielle, la communication contredit l’article 10, paragraphe 2, du règlement sur la taxinomie. Par conséquent, comme cela a déjà été suggéré, il convient d’accorder davantage d’espace aux solutions transitoires. |
Bruxelles, le 22 septembre 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Règlement délégué de la Commission complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil par les critères d’examen technique permettant de déterminer à quelles conditions une activité économique peut être considérée comme contribuant substantiellement à l’atténuation du changement climatique ou à l’adaptation à celui-ci et si cette activité économique ne cause de préjudice important à aucun des autres objectifs environnementaux [C(2021) 2800 final].
(2) Changement climatique 2021 — Les éléments scientifiques, 2021 [en anglais].
(3) COM(2021) 188 final.
(4) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13).
(5) Changement climatique 2021 — Les éléments scientifiques, 2021 [en anglais].
(6) Proposition de règlement de la Commission relative aux obligations vertes européennes [COM(2021) 391 final — 2021/0191 (COD)].
(7) Comité scientifique du ministère fédéral allemand des finances, «Grüne Finanzierung und Grüne Staatsanleihen — Geeignete Instrumente für eine wirksame Umweltspolitik?» (La finance verte et les obligations souveraines vertes constituent-elles des instruments appropriés aux fins d’une politique efficace en faveur de l’environnement?), rapport d’expertise 01/2021 du 29 avril 2021.
(8) CCI Munich et Haute-Bavière, Institut Leibniz de recherche économique de l’université de Munich, «Sustainable Finance — Eine kritische Würdigung der deutschen und europäischen Vorhaben» (Finance durable — Une évaluation critique des projets allemands et européens), 2020.
(9) Règlement (UE) 2019/1242 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 établissant des normes de performance en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules utilitaires lourds neufs et modifiant les règlements (CE) no 595/2009 et (UE) 2018/956 du Parlement européen et du Conseil et la directive 96/53/CE du Conseil (JO L 198 du 25.7.2019, p. 202).
(10) www.fsc.org
Avis institutionnel — 52021AB0040
29/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0039
28/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0038
22/12/2021
Avis institutionnel — 52022AG0001(01)
20/12/2021