| CELEX | 52021AE2011 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 8 juillet 2021 |
| 16.9.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 374/33 |
Avis du Comité économique et social européen de la communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur une nouvelle stratégie de financement en vue du financement de NextGenerationEU
[COM(2021) 250 final]
(2021/C 374/07)
| Rapporteure: | Judith VORBACH |
| Saisine | Commission européenne, 31.5.2021 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 22.6.2021 |
| Adoption en session plénière | 8.7.2021 |
| Session plénière no | 562 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 186/0/4 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE se félicite que tous les États membres aient fait aboutir la procédure nationale de ratification de la décision (UE, Euratom) 2020/2053 du Conseil (1) relative aux ressources propres et que, par conséquent, le 1er juin 2021, la nouvelle décision relative aux ressources propres soit entrée en vigueur, ce qui permet à la Commission de commencer à emprunter des ressources pour l’instrument de relance. Le CESE invite toutes les parties prenantes à franchir rapidement les prochaines étapes afin que les fonds commencent à affluer. |
| 1.2. | En renforçant la confiance des acteurs, le programme NextGenerationEU a déjà contribué à stabiliser les économies ainsi que les coûts d’emprunt de l’Union et des États membres. Les financements fournis par ce programme augmenteront le volume des actifs sûrs de l’UE et conforteront le rôle international de l’euro. Le CESE note que la stratégie de financement de NextGenerationEU repose sur des fonds empruntés sur le marché financier ainsi que sur l’investissement privé. |
| 1.3. | Alors que la question des dépenses de NextGenerationEU a provoqué un vaste débat, celle de son financement est perçue comme purement technique. Cependant, une stratégie de financement efficace est essentielle à la bonne mise en œuvre de l’instrument. Un financement sain, une gestion rigoureuse des risques, des coûts d’emprunt peu élevés et un financement durable sont dans l’intérêt de la société civile, qui supporte en fin de compte les risques du marché. La gestion des emprunts et de la dette doit reposer sur le contrôle démocratique, la légitimité et la transparence. |
| 1.4. | Les besoins de financement de NextGenerationEU nécessitent une stratégie soigneusement élaborée pour faire en sorte que l’UE puisse honorer ses engagements de paiement en temps utile et dans des conditions de marché favorables. Le CESE souligne combien il est important que la Commission gère directement la stratégie de financement, et se félicite de l’augmentation de ses ressources humaines dans ce domaine. Toutefois, cette augmentation devrait respecter l’équilibre entre les hommes et les femmes. En outre, il convient de mettre en place un conseil consultatif, au sein duquel seront représentés la Commission, le Parlement européen, le Conseil, les partenaires sociaux et la société civile organisée. |
| 1.5. | Le CESE souligne qu’il importe de préserver le niveau élevé de solvabilité de l’UE ainsi que la faiblesse des coûts d’emprunt pour éviter les effets redistributifs des emprunteurs vers les prêteurs. En outre, cette mesure, couplée à la hausse des taux de croissance économique, facilitera le remboursement. La solvabilité dépendra avant tout de la puissance économique, politique et sociale de l’UE, et l’approfondissement de l’UEM viendra la renforcer. En tout état de cause, il faut anticiper les crises, ce qui peut également conduire à la BCE à agir en tant qu’acheteur de dernier ressort. |
| 1.6. | D’une manière générale, une grande partie de la nouvelle stratégie de financement est consacrée aux relations avec les investisseurs. Le CESE se félicite de la décision d’emprunt et des plans de financement, qui sont avant tout des moyens d’assurer la transparence aux marchés financiers. Toutefois, la communication avec le public et ses représentants ne devrait jamais devenir une priorité de second ordre. Il convient de se féliciter du fait que l’une des conditions préalables à la participation au réseau des spécialistes en titres publics est, entre autres, la surveillance exercée par une autorité compétente de l’Union. Compte tenu du caractère impératif du respect des règles applicables, le CESE soutient la participation éventuelle de l’OLAF à ce contrôle, et se réjouit que d’autres autorités publiques puissent également être désignées pour vérifier que les membres du réseau des spécialistes en titres publics observent les règles instaurées dans la décision. |
| 1.7. | L’engagement massif sur les marchés des capitaux s’accompagnera d’un large éventail de risques. Le CESE soutient la mise en place de systèmes solides de gestion des risques ainsi que l’idée de confier la gestion du compte de NextGenerationEU à la Banque centrale européenne (BCE). Une bonne gestion des risques étant un enjeu d’intérêt public, le directeur des risques devrait consulter le Parlement européen et le Conseil lors de l’élaboration de la politique de haut niveau en matière de risques et de conformité. Enfin, le CESE invite la Commission à garantir la responsabilité, la transparence et la bonne gestion financière dès le début des emprunts NextGenerationEU, et il met en garde contre les emprunts excessifs auprès d’investisseurs extérieurs à l’UE, tout en préconisant l’introduction de nouvelles ressources propres. |
| 1.8. | Dans l’ensemble, le CESE approuve le renforcement de l’élément de partage des risques de NextGenerationEU, mais il souligne également l’importance de la réduction des risques pour assurer la stabilité des marchés financiers et protéger comme il se doit les intérêts financiers de l’Union. Afin de tenir dûment compte des intérêts de la société civile, le CESE accueille favorablement le projet de «cadre des obligations vertes de NextGenerationEU» et propose d’étudier l’émission d’obligations sociales NextGenerationEU. |
2. Contexte de l’avis
| 2.1. | Le programme NextGenerationEU injectera jusqu’à 806 milliards d’euros — soit 5 % du PIB de l’UE — dans l’économie européenne sous forme de subventions et de prêts. Au nom de l’UE, la Commission empruntera ces montants au moyen d’opérations de financement sur les marchés internationaux des capitaux. NextGenerationEU est conçu pour être un instrument temporaire. Le calendrier des emprunts s’étendra de la mi-2021 à 2026. Au cours de cette période, la Commission exécutera des opérations de financement pouvant atteindre 150 à 200 milliards d’EUR par an. Les fonds levés par l’UE devront être remboursés soit directement par les États membres (pour les prêts), soit au moyen du budget de l’UE (pour l’aide non remboursable) au plus tard en décembre 2058. |
| 2.2. | La communication sur la nouvelle stratégie de financement en vue du financement de NextGenerationEU (2) est adoptée en vertu de l’article 5, paragraphe 3, de la décision (UE, Euratom) 2020/2053, qui impose à la Commission de prendre les dispositions nécessaires aux fins de la gestion des opérations d’emprunt et d’informer régulièrement le Parlement européen et le Conseil sur tous les aspects de sa stratégie de gestion de la dette. Sur la base de l’approbation de la décision relative aux ressources propres par tous les États membres, la Commission mettra en œuvre une stratégie de financement, comme indiqué dans la communication et précisé dans trois décisions (3). Les instruments de financement comprendront les obligations de l’UE et les titres de créance de l’UE; les techniques de financement prendront la forme d’opérations syndiquées et d’adjudications. Une décision annuelle définira les montants maximaux pouvant être empruntés, et des plans de financement semestriels seront adoptés. La Commission renforcera ses structures et mettra en place un réseau des spécialistes en titres publics. |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE a soutenu dès le début le programme NextGenerationEU et a réaffirmé ce soutien à plusieurs reprises (4). Dans son avis sur la stratégie annuelle 2021 pour une croissance durable (5), le CESE confirme que «l’élaboration et l’adoption de l’initiative NextGenerationEU sont intervenues selon des modalités adéquates et en temps utile». En renforçant la confiance des acteurs, NextGenerationEU a déjà une incidence positive sur l’économie européenne et a réduit la probabilité d’une crise profonde dans certains pays. Sur le long terme, cet instrument devrait augmenter considérablement la production de l’UE, ce qui signifie que, en fin de compte, tous les États membres seraient susceptibles d’être des bénéficiaires nets (6). Le CESE se félicite que tous les États membres aient fait aboutir la procédure nationale de ratification de la décision relative aux ressources propres, ce qui permet de commencer à emprunter des ressources, et invite toutes les parties prenantes à franchir rapidement les prochaines étapes afin que les fonds commencent rapidement à affluer. |
| 3.2. | Il existe à juste titre un vaste débat sur l’utilisation des fonds de NextGenerationEU et, dans une moindre mesure, sur les nouvelles ressources propres. En comparaison, une attention bien moindre est accordée au financement de NextGenerationEU, qui est perçu comme une question plus technique que politique. Cependant, les emprunts de NextGenerationEU augmenteront de manière significative les obligations financières de l’Union, et leur gestion doit faire l’objet d’un contrôle démocratique et être placée sous le signe de la légitimité et de la transparence. Le CESE souligne qu’un financement sain et durable, une gestion rigoureuse des risques et des coûts d’emprunt faibles correspondent à l’intérêt public. En fin de compte, c’est la société civile européenne qui sera responsable des dettes contractées et une augmentation des coûts d’emprunt se traduirait par des effets redistributifs des emprunteurs vers les prêteurs. Une stratégie de financement efficace est également essentielle à la bonne mise en œuvre du programme NextGenerationEU. |
| 3.3. | Le CESE note que la stratégie proposée repose sur un financement par l’intermédiaire des marchés internationaux des capitaux. Il n’existe pas de coussins de fonds propres semblables à ceux du Mécanisme européen de stabilité (MES), et il n’est pas prévu de reconduire la dette au-delà de 2058. Toutefois, d’autres approches, telles que les obligations perpétuelles garanties et émises conjointement par la BCE (7), ont également fait l’objet de débats publics. Sur le long terme, et en particulier en cas d’émission commune de dette permanente, il conviendrait d’envisager de confier à la BCE le rôle de prêteur en dernier ressort. |
| 3.4. | L’ampleur des besoins de financement de NextGenerationEU, la complexité et l’incertitude potentielle du calendrier de remboursement, et aussi le fait que les enveloppes budgétaires ne sont pas connues de manière précise rendent nécessaire la mise en œuvre d’une stratégie de financement soigneusement élaborée pour effectuer les emprunts sur les marchés. L’évolution des marchés financiers doit être anticipée afin que l’Union soit puisse honorer ses engagements de paiement en temps utile, sans être contrainte de lever des capitaux dans des conditions de marché défavorables. Pour ce faire, il est nécessaire de disposer de la compétence et de la flexibilité du marché pour décider du moment où les opérations de financement doivent être réalisées ainsi que des techniques de financement à utiliser pour garantir un risque d’exécution et des coûts aussi faibles que possible. Le CESE souligne combien il est important que la Commission gère directement la stratégie de financement et s’abstienne de l’externaliser. De nouvelles capacités opérationnelles doivent être créées, et la Commission renforce, à juste titre, ses ressources humaines et ses compétences prévues à cet effet. Pour ce faire, le CESE invite la Commission à mettre en œuvre une approche respectueuse de l’équilibre entre les hommes et les femmes. |
| 3.5. | En outre, le CESE note que la stratégie de financement de NextGenerationEU s’accompagne d’une extension des responsabilités de la Commission, et il se félicite de l’obligation qui est faite de tenir le Parlement européen et le Conseil régulièrement informés de tous les aspects de la stratégie de gestion de la dette, ainsi que des dispositions de l’accord interinstitutionnel (8). Les mises à jour annuelles commenceront à être communiquées au troisième trimestre 2021. Au vu de l’intérêt public fort pour que NextGenerationEU dispose d’un financement solide, ce niveau de participation semble être un minimum. Le CESE propose de mettre en place un conseil consultatif pour le financement de NextGenerationEU. Les membres du comité de gestion des risques et de la conformité devraient se réunir tous les six mois avec des représentants choisis du Parlement européen, du Conseil, des partenaires sociaux et de la société civile organisée compétents pour les questions relatives aux marchés financiers. |
| 3.6. | Compte tenu de la note de crédit élevée et des perspectives stables dont bénéficie l’UE, la Commission sera en mesure d’emprunter à des conditions financières avantageuses et de répercuter l’avantage sur les États membres. Le CESE souligne qu’il importe de préserver les faibles coûts d’emprunt tout au long de la période de financement. Conjugué aux taux de croissance économique plus élevés que l’on anticipe, ce facteur facilitera considérablement le remboursement. Avant tout, la solvabilité de l’UE dépendra de sa puissance économique, politique et sociale, et elle sera consolidée par l’approfondissement de l’UEM. Inversement, les forces centrifuges et les conflits tenaces entre États membres risquent de l’affaiblir, tandis que la prise d’effet des garanties (9) au détriment de certains États membres pourrait entraîner de graves tensions politiques (10). Par ailleurs, il convient d’anticiper des crises de nature économique ou liées au marché financier, à la santé ou à tout autre secteur. Il est donc essentiel de doter la stratégie de financement d’une base aussi résiliente et durable que possible, ce qui peut également impliquer que la BCE agisse en tant qu’acheteur de dernier ressort. |
| 3.7. | Alors que les activités de financement de NextGenerationEU ont déjà commencé, le calendrier de l’introduction de nouvelles ressources propres est beaucoup moins concret. La Commission présentera, à la mi-2021, des propositions pour de nouvelles ressources propres fondées sur un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, le système d’échange de quotas d’émission et une taxe numérique. D’autres propositions pourraient inclure, en 2024, une taxe sur les transactions financières ou une contribution financière liée au secteur des entreprises. Si de nouvelles ressources propres venaient à être disponibles avant janvier 2028, elles seraient utilisées pour débuter plus tôt que prévu le remboursement. Le CESE invite la Commission à présenter les propositions prévues pour 2024, et préconise l’introduction rapide de nouvelles ressources propres. Mises en œuvre de manière appropriée, ces mesures serviront non seulement de compensation lorsque les impôts, en raison de la concurrence fiscale, ne peuvent pas être appliqués efficacement au niveau national, mais elles contribueront également à l’instauration d’un système de remboursement équitable ou encore à la lutte contre le changement climatique. Cela permettrait aussi de ne pas devoir augmenter les contributions nationales ou de réduire les dépenses du budget de l’UE. |
| 3.8. | L’emprunt de NextGenerationEU qui s’élève à quelque 800 milliards d’euros portera le volume des actifs sûrs libellés en euros pour le porter à environ 2 mille milliards d’euros, dont font partie l’instrument SURE (11) et 800 milliards d’euros supplémentaires d’actifs émis par l’intermédiaire du MES/SESF et de la BEI avant la pandémie (12). L’augmentation des actifs sûrs européens couvrant toutes les échéances jusqu’à 30 ans fournira de nouveaux instruments sûrs pour l’investissement, aidera les banques à diversifier leurs portefeuilles d’obligations souveraines, renforcera l’attractivité de la zone euro et enfin renforcera le rôle international de l’euro. Par ailleurs, en renforçant la confiance des acteurs, NextGenerationEU est également susceptible de réduire les coûts d’emprunt, que ce soit pour le secteur public ou privé, en particulier dans les pays de la zone euro présentant des écarts importants par rapport à l’Allemagne. Les prêts de NextGenerationEU offriront également une possibilité aux États membres en cas de turbulences du marché affectant les émissions d’obligations nationales. Le CESE se félicite du renforcement de l’élément de partage des risques, mais souligne également l’importance de réduire les risques en garantissant une réglementation saine des marchés financiers ainsi qu’une convergence en matière de surveillance. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Le CESE se félicite que la décision d’emprunt annuelle fixe des limites maximales, par exemple pour le financement à long et à court terme, et que l’emprunt soit organisé sur la base de plans de financement semestriels fondés sur des informations concernant les paiements devant être effectués. Apparemment, l’objectif est de garantir la transparence des marchés en assurant la prévisibilité des émissions pour les investisseurs et en facilitant la coordination avec d’autres émetteurs, tout en servant aussi de base pour informer le Parlement européen et le Conseil. Le CESE est pleinement conscient de l’importance des relations entre investisseurs et émetteurs, mais souligne que la communication avec le public et ses représentants ne devrait jamais être considérée comme une priorité de second ordre, et que les intérêts financiers de l’Union doivent être strictement protégés. |
| 4.2. | Une planification continue de la trésorerie permettra de garantir que les réserves sont suffisantes pour prévenir les déficits de trésorerie tout en évitant les soldes de trésorerie inutilement élevés. Dans la mesure où la capacité d’absorption des marchés de capitaux est limitée, et que des déficits de liquidités risqueraient d’entraîner une perturbation de la mise en œuvre de NextGenerationEU, le CESE plaide pour que de l’on donne la priorité à de robustes amortisseurs de risques plutôt qu’à une minimisation excessive des coûts, et il soutient très clairement la constitution de réserves prudentielles de trésorerie sur un compte dédié auprès de la BCE, pour éviter que ces participations ne soient soumises à un risque de contrepartie. |
| 4.3. | L’appartenance au réseau des spécialistes en titres publics confère aux établissements financiers le droit de participer aux adjudications et inclut la promotion de la liquidité du marché et la fourniture à la Commission de conseils et d’informations impartiales sur le marché, tout en étant liée aux engagements en matière d’achat ou d’établissement de rapports. Le CESE se félicite qu’il soit demandé aux candidats d’être déjà des membres actifs d’un réseau de spécialistes en titres publics et d’être supervisés par une autorité compétente de l’Union. Les spécialistes en titres publics joueront un rôle clé dans les financements de NextGenerationEU, et toute négligence ou faute pourrait entraîner des coûts d’emprunt plus élevés. En outre, les risques de contrepartie, ainsi que le pouvoir de marché ou l’importance systémique des spécialistes en titres publics doivent être pris en compte. |
| 4.3.1. | Compte tenu de l’importance des responsabilités des membres du réseau des spécialistes en titres publics, il est impératif qu’ils respectent les règles applicables. Le contrôle du respect des règles établies dans la décision (13) repose dans une large mesure sur les obligations d’établir des rapports incombant aux spécialistes en titres publics eux-mêmes. En outre, le CESE soutient la participation éventuelle de l’OLAF à la surveillance, et se félicite qu’en plus de la Commission, d’autres autorités publiques puissent également être désignées en tant que tiers pour procéder à des vérifications visant à s’assurer que les membres du réseau des spécialistes en titres publics respectent la décision. |
| 4.3.2. | La Commission élaborera également une méthode pour déterminer quels spécialistes en titres publics entreront en ligne de compte pour participer aux opérations syndiquées, sachant que ceux-ci seront désignés aux fins de chaque opération d’emprunt. Les membres particulièrement actifs devraient être éligibles aux fonctions de chef de file et de co-chef de file pour les opérations syndiquées et recevoir une rémunération. Le groupe ainsi constitué devrait s’engager dans des activités de tenue de marché, promouvoir les émissions auprès des investisseurs et fournir à la Commission des conseils et informations impartiales et précises sur le marché. Le CESE prend acte du rôle cardinal que jouent les institutions financières dans les activités de financement, et attire l’attention sur d’éventuels conflits d’intérêts, notamment en ce qui concerne le rôle consultatif. En tout état de cause, il est hautement souhaitable de garantir des capacités et des connaissances de haut niveau sur les marchés financiers au sein des pouvoirs publics. |
| 4.4. | L’engagement massif sur les marchés des capitaux s’accompagnera d’une large palette de risques, qui seront supportés en dernier ressort par la société civile européenne. Le CESE souscrit pleinement à la déclaration de la Commission selon laquelle «Compte tenu des volumes inédits des opérations et de la sophistication de la stratégie de financement requise, il est primordial que les opérations au titre de NextGenerationEU soient soumises à un cadre de gestion des risques et de conformité solide et indépendant». En effet, il convient de veiller à ce que les opérations au titre de NextGenerationEU soient menées dans le respect des normes les plus élevées en matière d’intégrité, de probité et de bonne gestion financière. Le CESE soutient l’instauration de systèmes solides de gouvernance et de gestion des risques, y compris la mise en place de principes et de structures garantissant une surveillance fiable et indépendante de toutes les opérations financières menées au titre de NextGenerationEU. |
| 4.4.1. | Le directeur des risques jouera un rôle essentiel dans ce système de gestion des risques. Il disposera d’une autonomie totale dans l’exécution de ses tâches et rendra compte, entre autres, au directeur général de la direction générale du budget de la Commission et au membre du collège chargé du budget. Il sera chargé d’élaborer une politique de haut niveau en matière de risques et de conformité et de veiller à ce que toutes les opérations menées au titre de NextGenerationEU soient conformes à cette politique, tout en étant assisté d’un responsable de la conformité et d’un comité chargé du contrôle du risque et vérification de la conformité. Compte tenu de l’importance d’une gestion rigoureuse des risques et de l’intérêt public en dépend, il convient d’envisager que le directeur des risques soit tenu de consulter le Parlement européen et le Conseil lors de l’élaboration de la politique de haut niveau en matière de risques et de conformité. |
| 4.4.2. | Des questions subsistent en ce qui concerne la gestion des risques au début des activités d’emprunt, en particulier pendant la période précédant la nomination du directeur des risques et la période de trois mois prévue pour l’élaboration de la politique de haut niveau en matière de risques et de conformité. Afin de compenser les asymétries d’échéances entre les prêts et les instruments de financement sous-jacents, en particulier en 2021, la Commission appliquera un ensemble d’instruments du marché financier, notamment des contrats d’échange et, éventuellement, des billets de trésorerie, qui sont particulièrement risqués. Le CESE invite la Commission à garantir la responsabilité, la transparence et la bonne gestion financière dès le début des emprunts au titre de NextGenerationEU. |
| 4.5. | Un système comptable complexe et complet est manifestement nécessaire pour gérer correctement la stratégie de financement diversifiée. Le CESE se félicite du renforcement des fonctions de back office et de comptabilité de la Commission. Il va de soi que l’utilisation de logiciels comptables éprouvés devrait être la norme. Le CESE note le rôle important joué par le comptable de la Commission, chargé de garantir une comptabilité appropriée pour toutes les opérations du programme NextGenerationEU et d’ouvrir le «compte NextGenerationEU» détenu auprès de la BCE. |
| 4.6. | Le CESE reconnaît qu’une grande partie de la nouvelle stratégie de financement correspond au développement d’une stratégie de relations avec les investisseurs et des outils qui l’accompagnent. Un bulletin d’information sur les financements de l’UE en fera partie, qui permettra à la Commission de s’adresser régulièrement et de manière transparente à la communauté des investisseurs. En outre, la Commission recherchera activement des «investisseurs importants dans le monde entier», en organisant un programme systématique de tournées promotionnelles. Toutefois, le CESE met en garde contre les emprunts excessifs auprès d’investisseurs extérieurs à l’UE, qui pourraient, en particulier en période de crise, aller de pair avec des risques croissants tels que, par exemple, un arrêt soudain des activités de prêt. |
| 4.7. | La Commission s’efforcera de lever 30 % des fonds de NextGenerationEU par l’émission d’obligations vertes, qui pourraient atteindre un total de 250 milliards d’euros, faisant ainsi de l’UE l’un des plus grands émetteurs d’obligations vertes au monde et renforçant la position de premier plan qu’occupent la politique et le marché de l’UE dans le domaine de la finance durable. Le CESE accueille favorablement le «cadre des obligations vertes de NextGenerationEU», qui s’appuie sur l’obligation faite aux États membres de veiller à ce que 37 % des dépenses financées par la facilité pour la reprise et la résilience soient consacrés à lutter contre le changement climatique. En outre, l’émission d’obligations sociales devrait également être renforcée dans le cadre du programme NextGenerationEU et venir compléter le montant de 100 milliards d’euros consacré au programme SURE. Pour bénéficier du soutien de la facilité pour la reprise et la résilience, les pays de l’UE sont également invités à élaborer des projets dans un certain nombre de domaines politiques parmi lesquels figurent celui de la croissance inclusive et de la cohésion sociale, ce qui servira de base à l’élaboration d’un cadre pour l’émission d’obligations sociales. De cette manière, les intérêts de la société civile pourront être pleinement pris en compte dans la stratégie de financement. |
Bruxelles, le 8 juillet 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Décision (UE, Euratom) 2020/2053 du Conseil du 14 décembre 2020 relative au système des ressources propres de l’Union européenne et abrogeant la décision 2014/335/UE, Euratom (JO L 424 du 15.12.2020, p. 1).
(2) COM(2021) 250 final.
(3) C(2021) 2500 final, (JO L 131 du 16.4.2021, p. 170),C(2021) 2501 final, C(2021) 2502 final.
(4) JO C 364 du 28.10.2020, p. 124.
(5) JO C 155 du 30.4.2021, p. 45.
(6) The nonsense of Next Generation EU net balance calculations | Bruegel (L’absurde calcul des soldes nets de l’instrument NextGenerationEU).
(7) Covid Perpetual Eurobonds: Jointly guaranteed and supported by the ECB (Obligations perpétuelles liées à la COVID: garanties et soutenues conjointement par la BCE).
(8) Accord interinstitutionnel du 16.12.2020 conclu entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission.
(9) En raison de l’adoption de la décision relative aux ressources propres.
(10) Voir l’article 9, paragraphe 5, de la décision (UE, Euratom) 2020/2053.
(11) Instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence.
(12) Klaus Regling, wébinaire — Deepening EMU and the role of ESM (Approfondir l’UEM et le rôle du MES), 5.5.2021.
(13) C(2021) 2500 final.
Avis institutionnel — 52021AB0040
29/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0039
28/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0038
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Avis institutionnel — 52022AG0001(01)
20/12/2021